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Diffusion et échanges d'amphores. Quelques cas à l'époque romaine : identifier, compter et interpréter.

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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Systèm es d e production e t d e circulation

Diffusion e t échanges d'amphores

Quelques cas à l'époque romaine :

identifier

;

compter et interpréter

Fanette Laubenheimer (UMR ArScAn - Gaule)

Les am phores sont d es céram iques qui n'ont d e sens q u e pour c e qu'elles contiennent et qu'elles transportent. Elles ont une fonction primaire e t une seule, celle d 'e m b a lla g e . Leur forme e st c o n ç u e en liaison a v e c le ty p e d e d e n ré e qu'elles vont transporter. Il s'agit d o n c d 'e m b a lla g e s perdus spécifiquem ent conçus pour la diffusion d e den rées alim entaires d e base qui alim entent les grands marchés d e la période romaine. Objets d e voyage, elles sont, d e p a r leur fonction m êm e, liées aux é c h a n g e s et à la diffusion. Elles sont aussi liées à la production agricole, vignoble, oliveraies, ou maritime, poissons sous toutes sortes d e formes. Elles sont é g a le m e n t associées aux habitudes alimentaires e t au co n tex te économ ique des m arch és à m oyenne ou g ran d e distance.

Pour toutes ce s raisons, elles sont bien différentes d e la vaisselle en céram ique.

Évaluer la quantité d 'a m p h o re s qui ont é té distribuées sur les m archés, par origine e t par denrée, e t cartographier les circuits d e distribution sont deux d é m a rch e s essentielles dans l'étu d e actuelle d e l'économ ie rom aine à travers le fil con d u cteu r des am phores. Par ailleurs, les problèm es d e production sont bien sûr posés, mais nous les laisserons d e côté aujourd'hui pour étudier quelques c a s d e diffusion d e s am phores en Gaule ou en G rande-B retagne et la façon dont la d é m a rc h e a é té m e n é e :

• les Dressel 1 e t le vin d e l'Italie tyrrhénienne aux deux premiers siècles a v a n t notre ère ; • une com paraison entre la diffusion du vin d e Tarraconaise e t celle du vin d e Narbonnaise en

G aule ;

• les am phores à huile d'olive Dressel 20 d e la vallée du Guadalquivir.

La distribution d es amphores vinaires d e l’Italie tyrrhénienne en Gaule aux deux premiers siècles avant notre ère

Il s'agrt d'u n e production e t d 'u n e distribution d e masse, par milliers et millions d 'a m p h o re s Dressel 1. Des cartes d e distribution, en term es d e p ré se n c e /a b se n c e , en G aule et en B retagne ont é té publiées depuis 1965, puis maintes fois reprises, signalant parfois les points d e forte concentration, ou m êm e les zones d'activité d e s chercheurs. À partir des a n n é e s 1980, les premiers c o m p ta g e s précis sont m enés par Michel Py sur un seul site près d e Nîmes. Il étudie l'évolution d e la distribution d es am phores d an s le tem ps par rapport à un dénom inateur com m un : la céram iq u e comm une non tournée. Ces premiers élém ents statistiques excitent la réflexion e t conduisent à d e s observations contradictoires :

• Christian G oudineau en déduit que la consom m ation d e vin en Gaule e st multipliée par dix après la c o n q u ê te d e la Narbonnaise ;

• Tchemia q u e les importations d e vin se sont multipliées par trente entre le d é b u t e t la fin du Ile siècle ;

• Bats rem arque q u e les calculs sur l'évolution d e s p o u rcentages d 'a m p h o re s étant faits par rapport à la cé ra m iq u e non tournée, ils sont faussés p a rc e que c e tte céram ique diminue sensiblem ent à c e tte période.

Si l'on est p a ssé d'observations simples (p ré s e n c e /a b s e n c e ) à d e s statistiques fines, les interprétations sont diverses pour un m êm e site e t les com paraisons entre plusieurs sites e n c o re mai établies.

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Systèm es d e production e t d e circulation

Depuis une dizaine d'an n ées, dans le c a d re d'un (program m e collectif d e rec h e rch e (PCR) sur Les am phores en Gaule, production e t circulation, j'ai proposé une m é th o d e d e c o m p ta g e d a n s laquelle tous les tessons d 'a m p h o re s sont com ptés e t identifiés par origine e t p ar produit. Il y a plusieurs possibilités pour présenter les résultats :

• soit à partir d'un co m p tag e global pour tout le site considéré com m e un seul ensem ble : A /M / site, les résultats sont co m parables d'un site à l'au tre (p ré se n c e /a b se n c e quantifiée), mais la chronologie n'est pas prise en co m p te ; l'im age fournie est c e p e n d a n t très riche e t n u an cée puisqu'elle m et en jeu d év elo p p em en t géog rap h iq u e e t quantitatif ;

• sort à partir d'un c o m p ta g e par phase (A/Mp h a se ), qui peut se d é v e lo p p e r par type d e d e n ré e et/ou par origine évoluant dans le temps.

Certes la com paraison entre fouilles pose toujours des problèm es d e puissance stratigraphique plus ou moins d é v e lo p p é e e t d e tem ps d 'o ccu p atio n ; on a recours alors aux pourcentages.

Circuits d e distribution en Gaule des vins d e Tarraconaise et des vins d e Narbonnaise

Dans le c a d r e du PCR, qui prend en c o m p te l'ensem ble d e s Gaules, nous avons choisi d e travailler d 'a b o rd sur un certain nom bre d e sites clés par leur position géographique, puis d e faire d e s synthèses par région en utilisant largem ent les résultats d e l'archéologie préventive mais aussi les fouilles program m ées, ou les collections anciennes.

Des exem ples d e distribution de vin au Haut Empire, en termes d e A /M / site, vont perm ettre d e voir se dessiner

des axes d e c o m m e rc e très différenciés suivant les périodes e t les marchés.

À la période au g u sté e n n e, les vins d e Tarraconaise inondent l'ouest d e la Gaule, mais sont rares dans l'axe R hône-Saône e t vers le limes germ anique. Les raisons d'une telle distribution sont e n c o re à éclaircir. À la période flavienne e t au Ile s., les vins d e Narbonnaise sont distribués en très g ran d e a b o n d a n c e par l'axe R hône-Saône vers le limes et la Bretagne, approvisionnant un m arch é lié à la p rése n c e militaire, mais sont quasiment inexistants dans l'Ouest d e la Gaule.

La diffusion d e l’huile d e Bétique

Sa production massive se traduit par celle d e millions d'am p h o res (ateliers d e Bétique, Monte Testaccio à Rome). B eaucoup sont timbrées, et les m arques peintes qu'elles portent (si elles sont conservées) indiquent d es datations claires. La diffusion est étu d iée par ie biais des timbres le long du limes

germ anique (mille deux cents estampilles) e t en Bretagne (mille huit c en t quarante-deux estampilles) : elle perm et d e m ettre e n relation les zones d e production identifiées p ar les timbres, des m arc h és d'exportation spécifiques e t l'évolution des distributions sur le plan géographique e t dans le tem ps.

Des cartes d e la Bretagne av ec indication d e la densité des am phores tim brées montrent que la consom m ation e st d 'a b o rd militaire e t com m ent elle suit dans le tem ps les points forts d e l'occupation militaire. L'évolution d es sites fournisseurs é v o q u e des contacts organisés a v e c l'administration publique. Une com paraison e st dressée a v e c la Germanie d 'où ém ergent d e nouvelles observations : p a r exem ple, sous les Flaviens, la variation des timbres dans c e s deux régions su g g ère des relations privilégiées entre t r producteur e t une région d'importation.

Une vision globalisante d 'u n e telle ampleur est très novatrice, mais elle a ses limites (non-prise en co m p te d e s am phores non tim brées).

L'exemple en G aule du c a m p militaire a u g u stéen d'Aulnay en Saintonge (1 188 tessons d 'a m p h o re s, NMIsite

par ensem ble, soit cen t trente) neuf am phores, dont quatre-vingt Dressel 20) perm et d e s'interroger sur la spécificité d e l'approvisionnem ent du c a m p par ra p p o rta celui d e s sites civils urbains ou ruraux d e la région, étudiés a v e c les m êm es m éthodes d e c o m p ta g e . Les chiffres frap p en t par leur c o h é re n c e . I a p p a ra ît que dans les sites civils, les importations d e vin d e Tarraconaise (76% à 96% d e s am phores) sont systém atiquem ent supérieures, et dans des proportions très importantes, à celle d e l'huile d e Bétique (moins d e 10 %). Or la situation est diamétralement o p p o s é e à Aulnay où les importations d'huile dom inent (plus d e 60 %) très larg e m e n t celles d e vin d e Tarraconaise (26 %), com m e sur les cam ps du limes germ anique. I est important d e dire q u 'a u c u n e am phore à huile n'est ici timbrée, si bien q u e c e type d e c a s ne sera pas pris en considération d a n s l'évaluation des distributions d'huile telle qu'elle est faite pour la Bretagne e t la Germanie à partir des estampilles.

Encore une fois nous touchons aux limites des types d'évaluation, dont on sait bien q u 'a u c u n e n'est parfaite, m êm e la nôtre !

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Systèm es d e production e t d e circulation

Si les am phores se prêtent adm irablem ent bien aux études d e diffusion e t d 'é c h a n g e s, rappelons-nous q u e nous ne travaillons q u e sur une partie d e c e qui a é té la réalité (les tessons q u e nous avons trouvés) : nos divers types d 'a p p ro c h e s ont tout intérêt à se multiplier e t se croiser, e t nos interprétations à rester m odestes !

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