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La vidéosurveillance dans l’espace
VII. Recherche scientifique:
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ? Une analyse quantitative.
Ook wie weg is, is gezien?
Commanditaire : SPF Intérieur – Direction générale Sécurité et Prévention – Direction Sécurité locale intégrale
Promoteurs : Hans Vermeersch – Evelien De Pauw – Wim Hardyns de la Katholieke Hogeschool Zuid-West-Vlaanderen, Expertisecentrum Maatschappelijke Veiligheid.
Chercheurs : Jill Mortelé – Famke Deprins
Durée de la recherche : 1er novembre 2011 – 30 octobre 2012
ic est-elle vraiment efficace ?
TABLE DES MATIERES
I. Pour vous, bourgmestres: Questions sur la vidéosurveillance dans l’espace public
II. Pour vous, gestionnaires de dossier: Les 10 phases du processus d’installation d’un système de vidéosurveillance III. Pour vous, experts techniques: Le projet technique
IV. Pour vous, experts juridiques: Le cadre légal V. Bonnes pratiques nationales et internationales VI. Recherche scientifique: Urban Eyes
VII. Recherche scientifique: La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
Avant-propos ...5
Introduction...7
I. Méthodologie 1. Objectif et questions de la recherche...8
2. Schéma de la recherche...9
2.1. Sécurité objective...10
2.2. Sécurité subjective...11
3. Limites et faiblesses méthodologiques...12
II. Analyse et résultats 1. Sécurité objective...14
1.1. L'ensemble des villes...14
1.2. Cas 1...19
1.3. Cas 2...21
1.4. Cas 3...23
1.5. Cas 4...25
1.6. Cas 5...26
1.7. Cas 6...28
1.8. Cas 7...29
2. Sécurité subjective...31
III. Conclusion finale et recommandations...33
VII. Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
ic est-elle vraiment efficace ?
AVANT-PROPOS
La Direction Sécurité locale intégrale tente de soutenir les autorités locales dans la mise en œuvre de la vidéosurveillance dans l’espace public, en leur fournissant des conseils objectifs et qualitatifs.
La recherche scientifique joue un rôle non négligeable à cet égard en ce qu’elle permet d’étayer scientifiquement les recommandations formulées.
En 2009 - 2010, une première analyse qualitative avait déjà été menée pour le compte de la Ministre de l’Intérieur afin de mettre en lumière les possibilités et les limites de la vidéosurveillance, notamment par le biais de groupes focaux. Cette recherche scientifique, intitulée ‘Urban Eyes’, visait principalement à répondre aux questions suivantes : "Quelles villes font appel à la vidéosurveillance ?" et "Pour quelles raisons et selon quelles modalités ?".
De nombreuses collectivités locales ont exprimé la demande d’obtenir une analyse quantitative portant sur les effets de la vidéosurveillance déployée en Belgique.
Cette recherche scientifique “La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ? Une analyse quantitative” tente d’apporter une réponse à l’impact de la vidéosurveillance dans l’espace public sur la sécurité et la politique de sécurité dans une ville ou une commune, ainsi qu’aux effets de la
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
Cette recherche a débouché sur un certain nombre de résultats, conclusions et de recommandations, que vous trouverez résumées dans le présent fascicule.
Je souhaite adresser un mot de remerciement aux villes et communes qui ont prêté main forte à cette recherche scientifique. Je tiens également à remercier les membres du comité d'accompagnement pour le soutien qu'ils ont apporté à l'équipe de chercheurs pendant ses travaux.
Vous trouverez ci-après un résumé de la recherche "La vidéosurveillance dans l'espace public est-elle vraiment efficace?".
L'équipe de recherche, à qui je souhaite également adresser mes remerciements, va en publier le rapport complet.
Philip Willekens Directeur général
Direction générale Sécurité et Prévention
ic est-elle vraiment efficace ?
INTRODUCTION
Le nombre de villes et communes qui, au cours de la dernière décennie, ont opté pour la vidéosurveillance dans la lutte contre la criminalité et l’insécurité, continue d’augmenter à vue d’œil.
Ce thème a récemment fait l’objet - et c’est encore le cas aujourd’hui - de discussions assez vives, parfois même à caractère politico-philosophique. Le principal débat, dont les arguments sont bien connus, donne toutefois une forte impression de polarisation : les opposants à la vidéosurveillance brandissent le droit à la vie privée ; quant aux partisans, ils invoquent l’exigence impérative d’une sécurité accrue. Tant le débat fondamental que toute discussion concrète sur l’instauration de la vidéosurveillance dans un lieu déterminé requièrent un discours d’orientation pragmatique et d’inspiration scientifique.
La recherche “La vidéosurveillance dans l'espace public – une analyse quantitative” visait dès lors à évaluer la vidéosurveillance sur la base d’une méthode quantitative.
Dans une première partie, vous trouverez de plus amples précisions et explications concernant la
méthodologie de la recherche, les moyens utilisés par les chercheurs pendant la phase de recherche ainsi que les possibilités et limites méthodologiques.
Seront ensuite abordés l’analyse spécifique et les résultats portant sur la sécurité objective et subjective.
Cette analyse tend à refléter l’efficacité de la vidéosurveillance.
La recherche se termine par une conclusion générale et des recommandations dont l’objectif est de répondre, sur la base des résultats, aux questions qui étaient à l’origine de cette recherche scientifique. Enfin, quelques recommandations pratiques sont formulées en guise de soutien aux autorités locales.
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
I. METHODOLOGIE
1. Objectif et questions de la recherche
L’examen de la littérature réalisé par les chercheurs a révélé que peu d’études permettent d’apporter une réponse uniforme et univoque à la question de l’efficacité de la vidéosurveillance et qu’il est nécessaire de tenir suffisamment compte du contexte pour ce faire.
Cette recherche met l’accent sur l’analyse quantitative de l’efficacité de la vidéosurveillance. Son impact est évalué sur la base de données objectives telles qu’elles ressortent des statistiques policières. Cette analyse est complétée par l’examen des données relatives aux sentiments d’insécurité, lequel se base sur des informations obtenues par le biais d’une post-enquête. Les habitants des différents sites ont été rétrospectivement sondés quant à leur sentiment d’insécurité actuel et le changement qu’ils en ont ressenti, leur perception des risques, leur comportement d’évitement et leur opinion sur l’efficacité et l’opportunité de la vidéosurveillance. Pour la réalisation de ce sondage, il a systématiquement été tenu compte du moment auquel le système de vidéosurveillance a été instauré, lequel diffère dans chacune des villes concernées.
Le contexte des sites examinés est défini en sondant les zones de police concernées au sujet : - Des spécifications (techniques) des systèmes de caméras ;
- De la sélection des sites (appropriés pour cette recherche) ;
- De l’évolution de la sécurité dans la ville/commune dans son ensemble.
L’étude apporte une réponse aux questions suivantes :
Question 1 : Quel est l’impact de la vidéosurveillance sur la criminalité, les nuisances et le sentiment
d’insécurité au sein d’un quartier délimité et d’une ville et ce, en général et pour certaines formes de criminalité spécifiques ?
Question 2 : Dans quelle mesure est-il question d’un effet de déplacement ou d’autres effets imprévus de la vidéosurveillance ?
Question 3 : Dans quelle mesure la vidéosurveillance a-t-elle un impact sur l’approche administrative et
ic est-elle vraiment efficace ? l’action policière, à savoir les interventions ? (Cette question n’a pu être examinée que partiellement dans le
cadre de cette recherche).
2. Schéma de la recherche
Afin de pouvoir examiner les effets de la vidéosurveillance dans l’espace public, les questions précitées ont été analysées sur la base de différents cas d’étude.
Pour pouvoir tenir compte des effets imprévus ou indésirables, tels que l’éventuel déplacement de la criminalité et la diffusion des avantages, il convient de sélectionner au moins 3 sites différents dans chaque ville/commune et de comparer les évolutions au sein de ces sites pour rendre visible l’impact des systèmes de caméras (Welsh & Farrington, 2007; Welsh & Farrington, 2002; Welsh & Farrington, 2003).
Dans le cadre de cette recherche, les sites suivants ont été sélectionnés par ville/commune (dans la mesure du possible) :
- Le site de la recherche à proprement parler : la zone dans laquelle des caméras ont effectivement été installées dans l’espace public ;
- Le site-tampon ou site avoisinant : la zone entourant le site de la recherche, sans vidéosurveillance ; - Le site de contrôle : un lieu, sans vidéosurveillance, éloigné à la fois du site de la recherche et du site-tampon. Ce site doit néanmoins présenter des traits communs avec le site de la recherche.
Pour la sélection des cas d’étude, l’objectif visait un schéma de recherche avec minimum 2 cas flamands, 2 bruxellois et 2 wallons. Finalement, 7 villes/communes ont été sélectionnées. Afin de garantir leur anonymat,
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
2.1. Sécurité objective
L’influence de la vidéosurveillance sur la sécurité objective a été examinée à la lumière d’une analyse des statistiques de la criminalité dans chaque ville/commune participante et, si possible, pour une période minimale d’1 année précédant et d’1 année suivant l’installation des caméras, le but étant d’obtenir des chiffres sur une période suffisamment longue.
Pour des raisons méthodologiques, il a été décidé d’étudier une seule et même période, précédant et suivant la mise en place des caméras. Cela permet de comparer l’évolution de la criminalité en chiffres absolus et de mener des analyses ciblées.
L’étude de l’effet de la vidéosurveillance sur la sécurité objective consiste en une analyse globale et toute une série d’analyses liées à des cas bien spécifiques. Cette analyse globale combine les chiffres de toutes les villes/communes et compare les différences entre le site de la recherche, le site-tampon et le site de contrôle.
Les facteurs contextuels spécifiques sont ainsi partiellement écartés au profit d’un ‘schéma général’ qui est relativement indépendant des facteurs locaux spécifiques et autres formes de distorsion.
Outre une analyse générale, l’influence de la vidéosurveillance a également été examinée par ville/commune et plus précisément pour évaluer dans quelle mesure l’impact de la vidéosurveillance dépend ou peut être expliqué par des facteurs contextuels et techniques spécifiques.
Les analyses des chiffres ont été effectuées de la même manière pour chaque ville/commune.
Sur la base des données disponibles, il a été procédé à une analyse non seulement de la criminalité en général, mais aussi des catégories de criminalité prédéfinies afin de pouvoir déceler des effets plus spécifiques de la vidéosurveillance.
Les 4 catégories de criminalité définies dans le cadre de cette recherche sont:
- Les nuisances ;
- Les vols et dégradations ; - La violence et les menaces ; - La fraude et l’escroquerie.
ic est-elle vraiment efficace ?
2.2. Sécurité subjective
Afin de bien cerner la manière dont les caméras influencent la perception de la (l’in)sécurité, les sentiments d’insécurité perçus par les habitants dans les sites sélectionnés ont été recueillis et analysés.
Vu l’absence de mesure zéro (mesure avant la mise en place des caméras), il a été opté pour une ‘enquête rétrospective’ en se basant sur la capacité des répondants à estimer l’évolution de la sécurité dans leur quartier au fil des années.
Pour des raisons pragmatiques, le sondage subjectif a été limité à une seule ville/commune en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie.
La méthode utilisée a été de déposer instinctivement une post-enquête dans les boîtes aux lettres sur les différents sites, en visant une variabilité de répondants aussi large que possible.
Les objectifs poursuivis par l’équipe de chercheurs en réalisant cette analyse ont été de :
- Bien comprendre ce que les habitants des différents sites pensent de la vidéosurveillance ; - Définir le degré de sensibilisation des habitants par rapport aux caméras ;
- Examiner dans quelle mesure la présence de caméras et les attitudes par rapport à la vidéosurveillance sont liées à l’expérience/au ressenti de la sécurité et à la perception de l’évolution de la sécurité dans le quartier, suite à la mise en place de caméras.
Au total, 4000 enquêtes ont été diffusées sur les différents sites des villes/communes concernées.
348 (9%) questionnaires ont été renvoyés et le point central a été la comparaison entre les différents sites, par-delà les villes.
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
Tableau 1 : Répartition du taux de réponse sur les sites, 3 villes combinées.
Site Nombre Pourcentage
Site de la recherche 113 32,5%
Site-tampon 141 40,5%
Site de contrôle 94 27,0%
3. Limites et faiblesses méthodologiques
Pendant leurs travaux, les chercheurs ont été confrontés à un certain nombre de limites méthodologiques et pragmatiques.
Il importe dès lors d’interpréter les résultats de la recherche en tenant compte de ces aspects.
Site de contrôle
Il n’a pas été évident de sélectionner un site de contrôle dans toutes les villes/communes. Or, le fait de considérer ‘le reste de la ville’ comme un site de contrôle et de comparer ces chiffres avec le site de la recherche à proprement parler, peut influencer les résultats. Un site de contrôle sous-optimal est toutefois mieux qu’aucun site de contrôle dans la mesure où ce dernier est essentiel pour prouver d’éventuelles
tendances en matière de criminalité (Welsh & Farrington, 2007; Welsh & Farrington, 2003; Welsh & Farrington, 2009).
ic est-elle vraiment efficace ? Statistiques détaillées
Il n’a pas été facile d’obtenir les statistiques correctes et détaillées. L’équipe de chercheurs a souvent manqué de chiffres pertinents pour procéder aux analyses concernant les paramètres objectifs, par exemple au sujet des interventions policières ou de l’évolution de la criminalité au sein d’une ville dans son ensemble.
Interventions policières
Une analyse du nombre d’interventions policières n’a pu être menée que pour 2 villes.
Le lien entre la vidéosurveillance et le ciblage des interventions policières ne pouvait donc pas toujours être examiné et certaines hypothèses n’ont pas pu être suffisamment vérifiées.
Post-enquête
Pour des raisons pratiques et financières, il n’a pas été possible de sonder toutes les villes/communes concernées au sujet des sentiments d’insécurité subjectifs.
Le taux de réponse à la post-enquête était lui aussi plutôt limité et seules des conclusions générales ont ainsi pu être formulées à ce sujet.
Sondage rétrospectif
Un sondage rétrospectif entraîne indubitablement une certaine forme de distorsion (effets de mémoire). Or, il est improbable que cet effet se manifeste différemment dans les différents sites.
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
II. ANALYSE ET RESULTATS
1. Sécurité objective
Ci-après, vous trouverez un aperçu des principaux résultats.
L’encadré bleu reprend, pour chaque analyse, les principaux résultats et les éventuels effets imprévus.
Il importe cependant de garder présent à l’esprit que ces résultats doivent toujours être nuancés. Dans le cadre de cette recherche scientifique, il faut tenir compte de nombreuses limites méthodologiques.
En outre, l’impact des caméras dépend fortement du contexte local, de la complexité du problème et de la mise en place ou non d’autres mesures.
1.1. L’ensemble des villes
L’analyse globale combine les statistiques de l’ensemble des villes sondées et compare les différences entre les sites. Il en ressort un schéma général qui est relativement indépendant des facteurs locaux spécifiques.
L’analyse ci-dessous se base sur les chiffres des 12 mois précédant et des 12 mois suivant la mise en place des caméras.
ic est-elle vraiment efficace ? Criminalité générale enregistrée
Schéma 1 : Criminalité générale : avant et après l’installation des caméras (marge : 24 mois), sur l'ensemble des villes.
Le schéma ci-dessus reflète une légère baisse de la criminalité dans le site de la recherche à proprement parler, ce qui semble confirmer l’efficacité préventive de la vidéosurveillance.
Avant Après
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
Criminalité enregistrée par catégorie Nuisances
Schéma 2 : Nuisances : avant et après l’installation des caméras (marge : 24 mois), sur l'ensemble des villes.
Le schéma ci-dessus indique une diminution générale des nuisances dans le site de la recherche à proprement parler.
Par rapport au site de contrôle qui se caractérise par une augmentation de la criminalité, on peut affirmer que la vidéosurveillance contribue à réduire le nombre de faits de nuisances.
Outre une diminution effective du nombre de faits dans le site de la recherche à proprement parler, la vidéosurveillance a un impact supplémentaire et positif sur le site-tampon.
La baisse constatée dans le site-tampon prouve qu’il y a eu diffusion des avantages.
Avant Après
ic est-elle vraiment efficace ? Vols et dégradations
Schéma 3 : Vols et dégradations avant et après l’installation des caméras (marge : 24 mois), sur l'ensembe des villes.
La baisse du nombre de vols et de dégradations dans le site de la recherche à proprement parler, contrastant avec la hausse des faits dans le site de contrôle, montre que la vidéosurveillance influence positivement le
Avant Après
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Fraude et escroquerie
Schéma 4 : Fraude et escroquerie avant et après l’installation des caméras (marge : 24 mois), sur l'ensemble des villes.
Pour ce qui concerne la fraude et l’escroquerie, une diminution est constatée dans le site de la recherche à proprement parler.
La vidéosurveillance semble donc efficace dans la lutte contre cette catégorie de criminalité.
Les résultats enregistrés dans le site-tampon diffèrent de façon significative de ceux observés dans le site de recherche et le site de contrôle. Ces différences peuvent s’expliquer par un déplacement partiel de la criminalité.
Avant Après
ic est-elle vraiment efficace ?
Les principaux résultats et les effets imprévus
Criminalité générale :
- Effet souhaité : diminution de la criminalité (effet préventif) - Effet de déplacement limité
Nuisances :
- Effet souhaité : diminution de la criminalité (effet préventif) - Diffusion des avantages
Vols et dégradations :
- Effet souhaité : diminution de la criminalité (effet préventif) - Effet de déplacement
Violence et menaces :
- Effet zéro : pas de différences significatives enregistrées
Fraude et escroquerie :
- Effet souhaité : diminution de la criminalité (effet préventif) - Effet de déplacement
1.2. Cas 1
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
caméras vers certains points ou trajets, par une simple pression sur un bouton.
Lors de leur installation, les caméras ont été dirigées vers les principaux lieux de sorties, les zones touristiques, les rues commerçantes et les rues parallèles, ainsi que les principales voies intérieures et extérieures à la ville, une attention toute particulière étant accordée aux voies de fuite. Le site de la recherche qui a été choisi dans ce cas d’étude présente principalement des rues commerçantes.
La vidéosurveillance s’effectue en temps réel, mais en combinaison avec d’autres tâches (administratives).
La mise en place du système de caméras poursuivait plusieurs objectifs. Ainsi, les caméras visaient à ‘prévenir, constater ou déceler les délits contre les personnes ou les biens ou les nuisances, ou à maintenir l'ordre public;
et ce, en collectant, traitant ou sauvegardant des images enregistrées par le système de caméras’.
Outre la vidéosurveillance, d’autres mesures supplémentaires ont encore été adoptées par la ville, comme le réaménagement de certaines rues, l’organisation de campagnes de sensibilisation et le déploiement de patrouilles (de police).
Les principaux résultats et les effets imprévus qui ont été obtenus dans cette ville
Criminalité générale :
- Éventuel effet indésirable : indication d’un enregistrement accru des faits en conséquence de la vidéosurveillance
Nuisances :
- Effet imprécis : plus grand effet dans le site de contrôle. Pas possible de conclure à un effet explicite
ic est-elle vraiment efficace ?
1.3. Cas 2
Pour cette ville, l’analyse se base sur les chiffres des 12 mois précédant et des 12 mois suivant l’installation des caméras.
Cette ville a recours à des caméras fixes, à des caméras ‘speeddome’, à des systèmes de caméras intelligentes et également à des répertoires fonctionnels qui permettent de diriger les caméras vers certains points, par une simple pression sur un bouton.
Les systèmes de suveillance par caméras ont été principalement installés dans les quartiers de sorties, les zones touristiques ainsi qu’à proximité des salles des fêtes.
Vols et dégradations :
- Eventuel effet indésirable : indication d’un enregistrement accru des faits en conséquence de la vidéosurveillance
Violence et menaces :
- Eventuel effet indésirable : augmentation du nombre de faits par un enregistrement accru des faits Fraude et escroquerie :
- Effet zéro : pas de différences significatives entre sites
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
La mise en place du système de caméras avait principalement pour objectif de lutter contre les nuisances dans les quartiers de sorties.
Outre la vidéosurveillance, d’autres mesures supplémentaires ont encore été adoptées par la ville, comme l’organisation de patrouilles supplémentaires, la mobilisation plus ciblée de policiers, l’instauration d’une interdiction d’alcool en rue le weekend et la mise en application de la législation sur les sanctions administratives communales (SAC).
Les résultats principaux et les effets imprévus qui ont été obtenus au sein de cette ville
Criminalité générale :
- Effet indésirable : augmentation du nombre de délits par l’enregistrement accru des faits ou un meilleur ciblage des interventions
- Pas d’effets imprévus enregistrés
Nuisances :
- Effet indésirable : augmentation du nombre de faits de nuisances par l’enregistrement accrue des faits - Pas d’effets imprévus enregistrés
Vols et détériorations :
- Effet zéro : pas de différences significatives entre les sites
Violence et menaces :
- Effet zéro : pas de différences significatives entre les sites Fraude et escroquerie :
- Trop peu de faits dans la période examinée pour pouvoir tirer des conclusions
ic est-elle vraiment efficace ?
1.4. Cas 3
Pour cette ville, l’analyse est basée sur les données chiffrées des 27 mois précédant et de 27 mois suivant l’installation des caméras.
Cette ville a recours à différentes sortes de caméras, comme un système de vidéosurveillance mobile, des caméras PTZ 2, des caméras-dômes et des systèmes de caméras intelligentes. De plus, elle travaille avec des répertoires fonctionnels qui permettent de diriger les caméras sur certains points, par une simple pression sur un bouton.
Les caméras ont été installées dans les principaux quartiers de sorties, les rues commerçantes, le centre-ville/
le marché et le quartier de la gare.
Le site de recherche qui a été choisi pour ce cas d’étude se compose à la fois du quartier de la gare et du centre-ville.
La vidéosurveillance s’effectue en temps réel, mais en combinaison avec d’autres tâches (administratives).
Lors d’événements, une vidéosurveillance en temps réel intégrale est mise en place.
Un premier objectif visé par l’installation de caméras est la lutte contre les nuisances générales au sein de la ville.
Un second objectif consiste à utiliser les images vidéo comme éléments de preuve.
Outre la vidéosurveillance, d’autres mesures complémentaires sont prises par cette ville, tels que le
réaménagement du marché, l’ajout de dos d’âne et de places de parking pour lutter contre le stationnement sauvage, une présence policière accrue en rue, le travail de quartier, la médiation en matière de nuisances,
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
Les résultats principaux et les effets imprévus qui ont été obtenus au sein de cette ville
Criminalité générale :
- Effet souhaité : diminution de la criminalité - Diffusion d’avantages
Nuisances :
- Effet souhaité (limité) : diminution de la criminalité
- Seule une diminution limitée éventuellement par un enregistrement accru des faits.
- Diffusion d’avantages
Vols et dégradations :
- Effet souhaité : diminution du nombre de faits - Pas d’effets supplémentaires ou imprévus
Violence et menaces :
- Effet zéro : pas d’effets enregistrés
Fraude et escroquerie :
- Effet souhaité limité : augmentation moins rapide dans le site de recherche que dans le site de contrôle.
ic est-elle vraiment efficace ?
Les résultats principaux et les effets imprévus qui ont été obtenus au sein de cette ville
Criminalité générale :
- Effet peu clair : effet souhaité limité dans le site de recherche : légère diminution de la criminalité
1.5. Cas 4
Pour cette ville, l’analyse est basée sur les chiffres des 16 mois précédant et des 16 mois suivant l’installation de caméras.
Cette ville travaille avec des caméras-dômes et des caméras intelligentes.
Les systèmes de caméras ont surtout été installés dans les quartiers commerciaux, les lieux où le réseau de transports publics est étendu et les lieux où des bandes urbaines traînent régulièrement.
Le site de recherche qui a été choisi pour ce cas d’étude est une zone complète de métro avec la rue principale.
Aucun visionnage en temps réel n'est organisé. Les images ont donc presque exclusivement une finalité réactive.
Aucun objectif spécifique n’a été défini lors de l’installation des caméras.
Outre la vidéosurveillance, cette ville prend peu, voire pas de mesures supplémentaires ou n’effectue aucun changement.
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
Vols et dégradations :
- Effet peu clair : la diminution dans le site de recherche est moins forte que dans le site de contrôle
Violence et menaces :
- Effet zéro : pas de différences significatives trouvées
Fraude et escroquerie :
- Effet zéro : pas de différences significatives trouvées
1.6. Cas 5
Pour cette ville, l’analyse est basée sur les données chiffrées de 22 mois précédant et de 22 mois suivant l’installation des caméras.
Cette ville travaille avec des caméras fixes, des caméras-dômes et des caméras ‘cyberdômes’.
Les caméras de surveillance sont principalement installées dans les quartiers à problèmes, dans les principales stations de métro et autres carrefours des transports publics.
La vidéosurveillance est ciblée et s'effectue en temps réel.
Lors de l’installation de caméras, aucun objectif spécifique n’a été formulé.
Outre la vidéosurveillance, cette ville a également réalisé des travaux généraux sur son territoire. Il était cependant impossible de signaler des changements spécifiques.
ic est-elle vraiment efficace ?
Les résultats principaux et les effets imprévus qui ont été observés au sein de cette ville
Criminalité générale :
- Effet peu clair : en raison d’une baisse trop limitée, manque de clarté quant à la cause de la baisse, mais indication de tendance à l’effet souhaité.
- Effet de déplacement partiel
Nuisances :
- Indication d’effet indésirable : augmentation des faits de nuisances par l’enregistrement accru des faits. La prudence s’impose étant donné les chiffres absolus bas.
Vols et dégradations :
- Effet souhaité limité : effet préventif faible sur les vols et les détériorations
Violence et menaces :
- Effet zéro : pas de différences significatives trouvées Fraude et escroquerie :
- Effet zéro : pas de différences significatives trouvées
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1.7. Cas 6
Pour cette ville, l’analyse est basée sur les données chiffrées de 2 ans avant et de 2 ans après l’installation de caméras.
Cette ville a recours à des caméras-dômes.
Les systèmes de caméras sont surtout installés dans l’espace au sein du centre-ville jusqu'à la gare.
Le site de recherche qui a été choisi pour ce cas comporte toutes les caméras qui ont été placées au sein de la ville.
Aucun visionnage en temps réel n'est organisé.
Lors de l’installation des caméras, aucun objectif spécifique n’a été formulé. Dans une phase future, une attention particulière a été accordée aux vols et pickpockets dans la ville.
Outre la vidéosurveillance, cette ville a réalisé peu de changements structurels.
Les principaux résultats et effets imprévus qui ont été obtenus au sein de cette ville
Criminalité générale :
- Effet peu clair : diminution du nombre de faits, mais on ne sait pas dire si ce phénomène est causé par la présence de caméras (pas de surveillance en temps réel).
- Pas d’effets supplémentaires ou imprévus
Nuisances :
- Effet peu clair : forte diminution du nombre de faits, difficile à attribuer à la surveillance accrue par l’absence en grande partie de la surveillance en temps réel
- Pas d’effets supplémentaires ou imprévus
ic est-elle vraiment efficace ? Vols et dégradations :
- Effet souhaité : diminution du nombre de faits, effet préventif de la vidéosurveillance - Pas d’effets supplémentaires ou imprévus
Violence et menaces :
- Effet zéro : une légère augmentation dans le site de recherche, mais pas significative
- Légère diminution dans le site tampon, éventuellement indication pour la diffusion d’avantages
Fraude et escroquerie :
- Chiffres trop limités pour pouvoir formuler des conclusions fermes
1.8. Cas 7
Pour cette ville, l’analyse est basée sur les données chiffrées des 11 mois précédant et des 11 mois suivant l’installation de caméras.
Cette ville a recours à des caméras-dômes, des caméras intelligentes et des caméras qui sont facilement déplaçables.
La majeure partie de la ville est couverte par la vidéosurveillance et une attention particulière est accordée aux quartiers à problèmes et au centre de la ville.
Un visionnage en temps réel est réalisé, en combinaison avec l’exécution d’autres tâches (administratives).
Lors d’événements, une vidéosurveillance en temps réel intégrale est mise en place.
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
pas possible de donner d’information exacte en la matière. Par la mise à jour permanente du logiciel et le placement et/ou l'enlèvement de caméras, la vidéosurveillance a évolué dans le temps.
Les principaux résultats et effets imprévus qui ont été obtenus au sein de cette ville
Criminalité générale :
- Effet zéro : tous les sites affichent une augmentation du nombre de faits.
Nuisances :
- Effet peu clair : valeurs significatives limitées, éventuellement évidence d’effet souhaité limité mais il n’est pas clair que cet élément ait été enregistré par les systèmes caméras
- Effet de déplacement (la prudence s’impose)
Vols et dégradations :
- Effet zéro : pas de différence significative
Violence et menaces :
- Effet zéro : pas de différence significative
Fraude et escroquerie :
- Effet souhaité possible : diminution du nombre de faits, effet préventif de la vidéosurveillance.
- Effet de déplacement limité : peut éventuellement être l’indication d’un modèle en hausse général au sein de la ville.
ic est-elle vraiment efficace ?
2. Sécurité subjective
Il ressort de l’analyse des enquêtes que les répondants croient, de manière générale, en l’efficacité de la vidéosurveillance et n’ont pas le sentiment que la vidéosurveillance occasionne un ‘problème de vie privée’.
Ci-après quelques affirmations de l’enquête qui étayent cet élément.
L’affirmation : le placement de caméras aide à lutter contre la criminalité.
Catégories de réponses Fréquence %
Tout à fait d’accord 159 45,7
D’accord 128 36,8
Neutre 35 10,1
Pas d’accord 22 6,3
Pas du tout d’accord 4 1,1
Tableau 1: répartition des fréquences : vidéosurveillance-Effectivité : criminalité générale (n= 348)
82,50% des répondants sont de d’accord à tout à fait d’accord avec cette affirmation.
L’affirmation : la vidéosurveillance est une atteinte à la vie privée
Catégories de réponses Fréquence %
Tout à fait d’accord 16 4,6
D’accord 40 11,5
Neutre 94 27,0
La répartition montre que la majorité (56,90%) des répondants ne considère pas la vidéosurveillance comme une atteinte à leur vie privée.
Recherche scientifique : La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle vraiment efficace ?
Plus les répondants sont convaincus de l’efficacité, moins ils ressentent des problèmes ‘de vie privée’. Les répondants plus âgés et ceux ayant des moyens financiers élevés croient fortement en l’efficacité de la vidéosurveillance.
Les habitants des différents sites sont uniquement à même d'évaluer ‘modérément’ la présence de caméras dans leur quartier. Il s'agit là d'un aspect problématique étant donné que l’on ne peut donc certainement pas s’attendre à ce que des passants fortuits, ni des contrevenants potentiels soient au courant de la présence de caméras.
Un effet préventif de la vidéosurveillance repose sur l’effet dissuasif et cet effet ne fonctionne que si les contrevenants potentiels sont au courant de la présence de caméras.
Les analyses multi-variées démontrent que la conviction que la vidéosurveillance est efficace et que des caméras sont présentes dans le quartier sont des indicateurs du sentiment de sécurité des habitants.
Cet effet est indépendant de la présence ou non de caméras (et indépendant de leur ‘efficacité') : la perception de leur ‘présence’ et de leur ‘efficacité’ est, quant au sentiment de sécurité, un élément important.
Cependant, les données suggèrent également que les répondants dans le site de recherche (et le site tampon) ont un sentiment de sécurité accru, même si cet effet est moins constant à travers les différentes analyses.
La présence de caméras ne contribue nullement au sentiment d'insécurité des habitants de ce site.
L'impact des caméras sur la sécurité subjective n'est pas vraiment important, a fortiori pas en comparaison avec l’effet de l’ambiance perçue dans le quartier.
Ce qui importe à cet égard est que les deux effets soient indépendants l’un de l’autre et donc en principe
‘complémentaires ’ : les villes et les communes ne doivent pas choisir entre l’installation de caméras d’une part ou le renforcement de la cohésion sociale d’autre part, pour augmenter le sentiment de sécurité.
ic est-elle vraiment efficace ?
III. CONCLUSION FINALE ET RECOMMANDATIONS
La vidéosurveillance dans l’espace public est-elle efficace ?
La réponse à cette question ne peut être formulée de manière uniforme parce que l’effet des caméras (comme cela a déjà été signalé au préalable) dépend fortement du contexte local, de la catégorie de criminalité, de la complexité du problème et du déploiement ou non d’autres mesures.
Cependant, nous tentons d’énumérer l’effet des caméras de surveillance sur une série de phénomènes.
Effet sur la criminalité et les nuisances
A l’examen des statistiques policières objectives pour l’ensemble des communes, nous pouvons constater un ‘léger’ effet préventif créé par la vidéosurveillance mise en place.
Les faits liés à l’agression et à la violence constituent une exception : de prime abord, la vidéosurveillance ne semble pas avoir d'influence sur ceux-ci. Probablement, ‘l’effet dissuasif’ de la vidéosurveillance sur ce type de délit est moindre, c’est d'ailleurs ce qui ressort d’une recherche antérieure (De Meijer, 2000). Les auteurs d’agression ou de violence seront moins rapidement tentés de 'déplacer leur territoire’ et commettent souvent leurs délits sans préméditation (De Meijer, 2000).
Les délinquants à l’encontre de biens vont, en revanche, peser le pour et le contre et réorienter plus rapidement leur lieu de délit s’ils sont conscients de la vidéosurveillance. D’où le fait que nous remarquons que le placement de caméras produit un effet sur la baisse des délits à l’encontre de biens, mais entraîne aussi un déplacement de ces faits.
En ce qui concerne les nuisances, nous remarquons que la vidéosurveillance a un effet préventif tant dans la zone où des caméras ont été placées que dans le site-tampon. Cette zone profite par conséquent de
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La vidéosurveillance est souvent accompagnée, et cela peut paraître contradictoire, d’un enregistrement accru de la criminalité et des nuisances. A travers le rapport de recherche, il a été cependant répété à plusieurs reprises que les effets préventifs de la vidéosurveillance sont probablement souvent camouflés par des interventions accrues et plus ciblées de la police dans les zones couvertes par la vidéosurveillance.
D’où l'importance de dresser l’inventaire, outre des effets de la vidéosurveillance, d’autres éléments comme les mesures déjà prises et le nombre d’interventions.
En général, nous pouvons affirmer que la vidéosurveillance dans l’espace public est la plus efficace dans la lutte contre les nuisances, et ce si nous faisons une comparaison avec les délits à l’encontre des biens, les délits de violence, la fraude et l’escroquerie.
Effet sur le sentiment de sécurité
Les sentiments d’insécurité sont un phénomène complexe. Afin de comprendre complètement quelle signification les citoyens accordent au sentiment d’insécurité, il est important d’étudier la façon dont les citoyens identifient ce sentiment et l'interprètent (Van Den Herrewegen, 2011).
L’insécurité est souvent associée à l’atteinte à l’intégrité physique et personnelle. Un boulversement dans le schéma quotidien d'un individu peut entraîner des sentiments d’insécurité. En d’autres termes, il ne s’agit pas du fait qu’il y ait plus ou moins de criminalité, mais du sentiment qu’une action est entreprise. Pour comprendre pourquoi les citoyens arrivent à une certaine construction de sentiments d’insécurité, nous devons en premier lieu examiner comment ils justifient leur sentiment, en d’autres termes à quels personnes, moyens et règles institutionnelles ils font référence pour rendre leur récit crédible et cohérent (Van Den Herrewegen, 2011).
En d’autres termes, la présence de caméras joue un rôle important pour de nombreux citoyens dans la signification de ce sentiment de sécurité. Les citoyens se construisent une situation sûre en percevant la présence de caméras comme une source d’apaisement.
Il ressort de cette étude que plus les citoyens croient en l’efficacité des caméras et sont d’avis que des caméras effectives sont présentes dans leur quartier (sans qu’elles soient effectivement présentes), plus ils
ic est-elle vraiment efficace ? vont percevoir la situation comme sûre.
Les sentiments de sécurité sont moins exprimés s’il règne une bonne atmosphère au sein du quartier.
Cette dichotomie dans les influences trouvées signifie que les sentiments d’insécurité de la population peuvent être limités en combinant différentes approches.
Le simple placement de caméras influence uniquement de manière limitée l’insécurité subjective. En corrélation avec des actions qui visent à améliorer l’ambiance au sein d’un quartier et la cohésion sociale, le placement de caméras peut probablement optimaliser le sentiment de sécurité.
Effet sur le déploiement policier
En cette période de crise économique, nous constatons que la police doit également établir des priorités.
Comment peut-elle être déployée efficacement avec moins de moyens ?
Un déploiement plus ciblé des services de police est probablement une conséquence positive plus importante de l’installation de caméras que l’effet préventif en soi. Les interventions peuvent être organisées de manière plus rapide – par un déploiement plus ciblé des patrouilles – et également plus efficace.
Dans les villes où le nombre d’interventions était connu, nous avons constaté une augmentation générale de ces interventions et ce, dès l'installation de caméras de surveillance. Les caméras entraînent un déploiement plus efficace et une augmentation de l’enregistrement des faits à certains endroits, ce qui a été mis en exergue également.
Cet effet implique toutefois une surveillance ‘en temps réel’, ce qui n’est pas le cas dans toutes les villes examinées.
Pour pouvoir profiter de manière optimale de cet effet, il est donc essentiel de conclure des accords clairs concernant le visionnage en temps réel (qu’il soit ou non actif) des images. Du matériel visuel de grande qualité
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Effet de déplacement et/ou diffusion d’avantages
La question de l'existence d'un effet de déplacement clair et/ou d'une diffusion d’avantages ne peut hélas pas recevoir de réponse uniforme. Partant de l’analyse générale, nous pouvons constater un effet de déplacement pour les délits contre les biens, la fraude et l’escroquerie et une diffusion d’avantages pour les faits de nuisances.
En ce qui concerne la violence, aucun des deux effets n'est perceptible.
Il importe cependant d'interpréter cet élément avec la prudence qui s’impose, d’autant que, lors de l'analyse des résultats de chaque ville , nous n’avons pas nécessairement retrouvé expressément ces effets.
Dans certains cas, il arrive même que les résultats se contredisent. D’où la nécessité de ne jamais perdre de vue l'impact du contexte dans l'analyse.
Leçons de pratique pour l’avenir
En cohérence avec la littérature, nous constatons souvent des effets mixtes ou peu clairs de la
vidéosurveillance, ce qui explique qu'il est difficile d'attribuer certains effets (qu'ils soient ou non complets) à la vidéosurveillance (Welsh & Farrington, 2002; Armitage, 2002; Brew, 2005; Gill & Turbin, 1999, e.a.).
En fonction de facteurs tels que le contexte spécifique, les priorités particulières, les types spécifiques de vidéosurveillance et les zones de police spécifiques qui ont chacune une politique différente, la
vidéosurveillance exerce une influence variable. C'est pourquoi il est essentiel – comme nous l'avons dit plus haut dans le rapport – de considérer la vidéosurveillance comme un phénomène dont l'efficacité dépend fortement du contexte et de la catégorie de faits. (Ditton & Short, 1999; Phillips, 2003).
L'installation ou non de caméras est donc souvent un sujet brûlant au niveau des autorités locales. Le conseil qui peut être donné sur la base de cette recherche part de l'idée de 'vidéosurveillance intelligente' (Flight 2010).
Ci-après, nous énumérons une série de conseils à observer quand on envisage de placer des caméras dans un espace public déterminé.
ic est-elle vraiment efficace ? Hot spots, hot times, hot crimes
Avant d'opter, dans un cadre politique, pour le déploiement de personnes ou de moyens pour faire face à un problème, il est crucial de se baser sur une analyse efficace du problème. Si cette démarche nécessite un travail considérable, elle porte également ses fruits. C'est en cernant les problèmes qu'il sera plus aisé de réfléchir à l'action à entreprendre.
Les caméras sont efficaces dans les lieux où une véritable action est nécessaire (Flight & Rovers, 2012).
Dès que l'on a visualisé des hot spot, hot times et hot crimes, il est nécessaire d'étudier quelles méthodes et techniques doivent être déployées pour endiguer le problème. Il peut s'agir de vidéosurveillance, mais aussi d'autres mesures ou d'une combinaison de diverses méthodes.
L'installation de caméras aux hot spots, là où des problèmes se produisent, démontre que les caméras atteignent effectivement l'objectif fixé, à savoir une baisse du nombre d'incidents à court terme.
D'où le fait que les chercheurs recommandent un système de caméras déplaçables, plus efficace qu'un circuit fixe de caméras, précisément en ce qu'il permet de continuer à se focaliser sur les hot spots, hot times et hot crimes. Un tel sytème de caméras influence également la vigilance des personnes.
Un système déplaçable à tout moment a pour effet que la présence des caméras n'est pas considérée comme 'une évidence'. Les citoyens seront ainsi plus enclins à croire en l'efficacité du système et leur sentiment de sécurité s'en verra renforcé.
Efficacité
Après avoir procédé à une analyse approfondie du problème et réfléchi à l'installation de caméras, il est opportun de formuler des objectifs clairs et spécifiques en lien avec ce que l'on recherche et ce, pour éviter les déceptions a posteriori.
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lesquelles les caméras seront installées et ce, afin de faciliter l'évaluation du système ;
- de formuler des objectifs liés au ciblage de l'intervention policière et à la réduction du chiffre noir (dans le cadre de la recherche et de la poursuite) au lieu de se focaliser sur l'effet préventif de la vidéosurveillance ;
- d'accorder une attention particulière à une approche vaste et intégrale du phénomène.
A cet égard – si les objectifs visés ont trait à l'effet préventif de la vidéosurveillance – il faut rester réaliste dans les attentes étant donné qu'en moyenne, seul un effet préventif limité a pu être constaté dans cette recherche.
Communication
La communication au sujet de la vidéosurveillance à la population est essentielle !
Il ressort de cette étude que la vidéosurveillance est considérée comme efficace par la populaton et n'est en règle générale pas considérée comme problématique sur le plan de la vie privée.
Il incombe donc aux autorités ou à la police d'informer suffisamment la population (à intervalles réguliers) sur la présence de la vidéosurveillance.
La transparence à l'égard des citoyens dans le cadre d'une vidéosurveillance réussie est donc un atout.
La conviction que des caméras sont présentes – combinée à la confiance dans l'efficacité de la
vidéosurveillance – contribue en effet à renforcer la sécurité subjective, indépendamment du fait que des caméras de surveillance soient ou non effectivement placées dans les sites.
Il est recommandé de signaler la présence de caméras de manière efficace et répétée dans le temps, non seulement pour des raisons de vie privée, mais aussi parce que cela augmente le sentiment de sécurité des habitants.
Enfin, nous souhaitons encore insister sur l'importance d'informer correctement les citoyens. Il est indispensable de faire preuve de transparence et de donner aux citoyens le sentiment qu'une action est entreprise. D'où la nécessité d'expliquer clairement l'efficacité du système. Expliquez par exemple à la population qu'un enregistrement accru de la criminalité après la vidéosurveillance n'implique pas une
ic est-elle vraiment efficace ? augmentation des délits, mais signifie que moins de délits restent inaperçus.
Visionnage en temps réel
Nous pouvons conclure des chiffres obtenus que le placement de caméras, sans suivi efficace des images, ne peut mener à un résultat satisfaisant.
Lors de l'installation de caméras, il est important d'exploiter activement les images. Ainsi, un visionnage en temps réel limité est résolument meilleur qu'une absence de visionnage. Son intérêt en temps réel (partiel) peut être souligné.
Il est également nécessaire de former efficacement les opérateurs qui visualisent les images en temps réel.
A l'heure actuelle, ces personnes ne savent pas toujours clairement comment manipuler ce matériel visuel. Une bonne formation contribue évidemment à une meilleure utilisation des images et, ensuite, à un enregistrement accru.
Évaluation
Outre la formulation d'une série d'objectifs, il est également important de prévoir une évaluation du système.
Comme nous l'avons évoqué, il est utile, dès l'installation de caméras, de prévoir un site de recherche, de contrôle et tampon et de sélectionner des catégories de criminalité bien précises. Il sera alors plus facile d'évaluer le système et de l'adapter, si nécessaire.
Intégralité
Le fait que toutes les villes participantes n'aient pas observé un effet démontre que le 'contexte' est crucial.
En d'autres termes, intégrez la vidéosurveillance dans un ensemble plus large de mesures qui englobent tous les maillons de la chaîne de sécurité. Un projet ou une approche d'un phénomène peut uniquement mener à de bons résultats s'ils sont intégrés dans différents aspects et menés en collaboration avec différents
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Sources consultées pour la recherche scientifique
ARMITAGE, R. (2002). To CCTV or not to CCTV. a review of current research into the effectiveness of CCTV systems in reducing crime. Crime and Social Policy Section, 1-8.
BREW, N. (2005). An overview of the effectiveness of closed circuit television (CCTV) surveillance. (Rep. No.
14). The Parliament of Australia, Department of Parliamentary Services.: (http://www.aph.gov.au/library/pubs/
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DE MEIJER, B. (2000). Cameratoezicht in het publieke domein in EU-landen. (Rep. No. 5).
DITTON, J. & SHORT, E. (1999). Yes, it works, no it doesn't: comparing the effects of open-street CCTV in two adjacent scottish town centres. Crime Prevention Studies, 10, 201-223.
FLIGHT, S. (2010). Less is more: vier trends in cameratoezicht. Beveiliging totaal, 69-78.
FLIGHT, S & Rovers, B. (2012). De verspilde moeite van evidence based cameratoezicht. DSP Group, 12 p.
GILL, M. & TURBIN, V. (1999). Evaluating "realistic evaluation": evidence from a study of CCTV. Crime Prevention Studies, 10, 179-199.
PHILLIPS, C. (2003). A review of CCTV evaluations: Crime reduction effects and attitudes towards its use.
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VAN DEN HERREWEGEN, E. (2011) Social analysis of security : financial, economic and ecological crime ; crime, (in)security and (dis)trust ; public and private policing. In: Het groene gras, Gent, Universiteit Gent, 233-255.
WELSH, B. & FARRINGTON, D. P. (2007). Closed-circuit television surveillance. In Preventing Crime: What Works for Children, Offenders, Victims and Places. (pp. 193-208). Springer.
ic est-elle vraiment efficace ? WELSH, B. C. & FARRINGTON, D. P. (2002). Crime prevention effects of closed circuit television: a systematic
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WELSH, B. C. & FARRINGTON, D. P. (2009). Making public places safer. Surveillance and crime prevention. New York: Oxford University Press.
La vidéosurveillance est un des instruments pouvant être utilisés pour réduire le sentiment d’insécurité, lutter contre la criminalité et optimaliser les interventions policières. Ce système est uniquement efficace s’il est ancré dans une politique plus large et un ensemble de
mesures cohérentes.
A l’aide du ‘Guide caméras’, le SPF Intérieur entend soutenir les villes et communes qui souhaitent installer des caméras de surveillance.
Cette partie du guide, avec la recherche scientifique ‘La vidéosurveillance dans l'espace public est-elle vraiment efficace ?’, donne une analyse quantitative de la vidéosurveillance dans l’espace public.
Pour plus d’informations sur la vidéosurveillance:
www.besafe.be
Direction générale Sécurité et Prévention
Boulevard de Waterloo 76 T 02 557 33 99 [email protected]
1000 Bruxelles F 02 557 33 67 www.besafe.be
E.R.: Philip Willekens, Directeur général, Boulevard de Waterloo, 76 - 1000 Bruxelles