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. ~~MODULE GÉOPOLITIQU E Cuba / Etats-Unis
20éme Siècl e
CDT Shawn Tatu m USM C
A-4
28 fev 2000
Les relations entre les États-Unis et Cuba concernent autant la
géopolitique que le rapport avec les différentes idéologies . La définitio n d'une stratégie nationale est influencée par une grande variété d e facteurs, et pas seulement par l'histoire récente du pays . En effet, la
nature du régime politique, l'idéologie, la religion, les facteurs culturels e t économiques, y compris la technologie, et les institution s
gouvernementales et militaires font partie intégrante de cette stratégie . Par conséquent, un homme d'État devrait les considérer dans l'élaboratio n d'une politique internationale et lors de l'élaboration d'une formul e
regroupant les mesures qui en découlent . Mais le facteur le plus importan t dans la prescription d'une stratégie reste la géographie o u
l'environnement physique dans lequel l'activité humaine s'exerce, qu'i l s'agisse de son milieu politique, de l'ambiance économique ou de context e stratégique . Car, comme Nicholas Spykeman l'avait observé, «La
géographie est le facteur fondamental dans la politique externe, parc e qu'il est l'environnement le plus durablement invariable» 1 Le milieu géographique d'un pays impose donc des contraintes sur la politiqu e externe et sur la stratégie internationale, et en même temps il offre de s opportunités permanentes, toutes particulières . Il en est ainsi .
La géopolitique est «la relation entre le pouvoir politique et
l'environnement géographique» . Comme Cuba est situé à seulement 9 0 miles de la Floride, la géopolitique a toujours joué un rôle clé dans l a conception d'une politique externe des États-Unis, et cela depuis toujours
ou au moins, à partir de la Guerre hispano-cubaine américaine . La géopolitique était aussi à l'affiche pendant l'Invasion de la Baie de s Cochons et pendant la Crise Cubaine des Missiles Stratégiques dans le s années'50 et '60 . Le présent ouvrage analyse les relations entre les États - Unis et Cuba au 20 éme siècle en se concentrant sur les différente s
administrations et leurs politiques extérieures . Comme il n'est pas possible
de présenter ici la politique de chacun des Présidents des États-Unis à partir de 1900, le rôle des Présidents dans la configuration de la stratégi e cubaine sera exemplifié pendant les quatre administrations qui ont ét é déterminantes dans les périodes de transition . Ces temps-là sont les périodes charnières de deux guerres mondiales et des années '60, quan d la politique actuelle a été mise en oeuvre . L'observateur qui examine l a stratégie extérieure des États-Unis et de Cuba pendant les administration s de Woodrow Wilson, Franklin Roosevelt, Dwight D . Eisenhower et John F .
Kennedy pourra ainsi découvrir les détails politiques et économiques d e leurs engagements respectifs dans les termes les plus spécifiques . Je présenterai ici le contexte dans lequel ces politiques se sont développée s et ont évolué, changeant souvent d'une administration à l'autre . Les idées stratégiques principales appartenant à chaque président des États-Unis ,
leurs méthodes, leur politiques extérieures et leurs arts et manière s spécifiques de communiquer ces politiques seront passés en revue . Ains i seront analysées également leur mises en oeuvre par l'intermédiaire de
leurs secrétaires d'État (les ministres des affaires étrangères) . Ensuite, l a position des diplomates et des fonctionnaires supérieurs dans leurs
cabinets sera examinée dès son apparition . Comme Wilson et Roosevel t étaient tous les deux dans l'exercice de leurs fonctions présidentielle s
pendant et après les guerres mondiales respectives, il est nécessaire d e passer en revue le caractère des relations internationales contemporaines , ainsi que les modalités de projection de ces politiques dans leur logique d e guerre . Finalement, la recherche se poursuivra avec l'analyse d e
l'administration Kennedy et l'explication des causes profondes du confli t entamé lors du désastre de la Baie des Cochons, et la Crise Cubaine de s
Missiles Stratégiques . Je présenterai à la fin la politique actuelle des États - Unis envers Cuba .
Le but de cette recherche de la politique américaine pendant les administrations de Woodrow Wilson, Franklin Roosevelt, Dwight D .
3
( radical dans les opérations et les attitudes d'une administration ou d'un e t autre . Toute discussion de la politique américaine envers Cuba dans l a
période précédant immédiatement la première guerre mondiale et pendan t la Grande Guerre n'est pas possible sans mentionner les critères qu i
étaient actifs avant la mise en place de la première administration Wilson , et notamment l'amendement Platt. Plus généralement, on peut affirme r que la présidence de Woodrow Wilson représente une période pendant laquelle les États-Unis assument une position clé dans la communaut é internationale . La fin de la Grande Guerre a vu la position militaire
primordiale et la diplomatie des États-Unis s'affirmer dans le contexte d'u n désastre européen . Plusieurs couleurs politiques européennes on t
commencé une compétition sans merci pour consolider leur pouvoir . Cel a se passait alors même que les politiques coloniales qui semblaient dure r depuis longtemps déjà, commençaient à donner des signes de fatigue e n face d'une résistance des colonies elles-mêmes . En 1898, à Cuba, cett e
résistance deviendra ce qu'on a appelé la guerre hispano-américaine . A l'époque où Cuba était sous le contrôle de l'Espagne, William McKinle y était le 26éme Président des États-Unis . McKinley aurait préféré un statut d'autonomie pour Cuba mais l'indignation du public envers les soi-disan t actes de barbarie espagnole a produit une pression sur l'opinio n
déterminant le Président à choisir la guerre . En se voyant donc impuissant devant le Congrès et le peuple américain, McKinlay a dû prononcer so n discours sur l'intervention «neutre» en 1898 . Le Congrès américain a vot é trois résolutions qui équivalaient à une déclaration de guerre pour l a
libération et l'indépendance de Cuba . Le 26 mars 1898 le Départemen t d'État américain a fait savoir quelle était la position de États-Unis su r Cuba, en présentant un ultimatum à l'Espagne : «Le Président a utilis é tous les moyens à sa disposition pour faire connaître son désir d e
sauvegarder et de continuer les relations amicales avec l'Espagne . . . Il a maintenu avec fidélité l'application scrupuleuse de toutes les obligation s internationales qui lui incombaient et a désiré toujours une paix honorable
avec l'Espagne . Il a insisté auprès du gouvernement espagnol sur l a
nécessité de préserver une telle paix . La paix est la finalité de ses actions . Pour votre édification, le Président suggère qu'il lui sera agréable d'offri r son assistance si l'Espagne révoque l'ordre de concentration, maintien t son aide jusqu'à ce que le peuple puisse subvenir à ses besoins et offr e aux cubains l'autonomie totale avec des dédommagements suffisants» 2 . Les Américains se sont impliqués dans la Révolution Cubaine pou r
plusieurs raisons . Par exemple, les compagnies américaines exploitant l a canne à sucre perdaient en chiffre d'affaires . De plus, les combat s
augmentaient leur manque à gagner ; certaines d'entre elles ont cr u qu'une déclaration de guerre contre l'Espagne était nécessaire pou r l'augmentation du commerce américain, et d'autres ont prétendu que l a tyrannie espagnole dans l'hémisphère Ouest devait être arrêtée . Enfin, il y avait à l'époque une demande accrue pour les bases navales devenue s nécessaires pour la ré-alimentation en charbon des navires de la marin e
militaire américaine, majoritairement en acier . En dépit d'un retrait partie l de la politique de re-mobilisation armée, et de projets d'une autonomi e
partielle pour Cuba, la guerre a été effectivement déclarée le 25 Avri l 1898 . Les facteurs déclencheurs étaient le refus de l'Espagne d'accorder l'indépendance à Cuba, la pression de l'opinion publique pour laquelle l a guerre à été rendue populaire, et la destruction du Maine, un navir e
militaire . La guerre hispano-américaine a été courte, et à sa fin, en aoû t 1898, les États-Unis ont émergé en tant que grande puissance mondiale . Les négociations de paix ont abouti à l'occupation du territoire cubain pa r les États-Unis, et jusqu'à l'indépendance de 1902, ainsi qu'a la possessio n de Puerto Rico, Guam et les Philippines . McKinley a résumé la guerre ave c
l'Espagne et la Révolution Cubaine en ces termes : «La Révolutio n
présente n'est que la succession des autres insurrections qui ont eu lieu à Cuba contre la domination de l'Espagne, et qui s'étendent sur une périod e d'un demi-siècle . Chacune d'entre elles a obligé les États-Unis à de s
efforts et des dépenses considérables pour sauvegarder ses lois d e
neutralité, causant des pertes énormes dans le commerce américain, ains i que perturbations, irritation et entraves à la sensibilité humaine de nos citoyens, qui ont été choqués par l'exercice cruel, barbare et non-civilis é des pratiques de guerre 3 . Théodore Roosevelt, le Ministre de la Marin e sous McKinley croyait que les possessions de l'Espagne dans les Caraïbe s étaient une épine dans le dos des États-Unis et un désir de dominer ce t hémisphère, manifesté par l'Espagne . Theodore Roosevelt croyait que le manque de stabilité politique à Cuba avant la guerre n'était pas de bo n augure pour les États-Unis . Il pensait aussi que les États-Unis devaient contrôler Cuba s'ils voulaient devenir une grande puissance . Le résultat d e cette guerre a été d'obtenir pour Cuba l'indépendance par rapport à
l'Espagne, mais surtout de l'obtenir au prix d'une dépendance temporair e par rapport aux États-Unis . Cuba s'était libéré de l'Espagne, mais le
résultat final n'était certainement pas sa liberté totale . Les États-Uni s allaient occuper Cuba après la guerre, le rendant ainsi autant dépendan t des États-Unis qu'il était auparavant dépendant de l'Espagne . Entre temps, pendant la Grande Guerre, les États-Unis ont commencé une
politique impérialiste et ainsi ils ont découvert les avantages de cett e politique, surtout dans les Caraïbes et le Pacifique
Avec la fin du règne espagnol à Cuba, les États-Unis ont gagné le contrôl e des Philippines et bien sûr, de Cuba lui-même . Les États-Unis ne faisaien t pas uniquement la politique extérieure de Cuba mais une politique globale , car l'Amérique latine toute entière était maintenant sous l'emprise de so n pouvoir. Ainsi, la politique cubaine des États-Unis appliquait directement l a soi-disant Doctrine Monroe, celle qui a donné son nom à toute la période . Il est essentiel de reconnaître que la Doctrine Monroe n'était pas reconnu e en tant que loi internationale par les puissances européennes, mais étai t utilisée par les États-Unis en tant que «facteur de stabilité dan s
l'hémisphère Ouest» . Ce qui justifiait à leurs yeux un bon usage d u
pouvoir était suffisant pour accepter l'utilisation de menaces directes et d e
3
la force militaire . Wilson et Roosevelt ont développé leur politique cubain e ayant en vue l'accord sur le traité qui finissait la guerre hispano -
américaine . Ce traité a été un ingrédient essentiel de la politique d e l'administration Wilson, surtout dans sa deuxième partie . Ce qui plus est , l'Amendement Platt, comme il a été nommé, a joué un rôle central dan s toutes les relations avec l'Amérique latine, telles qu'elles ont été bâties pa r Wilson .
Cet amendement a été la partie constituante du traité qui allait clarifier le s limites des relations cubano-américaines, et donnait effectivement au x États-Unis le droit d'intervenir dans les relations internes de Cuba . Mai s cette intervention n'était pas menée dans le but unique de préserve r l'indépendance cubaine par rapport a l'Espagne . L'Amendement Platt interdisait à Cuba la constitution d'un traité avec d'autres pouvoirs qu i voulaient intervenir dans ses affaires, n'accordait pas le droit de demande r des prêts, et de s'opposer au programme sanitaire américain pour l'île . Les États-Unis pouvaient aussi acheter ou louer des bases
d'approvisionnement en charbon pour ses navires, et notamment dans l a baie de Guantanamo, en vertu de cet amendement . L'historien Robert Smith a affirmé que l'Amendement Platt établissait «le droit et le devoi r des États-Unis d'intervenir dans les affaires cubaines» . 4 «Le seul but d e cet amendement était stratégique - maintenir Cuba pacifiée et le s
Caraïbes alliées» conclue Cummins 5. Les États-Unis n'ont pas caché leu r intention d'utiliser l'Amendement Platt comme un moyen de légitimer u n contrôle de Cuba . Le Congressman Corliss de Michigan affirmait «
)'interprète le vote pour l'amendement qui se réfère à l'île de Cuba comme une assurance de la continuation de notre souveraineté . ]e sui s
définitivement opposé à l'abandon de la souveraineté des États-Unis su r Cuba» 6. Le Congressman C.E . Littlefield du Maine qui s'opposait à
l'adoption de l'amendement, déclarait que «L'amendement cubain, qu i
semble être notre ultimatum contre Cuba, comme on le dit, ne contien t pas, pour mon opinion, notre abandon complet du contrôle de l'île e n faveur de ses habitants, pour lesquels le territoire est seulemen t sauvegardé, le temps que leurs actions volontaires établissent u n gouvernement stable . Par contre, il me semble que ledit amendemen t affirme clairement notre volonté de perpétuer notre contrôle sur l'île et su r ses habitants» . 7 Les États-Unis ont occupé et ont pris le contrôle sur l e gouvernement de Cuba juste après la Guerre avec l'Espagne, alors mêm e que le traité hispano-américain était négocié . Et l'Amendement Platt devenait ainsi une partie intégrante de la politique américaine d'après - guerre .
Pendant ce temps, le gouverneur de Cuba était Leonard Woods, sur leque l l'historien Hitchman a affirmé qu'il désirait un contrôle direct des États - Unis à Cuba comme conséquence de l'occupation militaire, mais aussi l a
«préparation des cubains pour l'indépendance» . $ Ceci allait de pair avec l a vision de leur «enseigner par la pratique» alors que le gouvernemen t
militaire supervisait . Le fait que les Cubains aient accepté cet arrangemen t pourrait avoir agi comme levier sur le retrait des américains de leur pays , retrait qui s'est passé dans les délais . Il a été dit que Woods a contribué a cette acceptation cubaine . Sous la pression des États-Unis, en 1901, Cub a incluait l'Amendement Platt dans sa Constitution . Dans le gouvernement , les secrétaires qui ont joué un rôle clé dans la définition de la politiqu e étrangère ont influé sur la conception d'un président ou d'un autre . Aujourd'hui Hitchman affirme que «Presque tous les historiens son t d'accord que l'auteur proprement dit de l'amendement {qui a été rédigé pendant l'administration de Theodore Roosevelt} était en effet le Ministre de Guerre Elihu Root9. Le nom Platt provient d'Orville H Platt, un sénateu r qui a seulement assuré, en tant que sponsor, l'aboutissement d'u n
programme formulé par l'exécutif et passé dans la branche législative . La
politique américaine arrivait à un consensus considérant Cuba comme u n pays essentiel dans le système de sécurité des États-Unis. L'importance d u traité Platt était telle qu'il donnait aux États-Unis le pouvoir sur la stabilit é politique de Cuba . Avec la fin du règne espagnol et l'occupatio n
américaine, une multitude de factions politiques commençait à émerger à Cuba . Comme leur lutte interne se poursuivait, les États-Unis ont ét é amené a utiliser l'amendement Platt en tant que levier pour interveni r directement et arrêter la lutte des factions . L'historien Louis A Perez Jr a évalué le résultat de l'amendement Platt dans les meilleures formules :
«Pendant les décennies qui ont suivi la guerre hispano-cubain e
américaine, l'amendement Platt servait comme principal instrument d'un e hégémonie . L'amendement Platt était un document organique, qui évoluai t et changeait d'aspect au fur et à mesure que les circonstance s
l'exigeaient . Il a ouvert Cuba au capital américain en expansion et il a maintenu la république sur ses défenses . Ce but demandait un e
implication toujours croissante dans les affaires internes cubaines, et j l'Amendement servait ce but aussi . En effet, à la fin il y restait très pe u ( dans l'exercice de l'hégémonie qui ne trouvait pas une sanction dan s
l'amendement Platt» so
En 1905 les insurgés cubains semblaient prêts à recommencer le conflit . Le gouvernement cubain, sous Thomas Estrada Palma que les États-Uni s ont accepté dans ses fonctions, a abusé de ses pouvoirs et a emport é frauduleusement toutes les élections . Les militaires populistes qui ont ét é rejetés lors des occupations américaines précédentes, étaient de nouvea u prêts à prendre le pouvoir dans le gouvernement par l'usage de la force armée . Ainsi, parce que Roosevelt ne voulait pas que l'île tombe dan s l'anarchie, ce qu'il croyait être mauvais pour les intérêts américains à Cuba, les troupes ont été envoyées pour étouffer le mouvement . L'historien Minger écrit «En 1905, les Modérés ont réélu le Présiden t Thomas Estrada Palma . Les Libéraux en opposition se sont rebellés à
cause de la fraude électorale . Après quelques hésitations, le Présiden t Theodore Roosevelt, à la suggestion du ministre de guerre, Willia m Howard Taft, est intervenu à Cuba sous la couverture de l'amendemen t Platt. Le ministre Taft, et le ministre adjoint Robert Bacon ont ét é
dépêchés sur l'île dès Septembre 1906 . M . Taft est devenu le gouverneu r provisoire de Cuba, le poste étant pris en Octobre 1906 par Charles E
Magoon . Un nouveau modèle se développait, l'intervention armée, ce qu i s'est répété en 1909 et 1912 . Wright est d'avis que «les efforts pou r assurer la pureté des élections par tentatives d'influencer les élection s cubaines allaient se montrer sans résultat» 1i . Par conséquent, les États -
Unis ont évité la confrontation ouverte soutenant les autorité en place, e n dépit de leur fraudes électorales évidentes . Ces autorités étaient plutô t
d'un statut économique et social plus haut que la moyenne cubaine . Ainsi, les classes inférieures sont ostensiblement celles qui n'ont pas bénéficié d e l'exercice politique des États-Unis pendant cette période .
Les phases ultérieures de la politique Américaine envers Cuba ont ét é nommés, non sans ironie, la «Diplomatie du Dollar» . Ceci est bien sûr l e levier financier au service des bénéfices économiques et politiques pour le s États-Unis dans la période post-coloniale . Selon Smith, «la Diplomatie d u Dollar était la tactique par laquelle une entente a été assurée dans l e courant de l'année 1903 sur les questions de bases navales, d e
réciprocité, et du Traité Perpétuel, moyennant l'ouverture de s
négociations entre les États-Unis et Cuba sur un emprunt sérieux» 12 . Ceci se réduisait essentiellement à une équation entre le pouvoir de la stabilit é économique et celui de la stabilité politique . Smith résume la Diplomati e du Dollar en termes de «remplacement des balles par Dollars» pour l a poursuite des intérêts américains avec des moyens autre que militaires . La décision de permettre l'indépendance cubaine était carrément une décisio n économique . Tant que les intérêts économiques américains étaien t
préservés, les États-Unis semblaient vouloir accepter le risque d'u n
11
spectre d'inégalités politiques entre les îles . Les faillites de nombreuse s interventions directes suggèrent ce qu'on pourrait appeler les limites de s bénéfices apportés par l'impérialisme.
Le premier mandat du Président Wilson a marqué un changemen t important de cap dans la politique de deux administrations qui l'on t
précédé . Ceci consiste sans doute à la mise en question pour la premièr e fois de l'amendement Platt ainsi que l'idée d'impérialisme indirect .
Plusieurs cubains à l'époque considéraient le traité en tant que ma l
nécessaire, mais après la première guerre mondiale, et pendant les anée s 1920, les historiens ont argumenté qu'il devrait être abandonné ou, a u moins, modifié . Ceci s'est passé enfin en 1934, quand Franklin Roosevelt a été élu et le traité lui-même a été révoqué en faveur d'une «politique de bon voisinage» . Mais, pendant les années 1906, 1909 et 1912 les troupe s américaines ont été envoyées à Cuba pour l'arrêt de l'agitation politique . Sur ce fond Woodrow Wilson a gagné la candidature Démocrate à l a
Présidence et ainsi il est devenu le Président des États-Unis . Parmi le s politiques dont il a hérité se trouvait bien sûr l'amendement Platt qu i masquait mal une politique interventionniste envers Cuba, dans le bu t principal de maintenir un certain ordre politique dans l'hémisphère Ouest . L'historien Daniel Smith va jusqu'à décrire Wilson comme complètemen t dépourvu de sens de politique étrangère, et cela non seulement e n Amérique Latine et à Cuba mais aussi en Europe où la situation avant l a Grande Guerre semble lui avoir bel et bien échappé . Non seulement Wilson est entré dans l'exercice de ses fonctions présidentielles avec un e surprenante naïveté, mais le soir où il a inauguré son mandat il l'a mêm e confessé à un ami . Ce serait une ironie du sort, a-t-il dit, que d'avoir à s e concentrer sur la politique extérieure . En tant qu'ancien historie n
professionnel, scientifique, auteur de nombreux ouvrages et même ancie n président de l'Université Princeton, il est surprenant que les publication s de Wilson montrent très peu d'intérêt pour les affaires étrangères . Sur c e
fond, Wilson est entré dans la politique par la petite porte . Il faut aussi rajouter qu'il a hérité une politique cubaine fomentée par se s
prédécesseurs . Les administrations précédentes avaient en effet consolid é un intérêt purement américain, dans une présomption de pouvoir qu i
paraît s'exercer sur tout l'hémisphère Ouest 13 . Comme l'écrit Smith, quan d la première guerre mondiale approchait, et également en 1916, «Wilson a révélé lors de ses déclarations publiques répétées ses préoccupations pou r la sécurité nationale et, à long terme, la sûreté de l'Amérique Latine . Dan s ces discours, il a justifié l'augmentation de dépenses pour l'armée et l a marine, pour la protection du commerce américain en haute mer, et pou r éviter les dangers potentiels dans l'hémisphère Ouest»14. Smith affirm e aussi qu'en 1916 Wilson ressentait «la neutralité comme la position la plu s sage dans la course des États-Unis, et la paix sans victoire pour aucun e des parties belligérantes comme la seule variante dans la constructio n juste et stable d'un monde d'après guerre15» . Pendant la période avant la guerre, Wilson construisait un pouvoir militaire pour éviter les dange r futurs pour la sécurité nationale et la Doctrine Monroe . Cuba, une des plu s grandes îles des Caraïbes, ne pouvait être que le bénéfice d'une influenc e américaine dans l'hégémonie de l'hémisphère Ouest . Wilson était
préoccupé à cette époque par le Pacte PanAméricain, qui allait servi r comme base majeure de la future Ligue des Nations .
Le Pacte PanAméricain était un plan en deux étapes . Premièrement, Wilson envisageait un Pacte qui allait avoir un effet de catalyseur pour l e
libéralisme démocratique et la sécurité collective dans l'hémisphère Ouest, moyennant les exportations d'idéaux . Deuxièmement, il voyait u n
instrument légal par lequel les États-Unis allaient bénéficie r
économiquement et stratégiquement dans l'hémisphère pacifique, plus o ù moins au détriment des intérêts commerciaux et politiques européens . Ceci est le sens que Daniel Smith a donné à ce qu'il nomme le désir d e
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Wilson d' «élargir la Doctrine Monroe à la plupart des nations du monde »
16 Il y avait aussi, bien sûr, un coté néfaste à l'élargissement de l a
Doctrine Monroe . Comme le remarque Levin «Le désir effréné d'exporte r le libéralisme et de protéger les intérêts commerciaux et stratégique s américains de tout entrave européenne a conduit à des interventions armées pour le maintient de la stabilité s'» . Il y avait beaucoup de raison s pour souhaiter une stabilité politique en Amérique Latine, mais l a
principale était la motivation offerte par le profit commercial . C'est à ce moment là qu'une croyance en la justification d'une hégémoni e
commerciale partout ou les intérêts d'un pouvoir commercial prévalait , semble avoir gagné l'Administration Wilson . Plusieurs taches quotidienne s de la politique américaine pendant la présidence de Wilson étaien t
accomplies au niveau ministériel . Le secrétaire ministériel qui s'occupai t spécifiquement des actions impliquant Cuba était Robert Lansing . Wilson, en tant qu'ancien Ministre des affaires étrangères, a nommé Lansing e n
1915 . Baker avait fait le commentaire que la vision panaméricaine d e Wilson a été pervertie par les échanges au niveau du cabinet en général et par Lansing tout particulièrement . William Jennings Bryan, le prédécesseu r de Lansing, avait fait un effort remarquable pour l'indépendance cubaine , mais son successeur, Lansing, s'est retourné vers les politiques du pass é pour assurer la stabilité cubaine . En 1917 Cuba entrait en guerre au x cotés des Alliées. «Après la demande cubaine d'un emprunt de guerre , Lansing a utilisé ce levier pour obtenir un arrangement sur les demande s de la Compagnie Portuaire et les Voies Ferrées Cubaines» affirme Rober t Smith ss. Les politiques Américaines semblent à tout moment avoir été e t être toujours contrôlées par des motivations commerciales .
Pendant les nombreuses années où les États-Unis poursuivaient une tell e politique étrangère, il s'est développé à Cuba s'est vu développer un e accoutumance concernant ces interventions . Un exemple de cette
accoutumance est fourni par l'élection présidentielle de Mario Garci a
Menocal en 1912 . Un conservateur dans la politique, Mario Garcia Menoca l a annoncé ses intentions de se représenter en 1916 pour un nouvea u
mandat . Cela a provoqué une intense lutte pour le pouvoir entre libérau x et conservateurs dans ce pays . En dépit du désir pour l'indépendance , cette lutte rognait Cuba . Pendant cette dispute prolongée pour le pouvoi r entre les libéraux et les conservateurs, les deux parties ont utilisé le s
menaces d'une intervention américaine sous la couverture d e
l'amendement Platt. Cette politique était appliquée en effet depuis s i longtemps que les cubains eux-mêmes commençaient à l'utiliser dan s leurs combats internes, car elle était déjà une partie de leur constitution . La politique étrangère de Wilson commençait a être dépassée pa r
l'approche de la guerre . Ceci a eu l'effet de modérer les actions spécifique s concernant la politique cubaine . Même si la politique de Wilson pendant et après la guerre avait une base dans les nécessités de sécurité d e
l'hémisphère Ouest, son désir de rendre le monde plus ouvert à l a
démocratie était aussi un désir de promotion des intérêts commerciaux e t politiques américains . En 1918, le Diplomatie du Dollar à Cuba avai t
apparemment produit une stabilité à court terme, avec les perspective s d'assurer un développement pacifique et même une amitié pour les États - Unis dans ce pays . Le revers était d'avoir misé sur l'établissement des intérêts économiques bien ancrés dans les positions de pouvoir . Avec l e recul, on peut dire que dans la mesure ou l'égalité des chances dan s l'économie a été abandonnée à la faveur d'un intérêt institutionnel, le s graines de la Révolution Cubaine de 1859 ont été semées .
Il existe plusieurs manières de comparer les relations de l'administratio n Wilson avec Cuba avec celles de Franklin Roosevelt . Les deux
administrations avaient à faire avec le spectre d'une grande guerre en Europe qui allait changer leur politique extérieure . Elles étaient pourvues de secrétaires ministériels qui réglaient plus où moins indépendammen t leur politique cubaine. Elles voulaient l'expansion du pouvoir commercial
dans les zones de l'Amérique Latine . Finalement, Cuba a été désigné e comme étant vitale du point de vue militaire pour les intérêts américain s
par les deux administrations . Ainsi, les deux hommes avaient beaucoup e n commun dans leurs affaires avec Cuba . Au moment ou Roosevelt a été élu
Président, il avait peu ou pas du tout l'expérience nécessaire pour traite r les affaires étrangères américaines, tout comme le président Wilson . Au moment de l'élection de Roosevelt, le pays était dans une dépressio n sévère et le souci principal de Roosevelt était celui d'améliorer l'économi e et de remettre le peuple américain au travail . Comme l'a écrit Dallek, «les conditions internes et étrangères qui étaient réunies pendant les neu f mois qui ont suivi Juin 1933, l'ont rendu très peu soucieux des affaire s étrangères » i9 .
Cela veut dire que Roosevelt n'était pas impliqué dans les affaires
étrangères avec la même intensité qu'il déployait pour les affaires internes du pays, au moins vers le début de son mandat présidentiel . Cette
situation a changé dès que la deuxième guerre mondiale a entraîné le s États-Unis dans le coeur même du conflit . Là ou il y avait un intérêt
politique qui impliquait l'Europe, l'Amérique Latine où Cuba, la situation s e présentait comme si la seule raison pour l'intervention américaine était l e maintien de la position économique des États-Unis envers les autre s nations . Bien sûr en même temps, avec le soutien de toutes les nation s qui cherchaient l'indépendance, les États-Unis proposaient un concep t d'indépendance par rapport au système d'alliances qui avaient provoqué l a Grande Guerre . Leuchtenburg est allé même jusqu'à citer la déclaration d e Roosevelt de 1935 selon laquelle «N'importe quel changement apparaî t sur d'autres continents, les États-Unis seront et devront rester --- no n impliqués et libres» . 23 Ainsi la scène était prête pour la bataille entre le s internationalistes et les nationalistes dans le cabinet de Franklin Delan o Roosevelt . «Même si le secrétaire d'État américain, Cordell Hull, cherchai t à réduire les barrières commerciales», écrit Leuchtenburg, «les conseiller s
15
les plus proches---comme Raymond Moley et Rexford Tugwell-«les Brai n Trusters» étaient tous des nationalistes du point de vue économique, qu i croyait en la causalité interne de la dépression et qui cherchaient donc de s solutions sur place» . 21 C'est pour cela que la politique envers Cuba dan s cette période était plutôt tiède . Donc, comme Dallek l'avait observé, il y avait un «décalage entre les espoirs internationalistes et les action s nationalistes» 22 et celui-ci apparaissait d'une manière proéminente dan s la politique américaine envers Cuba . Avant même de commencer so n mandat, Roosevelt avait reçu un mémorandum de la part de son am i Sumner Welles, qui allait bientôt être nommé secrétaire d'État adjoint . Ce mémorandum informait sur la nécessité de ne jamais plus devoi r
intervenir militairement dans une république soeur . Ceci visait directement l'Amendement Platt qui affirmait «le droit des États-Unis d'intervenir pou r la préservation de l'indépendance cubaine, ainsi que le maintien de la vie , de la propriété et de la liberté individuelle» . 23 Avant l'élection d e
Roosevelt, (ou FDR, comme il était affectueusement nommé par le publi c
[ américain), il n'y avait aucune intervention militaire directe dans le s L affaires cubaines, durant toute l'administration d'Herbert Hoover . Ceci s e
passait sous l'amendement Platt. Tant que les citoyens américain s
n'étaient pas en péril et que les cubains étaient les seuls a souffrir sous l a dictature de Machado, les États-Unis renonçaient à intervenir . Dalle k continue en affirmant que «l'entrée de Roosevelt à la Maison Blanche a changé la politique cubaine» . 24 En 1933 le gouvernement Machado étai t renversé . FDR allait envoyer Sumner Wells en tant qu'ambassadeur à Cuba . C'est donc à partir de ce moment-là que la politique de FDR enver s Cuba commence à être le sujet de préoccupation de nombreux historiens . Dallek a affirmé que «Roosevelt a donné main libre à Well s
immédiatement . Avec son soutien , le projet de Wells concernant l a
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C manière de traiter les crises cubaines a reçu l'approbation» 25 .
Leuchtenberg a écrit que FDR avait initialement envoyé une trentaine d e navires de guerre en tant que démonstration de force américaine mais a renoncé à approuver les interventions militaires à Cuba . L'historien Dallek décrit cette politique de FDR en termes de confusion : «Bref, quand le
Président a rejeté une intervention militaire à Cuba, il a aussi pensé qu e l'intervention dans les affaires cubaines était justifiée par les nécessités d e la politique interne américaine et par la préservation du concept de Bo n Voisinage» 26 Cuba semble avoir été pris à ce moment-là entre de s
politiques américaines contradictoires . Les États-Unis sous FDR voulaien t influer les événements à Cuba, mais en même temps les États-Uni s avaient un objectif de longue durée en ce qui concerne l'abandon d e l'impérialisme .
Après la fin du régime Machado à Cuba, le président Carlos Manuel d e Cepedes choisi par Wells a été renversé par les militaires qui ont amen é au pouvoir le docteur Ramon Grau . Mais, ainsi que Wells l'avait exigé, FD R a tardé de reconnaître le nouveau régime Grau . Le nouvea u
gouvernement allait être renversé également au début de l'année 1934, e t le régime Grau a accusé directement les États-Unis de sa chute . C'est à partir de ce moment-là que la politique américaine est susceptible d'êtr e regardée de deux manières différentes . Une est la direction de l'intérêt économique propre des États-Unis que Roosevelt voulait préserver à tou t moment dans toutes les relations avec Cuba . L'autre est le dépassemen t par les soucis internes de l'économie américaine de tout autre critère dan s les relations cubano-américaines . Roosevelt avait aussi compris que l e prestige américain allait être entamé par toute tentative de contrôl e extérieur des affaires internes cubaines . Les historiens Dallek et Leuchtenburg pensent tous les deux que ces différentes manière s
n'étaient pas mutuellement exclusives . Dallek continue en se concentran t sur le désir de FDR de démêler les États-Unis du bourbier cubain construi t
1 7
t par l'affaire Wells . Le débarquement de troupes à Cuba et même l'imag e des États-Unis en tant qu'interventionniste commercial étaient contre -
productives dans la poursuite du nouvel objectif américain de longu e durée, celui de présenter un nouveau visage dans la coopératio n
interaméricaine et le commerce sur le continent . Roosevelt était désireu x de raviver le commerce des États-Unis avec l'Amérique Latine, qui s'étai t maintenant réduit à un quart de ce qu'il représentait seulement quatr e années auparavant . Ce qui est plus important, toute intervention direct e ou toute immixtion reconnue allait provoquer un torrent de protestation s aux États-Unis, et partout dans l'Amérique Latine, et par conséquen t l'attention et l'énergie de l'opinion publique pouvait s'en ressortir divertie . 1 Mais Leuchtenburg a une opinion différente en ce qui concerne l'affaire t Wells, affirmant que celle-ci avait déjà endommagé le prestige américai n
et que FDR allait finalement décider d'une politique de long terme qu i abandonnait l'intervention à Cuba . Un exemple de ce comportement es t fourni par la crise de 1933 lorsque Wells voulait que FDR intervienn e
militairement . Roosevelt s'est rendu compte que toute interventio n
qualifiée par une politique bien formulée allait porter un préjudice durabl e au prestige des États-Unis . Leuchtenburg affirme que : « la politiqu e
cubaine de Roosevelt a intensifié la méfiance envers un président qui avai t été chauvin dans les crises mexicaines de l'ère de Wilson et qui avai t
auparavant revendiqué avoir rédigé la constitution de Haïti » 27 Pourtant , avant même la démission de Grau, Roosevelt se dirigeait dans une autre direction . À Montevideo en décembre 1933, Cordell Hull a voté pour l a proposition de non-intervention dans les affaires internes d'aucun État . Quelques jours plus tard, Roosevelt a encore une fois renoncé, et d'un e manière sans équivoque, à la politique de l'intervention armée . Ceci devai t préparer le terrain pour l'abandon total de l'amendement Platt. En ma i 1934, l'amendement Platt a été annulé par un accord mutuel cubano- américain . Cela se passait en première année de l'administratio n
2 6 27
Roosevelt . Ainsi les États-Unis ont fait carrément volte-face dans leu r politique cubano-américaine . Lorsque FDR a commencé son mandat, le s États-Unis étaient sur le point de mener un conflit armé avec Cuba, qu i était déjà, à ce moment-là, un pays indépendant . Et seulement une anné e après, les États-Unis ont commencé a appliquer la politique du Bo n
Voisinage, qui, assez ironiquement, a été conçue par Sumner Wells lu i même . Cette politique, en effet, traitait les nations de l'Amérique latine e n tant qu'associés internationaux à part entière . Les Etats-Unis avaien t renoncé à l'intervention militaire, mais non à la politique d'immixtion dan s les affaires politiques en Amérique latine . La propagande étai t
particulièrement effrénée, car la deuxième guerre mondiale est apparu e particulièrement et indistinctement plus importante dans les deu x
hémisphères . L'historien Hanes continue de noter que sous les conseils de Nelson Rockefeller, l'administration a développé un programme pour pare r les effets des puissances de l'Axe en Amérique latine . Le FBI entraînait d'une manière régulière la police secrète des nations déclarées amies de s États-Unis et l'aide américaine supplantait l'aide des nations de l'Axe . L'Amérique couvrait aussi l'Amérique latine avec une propagande pro - Américaine . Pendant les administrations de Wilson et de Roosevelt, il y avait une espèce de longue marche vers une politique de non-interventio n dont Cuba allait être la première bénéficiaire . Beaucoup d'américain s n'étaient pas d'accord avec la Politique de Bon Voisinage, surtout quan d celle-ci entrait en conflit avec leur vision sur le sort de l'Amérique latine . Beaucoup des leaders catholiques se plaignaient de toutes les activité s anti-cléricales au Mexique, alors que parmi les libéraux il y avait des voi x objectant le fait que cette politique sanctionnait les dictatures dangereuse s d'une région sous-développé, l'Amérique latine. La continuation de la
politique de Roosevelt envers Cuba pourrait être considérée comme un e marche lente mais sûre vers un point d'arrêt des tendances impérialistes . Ces tendances ont dominé la politique américaine lorsque Theodore
Roosevelt est devenu président, quelques 35 ans auparavant .
1 9
( Avant de passer à la discussion de l'administration Kennedy il es t
t nécessaire de discuter brièvement la politique de ses prédécesseurs . Après la mort de Roosevelt et le début de l'administration Kennedy, le mond e était en guerre et Cuba participait à cette guerre du côté des Alliés . Un e Amérique latine stable, ainsi qu'un état cubain stable étaient des objectif s importants pour les États-Unis . En 1940 le général Batista a été élu e n tant que 14 éme président cubain . Batista, à l'époque, avait formulé l a
Constitution de 1940 . Celle-ci allait enfin établir un équilibre parmi le s riches et les pauvres de l'île, ouvrant la voie pour plusieurs réformes . Ainsi, Cuba rejoignait les Nations Unies en 1945 . Ceci était un gran d moment dans les relations américano-cubaines . Plusieurs présidents de s États-Unis ont visité l'île à cette époque . Vers les années 1950 Cuba étai t devenu un paradis touristique pour les riches américains et un endroi t privilégié pour les rencontres de la pègre . Cuba était envahi de Casinos , d'hôtels de luxe et de spectacles sulfureux . Cuba est devenu également u n terrain d'amusement pour les riches étrangers . Mais alors même que le s stars américaines, les politiques et les criminels dansaient à la Havana, le reste de la population luttait pour vivre .
Pendant l'administration Eisenhower, surtout au début, les États-Uni s soutenaient le gouvernement Batista ainsi que les deux présidents qu i l'ont suivi . Mais en pleine période électorale, le 10 mars 1952, Batista a pris le pouvoir par un coup d'État sans verser le sang . Les élections, qu i devaient se dérouler seulement trois semaines après, ont été annulées . Batista, qui était de toute manière en position de perdre les élections , conduisait avec une main de fer le destin de Cuba . La dictature était sévère et tous ceux qui s'opposaient à Batista étaient mis en prison . En 1953, un jeune homme, a peine sorti de l'université, deux ans
seulement après avoir fini ses études de droit, s'est présenté aux élection s en tant que candidat de la part du parti orthodoxe . Mécontent de l a
dictature de Batista, Castro a tenté de renverser le régime du général,
C toujours en 1953 . Arrêté, il est jeté en prison pour 15 ans . Mais un e amnistie générale allait le libérer en 1955 . Castro a attendu deux ans , ramassant une véritable armée qui a lancé sa première attaque en 1957 . A cette époque, les entreprises américaines réalisaient des profits annuels de 77 millions de dollars, en employant moins de 1% de la population d e l'île . Vers la fin des années 1950, le capital américain contrôlait 90% de s
mines cubaines, 80% des utilités publiques, 50% de voies ferrées, 40% d e la production de sucre et 25% des comptes bancaires à Cuba .
Mais la révolution était lancée et Castro, avec Che Guevara et Camill o Cienfuegos entraînaient les rebelles contre le régime de Batista . En 1958 , au début de l'année, Batista a reçu un million de dollars en aide militair e de la part des États-Unis, alors que son armée était entraînée par un e
mission américaine conjointe formée par les trois branches militaires de s États-Unis . Mais malgré tout, au
i
er Janvier 1959 Havana tombait sous l e contrôle des forces révolutionnaires et Batista s'envolait avec tout s a famille vers les États-Unis, à bord d'un avion . La constitution a été vit erétablie par Castro, dès Février 1959 et les réformes ont commenc é a u ssitôt28.
La prise du pouvoir par Castro a été initialement bien reçue par l a
communauté internationale, et proclamée par toute la population de l'île . Il était évident que ce gouvernement allait restaurer la démocratie aprè s la corruption qui avait dominé la nation auparavant . Mais la régime a commencé la consolidation systématique de ses bases de pouvoir pa r
l'élimination de l'opposition . Il a confisqué les propriétés de terrains et le s moyens de production . Les "modérés" ont été forcé de joindre Castro o u de s'en aller à l'étranger, ce qui fait que des milliers de cubains ont quitt é
leur patrie et ils continuent même aujourd'hui . En février 1961, le premie r adjoint du premier ministre russe visite Cuba . Des emprunts, les offres d e commerce, et l'aide technologique chinoise et des pays satellites du bloc
soviétique suivent . Au printemps 1961 Castro déclare d'une manièr e formelle que la révolution cubaine est socialiste et que lui-même est u n Marxiste- Léniniste .29
Comme il y avait dans le nouveau gouvernement de Castro un certai n nombre de critiques, qui n'aimaient pas l'influence communiste au sei n même du régime révolutionnaire, beaucoup d'entre eux ont été mis e n prison ou devant les pelotons d'exécution . Eisenhower, qui était encore l e président des États-Unis à l'époque, a rompu toute relation diplomatiqu e avec Cuba dès 1961, le 3 Janvier, quand Castro avait accusé l'ambassad e américaine d'être le siège de toutes les activités contre-révolutionnaires . La suppression des importations de sucre et un embargo commercial tota l sur les exportations américaines à Cuba ont sérieusement endommag é l'économie cubaine . Le tournant pris par Castro vers le communisme a posé de sérieux problèmes au pays du continent américain . Castro a critiqué les États-Unis lors de ses longs discours devant la population à Cuba et aussi dans ses messages à l'Assemblée des Nations Unies, e t l'Organisation des Pays d'Amérique . Il a accusé les États-Unis pour le s projets d'invasion de l'île . Les citoyens américains ont souffert plus qu e ceux des autres pays étrangers pour leurs avoirs confisqués et leur s propriétés nationalisées, car ils étaient les principaux investisseur s étrangers à Cuba . Les promesses cubaines de dédommagement ont été largement ignorées . Ceci était le cours politique entre les États-Unis et Cuba alors que John F Kennedy devenait le président des États-Unis e n
1962 .
L'administration Eisenhower avait déjà en projet une action ouverte contr e Cuba, dont une partie incluait l'utilisation d'une campagne de propagand e menée pour renverser le régime de Castro . Ce plan a été mis en oeuvre avec ce qu'on a nommé l'invasion de la Baie des Cochons . Vers le
printemps 1960 Eisenhower a approuvé un plan qui comprenait l'envo i
29
d'un certain nombre d'exilés cubains au Guatemala, où ils allaient êtr e entraînés par la CIA dans le but de renverser Castro . Même après l'élection de Kennedy en tant que président des États-Unis, le proje t
continuait . Mais à l'automne il a été complètement changé en incluant un e invasion complète par les forces aériennes américaines, dotées d'avion s américains pilotés par les exilés cubains . Le nouveau projet a été expédi é de manière à perdre la précision de ces détails . L'invasion a commenc é effectivement le 15 avril 1961 avec le bombardement de Cuba par de s effectifs qui paraissaient être des déserteurs de l'aviation cubaine . Environ 1300 hommes, des exilés cubains lourdement armés par les américains , ont été débarqués le 17 Avril 1961 vers 02 :00 heures du matin .
Le fiasco était total, et l'invasion ne s'est pas produite du tout car l'armée de Castro l'a bel et bien arrêtée . Les troupes débarquées attendaient u n soutien de la part de la population cubaine qui ne les a jamais aidé . Vers 03 :00 du matin le même jour, Castro apprenait les nouvelles d u
débarquement et réagissait aussitôt . Ses forces aériennes on t
immédiatement manifesté leur supériorité sur les envahisseurs . Peu d e temps après le débarquement à Cuba, Kennedy a reçu une lettre d e
Kroutchev . Faisant part de l'étonnement des Russes face au secret d e Polichinelle : les bandes armées qui tentaient une invasion de Cuba était e n fait armées et entraînées par les États-Unis . La lettre affirmait qu'il n'étai t peut-être pas trop tard pour éviter une crise majeure si les États-Uni s décidaient de se retirer rapidement . L'invasion de la Baie des Cochons a été un insuccès retentissant de la CIA, qui n'a pas su gérer, planifier e t modérer l'excès de confiance dans l'issue planifiée . La faillite de la CIA a été aussi celle d'un jeune président et de ses conseillers . De plus, le fiasco de la Baie des Cochons a intensifié les tensions entre Cuba et les États - Unis.
Les raisons de Kennedy pour continuer un plan d'invasion faillible étaien t nombreux . . . Il avait fait campagne électorale contre Cuba . Il avait cru
qu'une retraite rapide allait faire apparaître les États-Unis en position d e faiblesse devant le monde . Enfin, il avait espéré ne pas être obligé à fair e volte-face devant une promesse électorale qui l'a aidé à devenir président .
Malheureusement cette invasion manquée a ouvert une nouvelle voie dan s la confrontation entre les États-Unis et Cuba, qu'on a appelé la Crise de s Missiles Cubains . Comme les paroles de Che Guevara étaient prophétique s
! Celles de Castro étaient fortes ! En effet, juste après la révolution d e 1959 leur déclaration a été celle-ci : "Pour gagner quoi que ce soit, il fau t le prendre, l'enlever à quelqu'un . Ce "quoi que ce soit" est la souverainet é de notre pays . Elle doit être prise à quelqu'un, qui est ici le monopol e étranger . Même si les monopoles en général n'ont pas de patrie, ils on t quelque chose en commun : tout monopole étranger sur le territoire cubai n ayant fait des profits sur la terre cubaine, a des relations étroites avec le s
États-Unis . En d'autres termes, notre guerre économique sera men é contre la grande puissance qui se trouve au nord i30
Comme ceci s'est avéré exact ! Castro contemplait déjà une nouvell e manière de faire un bouclier autour de Cuba . Craignant une autre invasion, il s'est retourné vers l'Union Soviétique .
Le 22 Octobre 1962 le président Kennedy annonçait à la télé et dans de s discours prononcés à la radio que les photos prises par les avions d e reconnaissance montraient des sites en construction pour les missile s nucléaires soviétiques . Les missiles, déjà installés, avaient un rayo n
d'action de 1000 miles (1,600 kilomètres) et les nouveaux sites qui étaien t en construction pourraient cibler toute l'Amérique continentale, à
l'exception de l'Oregon et de l'État de Washington . Il a fait part aux citoyens américains du fait que les soviétiques avaient amené avec eu x des avions susceptibles de bombarder le territoire américain avec l'arm e atomique . Kennedy a affirmé que la présence de ces armes constituen t une menace envers les nations de l'hémisphère Ouest et violaient le trait é
30
{ de Rio de 1947 . Il a demandé le retrait des missiles et des bombardiers et a annoncé que les États-Unis allaient imposer un contrôle de tout navire transportant des équipements militaires à Cuba . Il a aussi menacé l'Unio n Soviétique déclarant que tout acte agressif de la part de Cuba allait être regardé comme une attaque soviétique directe contre laquelle il répondr a avec l'arme atomique . Alors que l'opinion internationale ressentait l a
tension qui montait, les États-Unis se préparaient à la guerre . Un échang e vif de lettres se passait entre Kennedy et Kroutchev . Robert Kennedy, qu i était Procureur général des États-Unis rencontrait secrètemen t
l'ambassadeur russe . Finalement, le 26 Octobre 1962, Kennedy recevai t une lettre de Nikita Kroutchev, le premier soviétique, qui indiquait so n accord pour le retrait de toute missile soviétique de Cuba si les États-Uni s s'engageaient à ne pas envahir Cuba et à retirer les missiles stratégique s de Turquie . Plusieurs historiens considèrent que la Crise des Missile s Cubains est celle où le monde s'est rapproché le plus d'une guerr e
nucléaire . De plus en plus, Cuba et Castro allaient devenir l'enjeu sur un e scène mondiale dominée par une rivalité bipolaire entre les États-Unis et l'Union Soviétique . Vers la fin de 1963, le 17 Novembre, le présiden t Kennedy priait le journaliste français Jean Daniel de transmettre à Fidel Castro le fait qu'il était prêt à négocier la fin de l'embargo et
l'établissement des relations normales . Selon Pierre Salinger, ancie n premier secrétaire de presse, "si Kennedy avait pu survivre, je crois qu'i l aurait négocié un accord avec les cubains et qu'il aurait renoncé à
l'embargo parce qu'il n'était pas d'accord avec la manière dont le s soviétiques se servaient de Cuba et de l'Amérique latine pour renforcer leur présence" 31. Mais, le 22 Novembre 1962, le Président John F .
Kennedy était assassiné et avec sa vie s'envolait toute chance de voir un e normalisation de relations avec Cuba . Ainsi, Castro commençaient un e autre longue marche, celle de la transformation de Cuba en une sociét é
"égalitaire" . Ses objectifs étaient maintenant d'attaquer "les institutions , les idées, les relations et les privilèges bourgeois" et ainsi d'arriver à l a
25
nationalisation de toute société privée . Par conséquent, une longu e
r
période de conflits et de mécontentement allait commencer dans le s 1 relations cubano-américaines .
Du point de vue politique, dans la perspective américaine, la contributio n de Cuba à la guerre froide était seulement un °subrogé" d e
l'expansionnisme soviétique . Dès 1960 les efforts cubains d'"exportation "
de la révolution en Amérique latine, l'envoi de troupes cubaines e n Afrique, ses activités dans le mouvement des pays non-alignés, en fai t toutes les initiatives internationales émanant de Cuba, étaient analysées
par les États-Unis en termes d'avantages stratégiques qui pourraien t s'offrir à l'Union Soviétique . Bien gré mal gré, les États-Unis et Cuba on t été verrouillés dans ce genre de politique pour 30 ans à venir . Les États- Unis ont vu en Castro l'instrument par lequel les soviétiques allaien t propager leur style de communisme à Cuba et en Amérique latine . Cela est devenu une course entre les idéologies respectives des grande s puissances . Mais les États-Unis sont toujours verrouillés dans le mêm e embargo que celui institué dès 1963, alors que l'Union Soviétique n'exist e plus . Les relations cubano-russes sont altérées dramatiquement et l e l communisme est en retrait dans le monde entier . Aujourd'Hui les
différences idéologiques, les politiques et les pratiques entre les deux pays apparaissent aussi importantes, dans le sens inverse, que celles de s
années 1960 .
Après la fin de l'aide soviétique en 1990, l'économie cubaine a connu le s années de vaches maigres . Mais Castro s'est entêté à persister dans l a
politique communiste . Les mauvais résultats de l'économie ont produit u n afflux de 20,000 réfugiés cubains pour l'été de 1994 . Ils avaient été
recueillis en haute mer et renvoyés par les américains à leur base naval e de la baie de Guantanamo . Un accord est parvenu à limiter ce nombre à
20,000 immigrés aux États-Unis par an, en échange de l'augmentation de s efforts par le régime Castro pour limiter la migration illégale . Vers février
26
f
1996, répondant à la destruction de deux avions américains non-armés, l e Président Clinton a signé une loi qui évoluait de l'amendement Helms - Burton, prévoyant le renfort de l'embargo américain dans les Caraïbes . Dans ce cadre légal, les cubains immigrés aux États-Unis sont en droit d e faire des procès dans les cours de justices américaines pour obtenir leu r propriété saisie par Castro lors de sa prise de pouvoir en 1959 . De plus, i l sera impossible aux investisseurs étrangers qui réclament les propriété s expropriées de rentrer aux États-Unis . Tous les produits à base de sucre à canne cubain seront banni du marché américain . Les promoteurs de cette ( loi espéraient que la suite de l'embargo contre le régime Castro allai t [ conduire le pays vers le chaos et la fin du régime communiste . "Le vra iobjectif de cette loi n'est pas celui de promouvoir un soi-disan t
gouvernement démocratique à Cuba" affirmait Miguel Nunez, le premie r secrétaire et le chef adjoint de la Cuban Interest
Section
à Washingto nD .C . 32 « . . . Il est celui de monter la pression contre nous-mêmes, pou r vérifier si un gouvernement en place à Cuba accepte les diktats d e Washington . Cela ne se produira pas . Cette situation a été conclue e n
1959"» . 33
Avec le temps, les conditions pour en finir avec l'embargo ont évolué , devenant plus difficiles et plus exigeantes, au fur et a mesure que la fin d u siècle s'approchait . Les points principaux, tels qu'ils faisaient écho à
l'administration Bush/Reagan, demandaient 1) que Cuba montre plus d e respect pour les droits de l'homme et 2) que les troupes cubaines soien t retirées d'Afrique, ou elles étaient stationnées depuis 1975 .
Le Helms-Burton Act stipulait que tout gouvernement cubain qui inclurai t Fidel Castro ou son frère, Raoul, ne serait plus acceptable pour les États- Unis . Avec l'adoption de Helms-Burton Act comme loi, il sera plus difficil e d'arriver à une solution pacifique pour régler les différents commerciaux entre les États-Unis et Cuba, car il est désormais nécessaire de réunir les
27
deux tiers du Congrès pour enlever l'embargo . Un des obstacles principau x contre l'embargo est l'influence terrible qu'exerce la Cuban-America n
National Foundation (CANF) . Ce groupe est formé de la branche la plu s riche des exilés cubains aux États-Unis qui constitue un des réseaux d e lobbies le plus puissant des États-Unis . Tout aspect de la politique cubano- américaine est entravé par la puissance de la CANF . Il existe un e
spéculation selon laquelle Mas Canosa, le leader défunt de la Cuba n American National Foundation dictait la politique cubaine des États-Uni s jusqu'à sa mort en 1997 . Castro appele la CANF une "associatio n
mafieuse" et d'autres la nomme une dictature aussi dépourvue d'humanit é que celle en place à Cuba, bien qu'idéologiquement ils soient opposés . Mais beaucoup de ceux qui ont vécu sous l'ancien régime cubain se meurent . La nouvelle génération de cubains nés aux États-Unis, n'on t aucun souvenir de Cuba . Ceci va changer la manière même de regarde r Cuba aux États-Unis et parmi les cubano-américains . Plus de 40,00 0 cubains ont quitté l'île dans les dernières années et un million se sont fai t
enregistrer dans une loterie organisée par le gouvernement américain qu i i offre 20,000 visas par an . En Janvier 1999, après la visite historique d u
souverain pontife Jean-Paul II, qui a exigé que "le monde s'ouvre à Cuba "
le président Clinton a annoncé de nouvelles mesures "qui démontrent l a compassion des États-Unis pour le peuple cubain, notre intérêt profon d dans la construction de liens entre les citoyens des deux nations, et notr e détermination à offrir un espoir pour la lutte du peuple cubain" .34 Le
sécrétaire d'État américain Madeleine K . Albright a souligné que "notre bu t est celui d'encourager le développement à Cuba des activités pacifiques e t civiques qui sont indépendantes du gouvernement et qui vont aider l e
peuple cubain se préparer pour le jour où leur pays sera de nouvea u libéré . 35 La secrétaire Albright a mis en évidence les mesures suivantes :
L'expansion de versements par l'octroi du droit pour chaque résiden t américain d'envoyer des sommes d'argent limitées à chaque famill e
3 4 35
cubaine, individuellement, ainsi qu'aux organisations indépendantes d u gouvernement . L'expansion du réseau de contacts individuels entre le s deux pays sera effectif, moyennant les échanges académiques ,
athlétiques, scientifiques et autres, y compris l'accélération du processu s par lequel les visas sont accordés pour ces visites . Les ventes de
nourriture et les conseils agricoles octroyés aux entités non -
gouvernementales indépendantes seront autorisées, tout comme celle s visant les groupes religieux et le secteur privé naissant à Cuba, tel qu e celui des restaurants familiaux et les fermes privées . Enfin, l'autorisation s ( pour les vols commerciaux vers d'autres villes cubaines que Havana et à l partir d'autres villes américaines que Miami, dans le but d'accélérer l a ( réunification familiale pour les personnes vivant en dehors de ces ville s t sera accordée . La sécrétaire d'État américaine Albright a répété l'idée qu e
ces étapes %% ne sont pas désignées ou projetées dans le but d'altérer no s relations avec le gouvernement cubain" mais considérées dans leu r ensemble, elles sont les marches d'un escalier par lequel "notre effor t d'atteindre le peuple cubain sera avancé" . Les anciens secrétaires d'Éta t américains Henry Kissinger et Lawrence Eagleburger ont prié le Présiden t Clinton de bien vouloir autoriser la création d'une commission bipartisan e pour P analyse objective de la politique américaine envers Cuba . Ils ont aussi été rejoints par l'ancien secrétaire d'État à la défense Frank Carlucc i et l'ancien leader de la majorité républicaine au Sénat, Howard Baker . Selon ces personnalités, une étude compréhensive de cette issue n' a jamais été conduite depuis 1960 . Mais la CANF s'oppose à tout e
proposition de ce genre, et Clinton a arbitré contre cette proposition pou r des raisons inconnus . La dernière bataille entre les États-Unis et Cuba es t menée pour Elian Gonzales, un garçon de 6 ans . Il a été sauvé en dernièr e instance sur une enveloppe gonflable flottante ou il était le dernie r
survivant d'un voyage illégal vers les États-Unis, en Novembre 1999, à l'issue duquel sa maman et son beau-père se sont noyés . A présen t
habitant chez son oncle à Miami, et bénéficiant d'un torrent de cadeaux e t
1 cubaine est d'avis que les États-Unis devraient aider à l'accomplissemen t du voeu de sa mère défunte et rester aux États-Unis pour recevoir un e meilleure éducation, les soins médicaux et les libertés américaines, etc . Mais, selon la loi américaine qui favorise les droits parentaux, la U .S .
Immigration and Naturalization Service (INS), a décidé que l'enfant devai t retourner chez son père naturel à Cuba . Cette décision est soutenue par l e Président Clinton et l'Attorney General (procureur général) Janet Reno . La controverse est enflammée par les résidents cubains de Miami qui on t menacé de bloquer l'aéroport international de Miami si le petit n'est pa s autorisé a rester aux États-Unis, tandis que Fidel Castro et un million d e Cubains protestent, attendant l'enfant sur l'île .
Cuba a été confronté durant les huit dernières années avec les difficulté s issues d'une perte de taille, celle de son plus important partenaire
commercial, la Russie . Ceci s'ajoute à la difficulté de survivre à l'embarg o sponsorisé par les États-Unis pendant les quatre dernières décennies .
L'objectif courant de Fidel Castro est l'amélioration de l'économie cubain e par l'augmentation de l'influx de devises étrangères alors que la structur e économique devrait être préservée dans ses grandes lignes socialistes . Par conséquent, le tourisme international est devenu la source principale d e
revenu pour Cuba, en dépit des lois américaines interdisant aux citoyen s des États-Unis de dépenser leur argent sur l'île . Pour la promotion d u tourisme le gouvernement a alloué des fonds permettant la constructio n d'hôtels, des magasins en devises fortes et des routes . Les cubains qu i
n'étaient même pas autorisés à manipuler les devises étrangères il y a à peine quelques années, ont maintenant leurs propres hôtels et restaurants à leurs domiciles et utilisent leurs automobiles comme taxis privés, tan t qu'ils sont enregistrés et paient leurs impôts . Le reste de la populatio n travaille dans les institutions publiques payés par le gouvernement entre 6 et 30 dollars par mois . Pour survivre, le troc fleurit parmi ces couches d e
la population de l'île qui s'adonnent aussi aux affaires alternatives, tel que
la prostitution, le marché noir et d'autres opérations illégales . Ceci est l e coût de l'embargo, pour les États-Unis et surtout pour Cuba . L'embarg o prive les États-Unis d'un partenaire commercial important situé à
seulement 90 miles de ses côtes alors que des marchés lucratifs son t accaparés par les sociétés européennes, canadiennes et sud-américaine s qui défient l'embargo dicté par les américains . L'estimation du commerc e cubano-américain a été faite pour environs 3 milliards de dollars par an , une fois l'embargo levé . L'embargo encourage aussi l'immigratio n
clandestine aux États-Unis dans des conditions dangereuses qui mènen t souvent à la mort. Beaucoup parmi les partenaires commerciaux de s États-Unis ont invoqué l'article III de la Helms-Burton Act en tant qu e violation des lois internationales . Pour la septième année consécutive , l'assemblée générale des Nations Unies a recommandé l'arrêt d e l'embargo. il est vrai, l'embargo fournit une excuse commode pour l e régime de Castro qui peut blâmer les États-Unis pour ses propres défaut s et envoyer au peuple cubain un message qui fait froid dans le dos ,
prétendant que les États-Unis sont toujours l'ennemi .
En Octobre 1998 l'ancien leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev a déclaré :
«La guerre froide est finie . Le processus démocratique avance partou t dans l'ancienne Union Soviétique, en Amérique latine, en Amériqu e centrale, et en l'Europe de l'est, et il me semble que seul Cuba paraî t s'isoler de ce processus par l'embargo . Il se pourrait que l'embargo soi t
même à l'avantage de certains parmi le peuple cubain qui voudraient avoi r un ennemi dans le but de restreindre le processus de démocratisation . Je crois que le temps est venu pour abolir cette politique américaine devenu e désuète d'un embargo contre Cubafr3 6
En juillet 1959, peu de temps après la révolution cubaine, le journalist e américain Walter Lippman a énoncé une vérité qui semble auss i
percutante aujourd'hui qu'elle l'était à l'époque . °La seule chose que nou s
1 31
ne devons jamais faire dans nos agissements avec les pays en révolution , qui semblent être de plus en plus nombreux, est de ne pas les place r derrière un rideau de fer soulevé par nos soins . Par contre, même lorsqu e ces pays ont été séduits et pervertis et menés en bateau au delà du poin t de non-retour, la seule chose qui nous reste à faire est de laisser la port e ( ouverte pour leur retour"37 Fidel s'est préparé pour quitter la scène e n 1 laissant son frère Raoul comme successeur . Il prédit que même à so n
départ, peu de choses vont changer. Entre temps, comme toujours depui s 40 ans, les États-Unis se préparent pour l'aide à Cuba lors de so n
"inévitable" transition vers un gouvernement démocratique .
L a
W
37
1
Nicholas J . Spykman, The Geography of the Peace (New York, Harcourt , Brace, 1944), p .41 .
2
Mckinley's War Message (Chicago : Encyclopedia Britannica, Inc ., 1968) . 3
Ibid . 4
Robert Freeman Smith, " Cuba : Laboratory for Dollar Diplomacy, 1898 - 1917," Historian 28 (April 1966) -. 586 .
5
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