Influence de l’élagage sur la duraminisation,
la production de bois de tension
et quelques autres propriétés du bois de peuplier I 214
H. POLGE
ion
technique
de ThéThérèse HURPEAU laQualité des Bois
LN.R.A., Station de Recherches sur la Qualité des Bois Centre de Recherches
forestières,
Champenoux, F 54280Seichamps
Résumé
Quatre
carottes desondage
ont étéprélevées (à 1,30
m et6,50
m de hauteur à la fois sur le côté Est et sur le côté Ouest destiges)
dans 177peupliers
I214 soumis à différents tauxd’élagage
pour connaître les effets de cetraitement, plus particulièrement
sur le
développement
du bois de tension(estimé
indirectement àpartir
du diamètretangentiel
des carottes à l’étatfrais)
et sur la formation du bois de ooeur ; lesprincipaux
résultats sont les suivants :
- le bois de coeur est
plus large
et i’aubierplus
mince ; le retrait et la densité sontplus
élevés sur le côté Ouest desarbres,
c’est-à-dire celui d’où viennent les vents dominants ;- à
6,50
m, les cernes d’aubier sont moinsnombreux,
maisplus larges qu’à
hauteur d’homme ;-
l’élagage
influence les diversparamètres
se rapportant à la formation du bois de ooeur ; dans les arbres élagués à 65 p. 100, l’aubier s’étend sur un plus grand nombred’accroissements,
mais ceux-ci sont plus étroits que dans les autres traitements ;- une tendance
apparaît
pour que les arbres sévèrementélagués
(aux taux de 55 et 65 p. 100) aient un pourcentageplus
élevé de bois de oceur ;- le bois de tension est plus abondant sur le côté Ouest des
tiges
en relation avecles contraintes de tension dues aux vents, mais son
développement
est tout à faitindépendant
du traitement
d’élagage.
1. Introduction
La Station de Recherches sur la
Qualité
des Bois aimplanté
en Forêt Doma-niale de Retz deux
dispositifs expérimentaux d’élagage
de branches vivantes sur despeupliers
I214 alorsâgés
de 7 ans. Unepremière analyse
des résultats a été entre-prise
7 ou 8 ansaprès
le début des traitements(K ELLER , 1979) ;
elle fournissait de nombreuxrenseignements
d’ordredendrométrique, auxquels
le lecteur pourra se re-porter,
permettant
de classer lepeuplement
en causeparmi
lespeupleraies
de bellevenue, même s’il se
révèle,
aupoint
de vueperformances
decroissance, quelque
peu inférieur aux maxima obtenus notamment sur des sols mieux alimentés en eau ; concernant les effets de
l’élagage,
elle montrait surtout :- que
l’élagage
procure une diminution de la décroissancemétrique
d’autantplus marquée
que son taux estplus
élevé et que le défilement initial étaitimportant,
-
qu’il n’y
a aucun effet du traitement sur la croissance enhauteur,
- que le ralentissement de la croissance en circonférence au
voisinage
de labase de la cime vivante n’est sensible que
lorsque
l’ablation des branches vivantesporte
sur 60 ou 65 p. 100 de la hauteurtotale,
- que les effets de cette
opération
sur les variations de la densité du bois à l’intérieur des cernes sont à la fois peumarqués
et peudurables,
- que,
conséquence
des observationsprécédentes,
il estpossible
depréconiser
des taux
d’élagage
sensiblementplus
sévères que ceuxprécédemment
donnés dansla littérature
(PO URT E T , 1961).
Deux
publications étrangères
avaientcependant
fait état d’une influence pos- sible del’élagage
sur la duraminisation d’unepart,
et laproduction
de bois de tension d’autrepart,
dans différents clones depeuplier :
Une
première comparaison
neportant
malheureusement que sur un arbreélagué
et un témoin par cultivar avait donné les résultats suivants
(S ACHSSE , 1965) :
Les différences trouvées entre traitements étaient
significatives
pour les deux critères en cause ; l’accélération de la duraminisation liée àl’élagage
étaitparticuliè-
rement sensible pour les trois cultivars
hybrides
depeupliers
noirs et de baumiersoù le
pourcentage
initial de bois de cœur était leplus faible ; quant
au bois de ten-sion,
ilapparaissait
comme ayanttriplé
de surface à la suite du traitementd’élagage
pour trois des variétés
étudiées,
cequi
est un résultat évidemment trèsinquiétant.
La deuxième étude
(SACRE, 1974)
ne concernait que le seulpeuplier Robusta,
et
portait
sur 5 arbresélagués
et 5témoins,
malheureusement soumis à des condi- tions decompétition
et de milieu très différentes :plantation
en fond de vallée à10 X 10 m pour les
premiers,
et surplateau
à 4 X 5 m pour les seconds. Les arbresélagués
avaient 27 p. 100 de bois de coeur et 51 p. 100 de bois detension,
contrerespectivement 19 p.
100 et 36 p. 100 pour les témoins.Les deux séries d’observations allant dans le même sens défavorable à l’éla- gage, surtout pour le bois de tension
qui engendre
des déformations lors de la libé- ration des contraintes de croissance et deséchage
et un mauvais état de surfacelors du
sciage
ou durabotage (bois
«pelucheux »),
il a paru utile de chercher à savoir si desphénomènes analogues
seproduisaient
sur le cloneI214,
dans les conditionsde culture de la Forêt de Retz.
2. Matériel et méthodes
L’étude a été
entreprise
auprintemps
1983 dans ledispositif
enlignes déjà
décrit par ailleurs
(K ELLER ,
op.cit.),
dont il suffit derappeler qu’il comporte
uneséquence
de traitements :témoin,
arbresélagués
à35, 45,
55 et 65 p. 100 de la hauteurtotale, répétée
38fois,
avec unpremier élagage pratiqué
auprintemps 1969;
à
l’âge
de 7 ans, réactualisé deuxfois,
aux mêmes taux, auxprintemps
1974 et 1977.Par suite de malformations ou de
disparition
de certainsindividus, l’échantillonnage
s’est trouvé limité à un total de 177 individus
(respectivement 36, 34, 34,
38 et 35 pour les 5 modalités de traitementindiquées ci-dessus),
et laplupart
desanalyses
statis-tiques
n’ontporté
que sur 170 arbres(5
X34),
de manière à obtenir undispositif orthogonal,
enéliminant,
danschaque catégorie
de traitement où l’ondisposait
d’ex-cédents,
les derniers individus dans l’ordre desnuméros,
pour ne pas biaiser les ré- sultats.A cause de
l’importance
del’échantillonnage,
il nepouvait
êtrequestion
d’abat-tre les arbres
d’expérience,
et les différentesanalyses
ont été faites sur carottes desondage
de 5 mm dediamètre ; compte
tenu du fait que l’un des facteurs que l’on souhaitaitétudier,
le bois detension,
est lié à l’inclinaison destiges,
elle-même fonction des ventsdominants,
lesprélèvements
ontporté
à la fois sur le côté Ouest(côté tendu)
et Est(côté comprimé) ;
ils ont été réalisés à deux niveaux :1,30
et6,50
m, donnant un total de 708 carottes.2.1. Domiées concernant la durctmitzisation
La délimitation de la
partie
duraminisée des carottes a été faite aussitôtaprès prélèvement
sur la base duchangement
de couleurqui
lacaractérise ;
lalargeur
de l’aubier a ensuite été mesurée aulaboratoire, puis
le nombre d’annéescorrespondant,
pour la détermination
duquel
le recours à laradiographie
a paru nécessaire en raison des difficultés de reconnaissance des limites de cernes chez lepeuplier.
2.2. E!!’/Mah’oM indirecte du bois de tension
Le nombre de
prélèvements
à étudier était tel que la mesure directe du pour-centage
de bois detension, qui,
sur carotte desondage,
nepeut
se fairequ’après
réalisation de coupes
microscopiques,
n’a pas semblépossible ;
on a doncutilisé,
comme estimateur du bois de
tension,
le diamètretangentiel
à l’état frais des carot- tes desondage,
mesuré avec uneprécision
du micron sur 100points également répar-
tis entre 5 et 25 mm
depuis
l’écorce(P ERRIN
&F ERR aND, 1984).
Depremières
re-cherches sur le hêtre avaient en effet fait
apparaître
des liaisons très étroites entre lepourcentage
de bois de tension et les microdéformations liées à la libération des contraintes de croissancelongitudinales (T R EN ARD
&Gu E rr E nu, 1975), puis
entrecelles-ci et le diamètre
tangentiel
à l’état frais de carottes desondage prélevées
aumême niveau
(P OLGE
&T HIERCEL IN, 1979).
Cet ensemble de résultats s’est trouvéconfirmé, précisément
pour lepeuplier,
par FERRAND(1981), qui
a établi les corré-lations suivantes :
- entre diamètre
tangentiel
et microdéformations : r= - 0,77* !*,
- entre diamètre
tangentiel
etpourcentage
de bois de tension : r== —0,76 *** ,
,- entre
pourcentage
de bois de tension et microdéformations : r =0,77 ** .&dquo; ’ .
Sur cette même
espèce,
OKUYAMA(1983)
a trouvé entre le diamètretangentiel
frais et les microdéformations
longitudinales
des coefficients de corrélation allant de- 0,76
***
à—0,92***.
Enfin,
dans un travail en cours à la Station de Recherches sur laQualité
desBois, portant
sur 34peupliers
de diversclones,
une liaison très étroite a été mise enévidence entre le diamètre
tangentiel
etl’importance
du boispelucheux, qui
estsynonyme de bois de tension
(r == —0,8!* * *).
Ces
corrélations,
même si elles sont toutes trèssignificatives,
ne sont certes pas suffisantes pourpermettre
uneappréciation
indirecte du bois de tension au niveauindividuel,
mais elles sont assurément assez fortes pourjustifier
l’utilisation du dia- mètretangentiel
comme critère decomparaisons
entre des groupes d’arbres compre- nant au moins 34 individus chacun.La mesure des diamètres
tangentiels,
avec l’extrêmeprécision qui
estrequise
pour ce genre
d’analyses, exige
évidemment unegrande rigueur expérimentale.
Aucas
particulier,
iln’y
avait aucunproblème
pour l’ensemble desprélèvements
àhauteur
d’homme,
et pour ceux effectués à6,50
m sur lesplus
gros arbres,qui
ontété réalisés
séparément
pour les côtés Est et Ouest. Enrevanche,
on aprocédé
àdes
sondages
diamétrauxchaque
fois que cela a étépossible
au niveausupérieur
desplus petits
individus de manière à économiser temps etfatigue
desopérateurs qui
n’avaient
plus
àpositionner
deux fois les échelles degrimpage
pour un même arbre.Dans ce cas, on a
pensé qu’il
y avait unrisque
de biaissystématique
entre le côtéentrée et le côté sortie de la tarière par suite de la dilatation du métal sous l’effet du frottement
prolongé
dans le bois notamment. A titre deprécaution,
on a cherchéà
équilibrer
les entrées et les sorties Est etOuest,
et on aabouti,
pour lesprélè-
vements à
6,50
m, à larépartition
suivante :- côté Est : 124 carottes « entrée p et 53 « sortie !,
- côté Ouest : 125 carottes « entrée » et 52 « sortie !.
2.3. Autres mesures
Les retraits axiaux et
tangentiels
ont été calculés àpartir
des diamètres moyens mesurés entre 5 et 25 mmdepuis l’écorce,
d’abord à l’étatfrais, puis après
condi-tionnement à 10 p. 100 d’humidité par
séjour jusqu’à poids
constant dans une étuvehygrométrique
dont lestempératures
sèche et humide étaientréglées
à 50° et 42°respectivement.
Le retrait radial a été obtenu de la mêmefaçon
sur lalongueur
decarotte
représentée
par l’aubier.L’infra-densité a été calculée sur la base du
poids anhydre P o
etpoids
maximumP,,,
trouvé à l’issue d’une saturation par le vide de 96 heures par la formule :1
y .. ; l’ _1 - -’ L &dquo;-
3. Résultats
Compte
tenu d’un effet « tarière» possible
au niveausupérieur
desondage
pour certaines variables
(diamètres longitudinaux
ettangentiel)
suivant que le côtécorrespondant
est celui d’une entrée ou d’une sortie del’instrument,
les diverses variables étudiées ont faitl’objet d’analyses
de variances différentes.3.1.
Analyse
de variance sur la totaltié de/’ec/)an<;7/!nnage
pour les variables à
effet
tarière excluElle permet
d’analyser
les effets des 3 sources de variation(côté,
niveau ettraitement)
et des 3 interactions d’ordre2 ;
ses résultats sont résumés dans le tableau suivantqui
donne les valeurs des tests « F» correspondants :
TABLEAU 1
On doit tout d’abord noter l’absence d’interaction concernant le
traitement ;
encutre celles observées entre niveaux et côtés sont faibles et sans intérêt
pratique
pourl’expérience.
Le tableau 2 ci-dessous donne les valeurs côté Est et côté Ouest des 5 caracté-
ristiques
pourlesquelles
elles diffèrentsignificativement
l’une de l’autre :TABLEAU 2
Le bois de coeur augmente et l’aubier diminue
lorsque
l’on passe de l’Est àl’Ouest ;
c’est là une observation inattendue et, pourl’instant,
difficile àexpliquer.
L’accroissement du retrait
tangentiel
et de la densité du bois sur le côté Ouest enrevanche ne
surprend
pas : c’est uneconséquence
de laprésence
de bois de tensionqui
estréputé
êtreplus
dense(SACRE, 1959)
et avoir une rétractibilitétangentielle plus
élevée(Or.t.iNMnn, 1956).
Les valeurs par niveau des variables pour
lesquelles
l’effet de celui-ci estsigni-
ficatif sont données dans le tableau 3 :
1 ’1
La diminution du bois de coeur
quand
la hauteur dans l’arbreaugmente
est normale(il
tend vers zéro dans lapartie
laplus jeune.
dutronc) ;
la réduction dunombre de cernes d’aubier à
6,50
mapparaît
comme un corollaire de leurplus grande largeur (elle-même
liée à laplus grande proximité
des sources deproduits
de lapho- tosynthèse
et des substances decroissance),
si l’on admetl’hypothèse
de BAMBER(1975)
suivantlaquelle
la surface de l’aubier estlimitée,
par desphénomènes régu- latoires,
au strict minimum nécessaire pour assurer la circulation de la sève etl’ap- provisionnement
des cellules en substances nutritives.La réduction des retraits
tangentiel
etradial,
de même quel’augmentation
duretrait
longitudinal
et de la densité avec la hauteurcorrespondent
à des effets degradient
normaux liés au caractèreplus juvénile
du boisprésent
aux niveauxsupé-
rieurs.
Quatre
variables seulement sont soumises à un effet traitementsignificatif ;
lestests de
comparaison
de moyennes les concernant donnent les résultats suivants(les pourcentages indiqués correspondent
aux tauxd’élagage,
et les seuils designification
sont donnés en bout de
ligne) :
TABLEAU 4
Une
première
remarques’impose :
les traitements ne sontjamais
ordonnés sui- vant l’intensité des tauxd’élagage, mais,
enrevanche,
les arbres lesplus
sévèrementtraités donnent
toujours
les valeurs lesplus
faibles ou lesplus fortes,
et se diffé-rencient
toujours significativement
des autres, au moins au seuil designification
de5 p.
100 ;
la raison est que, ledispositif vieillissant, beaucoup
de branchesqui
avaientété laissées vivantes lors des
opérations d’élagage
ontdépéri,
en sorte que le volume dehouppier
effectivement fonctionnel est maintenant à peuprès
le même pour toutes lescatégories
allant des témoins aux 55 p.100,
et que seuls les 65 p. 100 ont unesurface assimilatrice
plus
réduite. Aussi bien le bois de oœur que l’aubier y sont moinsétendus,
cequi explique
que lepourcentage
de la section du troncoccupé
par lepremier
ne diffère passignificativement
de celui trouvé pour les autres traitements.Les arbres ayant subi
l’élagage
leplus
sévère ont un aubier formé de cernesplus étroits,
maisplus nombreux :
cephénomène
dequasi-compensation
va bien dans lesens de la théorie de BAMBER
déjà évoquée,
de même quel’épaisseur globale
réduitede ce même
aubier, puisque
la diminution du volume duhouppier
entraîne des besoins moindres de circulation de sève.3.2.
Analyse
de variance pour l’ensemble descaractéristiques
mesurées sur les
prélèvements effectués
à la hauteccr de1,30
mLe niveau inférieur est le seul où une
analyse portant
sur l’effet « traitement »peut
être effectuée pour toutes lesvariables,
ycompris
les diamètreslongitudinaux
et
tangentiels
des carottes desondage
à l’état frais : au niveau6,50
m eneffet,
lesarbres
élagués
à 65 p.100,
dontl’analyse précédente
a montréqu’ils
étaient les seulsà se
séparer
nettement des autres, ont, du fait de leur diamètreplus faible,
faitsurtout
l’objet
deprélèvements
diamétraux(3
individus seulement ont été sondés endeux fois en introduisant la tarière successivement côté Ouest et côté
Est,
commecela a été fait
systématiquement
à1,30 m) ; l’analyse
n’aurait donc pu être faite dans des conditionsd’orthogonalité
satisfaisantequ’en
éliminant le traitement leplus
in-téressant.
Les résultats obtenus au seul niveau retenu sont résumés dans le tableau sui- vant :
TABLEAU 5
On ne trouve aucun effet « traitement » sur les diamètres à l’état
frais,
et no-tamment sur le diamètre
tangentiel,
dont on aprouvé qu’il
est un excellent révélateurdu bois de tension chez le
peuplier.
Les 4 effets « traitement
» significatifs
observés sont les mêmes que ceux mis enévidence dans
l’analyse précédente,
etn’appellent
pas de commentairesupplémen-
taire.
Il
n’apparaît
pas au niveauglobal
d’influence du tauxd’élagage
sur le pour-centage
de bois de coeur(la
valeur du « Fu correspondant
est de1,97, proche
duseuil de
signification
de 5 p.100) ;
un test decomparaison
de moyennes fait cepen- dantapparaître
des différences entre traitementssignificatives
au seuil de 5 p.100,
avec les résultats suivants :
_ ._--!- --
On voit que les deux
diamètres,
et surtout le diamètretangentiel
sontplus
faibles du côté
Ouest,
où le bois se trouve tendu sous l’effet des ventsdominants,
ce
qui confirme,
une fois deplus,
la liaisonnégative
entre bois de tension et dia- mètres des carottes à l’état frais.Les autres effets « côté
» significatifs
concernent 5 variables pourlesquelles
ilsapparaissaient déjà
dansl’analyse
de variance à 3 niveaux duparagraphe précédent,
avec des résultats tout à fait
comparables (longueur
du bois de cœur,pourcentage
du bois de coeur, infradensité et retrait
tangentiel plus
élevés etépaisseur
de l’aubierplus
faible du côté Ouest que du côté Est destiges).
Une seule
caractéristique
nouvelleapparaît
soumise à une influence de l’orien- tement dans lapartie
inférieure de latige :
lalargeur
des cernes de l’aubierqui
passe de8,859
mm à l’Ouest à9,135
mm àl’Est,
cequi
confirme que, contrairement au bois decompression,
le bois de tension n’a pastoujours
des accroissements annuelsplus larges
que le boisopposé
des mêmes arbres.3.3.
Analyse
deseffets
entrée et sortie de la tarièresur tes diamètres des carottes de
sondage
Les
sondages
à6,50
m ont étéeffectués,
on l’a vu, defaçon équilibrée (même nombre,
à une unitéprès,
deprélèvements
avec entrée Est et avec entréeOuest),
en pensant
qu’une
mêmetarière, pénétrant
dans une même zone de boisproche
del’écorce, pouvait
donner des carottes de diamètre différent suivant que l’on se trouve du côté entrée ou du côté sortie de l’instrument dans le tronc. Il est intéressant de levérifier,
à la fois pour voir si lesprécautions prises
dans la réalisation des son-dages
et dansl’interprétation
des résultatsétaient,
aposteriori, justifiées,
et, si cet effetsupposé
se trouveconfirmé,
pour en tenircompte
dans lesexpériences
futures.On a donc
procédé
à descomparaisons
de moyennesappariées
entre les dia-mètres
tangentiels
etlongitudinaux
des carottesprélevées
à6,50
m dans les diffé-rents cas de
figure qui
seprésentaient ;
leurs résultats sont donnés ci-dessous(dia-
mètres
exprimés
enmicrons) :
Concernant le diamètre
tangentiel,
on observe tout d’abord que, dans le cas deprélèvements séparés,
le diamètre Ouest estsignificativement
inférieur au diamètreEst,
mais la différence est moindrequ’à 1,30
m(6,8
microns contre21,9) ;
cecimontre que le bois de tension se retrouve sur toute la
longueur
de la bille depied
du côté soumis aux vents
dominants,
mais que sonimportance
diminue avec lahauteur. L’échauffement
supposé
de la tarièrependant
sontrajet
dans l’arbre a poureffet d’entraîner une
augmentation
du diamètre de la carotte du côtésortie,
ensorte que l’effet
précédent
se trouvecomplètement masqué quand
la sortie se faità
l’Ouest,
et, aucontraire,
considérablementamplifié lorsque
l’onprocède
à un son-dage
diamétral de directionopposée.
Le
phénomène
est un peudifférent,
mais encore très net pour les diamètres dans le sens du fil du bois : iln’y
aplus
de différencessignificatives
dans le cas deprélèvements séparés, mais,
enrevanche, l’augmentation
du diamètre due à la situa-tion de la zone de mesure côté sortie de la carotte est
manifeste, puisque
l’on trouvedes différences de
signe contraire,
toutes deuxsignificatives
au seuil de 1 pour 1000,
suivant que la tarière a été introduite à l’Est ou à l’Ouest.L’ensemble de ces résultats amène à déconseiller la
pratique
desondages
dia-métraux dans toute
expérience
où les variables étudiées sont lesdiamètres,
mesurésau micron
près,
des carottes desondage,
en raison du rôleprépondérant,
vis-à-visde toute autre source de
variation, joué
parl’emplacement
de la zone de mesure par rapport au côté d’introduction de la tarière dans le déterminisme de ces mêmes dia- mètres.Cet effet ne
risque
pas de seproduire
dans lessondages
avec entrées Ouest et Estséparées,
et lacomparaison
que l’on peut faire entre les carottesprélevées
à1,30
m et6,50
m suivant cette modalité demeure doncpossible ;
elle montre que les diamètrestangentiels,
aussi bien du côté tendu que du côtéopposé,
sontsigni-
ficativement
plus
forts au niveausupérieur,
cequi
met en évidence une diminutiondu niveau des contraintes avec la hauteur.
4. Commentaires et conclusion
Les observations
consignées
ci-dessus fontapparaître
une influence faible ou nulle del’élagage
sur la formation de bois de tension d’unepart,
et sur la duramini- sation d’autre part, enopposition
avec les données de la littératurerappelées
enintroduction.
La
méthodologie
utilisée ne devrait pas être mise en cause pourexpliquer
cesrésultats : pour l’estimation du bois de coeur, la
prise
encompte
de deux rayons op-posés
suivant un orientementcorrespondant
à laplus grande anisotropie
devraitfournir une
précision
d’estimation au moins aussi bonne que celle que l’onpeut
obte-nir sur un
plus grand
nombre de directions ou par mesure directe de surfaces surun
petit
nombred’arbres ;
quant àl’appréciation
indirecte du bois de tension àpartir
des diamètres des carottes desondage
à l’étatfrais, qui reposait déjà
surplu-
sieurs
expériences
aux résultatsparfaitements concordants,
elle se trouve confortée ici par les différences relevées entre côté tendu et côtéopposé.
Au reste, si l’on s’en tient aux résultats de SACHSSE
(ceux
de SACRE étant diffi- cilementinterprétables
en raison de conditions trop différentes de milieu et decompé-
tition entre arbres
élagués
ettémoins),
la contradiction n’est pas aussi nettequ’il n’apparaît
àpremière
vue :- en ce
qui
concerne laduraminisation,
l’effet del’élagage
n’estsignificatif
que si l’on
prend
en considération à la fois les troishybrides
entrepeupliers
noirset
peupliers baumiers,
et les 2hybrides euraméricains ;
si l’on se limite à ces derniers(auxquels
se rattache lepeuplier I214),
les différences relevées sont très faibles etvoisines de celles trouvées
ici ;
même en valeurabsolue,
lespourcentages
trouvéssur
Regenerata (33,3
p. 100 pour les arbresélagués
et30,6
p. 100 pour lestémoins)
sont
parfaitement comparables
à ceux obtenus en Forêt de Retz sur 1214(32,1
p. 100en moyenne pour les
élagués
à 55 p. 100 et 65 p. 100 contre30,7
p. 100 pour les témoins et lesélagués
à 35 p. 100 et 45 p. 100) ;- la situation est à peu
près
la même en cequi
concerne le bois de tension :si l’on s’en tient aux
peupliers euraméricains,
iln’y
a,d’après
les données détailléespubliées
par SACHSSE(op. cit.),
aucune différencesignificative
entreélagués
et té-moins,
et on n’en obtient une que si l’on fait intervenir leshybrides peupliers
noirsX
peupliers baumiers,
et, enparticulier,
le cultivar Wettstein 264.On
pourrait
certesobjecter
àl’expérience
de Retz que l’étude a étéentreprise
à un moment
où,
du fait dudépérissement
des branches inférieures sur les arbres les moinsélagués,
les divers traitements ne se différencientplus guère
les uns desautres du
point
de vue de leur masse foliaire ou de leurcroissance ; cependant,
letraitement à 65 p. I0’0
qui
sedistingue
bien des autresn’apparaît
nullement commeayant
davantage
de bois de tensionqu’eux.
D’autrepart,
l’essentiel est cequi
sepasse dans la
pratique populicole
courante ; laséquence
d’interventions suivie enForêt de
Retz, élagages
à7,
12 et 15ans,
est, de cepoint
de vue, assezréaliste,
même si des interventionsplus précoces
sontparfois pratiquées (B ONDUELLE , 1971),
et l’étude du bois à 21 ans
également, puisque
celacorrespond
à unâge
où on peutenvisager
une récolte en bois d’oeuvre. Il vientautomatiquement
un moment où on arrête lesopérations d’élagage qui
deviennent trop onéreuses en raison du niveau élevéauquel
il faudraitintervenir ;
il est normal que, la croissance en hauteurcontinuant,
les branches les
plus
basses meurent ; cela seproduit
naturellement dans lespeuple- raies,
même cultivéesintensivement,
et seulimporte
donc de savoirsi,
en l’occur-rence, on trouve
plus
de bois detension,
lors del’exploitation,
sur les arbres ayantété antérieurement
élagués
ou non. Pour leI 214,
dans les conditions de laForêt
deRetz,
laréponse
estnégative.
Bien que l’on ne
dispose
pas derenseignements précis,
il semble que dans l’ex-périence
deS ACHSSE ,
les arbres aient étéélagués
annuellement àpartir
de 5 ans, et que les études du bois formé aient été faites à 9 ans ; il n’est pasimpossible
que,sur des
sujets
aussijeunes,
il y ait effectivementplus
de bois de tension sur les indi-vidus
élagués, mais,
si lephénomène s’estompe
avecl’âge,
il nepeut
être considérécomme très grave,
puisque
lapartie
centrale des troncs neprésente qu’un
intérêtindustriel limité.
Quoi qu’il
ensoit,
il estprudent
de ne pasextrapoler
les résultatsconsignés
icià ses cultivars autres que le
I214, puisqu’il apparaît,
au vu del’expérience
deS
ACHSSE que les effets de
l’élagage
sur la formation de bois de tensionpeuvent
varier d’un clone àl’autre,
etpuisque,
parailleurs,
uneétude,
non encorepubliée,
de laStation de Recherches sur la
Qualité
des Bois et de l’AssociationForêt-Cellulose (AFOCEL)
met en évidence une forte héritabilité au senslarge
del’aptitude
despeupliers
àproduire
du bois de tension. Il serait doncintéressant, lorsque
le maté-riel
expérimental
nécessaire seradisponible, d’analyser
à nouveau, sur un échantillon- nagesuffisant,
lesconséquences
de l’ablation de branches vivantes sur l’élaboration du bois detension,
en se focalisant sur des clones de la Section Tacamahacaqui paraissent
avoir unepropension
touteparticulière
à enproduire.
Reçu
le 20 niars 1984.Accepté
le 15juin
1984.Remerciements
MM. Jean-René PERRIN, Jean PERRIN, Claude HOUSSEMENT ont
procédé
auxprélèvements
de
terrain,
et Mme Danièle AUBERT a mené à bien l’ensemble des calculsstatistiques
néces- saires ; que tous soient vivement remerciés ici.Summary
Influence of prurtirzg
on tlte heartwoodformation,
theproduction of
tension wood and some otlzer woodproperties of
1214poplar
Four increments cores have been taken (at 1.30 and 6.50 m above ground, both on the
western and the eastern sides of the
boles)
in 177 I 214poplars
pruned at different intensities up to 65 p. 100, to know the effects of thepruning
treatment, moreparticularly
on theoccurence of tension wood
(indirectely
estimated from thetangential
diameter of the increment cores in wet condition) and on the heartwood formation. The main results are asfollows :
- Heartwood is thinner and sapwood
larger,
tangentialshrinkage
andspecific gravity higher
on the western side of the trees, i. e. that of theprevailing
winds ;- At 6.50 m,
sapwood rings
arefewer,
butthey
are wider than at breastheight ;
-
Pruning only
influences the different parameters related to heartwood formation : in the 65 p. 100 treatment,sapwood
lies on more numerous, but narrowerrings ;
- There is a
tendency
for theseverely pruned
trees (55 p. 100 and 65 p. 100) to havea
higher
percentage of heartwood ;- The amount of tension wood is
higher
on the western side in relation with the tension stresses due to thewind,
but is quiteindependent
of thepruning
treatment.Références
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