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I.Contribution à l'étude de la propagation des fautes d'empilement dans les métaux cubiques à faces centrées

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00206388

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00206388

Submitted on 1 Jan 1966

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I.Contribution à l’étude de la propagation des fautes d’empilement dans les métaux cubiques à faces centrées

G. Fontaine

To cite this version:

G. Fontaine. I.Contribution à l’étude de la propagation des fautes d’empilement dans les métaux cu-

biques à faces centrées. Journal de Physique, 1966, 27 (3-4), pp.201-209. �10.1051/jphys:01966002703-

4020100�. �jpa-00206388�

(2)

201

I. CONTRIBUTION A

L’ÉTUDE

DE LA PROPAGATION DES FAUTES D’EMPILEMENT DANS LES

MÉTAUX CUBIQUES

A FACES

CENTRÉES.

Par G.

FONTAINE, Physique

des

Solides,

91

Orsay.

Résumé. 2014 On étudie d’un

point

de vue

théorique

les interactions d’une dislocation de

Shockley qui

se propage à travers le réseau de Frank d’un métal

cubique

à faces centrées

écroui. On en

déduit,

pour une faute

d’empilement isolée,

une force de frottement essentiel- lement due à la traversée des arbres

attractifs, proportionnelle

à la racine carrée de la densité du réseau et suffisante pour stabiliser la

faute,

une fois celle-ci formée. On montre que les

dipôles

créés à la traversée des arbres doivent

empêcher

la formation de défauts

ponctuels

lors de la

déformation ;

ils doivent se réunir peu à peu en

plus grands dipôles

et permettre finalement la

multiplication

du défaut

d’empilement quand

celui-ci a

pris

une extension

suffisante.

Abstract. 2014 This paper studies from a theoretical

point

of view the interaction of a

Shockley

dislocation

cutting through

the Frank network of a work-hardened face centered cubic metal.

For an isolated

stacking fault,

a frictional force is deduced

mainly

due to

cutting through

the

attractive trees,

proportional

to the square root of the

density

of the network and sufficient to stabilize the

fault,

once it is formed. The

dipoles

created when trees are cut

through

should prevent the formation of

point

defects

by straining ; they

should collect little

by

little into

larger dipoles

and

finally

allow the fault to

multiply

when it has reached a critical size.

27, 1966,

I. Introduction. - Il est bien connu que certains métaux et

alliages cubiques

à faces centrées déve-

loppent

de nombreuses fautes

d’empilement

et des

macles

mécaniques quand

on les soumet à des efforts

mécaniques

violents comme le

limage.

Les con-

traintes nécessaires au

développement

de ces fautes

d’empilement

et de ces macles ont été mesurées par traction à

froid,

et reliées aux

énergies

de faute

d’empilement [1

à

6].

En

fait,

la

propagation

de dislocations de

Shockley

dans un réseau écroui a été

beaucoup

moins étudiée d’un

point

de vue

théorique

que celle de dislo- cations

parfaites.

Il est donc intéressant d’étudier les conditions

géométriques

et les contraintes néces- saires à cette

propagation.

Nous étudierons dans cet

article la

propagation

d’une dislocation de

Shockley

limitant une faute

d’empilement

isolée. Nous réser-

vons à un article ultérieur l’étude de la

propagation

des dislocations d’une

paroi

de macle

spinelle

méca-

nique.

Nous supposerons que

l’écrouissage

a

produit

un

réseau tridimensionnel assez uniforme et assez dense de dislocations

parfaites,

dont la

longueur

moyenne

sera dénotée par

1F.

Ces conditions schématisent

sans doute de

façon

raisonnable le stade II de fort durcissement

d’écrouissage

dans les métaux

cubiques

à faces centrées

[10].

Les dislocations du cristal

parfait

seront décrites

à l’aide du tétraèdre de

Thompson [7]

ABCD

d’arête B

(fig.

1 et

2).

On étudiera le

glissement

dans le

plan

dense

(a)

de la dislocation de

Shockley

de vecteur de

FiG. 1. - Position du tétraèdre dans le réseau.

Fie. 2. - Le tétraèdre de

Thompson

et son

symétrique

par rapport au

plan (a).

Burgers

aB de

lonoueur b

= Pour fixer les

idées,

nous ne considérerons que des f autes intrin-

sèques [8],

ce

qui

semble

justifié

par certaines

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01966002703-4020100

(3)

202

observations

[9] ;

mais le cas des fautes

extrinsèques s’analyserait

de

façon

similaire.

La

propagation

d’une dislocation de

Shockley

à

travers un réseau de Frank donne lieu aux mêmes interactions que celle d’une dislocation

parfaite :

- interaction à

grandes

distances avec les por- tions du réseau

qui

ne

percent

pas le

plan

de

faute ;

- interaction à courte distance avec les arbres

attractifs ;

- interaction avec les arbres

répulsifs.

Nous allons montrer dans le

premier paragraphe

que, comme pour une dislocation

parfaite,

la tra-

versée des arbres attractifs donne la contribution la

plus importante

à la force de frottement. Cette

contribution

est

indépendante

de la

température.

Il faut

cependant

tenir

compte

d’un fait nouveau, la

traversée des arbres

produit

en

général

des

dipôles

de dislocations de

Shockley.

Nous montrerons dans la troisième

partie

que ces

dipôles

donnent une

contribution

négligeable

à la force de

frottement ;

mais elle doit

empêcher

la création de défauts ponc- tuels lors du passage des

arbres,

et

peut

conduire à

un processus de

multiplication

de la faute que nous

analyserons

en fin d’article.

II.

Frottement

dû à la traversée du réseau de

Frank.

- La dislocation de Shockley mobile subit de la

part

du réseau de Frank des interactions de mêmes

types qu’une

dislocation

parfaite.

On

peut

estimer ces interactions par des raisonnements

phy- siques simples [10].

IL1. INTERACTION A COURTE DISTANCE AVEC LES ARBRES ATTRACTIFS. - La dislocation de

Shockley

mobile

peut

se recombiner avec les arbres attractifs

qu’elle

rencontre, pour donner des barrières

plus

ou moins stables. Nous étudions dans

l’appendice

1

la formation de telles barrières. Pour rompre ces

recombinaisons,

il faut une contrainte

indépendante

de la

température (1),

que l’on

peut

mettre sous la forme

On

peut

évaluer l’ordre de

grandeur

de oc’ en

remarquant

que le durcissement obtenu doit être

supérieur

au durcissement

qui correspondrait

à des

arbres de vecteur de

Burgers b

~ et infé-

rieur au durcissement

qui correspondrait

à une

dislocation de

Shockley

de vecteur de

Burgers B,

soit :

ou

On ne doit donc pas f aire une grosse erreur en

prenant [14] :

(1)

Plus

précisément

le rapport est

indépendant

de la

température.

Nous étudierons de

façon quantitative

ces coef-

ficients dans un autre article

[22].

Nous

justifierons

alors entièrement les valeurs de oc et de oc’ choisies ci-dessus. Nous allons montrer que sa constitue le

terme

principal

de la force de frottement.

11.2. INTERACTION AVEC LES ARBRES RÉPULSIFS.

- Les interactions à

grandes

distances avec les

arbres

répulsifs

sont nécessairement

plus

faibles

qu’avec

les arbres attractifs : cette conclusion que l’on

peut

déduire de la flexibilité des dislocations de

Shockley [15] peut

être vérifiée

numériquement

par calcul

calqué

sur celui fait pour les dislocations

parfaites [14] .

Nous

négligerons

donc ces inter-

actions.

Comme pour les dislocations

parfaites,

la tra-

versée des arbres

répulsifs peut

donner lieu en outre

à une contribution

thermiques (2)

de la force de

frottement. Cette contribution

correspond

à la for-

mation

thermique

du cran MN de la

figure

4. La

contrainte

maxima,

au 0

OK,

due à ce terme

peut

s’écrire

U~

est

l’énergie

du cran et d la

largeur

de l’ arbre.

On

peut

estimer

[10]

que

l’énergie

du cran est de

l’ordre de :

D’où une contrainte s1

03BCb/10lF

faible par rap-

port

à so.

11.3. INTERACTION AVEC LES ARBRES DU RÉSEAU QUI NE PERCENT PAS LE PLAN DE FAUTE. -r Ces dis- locations

produisent

des contraintes internes

qui

fluctuent avec une

amplitude

de l’ordre de

p.B j2ntr

et une

longueur

d’onde de l’ordre de

IF.

Sous l’action de ces

contraintes,

la dislocation de

Shockley peut

se courber localement avec un rayon de courbure minimum Ce rayon est assez

grand

vis-à-

vis de la

longueur

d’onde des contraintes internes pour que celles-ci n’offrent à la dislocation de

Shockley qu’une

contrainte de

frottement

bien infé- rieure à leur

amplitude

maximum

[16]

donc

petite devant,70.

III.

Formation

de

dipoles.

-- En

plus

des forces

de frottement étudiées

jusqu’ici

et

qui

interviennent

également

dans la

propagation

des dislocations par-

faites,

il nous faut maintenant étudier un

phéno-

mène propre à la

propagation

des dislocations de

Shockley :

la formation de

dipôles

attachés aux

arbres

qui percent

la faute. Nous montrerons que la contrainte

qui

en résulte est en

général petite (2)

Comme pour les dislocations

parfaites,

la for-

mation de crans sur les arbres attractifs ne demande pas d’activation

thermique,

car elle suit la rupture d’une recombinaison

attractive, qui

libère une

énergie

en

général

bien

supérieure [14].

(4)

devant mais que cette formation doit conduire à un processus de

multiplication

de la faute.

On sait que,

quand

le vecteurs de

Burgers

d’un

arbre n’est pas dans le

plan

de

glissement

d’une

dislocation mobile

par f aite qui

le coupe, deux crans

sont

formés,

l’un sur

l’arbre,

l’autre sur la dislo-

cation mobile. En

effet,

l’arbre crée une marche sur

le

plan

de

glissement

de la dislocation mobile.

Géométriquement

tout s’est

passé

comme si les

deux branches AX AY de la dislocation mobile avaient tourné autour de l’arbre A

(fig. 3a)

pour former un

dipôle 3b) qui

s’annihile en for-

mant les deux crans

C,

C’

3c).

Normalement le

cran mobile C’

glisse parallèlement

à son vecteur

FiG. 3. -

Dipôle équivalent

aux deux crans dans la traversée d’un arbre par une dislocation

parfaite.

FIG. 4. -

Dipôle

de dislocation de

Shockley

dans la traversée d’un arbre par une dislocation de

Shockley (cas général).

de

Burgers :

les deux branches du

dipôle équivalent

sont des dislocations vis

qui glissent

l’une vers

l’autre sans difficulté. Mais dans certaines conditions le cran

peut

être amené à monter

rapidement

hors

de son

plan

de

glissement ;

le

dipôle équivalent

a

alors un certain caractère coin : c’est ainsi

qu’on explique

en

général

la création de défauts

ponctuels

lors de

l’écrouissage [17], [10].

Si maintenant la dislocation mobile est une dislo- cation de

Shockley,

l’annihilation du

dipôle

n’est

plus possible,

au moins dans le

système cubique

à

faces centrées

(3) :

on sait en effet

qu’on

ne

peut

pas faire

quitter

son

plan

à une faute

d’empilement

sans

créer,

à l’intersection des deux

plans,

une dislo-

cation

imparfaite [10].

En fait deux solutions sont

géométriquement possibles : dipôles

de dislocations de

Shockley

ou

dipôles

de « stair rods ». Ils

correspondent

dans une

(3)

Dans la structure

cubique

centrée on obtient des conclusions

analogues.

On sait en effet que dans cette structure une dislocation de

Shockley

ne peut

changer

de

plan

que si elle est en

position

purement vis

[10].

Dans ces conditions on peut montrer facilement que la

plupart

des

dipôles

de dislocations de

Shockley

créés

dans la traversée de la forêt ne peuvent s’éliminer.

certaine mesure aux

dipôles partiellement

coin et

dipôles

vis de la dislocation

parfaite.

111.1. DIPOLES DE DISLOCATION DE SHOCKLEY. -- C’est la solution décrite

4) : après

le passage d’un arbre

A,

la dislocation de

Shockley

laisse

derrière elle un

dipôle qui

la réunit à l’arbre. Pour diminuer sa tension de

ligne,

le

dipôle

doit se

placer

dans la direction de

propagation

de la dislocation de

Shockley.

Celle-ci étant

quelconque,

le

dipôle

a en

général

un certain caractère coin.

L’arbre

prend

de ce fait un cran MN de vecteur

de

Burgers

différent de celui de l’arbre.

La

correspondance

est

évidemment,

pour la

géo-

métrie usuelle de la

figure 46 :

La

géométrie

de la

figure

4c n’est stable que dans

2/3

des cas avec un arbre AB

(appendice 2)

et donne :

(5)

204

111.2. DIPOLES DE STAIR RODS. - Pour un

dipôle

de dislocation de

Shockley

à caractère

vis,

le

cran MN

précédent peut

se dissocier en donnant lieu

à un ruban de faute

d’empilement

limité par un

dipôle

de « stair rods »

(fig. 5).

Le cran sur la dislo-

cation de

Shockley peut

alors

glisser

librement mais

ne

peut

pas monter. La

configuration

est

analogue

à

celle du cran normal dissocié sur une dislocation

parfaite [23].

Comme pour le cran, cette dissociation n’est stable que pour une dislocation de

Shockley

FIG. 5. -

Dipôle

de Stair-rod dans la traversée d’un arbre par une dislocation de

Shockley (cas

excep-

tionnel).

presque

coin ;

ce cas a donc peu de chances de se

produire

et

peut

être

négligé

dans la suite

(cf. appendice 3).

On

peut

remarquer que, de toute

façon

l’absence de cran mobile ou son

obligation

de

glisser

sans monter

empêche

la formation de défauts ponc- tuels lors de la traversée des arbres. Enfin les arbres dont le vecteur de

Burgers

est

parallèle

au

plan

de

faute ne

produisent

évidemment pas de

dipôles.

Ils contribuent

cependant

au frottement cro

[22].

IV. Coalescence des

dipôles.

--- La tension de

ligne

7ci des

dipôles

créés par le passage des arbres de la forêt

produit

sur la dislocation de

Shockley

mobile une force de friction si 1 est

l’équi-

distance des

dipôles

le

long

de la dislocation de

Shockley.

Le nombre des

dipôles

créés croît

rapidement

avec la distance L parcourue par la dislocation de

Shockley,

c’est-à-dire la

largeur

de la faute

d’empi-

lement

qu’elle

limite. Si tous les

dipôles

restaient

parallèles,

la force de frottement

qu’ils produiraient

arrêterait

rapidement

la

propagation

de la faute

6a).

On aurait en effet et Td ~

~LB2 112 ([1.

coefficients de

cisaillement).

D’où une contrainte

de frottement

qui

devient

prohibitive

par

rapport

à cro dès que L

dépasse quelques 1F-

FIG. 6. -

Propagation

d’une dislocation de

Shockley

à travers un réseau de Frank.

a) Dipôles

élémentaires de stair-rod

(cas exceptionnel).

b)

Recombinaison de la dislocation de

Shockley

avec un arbre attractif en B.

c) Après

rupture de la recombinaison.

d~

Rivières de

dipôles

de dislocations de

Shockley.

(6)

En fait la dislocation de

Shockley qui

limite la

faute ne

garde

pas une forme droite mais

prend

une

f orme en

zig

zag résultant d’un

compromis

entre sa

tension de

ligne

et

l’énergie

AU

gagnée

par recom- binaison avec les arbres attractifs. Les courbures ainsi

produites

sur la dislocation de

Shockley

amènent les

dipôles,

s’ils sont

mobiles,

à converger

vers les

régions

du

zig

zag en retard sur les autres.

En

régime stationnaire, chaque

fois

qu’une

boucle

ABC

quitte

un arbre attractif B elle rencontre un autre arbre B’ et un seul

[10]

créant de nouveaux

dipôles

au passage des arbres non attractifs

coupant

l’aire

balayée (fig. 6b).

Afin de diminuer leur tension de

ligne

les anciens

dipôles qui convergeaient

vers B

vont maintenant se rassembler ou s’annihiler et

converger soit vers

A,

soit vers C

(fig. 6c).

La

figure

6a

correspond

donc au cas

exceptionnel

tous les arbres seraient de même nature et

donneraient tous des

dipôles

sessiles de stair rods

parallèles.

Dans le cas usuel les

dipôles

mobiles

de

Shockley prédominent,

il faut tenir

compte

de leur annihilation. Deux

dipôles

de

signes opposés

doivent s’annihiler en se rencontrant ; deux

dipôles

de même

signe

doivent donner un

dipôle

de hauteur

double

7).

Ces réactions élémentaires doivent

FIG. 7. - Coalescence (ie deux

dipôles : a)

de

signes opposés ; b)

de même

signe.

donner lieu à un

phénomène

de rivières

[18] ( fig. 6d) :

la distance l entre rivières doit être à peu

près égale

au double de la distance D entre arbres attractifs le

long

de la dislocation de

Shockley. Chaque dipôle

élémentaire doit s’écouler dans la rivière la

plus proche, après

une

longueur

de l’ordre de

D ; chaque

rivière est constituée d’un

dipôle multiple

dont la

hauteur h

croît,

par un processus

stochastique,

comme la racine carrée de la

longueur

L de la

rivière

(4),

c’est-à-dire la

largeur

de la faute

d’empi-

lement :

(~)

On peut remarquer ici que la traversée par une faute

d’empilement

d’un

sous-joint

doit donner une

forte densité de

dipôles

de même

signe

résultant de la traversée des dislocations

parallèles

du

sous-joint

par la dislocation de

Shockley qui

propage la faute. On a une

situation

analogue

à celle

qui correspond

à la traversée d’un

sous-joint

par une fissure de

clivage [10].

Dans

ces

conditions,

les

dipôles

coalescent

après

avoir par-

en

prenant D cti IF (et

un peu

supérieur)

comme dans

le cas d’une dislocation

parfaite [10].

En

effet,

la

présence

du

dipôle

ne modifie pas D

tant que

l’énergie gagnée AU

est

supérieure

à

ou x est la déviation maximum du

zig-zag 6b),

Il suffit donc d’avoir :

soit,

A cause de cette formation de

rivières,

la con-

trainte 6o de frottement sur la dislocation mobile de

Shockley

croît

beaucoup plus

lentement avec L

que dans le cas de

dipôles

restant

parallèles :

On voit donc que la contrainte due aux

dipôles

reste

négligeable

vis-à-vis de 6a sauf

quand

la dislo-

cation de

Shockley

a parcouru une distance L

impor-

tante soit pour les

grandes largeurs

L de faute

(ou hib --

e4 ~

102).

Il se

produit

alors une insta-

bilité des fautes

d’empilement qui

doit conduire à leur

multiplication

et sur

laquelle

nous reviendrons à la fin du

prochain paragraphe.

V.

Conditions

de

propagation d’une faute d’empi·~

lement. -

L’analyse précédente

conduit aux con-

clusions suivantes :

V.1. CONTRAINTE DE PROPAGATION DES FAUTES. -

Une faute

d’empilement peut

se propager si la dislocation de

Shockley

mobile

qui

la limite est

soumise à une contrainte peu fonction de la

tempé-

rature et de l’ordre de :

où y est

l’énergie

de faute

d’empilement

et a’ est

un coefficients de l’ordre de 4.

Comme les dislocations du réseau de Frank sont

elles-mêmes mobiles sous une contrainte de l’ordre de

(oc

cti

4),

on voit que les fautes

d’empi-

lement ne se

développent

par

écrouissage qu’au-

dessous d’une certaine taille

1F

du réseau de Frank donnée en ordre de

grandeur

par

0 étant le

rapport

des contraintes résolues dans le

plan

de faute

parallèlement

aux vecteurs de

Burgers

couru 5 à 10 fois leur distance initiale

qui dépend

de la

désorientation du

sous-joint.

Les rivières ainsi consti- tuées débutent avec une hauteur h = 2 1F

(en

intro-

duisant la désorientation 6 des deux

joints).

(7)

206

B et b des dislocations

parfaites

et des dislocations de

Shockley,

Ce

qui

donne :

La contrainte minimum

correspondante

pour

développer

les fautes est :

On voit que la friction due au réseau de Frank

(5) ajoute

un terme

important

à la contrainte

y 1 b

nécessaire pour

développer

les fautes dans un cristal

parfait.

L’estimation du facteur de renforcement

1-

0 est

délicate,

du fait

qu’il dépend

B

(X JD/

de

façon

sensible du facteur d’orientation

0,

assez

mal connu.

La discussion du

paragraphe

2 et l’estimation de la référence

[22]

montrent

qu’on

doit

prendre

oc’ ci ce ~ 4. D’où : 1

Les fautes

s’élargissent

sur le

plan (111)

avec la

dislocation de

Shockley (1/6) [211] quand

l’axe de

traction atteint le côté

[001], [111]

du

triangle

d’orientation de base

[001], [011] ~z), ~2).

Quand

l’axe de traction

parcourt

ce côté de

[001]

à 0 décroît uniformément de à De 0 >

1l312

on déduit :

Notre

analyse

montre que les valeurs de y déduites de la mesure de la contrainte 6 de création des fautes par les f ormules a =

[10]

ou a = y

/2 b [2]

doivent surestimer

l’énergie

de faute y.

Par

exemple,

pour le cuivre

[1],

la contrainte

d’apparition

des fautes à 10 OK est de l’ordre

de

~, J300 ;

nous en déduisons une estimation de la tension de faute

d’empilement

(~)

En

principe

aux très basses

températures

des

mesures ont été faites par

traction,

il faudrait

ajouter

dans les

équations précédentes

une friction ther-

mique

due aux crans : 6 N

2 Uc jlf

Bd £i pour les dislocations

parfaites

et

pour les dislocations de

Shockley.

En fait 0 restant

voisin de l’unité et ces deux contraintes étant

prati- quement égales

elles ne modifient pas les résultats.

V.2. STABILITÉ DES FAUTES CRÉÉES. - La force de friction due au

réseau, qui s’oppose

au

dévelop-

pement

des

fautes,

doit aussi les stabiliser

quand

la

contrainte

appliquée qui

les a

développées

est enle-

vée. Ce fait

explique

la stabilité des fautes déve-

loppées

par

écrouissage.

En

effet,

la dislocation de

Shockley qui

borde une

faute est maintenant soumise à une contrainte de friction de l’ordre de

tLb /el’ lF qui s’oppose

à la

contrainte de

rappel y jb qui d’après

ce

qui précède

est de l’ordre

de (B F

oc ce

b .

/ La force de friction

l’emporte

sur la force de

rappel,

du fait que

V.3.

Multiplication

des fautes. - Nous avons vu

plus

haut que,

quand

une iaute

prend

une

trop grande

extension

L,

la

contrainte 6’d

due aux

dipôles

devient

importante

et devrait la

bloquer.

D’autre

part quand

la hauteur des

dipôles

devient suffi- sante, la contrainte

appliquée

suffit à

séparer

les

dislocations de

Shockley qui

les constituent. La réunion de ces deux conditions

et

montre que les

dipôles

se dissocient en dislocations de

Shockley indépendantes

avant de

bloquer

la

faute pour

Soit 1F ~

102 B.

Cette condition est

généralement

satisfaite aux

contraintes où les fautes

s’élargissent, puisque

nous

avons montré que

1F

Notre

analyse prévoit

donc une

multiplication rapide

des fautes

d’empilement

dès que la

largueur

L

de ces fautes est

sufïisante :

ou

Dans le cas du cuivre par

exemple

cette taille

critique

est de l’ordre de 106 B ci 3 X 10-2 cm.

On

peut

sans doute ainsi rendre

compte

d’une

partie

des crochets de traction observés sur des échantillons dont la taille était bien

supérieure

à

cette

largeur [1], [2].

Ce processus

généralise

donc le mécanisme de

pôles

de Cottrell et

Bilby [20]

au cas des cristaux

cubiques

à faces centrées fortement écrouis bien

qu’il

ne conduise pas forcément à un

maclage régu-

lier avec passage d’une faute

d’empilement

tous les

plans.

(8)

207 On

peut

enfin noter

qu’une analyse analogue

doit

s’appliquer

au

développement

des fautes

d’empi-

lement

quand

la force

appliquée

est

d’origine

ther-

modynamique (exemple :

transformation marten-

sitiques

du genre Co

CFC = HC) [21].

Remerciements. - Je tiens à

exprimer

mes remer-

ciements à M. le Professeur J. Friedel

qui

m’a pro-

posé

cette étude et

qui

a bien voulu me

guider

tout

au

long

de mon travail. Je remercie

également

le

Docteur G. Saada des discussions que nous avons

pu avoir sur ce

sujet.

APPENDICE

1

Une dislocation de

Shockley

de vecteur de

Burgers

b est attirée ou

repoussée

à

grande

distance

par une dislocation

parfaite

d’un

système

secon-

daire,

de vecteur de

Burgers B,

suivant que le

produit

scalaire b. B est

négatif

ou

positif ;

les deux

dislocations étant

parallèles

à l’intersection de leurs

plans

de

glissement [19].

De ce

point

de vue il y a dix huit réactions

possibles

que l’on

peut

classer en

trois

catégories

distinctes. Deux cas où les vecteurs

de

Burgers

étant

perpendiculaires

les dislocations

n’interagissent

pas et huit cas où les dislocations se

repoussent.

Dans les huit cas

qui

restent il y a

attraction,

pour six de ces huit cas la dislocation obtenue par recombinaison est

sessile,

elle est

glissile

pour les deux autres.

Si fi

est le vecteurs de

Burgers

de la dislocation obtenue par recombinaison dans les

cas attractifs on obtient en faisant une moyenne

sur les arbres attractifs :

En

fait,

la dislocation de vecteur de

Burgers

B

est dissociée dans son

plan

de

glissement

en deux

partielles.

La dislocation de

Shockley

est

susceptible

de

réagir

à courte distance avec l’une de ces

partiel-

les. Cette interaction

peut

encore être étudiée à

partir

du

signe

du

produit

scalaire de b avec le vecteur de

Burgers

de la

partielle

la

plus proche [19].

Pour un

vecteur de

Burgers

B

donné,

il y a évidemment deux

possibilités (cas

1 et 2 du tableau 1 et

figure 8)

TABLEAU 1

INTERACTION D’UNE SHOCKLEY AVEC UNE DISLOCATION DE GLISSEMENT D’UN SYSTÈME SECONDAIRE

* B et Bx étant alors

perpendiculaires n’interagissent

pas à

grande

distance.

(9)

208

FIG. 8. - Interaction d’une dislocation de

Shockley

avec une dislocation de

glissement

dissociée.

Les deux fautes faisant un

angle

obtus

(1)

ou

aigu (2).

suivant que

l’angle

entre la faute limitée par b et

le ruban de faute entre les

partielles

de B est obtus

ou

aigu.

Dans le cas d’une attraction la dislocation obtenue

peut

encore attirer ou repousser la seconde

partielle.

Le tableau I résume les différentes

possibilités (b

=

Ba) :

1)

Les cas hachurées

correspondent

à une

répul-

sion à

grande

distance

(B .Ba

>

0).

2)

Pour

chaque

vecteur de

Burgers

B les deux

cases 1 et 2

correspondent

aux cas 1 et 2 de la

figure

8. Dans

chaque

case nous avons

indiqué

par R

une

répulsion

à courte distance et dans tous les cas

attractifs nous avons

précisé

le vecteur de

Burgers

de la barrière obtenue avec, entre

parenthèses,

le

carré de son vecteur de

Burgers (prenant B ~ 1).

On

peut

constater sur ce tableau que les trois

quarts

des dislocations

parfaites

attirées à

grande

distance par la dislocation de

Shockley

sont suscep- tibles par interaction à courte distance de former des barrières sessiles

stables,

un

quart

seulement donne des recombinaisons

glissiles

dans le

plan

de

faute.

APPENDICE

2

Dans cet

appendice

nous montrerons que les deux tiers des arbres de vecteurs de

Burgers

AB

prennent

quand

ils sont

coupés

par une faute un cran de vecteur de

Burgers

Aa sur le

plan

de la faute

(fin. 4c).

Nous remarquerons d’abord que le cas des arbres de vecteur de

Burgers

AB est le seul

qui

pose un

problème

car c’est le seul

qui

repousse la dislo- cation aB

(§ 3.1).

Il faut comparer

l’énergie El

de

la

configuration [1]

de la

figure

9 ou le cran DC a

le vecteur de

Burgers

CB

fl-

DA’ et

l’énergie E2

de la

configuration (2)

ou le cran EF a le vecteur de

Burgers

Ax :

FIG. 9. - Le cran

pris

par l’arbre de vecteur de

Burgers

AB a pour vecteur de

Burgers 1)

CB +

DA’,

2) Aa.

,

En

prenant 203BCb3

sin cp comme

énergie

du cran

DC,

on tient

compte

de ce

qu’elle

vaut

203BCb3

pour cp et on la

néglige

pour p ---= 0. On fait la

même

approximation

pour le cran EF.

Dans ces conditions on constate facilement que

El

>

E2

pour cp

> 60°,

et en

moyennant

sur toutes les orientations ,p

possibles

on obtient le résultat énoncé.

APPENDICE

3

Dans cet

appendice

nous montrerons que le nombre de

dipôles

de stair-rod est faible devant le

nombre de

dipôles

de dislocations de

Shockley (~ 3.2)

Pour

préciser

le genre

d’analyse

que l’on

peut

faire

nous étudierons en détail le cas de l’arbre de vecteur de

Burgers

AD

(c). Coupé

par la

Shockley otB,

cet

arbre

prend

un cran de vecteur de

Burgers

CA’ et

situé dans le

plan (ct).

Le

plan (ct)

est le

plan

pas-

sant par BDK’ avec BK’ ==

CA’,

c’est le

plan

trans-

formé du

plan (c)

dans le

maclage

ou

(a)

est le

plan

de macle et aB le vecteur de

macle ;

on

peut

en effet considérer la faute comme une macle

d’épais-

seur minimum. Le cran ne

peut

se dissocier dans

(ct)

mais seulement dans

(d’)

ou dans

(b’).

Les

plans (ct), (d’), (b‘)

se

coupant

suivant

CA’,

le cran va donc se

mettre

parallèlement

à CA’ et se

décomposer

soit

dans

(d’)

soit dans

(b’).

Examinons la

décomposition

du cran dans

(d’)

La

partielle

C5’ attire les traces aB situées sur

les

plans (a)

pour former le

dipôle

de stair-rod de

vecteur de

Burgers

aB

+

8’C =

a8’ IBC [7]

dans la

direction

cristallographique

BC

(fig. 5).

Le

dipôle

de

Shockley

étant dans la direction de

propagation

de la faute

d’empilement

la

décomposition

en

dipôle

de stair-rod ne

peut

se

produire

que si

l’énergie gagnée

compense

l’augmentation

de

longueur

soit TS

et étant les tensions de

ligne

des

dipôles

de

(10)

209

Shockley

et de stair-rod et 0

l’angle

entre BC et la

direction de

propagation

de la faute :

et

Il faut donc cos 0 >

2/3

soit 0 45°.

En

moyennant

sur toutes les orientations pos- sibles de

propagation

on voit que un arbre sur

quatre seulement,

de vecteur de

Burgers

AD don-

nera un

dipôle

de

stair-rod,

les autres donneront

des

dipôles

de dislocations de

Shockley.

Nous avons

supposé

que le cran se

décomposait

dans

(d’).

On peut montrer que la

décomposition

suivant

(b’)

ne donnerait pas de stair-rod de Teif

suffisamment faible

quel

que soit 0.

Quand

on considère tous les arbres

possibles

on

constate que 7 arbres sur 54 laissent un

dipôle

de

stair-rod alors que 29 arbres sur 54 laissent un

dipôle

de dislocations de

Shockley.

Nous concluerons donc :

1)

Il y a quatre fois

plus

de

dipôles

de dislo-

cations de

Shockley

que de

dipôles

de stair-rod.

2)

Les

dipôles

de stair-rod si il y en a sont dans les seules directions

cristallographiques

BC et BD.

Manuscrit reçu le 13 octobre

1965,

révisé le 20 décembre 1965.

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