ORIGINE DES ANTICORPS DU LAIT
M. PLOMMET
Anne-Marie PLOMMET Station de
Pathologie
de laReproduction,
Centre de Recherches vétérinaires et
zootechniques de Tours-l’Orfrasière,
37 -Nouzilly
Institut national de la Recherche
agronorrxique
SOMMAIRE
Des brebis ont été vaccinées par
injection d’antigènes
dans la mamelle(vaccination locale)
oupar voie sous-cutanée
(vaccination générale) ;
lesanticorps correspondants
ont été titrés dans le sérum et le lactosérum.Après
vaccinationgénérale
à l’aide desantigènes
cellulaires de Salmonella et de Brucella, il y aune
régression
des titres desanticorps
du lactosérum sur les titres du sérum, telle que lespremiers
sont environ z5 fois
plus petits
que les derniers. Cette relation n’est pas affectée parl’injection
dansla mamelle
d’antigènes
différents.Après
vaccination locale à l’aide del’antigène
de Brucella, les titres desagglutinines
dans le laitmontent
jusqu’à
atteindre enmoyenne
la moitié des titres du sérum. La vaccination locale à l’aide desantigènes staphylococciques,
anatoxines et corpsmicrobiens,
ne modifie pas la relation des titrescorrespondants
du sérum et du lactosérum.Ainsi,
lesanticorps
du lait peuvent venir du sérum par passage à travers la mamelle, ouaprès injection
de certainsantigènes
dans la mamelle, venird’un processus de
synthèse
locale.INTRODUCTION
I,’origine
desanticorps
du lait est unequestion
controversée(LASCELLES, ig6 3 ; C
AMPBELL
etPETERS!N, I963).
Pour les uns, les
anticorps présents
dans le colostrum et dans le lait ont uneorigine sérique.
Lesanticorps passent
ou « filtrent n du sérum dans lamamelle,
subissantparfois
au passage une modification destructure (D I xoN,
WEIGLE et VAS-Qu!z,
10 6 1 ;
PIERCE etF!INST!IN, ig65 ;
ASOFSKY etS1!AI,r&dquo; 19 6 7 ).
I,e taux depassage varie selon l’état
physiologique
et éventuellementpathologique
de la ma-melle ; pendant
lapériode colostrale,
il y a concentration desanticorps
dans la ma-melle, puis
passage à taux faiblependant
lalactation ;
l’inflammation de la mamelleaugmente
considérablement le passage desanticorps,
et d’une manièreplus générale,
des
y-globulines
et albuminessériques.
Pour les autres, les
anticorps
du lait sont forméslocalement,
dans lesystème lymphatique mammaire, quand
la stimulationantigénique
a lieu dans la mamelle(THOMAS
etLECLERC, I9 6 I S ARWAR , C AMPB E U <
etPETË RS Ë N , i 9 6 4 ; 1VIITCH!I,I&dquo;
i965).
Pendantlongtemps
cettehypothèse
a été soutenue parl’équipe
deCnMrs!r,!;
et
PE TERSEN ( 19 6 3 )
en se basant sur lefait, discutable,
del’apparition d’anticorps spécifiques
dansle
lait immédiatementaprès l’injection
d’unantigène
dans la ma-melle. Pour les tenants de la
première hypothèse,
ce fait doit êtreexpliqué
parl’aug-
mentation de passage due à
l’inflammation,
résultant elle-même del’injection
d’anti-gène. C’est,
eneffet,
aurefus
de considérer le rôle de l’inflammation dans cephéno- mène,
ou au moins à l’absence d’un moyen de mesure de sonrôle,
que l’on doit lediscrédit
danslequel l’hypothèse
de lasynthèse d’anticorps
dans la mamelle est tenue.Si
lesanticorps
du lait viennent du sérumsanguin,
par passage à travers le tissumammaire,
il doitexister
unrapport
constant entre le titre d’unanticorps
donnédans le sang et son titre dans le
lait,
en dehors de lapériode
colostrale et en l’absenced’inflammation.
Si cerapport
est effectivement constant, ondispose
alorsd’un
moyen de mesurer le passage des
anticorps,
et parconséquent
d’en estimer les modi- fications telles que celles dues à l’inflammation résultant del’injection intramammaire
d’unantigène.
En utilisant deuxsystèmes antigènes-anticorps différents,
l’un obtenupar vaccination par voie
générale
et servant à la mesure du passage et l’autreobtenu
par
injection
intramammaired’antigène,
il devientpossible d’établir
si lesanticorps
du lait de ce deuxième
système
résultent ou non, d’unemodification
nonspécifique
du passage et de
vérifier,
parconséquent,
sil’hypothèse
de lasynthèse locale
doit êtreretenue ou pas.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
i. S’chéma des
expériences (tabl.
i)Dans une
première expérience,
on a comparé les rapports des titres deplusieurs anticorps spé-
cifiques
dans le sérum au titre des mêmesanticorps
dans le lactosérum.L’expérience
a porté sur27brebis, le 58e
jour
de la lactation. Ces brebis,réparties
en un lot témoin(lot
1, r5brebis)
et un lotexpérimental (lot
2, 12brebis),
avaient reçu aupréalable
desinjections
par voiegénérale
de deuxvaccins marqueurs
(vaccin
Salmonella S, et vaccin BrucellaB).
Les brebis du lot 2avaient reçu en outre par voie intramammaire,pendant
la lactation, desinjections
d’un vaccinstaphylococcique (Vaccin
A. C. : anatoxines, A et corps microbiens,C).
Dans une deuxième
expérience,
on acomparé
de la même manière les titres desanticorps
dusérum et du lactosérum sur 21 brebis, à 7
reprises,
au cours des 12premières
semaines de la lacta-tion. Ces
brebis, réparties
en 3 lots, avaient toutes reçu desinjections
par voiegénérale
du vaccinmarqueur S. Elles avaient reçu, en outre, des
injections
de mêmes doses d’un vaccin anatoxinesstaphylococciques
- Brucella(vaccin
A.B.)
- soit :i. par voie sous-cutanée, avant le début de la lactation
(lot
5, 9brebis) ;
2
. dans la mamelle,
pendant
lapériode
sèche(lot
3, 6brebis) ;
3
. dans la mamelle,
pendant
la lactation(lot
4, 6brebis).
Toutes les brebis en
expérience
étaient exemptes d’infection et d’inflammation mammaire, cequi
a été établi par les méthodesbactériologiques
etcytologiques
décritesprécédemment (PL OMME T,
LE
GALL, 19 6 3 a).
2
. Vaccins et vaccinations
a)
Vaccin Sz · ro
9
cellules/ml
Salmonella abortusavis,
récolté surTryptose
blood agar baseDifco, lavé,
filtré,formolé à o,5 p. 100
pendant
z4heures,puis suspendu
en solution saline formolée à o,05 p. 100.-
Vaccination : 3 injections
sous-cutanées de o,52et 5 ml à 8jours
d’intervalleavant l’agnelage,
suivies d’une
injection
derappel
de 5 ml le 44 ! 4ejour
de la lactation.b)
Vaccin Bg 109
cellules/ml
Brucella abortus B. i9cultivé
sur BrucellaagarAlbimi, préparé
commeci-dessus,
avec
séjour
de 48 heures en solution formolée à o,5p. 100. Vaccination par voie sous-cutanée, auxmêmes doses que ci-dessus.
c)
Vaccin AVaccin commercial constitué par un
mélange
d’anatoxinesstaphylococciques
ce etfi,
titrantrespectivement
10et 5unités(Institut Pasteur).
A ce vaccin on a
ajouté
des cellules bactériennes, soit du vaccin Bpour obtenir
5-109 celluleslml (vaccin A. B.),
soit duStaphylococcus
aureus, souche 81.26, récolté surTryptose
bloodAgar
baseDifco,
chauffé à 1000pendant
5 minutes, lavé et remis ensuspension
en solution formolée,à 0,05p. 100, pour obtenir 2.109
cellules/ml (vaccin
A.C.).
- Vaccination : 4
injections
de 2ml de A. B. ou A. C. à 5jours
d’intervalle sous-cutanées, soit intramammaires(i
ml danschaque quartier)
avant ou au début de lalactation,
selon le lot,puis
dans tous les lots une
injection
sous-cutanée derappel le
44 ± 4ejour
de la lactation.3
.
Titrage
desanticorps
Titrage
desanticorps
du sérum et du lactosérum(ce
dernier obtenu parcoagulation
par laprésure) :
a)
paragglutination :
-
antigènes
0 et H de S. abortus ovis(méthode
deFélix) ;
-
antigène
standard de B. abortus(C.
R. F. O.Montpellier) ;
-
antigène staphylococcique
selon PILLET, ORTA et FOUCAUD( 19 6 0 ).
b)
par inhibition del’hémolyse,
avec les toxinesstaphylococciques
ce etfi,
selon latechnique
décrite
précédemment (PLOMMET
et LE GALL,19 6 3 b).
Ces
anticorps agglutinants
ou neutralisants sontdésignés
par les mêmes abréviations que lesantigènes correspondants.
Les titres sont
exprimés
par lelog z
-!- i de laréciproque
de la dilution donnant 50p. 100d’agglu-
tination ou
d’hémolyse.
Cette notationcorrespond,
dans unsystème
de dilution de 1/2en 1/2, au numéro d’ordre du tube. Le tube i est le témoinsérum,
et le titre icorrespondant signifie
«plus
petit
que 1/2». Le titre 2équivaut
ainsi à 1/2, 3à i/4, etc. Tous lestitrages
ont été faits en double.RÉSULTATS
i. Relations entre les titres
anticorps
du sérum et du lactoserumaprès
vaccinationpar
voiegénérale
a)
Casgénéral.
La relation entre les titres des
agglutinines salmonelliques
0 et H et brucel-liques
du sérum et du lactosérum des brebis del’expérience
i estreprésentée
sur lafigure
i. Cesvaleurs,
obtenues le5 8 :f:
Iejour
de la lactationcomprennent
les brebis des lots i et 2. Eneffet,
bien que les brebis du lot 2 aient reçu dans la mamelle levaccin
staphylococcique
A.C.,
cette vaccination n’a pas modifié sensiblement lesrapports
des titres sérum sur lactosérum desanticorps salmonelliques
etbrucelliques.
Le
coefficient
de corrélationglobal
a pour valeur R =0 ,88 4 ,
et les coefficients par lotsRi !
0,904 etR 2
=0,853.
La
régression
des titres du lactosérum(y)
sur ceux du sérum(x)
a pouréqua-
tion :
y = 0!953 x - 4,19.
En admettant en
première approximation
que le coefficient « a n soitégal
à 1,la différence x - y est
constante,
soit une différence de titre entre sérum et lacto- sérum constante,égale
à 4,2 dilutions. En réalité a =0 , 953 ,
cequi
dans les limitesde
l’expérience
donne une différence de titre variant de 4,44pour y = 1 à 4,79 pour y =8,
avec une moyenne de4 ,63
pour y = 4,5.En
exprimant
cette différence des valeurslogarithmiques
par lerapport
desvaleurs
arithmétiques,
on a unrapport
variant de 21,7 à 27,7 avec une valeur moyenne de24 ,8. En
d’autrestermes,
les titres du lactosérum sont en moyenne25
foisplus petits
que ceux du sérum.b) Influence
du stade de lactation.Les différentes valeurs du
rapport (exprimé
par la différence des titres enloga- rithmes)
des titres sérum sur lactosérum desagglutinines salmonelliques
0 etH,
aucours des 12
premières
semaines de la lactation des brebis del’expérience
2(lots
3, 4et5)
sontindiquées
sur lesfigures
2 et 3. On voit quependant
cettepériode,
iln’y
a pas de variations notables et
systématiques
de cerapport, qui
reste autour desvaleurs 4 et 5
(soit
lu et 32 en valeurarithmétique).
c) Influence
de la vaccination intramammaire avecantigènes différents de
ceux utilisésPour
le marquage desanticorps.
Nous avons noté ci-dessus que la corrélation entre les titres sérum sur lacto- sérum des brebis du lot 2, étaient
légèrement
moins bonne que celle des brebis du lot i, sans que la différence soitsignificative.
Cecipeut
être attribué à l’inflammation due à la vaccinationintramammaire,
faite avec le vaccin A. C. sur les brebis du lot 2.Cette influence - si elle existe - est en réalité très faible à ce stade de la
lactation,
c’est-à-dire 37jours après
la dernièreinjection
locale devaccin, puisqu’elle
ne modi-fie
pratiquement
pas lerapport
destitres,
mais seulement ladispersion
des résultats.De la même
manière,
lesrapports
des titres desagglutinines marquées (salmo- nelliques
0 etH),
de la 2eexpérience (fig.
2 et3 )
ne sont pas sensiblement différents dans les lots 3,4 et
g,ayant
reçu ou non le vaccin A. B. dans la mamelle. Dans cetteexpérience,
il s’est écoulé seulement 7jours
entre la vaccination intramammaire du lot 4et leprélèvement
n° 3 desfigures.
Ces résultats montrent que si les vaccins utilisés par voie locale
provoquent
une certaineirritation,
celle-ci n’aqu’une
influencetemporaire,
non décelableaprès
uncertain
temps,
sur lepassage
desanticorps
du sérum dans le lactosérum.2
. Relation entre les titres
anticorps
du sérum et du lactosérumaprès
vaccination intramammairea) Antigènes sta!hylococciques,
anatoxines etcorps
microbiens.I,es titres des antitoxines ce
et et
desagglutinines staphylococciques
du sérumet du lactosérum de la
première expérience
ne s’écartaient pas, enpremière approxi- mation,
de larégression
de lafigure
i. Les titres dans le lactosérum étaient leplus
souvent
trop
bas pour être mesurés avecprécision.
Les résultats de la 2e
expérience (fig.
4 et5 )
montrent que lesrapports
des titres sérum sur lactosérum restent voisins des valeurs 4-5, que le vaccin A. B. ait étéinjecté
par voiegénérale (lot 5 )
ou dans la mamelle(lots
3 et4 ).
On constate
cependant
une élévation nette durapport (jour 57 ) après l’injection générale
derappel
faite le4 q. e jour,
élévationqui
résulte d’une remontéetemporaire
des titres du sérum sans
répercussion
notable sur les titres dulactosérum,
et ceci que la stimulationprimaire
ait eu lieu dans la mamelle ou par voiegénérale.
Ces faits montrent
qu’avec
cetype d’antigène,
iln’y
a pas lieud’envisager l’hy- pothèse
d’unesynthèse locale ; toutefois,
l’influence del’injection
derappel suggère
que le passage du sérum vers le lactosérum ne suit pas une loi
simple
à taux cons-tant,
tel que celapourrait
avoir lieu s’ils’agissait
d’unesimple
filtration.Il faut
ajouter
à ces faits que le titre des antitoxinessériques
est en moyenneplus
élevé dans les lots vaccinés dans la mamelle que dans les lots vaccinés par voie sous-cutanée pour une même dosed’antigène.
Parexemple,
auprélèvement
n° 4, les titres anti-a ont pour moyenne, dans les lots 3 et 4 :12 ,8 3
et14 ,66
contre II,1dans le lot 5. La
comparaison 3 !- 4
versus 5 estsignificative (F
=6, 52
avec F0 ,05 =
4,38).
b) Antigène brucellique.
Le
rapport
des titres desagglutinines
du sérum sur lactosérum obtenus dans la 2eexpérience
sontindiqués figure
6.Dans le cas des brebis vaccinées par voie
générale (lot 5 ),
lerapport
a une valeur voisine de q.,2, constante au cours de lalactation,
valeuridentique
à celle obtenue dans lapremière expérience.
Par contre, dans le cas des brebis vaccinées dans la mamelle
pendant
lapériode
sèche ou
pendant
la lactation(lots
3 et4 ),
lerapport
a une valeurcomprise
entrei et 2,
jusqu’au
moment del’injection
derappel
par voiegénérale.
Lerapport
suit alors une élévation nette sur les brebis du lot 3, vaccinéespendant
lalactation,
faible sur les brebis du lot 4, vaccinées
pendant
lapériode sèche,
maistemporaire
dans les 2 cas. Cette élévation résulte d’une montée
importante
des titressériques
sans
répercussion
notable sur les titres dulactosérum,
comme dans le cas des anti- toxinesstaphylococciques.
Les titressériques
moyenspassent
eneffet,
dans les lots3 et 4,
respectivement,
de q.,5 à 7,3, et de 7,0 à8, 5
alors que les titres du lactosérum vont de 3,0 à3 ,8
et de6,o
à6,6.
Ces résultats montrent que la vaccination intramammaire avec
l’antigène
bru-cellique
provoquel’apparition d’agglutinines
dans le lait à un titre voisin de celui dusérum,
sans modifier lerapport
des titres desanticorps
témoinsmarqués,
et quece titre des
agglutinines
dans le lait se maintient defaçon
durable.Il faut
ajouter
que, comme dans le casprécédent,
les titressériques
sontplus
élevés
après
vaccination dans la mamelle -pendant
lapériode
sèche -, avec unemême dose
d’antigène,
que par voiesous-cutanée,
mais que la vaccinationpendant
la lactation donne au contraire des titres inférieurs. Par
exemple,
auprélèvement
n° 4, les titres
étaient,
dans le lot 3(intramammaire, pendant lactation)
de4 ,8 3 ;
dans le lot 4
(intramammaire, période sèche)
de 7,50 ; et le lot 5(voie générale) 6, 2 .
Lacomparaison
4 versus 5 n’est toutefois passignificative (F
=4 , 0 6,
avec F 0,05= 4.67).
DISCUSSION
Des résultats
précédents,
un certain nombre de conclusionspeuvent
être tirées :i. sur brebis
exemptes
d’inflammation de lamamelle,
vaccinées par voiegéné- rale,
lerapport,
entre les titres dans le sérum et le lactosérum d’unanticorps donné,
varie dans des limites étroites. En dehors de lapériode colostrale,
nonétudiée,
cerapport
est,pendant
les 12premières
semaines de lalactation,
voisin de 25. Ce faita été établi pour les
anticorps
suivants :agglutinines brucelliques, agglutinines
sal-monelliques ,O
etH,
antitoxinesstaphylococciques
ce etfi.
Nous ne pouvons pasassurer
qu’il
soitgénéralisable
à tous lesanticorps
et à toutes lesespèces
bien que ce soit assez vraisemblable.LASCELLES,
OU2T!RIDG! et MACKENZIE( 19 66)
en utili-sant des y-7 S.
globulines marquées,
ontobtenu,
sur 3brebis,
unrapport
de 12,5 à 20.2
.
Après injection
d’unantigène
dans lamamelle,
lerapport
des titres sérumsur lactosérum de
l’anticorps correspondant, peut :
a)
n’être pas sensiblementmodifié;
c’est ce que nous avons obtenu avec lesantigènes staphylococciques,
solubles ouparticulaires,
anatoxines et corps micro-biens;
b)
tendre vers une valeur voisine de i, par une élévationremarquable
du titredans le lactosérum. Dans ce
travail,
c’est ce que nous avons obtenu avecl’antigène
cellulaire de Brucella. Dans ce cas, le
rapport
des titres des autresanticorps
n’est pas modifié.Ce fait
peut
êtreinterprété
soit comme résultant de la formation del’anticorps brucellique
par lesystème lymphatique
de la mamelle avec évacuation par lelait,
soit comme résultant d’une modificationspécifique
du passage del’anticorps
exis-tant au
préalable
dans le sérumsanguin
ouproduit
à la suite del’injection
d’anti-gène.
Le fait que sur certains des animaux le titre du lactosérum soitplus
élevé que celui du sérum exclut cettehypothèse,
à moinsd’imaginer
un processus de concen- trationspécifique,
comme il y a une concentration nonspécifique
desglobulines pendant
laphase
colostrale. Cettehypothèse paraît
bien peu vraisemblable en raison del’importance
et de la durée duphénomène. OUTT!RIDG!,
ROCK et LASCELLES(
19
65), L ASC EL LES ,
OUT’T!RIDG! et MAcKENZIE( 19 66)
ont en effetobtenu,
sur descas
individuels,
desrapports
de 0,17 et 0,25, et ces auteurs ontsignalé,
ce que nousavons aussi
observé,
lapersistance
d’unrapport égal
à 1 au cours de la lactationsuivante.
Ces auteurs
(OUTT!RIDGE,
ROCK etIaA5CELI,ES, Ig65 ; I,ASC!!L!s,
OU2r!RIDG!et
M A CKE NZI E, I g66 ; MACKENZI!,
OUTTERIDGE etI!ASC!I,I,!S, 19 66 ;
OU!r!RIDG!et
L AS CE LL E S , 19 6 7 )
utilisent desantigènes comparables
auxnôtres,
mais undispo-
sitif
expérimental
différent. Ils n’ont paspris
un témoinanticorps spécifique marqué
pour mesurer le taux de passage
normal,
maisseulement,
dansquelques
cas, desY - 7
S
globulines marquées
à l’iode radioactif. Ils ontcomparé
lesrapports
sérum- lactosérum dans le lait des deuxglandes
mammaires stimulées par deuxantigènes différents,
et montré quechaque glande répond spécifiquement
àl’antigène qu’elle
a reçu. Il y a toutefois des discordances entre nos résultats et les leurs sur
plusieurs points :
ils n’observent pas deréponse
de la mamelle àl’injection d’antigène
bru-cellique pendant
lalactation,
mais seulementquand
celle-ci a lieupendant
lapériode sèche ;
encore observent-ils des différencesinexplicables
d’une année à l’autre. Ilsinterprètent
laréponse
àl’injection
intramammaire d’anatoxinestaphylococcique
en se basant sur des
comparaisons
de titre entrequartiers,
cequi
ne constitue pas à notreavis,
la preuve d’unesynthèse
localed’anticorps antitoxiques (Piommm
etLE
G ALL 19 6 3 b).
Depuis
les revues de LASCELLES( 19 63)
et de CAMPBEr.I, et PETERSEN(1963),
d’autres auteurs ont étudié la
production d’anticorps spécifiques
par lamamelle,
en utilisant comme
antigène des
virus(T H omAs
etL!CL!RC, ig6i ; M I TC H E LL , ig65 ; MITCx!r,I&dquo;
GUÉRIN etP ASI E KA , 19 6 7 ),
de l’anatoxinestaphylococcique (R
I
Cxou
etQ UIN C HON , 19 6 1 )
desantigènes
bactériens divers(S ARWAR , C AMPB E LL
et
PETE RS E N , 19 6 4 ).
Ces auteurs constatent laprésence d’anticorps
dans le laitaprès injection d’antigène
dans lamamelle,
sans toutefoispouvoir
assurer, pour n’avoir pas tenucompte
du passage dû àl’inflammation,
que cesanticorps
n’ont pasune
origine
extramammaire.I,’ensemble
des faits observéspeut
se résumer à ceci : lesanticorps
du lait ontdeux sources. Les uns viennent du
système sanguin
par passage à travers le tissu mammaire : ce passage estapproximativement
à tauxconstant,
sauf en cas d’inflam-mation,
où il estaugmenté.
Les autres,après
stimulationantigénique locale,
sontformés dans le
système lymphatique
de la mamelle avec « excrétion » desanticorps
dans le lait et dans le sin-. Tous les
antigènes
ne sont passusceptibles
d’induire cettesynthèse locale ;
nous ne savons pas actuellement les raisons de cette différence decomportement.
Il reste, en dehors de ce dernier
point, beaucoup
d’inconnues auproblème
que certaines observations faites dans ce travail mettent en évidence. Nous en retien- drons deux :l’injection
d’unantigène
dans la mamellepeut
donner des titres anti- corpssanguin plus
élevés quel’injection
d’une même dosed’antigène
sous la peau.C’est,
dans cetravail,
ce que nous avons obtenu avecl’antigène
anatoxinesstaphy- lococciques,
quel’injection
ait eu lieupendant
lapériode
sèche oupendant
la lac-tation,
et avecl’antigène brucellique injecté pendant
lapériode
sèche.La
différenceentre ces deux
types d’antigène
selon le stade de lactationpeut
être due à leur nature soluble ouparticulaire : pendant
lalactation, l’antigène injecté
dans la mamelleest éliminé par la traite
après
12 heures de contact, s’il n’est pas résorbé à ce stade.Le passage des
anticorps
du sérum dans le lactosérum n’est pas unphénomène
rapide,
comme le taux constantpourrait
le faire croire. Nous avons vu, eneffet,
que lesinjections
derappel
par voiegénérale, qui
font monter les titressériques,
fontégalement
monter lerapport
sérum-lactosérum pour une duréeapproximative
de12
jours,
avant quel’équilibre
normal résultantdu
passage soitrétabli.
Ce délaiserait
le
délainormal
de passage, cequi
laisse à penserqu’il
y a unremaniement
de la moléculed’anticorps
au moment du passage à travers la mamelle.Reçu pour publication
en avril19 68.
.
REMERCIEMENTSNous remercions M. G.
MocouoT,
directeur de la Station centrale deTechnologie
des Produitsanimaux,
où ce travail a été fait pour les discussions fructueuses surl’organisation
del’expérience
et révision du manuscrit.
SUMMARY
THE ORIGIN OF MILK ANTIBODIES
Ewes were vaccinated either
by
infusion ofantigens
in the mammarygland (local vaccination)
or
by systemic (subcutaneous) injection,
andcorresponding
antibodies were titrated in serum andwhey.
. After
systemic
vaccination of 27ewes, with Salmonella and Brucella cellularantigens,
a constantrelationship
was found between titers ofagglutinins
in serum andwhey (expressed
as1 092 of dilution,
Salmonella 0 and H, and Brucella,
fig. I )
on the5 8th day
of lactation. Titers inwhey
were abouttwenty-five
times smaller than in serum. Thisrelationship
was not affectedby injection
in the udderof a non related
(staphylococcal) antigen.
After local or
systemic (table i) infusion,
with a mixed vaccin,(B y ucella plus staphylococcal
toxoidsalpha
and betaantigens)
and aftersystemic
vaccination with Salmonella,antigen
titers of By
ucella, Salmonella 0 and H
agglutinins
andstaphylococcal
antitoxinsalpha
and beta were recordedin
serumand whey
of 21 ewesduring
the first 12 weeks of lactation. Ratios between serum andwhey
titers areexpressed
as difference betweenlog,
values. Byucellaagglutinins
inwhey
increasedto a level about half that of the serum, without any noticeable
change
in ratios of others non related antibodies(fig.
2, 3, 4, ,5,6),
whether the infusions were donesystemically
or in the udder. Theseresults
are discussed from thepoint
of view of localsynthesis
of antibodies to some kind ofantigens.
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