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Th´eorie analytique des nombres: la fonction ζ.

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(1)

Th ´eorie analytique des nombres:

la fonction ζ .

Pierre Rouchon

Centre Automatique et Syst `emes Mines ParisTech, PSL Research University

[email protected]

Novembre 2017

(2)

Plan

1 Fonctions g ´en ´eratrices

Jean Dieudonn ´e dans l’Encyclopeadia Universalis Exemples

2 La fonctionζ Produit Eulerien

R ´epartition des nombres premiers

Le th ´eor `eme de la progression arithm ´etique Compl ´ement : Prolongement analytique deζ

(3)

Quelques r ´ef ´erences

Excellent r ´esum ´e dans le premier chapitre du cours ENST de Z ´emor.

“Que sais-je” sur les nombres premiers (un ´eclairage probabiliste ainsi qu’une preuve ´el ´ementaire mais assez difficile du th ´eor `eme des nombres premiers).

Excellent livre de vulgarisation de Jean-Paul Delahaye sur les nombres premiers aux ´editions Belin.

l’Encyclopeadia Universalis comporte d’excellents articles sur des sujets connexes.

Le livre classique d ˆu `a Hardy et Wright.

Les carnets de Ramanujan . . .

(4)

Jean Dieudonn ´e dans l’Encyclopeadia Universalis

“ Ce qu’on appelle la th ´eorie analytique des nombres ne peut pas ˆetre consid ´er ´e comme une th ´eorie math ´ematique au sens usuel qu’on donne `a ces mots, c’est- `a-dire un syst `eme organis ´e de d ´efinitions et de th ´eor `emes g ´en ´eraux accompagn ´e d’applications `a des exemples importants. Il s’agit au contraire ici presque exclusivement de probl `emes particuliers qui se posent en arithm ´etique et qui, pour la plupart, consistent `a ´etudier l’allure `a l’infini de certaines fonctions d ´efinies par des conditions de nature arithm ´etique : par exemple le nombreπ(x)de nombres premierspx ou le nombreU(n)des solutions de l’ ´equation(x1)2+ (x2)2=nen nombres entiers(x1,x2). Depuis 1830, on a imagin ´e, pour r ´esoudre ces questions, des m ´ethodes d’une extraordinaire ing ´eniosit ´e qui consistent `aassocier aux fonctions arithm ´etiques ´etudi ´ees desfonctions analytiquesauxquelles on peut appliquer lath ´eorie de Cauchyou l’analyse harmonique ; mais, malgr ´e les succ `es spectaculaires obtenus par ces m ´ethodes, on ne peut dire que l’on en comprenne vraiment les raisons profondes. ”

(5)

Exemples de fonctions g ´en ´eratrices

La m ´ethode consiste `a associer `a une suite d’entiersan(d ´efinis par une construction arithm ´etique (nombre de solutions d’une

´equation d ´ependant den, cardinal d’un certain ensemble d’entiers plus petits quen, ...)une s ´erie formelle.

Le plus simple est de consid ´erer la s ´erie S(X) =X

n≥0

anXn

mais il faut ˆetre souvent plus malin comme nous le verrons avec les nombres premierspn.

Suite `a des manipulations astucieuses on propose une autre

´ecriture de cette s ´erie que l’on manipule alors avec les r `egles usuelles de calcul sur les fonctions de la variable complexe (d ´eriv ´ee, r ´esidu, int ´egrale de Cauchy, ...).

Les informations sur lesan, pour desgrands indicesnsont reli ´ees auxsingularit ´esde la fonction analytique attach ´ee `a la s ´erieS.

(6)

anest le nombre de solutions en entiers≥0 dex+2y+3z =n.

Alors

X

n≥0

anXn= 1

(1−X)(1−X2)(1−X3).

car 1

1−X =1+X +X2+X3+...

Maintenant pour calculeran, il vaut mieux passer par la d ´ecomposition en ´el ´ements simples(j =exp(2ıπ/3))

1

(1X)(1X2)(1X3) = 1

6(1X)3+ 1

4(1X)2+ 17 72(1X)

+ 1

8(1+X)+ 1

9(1jX)+ 1 9(1j2X).

(7)

Commean= ddXnSn(0)/(n!)on calcule cette d ´eriv ´een-i `eme sur la d ´ecomposition en ´el ´ements simples

En utilisant l’identit ´e dn

dXn

1 (1−βX)α

X=0

nα(α+1)...(α+n−1) on obtient

an= (n+1)(n+2)

12 +n+1

4 +17

72+ (−1)n

8 +jn+j2n

9 .

Si nous nous int ´eressons `a uneestimation deanpourngrand, il suffit de consid ´erer lep ˆole de degr ´e le plus ´elev ´e enX =1, les autres donnant des contributions ennau plus. Ainsi, la structure des singularit ´es deS(X), i.e., de ces p ˆoles, donnent les

asymptotiques deanpourngrand.

(8)

G ´en ´eralisation

Exo:Soientr entiers>0,q1, ...,qr, sans diviseurs communs autre que 1. Notonsanle nombre de solutions en entiers strictement positifs (x1, ...,xr)del’ ´equation diophantienne

q1x1+...+qrxr =n.

1 Monter que la s ´erie g ´en ´eratrice est S(X) =X

n≥0

anXn= 1

(1−Xq1)...(1−Xqr)

2 En d ´eduire, `a partir du p ˆole de plus haut degr ´e, que an ∼ nr−1

q1...qr(r −1)!.

(9)

Voici un autre exemple donn ´e parJacobi `a l’aide de sa th ´eorie des fonctions elliptiques. Le probl `eme consiste `a chercher le nombre de solutionsanen nombres entiers (positifs ou n ´egatifs) d’une ´equation `a r inconnues :

x12+...+xr2=n

Ce nombreanest le coefficient deXndans la s ´erie de(F(X))r o `u F(X) = X

m∈Z

Xm2.

Cette s ´erie converge pourX ∈Cde module plus petit que 1.

(10)

Le nombre de partitionsp(n)d’un entiern≥0 est par d ´efinition le nombre de solutions en entiersxi ≥0 de

x1+2x2+...+mxm+...=n o `u le nombre d’inconnuesmn’est pas limit ´e

La s ´erie g ´en ´eratrice, convergente pour|X|<1, est donn ´ee par : S(X) =

X

n=0

p(n)Xn=

Y

m=1

(1−Xm)−1.

p(n) `a l’aide de la formule de Cauchyp(n) = 2ıπ1 H

C S(z)

zn+1dz o `uC est un lacet entourant 0 `a l’int ´erieur du disque unit ´e.

En ´evaluant cette int ´egrale selon un contourCbien choisi `a l’int ´erieur du disque unit ´e mais proche le cercle unit ´e, Hardy et Ramanujan ont montr ´e quep(n)∼ 1

4 3nexp

π

q2n 3

.

(11)

Produit Eulerien

On notePl’ensemble des nombres premiers et(pn)n≥1les nombres premiers rang ´es par ordre croissant (p1=2,p2=3,p3=5, . . . ) :Euler a “cod ´e”la suite despndans une fonction de la variable complexes

ζ(s) =

+∞

X

n=1

1 ns.

Le lien entreζet les nombres premiers vient ducalcul g ´enialsuivant : Y

p∈P

1 1p1s

=Y

p∈P

(1+ 1 ps + 1

p2s + 1 p3s +...).

En d ´eveloppant ce produit infini, nous voyons qu’il fait intervenir

1 pα11s... 1

pkαk s pourk entier etαi entier etpi premier.

C’est maintenant en jouant sur les deux formes deζ, las ´erie de Dirichlet P1/nsetle produit eul ´erienQ

1/(11/ps)que l’on obtient des informations sur lesgrands nombres premiers.

(12)

D `es 1737, Euler avait utilis ´eζ comme fonction de la variable r ´eelle spour ´etudier la suitepn.

L’ ´equivalentπ(x)∼x/log(x), le nombre depnplus petits que l’entierx, avait ´et ´e conjectur ´e par Gauss et Legendre `a la fin du XVIII `eme si ´ecle.

Il a fallut cependant attendre le milieu du XIX `eme si `ecle pour que Tschebyschef ´etablisse par des moyens arithm ´etiques

´el ´ementaires qu’il existe deux constantesAetB, 0<A<1<B telles que, pourx assez grand

A x

log(x) < π(x)<B x log(x).

(13)

Ce n’est qu’en 1896 que Hadamard et de la Vall ´ee-Poussin d ´emontr `erent ind ´ependamment le th ´eor `eme sur des nombres premiers, i.e., le fait queπ(x)∼x/log(x)lorsquex 7→+∞.

Pour cela, ils se sont fortement appuy ´es sur le c ´el `ebre article de Riemann en 1859 qui montrait queζadmettait un prolongement m ´eromorphe pours∈Cet aussi qui mettait en ´evidence de fac¸on largement conjecturale le lien entre la distribution des z ´eros deζ et celle des nombres premiers.

La relation entre la fonctionζet lafonction enti `ereξqui v ´erifie l’ ´equation fonctionnelleξ(s)≡ξ(1−s):

ξ(0)

Y

1

1− s

ρn

=ξ(s) = Π(s/2)(s−1)π−s/2ζ(s).

o `uΠ(s) = Γ(s+1) =R+∞

0 e−xxsdx (Π(n) =n!pournentier).

ξ code les z ´eros non triviauxρndeζ. On pense (hypoth `ese de Riemann) que<(ρn) =1/2, pour toutn.

(14)

R ´epartition des nombres premiers

Th ´eor `eme des nombres premiers :On noteπ(x), le nombre des entiers premiers et plus petits quex >0. Alors, lorsquex tend vers+∞,π(x)∼x/log(x). Ceci est ´equivalent `a dire que pn∼nlog(n)lorsquentend vers+∞.

Nous allons donner une ”preuve” heuristique et suggestive en utilisant la fonctionζ(s)comme produit eul ´erien

X

n≥1

1/ns=ζ(s) =Y

n≥1

(1−1/pns)−1 pours >1 r ´eel tendant vers 1.

(15)

L’id ´ee essentielle est de prendre le log : log(ζ(s)) =−X

n≥1

log(1−1/pns)

comme∀y ∈[0,1/2], y ≤ −log(1−y)≤y +y2on a X

n≥1

1

pns ≤log(ζ(s))≤X

n≥1

1 psn +X

n≥1

1 pn2s. Comme lims7→1+ζ(s) = +∞la s ´erie,P

1/pnest aussi divergente.

Donc il n’existe pas de constantesAet >0 telles que pn≥An1+ pour toutn.

(16)

Comme chacun des termes du produit est plus grand que 1, on a ζ(s)Q

pn≤N(11/psn)−1. Avec(11/psn)−1=P

k≥01/pksn on voit que Y

pn≤N

(11/pns)−1= X

n∈EN

1/ns

o `uENest l’ensemble des entiers dont les diviseurs premiers valent au plusN. Il est clair queENcontient au moins{1, ...,N}.

Celasugg `ere(mais ne prouve pas) queP

1≤n≤N1/net Q

pn≤N(11/pn)−1sontsimilaires pourN grand.

Comme

log

X

1≤n≤N

1/n

=log(log(N)) +O(1) et

log

Y

pn≤N

(11/pn)−1

= X

pn≤N

1/pn+O(1)

cela noussugg `erequeP

pn≤N1/pnlog(log(N)).

(17)

Sinest premier alorsπ(n)−π(n−1) =1, sinon π(n)−π(n−1) =0. Donc

X

pn≤N

1/pn= X

1≤n≤N

(π(n+1)−π(n))/(n+1)

En r ´eorganisant cette somme et commeπ(N+1)≤N, on voit que X

pn≤N

1/pn= X

1≤n≤N

π(n)/(n(n+1)) +O(1) o `uNest grand pour d ´efinir lesO(1). Mais aussi on a

log(log(N)) = X

1≤n≤N−1

1/(nlog(n)) +O(1).

Ainsi il est tentant de conjecturer que

π(n)/(n(n+1))∼1/(nlog(n) soitπ(n)∼n/log(n).

(18)

Le th ´eor `eme de la progression arithm ´etique

Progression arithm ´etique :Soientaetmdes entiers strictement positifs et premiers entre eux. Il existe une infinit ´e de nombres premiers de la formea+kmaveck entier positif.

En fait ce th ´eor `eme admet une formulation nettement plus

pr ´ecise : les nombres premiers se distribuent uniform ´ement parmi lesϕ(m)classes associ ´ees aux nombresaplus petits quemet premiers avec lui.

Si on noteπa(x)le nombre d’entiers premiers plus petits quex et de la formea+km, alors on a l’asymptotique suivante pour x 7→+∞:

πa(x)∼ 1

ϕ(m)π(x) = x

ϕ(m)log(x).

(19)

La philosophie g ´en ´erale sous-jacente `a de nombreuses conjectures sur les nombres premiers :tout ce qui n’est pas trivialement interdit est en fait r ´ealis ´e:

nombres premiers jumeaux :il existe une infinit ´e de nombres premiersptels quep+2 soit aussi premier.

nombres premiers cousins :il existe une infinit ´e de nombres premiersptels quep+4 etp+6 soient aussi premiers.

C. Goldbach,un contemporain d’Euler, avait ´emis en 1742 la conjecture que tout entier pair est somme de deux nombres premiers et tout entier impair somme de trois nombres premiers.

(20)

Preuve du th ´eor `eme de la progression arithm ´etique pourm=4.

Deux valeurs possibles poura: 1 ou 3.

Soient les deux fonctionsχ0etχ1deNvers{−1,0,1}d ´efinies par

χ0(n) =

(1 sin=1 ou 3 mod(4)

0 sinon χ1(n) =

1 sin=1 mod(4)

−1 sin=3 mod(4) 0 sinon

χ0etχ1sont p ´eriodiques (p ´eriode 4) etmultiplicatives, i.e., χ0(nm) =χ0(n)χ0(m)etχ1(nm) =χ1(n)χ1(m)pour tout couple d’entiers(n,m).

Cette propri ´et ´e est essentielle pour associer `a chacune de ces fonctions multiplicatives une s ´erie de Dirichlet qui s’exprime sous la forme d’unproduit eul ´erien avec les fonctionsζ g ´en ´eralis ´ees.

(21)

On poseζ0(s) =P

n≥1 χ0(n)

ns , ζ1(s) =P

n≥1 χ1(n)

ns , . Consid ´erons maintenant les produits suivants :

Y

p∈P

1 1−χ0p(p)s

et Y

p∈P

1 1−χ1p(p)s

.

Commeχ0etχ1sontmultiplicatives,on voit en d ´eveloppant ces produits que

ζ0(s) =Y

p∈P

1 1χ0p(p)s

, ζ1(s) =Y

p∈P

1 1χ1p(p)s

.

Avec−log(1−y) =y+w(y)y2pour|y| ≤1/2 avecw r ´eguli `ere : log(ζ0) =X

p∈P

χ0(p)

ps +h0(s), log(ζ1) =X

p∈P

χ1(p)

ps +h1(s) o `uh0eth1sont des fonctions r ´eguli `eres deset d ´efinies ens=1.

(22)

On a

ζ0(s) =X

k≥0

1

(4k+1)s + 1 (4k +3)s

.

Ainsi, lorsquesest r ´eel et tend vers 1 par valeur sup ´erieure,ζ0(s) tend vers+∞.

Par contreζ1reste born ´e autour des=1 car ζ1(s) =X

k≥0

1

(4k +1)s − 1 (4k+3)s

o `u (4k+1)1 s(4k+3)1 s est ´equivalent lorsquek tend vers l’infini `a

s

22s+1ks+1. De plus chaque terme est strictement positif, donc ζ1(1) =P

k≥0 2

(4k+1)(4k+3) >0.

(23)

Notons maintenant P1(s) = X

pP p=1 mod(4)

1

ps, P3(s) = X pP p=3 mod(4)

1 ps.

Ainsi

log(ζ0(s)) =P1(s) +P3(s) +h0(s) log(ζ1(s)) =P1(s)−P3(s) +h1(s)

Comme,ζ1(s),h0eth1sont r ´eguli `eres ens=1,ζ1(1)>0et lims7→1+ζ0(s) = +∞on en d ´eduit n ´ecessairement que lims7→1+P1(s) = +∞et lims7→1+P3(s) = +∞.

(24)

La m ´ethode que nous avons utilis ´ee est en fait g ´en ´eral. Donnons en une br `eve esquisse.

Pour un entierm>2 on a en faitϕ(m)choix possibles poura, soit a∈Zm. Sur le groupe multiplicatifZmon d ´efinit l’analogue des fonctionsχ0etχ1, en faitϕ(m)fonctionsχ0, ...,χϕ(m)−1fonctions multiplicativesdistinctes mais `a valeurs dans le cercle unit ´e du plan complexe : ce sont lescaract `eres de Dirichlet. On note toujours le caract `ere trivial ´egal `a 1 surZmparχ0. Les autres caract `eresχk,k =1, ..., ϕ(m)−1 se distinguent deχ0par le fait que

X

a∈Zn

χk(a) =0.

(25)

Pourk 6=0, les s ´eries de Dirichlet ζk(t) =X

n≥1

χk(n) ns

sont tr `es diff ´erentes autour des=1 de la s ´erieζ0associ ´ee `aχ0. Contrairement `aζ0qui diverge ens=1, ces s ´eriesζk sontdes

“s ´eries altern ´ees”(utiliser le crit `ere d’Abel) et ainsi convergent en s=1.

Maintenant,chaqueζjs’exprime comme un produit eul ´erien.

log(ζj) =X

p∈P

χj(p)

ps +hj(s),

o `uhj est une fonction r ´eguli `ere des d ´efinie autour des=1.

(26)

On pose, poura∈Zm,

Pa(s) = X pP p=amod(m)

1 ps.

Alors on a

log(ζj(s)) =hj(s) + X

a∈Zn

χj(a)Pa(s).

Des calculs simples sur les caract `eres montrent que la matrice ϕ(m)×ϕ(m)d’ ´el ´ements χj(a)

pour 0≤j ≤ϕ(m)−1 eta∈Zm

est inversible, d’inverse sa conjugu ´ee (hermitienne) divis ´ee par ϕ(m).

LesPa(s)s’expriment comme des combinaisons lin ´eaires `a coefficients non nuls deslog(ζj)et deshj.

(27)

Lapartie dure de la preuveest de montrer qu’aucune des valeurs prises ens=1 par lesζk (k ∈ {1, ..., ϕ(m)−1}) n’est nulle : ζk(1)6=0.

Commeζ0(s)est la seule `a diverger ens =1, on en d ´eduit alors que chacun desPa(s)diverge ens=1. Et donc{p∈P|p=a mod(m)}est infini pour touta∈Zm.

On comprend un peu mieux pourquoi la localisation des z ´eros des fonctions de Dirichletζj est si importante.La conjecture de

Riemann g ´en ´eralis ´ee affirme que les z ´eros ( `a partie r ´eelle positive) desζj se situent tous sur la droite parall `ele `a l’axe imaginaire<(s) =1/2.

(28)

Prolongement analytique deΓ

FonctionΓ:Π(s) = Γ(s+1) =R+∞

0 e−xxsdx Pour<(s)>−1 l’int ´egraleR+∞

0 e−xxsdxest absolument convergente et d ´efinit la fonctionΠ(s)(Γ(s) = Π(s1)) sur le demi-plan complexe<(s)>−1 avec pournN:Π(n) =n!.

Une simple int ´egration par partie montre que

Π(s+1) = (s+1)Π(s)pour<(s)>−1. On prolonge alors sans ambigu¨ıt ´eΠ(s)pour toutsCsauf ens=−n,nN,n1 o `uΠ admet des p ˆoles de multiplicit ´e 1 :Π(s) = (s+1)...(s+n)Π(s+n) .

Ainsi la fonctionΠ(s)est d ´efinie surCsauf pour les entiers strictement n ´egatifs o `u elle admet des p ˆoles simples.

Fonctionζ(s) =P

n≥1n−s pour<(s)>1. Dans son fameux article de 1859, Riemann propose unprolongement similaireen partant de P

n>1n−s au lieu deR+∞

0 e−xxsdx, mais cette fois le prolongement est possible poursCavecs6=1 o `u on a un p ˆole simple.

De tels prolongements ne sont pas toujours possibles: la fonction

log(z) =log(|z|) +iarg(z)bien d ´efinie pour<(z)>0 avec arg(z)∈]π2,π2[ n’admet pas de prolongement sur tout le plan complexe priv ´e de l’origine.

(29)

Prolongement analytique deζ La s ´erieP

n≥1n−s estabsolument convergentepour tout complexesd `es que<(s)>1. Elle d ´efinit la fonctionζ(s)sur le demi-plan<(s)>1.

AvecR+∞

0 e−nxxs−1dx = Π(s−1)ns on montre que, pour<(s)>1 : Π(s−1)

X

n=1

1 ns

!

= Z +∞

0

xs−1 ex−1dx Avec lad ´etermination standard du logsurC/R:

logz =logr +iθpourz =reıθavecr >0 etθ∈]−π, π[on a, via leth ´eor `eme de Cauchy,

Z

γ

(−z)s ez−1

dz

z =2isin(πs) Z +∞

0

xs−1 ex −1dx

o `uγ est lecontoursuivant parcouru dans le sens direct :z =t+i pourt r ´eel de+∞ `a 0 ; ensuitez =eit pourt r ´eel allant deπ/2 `a 3π/2 ; enfinz =t−i pourt r ´eel de 0 `a+∞.

(30)

Pour<(s)>1 : Z

γ

(−z)s ez−1

dz

z =2isin(πs)Π(s−1)

X

n=1

1 ns

!

Avec l’identit ´e sin(πs) = Π(s)Π(−s)πs on a ζ(s) =

X

n=1

1

ns = Π(−s) 2iπ

Z

γ

(−z)s ez−1

dz z .

Compte tenu de la forme du contourγ (entoureR+), la fonction s 7→R

γ (−z)s ez−1

dz

z est d ´efinie pour touts∈C: c’est unefonction enti `ere des. On peut ainsi utiliser la formule pr ´ec ´edente pourprolongerζ(s) lorsque<(s)≤1 ets 6=1. Autour des=1,ζ(s)explose commeΠen

−1 (p ˆole simple).

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