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Revue Marocaine de Rhumatologie
Q u e l e s t v o t r e d i a g n o s t i c ?
Kawtar Nassar, Wafae Rachidi, Saadia Janani, Ouafa Mkinsi
Service de Rhumatologie, CHU Ibn Rochd, Casablanca - Maroc.
Patient âgé de 28 ans, sans antécédents pathologiques particuliers. Il se plaignait depuis 8 mois de gonalgies gauche mixtes d’aggravation progressive. Il n’existait pas de notion de traumatisme au préalable. L’examen clinique trouvait un patient apyrétique. Une marche avec boiterie. Le genou gauche était tuméfié, douloureux à la mobilisation avec épaississement de l’extrémité inférieure du fémur. La radiographie standard montrait un processus ostéolytique épiphyso-métaphysaire des condyles fémoraux, hétérogène à contours géographiques (Figures 1A et B) que la tomodensitométrie a confirmé, montrant des zones nécrotiques et charnues avec rupture corticale (Figures 2A et B). Le bilan étiologique et d’extension ne révélait pas d’anomalies. L’analyse histologique était réalisée.
Figures 1 A et B : Radiographie standard du genou gauche (incidence de face en charge et B de profil) : Lésions ostéolytiques épiphyso-métaphysaires hétérogènes des condyles fémoraux.
Figures 2 A et B : Scanner du genou gauche (A coupe frontale et B coupe sagittale) : Processus lytiques hétérogènes et des zones nécrotiques et charnues avec rupture corticale.
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réferences
1- S. Semlali, H. Malajati, M. Eddarai, T. Amil, N. Bousselmame, S. Akjouja, S. Chaouir. Les tumeurs à cellules géantes de l’os. Feuillets de radiologie 2012; 52:131-146.
2- A. Ibn Sellam, A. Chaibainou , A. Achir , A. Allouch , Z. Bernoussi , A. Jahid et al. Une localisation inhabituelle d’une pathologie rare :la tumeur costale à cellules géantes : À propos d’un cas avec revue de la littérature. Rev Mal Respir 2006 ; 23 : 453-7.
3- A. Trabelsi, A. Chtioui, W. Stita, S. Mestiri, M. Mokni, B. Sriha, S. Korbi. Tumeurs à cellules géantes de l’os. Particularités anatomocliniques : à propos de 14 cas. Oncologie 2010 ; 12: S58–S61.
commentaires
Il s’agit d’une tumeur à cellules géantes confirmée par la biopsie chirurgicale. Le patient a bénéficié d’une résection chirurgicale en bloc de la tumeur montrant à l’analyse histo-pathologique l’aspect typique. Les suites opératoires étaient simples et le suivi sur 18 mois était satisfaisant. La tumeur à cellule géante (TCG) osseuse, assez rare, a été décrite la première fois par Astley Cooper en 1818 (1). Elle se voit chez l’adulte jeune avec un pic entre 20 et 40 ans et une légère prédominance féminine. Le plus souvent bénigne, elle représente 4 à 5% des tumeurs osseuses primitives. En revanche, les tumeurs à cellules géantes sont aussi caractérisées par leur agressivité locale et un risque fort de récidive.
Elles se localisent le plus souvent aux extrémités inférieures des os longs. Le diagnostic repose sur la corrélation des données histologiques dans le contexte clinique et radiologique (2). Radiologiquement, la lésion est épiphysométaphysaire purement lytique et excentrique. La TDM et l’IRM interviennent pour une meilleure stadification de la tumeur, et pour orienter la conduite thérapeutique. Histologiquement, deux types cellulaires prédominent : Des cellules géantes ostéoclastiques multinuclées en grand nombre et des cellules stromales de type fibroblastique. Des foyers de nécrose peuvent exister. Trois grades histologiques ont été décrits : Bénin peu agressif, bénin agressif et malin (3). Le diagnostic différentiel se fera avec le kyste anévrysmal, l’ostéoblastome, métastase osseuse et une tumeur brune. La chirurgie offre deux options : Le curetage de la lésion, est plus conservateur suivi d’un comblement par du matériel pour éviter
les fractures de contrainte et les enfoncements articulaires, ou la résection en bloc. La surveillance doit être étroite en raison du risque de récidive locale ou une dégénérescence maligne.