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958 ESPE ResearchAward 2001 III BRÈVES III

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958 m/s n° 8-9, vol. 17, août-septembre 2001

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BRÈVES

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■■■Thérapie génique et hémophi-lie A. Le traitement habituel de l’hémophilie A ou B repose sur le traitement substitutif par adminis-tration du facteur anticoagulant déficient (facteur VIII ou IX) puri-fié ou recombinant. L’hémophilie A est une pathologie qui pourrait bénéficier d’approches de thérapie génique car l’index thérapeutique du facteur VIII est large, ce qui réduit le risque de surdosage. Par ailleurs, la production de facteur VIII n’est pas réglée par les saigne-ments et pourrait être assurée par différents types cellulaires. Enfin, une production même modérée de ce facteur de coagulation peut être bénéfique dans la prévention des hémorragies. Une approche origi-nale de thérapie génique, dévelop-pée chez 6 patients ayant une hémo-philie A sévère (taux du facteur VIII < 0,8 % de la normale), vient d’être rapportée [1]. Cette approche ne repose pas sur l’utilisation de vec-teurs viraux, mais sur les fibroblastes dermiques qui ont été transfectés par électroporation par un plasmide contenant la séquence génique du facteur VIII. Après culture et clo-nage, 100 à 400 millions de fibro-blastes ont été injectés par laparo-scopie dans l’épiploon des patients. Ceux-ci ont été suivis 12 mois après l’implantation des cellules généti-quement modifiées. Aucune compli-cation n’est apparue à long terme. Chez 4 patients, une élévation du taux sanguin du facteur VIII au-des-sus du taux initial a été notée. Ceci était corrélé à une diminution signi-ficative des événements hémorra-giques et de l’utilisation substitutive de facteur VIII recombinant. Enfin, aucun inhibiteur du facteur VIII n’a été détecté chez les patients. Dans un cas, un niveau élevé de facteur VIII a été noté 10 mois après l’implantation. Si cette approche apparaît prometteuse et évite les écueils de l’utilisation de cellules infectées par des adénovirus ou des rétrovirus, un certain nombre de questions sont soulevées par ce tra-vail. Tout d’abord, la production de facteur VIII ne peut être que

transi-toire, nécessitant l’implantation répétée de clones de fibroblastes transfectés. Le devenir de ces cel-lules, multipliées ex vivo, est incer-tain. Enfin, le taux sanguin de fac-teur VIII observé chez les patients reste minime, ce qui, en l’absence d’essais randomisés, rend difficile l’interprétation des résultats, notam-ment la diminution de l’utilisation de facteur VIII substitutif.

[1. Roth DA, et al. N Engl J Med 2001 ; 344 : 1735-42.]

■■■ La CTP-synthétase : une cible pour le traitement de la maladie du sommeil ? La maladie du sommeil, due à Trypanosomia brucei gambiense ou rhodesiense et transmise par la mouche tsétsé, touche environ 500 000 personnes en Afrique. Son invasion procède en deux étapes, le sang et la lymphe dans un premier temps, puis le système nerveux cen-tral. Les abords thérapeutiques sont limités par la toxicité des médica-ments, mais aussi par leur incapa-cité de franchir la barrière hémato-encéphalique, et leur prix prohibitif. On savait que T. brucei ne peut synthétiser de novo les purines, mais possède la capacité de conver-tir l’IMP, l’AMP et le GMP. Un tra-vail récent montre qu’il existe aussi un déficit de synthèse des pyrimi-dines, qui pourrait être utilisé dans une perspective thérapeutique [1]. On observe en effet dans les cul-tures de T. brucei un taux particuliè-rement faible des réserves en CTP comparées à celles des autres nucléotides [2]. Il s’agit d’un défi-cit de synthèse dû à une faible acti-vité de la CTP-synthétase (qui trans-forme l’UTP en CTP), sans accélération de la dégradation. En outre, contrairement aux purines, le parasite est incapable de transfor-mer en CTP les précurseurs, cyti-dine ou cytosine. Les auteurs ont alors envisagé de tester deux inhibi-teurs de la CTP-synthétase, ana-logues de la glutamine déjà utilisés

dans la chimiothérapie de certains cancers : la 6-diazo-5-oxo-L-norleu-cine (DON) et l’acide α -amino-3- chloro-4,5-dihydro-5-isoxazoleacé-tique (acivicine). En culture de la forme sanguine du T. brucei, on observe une réduction majeure des réserves de CTP et de la proliféra-tion du parasite, qui dépend donc de la synthèse de novo de CTP. Chez des souris infectées, dont la maladie est comparable à celle de l’homme, un traitement par DON entrepris 4 jours après l’infection entraîne une diminution de la parasitémie qui devient indétectable pendant toute la durée du traitement, mais augmente à nouveau après son arrêt. Cependant, une difficulté réside dans le fait que les inhibi-teurs de CTP-synthétase utilisés sont également des inhibiteurs de la syn-thèse de novo des purines, et donc de la prolifération cellulaire. Cet obstacle semblerait levé, au moins en culture, par l’ajout d’hypoxan-thine qui permet la synthèse des bases puriques tout en respectant l’action sur la CTP-synthétase. Cela pourrait, in vivo, limiter les effets secondaires. Il restera à déterminer si le DON, comme l’acivicine, peut traverser la barrière hémato-encé-phalique, et si la rechute peut-être prévenue par un traitement pro-longé.

[1. Hofer A, et al. Proc Nat Acad Sci

USA 2001 ; 98 : 6412-6.]

[2. Hofer A, et al. J Biol Chem 1998 ; 273 : 34098-104.]

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