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”Consommation, production et commerce des bois en Europe”. Révision en 1968 des perspectives 1950-1975
Jean-Marie Bourgau
To cite this version:
Jean-Marie Bourgau. ”Consommation, production et commerce des bois en Europe”. Révision en 1968 des perspectives 1950-1975. Revue forestière française, AgroParisTech, 1969, 21 (3), pp.213-220.
�10.4267/2042/20263�. �hal-03386002�
Cette rubrique est dirigée par Ph . MARGERIE Ingénieur en Chef du G . R . E . F.
Sous-Direction de I'Economie du bois Direction des Forêts 1 ter, avenue de Lowendal
PARIS - (7e)
CONSOMMATION, PRODUCTION ET COMMERCE DES BOIS EN EUROPE
RÉVISION EN 1968 DES PERSPECTIVES 1950-1975
J .-M .
BOURGAU
Class . Oxford 722 .1 : 72 (4)
Du 7 au 11 octobre 1968 se sont réunis conjointement à Genève le Comité du bois de la commission économique pour l'Europe (E .C .E .) des Nations Unies et la Com- mission européenne des forêts de l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture (F.A .O .).
Au cours de cette session, le secrétariat mixte (F .A .O .-E .C .E .) a présenté une révi- sion des projets faite dans l'étude intitulée .- Consommation, production et commerce des bois en Europe - Evolution et perspectives - Nouvelles études 1950 - 1975 ».
Compte tenu de l'évolution passée qui a confirmé, voire dépassé, les prévisions pu- bliées dans les deux premières études F . A .O .-E .C .E ., il nous a paru utile de résumer pour nos lecteurs les principales conclusions de cette révision.
Nous tenons à préciser que les résultats qui ont été communiqués à Genève sont provisoires . Ce n'est qu'après leur révision, conformément aux remarques des délé- gués des différents pays, que ces résultats seront officiellement publiés.
L'exposé a été établi par l'un des membres de la délégation française, il ne saurait donc engager la responsabilité du Secrétariat F .A .O .-E.C .E.
213
GENEHALITES
La situation économique de l'Europe (1) a été marquée . depuis 1950, par une croissance éco- nomique sans précédent . Dans le domaine forestier ceci s'est traduit par un accroissement rapide de la consommation de bois d'oeuvre et d'industrie . Celle-ci, qui était de 140 millions de m 3 en 1910, n'atteignait en 1950 que 178 millions de m 3 , mais de 1950 à 1965, elle s'est accrue de 112 millions de m 3 , atteignant ainsi 290 millions de m 3 . Dans le même temps les quantités enlevées (2) de bois d'oeuvre et d'industrie sont passées de 174 millions de m 3 à 237 millions de m 3 soit un accroissement de 63 millions de m 3 . Ainsi, malgré une augmen- tation sensible des abattages, l'Europe, qui était à peu près autosuffisante en 1950, se trouve maintenant largement déficitaire (32 millions de m 3 si l'on tient compte de l'augmentation du volume de déchets utilisés).
Une première étude, faite par la F .A .O ., en 1953, montrait qu'une politique forestière dynamique s'imposait si l'on voulait faire face à un accroissement de la demande de bois d'oeuvre et d'in- dustrie, accroissement que l'on prévoyait considérable . En fait cet accroissement a été encore plus rapide que prévu . L'offre s'est aussi considérablement développée mais s'est néanmoins trouvée insuffisante.
Dans le cadre d'une nouvelle étude, publiée en 1964, des prévisions ont été faites pour l'an- née 1975 . Tenant compte des enseignements antérieurs les auteurs ont été amenés à retenir des hypothèses qui ont pû être qualifiées d'optimistes.
Une révision de cette étude, effectuée en 1968, a néanmoins montré que la croissance de l'offre et de la demande avait encore dépassé les prévisions, en dépit d'une évolution préoccupante des prix dans certains pays, en particulier en Europe occidentale . Les prévisions ont été modifiées, le plus souvent en augmentation.
L'étude a été faite par groupes de pays constituant des ensembles . physiques et économiques, relativement homogènes.
La consommation passée et les besoins prévisibles ont été analysés au niveau des produits finis ou semi-finis, en s'appuyant sur des prévisions de croissance économique et démogra- phique, et ont été exprimés dans une unité de mesure commune : l'équivalent de matière première bois (correspondant au volume de bois rond nécessaire pour fabriquer ces produits).
Les prévisions de quantités enlevées découlent d'informations fournies par les différents pays, concernant en particulier leurs prévisions d'abattage elles sont fondées également sur une détermination des tendances passées . Une brève réévaluation de la situation forestière a en outre été effectuée, en vue d'obtenir des données de base supplémentaires.
Certaines hypothèses ont été admises, concernant la concurrence entre les industries forestiè- res de l'Europe et des autres régions du monde . On a pu ainsi déterminer la part de la consommation finale qui serait satisfaite à partir de la production des industries européennes et par différence le volume des importations prévisibles de produits finis et semi-finis (conver- ties en équivalent matière première bois).
Nous étudierons d'abord la demande de bois : puis par comparaison avec les perspectives d'offre nous mettrons en évidence la probabilité d'un déficit important et nous nous interrogerons sur les possibilités de combler ce déficit par des importations . Enfin, en guise de conclusion, nous présenterons les mesures de politique forestière préconisées par l'étude, en vue de faire face à l'évolution prévisible de la situation.
Les valeurs chiffrées, auxquelles nous allons nous référer, sont provisoires . Ce n'est qu'après leur révision — en tenant compte des remarques des délégués des différents pays — que des valeurs définitives pourront être publiées.
En ce qui concerne la consommation de bois d'oeuvre et d'industrie, les chiffres définitifs seront supérieurs d'environ 10 millions de m 3 aux chiffres provisoires publiés ci-après . Pour les quan- tités enlevées l'écart serait de même sens mais moindre . Il en résulte que les prévisions de déficit et d'importations nettes devraient être relevées.
(1) L' Europe telle que nous l ' entendons ici comprend le Turquie en entier mais ninclut pas l'U .R .S .S.
(2) Quantités abattues et réellement sorties de la forêt.
ma
w
TENDANCES PASSÉES ET PERSPECTIVES FUTURES DE LA PRODUCTION ET DE LA CONSOMMATION EUROPÉENNE DE BOIS D'OEUVRE ET D'INDUSTRIE
/
Consommation globale
/
/ /
/
Production globale
(y compris le transfert des déchets)
300
200
Consommation de bois d'industrie
Production de bois d'industrie
Consommation de bois d'ceuvre
Production de bois d'ceuvre
loo
1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 Années
90 80 70 60 50 40 30 20 to
CONSOMMATION APPARENTE DE SCIAGES EN EUROPE (1950-1980) Millions/m 3
Droite rétrospective de l'évolution (moyennes mobiles sur 3 ans)
• Données actuelles (1966 et 1967)
Sciagesteulll~s Traverses
-_~ •
1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980
:-15 otet ecle9e9=–w M~~ ---
/
Evolution prévue jusqu'en1975
extraitede "Consommation,production et perspectives. Nouvellebrode, 1950-1975"
Essai de révision des projets.
ETUDE DE LA DEMANDE DE BOIS
Les tendances passées et les prévisions pour 1980 de la consommation de bois par type d'utilisation sont résumées dans le tableau ci-dessous
Consommation en millions de m 3 équivalent matière première
bois
Evolution en 0/0
1950 1965 1980
1965 1980 1950 1965 Sciages
Contreplaqués et placages
98 5
145 12
161 17
r- 48 + 140
+ 11 + 42
Total bois d'oeuvre 103 157 178 1 52 + 13
Papier et carton Pâte à dissoudre Panneaux de particules Panneaux de fibres
29 6 0 2
81 11 8 6
186±
14 18 9
179 - 83
W
+ 200
+ 130 + 27 I- 125 + 50
Total bois de trituration 37 105 227 4- 184 + 116
Bois de mine Bois ronds divers
16 22
13 15
7 9
-- 19
— 32
— 46
— 40
Total autres bois d'industrie 38 28 16 -- 26 — 43
Total bois d'industrie 75 133 243 + 77 + 83
Total bois d'oeuvre et d'industrie Pourcentage bois d'oeuvre
bois d'industrie
178 58 42
290 53 47
421 42 58
~- 63 + 45
Bois de feu i 2O 94 70 — 22 — 26
Consommation totale de bois 298 384 491 + 29 + 28
Le rythme de croissance de la consommation de bois d'oeuvre et d'industrie pour les an- nées 1965-80 devrait être inférieur à celui des années 1950-65 (45 °/o au lieu de 63 °/o).
Cependant l'accroissement en volume serait plus élevé (131 millions de m 3 au lieu de 112).
La consommation réelle en 1980 pourrait être supérieure ou inférieure de 5 °/o à cette estima- tion moyenne, selon l'évolution des taux de croissance et de la capacité concurrentielle des
produits de substitution.
La part relative des bois d'oeuvre, et en particulier des sciages, devrait continuer à diminuer.
En effet dans la construction les sciages devraient perdre à nouveau du terrain face aux maté- riaux concurrents ; cependant étant donnée l'expansion projetée pour ce secteur le volume total utilisé devrait aller en augmentant (en particulier dans la construction de résidences se- condaires r châlets, etc .) . Une évolution semblable a été prévue dans les secteurs des embal- lages et de l'ameublement . Par contre dans les autres secteurs — en particulier les mines et les chemins de fer — la consommation devrait diminuer. Ainsi à cause de la concurrence d'autres matériaux la demande de sciages se développera plus lentement que l'économie générale et que la demande de produits forestiers dans son ensemble.
Economie et Foret
Malgré la régression prévisible des bois de mine — due au ralentissement de la production de charbon — et des autres bois d'industrie — obtenue par simple extrapolation des tendances passées puisque ces bois sont essentiellement comptabilisés par différence — la consommation de bois d'industrie devrait se développer à un rythme accéléré (83 °/o de 1965 à 1980 au lieu de 77 °/o de 1950 à 1965) . Cet accroissement proviendrait des secteurs de la pâte et des panneaux pour lesquels on prévoit cependant un ralentissement du taux de croissance pour les années à venir.
On admet que le taux d'accroissement de la consommation de panneaux diminuera dans les prochaines années ; en effet l'utilisation des panneaux de particules, actuellement le principal matériau de ce groupe, est en train de passer d'une phase de développement rapide, consécutive à son introduction, à une progression plus lente . Ces prévisions font apparaître une diminution de l'élasticité de la demande par rapport au P .N .B . (1).
Dans le secteur des papiers et cartons et dans celui de la pâte à dissoudre on devrait assister à une évolution du même type : diminution des taux d'accroissement et de l'élasticité de la demande par rapport au P .N .B ., mais augmentation de l'accroissement en volume . Ainsi la part des bois destinés à la fabrication de papiers et cartons dans la consommation totale de bois d'oeuvre et d'industrie, qui était de 16 °/o en 1950 et 28 °/o en 1965, atteindrait 44 °/o en 1980.
Enfin la consommation de bois de feu devrait continuer à décroître . Comme il parait peu pro- bable que les quantités disponibles diminuent, 24 millions de m 3 supplémentaires pourraient être disponibles pour l'industrie en 1980 . L'accroissement de la consommation totale de bois de 1965 à 1980 ne serait alors que de 107 millions de m 3 (au lieu de 131 pour les bois d'oeuvre et d'industrie).
COMPARAISON DE L'OFFRE ET DE LA DEMANDE DE BOIS
L'évolution passée des quantités enlevées de bois d'oeuvre et d'industrie et de l'utilisation des déchets, ainsi que les valeurs prévues pour 1980 sont présentées dans le tableau ci-dessous.
La comparaison avec les besoins étudiés précédemment fait apparaître l'évolution du déficit en bois d'oeuvre et d'industrie.
Volume en millions de m 3
équivalent matière première bois Evolution en°Io
1950 1965 1980 1965 1980
1950 1965
Consommation Bois d'oeuvre Bois d'industrie
103 75
157 133
178 243
52 1- 13
+ 77 + 83
Total 178 290 421 63 45
Quantités mobilisables Bois d'oeuvre Bois d'industrie Déchets
100 73 5
132 105 21
158 174 33
32 + 19
+ 43 + 65
+ 320 + 57
Total 178 258 365 + 45 41
Déficit Bois d'oeuvre Bois d'industrie
3
— 3
25 7
20 36
+ 733 20
+ 414
Total 0 32 56 + 78
°/o Déficit/Consommation Bois d'oeuvre
Bols d'industrie
3 °/0 -- 4 °/0
16 °/0 5 °/o
11 °/o 20 °/o
Total 0 °/0 11 °/0 13,3 °/o
(i) Produit national brut grandeur economique utilisée par les comptables nationaux et servant à mesurer la production d'un pays .
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Le rythme rie croissance passé des quantités enlevées devrait se maintenir dans les années à venir . Cette stabilité de l'évolution d'ensemble masque cependant une grande disparité entre les croissances des différentes catégories.
Pour les bois d'oeuvre le rythme de croissance devrait diminuer (32 °/o de 1950 à 1965, 19 0/o de 1965 à 1980) . A l'inverse, il devrait augmenter pour les bois d'industrie . La part des bois d'industrie dans le total des quantités enlevées de bois d'oeuvre et d'industrie passerait ainsi de 44 °/o en 1965 à 52 0/o en 1980.
Les quantités enlevées totales, bois de feu inclus, se sont accrues moins rapidement que les quantités enlevées de bois d'oeuvre et d'industrie, du fait de la régression des bois de feu.
Selon toute probabilité, cette évolution devrait se poursuivre.
Ainsi le pourcentage des bois d'oeuvre et d'industrie dans le total des quantités enlevées a crû de 54 °/o en 1950 à 71 °/o en 1965, et devrait atteindre 82 °/o en 1980.
La conversion à des usages industriels n'engloberait cependant pas la totalité de la diminution des quantités enlevées de bois de feu . Il est plus vraisemblable qu'une part importante des bois précédemment abattus en vue d'en faire du combustible sera laissée sur pied et que les quan- tités de bois de qualité supérieure qui seront enlevées à des fins industrielles augmenteront L'utilisation des déchets de bois par les industries de la pâte et des panneaux devrait continuer à se développer mais plus lentement que par le passé.
La comparaison des prévisions d'évolution de la demande et de l'offre — établies indépen- damment l'une de l'autre — fait apparaître un déficit croissant pour les années à venir . Signa- lons toutefois qu'exprimé en pourcentage des besoins, ce déficit ne devrait pas enregistrer de variations importantes — ce qui revient à dire que l'offre et la demande devraient évoluer de façon parallèle : leur taux de croissance diminuant, mais l'accroissement en volume aug- mentant.
Le déficit en bois d'oeuvre devrait diminuer en valeur absolue . Par contre le déficit en bois d'industrie pourrait s'accroître dans des proportions considérables (+ 414 °/o).
La distinction entre ces deux catégories est d'ailleurs relativement délicate, car elle repose sur un critère — le diamètre limite entre les deux catégories — qui varie selon l'état des techniques et de l'économie . On a ainsi remarqué que le rapport entre les quantites enlevées de bois d'oeuvre et les quantités produites de sciages et placages avait tendance à diminuer.
Ceci pourrait dénoter une utilisation croissante d'arbres de gros diamètre pour la trituration.
PERSPECTIVES D'EVOLUTION DES IMPORTATIONS
Pour combler le déficit prévisible deux moyens se présentent : importer ou bien des bois ronds ou bien des produits finis et semi-finis.
Les prévisions d'évolution des importations nettes (importations diminuées des exportations) sont présentées dans le tableau ci-dessous.
Volume en millions de m3
Evolution en °/o
équivalent matière première bois
1965 1980 1980/1965
Bois bruts 13 6 46
Produits ouvrés et semi-ouvrés 19 50 + 163
Importations nettes totales 32 56 + 76
!o Bois bruts 41 °/0 11 °/o
°/o Produits ouvrés et semi-ouvrés 59 °/0 89 0/o
Les deux principales sources d'approvisionnement de l'Europe en bois d'oeuvre et d'industrie sont l'U .R .S .S . pour les résineux et les pays tropicaux pour les feuillus.
Les bois ronds exportés par l'U .R .S .S . vers les pays européens proviennent principalement de ses régions occidentales où la possibilité d'intensifier les abattages diminuera vraisemblablement.
Du fait de l'écrémage pratiqué par le passé les quantités disponibles des essences tropicales actuellement importées ont diminué . Pour maintenir les importations à leur rythme actuel, il
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Economie et Forêt
conviendrait de se tourner vers d'autres essences, actuellement moins connues . Si d'autre part, conformément à leurs intentions, les pays tropicaux développaient leurs exportations de produits finis, les quantités de grumes disponibles pour l'exportation pourraient s'en trouver diminuées.
Ainsi de 1965 à 1980 les importations européennes de bois ronds devraient diminuer (46 °/o selon les prévisions), celles de bois résineux très sensiblement, celles de bois feuillus dans une moindre proportion.
La comparaison des évolutions prévisibles de la consommation finale et de la production des industries forestières européennes permet de prévoir une croissance importante des importa- tions de produits finis et semi-finis . Ceci concorde d'ailleurs avec les conclusions précédentes puisque, face à un déficit croissant en matière première bois, les importations de bois ronds devraient diminuer.
L'Amérique du Nord dispose de ressources forestières importantes . Les capacités de transfor- mation prévues pourront répondre à une demande d'exportation très supérieure au rythme actuel.
L'U .R .S .S . possède de vastes superficies inexploitées à l'est de l'Oural et prévoit une expansion considérable de ses capacités de production . Malgré un accroissement important de sa consom- mation, il est à prévoir que ses exportations augmenteront . Ceci posera néanmoins des problè-
mes de transport à grande distance à des conditions rentables.
Enfin un nombre croissant de pays tropicaux s'efforceront vraisemblablement de développer leurs exportations de produits finis . Mais d'ici 1980 il est peu probable qu'ils jouent sur le marché un rôle plus que marginal.
Les importations de produits finis ou semi-finis devraient s'accroître de 163 °/° entre 1965 et 1980.
En résumé les importations nettes de bois ronds et produits dérivés devraient continuer à aug- menter d'ici 1980 mais à une cadence nettement moins rapide que par le passé . La structure de ces importations se modifiera, la plus grande partie devrait être à l'avenir constituée par des produits semi-ouvrés ou finis.
CONCLUSION
L'étude des tendances passées et prévisibles a mis en évidence les points suivants :
— croissance très importante des besoins en bois (1) ,
— croissance rapide des disponibilités . Les prévisions . qui pourraient être jugées optimis- tes, prolongent en fait les tendances passées . La croissance rapide des quantités enlevées reflète les politiques forestières mises en oeuvre dans les années soixante.
— croissance du déficit européen, donc des importations, en particulier pour les produits dérivés du bois d'industrie . Or, selon les prévisions, ces importations auront principalement lieu sous forme de produits finis . D'où une dépendance de plus en plus importante de l'Europe vis-à-vis des autres continents pour ses approvisionnements.
Cela confirme la nécessité de poursuivre les politiques forestières actuelles pour atteindre les quantités enlevées prévues, et si possible d'intensifier ces politiques pour atteindre un niveau plus élevé et, ainsi, défendre notre indépendance économique.
Pour préciser le type de politique forestière préconisé, rappelons que l'étude F .A .O . 1964 esti- mait que « l'accroissement des quantités enlevées d'ici 1975 proviendra nécessairement d'une utilisation meilleure et plus complète des forêts existantes, et plus particulièrement d'une révi- sion des programmes d'exploitation visant à augmenter les abattages >> gràce à :
— une meilleure connaissance du volume, de la structure, de la composition et du taux de croissance des forêts (inventaires forestiers),
— un aménagement des temps de rotation (établissement ou révision de plans d'aména- gement),
— une sylviculture plus intensive (coupes d'éclaircie plus systématiques).
A plus long terme on pourrait augmenter les quantités enlevées en créant de nouveaux peuple- ments d'essences à croissance rapide et à rendement élevé sur de bonnes terres, dont une partie aurait pi) être jusqu'alors affectée à l'agriculture.
(1) Notons cependant qu'il nous parait optimiste de tabler sur l'augmentation des besoins en bois pour pro- voquer une hausse des prix des bois : la concurrence de produits de substitution devrait en effet jouer le rôle de facteur limitant . L'étude de la F .A .O . conclut effectivement à une augmentation des coûts de production et d'exploitation et à une diminution des profits de l'économie forestière européenne au cours des récentes années, en dépit de la croissance de la consommation et de la production de bois.
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Du fait de l'évolution des besoins, en croissance plus rapide qu'on ne le prévoyait en 1964, et de l'évolution néanmoins défavorable des prix et de la rentabilité forestière, alors que d'impor- tants progrès en productivité restent possibles, la révision du projet estime que l'effort devrait se porter vers la recherche d'une gestion forestière plus rationnelle . Les mesures suivantes ont été proposées
— remembrement des parcelles dispersées.
- réduction des frais d'abattage et de transport grâce au progrès technique.
— évaluation économique des possibilités de développer les superficies forestières et du seuil de rentabilité des activités de gestion,
— répartition logique des coûts afférents aux activités forestières en fonction des avanta- ges qu'en tirent les divers secteurs de la collectivité .
Jean-Marie BOURGAU
Ingénieur du G . R . E . F.
Direction des Forêts 1 ter, avenue de Lowendal
PARIS (7 e )
I N F O R M A T I O N S
Le groupe de travail mixte FAO/ECE des statistiques de la forêt et des produits forestiers a organisé à Genève, du 14 au 18 avril, deux réunions spéciales . La première, consacrée aux incendies de forêts, s'est préoccupée d'améliorer les statistiques et d'harmoniser les mé- thodes d'évaluation des dommages . La seconde a étudié les méthodes qui permettraient d'évaluer les avantages indirects — indépendants de la production de bois — engendrés par les forêts et l'accroissement de la valeur du capital forestier qui en résulte.
Les résultats provisoires de l'enquête sur la production des branches ' exploitation forestiè- re et scierie en 1967 font apparaître par rapport à 1966 un accroissement de 12,6 °/o des volumes livrés aux usines de panneaux et de 8,5 0/0 de ceux livrés aux fabriques de pâtes (bois ronds et chutes de scieries) . En revanche, le volume de bois d'oeuvre exploité est pratiquement identique à celui de 1966, l'accroissement du sapin et de l'épicéa (+ 4,7 °/o) compensant le recul du peuplier (— 6 °/o) et des pins (— 2,8 0/ 0) . En scierie on constate un progrès du chêne (+ 2,9 0/o) du sapin et de l'épicéa (+ 4,5 0/0) et des feuillus divers (+ 6 0/0) et un recul du peuplier (— 6,3 0/0) des pins (— 2,7 0/o) et du hêtre (— 1,6 °/o).
Les contrats d'importation de sciages de conifères avec les pays scandinaves se sont conclus pour cette campagne beaucoup plus rapidement que l'an passé.
Pour la France, la situation fin février était la suivante
28/2/1969 29/2/1968 Quantités totales livrées en 1968 de Suède 85 000 standards 54 000 standards 104 000 standards
(397 000 m~3) (252 000 m3) (486 000 m3 )
de Finlande 53 000 standards 28 000 standards 56 000 standards (248 000 m3) (131 000 mi) (262 000 m3)