17· ANN~E
L' E DUC A T E U R
Revue pédagogique bi-mensuelle
de la Coopérative de l'Enseignement Laïc
Abonnement, acompte p)'ovisoire : 50 Fr.
Abonnement à Enfantines (mensuel) : 40 ft.
C.C. Marseille 115.03 (Coop. Emeignement Laïc, Vence)
Services commerciaux de la C.E L" 32, BOlllcvart', de Montmorency, DEUIL (S.-et-O.)
o.
F REI-..tE TPour le sauvetage des enfants de France
Ce numéro spécial constitue le numéro 18 de notre Collection de brochures d'Education Nouvelle Populaire
1
er0 é c e ru b re
1945
EDITIONS DE L'IMPRIMERIE
A L'ECOLE VENCE (A.-M.)
c.e.
Marseille 115.03,
~.~-
POUR NOS ADHÉRENTS
Un avis important de nos services commerciaux
1
0LibeJJer soigneusement vos com-
dand~ sur bons de commande sans ou-
blier ni votre prénom, ni la gare, ni le département
et .après avoir luattenti- vement nO$ catalogues, .
2° Faire tous les versements au compte courant : 401306 Paris.
3° Attendre
pOUl'payer la réception de la facture ou joindre
ml mandatlettre
ftla commande.
4° Ne pas répéter aux talons dee chè-
ques leG t0ll11nandesenvoyées pal'
:cttroou bon'Sl de commande.
5° Ecrire à: C.E.L. ,
32, Bd de Mon
tmorency, DEUIL (8.et Oc)
pOUl'tout ce
qui a trait : aumatériel, anx éditioo.s, aux abonnements, aux
payemen~s,
aux expéditions. A Deuil sont installés les services commerciaux de
l·aC.E.L.
6
0Ecrire à
FHEINET,
V",CE(Alpe'H'larit.) pOUl' toutes que3.tions pédagogiques ou techniques, projets et réalisations,
al'ti~cles pour
l'Educateu'1',brochures, etc ...
La Coopérative lance un Emprunt
Le Comité d'AdministratiOn de notre Coopél'ative, dans
~at'éunion tenue
àMoulins, le 2 novembre dernier, a décidé le lancement d'un emprunt. Les forma-
lités,admini
stratives sont terminées etle Joul'nal Officiel relatif
auxSociétés financières, dans son édition du 3 dé- cembre,
î nl~érai t :COOPÉRo\TIVE DE L'ENSEIGNEMENT LA1'c
Société Anonyme Coopél'a(ive à CU1JifaL et personnel vllriables
Siège Social : St-Géranc1-c1e- Vaux (Allier)
BUTS :
Acquisilhon, édition, fabrica- tion et répartition de to
ut matérJel favo-risant ra mise en pratdqllc
de~méthodes modernes d'éducation.
Emission de
2,000titres d'emprunt 'de
500fl'r: l'un l'apportant
6 %l'an, rem hOUl'sables p.n 20 ans par voie de tirage au sort, annuellement et au dernier jour de "Assenlblée
Génél\a~e dePâGUes
100titreS seront remboursés
HUpail'.
Ces titres d'emprunt ne donneront au
cun
<1l'oit
hlu. répartition annuelle des
plus values, ni
ftJ'Administration de la Société.
Emprunt: ouvert du 15 Décembre 1945 au 15 février 1946.
Souscriptions reçues pal'
M. MAYET,Instituteur à Montluçon (Allier). Compte courant pos
tal : 255-52Clermont-Fer- ra nd,
• • •
Tous nds- AdhérentQ souscriront une ou plusieurs actions et, autour d'eux, ils feront souscrire.
Nolre Coopérative devenue une Société importante, a besoin d'un fonds de rou-
lement. Ses
stoc~,sla situation com- merciale, ses statuts, sont une garantie certaine
deJ'argent que vous
lui prê-terez,
Aiùel'
il.l'essor de votre Coopérative, c'est aid
el'notre tâche de rénovation pé-
dagogique. Souscrivez! Le C. A,
• ••
Pou'/' sousc'rire, adresser le,s fonds à .- .1JAYET, Instituteul'
~l ')NTLUÇON
(Allier)
C. C:. postal Clermont-Ferrand
25M;2Au r
eçu devotre souscription,
ilvous se t'a envoyé un récépissé provisoire nu- méroté et les titr es d'emprunt seront adl'
e6sésuIt'érieusement sous pli recom-
mandé.. BULLETIN de SOUSCRIPTION à l'EMPRUNT de la C. E . L.
.Te sous,signé
_._
.. ".,.,., ...
..... _. , ...
...
....
.....•..
. décfa1'e souscrÏ1'e . _ ... _ ..... _
.... _. _.
action de ~oo francs et verse au C. C. postalClermont-Ferrand 255-52, compte de M. MAYET, Insti- tuteur à
MONTLUÇON, la somme de : .. _ ... _ ..._. __ .... .
... . te .......... 19
SIGNATURE:
Déparl
Conseils pour l'organisation matérielle et pédagogique des Centres scolaires
et Maisons d'enfants
La guerre,
l'exode de40, les bombardements du temps de
l'occupation,
la famineensuite,
.ontposé comme une nécessité
~'exodedes masses
considé
rablesd'enfants qu
'il
fallait a('cueilïl'd'Ulis les meil,leuL'es condi-
tions pml3ibJes d',uménagement, (l'organisation, d'alin1entation, de soins el aussi d' éducation el
d'instruction.Le problème est posé, bl'uta'en1ent. Pal'
la forcedes choses, des centres sco!·all'es en
nombreassez impol'tant, ont été créés et organisés dans
larégion de Marseille pOUl' accueillir les enfants de
I·aCOtG menacés
par lafamin
e..Quelques-u lis de ces Centres sa
utinstallés dans
J~envi
rons immédiatsde Marseille, Toulon et Nice.
Le
Département. des Hautes-Alpes qu
ia
J,'avantage d'offl'il',
outreson c!imat peut être
uniqueen France,
unravitaillement plus facile
,voudr ait organiser
SUI'une
l'argeécheUe, et
permanente,non seu
lement actuellementmais dans l'après- guelTe, l'accueil
d€!~, ellfants de
~aCôte
lesp' us en danger.
La Region Lyonnais e exploite de son mieux le
Dauphiné avec sestraditionne:,jes statio
ns de cureet crée
desVillages
d'enfants
àMégève,
Combloux, Vi1lard de
Lans,etc...
.Le problème est
posé, disions-nous.Mais qu
is'ap
plique àle résoudre, selon quels principes, d' après queb.
les
directions, en
bénéfidan~de quelles expér
iences?Hélas
1 il faut lel'econnaitl'e, la tradition fl',ançai
sedans ce doma
ineest inexistante, la
pédagogie traditionnel!e qui a formé
les éducateursest totalement
impui ssant e
fi. faire face à cette sHu alion no
uvelle quisurgit dans toute sa complexité.
Iln'y a peut-être, en définitive,
quenotre Groupe de
l'Imprimer ie
à l'Ecole et dela C.
E.L. qui,pal' ses
initiatives
hardies et m odernes
puisse appor ter une ai
de pra
tiqueà ceux
G:uiont
lacharge
del'organisation de ce3 centr es.
74
L'EDUCATEURO'est au
nom de
cesinitiatives,
pOUl'fa ire bénéficier ces
éducateursde notre expérience aujoul'd'hui probante et
assul'ée,que nous
rédigeons cesconseils
sane prétention qui les aideront àfaire fac
eaux difficu
:tésp
édagogiques inSurmontables pal' lesprocédés
oules techniques
tl'adi-tionnel~. '
Nous
disons
toujoUlI.9 : àmilieu difféT'ent, ci s ituation nouvelle,
ilfaut
comportement pédagogigue adéquat avec outilGo, méthodes et techni-ques
de travail adaptés àcette pédagogie.
Notre expérience
au
seinde la
COOpél\ativede l' Enseignement
Laïc pendant près de vingt am~ ; la direction <\ Vence pendant cinq ans d'une écolenouvell
edont l'exemple
pO\ll'l'aitbi
en être décisif dans "orientation actuelledes
centresd' accueil; la respo nsa.bilité que j
'ai I3.cceptée ensuitede diriger
àGap
undes Centres Scolair
fG! duCommissal'iat
"Régionalde Marseille
aves85 enfants, fiis
defu
sillés e~de déportés, m'autol'isent
àparl
er :avecquelque cornpétenre de If!
questionque nolJ.lS. abordons ici.
Nous
étudieronsd'abord et
assez brièvement,sous
1'angle restreintde
'leu/' incidence pédagogique :-
l'installation et l'mneublement
des centres - lanOUiTitul'e ;
- la
propret
é, la santé, la culturephysi que.
E
t ensuiteplus particulièrement
~es questionsqui
sont denotre res-
sort hpeu près
ex,:lusif :- l'organilSQtion
des Centres
la discipline et L'autorité,l'ordre par le
travail, laformation
etl'éducation
individuelles et sociales;
-le travail scolaire
;- Je jeu,
les fêtes, les ac tivités
diverses -la portée
généralede
c~ expériences.Danee rythmique
1
L'EDUCATEUR
75
'.
Des. couturières appliquées
Installation et ameublement des Centres
On sait G1Je
dans 1105techniques, nous accordons une
plaieimpro-
tante à ce que nous avo,ns appelé le 1/w.léTialisnte pédagogique. L'empla.- cement et 108, dispositiQI1 des locaux, leur installation et leur ameuble~ment ont une influence détermimwle
.sUl' lavi c des communautés
àaccueillir. La noul'riture enfin est, au pl'cmie>l' ch M, fadeur
d'ordre, de discipline ct d'harHlonie des iJdel'llRts. On Ile> SA.UNlÎl donc trop s'en.préoccuper. .
1
0Installation et ameublement:
Il Y a avantage iJ ce que le Centre scolaire soit à l'écart des agglo- mérations
ét
indépendant det;;! voisins qui trouvent toujours à. critiquer, pas toujours avec bienveillance. Et pourtant, il faut éviter autant que possible le trop grandéloigllelllf.:nt;
lesenfants ont. besoin
dese
retrem- perde
-temps en temps dansl'atmosphère d'un bourg.
11est bon,
aupoint de vue éducatif et,fonnatif,
qu'ilsse trouvent en contact avec les ucivilsIJ,
avec les artisanse t les
ouvriers.Nous les
entraîneronsmême
à faireles
commissions, il seprésenter
poHment, à se civilisel'. ..La
situationqui nous
semblerait idéale seraità
quelquescentaines
de mètres d'un village, près d'une route, et d'une rivière 8IÎ p08sible, avec accèsnapide
dans les bois où l'on a plus deliberté
qu'au milieu des champs cultivés.Ne
recherchez
pastl'Op le.'9 111ai sons entourées
de grands jardins ou d'importants terrains dQ culture, Clui, à première vue, attirent souvent les organisations.L'auta rcie
cI'lIncentl'e
scolaireest. une
illusion, du moins 'avec des enfant!; au·clf'~soIlS ùe 14· ans. Jusqu'à cetâge,
L'enfantn'est
pas apte à produire. 11aime
cel'te~ avoir un coin de terrain à cultiveret le
tI'avail quece
lerrainexige
est éminemmentéducatif. Maia
c'est
tout. Vous aurezt.ouibU1'8, pécunièl'ement,
avantage à aller acheter76
L'EDUCATEURvos salades el \'OS haricots plu tôt '1"
0de les faire produite
dansvotTe domaille.
rHème observation pOUl' ce qui c'Olleerne l'élevage d~~ animaux. C'est Ulle activité éll1i nemment
édueaiiyc
et lJue IIOUSrecommandons. Mai!&
nous la l'eC01l1nHlndons comllle activil.é éducative ei non comme activité productive commcl'l'Înlement parlant. Ne donn
ezdOll
epas au clapier ou
aupOUhlill
cl'une importa nce cxaghée.
:Méfiez-vo us
sion vous parl
ed'un cocholl qui mangera les eaux grasses.
L~ enfants nes'y intéres-
sent pas. Une chèvre qui nous donnera d1.,l 1
'ait.Les enfants voudront bien avoÏl' le lait rnais gard er
la chèvl'esera une corvée qui risque de n'être que co rvée ei
(j'ui compliquerala vie de votre Centre. Le travail de jardinage véritable ritsque, lui
ItlUg.s.j,d'êlI'c plus onéreux que pro- ductif
s'il nous faut un ou plu
sieursjal'di
l1iersqui ne travaillent pas dans des conditioll,& normales.
N'oublions pas que notre but n
'estpas, avec les enfants de cet âge, de m
ettreen valeur un domaine, mais d'éd uqu
el'les enfants. La chose Aerait diffél'ente là où l' on recevl'uit des enfants de plus de 14 ans. Mai
snous n
'étudions PUISici
cett~éventua.lité.
Nous auron
sdonc,
sipossible,
unjardin un coin pOUl' les jardins individuels et
uncoin de culture collective, quelques
lapin.~,quelques
poules,une ,chèvre si
lavordure est abondante.
Et.c'est
tout.Le local
lui-même doit
êtresuffjsaroment grand, mais pas trop, bien situé, enls'oleiHé et
àl'abri du vent
-Slipossible. L'eau et le tout à l'égoûl
sonLnaturel
lement indiGopensable'Sl.POUl'
l'ameublement,
ilfaut éviter ce qu
'onappelle
ordinairementle contoTt, dont Jes élèves n'ont que faire,
f'iqui est plus souvent un
!ujet de
gê~et d'intel'didions que de commodilé, Ce
qu'ilfaudrait par contre c'e,s,t la co mmodité,
lapropreté et la beauté.
Unlit
ft.fond
debois simple
et L,uffisant pourvu qu'il
yait des draps }
)l'opl'es 'etdea
couvertures chaudes..Des chail30es de bois
sontlargement suffisantes et nous ne compliquerons pas l'installation avec des fauteuils d'en tretien difficile. Mails
cequi n'est
p~indifférent, c'est la couleur claire des
Htslaqué.so, la propreté des chaises,
lapropreté et la beauté des bables recou- verles de matièr
eplalSotique d'aspect agréable, une instalJ'ation de pro-
pl'etéessentiellement pratique.
Si ce milieu favorable n'est pas réalisé, le personnel s' énervena et s'épu
is,cra en vain; une di~ciplinevexatoi
re
seJ'a jl1dil~lpel1sHble; le 1'en- -dement sera faihle.
Da ns
lell''lilieu favorable, au
l'ontraire, l'enfant.s'habituera de
lui-même à la pl'opreté,
lil'ord
re, au re::;pect d
rsmeubles, des champs, des arbres et des
gen:--.
Il y au l'a l11Clximum(l
'IH1l'l11onie.
T
outes.autres
choses égales d'ailleurs cependant, cette harmonie est
pl~tacite à. obtenir avec
unnombre d'enf.ants réduit à 20 ou 30. Il faut
seméfier comme de
lapeste de l"atmos phèl'e de
ca$el'ne des CentreS'
tl'Op populeux qui dema.ndent tu1l:'installation, une ol'gan
isation,lme disc
iplineet une rlhectio n toutes particulièros,
2 • L' alimen tation :
EUe es! la
chose es..;enti
elll:'.
Elle. esl déjù essentielle Cil tel11ps nOlTtHt 1. Elte l'est beaucoup plus .aujourd'hui avec
des enfants qui ont souffertph
ysiologiquement, quion t eu la hantise
de lafaim, qui ont vécu dans
Uilmilie u
où, par la forcedes choses, la re
cherchede la nourriture
était laseule préoccupation
.animale, à
l'exclusion de tout :tutl'O souci hUI11<lin.
~ __________ ~ _________ L~'E~D_U ~ C~A _ T ~E_U~R __________________ ~7~7
1
1
1
Les
ellfant~ qu'OH nOLIS confie:- sont déficients et ont
donc beso in
d'une alimentatiull pul'ticuLièl'&- ment
soignéepO Ul' retrouver l'équili hr
E' fonctiollnel
indispenSfl ble
j- ont la
hanti
sede la
faim,qui
tldéjà suscité
en eux
des corupor-"tement.s qlJ'i peuvent
fl'i
sel' lanévrose. LI
y aune rééducation
aHmeu-"taire à. opél'el', qui
e~t fonction de
la n>éducation vii ale et
scolaire. NoUSdevo ns nou s
yemployer en tout pl'emiel' li eu.
Sans traitel' 11 fond la qu estion de
l'nlinlentation, IlOUSposerons du
moinsles point
s suivants:a)
l'a limentati
on doitnatul'el1emen
t ètl'e suffi
sante en qualité
eten
-quantité pOUl'permettre
auxenfm1ts non
seulementde vivre, mais de
'Distribution du goi1ter
cattl'apel' J'ul'I'iél'é
de déficience
quiles
a dejà tous plus ou moins marqués.b)
Dans le choi
x des aliments,recl
lerclJezJe
plus possible l~
aliments naturels
et méfiez·vous toujours
des conserves, desprodui
ts importés,-Iles prépal'ations <ïtJi ne sont pas tOlites. récentes.
E
t SllI'1out évitez l'excitRtion qui eSIune
des car
actél'istiquesde
la 'vie et clone ciel'a lim
entation actuelle.L
es enfants
dupe upl
e,peu favo~
l'isés en gé
néral a u
point de vue cui,sin
e, sont habilués aux exeiLants : sel, sucre, vinaig-t'
e, vin.Rédui
sez pl'ogl'essivetucnt la proportion de
ces excitants. L
e vin peut- êtl'e supprirrté
totalement. Méfiez vousdes viandes
Donfl'ai
ches etdes pâ tés bi
en épicésqui donn
ent desdiarrhées
oudes
houtolls.Oompell.:,ez le plus
possibl
epUI' UU la it fl'ai
slJaturel
etpa r des
fruits, c) Satisfairc l.a GOU,I'/IlClllllüe.Vous
corri
gerezl'excitatiou en
soignant \'ospl
atset en présentant
.desmen us qui
flattent et satisfontla
goul'mandise
des enfants.'78
L'EDUCATEUREvitez les plats que les enfants il'aiment pas, donnez·leul' ceux qu
'ils-llpprécient.
Réservez-leur des desserts qui font plaisir. Faites en sorte que J'enfant -.Boit saU,stait, et qu'il rééduque son instinct alimentahe.
Cela a
p1uad'importance qu'on ne croit, même et surtout au point
4e vue psychique.
Les enfants aff,amés l'estent comme des
bête~l,raquées, l'œil inquiet, -prêts aux réactions brutales, méfiants et
~oupçonneux.Lorsqu'ils seront
.satiM'aitsau point de vue digestif, vous les. verrez se défendre, s'apaiser,
.entrer en confiance, prendre le visage ouvert et humain.
Cette observation fait partie des considérations matél'iali$tes
don~.nous parlions. EUes sont de toute première importance.
d) C'est à table, autour des repas, que
&9fait avec le plus de profit une bonne padie de l'éducation.
Ilfaudra
yappol'ter le p]us grand soin : détente, discipline, calme, propreté, sens de la responsabilité.
Organisez
le.sservices, que chacun ait sa part de cette responsabilité
:.d.iBtribution, nettoyage des tables, etc ..
.Il y aura avantage, toutes Ics·
fois que cé sera possible
àlaisseI' les enfants servir eux-mêmes à tour de :rôle (la rareté actuelle de la wJ.isselle ne permet pas toujours cette pos
-... ibilité).
e) lustice et égalité :
S'il
ya un domaine dans leque1 chacun tient bien à avoir ce qui lui
;
:l'evlent, c'est celui de l'alimentation, surtout dans les conjonctures ac- tuelles et étant donnée l'origine de nos enf, anis.
Il faut absolument que chacun ait sa part. S'il est normal que les·
«rands aient plus que les petits., encore faut-il le leur expliquer aux uns ...et aux autres pour que la différence n'a pparaisse pas cormne un
p~e..droit mais comme une prérogative de l'âge.
De même vis-à-vis des adultes qui peuvent avoil' uno ration légèl'e-·
·ment plus forte que
certains enfanœ, mais qui ne doivent pas jouiI
.d'un traitement privilégié qui nuirait à. la sincérité des l'8.pports
. que::DOUS
voulons établir.
C'est parce que l'intérêt des enfants est aujourd'hui anormalement axé
SUI'l'alimentation qu'il< faut moins qne jamais, avoir recours aux -privations alimentaires comme punition, car ce seraient les punition&
Jes plus graves et les plus inacceptables.
Nou~en reparlerons.
N'oubliez pas qu'un centre fonctionne bien dans la mesure où l'aH--
_CDentation eat suffisante, bonne et bien distribuée.
Il faut v'ous en préoccuper en tout premier lieu
.3
0Propreté:
En temps normal, la propretê était une
chosetoute natul'elle,
qUliDécessitait seulement un minimum d'installation. Aujourd'hui, elle est
·4lltraordinairement compliquée par
suite
de la pénurie de savon
jdu mauvais état des habits ; de l'insuffisance du linge de corps;
de la pénurie de Bouliers et de
serviettes.Çhacun pare
àcea difficultés a\'ec
lesmoyens du bord : douche la...
plus fréquente possible, lavage des pit:ds et des genoux tous les jours, -nettoyage des maine. avant chaque repas, surveillance minlltieuse des-
Utes, etc.,.
L'EDUCATEUR 7~
~ous nous contentel'ons ùe faire ici quelques observations générales ::
a)
Habi tuez les enf'ants
iLse dévêtir totalement au moin s une fois ..
par jour: cela aère la peau et permet l-a vérification minutieuse de·
la propreté du corps,
b) Faites coopél'el' lù plus possilJle les enfants à la propreté des·
locaux en donnant à chacun d'eux lIne respon.5abilité pl'écise. Il faut..
que les enfants C01Upl'elinent dan~ leuI' vie que la propl'eté ne doit pas- -être uqe chose qu'on ùnpose de j'extérieur mais une discipline de vi8'r
qu'on S'C fait à soi-même, pOUl' s'en imprégner à jamais.
T raooox de jardinage
c) La sU l'veilla nce des w.c. pal' les enfan ts eux-mêmes perm ettra UDe
l'ééducationindispensable
des habitudesdéplol'ableJ;!
qu'ontacquises
danace doma ine les enf ants de taudis.
d)
Habitu ez les enfants aux r éactions: douches ou bain froid,
pu.i81'échauffement rapide pa r exercice au soleil ou dans une salle chauffée.
-Si vous avez une piscine , la ch ose sera fagile, maia évitez les trop 10D- gues
baignades dans l'eau tiède.4 ' Culture physique :
La gymnastique méthodique formelle scolastique Il'est jamai.s recom-
mandableavec les enfants
qui nefon t
pasl'effort sans lequel cette ,g:ymnastique n 'est qu'une pa rodie de culture ph ys ique.
C ette
opiniontend
àdeveni r offi cielJe puisqu'on fa it de plus en
plu deplace
àl'hébertisme.
C'est donc vers l'hébertisme que nous nous orien terons.
a ) d' a bol'd le plus pOfisible d'exer cice naturel par les courses,
les march es,
les jeux en pl ein air
à(aire varier
selollles saisons, le milieu, l'état physiologiqu e des
enfants,elc ...
le travail des champs,
le g rimper aux arbres.
80
L'EDUCATEURCel exerci
cesera complété pal' l'hébertisme 'bien compris, torse nu, en slip si
possible, surtoutpendant la beJl
esaison.
Quand
le~enfants
sont moites d
'exercices etqu'il
faitbeau
,nous.
recommandons la douche froid e
l'apIÙe, QU,du moins,
I.'aspersion du.bus te à
l'eaufl'ojde, pui
s le séchage au soleil.Dans tous
ces travaux
et Ce.9jeux, nous
recommandon
sle plus pos- sible
lacoéducation qui ne peut avoir que d'excellents
résultats.Dans.
vos centres, où
il c.:t
souhaitable qu
e 80ient accueilli s en même temps ga
rçonset filles
, ilfaut faire vivre
ettrav·aillel'
,au maxiJnum ensemble
les enfantsd
esdeux sexes. Il n'
y il Ù.cela a
ucundanger avant
lapuberté et par co
nlre d'immenses a\'Jlltragesph
ysiologiques, mOJ'aux etsociaux, C'est toute un e
rééducaion :\ fai
reei qu
isera
facile
il.réussir dans
les centres,Pour ce
quiconcerne
les jeux,nou
s somm
e.:- partisans des jeux tra-ditionnels
dans la région donnée, IIn'est pas néces
saire que l'adulte intervienne en
permanencedan
s l'dl'garli'sation de cesjeux.
Ildevra, au
~ontrail'e.
respeder a
umaximum les besoins fonctionnels des enfan
ts.et les aider
dansl'organisatio n des jeux qui leur plaisent.
La
chose sel'a
plus déJ,icate d~lIs lesjournées d'hiver ou de pluie, quand
lesenfants ne peuve nt pas
~elivrer aux jeu x de leur
choi~.O'est à ce 1l10ment-là que de bons moniteurs bien préparés
à. leurtâche.
seront précieux
pourl'éùucation
des enfants.M. ajs nous faiso
nsune
ohsel'vation critique que nous aurOlllSl
peut- être l'occasion de répétel' au COUTS de ces conseUs
: les stages plusou moins officiel,s ont axé ces dernières années l'activité des moniteurs et monitrices sur
le jeuet
le chantcoll ectif,
Dès que desenfants sont l'éunis, les
moniteursne voient que ces deux
moyens d'en venir
àbout
-:jeu
co
llectifet chant
plusou moins bl'aillé.
Il
es t une
autreactivité pOU l'tant pl'écieuse
qu'on ·aurait tendance à tl'OP négli ger, c'est
letravail t'lut·l'em
entéducatif, autrement
régéné- l'ateu
r.Et
1I0US yl'eviendl'ons.
50 Organisation de la Maison
n) T.n Discipline :
C'es t
ùans cedom
ainequ
e la Réfol'me doitêtre la plus
l\3.dicale Maispour y al'l'iver
encorefaut-il ètre
persuadé,
d'abord, dela néces- s
ité et de lavaleur de
J'orgq,nisat,ionet de la discipline nouvell
es,Disons
tout
desuite que la tradition
et les appal'enc€f3, sontnaturel-
lementcontre nous.
Si vous entrez pOUl' la
pl'enJÏ~l'efois dans
lade meure
d'une
fle
ces·familles soumises comme autl'efois, sans
discuSSionni contestation,
à labrutale et a
bsolueaut.orité patern elle, vous avez
une impressionpres-
que effrayante
d'ordreet cle discipline : c'est
lesilence
,absolu ;
rien ne
sefait sans
l'ass'entiment du père Gui
possède
une.autorité
de dieu.Et
vous avez tendance à
dil'e: c'est très bien.
Mais, cecic'est
las
urface Ilfaudrait vivre
L1ans cette famine, s
ubil'COl11me les
enfant/Slla
tyrannie
dupère, participer
alLX dl'ames pl'ofonds que cette tyrannie s
UIS'cite pour comprendl'e
qu'il
ya mi
eux ùfflil'e,
Nous n'appl'ouvons ce
l·tespas
davantag'ela famille
, hélas! trop
moderne où
il n'y la plus ni autodt
é,ni
di~cipline,où ce oSant les
enfant.s-qui co
mmandent pOUl'impo
serle
urs capric,es, où les parentsne sont
plus même respectés et
le sontd
'autantmoiU9 qu'ils
l'éagissentbl'utale-
Jl1f'nt
pour masquer
leurfaibl
esse etleu
r impuissance.L'EDUCATEUR
81
Modelage
Mais il Y a aus'5Ii hl fumille biell orgo,nisée Oll (('8 individus ont cans-
·cience des droit.s et des rlevoil's cie la comll1unauté, où chacun a sa part d'autorité et de décision, tuais où natut:f'llement on éCOlJte et on res- pecte d'abord les personnes âgées qlli :;avent d'ailleul'S écouter et res- pecte!' les jeunes dont ils comprennent les besoins particuliers. Dans
-cette famille on sent
('ton comprend que J , es enfants font leul' appren-
tissage d'h ommes.
NOJlS voudrions que les cent.res
·scolnil'essoient
il.( ' image de · cett. e famille.
Dans cette voie, nous . le savons, les
.nppal'encesne nous
soni pMfavorables, sm-tout
laudébut.
Avec la discipline autoritaire hahituelle et traditionnelle, vous avez
de beaux a li gnements dnns j , es
COUI'Set dans les
couloirs,du
silence :au réfectoire, de l'ordre et dusilellce
pOlll' J'entrée encla.sse. Que
cette discipline soit parfois reposante pOUl' lesadult es, qu'clle
permettea. ux
incapables de faire .du moins illusion, c'est pO:isiple,qu'clle é{luqu e
et qu'elle forme, c'estun e
autre aff.ail'e, Elle éduque et cHe forme comme La disciplined e I · a
caserlle qU'ail esquivo Ciltoutee
occasions etqui
l'eMltexclusivement extéJ'ieure, sans
influellcesU!' le comportement
vitoldes
individU3.On n'a souvellt, Ifwlheul'eusenle11f, pn,<; COIl'i('Îeuce qu'il puisse y
avoir une
autre dj~C'ipJ,ine alorsc'est
ln paguS!", vous dil'a-t-on. Les enfants _feront.
ce qu'ilsvoudront.
Cc 8('1':\la pétaudière .
NoUS savons que, parfois, la
prégelH'p, àla
tÊ'te dela maison, com me
de
La famille,d'une
per~onnalitegénéreu se et
compréhensive,att.énue
et corrige
.1esdan gers de la discipline autoritaire. Seu lement ces person-
naJ.ités sont
l'exceptionet nouAI
ne pouvonspas tl8.bler ici sur
l'exception.82
L'EDUCATEURNQUS allons tâchel' d'expliquer ce qu'es' t et ce que doit être cette discipline et comment on peut
yparvenir. ....
/ Elle est, dans un domaine un peu différent, ce qu'eHe est d-ans nos écoles rénovées.
Et c'est d'ailleurs paT les mêmes techniques et, les mêmes procédés. que noua y accéderons.
D'ailleurs, vous aurez des classes fonctionnant dans votre établdsse- ment. Ces cl- asses seront nécessairement imprégnées de l'esprit nouveau et nous .avons suffisamment expliqué pourquoi elles doivent l.'êtrc, dans nos écrits antérieurs. Or, U est impossible d'avoir dans le même centre deux sortes de disciplines : la discipline vivante et humaine en cl- asse, la discipline autocratique dans l'établhslsement. Il en résulteI'ait un véri- table désarroi dans le comportement des' individus, désarroi qui néces- 'Biterait le triomphe de l'une ou l'autre de ces tendances. Une expérience semblable s'est terminée chea; nous pal' une véritable révolution des enfants. Noua y avons paré en prenant aussitôt toute l'autorité du ' Centre que nous avons organisé 6elon les nouvelles
IlOl"m~de discipline.
Avec un total
succè~,d'ailleurs.
Quelles sont ces normes pour
UIIcentre scolaire ?
Comme
pOUl'l'Ecole d'ailleurs,
ilne faut pas ,meUre en avant, seul, le problème de la discipline, comme s'il était un · élément autonome qu'on applique de l'extérieur, telles ces clôtures qu'on dresse en bordure des routes pour obliger les passants
àsuivre leur chemin.
La discipline est un aboutissement; elle est le résull lat de l'organi- sation et des principes dont on a su el pu imprégner J'activité et la vie des enfants. Oe n'est qu'à ce compte que
vou~aurez la vraie disci- pline, celle qui influence les enfants et préfigure la société efficiente et libre de demaill.
Comme à L'école, il faut donc Cessel' de mettre L'accent S'UT la d-isci,..
pline, entité pa'1'ticulièl'e, mais considére1' toujours, d'abo'l'd l'o1'ganisa- -tian du travail et de la vie qui la condition/ne
et
la d.étermine.Dans la pratique, d'ailleurs, on distingue bien cette néCe6sit-é.
P,., a 13
.ailSpassés, de milieu déplorable. Il n'y
3.jamai.sl eu daM .sa vie la moindre discipline ni la moind1"e harmonie. C'est une forte tête. Et la majol'ité de votre effectif est èomposé, naturellement, d'élQ- ments semblables. Vous croyez les dominer pal' votre autorité. Hélw '
1c'est tout le problème de la délinquance ou de la prédélinquance _ qui (lst ainsi posé. Et l'expérience a assez démontl'é qu'on ne parvIent
àrien pa.r ce biais qu'à. la lutte ouverte et parfois tragique entre élèves et m'a.itres.. C'est
àqui sera le plus fort . Et ce n'est pas souvent le maître qui triomphe 1. .. En tous cas-, votre autorite supposera des puni- Jtions et obligations, des ,;.anctions exemplaires jusqu'à cette immonde prison qu'on me fit visiler un jour dans une maison dc l'edressement.
Nous prenons, nous avons pris le problème pal' un autre biais, Ces enfants, même
cl.13-14 ans, ne sont pas encore perdus -
il~pourraient l'être bientôt - , Il Y
il-certainement encore en eux des fibres profondea
àfaire vibrer. Si nous Y parvenons, nous sommes sauvés,
Nous y sommes parvenus, et c'est pourquoi nous croyons utile d'ai- guiller nos
collègu~vers ces possibilités salvatrices.
En face de ces enfants, nous ne nous dison,'!9 plus, comme autrefois:
comment a ll ons-nous les commandel', les mater, les
flUireobéiI-e; comment
leur imposer notre autorité ... , mai!& : queUes fibre& allons-nous et pour-
rons-nous fail'e vibrer en eux, comment pourrons-nous les accrocher
àla. vie pour qulHs agissent ël'eux-mêmes dans un .sens d'ordre, de créa-
tion,
dlharmoni~ ?L'EDUCATEUR
83
Nos mét.hodes et techniques
se sont,ici, révélées l5'Ouvel'aines : Nous 6VO.~· accroché tou!) les enfants, même les plus difficiles
et l'histoirevaut, je crois, d'être contée plus en
détail.A
ces ,enfantsdésaxé/St, qui
agissentanarchiquement,
BaH$' joamais-aucune satisfaction profonde auhe que celle d'êt·l'e de
fOl'testêtes, nous
.avonsoffert la pos&ibilité de
travaillerselon Jeurs tendances.
Nousavons
linunédiat.ement organisé les
activitéspossibles
.avecle minimum de
:matérie.l \luenous possédon.s_
atel-ier
de menuiserie,
guignol etthéâtre, couture,
dessin,
imprimerie et journal
!S'colaire,jardin,
conférences, pal' les
élèves etpal' les adultes.
Url tel s'est jeté furieusement
SU!'le menuiserie et a fabriqué des
:skis,des
caisses,des carrioles; tel a.utre a exceHé en dessin, un autre,
'trèsdifficile, est devenu Je maître dessina.teur ct a
acquisde
cefait
,équilibre el
pondé.oo.tion, Le
glugnol lesa touJS
emballés,puis
les scènesde
théâtre. Peu à peu la vie de J'école
s'estorganisée
vraiment surdes
J)asesfonctionne].]es. La discipline répi'ess, ive
s'estrelâchée d'autant
àmesure que
s'instituaitla vraie discipline: celle du
travail. Nos enfants ontété trans.formés
:ils
se sont,éduqués
socialementet
élevésindivi-
duellement etnous pouvon!so mesurer le
cheminparcouru
'quand nous comparonsaujoUl'd'lmi lem' comportement
-après deux mois
àpeine
-à celui des nouveaux venus
quine
sontpas
encoreparven~S'
à.fixer
Jeurintérêt
etleuI' activité,
Composition à l'imprimerie
-
,
84
L'EDUCATEURComme on le voit, l'org.allisatiOll de l'activité et du trav
ail devient commela pièce
essentiellede la vie de nos
centres. C'est sur cette Ol'gani.s.alion du
travail quenous
aJlonsplus particulièr
ementins ister:
En classe:
Les
classe~doivent être organisées
selonles techniques.
nouvelles, dont
IIOUS :'-tvonsmontré d'autre
paet. toutel'effic
acité (1).avec
:
texte libre,
joul'nalsc'olaire,
polycop
ie
on impl'illlel'ie, dessin libre,fichier scolaire, enquêtes et musée,
travail
manuel
etjanlinage, m\lsique -
chant,théâtre et ciném·a.
Ainsi
compri
se,la
. classeintéresse les
enfants et centre,
pOUl' ain$lidire, toute l'activité de 1a maison. Il n'y
au~'aplus, d'une p art, la vie·
de
.1acolonie
et,d'autre part, l'E
cole,m
aisune vie quelque peu intellec-
luali&'éeou id
éalisée.Cette modernisation
ùe lapédagogie est une
condition essent.ielledu
succès dans le Centre de
cette atmosphèrenouvelle dont nous van-
tons lesbienfait.s-.
Sans entrer dans
ledétail de t.outes les réalisations possibles, noUS-
allon
srapidement paSsel'
enr
evuenos
activHésau cours d'une journée·
eL
au cours d' une
semaine.A
7h. 15 : r
éveil.Jusqu'à
8h. 45 : toilette, propreté, gymnastique
(hébertisme depréfér
ence),déjeuner.
A
8h
.45 premi
èrer
éunion communede
lajom'née pOUl'
ahani.choral,
de 9 h.
Û.12 hem'es classes,
de 12 h.
à12 h. 30 :
gymna.st.iqueet pl'opreté, de '12 h. 30
à14 h.
20: d
éjeuner, l'epos,jeux, de 14- h.
20à 14 h. 30 chant choral,
de 14 h. 30
à16 h. : -activités diri
gées,jndividuellement et par
groupes l'épartis en tenant compte des possibilités ou des
aptitudes des pJ'oféS'~elll'Set moniteurs, du temps, des besoins scolai res ou
gélléTatlX, etda goù1. et du:
désir des enfants
eux-mêm~: menuÏ$erie,
-
enquêtes (en viNe,
chezdes artisans, des
commel'çants) diS·industriels),
~
recherches
dan~les champs (plantes, animaux, insectes,etc.)
- da3.sinet peinture (les
enfants Ol'ltainsi décoré, non seu- lement les salles de classe, majs aussi le réfectoire où ils
· ont peintdeux
grandesfr
esquesrnagnifiques)
- couture et
tissa ge,
----.:. travaux des champs:
ja.rdin coHectifet jardin:
:=.:individuels,.
~ so
ins des bêtes
(lapins,cochon d'inde, canal'd)
, -imprimeJ'Ïe,
- préparation de ronférences
, -découpage,
-
lino gravé,
-
modelage de terre glaise.
(l) L'Ecole Moderne FranÇ4ise. par C, Freinet. Edit. Louis Jean, Gap. En vente à, la CEL.
,
,
L'EDUCATEUR
85:
Les musiciens
Î\I
Jaioces activités ne doivent pas êh e seulement InSCrItes .au pro- g
ramme comme quelque chose d'accessoll'e. 11 taut absolument se
pro-cureL' et mettre à
la dispositiondes enfants
Jematériel qui les
permet.
Et la coopérative de
l'Enseignement Laïc a beaucoup f, ait pour cette·
réalisation pratique.
Qu'on ne s'y trompe pas : cette activité,
~tla
mesuredes
enfants ...donti Hs apprécient l'intérêt, dont
jls sentent l'utilité, a
ppar,aît dans nos
~ntres
comme
lachose essentielle. C'est elle qui accroch el'a
lesplus- d
ifficiles'et transformera ainsi vraime
ntle
compodeme1ltùes enfant,s
-dans le milieu que vous aurez ainsi ol'g-anisé de façon dynamique.
NO
LIS avons pu montrer
dafl.Sl notre cel1tl'e ce qu' ont pu réaliser ainsi
.nos
enfants.et dont Hs so
ntfiers:
dessins, fresques
-iustl'umen"tPI
de·musique, menmserie et découpage - linOEJ gravés et tirés - journal sco
laire ettextes
imprimés, etc ...
Pendant cette
heul'eet demie d'activité co
mple)..e,
le centredevient une vl'nie ruche où chacun s'act
ive avecun
Inaximum ct'intérêt et
de~ploaisir.
De 16 Ù 1
7
heures : goûte
r, gymnastique, jeux.De
t7 iL 18 h.30 : clas·se
moins intellectualisée
CjUele matin, avec
·exploitation des travaux
réaJisés dansla journée.
De
18h. 30 à 19 heures : confél'ence pal' les enfants ou
les ·adultes.Réponses a
ux questions ou chant el musique.
Pui
s, diner et jeux.
Le samedi soi
r,avant
lediner, no
ustenons d'abord une grande'·
réuni on coopérativ e. Nous
lisonsJ
·e journal mural en passant en
revue- 'es crit.iqu es,
les desidel\atas,
Ie,s.plaintes qui
ysont exprimées. Chaque
'enfa
ntpeut prendre la parole. Et
le~interventions ne manquent jamais, j(' vous l'assure. On rnet R.insi au point en commun, t
rè&. loyalement~bien
Ileschoses
délicates.Après
l.,€l diner s'organise118.
~oil'ée hebdomadaire des enf' anls : gui-·
gnol, pièce
dethéâtre, chaut, jeux ... Nous
laissons lesellfants préparer·
tout cela, avec notre l1ide et nos directives M
nécessaire.Mais
larepré-
senta.tion est toujours essentiellement du
tM.vail d'enfants.·Et tous--
ytrouvent
un plaisirextJ'êm
e.:86 L'EDUCATEUR
Il Y a là Une réalité psychologique et pédagogique qu'on a totale-
:ment méconnue avant les démons.trations '
de fait que nous avons_ appor-
-tées depuis 15 ans: filmez des enfants en I
RCHvité, les films seront ceux
·qu'ils apprécieront tous, unanimement, et dont ils ne se
la~erontjamais.
Laissez-les parler, aidez les à. exprimer,
àrédiger, à écrire et
àimprimé ..
. les- meilleuI;8 de leurs
r~çits.Vous aurez le_ 5' lectures les plus passion-
'nantes pOUl' des enfants.- Vous n'avez, pOUl' vous en', cOÇlvoaincre, qu'A aire
il.des enfant::) n'importe lesquels de nos n
QR d'Enfantines(livrables
.à la Coopérative de l'Enseignement IJ8.Ïc) , vous venez les l'ésuUatsDe même, laissez
I~,enfants inventer et jouer leur guignol et IeUl' théâh'c, aidez lej. seulcmcnt dans. la réalisation technique. Lee; spé-cta- -te urs seront enchantés.
Et cela se conçoit, les aduae3 ne voient plus avec les mêmes yeux.
ne vivent pas ,avec les rnêmes nonnes et avec les mêmes préoccupatioWl
,que les enfants. La longueur d'onde n'
est plus la même et il arrive bien
. .souv·ent que l'accrochage ne se fait pas, se fait très impal:faitement.
·
Ou bien
il yfaut une grande hahilele et une m·aîtrise exceptionnelle des
.adultes.
Nous vous indiquons le moyen de réaliser
ilcoup sûr cet accrochage
·
qui sera, de ce fait, toat
àla fois récréatif et éducatif.
-Il est certain que cette activité, née oainM de la vie même des
.enfants, nécessite une a.1mOl3Jphère 11011velIe,
cell~-làmême dont nous vous vant.oJlso les vertus, tout au long de ce
,tI1av,aiL Et cette atmosphère est incompatible avec la di.scipl,ine autoritaire traditionnelle. Si
VOUIvoulez que l,'enfant vive, s'exprime, s'extériorise,
ilfaut qu'il se sente
,chez
lui, qu
'il ' ne soit plus compl"imé, qu'il comprenne que la maison
est
àlui, que c'e;;.t, la maison des enfants, que les adultes tI\ availlent lA l'organiser pour qu'elle
soit plus totalement la maison des enfants.
Et alons.,
il ya des choses qui choquent le visitem" habitué à l'ordre
"
formel et
àl,a disciplin
estricte. Ce tn-wail, cette organisatioI), suppo-
sent sans nul doute des all'ées et venues en apparence inutiles, un travail par groupes parfois un peu houleux
Cl.u début. Le bUl'eau directorial lui-Jl' éme, ou même les chambres de maUres sont parfois envahies pnr les enfants. Tel élève l'en d mal d,ans le groupe, mais
si vous le recever;
au bureau à une table, il
ytl'avaiHera penùanL des heures
àterminer un dessin ou
àmettre au point. un texte. Vous entrez dans un bureau que vous voudriez peut-être austère et vous trouvez
.1, à5 enfants qui
·sont
en train de répéter leur pièce du samedi ou qui fignolent un objet
qu'ils viennent de fabriquel',
M.ais
laussi, voyez plus profond, et sans
VOliS'arrêter
àla forme,
·appréciez
le comportement nouveau de ces enfants, tous dégénérés, dont
quelques-uns délinquants ou préclélinquants. Dans une sal,l-e, sept ou huit enfant.s juchés
SUl'des tréteaux sont occupés
àpeindre de grandes fresques sur les murs. Là, c'est du travail. Inutile ùe stimuler ou de punir. Aider, diriger, conseiJ.ler, oui. Vous pouvez entre
l',J'heure de
.goû,ter peutsonner, les enfants restent
SUl'leurs tréteaux, dominés par
'une a,ct,ivité qui leur
eSJtessentielle.
Dans l'atelier quelques grands tt'avail, lent
àfabriquel' une carriole.
Dans une autre pièce, de tout peJ, its de.
s.sinent, découpent ou collent1.Les petits imprimeurs font leur tirage
li.l'imprimerie. D'autrés, modèlent leurs
«santoTlfSi ».
Quand tout. le monde est ainsi occupé, la vie de la maison est Ol'g,anisée :..au maximum. Selon la meilleure des disciplines, la discipl>Ïl1e du travail ..
:.1] y
a désordre, bruit inutile, interverition ob]igatoire des adultes, quand
,
L'EDUCATEUR
ST
Claude et
,e,
1( &antonl »<:e travail
e.s,t insuffisammentpréparé,
ouque
œdains élèvesn'ont- trouvé aucune
activitéqui les
actl'oche.Alors,
ilfaut
criel'et punir.
Inutile de
VQUSdire
leprofit
éducatif,l'influence
extraordinairementMpide d'une
tellevie active e,
t fonctionnelle surle
comportementdes·
enfants. Nous disons mieux: La discipline
et letravail
scolairetradi- tionnela peuvent réussir ou
stûfil'e apparemmênt avecdes.
enfantsnor- maux
et sages,aux réactions mes Ul'ées,
qui sonthabitués
àobéir. Avec
' les enfantsdifficile:5l,
avec lesrésidus de
In.udi~,de ruisseaux ou de
bombardements,les métho'des traditionnelles. salit totalement impuis- santes. La lamentable
~xpérjencedes
maisonsde l'edressement, des
,Cf
bagnes d'enfants)) français
ena
fait lapreuve définitive. On semble
...avoir
compris enfin cetteleçon
et on s'orienteun peu partout vers eteS techniques d'activité
etde
vie.Mais
onn'en comprend pas toujours suffisamment
l'esprit. L'adulte abanuonne difficilement .son autol'itédespotique, il
a tendanc~ ,,1préférer
sefaire
servirque
servir.Or, c'est une véritable révolution dans le
compodernentque nous exigeons ici des
éduoatellL'~,une
conception tout àfait différente de leur vie avec' les
enfants.Cela ne signifie pas qu'il
n'y
aUl'a p10Utide
disCiplinedans la maisol1
_Si nos recommandations
sont bien COmpl'ii'eS, il ~t llllramieux que la
tlisciplinc,
il y aUI'a l'or.dre et J'hal'monie dansl'a
ctivité et lavie.
: 88
L'EDUCATEURVous en venez alors les conséque nces.
Nous l' avolls dit: Vous accrocherez a insi des enfauts que to ute autre
-discipline aurait laiss;€s rebelles ou impossibles. S'il ont trouvé un inté-
rêt, un moyen de réaliser et de créer, quel
CjU'ilsoit, ils sont sauvés,
-etvous a u ssi.
E n deux mai'
sdes pl'édélinqu ant s, des sauvages, des instables ont été très sérieusement a mél iorés. r' 5 vivent el travaillent en pel''60nnage s conscients et non plus en brutes; rar ement des
bataiJle~ou de ces actes de vandalisme si fréquents ..au début, un maximum d'hal'monie est né ...
Et nous avons réuli'S'é de belles choses, dont
.noue< somm
esfiers.
Nous senlons ]' impol'lance du pl'o g l 'ès ainsi obtenu qu an d lIoll6l com- p arons ces en fan ts à
CNLXqui nouS! arrivent, énervés, incohérents, allant
,etvenant sans but ni dÜ'ectives, fl'a pp- ant d'ici, cl'i, ant de
.là,s ans vje
intérieUl'e d'aucune sode, .
Une pédagogie qui perm et aine,i, da ns un temps record,
li Iltcl redre s-
'sement, rné rit
cd'f>tl'
erec ommandée sans résel've,
La question délicate des punitions
Et jJol.ll'htlll, dira-t-oll, il
fa ut
Ulledisciplill
e, tille règle, VOLISne
lais-sez pas faire
[LUX enfante; tout ceCiu
'ils
veulent, il fautbien
:-,;évil'
parfoIs.·Comment
pllnirez vous
h~scoup ables ? ..
Coupables
estd'abord
linbi
engros 11101. C'est
S0tJVent Iliclimesqui
-seroit pl'éférahl
e.No us 90lltlerou
8 j('jun 'conseil généra
l: n
eVOili:> cngHg'cz jflmais
àfond
dansla voie de la répression. Vous vo ns
ypel'dl'iez et
sanSl'ésull-"- tats. Ne comptez pas SUl' la r épression
,SU l' la punition pOUl' VQUS sauver et
I:i,auvel' de~,enfant
s.Comptez SUl' le teav.ail. Tel enf nnt s'est mal
·conduit : réagissez,
violClnmellt même s' jl Je faut· , pour marquer Cille cette voie est interdite, puis prenez l 'enfa nt et tâchez de l'accro cher
àune besogne qu i l'inté resse. Cela vaudn: t mieux que
tOtlt~ lespunitions.
Vous di
sposezdflllS les internats d'ull
earme puissa nte la privation d' une pal'ti e ou de la. totaloité du repa.so, la pdvation du desser t notam- ment. Nous menaçons
souvent de cette privation, mais nou
sn'osons jamais ap pliquer totalemen t notre menace parce que la privat.ion du
·
dessert est pour l' enfant la plu,E sens ible des humil iations, et pour I
.'en- tant affamé d 'aujourd'hui la plus gra nde des attein t.es personnelles. Nous
'préférons char
ger les
coupable~d' un toovnil
supplém
entairebalayage,
mise '8n ol'dre,
etc ...Il
ya certains coin
sde la mai so ll, dallg'el'eux 011 qui
, pOUl'di verses raisons , doi vent être
àl'abri dego
enfanlt~.L
à,nous formulon
sune inter-
'dictio n stricte avec punition exemplaire, rachetA hI
ed'ailleurs
Cilbien
.des ci rcon stances.
Ha ns notre conception des punit.ions, il flaut. parth' de
ceprincipe l'ou sseaui ste : l' en fant n 'est jamais to'tlalell1ent rrHluv. ai,6l.
L~fautes dont nous le rendon s
coupable nesont jamais l'effet. de son ma uvai s génie mai s la plupart du temps la conséquence d e la m a uvai se organisation .d u mili
eu.Il n e faut jamai.s r
ienprendre au tragique avec l.es enfants
'pal'ce
que même dans les pires circonstances,
il ya toujours en eux
'
une lumi ère m ême vacillante, qui ne demande qu' à être régén érée, et
·c'est à
nous d'en f
,aire une clarté qui ilLuminera leur vie.
L'EDUCATEUR
89
Nous terminerons ces
explicatiol1§ fOl'cénlent inClllllplèlespal' quelques
conseils quenous
laisseronsa.ux
éducatcul'sle
soinde mediter.
• • •
L'Ecole,
eLencore moin:,:> let.!, Centres Scolaires e\
.l\'htiSOlJ!'d'enf.ants, ne sont pas institués
pOUl' lacommodité
Ou l'av1anlage des
èHlultcs, mais,pow' la sanlé
et
l'éducation desenfants.
Toute l'organisationdu Centre
doit être fondée
~urcetle
réalité élémentail'B.• • •
Cela ne
signifie pointque l'enfrant
doit êtl'e le moUre etpeut
com-mandel' aux aduJtes. Une école,
uncentre, ulle maison, où ne serait pas
assurée l'indispensable dignitédes
éducateul's,ne
S8111'Aienlpl'éten-
.drB
à. une fonction
éducative.• • •
Le
fonctionnement
duCent.1,(} doit
être conçll SUrUlt
égal respect des.dl'oi~
et
desdevoirs
desadultes et des
enfants. Les IIlls etles autres ont
leurdignité,
Jeur aInoUl'~propre, Jeurs beJ3oin~qu'il
faudrH respecte.' et satisfaireau moaxirnul1l.
• • •
N'oubliez pas que
ceqni
déplaitaux adultes
risquefort de
nepas
plaireà
l'enfant.Chaque
fois que !lourSsommes
surle
point d'utiliser Wle méthode de travail, d'imposer une disciplineou de
prononcer unesanction,
disons nousaupa.l'3.vant : Comment
réagirions nous si nousétiona à
leur place?
• • •
On
a
tort decroire
qu'iln
'y a qu'une discipline possiLle, àl'école
..()u dans les maisons d'enfants, un seulmode
devio : l'ordre imposé
•
90
L'EDUCATEURpal" l'adulte
san~considération des
pCI'sonnalités,des réactions ou des
besoins. 1
Il Y a une 'nutre discipline autl'emént féconde : elle est basée sur le·
respect réciproque, sur j,a bonne volonté de tous, sur notre désir com-
mun d'œuvrer pOUl' l'amélioration de nos conditions de vie matérielle,intellectue lte et morale.
• • •
On dira : vous cl'oyez Rous:seau : },'enfant nait bon.
Nous pensO ns et l'expérience nous le prouve sans cesse qu 'il
ya en tout enfant, même le plus dégénéré, une étincelle de vie sans laquelle l'homme ne saurait être. , Cette éLincelle est parfois
faible,indécise et vacillante. Notre l'ôle n'est pas de la négliger, de l'éteindre, car o.lora ce serait la nuit et la bestialité. Cette étincelJe, si petite soit...elle,
ilfaut GUe nous sachions
lareconnaître, l'atteindre, trouver l'aliment qui la régén éreJ'a, faire passel' s ur elle
unsouffle oxygéné qui fera de l'étincelle une lumière éblouitsp:ante
quir esplendi
J'a pOUl'la guider
Sill'toute
(avie.
Si
vous n'-avez pas trouvé ces sources, si vous n'avez pas aidé l'en-
f.ant à l'an
iIner
cett~étincelle,
VOlJ.Si TI'aurez ' tien
fai t.Nous
VOliSavons marqué qu elqu es procédés
pOUl'pm'venir
ft Cf'rÉsultat.
• • •
Cette éti ncelle,
ilfaut
lapl'e ndre
là oùeHe est, Le milieu l'a Bouvent masqu ée, déformée, rendue timide et incertain e.
Ilfaudra un certain temps
pOUl' ladécouvrir s' ous les feuilles mortes ou les inutiles alluvions.
Ii.
faudra déblayer ce qu'a accumulé l'erreur.
Nevous découragez pas.
TI
suffit d'atteindre l'étincelle: Vous la sentirez , surgir chez
l'unquand
ildécouvre la magie
l1udessin libre ou du récit, expression de sa vie .
Un
autre l'atteindra. par la musique, par le travail manuel;
unautre
aucours d' un .'}ervÎee sociat le plus humble; celui-ci s'est intéressé
à-une bête,
ilune plante et
ilen a. été transfiguré. La musigue, le théâtre,
leguigna), sont de grands et précieux pr.ospecteul's
decette étincelle de vie.
Quand v(ltl'e éco le aura a insi t011ché ces sources de vie, el'e en sera trausfOl'tllée. Le vIsiteur qui l'abordera sera peut-être choq\1é pal'
,ie~méthodes (j'organisation et de travail si différentes de celles qui l'ont fOl'lné, mais
ilsentira qu'il y a là quelque chose de nouveau : la vie.
L'oi siveté est la mère de toU& les vices
jle ' b'avail est le père de' toutes les vertus, disaient les anciens provel'bes .
. Mai s · attelltion, le travail u'e.-;.t le père de toutes les. vertus qu'à con- dition qu 'il soit le tra.vail intéressant, compris et voulu par l'individu, répondant
il.ses besoins.
S'il Jl 'est que l'act.ivité pluS! ou moins imposée par le milieu, dans 1e cadl'e de contingences extérieures non naturelles, le travail est alors parfois plus dangereux encore que l'oisiveté.
Mais organisez le vrai tr.avnil, le tl'avail fonctionnel et vivant. Vous
~tes
sa uvé.
• • •
Tous les cunseils s ur la discipli ne so nt ,,;,u}Jerfius. Nous n'en donnons
- qu'un en génél'al : Vous êtes dans la commuBauté s' co laire un élément
... ---
L'EDUCATEUR
91
De l'hébertisme
humain
aumême titre que
Jes enfants.Vous rlevez
les respecter,malS:
ils doivent
VOll,S'respecter. Si vous ne l'espectez pas les enfants, ceux-ci ont raison de protester .
Nraîsvous auriez tort de ne pas protester
aussi véhémentement si on ,ne vous respecte pas.Vous protesterez
setonvotre tempérament, en prenant garde seule- ment de ne pas
abuserde
votrefor
ce etde
votreautorité
.Un con~eil encore:
• • •
Ne pousson,~ jamRis a
u tragique
les événementsqui
surgissent avecles
enfants. Notre vie, ftnoUijo
adulfeso, est déjlL trop engagée etnOllS avons tend'ance
~lin
scrire surune
grande])age
àl'encre inclélébiJ,e, 1&Si griefs
dontnous
accusonsnos congénè l'es.
Chez l'enfant,l'élan de
la vieaplanit
tout.Ln
colèrefait place
h ],'apaisement.· La haine la pluS!vive est
parfois
si près del'amour
; les pleurs se sèchentdans un
sourire.Habituons-nol1~ ,"L