Séquence 6 "Traces de soi" (EPI) : Autoportrait et autobiographie Français 3ème / Cycle 4 Séance 3 : Le pacte autobiographique Lecture
Compétence LIRE 1 : Mobiliser des références culturelles pour interpréter les textes Compétence LIRE 2 : Élaborer une interprétation de textes littéraires
Textes 2 et 3 : Le pacte autobiographique selon Montaigne et Rousseau
1. A qui s‘adressent Montaigne et Rousseau ?
Les deux auteurs s’adressent au lecteur. C’est évident avec Montaigne puisqu’on trouve l’apostrophe « Au lecteur ». On le devine avec Rousseau car il s’agit d’un extrait du « préambule » de son autobiographie : c’est une introduction qui permet d’expliquer son projet au lecteur.
Séquence 6 "Traces de soi" (EPI) : Autoportrait et autobiographie Français 3ème / Cycle 4 2. A quoi s’engagent-ils ? Relevez des citations pour appuyer votre réponse.
Tous deux s’engagent à se représenter le plus fidèlement possible et donc à dire la vérité sur leur vie.
Montaigne : « un livre de bonne foi » (l.1), « Je veux qu’on m’y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention ni artifice : car c’est moi que je peins. » (l.10-12)
Rousseau : « Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature » (l.2- 3), « avec la même franchise » (l.12), « je me suis montré tel que je fus » (l.16), « je n’ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon » (l.12-13).
3. Quel est le but de Montaigne en écrivant son autobiographie ?
Le but de Montaigne, en écrivant son autobiographie, est de laisser une trace, un témoignage de sa vie à ses proches afin qu’ils puissent se souvenir de lui, une fois mort, et leur permettre de le connaître encore mieux en découvrant des aspects de sa vie qu’ils ne savaient peut-être pas. Son autobiographie est donc destinée à son entourage personnel : « je ne m’y suis proposée aucune autre fin que domestique et privée » (l.2).
4. Quel est le but de Rousseau en écrivant son autobiographie ?
Rousseau, quant à lui, veut servir d’exemple aux autres hommes : son autobiographie doit avoir valeur d’exemple, de modèle, et témoigner de ce qu’est un homme : « Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. » (l.3) Selon vous, Rousseau est-il narcissique en écrivant cela ?
5. Quelle difficulté a gêné Rousseau lors de l’écriture de son autobiographie ? Comment a-t- il dépassé cette difficulté ?
Rousseau reconnaît bien volontiers que, lors de l’écriture de son autobiographie, il a été confronté au « vide occasionné par [son] défaut de mémoire » (l.14-15). En d’autres termes, à certains moments, il a été confronté à des trous de mémoire, à l’incapacité de se rappeler tel ou tel épisode.
Mais, plutôt que de passer sous silence cet oubli, il avoue avoir imaginé ce qui avait pu se passer en employant « quelque ornement indifférent » (l.14). Rousseau respecte-t-il le pacte autobiographique ? Pas sûr ! Normalement, il doit dire la vérité et seulement la vérité. Or, ici, on voit qu’il s’arrange avec elle. Il essaie de se justifier en indiquant : « j’ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l’être, jamais ce que je savais être faux » (l.15-16). Un demi-mensonge ? Dans tous les cas, un pacte autobiographique quelque peu fragilisé, non ?
6. Identifiez dans le texte de Rousseau les antonymes et indiquez en quoi ils soulignent le choix du titre de son autobiographie.
Ces antonymes montrent que Rousseau s’engage à TOUT dire : ce qui a été positif ET négatif dans sa vie, les épisodes heureux comme les souvenirs les plus désagréables. En cela, il respecte le pacte autobiographique : dire la vérité suppose de révéler même ce qui n’est pas forcément flatteur pour soi. Il ne faut pas cacher ce que l’on estime être négatif. C’est donc pour cela que le titre de l’autobiographie de Rousseau, Les Confessions, est pertinent : lorsque l’on se confesse (terme religieux), on dit tout, en avouant notamment ses péchés, en reconnaissant les faits négatifs de sa vie.
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