A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
E. L ACOUR
Sur l’équation de la chaleur
δδx2u2+
δδy2u2=
δuδzAnnales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 9, no3 (1895), p. B1-B19
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B.I SUR
L’ÉQUATION DE LA CHALEUR
~2u/~x2 + ~2u/~y2 = ~u/~z,
PAR M. E. LACOUR,
Professeur de Mathématiques spéciales au Lycée Saint-Louis.
INTRODUCTION.
1/équation
dans
laquelle
udésigne
une fonctionde x, y, t,
et k une constantepositive,
se
présente
dans la théorie de la chaleurquand
on étudie comment varieavec le
temps
latempérature
d’unplan
indéfini. On donne à cetteéquation,
en
posant kt
= .~, une forme un peuplus simple
détends à cette
équation quelques-uns
des résultats donnés par M.Appell
dans une Note Sur
~2u ~x2
--.2014
= o(Journal de Mathématiques
de
Jordan,
p.187)..
On
peut
trouver par un calcul direct toutesles
transformationsqui
con-servent à
l’équation Ou
== o sa forme. Onapplique
i’une de ces transfor-mations aux
polynômes
entiersqui
satisfont àInéquation Ou
== o.En
considérant,
en mêmetemps
quel’équation Ou
== o,l’équation
ad-jointe
on
parvient
à un théorèmeanalogue
au théorème de Green.Une
première application
de ce théorème conduit à des formules se rat-.
tachant à des formules que M. Hermite a données pour des
polynômes Um,n
déduits par différentiation d’uneexponentielle
Le même théorème conduit à une
égalité
entre deuxexpressions
de latempérature
autemps t qu’on
obtiendrait enregardant
cettetempérature
comme déterminée par l’état antérieur
correspondant
à un instant t,,puis
à un instant t2. Cette
égalité peut
servir àprolonger
la définition d’uneintégrale
del’équation Ou
= o. ,i. . Chercher toutes lcs
trans formations
tcllcs queramènent
l’équation
à lcc même
forme
1
(a). -
SoitEn
regardant
X et U comme des fonctions de x, y, z, on vérifie immé- diatement que l’on aExprimons
les dérivées de U parrapport
à x; y, z en fonction des déri- de Uprises
parrapport à X, Y,
Z. On apuis
~
désignant
une formequadratique
dont le discriminant est le hessien de la fonction U(X, Y, Z ).
On obtient des
ex ressions analogues
pouriJz’ puis
pourd U.
Sil’onsubstitue dans
03B4u
lesexpressions
dedU
et03B4U
et si l’on divisepar À
lerésultat de cette
substitution,
on obtientl’équation
transformée sous la formeEn
identifiant
cetteéquation
transformée avecon trouve
il faut
joindre
à ceséquations
trois autresqui
se déduisent de(2), (3)
et
(6),
en yremplaçant
X parY,
et que nousdésignerons
par(2)’, C3)’~ C~)’~
i
(b). -
Nous avons donc à étudier unsystème
de neuféquations;
maisce
système
sesimplifie beaucoup
si l’on se limite au cas des fonctionsréelles. Dans ce cas,
l’équation (5)
donne les conditionsqui
fontdéjà disparaître
leséquations (3)
et(3)’.
Si l’on écrit les
équations (6)
et(6)’,
en tenantcompte
de ces nouvellesconditions,
et, si l’on enrapproche l’équation (4),
on a unsystème d’équa-
tions en X et
Y,
savoir .d’où l’on
peut conclure,
comme nous allons levoir,
les identitésEn
effet, d’après ( 6), :
estpositif;
~ nous pouvons poserpuis,
en tenantcompte
de(6)
et(6/,
Alors la condition
(4)
devientEn
prenant )
= a +5,
nous trouvonset, par
suite,
et l’on sait que ces
égalités
entraînentSi l’on
prenait )
= or. --?
les résultats se déduiraient desprécédents
en
changeant
Y en 2014 Y.On
peut
démontrer que a estindépendant
de xet
de y : eneffet,
lesidentités
donnent,
en serappelant
que R nedépend
quede z,
et, par
suite,
Ainsi a est
indépendant de x,
y et,puisqu’on
aposé,
R
dépendant
seulementde z,
on voit que X et Y sont dcsfonctions
liné-aires de x et y dont
les coefficients
sontfonctions
de z.1 (c).
- On en conclut d’abord queSX
etSY
se réduisentrespective-
ment à --
_~-
et à -dy.
Alors leséquations (2)
et(2)’ deviennent,
en yposant
2 = p,Nous pouvons éliminer p entre ces deux
équations,
en les résolvant parrapport
à~~‘
et en écrivant queDétaillons ce calcul.
D’abord,
en tenantcompte
des relationson
peut
dans lesp remiers
membres deséquations
en~-’u d ~~
negarder
quel’une des fonctions X et
Y,
parexemple,
X. Les deuxéquations
devien-nent
et, comme
on
obtient,
enrésolvant,
Difl’érentions par
rapport
à y les deux membres de lapremière équation, puis,
parrapport
à x, les deux membres de la secondeéquation,
noustrouvons successivement
en retranchant membre à
membre,
il vientt
(d). 2014
En tenantcompte
des résultats obtenus dans les deux para-graphes précédents
. l’ ~ nous allonspouvoir
p calculer successivement~ ~x
dx ,~ ~03BD ~ y.
et remonter de là â 03BB.
L’égalité qui
b ~ donne~ ~x,
dx savoir ,montre que
~ ~x
contient xet y
aupremier degré;
dans le secondmembre,
le coefficient
de y
est nul à cause de l’identité que nous avons rencontréedonc
-’-
est de la forme c)ap
et q
nedépendant
que de z ; on en déduiton voit de même la forme de ~, considéré comme fonction de y, et on en conclut
les coefficients
A, C , D, ~~,
F nedépendant
que de z. On a par suiteIl reste à déterminer les fonctions inconnues de z en écrivant que À vérifie
Inéquation
Comme l’on a
on voit que
l’équation 03B403BB
= o donneet l’on trouve
ainsi,
pour déterminerA, C,
..., leséquations
Ces
équations s’intègrent aisément;
on obtienta,
b,
h et kdésignant
des constantes, et il en résultepour À l’expression
1
(e). -
Nous pouvons maintenant achever de déterminer X etY ; X
satisfait à
l’équation
aux dérivéespartielles
ou, en
remplaçant À
par savaleur,
En
appliquant
la méthode ordinaire pourintégrer
leséquations
linéairesaux dérivées
partielles,
on trouve quel’intégrale
de cetteéquation
estdonnée par
f (u, v) désignant
une fonction arbitraire de deux variables. La vérifica-tion de ce résultat
s’aperçoit
immédiatement encomparant
Nous savons, d’autre
part,
que X est linéaire en x, y. Donc X est de la formede même
P, Q, Xo, Pi, Q,, Yo
étant des constantes. Enfin les relations entre les dérivées de X et de Y donnentet, par
suite,
Posons
alors, d’après l’équation (6),
Nous trouvons, en
définitive,
Ainsi la substitution la
plus générale
conservant àl’équation ôu
= osa
forme
cst °C,
a,b,
hdésignant
dcs constantes etX , Y,
Zayant
lcsexpressions données par
lcsformules précédentes.
2. Cette substitution
générale
estcomposée
avec lcs substitutionssimples
auxquelles
il fautjoindre
les substitutionscorrespondant
à une transfor-mation des coordonnées. ’
-
Remarquons
encore cetteconséquence
des formulesprécédentes :
sif( x, y, z)
est une solution del’équation 6U
= o, on a une autre solutionen considérant la fonction
3. L’identité
se
réduit,
dans le cas où u estindépendant
de y et vindépendant de x,
ula suivante :
Donc,
enmultipliant
une solution del’équation
par une solution de
l’équation
(et
ensupposant
uindépendant de y, v indépendant de x ),
on a une solu-tion de
l’équation
Cela se vérifie immédiatement sur
l’exemple
Si l’on
développe
eax+a!y suivant lespuissances
de aon sait que les coefficients
V,(.r, ~)
sont despolynômes
entiers en a? et ~homogènes
et dudegré
(~ parrapport
à a? et etqui
vérifientl’équation
~2u ~x2 - ~u ~z = 0. On a
ou encore, en
posant ? ( ~x )
=~’t,
De
" V (y, z)
vérifiel’équation ~203BD ~03B32 2014 ~03BD ~z
= o.D’a rès cela,
si l’onpose
u est une solution de
l’équation ~~u
= o. Deplus,
u est unpolynôme
entieren ,r, y, z
homogène
et dudegré
p + q~ en x,y
et~ . ,
, , ,Or si l’on
cherche,
par laméthode
des coefficientsindéterminés,
lepoly-
nome le
plus général
entier enx,
y, zhomogène
et dudegré
n en x, y,vz
vérifiantl’équation
o, on trouve de suite que cepolynôme
contientlinéairement n + I constantes
arbitraires, puisque
les coefficients du déve-loppement
peu.vent
être calculés au moyen del’équation
dès que l’on connaît le
polynôme homogène
et dedegré
n en x, yauquel
se réduit u pour z == o.
D’après cela,
onpeut prendre
pour lepolynome
cherchél’expression
’
les lettres
Ao, Ai,
...,An désignant n
+ i constantes arbitraires.Effectuons sur ce
polynome
la transformation du n°2,
nous trouvonsune fonction
qui
esthomogène
et dudegré - (n
+2)
en x, y et etqui
est aussi unesolution de
l’équation Ou
= o.4. La notion
d’équation adjointe,
y due àRiemann,
conduit à l’extension du théorème de Green(voir
sur la théoriegénérale
dessurfaces,
de M.
Darboux,
t.II, chap. IV).
Sil’équation
différentielle considéréeest ..
l’équation adjointe
estIl est facile de
retrouver,
dans ce casparticulier,
l’extension du théorème de Green. Uneintégration
parparties
donnel’égalité
et, en
échangeant u
et v,En retranchant membre à membre ces deux
égalités,
on faitdisparaître
les
intégrales
du secondmembre,
et enintégrant
parrapport
à y,puis
parrapport à z,
de même
Ajoutons
lespremiers
membres et introduisonsOu
et0’ (),
de tellefaçon
que les termes
ajoutés
donnent une différentielleexacte,
nous trouvonsEn
définitive,
si l’on considère un volume V limité par une surfaceS,
ona
l’égalité suivante,
donnant l’extension àl’équation Ou
= o du théorème deGreen,
l’intégrale triple
étant étendue au volume V etl’intégrale
double à la sur-face
S,
et la définition de cesintégrales
étantprécisée
comme elle l’est dans la démonstration du théorème de Green(’ ).
L’intégrale triple qui figure
dans la formulegénérale disparaît quand
onprend
pour u et v des fonctionsqui,
dans le volumeV,
sontfinies,
continueset admettent les dérivées
qui figurent
dans la formule et vérifient leséqua-
tions
et la formule devient
5.
Appliquons
cette formule au cas où la surface S est uncylindre
derévolution autour de l’axe 0 z limité par les deux
plans
et où l’on
prend
de sorte que l’on a bien
Nous remarquerons d’abord que la formule
(g) peut
s’écrire( 1 ) Voir Émile PICARD, Traité d’Analyse, t. I, p. 138.
en
désignant
par da un élément de lasurface,
parcos(n, x),
.cos ( n, z)
les cosinus desangles
que fait avecOx, Oy,
0 ~ la normale enun
point
de l’élémentquand
onprend
comme directionpositive
sur cettenormale la direction suivie sur cette normale par un
mobile qui
traverse-rait l’élément de surface en allant de l’intérieur à l’extérieur du volume considéré.
L’intégrale
double est étendue à la surface totale ducylindre.
Consi-dérons d’abord les deux
bases ;
nous supposerons et Z2positifs
de sorte que Z2
correspond
à la basesupérieure B~
et Z t à la base infé- rieureB~ .
SoientI,
et12
lesparties
del’intégrale
doublequi
sont donnéespar les bases
B,
etB 2.
Pour la basesupérieure,
on a constammentde sorte que
12
est donnépar l’égalité
en
posant
Pour la base
inférieure,
on a constammentde sorte que
en
désignant
par u, 1 1 ce que deviennent u et vquand
on y fait J = Z i .Quant
à lapartie Il
del’intégrale correspondant
à la surfacelatérale,
nous allons démontrer
qu’elle
tend vers zéroquand
le rayon R ducylindre
augmente
indéfiniment. Posonsil en résulte
v y, -
.~)
devient unpolynome
entier enR;
il en est de même pourd v .
D’après cela, ,l’intégrale Il prend
la formeP étant une somme de termes dont chacun est le
produit
del’exponen-
- R2
tielle c 4Z par un facteur
qui
devient infini comme unepuissance
déter-minée de R
quand
Raugmente
indéfiniment. Donc chacun des termes de P tend vers zéroquand
Raugmente
indéfiniment. Il en est de même de P et, comme lechamp
del’intégration
estlimité, puisque
l’on al’intégrale Il
elle-même tend vers zéroquand
Raugmente
indéfiniment.La formule se réduit à
Pour faire sortir z de chacune des
intégrales,
posonsen nous
rappelant
que z reste constammentpositif,
il vientSi,
dans cette dernièreégalité,.
on fait successivement ;~ = ,~"puis
Z = ~2, les valeurs que
prend
lepremier
membre sontégales, d’après la
formule
(’o).
On a donc ’et comme z et Z2 sont différents
Cette
égalité peut
se déduire d’une formule de M. Hermite(Complcs rendus,
t.LVIII).
Soientforme
adjointe de 9(x,y),
lespolynômes
et de Ilr. Her- mite sont définis par leségalités
et la formule que nous voulons
rappeler
estComme
Voo
= r , un casparticulier
de cette formule est6. Nous ferons encore une
application
de la formuledéduite de la formule
analogue
à la formule deGreen,
en ysupposant
Ou
== o etS’p
= o.Nous
prendrons
z)
étant .parhypothèse
une solution de~u
= o;quant
u ~~, on vérifie immédiatement que l’on a0’ p
= o. Nous étendronsl’intégrale
à lasurface totale d’un
cylindre
de révolution dont l’axe est donné par leséquations
et dont le rayon est R.
Considérons d’abord la
partie
del’intégrale qui correspond
à la surfacelatérale;
on aurade sorte que
Dans
l’intégrale
le coefficient différentiel tend vers zéro
quand
Raugmente indéfiniment,
sil’on fait
l’hypothèse
q ue u et restent finisquand
x et yaugmentent
indéfiniment,
et, comme lechamp d’intégration
estlimité, l’intégrale
elle-même tend vers zéro
quand
Raugmente indéfiniment.
Il en est de même de
l’intégrale
si l’on suppose que 03BD et
2014
restent finisquand
r et yaugmentent indéfini-
.
nient, et, comme pour un
point
de la surfacelatérale
on acos(n, z)
== oon voit que la
partie
du second membre de laformule (g) qui correspond
à la surface latérale du
cylindre
tend vers zéroquand
le rayon augmente indéfiniment. Il reste à considérer les deux bases z == ~ et z = ~ . ..En raisonnant comme on Fa fait dans la
première application
de la mêmeformule,
on voit que les valeurscorrespondantes
del’intégrale
sont,
ensupposant
z~
.~.,,de sorte
qu’on
a, endéfinitive,
ou,
en remplaçant 03B6 par z, x et y par 03BB et ,
7. ,
Rappelons
lespropriétés de
la fonction y,z),
surlesquelles
ons’est
appuyé
dans ladémonstration,
on suppose queest une solution de
6U
= o admettant les dérivéesqui figurent
dans les for- mules pour toutes les valeurs de z satisfaisant auxinégalités
c~est-à-dire pour tous les
points
d’une tranchecomprise
entre lesplans parallèles z
= a et z = b. On suppose, en outre, que U, restent finisquand x
et yaugmentent indéfiniment,
ou, si ces fonctions deviennentinfinies,
que leursproduits
par uneexponentielle
tendent vers zéroB.I9
pour x
et y infinis,
A étant une constante différente de zéro.Hntin
on apris
et l’on a
supposé ( supérieure
à laplus grande
des valeurs considérées de ~.En
supposant
toutes ceshypothèses réalisées,
onpeut dire, d’après l’égalité ~I2>~
que la fonctionoù l’on suppose que est
indépendante
de J, . On aura, enparticu- lier, puisqu’on peut faire Z1
= a,quand
z tend versrintégrale ( 13 )
tend vers403C0 f (x,
y,2, )
; celase démontre
rigoureusement
par un raisonnement entièrementanalogue
àcelui
qui
estdonné,
pour une fonction de deux variablesF(x, y),
dans leMémoire de NI.
Weierstrass,
Ueber Functionen einer reellen Yerâncleo- lichen(Sitzungsberichte,
p.803 ; 1885 ).
On a donc la formule
qui
détermine lafonction f (x,
y,~ )
dans la trancheconsidérée, quand
onconnaît la valeur de la fonction sur la face z = a.