RCA
EVALUATION RRM
Village de Herba Ouham Pende
Maisons brûlées à Herba, Ouham Pende
Novembre 2013
Rapport d’évaluation
R é p u b li q u e C e n tr a fr ic a in e
ACTION CONTRE LA FAIM Quartier Sissongo, SICA 1 Bangui, RCA actioncontrelafaim.org
RESUME ... 3
1. INTRODUCTION ... 4
1.1. OBJECTIFS DE L’EVALUATION ... 4
1.2. DATES DE LA VISITE ... 4
1.3. METHODOLOGIE ... 4
1.4. COUVERTURE GEOGRAPHIQUE ET LOCALISATION DES ZONES D’EVALUATION ... 4
1.5. LIMITES DE L’EVALUATION ... 5
2. RESULTATS ... 5
2.1. CONTEXTE ... 5
2.2. LE CHOC ET SES CONSEQUENCES EN TERMES DE DEPLACEMENT DE POPULATION ... 5
2.3. ABRIS ET BIEN NON-ALIMENTAIRES (NFI) ... 6
2.4. EAU,ASSAINISSEMENT ET HYGIENE ... 6
2.5. SANTE ET NUTRITION ... 7
2.6. SECURITE ALIMENTAIRE ... 8
2.7. EDUCATION ... 9
2.8. PROTECTION ... 9
CONCLUSION ... 9
RECOMMANDATIONS ... 10
ANNEXE 1. METHODOLOGIE D’EVALUATION ... 11
ANNEXE 2. DONNEES POINTS D’EAU ... 12
R
ESUMECHOC : Le village de Herba incendié à 1/3, toutes les habitations ont été systématiquement pillées. Toutes les populations ont été touchées indistinctement.
DEPLACEMENTS DE POPULATION : Déplacement de la quasi-totalité des 600 ménages du village dans les champs situés à entre 4 et 5km du village. De mouvements pendulaires très réguliers ont lieu entre les champs et le village.
ABRI ET NFI : En termes, d’abri la situation est correcte sachant que la majorité de la population n’a pas vu sa maison être incendié et qu’une grande majorité de la population dispose d’habitation dans les champs. 20% de la population est tout de même une famille d’accueil. La population ne dispose que de très peu de de biens-non alimentaires, ce qui accroit sa vulnérabilité. Son score NFI est en effet de 3,8, au-dessus du seuil d’urgence de 3,5.
EAH : la situation de Herba en Eau, Assainissement et Hygiène n’est pas particulièrement préoccupante par rapport à la situation générale en RCA : 50% des ménages utilisent une source d’eau à boire salubre, contre 52% en milieu rural en RCA en 20101. 30% des ménages n’ont pas accès à des latrines et pratiquent la défécation à l’air libre, contre 52% en Ouham Pende en 20102. 30% des enfants de moins de 5 ans des ménages interrogés ont été atteint de diarrhée au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête, ce qui est en dessous du seuil d’urgence de 45% et en ligne avec les statistiques les plus récentes pour l’Ouham Pende (27%).
SANTEET NUTRITION: La situation sanitaire à Herba est préoccupante. La mortalité infantile est très élevé avec un taux pour 10 000/jour de 3,2, largement au-dessus du seuil d’urgence de 2. Beaucoup de décès infantiles sont dus au paludisme. Pourtant, un Poste de Santé est toujours opérationnel à Herba et il est plutôt bien fréquenté par la population.
Une des raisons de cette situation est une rupture totale en médicaments depuis 2 mois, c’est-à-dire depuis le choc. Aucune donnée secondaire n’était disponible regardant la nutrition.
SECURITE ALIMENTAIRE : Les populations de Herba ont des difficultés à se nourrir. Leur Score de consommation alimentaire moyen est de 35, ce qui la classe dans le groupe de sécurité alimentaire intermédiaire. Ils ne sont par ailleurs que 28,7% à être dans le groupe acceptable. La population bénéficie tout de même de la production des champs mais aussi de l’activité d’un marché dans le village de Herba. Ainsi, les ménages interrogés disposent de 2 sources de nourritures principales: la propre production représentant 43% des sources citées et l’achat au marché (40%).
EDUCATION: Le système éducatif est fonctionnel à Herba, via une école publique.
Cependant, 53% de la classe d’âge des 6-11 du village de Herba ne sont pas inscrits à l’école, ce qui est largement au-dessus des 26,4% de non-scolarisés dans l’Ouham-Pende3.
PROTECTION : Des cas de violence sexuelle (3) ont été rapportés à l’équipe d’évaluation ainsi que 2 meurtres. Les enfants ne semblent pas être la cible d’exactions en particulier.
RECOMMANDATIONS : (1) Effectuer une distribution NFI auprès de toute la population du village de Herba ; (2) Effectuer une distribution de vivre auprès de toute la population du village de Herba pour une durée de 2 mois ; (3) Effectuer une donation de médicament au Poste de Santé de Herba incluant des antipaludéens.
1 Données MICS RCA 2010
2Ibid.
3Ibid.
1. I
NTRODUCTION1.1. OBJECTIFS DE L’EVALUATION
Mener une évaluation multisectorielle rapide RRM dans le village de Herba.
1.2. DATES DE LA VISITE
L’évaluation s’est déroulée entre le 19 et le 20 Novembre 2013.
1.3. METHODOLOGIE
L’évaluation RRM a utilisé la méthodologie standard d’évaluation RRM en RCA. Elle s’est donc organisée autour de la collecte de données quantitatives et qualitatives, à travers des groupes de discussions, des entretiens avec des informateurs clés et des enquête auprès des ménages.
Les informations recueillies auprès des différentes sources ont ainsi pu être confirmées et validées par plusieurs acteurs communautaires de référence.
Voir Annexe 1 pour plus d‘information sur la méthodologie.
1.4. COUVERTURE GEOGRAPHIQUE ET LOCALISATION DES ZONES D’EVALUATION
Cette évaluation RRM a couvert la localité de Herba dans la préfecture de l’Ouham-Pende, sous-préfecture de Bocaranga, commune de Pende. La carte ci-dessous montre la position géographique de la localité visitée.
Figure 1.Carte de la couverture géographique de l'évaluation RRM
1.5. LIMITES DE L’EVALUATION
L’évaluation RRM est basée sur des outils multisectoriels standards. Les résultats de cette évaluation sont utilisés pour identifier des besoins d’urgence immédiats. Il est suggéré d’effectuer des enquêtes plus approfondies afin de disposer d’informations plus précises sur des secteurs particuliers.
La population de Herba était divisée sur deux zones distinctes lors de l’évaluation, Dans le village en lui-même et dans les champs. Les champs sont situés à entre 4 et 5 km du village de Herba. L’équipe d’évaluation n’a donc pas pu s’y rendre, notamment pour des raisons de sécurité.
2. R
ESULTATS2.1. CONTEXTE
Le village de Herba se situe sur l’axe Bozoum-Bocaranga à 65 km de Bozoum. Il regroupe initialement une population d’environ 3 000 personnes, soit environ 600 ménages. La population est à majorité chrétienne, mais est aussi composée d’une petite cinquantaine d’éleveurs Mbororos et de quelques ménages musulmans Haoussa. Ces derniers étaient plus nombreux il y a quelques années, mais ils ont fui la zone lors d’incidents sécuritaires impliquant des coupeurs de route en 2008.
Le village possède une école publique, un poste de santé ainsi qu’une église catholique.
L’ONG IRC a mis en œuvre quelques activités dans le village, notamment au niveau du centre de santé (équipement, travail sur les Violences Basées sur le Genre –GBV-). Elle n’est plus active dans cette localité depuis les évènements de Mars 2013.
CARITAS met sur pied une activité de réhabilitation de porte de maison suite au choc et supporte également l’école du village.
L’ACDA est également présente et travaille en phase préliminaire avec des groupements agricoles.
Il n’y a pas de présence permanente d’hommes en armes dans le village. La localité est sous l’autorité d’ex-Seleka situés à 15 km plus au Nord sur le même axe, dans le village de Ngoutéré. Ils sont eux-mêmes sous l’autorité militaire d’un colonel positionné à Bocaranga.
2.2. LE CHOC ET SES CONSEQUENCES EN TERMES DE DEPLACEMENT DE POPULATION
Le 20 et 21 Septembre 2013, 30% du village a été incendié (environs 200 maisons brûlées) et toutes les habitations ont été systématiquement pillées. L’incendie et les pillages ont été effectués sans discrimination sur toute la population. 2 villageois ont alors été tués.
Cet incident n’est pas lié à des troubles inter-religieux, ni à la présence ou aux activités des groupes anti-balakas. Il est le résultat d’une altercation entre un villageois et un groupe d’hommes en arme.
Suite à ces exactions, la population a fui en masse, tous types réunis. Ils se sont réfugiés principalement dans les champs environnants, situés entre 4 et 5 km du village. Quelques rares ménages, notamment, des Haoussa sont allés dans le village de Ngoutéré, 15 km plus au Nord.
Désormais, la population vit entre les champs et les villages, faisant régulièrement le trajet. La majorité des habitants passe parfois la nuit dans les champs et aussi parfois dans le village. Certains, de plus en plus nombreux, restent tout le temps dans le village,
surtout ceux dont les maisons n’ont pas été incendiées. Ceux dont les maisons ont été brûlées sont en général basés dans les champs.
2.3. ABRIS ET BIEN NON-ALIMENTAIRES (NFI)
ABRIS
La plupart des ménages habitent leur propre maison, dans les champs où dans le village.
Seul 21% habitent dans une maison qui ne leur appartient pas, loin du seuil de crise qui est de 50%. Par ailleurs, toutes les habitations occupées et visitées par l’équipe d’évaluation sont dans un état correct. Personne n’occupe une maison incendiée. 20% des ménages hébergent au moins un autre ménage, aucun depuis plus de 3 mois. Le nombre de personnes accueillies est de 4,6 en moyenne.
BIEN NON-ALIMENTAIRES (NFI)
L’étude de la vulnérabilité des ménages de Herba a notamment été effectuée en investiguant sur la disponibilité de certains biens-non alimentaires via l’utilisation du Score NFI comme indicateur. Le score NFI de cette population est de 3,8, ce qui la classe dans la catégorie de population la plus vulnérable, au-dessus du seuil de 3,5 défini par UNICEF en RDC. Le graph ci-dessous montre le score NFI de cette population pour chaque type de Biens non-Alimentaires.
Le Score NFI est au-dessus du seuil de 3,5 pour les casseroles (5 litres et plus), les Seau (avec couvercle), les moustiquaire et les couvertures et draps. Cela n’est guère étonnant au regard du choc qu’a connu la population : maisons incendiées et pillage systématique.
2.4. EAU,ASSAINISSEMENT ET HYGIENE
EAU
L’accès à l’eau des populations de Herba est en ligne avec les statistiques nationales : 50%
des ménages utilisent une source d’eau à boire salubre, contre 52% en milieu rural en RCA en 20104. Les principales sources d’eau utilisées sont un puits moderne équipé d’une pompe à main, une source aménagée ainsi que 2 sources non-aménagées et des puits traditionnels. 42% des ménages ont accès à ces sources d’eau salubre à moins de 500 mètres et moins de 15 minutes de marche (aller).
4 MICS 2010
3,8 2,0
4,6 4,8 3,4
4,8 4,3 2,7
0,0 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0
Score Total Bidon Casserole Seau Couchage (natte, matelat) Moustiquaire Couverture et Drap Habit enfant - complet
Score (5=plus inquietant)
Graph 1. Score NFI de la population Herba
Il semble donc que les récents évènements n’ait eu qu’un impact limité sur l’accès à l’eau des populations de Herba. Le mouvement pendulaire des populations entre les champs et le village peut expliquer ce résultat.
Voir Annexe 2 pour plus de détail sur les points d’eau du village de Herba.
ASSAINISSEMENT
Seul 10% des ménages de Herba utilise des toilettes hygiéniques (pas de mauvaises odeurs, pas de mouches/cafards, aucune matière fécale au sol) et 60% à des latrines non- hygiéniques. 30% n’ont pas accès à des latrines et pratiquent la défécation à l’air libre.
Compte tenu de la situation actuelle, avec une partie importante de la population dans les champs, ces résultats paraissent assez bons.
HYGIENE
65% des ménages disposaient du savon ou de la cendre pour le lavage des mains au moment de l’évaluation, ce qui est un bon résultat, un peu en dessous de la moyenne nationale de 74%.
30% des enfants de moins de 5 ans des ménages interrogés ont été atteint de diarrhée au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête, ce qui est en dessous du seuil d’urgence de 45% et en ligne avec les statistiques les plus récentes pour l’Ouham Pende (27%). De plus, 44% des ménages ont accès à des douches.
2.5. SANTE ET NUTRITION
La situation sanitaire du village de Herba est préoccupante. Les indicateurs de mortalité et morbidité montrent une situation critique. L’accès aux services de santé n’est pas problématique en soit, un poste de santé est actif dans la localité. 4 auxiliaires travaillent dans cette formation sanitaire, un service de maternité y est disponible. En revanche cette structure est en rupture de médicament depuis deux mois et n’a donc qu’un impact limité sur la santé des populations. Le taux de rupture en médicaments (pour traiter la diarrhée, le palu et les IRA) est de 66%. En effet, le stock du poste de santé a été complètement pillé lors du choc, le 20 et 21 Septembre 2013, et n’a pas été renouvelé depuis. L’indice d’utilisation des services curatifs du poste de santé est de 0,82 pour les adultes (pour les adultes, >1,2 est un très bon résultat et <0,5 un très mauvais) et de 2,62 pour les enfants.
Les adultes n’utilisent donc que peu ces services mais les enfants de moins de 5 ans consultent souvent.
MORTALITE
Le taux de mortalité des enfants moins de 5 ans pour 10 000 enfants par jour est de 3,2 sur les 60 derniers jours. C’est largement au-dessus du seuil d’urgence de 2 décès/10000/jour.
67% des décès de moins de 5 ans sont associés à des fièvres, un proxy pour identifier le paludisme. 78% des décès de moins de 5 ans ont par ailleurs eu lieu dans les champs.
Pour la population en général, le taux de mortalité pour 10 000 par jour est de 1,1 si l’on prend en compte les morts violentes associées au choc et de 0,9 si on les exclut. Le seuil d’urgence est de 1. La mortalité est donc élevée à Herba. Elle est portée par un taux de mortalité particulièrement élevé pour les moins de 5 ans. 40% des décès des plus de 5 ans sont dus à des fièvres dont 20% associés à la diarrhée et 10% à la toux.
MORBIDITE
Le nombre de nouveaux cas de maladie pour 1000 enfants de moins de 5 ans par mois est présenté dans le tableau 2 ci-dessous.
Tableau 1. Indicateurs de morbidité pour les moins de 5 ans
Maladie Nombre de nouveaux cas pour 1000 par mois5
% d'enfants malade durant les 15 derniers jours6
Paludisme 11,6 37%
Infections Respiratoires Aigües 19,3 30%
Diarrhées 5,1 30%
Autres nouveaux cas 10,9 -
Le nombre de nouveaux cas de paludisme pour 1000 par mois est important, à 11,6. Ce résultat est en ligne avec les 37% d’enfants ayant eu de la fièvre durant les 15 derniers jours. C’est un résultat qui est un peu au-dessus du chiffre national de 32%7.
Pour les IRA, le nombre de nouveaux cas pour 1000 par mois est très important, à 19,3. Ce résultat est en ligne avec les 30% d’enfants ayant eu de la toux durant les 15 derniers jours.
En ce qui concerne la diarrhée, le nombre de nouveaux cas pour 1000 par mois ne semble pas très important à 5,1. Ce résultat diffère de celui des 30% d’enfants qui auraient eu la diarrhée durant les 15 derniers jours. La moyenne nationale est de 24% Ces résultats corrects sont alignés avec le constat de la situation en EAH.
Il semble donc qu’il y ait un nombre important d’enfants de moins de 5 ans qui soient atteints d’IRA mais qu’ils n’en meurent pas. Les décès seraient plutôt dus au paludisme.
NUTRITION
Aucune donnée sur la situation nutritionnelle des populations de Herba n’a pu être collectée. En effet, il n’y a pas de prise en charge de la malnutrition au poste de santé de Herba, ni dépistage systématique. Aucune donnée secondaire n’était donc disponible.
2.6. SECURITE ALIMENTAIRE
Les populations de Herba ont des difficultés à se nourrir. Elles bénéficient tout de même de la production des champs mais aussi de l’activité d’un marché dans le village de Herba.
CONSOMMATION ALIMENTAIRE
La consommation alimentaire est d’abord mesurée via le score de consommation alimentaire, qui est un score composite basé sur la diversité de la diète et la fréquence de consommation d'aliments. La population de Herba à un score moyen de 35, ce qui la classe dans le groupe intermédiaire en termes de sécurité alimentaire. Comme présenté dans le tableau ci-dessous, les ménages interrogés dans le cadre de cette évaluation RRM à Herba ont un score de consommation alimentaire qui les classe pour 15,8% dans le groupe de consommation alimentaire pauvre tandis que 53,5% se situent dans le groupe de consommation limite et 28,7% dans le groupe acceptable. Ces résultats sont assez préoccupants, ils montrent un régime alimentaire déficient. En 2009, dans l’Ouham-Pende, année pour laquelle cette préfecture était particulièrement touchée par l’insécurité alimentaire, les résultats étaient les suivants : 24,5% Pauvre, 40% Limite et 35,5%
Acceptable.
5 Données recueillies à partir du registre de consultation du poste de santé de Herba.
6 Données recueillies à partir d’enquêtes auprès des ménages.
7 MICS 2010
Tableau 2. Répartition des ménages des quartiers ciblés en fonction de leur groupe de consommation alimentaire en %
Groupe de Consom. Alimentaire Herba
Pauvre (0-24,5) 15,8%
Consommation limite (24,5 – 38,5) 53,5%
Consommation acceptable (>38,5) 28,7%
Le nombre moyen de repas par jour est à peu près similaire pour les adultes et les enfants, autour de 1,3. Environ ¾ des ménages ne prend qu’un repas par jour.
ACCES AUX MOYENS DE SUBSISTANCE
La durée de la réserve alimentaire des ménages est variable. 34% disposent de réserves alimentaires pour 1 semaines et moins, 23% pour 2 semaines et 44% pour 3 semaines et plus.
Les ménages interrogés disposent de 2 sources de nourritures principales : la propre production représentant 43% des sources citées et l’achat au marché (40%). En effet, Herba abrite un marché hebdomadaire, le vendredi et le dimanche. Le marché a été incendié. Après un temps d’arrêt, il était de nouveau fonctionnel lors du passage de l’équipe d’évaluation.
2.7. EDUCATION
Malgré le choc récent, une école publique est opérationnelle à Herba. Les cours ont été interrompus après les évènements mais ont repris depuis. 3 professeurs y enseignent pour 248 élèves. 53% de la classe d’âge des 6-11 du village de Herba ne sont pas inscrits à l’école, ce qui est largement au-dessus des 26,4% de non-scolarisés dans l’Ouham-Pende8. Environ 27% des élèves inscrit doivent parcourir 4km et plus pour atteindre l’école et 67%
des enseignants (soit 2 sur 3) enseignent dans des classes de plus de 55 élèves, ce qui est un mauvais résultat. Toutes les salles de classe sont par ailleurs en bon état.
2.8. PROTECTION
Trois cas de violence sexuelle ont été rapportés à l’équipe d’évaluation ainsi que 2 meurtres. Aucun recrutement forcé n’a en revanche été signalé. Les enfants ne semblent pas être la cible d’exactions en particulier.
C
ONCLUSIONLe village de Herba a vu 1/3 de ses maisons bruler et presque la totalité systématiquement pillées. Environ 3 000 personnes sont en situation de vulnérabilité aigüe, notamment sur des secteurs particuliers tels que les Biens Non-Alimentaires (NFI) et la Santé.
En termes d’abris, la situation de la population est correcte. Ils vivent soient dans leur maison au village soit dans une maison secondaire dans les champs. La majorité d’entre eux alternent entre le village et les champs.
8 MICS 2010
La situation des ménages en NFI est mauvaise. Leur score NFI moyen est de 3,8, au-dessus du seuil d’urgence de 3,5. Le score NFI est au-dessus du seuil de 3,5 pour les casseroles (5 litres et plus), les Seau (avec couvercle), les moustiquaire et les couvertures et draps.
L’incendie et les pillages sont les raisons de ce manque important de NFI.
La situation en termes d’Eau, Hygiène et Assainissement à Herba est en ligne avec la situation au niveau national. Les récents évènements n’ont pas beaucoup affecté ni l’accès à l’eau, à priori du fait du mouvement pendulaire des populations entre les champs et le village, ni l’hygiène, ni l’assainissement. Le taux de prévalence de la Diarrhée est de 30%, ce qui est en ligne avec les statistiques les plus récentes pour l’Ouham Pende (27%)9.
La situation sanitaire est en revanche préoccupante à Herba. Si une structure sanitaire est présente et fonctionnelles à Herba même, un poste de santé, l’absence de médicaments est très préoccupante. Cette formation sanitaire a en effet été pillée lors du choc. Le taux de mortalité des moins de 5 ans pour 10 000 et par jour est de 3,2, ce qui est largement au-dessus du seuil d’urgence de 2. Les 2/3 des décès sont dû à des fièvres, un indicateur du paludisme. Les données de morbidité des moins de 5 ans nous renseignent sur le nombre important de cas d’IRA (19,3 nouveaux cas pour 1000/mois, 30% de toux dans les 15 derniers jours) suivit du paludisme (11,6 nouveaux cas pour 1000/mois, 37% de fièvres dans les 15 derniers jours) et dans une moindre mesure de la diarrhée (11,1 nouveaux cas pour 1000/mois, 37% de fièvres dans les 15 derniers jours).
Pour ce qui est de la sécurité alimentaire, les populations de Herba ont des difficultés à subvenir à leurs besoins. Bien qu’elles bénéficient tout de même de la production des champs et de l’activité d’un marché dans le village de Herba, elles ont un score de consommation alimentaire moyen de 35, ce qui les classent dans le groupe de sécurité alimentaire intermédiaire.
Une école publique est opérationnelle à Herba. 53% de la classe d’âge des 6-11 du village de Herba ne sont pas inscrits à l’école, ce qui est largement au-dessus des 26,4% de non- scolarisés dans l’Ouham-Pende10.
R
ECOMMANDATIONSLes recommandations suivantes ont été développées à partir des résultats de l’évaluation RRM de Novembre 2013 à Herba :
1. Effectuer une distribution NFI auprès de toute la population du village de Herba. Les bâches ne devront être distribuées qu’aux ménages dont les maisons ont été brûlées.
Pour tous, le kit NFI devra comprendre : 2x10 savons, 2 couvertures, 2 nattes, 2 moustiquaires et 1 set de cuisine,
Action planifiée ACF RRM.
2. Effectuer une distribution de vivre auprès de toute la population du village de Herba pour une durée de 2 mois.
Aucune action planifiée
3. Effectuer une donation de médicament au Poste de Santé de Herba incluant des antipaludéens.
Aucune action planifiée
9 MICS 2010
10 MICS 2010
A
NNEXE1. M
ETHODOLOGIE D’
EVALUATIONL’évaluation multisectorielle RRM est basée sur une étude des vulnérabilités des populations touchées par un choc.
Différents modules permettent de collectées les données nécessaires la compréhension des dynamiques locales, à l’identification des populations en situation de vulnérabilité aigüe et à la préparation à des réponses d’urgence.
Données de base : Des groupes de discussion et des entretiens individuels sont effectués avec les autorités administratives, sanitaires, éducatives et autre informateurs préférentiels. L’équipe effectue un débriefing pour confirmer certaines assertions et approfondir l’analyse globale du contexte de la zone.
Structure de santé : Des données sont recueillies pour chaque aire de santé qui dessert la zone enquêtée à partir de la formation sanitaire de référence. Des données sont notamment collectées sur l’utilisation des services sanitaires, la morbidité, la mortalité intra-hospitalière, la disponibilité des médicaments, et la nutrition.
Ecole : les écoles de la zone évaluées sont visitées et des entretiens individuels ont lieu avec des informateurs clés pour recueillir des données sur le nombre d’enfants inscrits et sur les conditions d’enseignements.
EAH : Tous les points d’eau de la zone évaluée sont répertoriés ainsi que les caractéristiques techniques de chacun.
Mortalité : Chaque village est visité et les décès survenus suite à la crise pendant les 90 derniers jours sont dénombrés avec l’aide des chefs de village et autres leaders. Dans le cas où l’intervalle de 90 jours ne semble pas pertinent (trop long ou court) par rapport aux événements affectant la population, cet intervalle est réajusté en conséquence et est maintenu identique pour tous les villages.
Enquête ménage : 100 questionnaires sont administrés auprès des ménages touchés par le choc pour collecter des données quantitatives sur des indicateurs EAH, Abri et NFI et Sécurité alimentaire et moyens d’existence. La sélection des ménages est effectuée de manière aléatoire autant que possible en utilisant la méthode EPI modifiée.
A
NNEXE2. D
ONNEES POINTS D’
EAU Tableau 3. Données EAHLocalisation du forage
Etat du point d’eau
Type de point d’eau
Pop.
utilisant le forage
Estimation débit (L/min)
Coordonnées GPS Lat. Long.
Bouar
Poste de Santé Fonctionnel
Puits moderne avec Pompe à
main India- Mark
750 30 06°41.373' 015°59.608'
Herba Centre Fonctionnel Source
aménagée 1000 60 06°41.502' 015°59.659'
Yiforo Fonctionnel Source non-
aménagée 500 - 06°41.577' 015°59.595'
Ngole Fonctionnel Source non-
aménagée 300 - 06°41.628' 015°59.320'
Ngole Fonctionnel Puits trad.
ouvert 40 - 06°41.640' 015°59.252'
Pini Fonctionnel Puits trad.
ouvert
40 - 06°41.250' 015°59.600'