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La laryngite grippale · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1900-1901 82

M LJBÏMTI «Ml

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

présentée et soutenue publiquement le 31 Juillet 1901

PAR

Frédéric-Marie-Félix-Joseph RIDEAU

le 21 Avril 1877, à Brest (Finistère)

ÉlèveduService de Santé de la Marine LAURÉAT DE LA FACULTÉ DE MEDECINE (1901)

Examinateurs de la Thèse

MM. MOUSSOUS PICOT AUCHÉ MOURE

Président professeur.

professeur.

agrégé 1 Juges chargédecours

Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les

diverses parties de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE DU MIDI PAUL CASSIGNOL

91 - RUE PORTE-DIJEAUX 91

1901

(2)

Faculté de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux

M. DE NABIAS, doyen M. PITRES, doyen honoraire.

rnoii:ssi:iis*

MM. M1GE DUPUY MOUSSOUS.

MM.

P1. . , 1 PICOT.

Clinique inteine ^ PITRES

p.. . , l DEMONS

Cliniqueexterne.. LANELONGUE.

Pathologie et théra¬

peutique générales. VERGELY.

Thérapeutique ARNOZAN.

Médecine opératoire. MASSE.

Clinique d'accouche¬

ments LEFOUR.

Anatomie pathologi¬

que COYNE.

Anatomie CANNIEU

Anatomie générale et

histologie V1AULT.

Physiologie JOLYET.

Hygiène LAYET.

AGIIÉGK* ion skct10n de médecine(Pdtholog

MM. CASSAET.

AUCHi^.

SABRAZÈS.

Pro fesseurs honoraires.

MM.

Médecine légale MORACHE.

Physique BERGONIÉ.

Chimie BLAREZ.

Histoire naturelle ... GUILLAUD.

Pharmacie FIGUIER.

Matière médicale.... de NABIAS Médecine expérimen¬

tale FERRÉ.

Clinique ophtalmolo¬

gique BADAU.

Clinique des maladies chirurgicales des en¬

fants P1ÉCHAUD.

Clinique gynécologique BOURSIER.

Clinique médicale des

maladiesdesenfants A. MOUSSOUS Chimiebiologique... DENIGr.S.

IIXIIIMICII :

ie interne etMédecine légale.) MM. LE DANTEC.

HOBBS.

sectionde chirurgie et accouchements

(MM. DENUCÉ. | Pathologieexterne!

VILLAR BRAQUEHAYE CHAVANNAZ.

Accouchements.IMM. CHAMBRELKN'l FIEUX.

Anatomie.

section dessciences anatomiquks et physiologiques

JMM. PR1NCETEAU | Physiologie MM. PACHON

'••f N. | Histoire naturelle BE1LLE.

sectiondessciences physiques

Physique MM. SIGALAS. | Pharmacie M. BARTHK.

€ OU IIS (OUl'LIllIiaiVIltUS :

Clinique des maladiescutanées et syphilitiques MM. DUBREU1LH.

Clinique des maladies desvoies urinaires Maladies dularynx, des oreilles etdu nez Maladies mentales

Pathologie interne Pathologieexterne Accouchements Chimie

Physiologie Embryologie Ophtalmologie

HydrologieetMinéralogie.

Pathologie exotique

POUSSON.

MOURE.

RuGIS.

RONDOT.

DENUCÉ.

CHAMBRELENT.

DUPOUY.

PACHON.

PRINCETEAU LAGRANGE.

CARLES.

LE DANTEC.

LeSecrétaire de la Faculté: LEMAIRE.

Pardélibération du 5 août1879, la Facultéaarrêté que les opinions émisesdans les

Thèsesqui luisont présentées doivent êtreconsidérées commepropres à leurs auteurs, qu'elle n'entendleur donner niapprobationniimprobation.

(3)

A CEUX DONT LA MÉMOIRE M'EST CHÈRE

A MES PARENTS

A MA FIANCÉE

(4)

A MONSIEUR LE DOCTEUR

BOURRU

DIRECTEUR DU SERVICE DE SANTÉ DE LA MARINE

DIRECTEUR DE L*ÉCOLE PRINCIPALE DU SERVICE DE SANTÉ DE LA MARINE

OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR

OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

A mes Maîtres de la Marineet de la Faculté

A MONSIEUR LE DOCTEUR E.-J. MOURE-

CHARGÉ DU COURS DE LARYNGOLOGIE, I)'OTOLOGIE ETDE RHINOLOGIE

A LA FACULTÉ DEMÉDECINE DEBORDEAUX DIRECTEUR ET FONDATEURDE LA REVUE DE LARYNGOLOGIE

OFFICIER D'ACADÉMIE

(5)

A mon Président de Thèse

MONSIEUR LE DOCTEUR

ANDRÉ

MOUS

SOUS

PROFESSEUR DE CLINIQUE MÉDICALEA LA FACULTÉDEMÉDECINE

DE BORDEAUX

MÉDECIN DES HOPITAUX OFFICIER D'ACADÉMIE

(6)
(7)

INTRODUCTION

Nous avions gardé de notre stage à la

Clinique larvngolo-

gique de M. le Dr E.-J. Moure un trop

bon souvenir

pour

ne pas chercher dansla

laryngologie, qui

nous

avait si vive¬

mentintéressé, le sujetde notrethèse

inaugurale. Dès février

1901, M. le DrBrindel, chef de la Clinique

laryngologique,

nous signala du côté de l'étude

de la. laryngite grippale

un sujet de recherchesqui répondrait

peut-être à

ce

désir. Il

nous

a été donné depuis lors, en effet,d'observer

dans le service de

M. le Dr Moure un certain nombre de cas delaryngites grip¬

pales. Pendant le cours des épidémies

locales de 1900 et 1901,

à Bordeaux, le type clinique de la

laryngite dans la grippe

s'est montrédifférent des types observés

jusqu'à

ce

jour et

mis en lumière en 1900 par notre maître

dans

ses

belles

leçons sur les maladies du larynx.

C'est

ce

type

nouveau,

que le docteur G. Dupond

signalait

en

octobre 1.900,

au

moment de sa première apparition, que nous avons cru

inté¬

ressant de décrire dans notre thèse. M. le Dr Moure n'a pas manqué de nous indiquer

dans

son

service les cas qui se

rapportaient à nosrecherches; nous avons pu en

découvrir

au dehors. Nos examenslaryngoscopiques

ont été soumis au

contrôle de cemaître.

Il nous a semblé, en outre, que la

laryngologie

se

prêtait

aussi bien que toute autre

branche des sciences médicales à

des considérations depathologie

générale. Nous avons donc

consacré un chapitre àchercher

l'empreinte du génie morbide

de la grippe dans lalaryngite

grippale.

(8)

8

Qu'il nous soit permis, avant d'entrer plus avant dans

notre sujet, d'adresser d'une façon spéciale nos sincères

remerciements à M. le Dr Moure, pour son amabilité, l'aide qu'il a apportée à nos recherches, à son chef de clinique

M. le Dr Brindel, et à M. le D1' G.Dupond qui a mis si cordia¬

lement à notre disposition ses propres travaux.

(9)

CHAPITRE PREMIER

HISTORIQUE

E'étude des phénomènes laryngésdans lagrippe est de

date

relativement récente ; l'étude fructueuse de ces phénomènes

11 a puêtre entreprise avec quelques succès que depuis 1859,

date de l'introduction dularyngoscope dans lapratique

médi¬

cale. Cependant la grippe elle-même est connue

depuis des

temps très éloignés, et les anciens praticiens ont

signalé,

au

débutet à la fin des saisons froides,sous l'influence des brus¬

ques changements de température, la fréquence

des inflam¬

mations catarrhales, de nature épidémique, atteignant un grand nombre de sujets, et chacun d'eux plus

sévèrement

en

apparence que ne semblaitle comporterles

lésions matérielles

dont ils étaient atteints. On cite en effet, dès le xive siècle,

uneépidémie de cette affection à laquelle

Sauvages,

en

1743,

devait donner le nomdegrippe, que l'on a

désignée successi¬

vementsous des termes plus nombreuxencore que ses

formes

cliniques, épithètes dont la plus récente, venue

d'Italie

au

cours de l'épidémie de 1890, était

hier

encore

celle d'in-

fluenza.

Les épidémies de 1414, de 1557,

de 1580

ne

furent

pas

étudiées avec toute la rigueur

scientifique des siècles der¬

niers. L'étude des « épidémies

catarrhales de 1557 à 1780

».

par Saillant, ne nous offre pas non plus

de renseignements

(10)

- 10 -

bien intéressants au point de vue qui nous occupe, mais les épidémies du xixe siècle nous sont parfaitement connues.

C'est donc dans elles, à partir surtout de celle de 1837, que

nous rechercherons quelles étaient les connaissances des

observateurs sur les troubles laryngés dans la grippe, soit

avant, soit après l'application à leur observation du laryn¬

goscope.

Avantqu'on puisse constater autre chose que des troubles fonctionnels, c'est-à-dire avant 1859, pendant les épidémies

de 1837 et de 1847 les auteurs ne signalent que des phéno¬

mènesinsignifiants:l'enrouement, la sensation degênedans la

gorge. Chauffard, en 1868 est frappé par des symptômesplus apparents : « Le malade subit, dit-il, une douleur profonde

dans l'arrière-gorge avec sécheresse et douleurdans la déglu¬

tition ». Mais faisons cette remarque que les auteurs qui

n'ont pas employé le laryngoscope dans l'étude de la laryn¬

gite dans la grippe, bien que glissant très rapidement surles symptômes qu'elle présente, n'en font pas moins un des élé¬

ments importants de lagrippe. La grippe, disent-ils, présente

trois formes : une forme gastro-intestinale ; une forme ner¬

veuse ; une forme pulmonaire, la plus fréquente. Cette

dernière est caractérisée par un catarrhe des premières voies respiratoires débutant par le nez sous la forme de coryza, gagnant le pharynx, puis le larynx, et enfin la trachée pour constituer la pharyngo-laryngo-trachéite caractéristique de la grippe, car les poumons ne présentent parfois aucun signe physique ou fonctionnel particulier. C'est une remarque exacte, etle mot de laryngite revient àchaque instant dansla description de la grippe par les anciens auteurs. Mais on ne décrit pas cette laryngite.

Dans une première période donc, qui vade 1414 à 1889, la laryngite est signalée comme un élément très important de

la grippe, mais les auteurs se paient un peu de mots, sans dire ce qu'ils entendent exactement par cette laryngite^

L'épidémie de 1889-1890, partie de Bockhara (Asie centrale)

au printemps de 1889, pour s'abattre le 17 novembre sur

(11)

Paris où elle détermina une épidémie cantonnée d'abord aux

magasins du Bon-Marché, s'étendant en janvier et février

1890 à un quart de la population parisienne, se répandant

dans toute laFrance, a permis de donner desnotionsprécises

sur la laryngite grippale. Des spécialistes des maladies du larynx s'étaient formés en grand nombre et leurs travaux

vont apporter à notre étude l'autorité d'unexamen direct.

M. le D1' E.-J. Moure, professeur librede laryngologie, oto- logie et rliinologie à la Faculté de Bordeaux, donne le premier

l'élan à ces recherches, publie dès le commencement d'avril

18^0 une remarquable leçon sur les complications laryngées

dans la grippe. Ainsi miseparlui à l'ordre du jour, cetteques¬

tion ne pouvait que devenir dans la suite un sujet d'études

pour ses élèves; aussi est-ce dans le champ qu'il domine de

son expérience qu'elle continue à être le mieux étudiée et à

faire le plus de progrès.

Il existe donc depuis cette époque (1890), grâce à M. le

D1' E.-J. Moure, un type classique de laryngite grippale que

nous allons exposer d'après ce maître.

La laryngite grippale au point devue des symptômes

fonc¬

tionnels comme au point de vue des lésions qu'ils dénotent

peut présenter trois degrés : elle est légère, ou grave, ou extrême, comme c'est le cas quand il survient de l'œdème laryngé.

Une simple sécheresse de la gorge, une

sensation de cha¬

touillement amenant des quintes de toux sèche, une

légère

douleurau niveau dularynx caractérisent la forme

légère.

Une toux incessante et pénible, une douleur

intolérable,

une voix enrouée et bitonale, de l'aphonie parfois sont

les

signes fonctionnels de la forme grave.

Les cas extrêmes ont pour symptômes

la dyspnée intense,

letiragesus-sternal, l'angoisse extrême et

tous les symptômes

de l'œdèmede laglotte.

Mais ce sont surtout les signes physiques que

le Dr Moure

a nettement mis en lumière. Le catarrhe de la muqueuse, les paralysies, les spasmes de la glotte

sont mis

en

relie!

avec

leurs caractères précis.

(12)

- 12 -

Dans les formes ordinaires on constate à l'examen laryn- goscopique une rougeur de tout

l'organe vocal

:

épiglotte

rosée,replis ary-épiglottiques, bandes

ventriculaires et région

inter-aryténoïdienne rouges ettuméfiés, rougeur encore

de la

région aryténoïdienne. Les cordes

vocales

sont rouges,

dépo¬

lies, arrondies par le gonflement qui résulte de

l'infiltration

: l'hyperémie intensey produit

parfois

un

êr

y

thème scarlati-

niforme; on peut y constater même un pointillé

hémorra¬

gique, une tendance à l'hémorragie qui dans

certains

cas

doit

se fairejour à l'extérieur.

A un degré plus avancé 011 constate fréquemment

dans la

laryngitegrippale des ulcérations des

co?^des et des exulcéra¬

tions de la muqueuse aryténoïdienne.

Ona constaté, rarement il estvrai, de petits abcès superfi¬

ciels de la bande ventriculaire, de la région aryténoïdienne,

etc., etc.

Les paralysies des thyro-aryténoïdiens

(cordes vocales

ondulées), desary-aryténoïdiens, celles dues à

la tuméfaction

des follicules clos de l'espace inter-aryténoïdien, les

parésies

des constricteurs, les spasmes de la glotteamenant

l'asphyxie

ont été parfois signalés.

Uoedème dularynx, dans lequel l'organe

vocal

en

entier

était pris, sauf parfois les aryténoïdiens, a

amené des

cas

de

suffocation mortelle.

Lepronostic est en général bénin. Le traitement

général

et le traitement local par les attouchements (au

chlorure de

zinc, au nitrate d'argent) et les pulvérisations

donnent

en général des résultats

satisfaisants

.

11 nous reste à rapporter les observations

confirmant cet

exposé clinique, fournies par les

laryngologistes de 1889 à /1900.

Le docteur Paul Kocli (de Luxembourg) considère les

lésions des premières voies aériennes comme

pathognomo-

niques de la grippe etcite au

nombre des paralysies consécu¬

tives,graves, dit-il (tandis que

celles qui surviennent

aucours

de la grippe elle-même sont

bénignes),

un cas

de paralysie

(13)

13

tardive des crico-aryténoïdiens postérieurs s'étant établi peu

à peu au cours de la convalescence d'une forte influénza. Elle

résiste autraitement, de sorte que le malade offre le tableau clinique de la paralysie respiratoire de la glotte. MM. Gartaz

et Natierrapportent chacun deux cas d'œdème de la glotte au

cours de la grippe n'ayant pas nécessité du reste la trachéo¬

tomie. Le docteur de Lostalot cite lui aussi un cas d'œdème de laglotte dans la grippe survenant à la suite

d'un

énorme phlegmon de la parotide, provoqué

incontestablement

par

la

grippe. Le docteurPaul Tissier, chef de clinique

de la Faculté

de Paris, désigne parles noms d'hyperémie

simple, de laryn¬

gitecatarrhale diffuse, de laryngite

hémorragique, de laryn¬

gite avec exsudation fibrineuse, différentes

formes

que nous

avons apprises à connaître par la

description du docteur

Moure. Tissierrapporte en outre lecasd'une

malade atteinte,

au cours d'une grippe, d'une laryngite

sous-glottique aiguë.

Une femme, d'antécédents héréditaires douteux au

point de

vue nerveux, ayant eu elle-même des

crises de nerfs,

est prise pendant la grippe de dyspnée

inspiratoire intense,

avec tirage sus-sternal, asphyxie

imminente. Elle

ne

pré¬

sente ni dysphagie ni fièvre. L'examen

laryngoscopique

démontre l'intégrité de la partie

sus-glottique, l'hyperémie

légère des cordes, immobilisées

dans la position intermé¬

diaire. Immédiatement au-dessousd'elle, on voit lamuqueuse sous-glottique, d'une coloration rouge

vineux, considérable¬

menttuméfiée, et rétrécissant la lumière du

conduit dont le

calibre ne dépasse pas le diamètre

d'un

crayon.

Ce qui tait-

l'originalité de cette observation,

c'est qu'elle montre la pos¬

sibilité de laprésence chez l'adulte et

dans la grippe de cette

« laryngite hypoglottique aiguë » assez

fréquente chez les

enfants, et que Bretonneau

appelait

« un

enchifrènement de

la glotte, substratum de la

laryngite striduleuse

».

Or, M. le

Prof. Moussous, de la Faculté de Bordeaux,

dans

une

clini¬

que du 13 mars 1901, sur « la grippe

infantile

»,

signale la

présence assez fréquente de la

laryngite striduleuse comme

complication de la grippe chez

les enfants.

(14)

4

14

Le docteur Ghobaut(d'Avignon) fait la description d'uncas de « grippe laryngée » dans laquelle il a constaté de l'œdème

de laglotte ayant amené la mort en dépit d'une trachéotomie.

Lermoyez, en 1898, signale dans une laryngite aiguë grip¬

pale une parésie musculairelégère. Les cordes vocales sont rosées, présentant quelques taches blanchâtres superficielles,

Les observations de Frsenkel, de Salvator Marano, de Gh, Fauvel et E. Saint-Hilaire, deMax Schœffer(de Brème) signa¬

lent des faits dont nous avons déjà des exemples. Cependant

Marano donne la dysphagie commele seul caractère qui dif¬

férencie la laryngite hémorragique grippale des laryngites hémorragiques ordinaires. Les paralysies, l'œdème de la glotte, les abcès des cordes (Scliœlfer), dans un cas l'œdème sous-glottique, telles sont doncles complications de la laryn¬

gite grippale auxquelles se rapportent les observations pré¬

cédentes de 1890 à 1900, signalées dès 1890 par M. le D1

Moure. Ges observations ne sont que la confirmation de sa

description, la consécration du type de laryngite grippale

établi dans son œuvre il y a dix ans.

Mais l'épidémie de 1900 a permis d'observer des cas qui

n'entraient pas dans le cadre de cette description. Sans infir¬

mer en rien la notion de laryngite grippale que nousappelle¬

ronslaryngite grippale ordinaire, des observations nouvelles permettent d'édifier un nouveau type de laryngite grippale,

caractérisé parla constance de ses symptômes et leur netteté.

G'est ce type que nous voulons mettre en lumière dans notre thèse; disons donc comment il est né.

C'est à M. le Dr G. Dupond que revient l'honneur d'avoir

mis à l'ordre dujour l'étude de cette forme nouvelle delaryn¬

gite dans la grippe, en publiant dans laRevue hebdomadaire

de Laryngologie, le 20 octobre 1900, un article sur « une forme de grippe à type laryngé ». Aprèsavoir esquissé rapi¬

dement le tableauclinique de la laryngite grippale ordinaire, le

docteur G. Dupond, dans son article, s'exprime ainsi : «Dans

les premiers mois de cette année (1900), pendant le cours d'unelégère épidémie de grippe, nous avons eu l'occasion de

(15)

15

voirplusieurs malades atteints d'une forme particulière de laryngite dont la marche et les allures spéciales sont unpeu différentes de celles de la laryngite grippale ordinaire. Ne

trouvant signalée nulle part cette formespéciale de laryngite,

nous avons cru intéressant d'en essayer la description et d'en rapporter quelques observations.

» Généralement, cette laryngite grippale offre à l'examen laryngoscopique l'aspect d'une laryngite bacillaire au début.

La région aryténoïdienne est rouge etplus ou moins œdéma-

tiée ; cette rougeur et cet œdème s'étendent à toute la région aryténoïdienneet sepropage surtoutverslapartie postérieure,

du côté de l'œsophage.

»Le malade éprouvede ladifficultépouravaler les aliments

et même la salive ; ces symptômes deviennent plus accentués

vers le soir et la douleur est beaucoup plus vive pendant la

nuit; le matin il se produit une amélioration notable. Cet

état persiste pendant une semaine environ, puis tous les phé¬

nomènes disparaissent. Certains malades gardent le silence,

car ils éprouvent de la douleur au moment de parler. Dans

tous les cas de laryngite grippale les sujets localisent très

bien leur douleur au niveau du larynx ». Suit la publication

de sept observations dont l'auteur fait l'analyse générale et

que nous rapportons àla fin de notre travail.

Nos recherches, dans lecourant de l'année 1901, nous ont permis d'observer des cas de cette forme nouvelledelaryngite grippale ; nous allons tenter de donnerleur

description et

d'exposer les considérations qu'ils nous ont

suggérées.

(16)

CHAPITRE II

PATHOLOGIE

GÉNÉRALE

PATHOGÉNIE

Il nous semble nécessaire pour justifier

la dénomination

de « grippale ». que nous

allons accoler

au

terme de laryngite,

de dire assez rapidement ce qu'est

la grippe,

pour en

saisir en

quelque sorte

le génie morbide et montrer que la laryngite

grippale n'est pas

seulement

une

laryngite au cours de la

grippe, mais

aussi

une

forme de grippe du larynx marquée

aucachet de l'affection qui Ta fait naître, en

présentant les

principaux caractères.

La grippe est une

maladie infectieuse, contagieuse, épidé-

mique, que la

bactériologie classe

au

nombre des affections

microbiennes depuis la découverte

d'un bacille de la grippe

parPfeiffer en

1892.

Le docteur Chobaut (d'Avignon) présente une

théorie

séduisante pour déduire de

la nature infectieuse de la mala¬

die les principaux

symptômes qu'elle présente.

C'estune maladie infectieuse, dit-il, et

la présence de

son

virus dans le sang rend compte :

Dela fièvre ;

Del'intoxication des centres nerveux :

3° Dela pyohémieau cours

des interventions opératoires.

Mais l'organisme se

débarrasse du virus par les émonc-

toires naturels en les irritant.

Aussi trouve-t-on parfois

:

(17)

17

Du côté du rein, de lanéphrite :

Du côté de la peau, des exanthèmes scarlatiniformes ; Du côtédu tube digestif, des troublesgastro-intestinaux.

Si le sang se débarrasse de son poison par d'autres voies,

comme les muqueuses et les séreuses, il produit les mêmes irritations. Les voies d'élimination peuvent être : l'épithé-

lium pulmonaire, la plèvre, la conjonctive, la caisse du tympan, la tunique vaginale du testicule, la tunique interne

des veines et des artères, le péricarde et l'endocarde; aussi

rencontre-t-on du côté de ces organes des inflammations correspondantes : broncho-pneumonies, pleurésies, conjonc¬

tivites, orchites, thromboses, embolies, péricardites et endo¬

cardites.

Dans un petit nombre de cas, la voie d'élimination peut

être la muqueuse du larynx; il en résulte une laryngite, et

voilàjustifiée la pathogénie de la laryngite grippale.

Nous pouvons encore citer les inflammations de la paro¬

tide, les parotidites suppurées dontl'observation de de Los-

talot nous offre un si bel exemple, et en rapprocher comme déterminés parla même influence morbide ces petits abcès

des cordes et des bandes ventriculaires décrits par le doc¬

teur Moure dans la laryngite grippale ordinaire.

La grippe est donc une maladie infectieuse, mais la façon

toute spéciale dont l'infection atteint le système nerveux (si bien que le docteur Vovard, de Bordeaux, a pu

jadis

pré¬

tendre que la grippe était seulement une névrose

du

pneu¬

mogastrique) estun des caractères essentiels de la

maladie.

Ladépression physique et morale, la sensation

d'anéantisse¬

ment, les douleurs de tous genres et de tous sièges

qu'on

y

rencontre : céphalalgies, rachialgies,

arthralgies, myalgies

généralisées, douleur au niveau de la diaphyse des os longs,

crampes de l'abdomen, points de côté ;

la disproportion

entre cette hyperalgésie, l'état d'accablement

des forces, la

dépression mentale et les lésions matérielles sont en effet

le caractère le plus important de la

maladie. Nous retrouve¬

rons cette disproportion entre les symptômes

fonctionnels et

JEL 2

(18)

18

la gravité de

l'affection dans la laryngite grippale, qui affirme

ainsi sa nature.

, Un autre caractère

qu'il faut attribuer à la grippe, c'est la

fréquence de la

rémittence

ou

même parfois de l'intermit¬

tence de ses symptômes.

Dès l'épidémie de

1837,

on

constate

que

tous les symp¬

tômes présentaient un

redoublement d'intensité le soir et

s'amendaient dans la matinée.

Pendant celle de 1847, Lemaestre,

dans

sa

thèse inaugu¬

ralesur la pneumonie

catarrhale, signale

que

les phénomènes

de la grippe, le

mal de

gorge

entre autres, présentaient une

exacerbationvers le soir.

En 1867, Moissenet a noté que

la plupart des grippes de

cette époque avait

commencé

par une

fièvre intense qui au

boutde deux à trois jours

prenait le

type

intermittent noc¬

turne et plus rarement

diurne.

Enfin, M. le Prof. Moussous,

dans

sa

clinique du 13 mars

1901, sur « les formes de

la grippe dans l'enfance

»,

à côté des

types éphémères ou

prolongés de fièvre continue, qui sont

les plus fréquents,

signale

une

forme de fièvre intermittente

grippale, dont

les périodes fébriles sont marquées le soir, et

les périodes

apyrétiques le matin.

C'est à lui que nous devons

le plus curieux exemple d'in¬

termittence de tousles symptômes dans

la grippe.

Une jeune fille de

seize

ans

est prise pendant une douzaine

de jours, tous les

jours à la même heure, vers quatre heures

de l'après-midi,

d'un accès de fièvre en trois périodes : de

frissons, dechaleur, desueurs,

tout

commeun

accès de fièvre

paludéenne. Cette

jeune fille

a

la grippe et, fait très intéres¬

sant, tous les symptômes

de cette grippe autres que la fièvre

disparaissent

pendant la période d'apyrexie pour reparaître

tous au moment de la période de fièvre,

c'est-à-dire enchi-

frènement, nasonnement de la

voix, râles dans la poitrine.

La mèredelajeune fille

présente les mêmes symptômes, un

frère de quatorze ans est

également atteint par la maladie, ils

présentent tous les

deux, dans les symptômes, une semblable

intermittence.

(19)

19 -

Nous nous sommes étendu sur ces faits, car dans la laryn¬

gite grippale à forme nouvelle leprincipal phénomène de la maladie, la dysphagie, présente au plus haut degré ce carac¬

tère de la rémittence, de l'exacerbation vespérale et nocturne.

Ce trait se retrouve dans toutes nos observations.

Nous avons vu que la grippe pouvait s'accompagner d'éruptions érytliémateuses, de rougeurs diffuses analogues

à celles de la rougeole ou de la scarlatine. Des hémorragies

diverses ont été vues dans la grippe, épistaxis, hématémèses, hémoptysies, qui doivent être considérées comme se ratta¬

chant augrandgroupesymptomatique du phénomèneconges¬

tion.

Ne doit-on pas rapprocher ces signes points par points de

ces « érythèmes scarlatiniformes», de ces « pointillés hémor¬

ragiques » signalés par le docteur Moure sur l'organe vocal

dans lagrippe?

Si nous remarquons qu'un autre caractère essentiel de la grippe est la variété d'aspect qu'elle présente, suivant les épi¬

démies, suivant les moments, suivant les individus; qu'on

est obligé de lui reconnaître plusieurs formes, la forme pul¬

monaire, la forme gastro-intestinale, la forme nerveuse ; en présence de cette grande variabilité d'aspects de lagrippe, 011

ne sera pas étonnéqu'à côté du type signalé il y a dix ans

nous ayons à décrire 1111 type nouveau de laryngite grippale pendant les épidémies de 1900 et 1901.

(20)

CHAPITRE III

ÉTIOLOGIE

II est àpeine utile de faire remarquer que

dans

ses

causes

générales la

laryngite grippale reconnaît comme étiologie

l'étiologie de lagrippe

elle-même. La grippe, dont la cause a

été longtemps

cherchée dans l'action de troubles météorolo¬

giques, est

considérée actuellement comme une maladie émi¬

nemment contagieuse,

reconnaissant

pour cause un

contage

produitparun

individu

ou

des objets infectés. On n'accorde

plusaux influences

climatériques

que

le pouvoir de mettre

l'individu en état de réceptivité. Les

malades atteints de

laryngite grippale

ont

eux

aussi été soumis à ces influences,

mais peu de choses

semblent les prédisposer à faire leur

grippe du côté

du larynx. Les antécédents héréditaires sont

naturellement muets; dans les antécédents

personnels, à

peine peut-on

signaler

une

fréquence plus grande chez les

professionnels de la voix, chez

ceux

dont le larynx est doué

d'une susceptibilité spéciale, ou

qui ont présenté déjà quel¬

ques

troubles du côté du larynx

:

polypes d'une corde vocale,

affection chronique de l'organe.

Un pointimportant

à établir est celui des relations que

présente la

laryngite grippale

avec

la grippe elle-même, au

point de vue

chronologique. On peut résumer ces relations

de lafaçon suivante.

(21)

21 Lalaryngite grippale s'est déclarée :

Simultanément à la grippe et en pleine évolution de grippe (4 fois sur 10);

2° Au déclin de la grippe ou au cours d'une rechute (4 fois

sur10) ;

Isolément,constituant à elle seuletoutela maladie (2 fois

sur 10). Dans ces derniers cas, la constitution médicale du

moment ils ont été observés, la similarité absolue des symptômes qu'ils présentaient avec ceux observés du côté

du

larynx en pleine évolution grippale ne permettent pas de

doutes : lalaryngite grippale peutconstituer à elle seule un

cas de grippe. Raison de plus pour être au courant

de

ses allures ahn de ne la point méconnaître.

(22)

CHAPITRE IV

TABLEAU CLINIQUE

Ainsi quetoute maladie la

laryngite grippale présente deux

ordres desymptômes ou signes.

I. Des symptômes fonctionnels.

II. Des signes physiques.

I. Les symptômes fonctionnels se

rapportent

au

phénomène

général douleur ou à ceux

qui résultent particulièrement du

fonctionnement de l'organe vocal : modification

de la voix,

toux, expectoration; ou bien à ceux

qui résultent du trouble

d'une fonction dans laquelle le larynxjoue un rôle

passif, la

dysphagie.

Le principal symptômeà mettre en

relief dans la laryngite

grippale est le symptôme

douleur. C'est cette douleur qui

par

son intensité domine la situation, et la plupart des autres symptômes, troubles de

la déglutition, de la parole,

en

décou¬

lent.

1° Douleur: a) Siège. La douleur siège à la gorge, au

niveau dularynx: quand on demande au

malade où il souffre

ilindique lapartie antérieure

du

cou,

la

« pomme

d'Adam

».

C'est que nous retrouvons cette

douleur à la palpation

dans l'examen des signes physiques.

h) Caractère. Si nous

demandons

aux

malades de pré¬

ciserle caractère de ces douleurs, ils nous diront qu'au début

(23)

23

c'étaient des picotements, un chatouillement amenant la toux

comme dans la laryngite ordinaire, mais ils emploieront

bientôt des termes plus forts pour indiquer les douleurs delà période aiguë, plus vives que dans la laryngite grippale

ordi¬

naire. Ce sont : une sensation de constriction à la gorge,

comme si le malade allait étouffer (ille craint parfois), l'illu¬

sion d'une plaie au vif que déchire les efforts de toux, les

aliments, une brûlure intolérable.

c) Intensité. C'est dire que ces douleurs ont une

inten¬

sité extrême : elles empêchent à elles seules tout repos, tout

sommeil.

d) Durée. A mesure que l'on avance dans

l'étude de

ce phénomène douleur on levoit prendre des

caractères de plus

en plus spéciaux qui en font l'apanage

unique de la laryngite

grippale : c'est ainsique les douleurs que nous avons

signa¬

lées ne sont pas continues, mais rémittentes, avec

exacerba-

tion vespérale et nocturne. Mais le

phénomène est surtout

marqué dans la dyspliagie que nous

allons décrire à l'instant.

e) Irradiation. —Nousrangeons sous ce

titre la dysphagie

qui est le symptôme fonctionnel le

plus caractéristique de la

laryngite grippale, parce que cette

douleur

se

produit dans

l'accomplissementd'une fonction

dans laquelle le larynx n"a

qu'un rôle secondaire.

Le caractère principal de cette

dysphagie est d'être très

intense; elles'étend à la déglutition des

solides, des liquides,

de la salive. La déglutition des solides est encore

celle qui

estle mieux tolérée. Celle des liquides, dans

laquelle les

sur¬

faces enflamméesfrottent plusdirectement

l'une contre l'au¬

tre,est vive, suraiguë, « comme un coup

de poignard

»,

disent

certains malades. Celle de la salive, qui demande

peut-être

moins d'activité del'organe, maisun

contact plus intime des

parois, est presque aussi

intolérable. Ainsi

que

les douleurs

d'autre nature, ladysphagie est surtout

nocturne

: sa

rémis¬

sion est matutinale et diurne, car les douleurs

persistent très

atténuées dans toutela durée dujour.

L'exacerbation est

ves¬

pérale et nocturne, car elle persiste toute

la nuit, intolérable

(24)

24

à partirdu moment où elle a

atteint

son

maximum dans la

soirée. Ce moment estle même à peu prèschaquejour : c'est

à quatre heures, à huit heures

du soir

par

exemple,

que

le

malade commencera chaque jour à sentir de

violentes dou¬

leurs quine le quitteront plus avant

le lendemain matin,

\ également à heure

fixe. Notons

que

les symptômes plus

:généraux de la

grippe affectent très souvent

en

même temps

le même caractère de rémittence. Cette dysphagie intenseque

nous venonsde signaler est pourainsi

dire

1esigne

pathogno-

monique de la laryngite grippale.

C'estencore dans les manifestationsdu symptôme douleur

que nous devons ranger ce

qu'on peut appeler la

«

phono-

phobie», la crainte de parler,

bien différente de l'aphonie

fonctionnelle due à des lésions matérielles, ou même sine

materia, mais indépendante de la volonté

du sujet. Ici le

malade évite de parler parce que chaque mot

prononcé lui

occasionne une sensation de déchirure. Il immobilise son organe vocal et s'exprime par

gestes.

En résumé : des symptômes douloureux, de

caractères

variables mais extrêmement intenses, amenant une dyspha¬

gie intense pour les

solides, les liquides, la salive, obligeant

le malade à se taire, à immobiliser le larynx; une rémittence

très marquée de ces symptômes,

parfois

presque

nuls dans la

journée, intolérables

pendant la nuit

:

tels sont les princi¬

paux signes fonctionnels

de

cette

laryngite grippale et qui

ne

se retrouvent pas dans la laryngite

grippale ordinaire.

2° Troubles vocaux. A côté de ces caractères positifs

tirés de l'étude de la douleur dans la laryngite grippale, il en existe en quelque sorte de

négatifs tirés de l'étude des

symp¬

tômes fonctionnels du côté de la voix. Ces symptômes man¬

quent eneffetgénéralement.

On constate

unpeu

d'enrouement,

quelquefoisunecertaine

difficulté à parler

que

le malade peut

vaincre jusqu'à pouvoir émettre en se

forçant

un son

clair,

mais nous n'avons pas rencontré

d'aphonie proprement dite,

due à deslésions des cordes, comme on en signale si sou¬

vent dans la laryngite ordinaire : «Nous

n'avons

pas ren-

(25)

25

contré de lésions semblables », cependant il ne nous semble pas impossible que la lésion matérielle de la laryn¬

gite grippale puisse causer de l'aphonie par paralysie des ary-aryténoïdiens, par entrave au jeu des aryténoïdes sans

qu'ily ait besoin de lésions des cordes. Mais cette rareté des

troublesvocaux, alors que ce sont les troubles les plus mar¬

qués dans la laryngite grippale ordinaire, mérite d'être prise

en considération et nous devions signaler que le type nou¬

veau que nous décrivons se caractérise par des symptômes

propres etpar une- sorte de répulsion pour les symptômes

culminants du type ancien.

L'observation ci-jointe, dans laquelle le malade possède à

un haut degré les symptômes que nous venons

d'énumérer,

peut servir d'exemple concretde laryngite grippale.

Observation I(Personnelle).

(Recueillie à la Clinique de M. leDr Moure.)

Laryngite grippale.

E. L...,âgé de quarante-quatreans,lithographe, jointdepuis quelque

temps àsa profession celle de chanteur.

Antécédents héréditaires. Sa mère estmorteà cinquante-septans d'une congestion pulmonaireet de néphrite; son père, à

soixante-neuf

ans,d'apoplexie. Il aperdu récemment un frèrede la

diphtérie.

Antécédentspersonnels. Il a eu lascarlatineà sept ans,

puis

une angine ; puisen 1870 lavariole. Une blennorragie, pas de

syphilis.

L... s'exerce depuis quelque temps au chant, pour en faireun

métier

à sesmoments deloisir etchanter le dimanche dans lesconcerts.

Le 27 mars, ilest opéré par M. le Dr Moure d'unpolypedu

larynx

:

guérison. Il n'a pas d'autres antécédentslaryngés, mais une

certaine

susceptibilité du larynx.

Maladie actuelle. Début. Dans lafin du mois de décembre 1000,

le malade ressentaitquelques légères douleursauniveaudes

aryténoïdes

(26)

- 26 - '

droit et gauche. Mais le véritable début de son affection ne remonte

qu'au 26janvier 1901.

Période d'incubation de deux jours. Le 26 janvier,il prend une douche, il a chaud, puis froid. Le lendemain, un dimanche, il se livre à son métier de chanteur et n'est gêné, pour le faire, que par des

moments fugaces d'enrouement.

Périoded'état. Commence le 28janvier, dure six jours. Le 28, il

veut faireson métier de lithographe, mais se sentenvahir, au cours de

son travail, par un sentiment de lassitude extrême, de serrement à la

gorge,d'étouffement, qui augmente rapidement, d'un état d'impression-

nabiliténerveuse amenant chez lui la crainte exagérée de mourir du

croup, comme son frère, sans avoir letemps de recourir à uneopéra¬

tionet à un médecin.

Symptômes d'ordrenerveux. Ilss'établissent surtout, commetous

lesautresdureste, dans la nuitdu 28 au29. Insomnie.Sensation de fai¬

blesse généralisée. Douleurs musculaires, courbatures,«commes'il avait

fait trop de gymnastique», dit-il.Rachialgie. Idéation un peutroublée:

il s'imagine qu'il va mouriret est préoccupé par l'idée qu'il n'aura pas

terminéses leçons de chantpour pouvoie « bien chanter à son enterre¬

ment ».

Fièvre: Sensationde chaleurpendant la nuit, sueurs nocturnes.

Troublesgastro-intestinaux: Inappétence, il n'a plus envied'aucun

alimenLConstipation légère(une selle toutes lestrente-sixheures) qu'il

combat à l'aide d'unlaxatif.

Troubles respiratoires et catarrhes: Coryza; écoulement séreux

continuel par les narines. Conjonctive enflammée: écoulement séreux,

épiphora.

Troubles laryngés: Ce sontceux dont se plaint le plusle malade.

Douleur. Ellea tout d'abord été caractérisée par unesensation de

constriction faisant croire au malade qu'il va étouffer. Puis, quand

arrivele soir, versquatre heures, la douleur augmente. Elle atteintson

maximum pendantla nuit : des picotementscontinuels provoquent chez

le malade une toux quinteuse, d'une dizaine de minutes de durée. Cha_

que quinte est accompagnée d'une sensation de véritable déchirement-

Cesquintes,qui se renouvellent toutes les demi-heures, ne lui laissent

pas un seul instant de repos. Gène dela respiration à causede la dou¬

leur.

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