PROJET EOLIEN DU SITE DE COURCELLAS
( Haute-Vienne)
ETUDE AVIFAUNISTIQUE
Migration, Nidification, Hivernage, Impacts, Préconisations pour l’implantation et Propositions de mesures compensatoires
S E P O L
PROJET EOLIEN DU SITE DE COURCELLAS
(Haute-Vienne)
ETUDE AVIFAUNISTIQUE
Migration, Nidification, Hivernage, Impacts, Préconisations pour l’implantation et Propositions de mesures compensatoires
Réalisation
Société pour l'Etude et la Protection des Oiseaux en Limousin Réalisation / Rédaction
Mathieu ANDRE (SEPOL) Maître d'ouvrage
ABO WIND, SAS Ferme Eolienne Courcellas
© Novembre2013
Projet éolien du site de Courcellas (Haute-Vienne)
Etude avifaunistique et mesures compensatoires
Migration, Nidification, Hivernage, Impacts, Préconisations pour l’implantation et Propositions de mesures compensatoires
SOMMAIRE
Introduction 3
I - Migration des Oiseaux 4
1.1 - Protocole de l'étude d'impact éolien 6
1.2 - Résultats et Analyses 8
Résultats des prospections de la migration prénuptiale
8
Résultats des prospections de la migration postnuptiale
11
Bilan des prospections de la migration
15
Analyse des hauteurs de vols
16
II - Les espèces nicheuses 17
2.1 - Présentation des protocoles menés en 2007 18
2.2 - Résultats des suivis de nidification 21
STOC EPS
21
IKA
24
III – Les espèces hivernantes 26
3.1 – Présentation du protocole mené en 2007/2008 26
3.2 – Résultats et analyses 26
IV - Evaluation des risques 30
4.1 – Généralités 30
4.2- Sur le site de « Courcellas » 31
Pour les couloirs de migration
31
Pour les espèces migratrices
31
Pour les espèces nicheuses
34
V – Choix du projet 38
VI - Préconisation pour l'implantation des éoliennes et
mesures compensatoires 41
6.1 - Préconisation pour l'implantation des éoliennes 41
Avant les travaux d'installation des éoliennes
41
Pendant les travaux
41
Après les travaux
41
6.2 - Mesures compensatoires 42
VII - Proposition de protocoles de suivi 43
Suivi migration43
Suivi nicheurs par STOC EPS44
Suivi des nicheurs lors de la phase de chantier d’installation44
Conclusion 46
Bibliographie 47
Annexes 48
Introduction
La Société pour l'Etude et la Protection des Oiseaux du Limousin (S.E.P.O.L) s'est vu confiée dans un premier temps l'étude d'impact sur les populations d'oiseaux migrateurs, nicheurs, et hivernants d'un projet d'implantation d'une Centrale Eolienne par la CUMA des Monts de Blond sur les Commune de Blond et de Bellac (Haute-Vienne) au lieudit « Courcellas ». Puis en 2012, les sociétés ABO WIND et SEC 87 nous ont demandé d’actualiser le rapport.
Ainsi, la S.E.P.O.L a réalisé au printemps et à l'automne 2007, des suivis de la migration prénuptiale et postnuptiale; mais également l’étude de l’avifaune nicheuse et des hivernants. Il a été ajouté en 2012 une journée de terrain lors de la migration postnuptiale.
L'objectif de cette étude étant de répondre à plusieurs questions primordiales pour le projet final, à savoir :
Quelles sont les espèces concernées par le projet?
Quels sont leurs effectifs sur le site?
Quelles sont leurs modalités de migration?
Quelles sont leurs modalités d'hivernage?
Quels sont les risques encourus par ces espèces?
Quelles sont les préconisations et les mesures compensatoires à mettre en place pour minimiser ces risques?
Ensuite, afin de mesurer réellement les impacts des éoliennes sur l’avifaune, la SEPOL propose des protocoles de suivi à mettre en place sur le site retenu pour l'implantation finale des éoliennes.
I - Migration des Oiseaux
Face aux rigueurs hivernales, les oiseaux ont développé deux stratégies, soit d'être sédentaire et de rester sur place en s'adaptant aux conditions climatiques, soit la migration et de se déplacer vers des territoires moins hostiles.
La migration est donc conditionnée par les fluctuations saisonnières des ressources alimentaires. La migration postnuptiale se déroule après la saison de reproduction principalement à la fin de l'été et à l'automne. La migration prénuptiale se fait au printemps, les oiseaux reviennent dans nos régions, pour s'y reproduire.
Ainsi, deux fois par an, les oiseaux migrateurs traversent le territoire français comme toute l'Europe. Au printemps, les oiseaux prennent la direction du Nord et du Nord Est de l'Europe vers leurs sites de reproduction et à l'automne ils prennent le chemin inverse en direction du sud de l'Europe et de l'Afrique où ils passeront l'hiver. Ainsi la France est traversée selon un axe Nord-Est / Sud-Ouest (à l'automne) et Sud-Ouest / Nord-Est (au printemps).
Les oiseaux migrateurs se classent en deux grandes catégories : les oiseaux rameurs qui utilisent le vent laminaire, et les oiseaux planeurs qui utilisent les ascendances thermiques. Ces derniers recherchent donc les ascendances thermiques pour prendre de l'altitude et se laisser filer ensuite sur plusieurs kilomètres (voir plusieurs dizaines de kilomètres). Ils peuvent ainsi parcourir (par beau temps) de très grandes distances sans utiliser beaucoup d'énergie.
Les espèces migratrices principalement connues du public sont les Hirondelles, le Martinet, figure n°1 : Axe général de migration pour
les migrations d'oiseaux en Limousin
le Coucou ainsi que les Grues, les Oies,...
Mais en France, comme en Limousin, près de 9 espèces sur 10 sont plus ou moins migratrices. Il existe des espèces migratrices « pures » et des espèces pouvant effectuer des mouvements migratoires, soit transhumant, soit à la suite d'une vague de froid ou d'un manque cruel de nourriture...
Dans notre région, comme partout en France (figure n°1), la migration des oiseaux peut s'observer presque tout au long de l'année en fonction des espèces. Il y a toutefois deux périodes plus propices : le printemps et l'automne. Les périodes les plus calmes sont l'été (Juin/ Juillet) et en hiver (Décembre/ Janvier), elles sont toutefois marquées par quelques mouvements migratoires. Juin est marqué par le passage d'individus tardifs qui remontent encore vers le nord (Milan noir, Martinet noir, Hirondelle de fenêtre,...). Le mois de décembre est marqué par le passage d'oiseaux descendants vers le sud, parfois quelques peu retardataires, ou chassés par des vagues de froid ou par manque de nourriture (Grue cendrée, Pinson des arbres, Milan royal, Pinson du nord,...) (figure n°2).
Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sept. Oct. Nov. Déc.
figure n°2 : Calendrier général des migrations en Limousin, (Faible, Moyen, Fort degré des flux migratoires de l'avifaune migratrice.
D'une façon générale, le Limousin est traversé comme la France selon l'axe Nord-Est / Sud- Ouest. Cet axe est le chemin direct entre les zones de reproduction du Nord / Nord-Est de l'Europe et les zones d'hivernages d'Afrique et d'Espagne. Les flux migratoires observés en Limousin sont également constitués d'oiseaux et de groupes d'oiseaux cherchant à éviter les reliefs du Massif Central.
En effet, les oiseaux en migration recherchent toujours à économiser leurs dépenses énergétiques, ainsi face à des obstacles tels que des sommets montagneux, ils préfèrent les contourner. De même, pour la traversée des Pyrénées, ils recherchent sur les franges Ouest et Est de cette chaîne de montagne, les cols situés à faible altitude (Organbidexka, Lizzarieta, Lindux,...) plutôt que de passer à hautes altitudes, évitant ainsi des conditions de vols pénibles (météorologie,
vents,...).
En conclusion, les périodes les plus marquées par la migration des oiseaux en Limousin vont de Mars à Mai et d'Août à Octobre, la migration d'automne étant plus marquée. En effet, les flux sont à cette période de l'année plus réguliers et concernent des effectifs plus importants.
1.1 - Protocole de l'étude d'impact éolien
Dans le cadre de l'étude menée par la S.E.P.O.L pour l'implantation des éoliennes sur le site
« Courcellas » des Communes de Blond et Bellac, la S.E.P.O.L a réalisé 4 journées d'observation lors de la migration prénuptiale et 5 journées lors de la migration postnuptiale, afin d'appréhender aux mieux le déroulement, les conditions et les modalités de la migration des espèces sur le site.
Il a donc été effectué 4 sorties pour la migration prénuptiale :
16/03/2007
26/03/2007
11/04/2007
18/04/2007
et 5 sorties pour la migration postnuptiale :
03/10/2007
12/10/2007
18/10/2007
07/11/2007
29/10/2012
Les points d'observation sont déterminés à l'aide d'une carte IGN 1/25000 et de la topographie observée sur le terrain (figure n°3). Pour chaque point déterminé, il est effectué l'observation de la migration pendant une période de 1 heure. Les heures d'observation pour chaque point sont aléatoires et réparties sur la journée. Le but étant de posséder des informations pour chaque point sur l'ensemble de la journée. A chaque observation de vol migratoire, il est noté : la date, l'heure, le lieu, la météo, l'espèce, le nombre d'individus, le comportement, la hauteur et la direction des oiseaux (Annexe n°1).
Il est également noté les observations de rapaces utilisant les ascendances. Ces observations ne sont généralement pas des vols migratoires, mais permettent de mieux localiser les ascendances thermiques pouvant être dérangées par de futures éoliennes.
La synthèse des observations faites dans cette étude est représentée sous deux formes : une analyse des couloirs empruntés, et une analyse des hauteurs de vols pour les espèces rencontrées.
figure n°3 : Cartographie des points d'observation
1.2- Résultats et Analyses
Résultats « Prospections de la migration prénuptiale »
Liste des espèces rencontrées lors des prospections du 16/03/2007 au 18/04/2007 :
Liste des espèces rencontrées :
N individus N citations Statuts
Pinson des arbres 594 114
Pipit farlouse 109 15
Hirondelle rustique 18 11
Pigeon ramier 15 10
Linotte mélodieuse 13 2 Vulnérable (LR France)
Grand cormoran 22 1
Etourneau sansonnet 7 1
Chardoneret élégant 6 1
Hirondelle de fenêtre 5 2 En Déclin (LR Limousin)
Bergeronnette grise 2 2
Lors des passages migratoires de printemps, les espèces les plus observées des quatre journées de prospections sont des passereaux : le Pinson des arbres Fringilla coelebs, suivi du Pipit farlouse Anthus pratensis. Le Pinson des arbres représente 75% des individus et 72% des vols.
Généralement, les observations de ces espèces sont des groupes d'une vingtaine d'individus, mais il a été observé quelque fois des groupes plus importants, proche des 50 oiseaux.
Analyse des axes migratoires :
Les figures n°4 et 5 montrent une nette tendance des vols migratoires sur le nord de la zone d'étude, avec plus de 80% des vols et 85% des individus pour les points 1 et 2. Nous pouvons également remarquer que les ascendances sont généralement observées au Sud de la zone. Ceci pouvant s'expliquer par la proximité de plusieurs bois, permettant l'installation de rapaces pendant la période de nidification. Il ne faut donc pas négliger ces secteurs et proposer un périmètre autour des zones boisées où la hauteur de vol des rapaces est généralement plus faible avant de prendre les ascendances thermiques.
figure n°4 : Nombre d'observations et d'individus par point d'observation
Observations % Individus %
Point n°1 57 36,3% 318 39,7%
Point n°2 71 45,2% 385 48,0%
Point n°3 18 11,5% 72 9,0%
Point n°4 2 1,3% 2 0,2%
Point n°5 9 5,7% 25 3,1%
Points d'observation Vols migratoires
1 – 10 ind.
10 – 40 ind.
40 – 90 ind.
90 – 150 ind.
> 150 ind.
ascendances
Cartographie des vols migratoires pré- nuptiaux du site
« Courcellas »
N Point n°1
Point n°2
Point n°5 Point n°3
Point n°4
figure n°5 : Cartographie des vols migratoires prénuptiaux du site
« Courcellas ».
Résultats « Prospection de la migration postnuptiale »
Liste des espèces rencontrées lors des prospections du 03/10/2007 au 07/11/2007 et du 29/10/2012 :
Lors de la migration postnuptiale, pour le suivi de 2007, les observations ont été faibles, du fait d'une concentration des passages sur deux à trois journées. Aussi lors de la journée du 29/10/2012, le passage fut plus important la matinée pour s’arrêter vers 14h. Nous pouvons tout de même déterminer les zones les plus utilisées. Comme pour la migration prénuptiale, les oiseaux passent donc majoritairement par les points n°1 et 2 qui se situent au nord de la zone d'étude.
Liste des espèces rencontrées :
N individus N citations Statuts
Pigeon ramier 443 16
Pinson des arbres 144 42
Alouette des champs 26 7
Etourneau sansonnet 14 3
Pipit farlouse 11 3
Bergeronnette grise 9 3
Corneille noire 5 1
Grand Cormoran 4 1
Grue cendrée 4 1 A1 DO
Busard des roseaux 1 1 A1 DO / Vulnérable (LR France) / En danger (LR Limousin) Milan royal 1 1 A1 DO / Vulnérable (LR France) / Rare (LR Limousin)
Et pour la journée du 29/10/2012 :
Liste des espèces rencontrées :
N individus N citations Statuts
Pinson des arbres 402 50
Pigeon ramier 539 20
Alouette des champs 186 12
Pipit farlouse 27 4
Corneille noire 86 3
Etourneau sansonnet 70 3
Grive draine 23 3
Verdier d’Europe 7 2
Milan royal 2 1 A1 DO / Vulnérable (LR France) / Rare (LR Limousin)
Mésange bleue 5 1
Grand Cormoran 5 1
Chardonneret élégant 11 1
Les espèces les plus observées sont le Pigeon ramier puis le Pinson des arbres et l’Alouette des champs. Les deux premières étaient déjà parmi les espèces les plus observées lors de la migration prénuptiale. On peut également noter l'observation non courante d'un Busard des roseaux et de trois Milan royal, ainsi que d'un vol de Grue cendrée, sachant que l'axe majeur de migration se situe à l'est des Monts de Blond.
Analyse des axes migratoires :
Les figures n°6 et 7 montrent une nette tendance des vols migratoires sur le nord de la zone d’étude, ce qui est accentué avec la journée complémentaire réalisée en 2012 (figure n°8), avec 53%
des vols et 68% des individus pour les points 1 et 2. Le point n°3 est également bien représenté au niveau nombre d'individu (21%), il s'agit de quelques passages de Pigeons ramier, Pinsons des arbres et de Pipit farlouse.
Point Vol postnupt % N postnupt %
point n°1 70 38% 714 35%
point n°2 45 25% 463 23%
point n°3 39 21% 564 28%
point n°4 24 13% 265 13%
point n°5 4 2% 19 1%
total 182 100% 2025 100%
figure n°6 : Nombre d'observations et d'individus par point d'observation
N
Cartographie des vols migratoires post-nuptiaux du site
« Courcellas »
Points d'observation Vols migratoires
1 – 10 ind.
10 – 50 ind.
50 – 200 ind.
200 – 500 ind.
>500 ind.
Point n°1
Point n°2
Point n°5 Point n°3
Point n°4
figure n°7 : Cartographie des vols migratoires postnuptiaux du site
figure n°8 : Carte de la migration du 29/10/2012
Bilan des prospections de la migration
Pour l'ensemble des prospections de la migration, on peut observer sur les figures 9 et 10, que la zone nord du site est nettement la plus sensible pour la migration. En effet, 70% des observations et 66% des oiseaux y ont été observés. Ceci confirme donc les suppositions de ce couloir potentiel lors des deux phases d'étude de la migration.
Point Observations % Individus %
point n°1 128 38% 1026 36%
point n°2 109 32% 832 30%
point n°3 65 19% 647 23%
point n°4 26 8% 267 9%
point n°5 13 4% 44 2%
total 341 100% 2816 100%
figure n°10 : Nombre d'observations et d'individus par point d'observation pour les deux périodes de migration.
figure n°9 : Nombre d'individus et de citations par points d'observations
Analyse des hauteurs de vols :
Pour l'ensemble des espèces, 87% des oiseaux répertoriés pendant les journées d'observations de la migration volent à une hauteur comprise entre 15 m et 60 m. Puis 10% passent à des hauteurs entre 60 et 150 m (figure n°11).
figure n°11: Hauteur de vol des oiseaux en migration (N=2828)
Parmi les espèces les plus représentées, le Pinson des arbres possède une hauteur de vols moyens de 27,4 m, le Pigeon ramier de 40,6m, et le Pipit farlouse de 28m.
Pour le Pigeon ramier, ce sont généralement les grands groupes qui ont pu être observés à des hauteurs de plus de 150m, zone de forte perturbation pour les oiseaux vis à vis des éoliennes. Ceci insinue des risques de collisions plus importants du fait du nombre d’oiseaux groupés.
Pour les espèces observées, hormis le Pigeon ramier, les autres ne possèdent que peu de risques de collision avec les pâles des éoliennes. Mais il existe tout de même de nombreuses espèces migrant à plus de 150 m, notamment les nocturnes, comme l'Alouette des champs. Aussi les observations de passereaux en migration à ces hauteurs ne sont pas forcément perceptibles.
II - Les espèces nicheuses
2.1 - Présentation des protocoles menés en 2007
Dans le cadre des études des populations d'oiseaux nicheurs des Parcs éoliens, la S.E.P.O.L.
préconise la mise en place de relevés suivant un protocole précis et reproductible dans le temps.
Ainsi, on dispose d'un état initial qui pourra être comparé, en temps utile, avec les résultats des relevés qui pourront être effectués lorsque les éoliennes seront en place.
La S.E.P.O.L. a donc réalisé en 2007 des relevés suivant la méthode des STOC EPS (Suivi Temporel des Oiseaux Communs, par Echantillonnages Ponctuels Simples).
De plus, afin d'étudier au mieux les populations d'oiseaux nicheurs du secteur, nous avons également réalisé des sorties complémentaires (à la recherche des espèces « patrimoniales », rapaces, espèces des milieux ouverts,...). Des données bibliographiques ont également été recherchées, mais ce secteur a été très peu prospecté, nous possédons donc peu d’informations anciennes.
Relevés de terrain 2007
Description de la méthode :
Afin d'actualiser nos données, mais aussi et surtout, afin de constituer une base (une année
« 0 ») pour pouvoir, à terme mesurer l'impact du projet sur l'avifaune nicheuse, il a été réalisé sur la zone d'étude un suivi des populations d'oiseaux nicheurs selon le protocole mis en place par le Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d'Oiseaux (CRBPO) du Muséum National d'Histoire Naturelles. Il s'agit du protocole STOC EPS (Suivi Temporel des Oiseaux Communs par Echantillonnages Ponctuels Simples). Les deux matinées se sont déroulées le 4 avril et le 22 mai 2007.
Ce protocole est retenu par l’Institut français de l’environnement parmi les 45 indicateurs de développement durable (IFEN, 2003).
Il repose sur un principe simple : puisqu’il semble impossible de connaître l’effectif réel des oiseaux communs, le programme STOC-EPS se propose d’en mesurer l’évolution en procédant par échantillonnage. Il s’agit de réaliser deux fois par printemps, à la même période, au même endroit, de
la même manière (même observateur, même durée, même matériel), des relevés exhaustifs sur 10 points. Puis de comparer les résultats à l’aide d’outils statistiques simples. Cette méthode tient beaucoup du sondage, ainsi la multiplication du nombre de points d’échantillonnage est nécessaire à sa pertinence.
Ainsi, l'observateur note tous les contacts avec toutes les espèces d'oiseaux qu'il rencontre (oiseaux vus, chants, cris, passe en vol,...), nous obtenons alors un nombre d'individus (=une abondance) pour chaque espèce point par point et une richesse spécifique pour chaque point.
Mais, nous obtenons aussi à l'échelle de la zone une richesse spécifique et une abondance pour chaque espèce.
C'est à partir de ces éléments que nous pourrons mesurer l'évolution des populations d'oiseaux sur la zone et la comparer avec celle des populations d'oiseaux en Limousin, et ainsi, voir si on peut attribuer ou non ces évolutions à la présence d'éoliennes (Annexe 2 : Présentation du protocole STOC EPS).
Pour la présente étude nous avons donc effectué deux matinées de relevé de type STOC EPS, mais nous avons également réalisé deux demi-journées d'observation le 4 mai et 24 mai 2007 avec un protocole de type Indice Kilométrique d'Abondance (IKA), visant à déterminer une densité et une diversité des espèces présentes le long d'un parcours. Le parcours a été déterminé en fonction de sa représentativité des différents milieux naturels de la zone éolienne, ainsi il permet l'observation de l'avifaune nicheuse sur 3,875 Km linéaire.
figure n°12 : Carte des points d’écoute du STOC EPS
figure n°13 : Carte du parcours emprunté lors de l’IKA
2.2 – Résultats des suivis de nidification
STOC EPS
Suite aux deux relevés sur les 10 points d’écoute retenus, nous avons rencontrés 47 espèces potentiellement nicheuses sur le site, et une abondance cumulée de 285 oiseaux.
Parmi les espèces les plus présentes nous retrouvons le Moineau domestique Passer domesticus, et le Pinson des arbres. Pour celles les plus rencontrées, il y a le Pouillot véloce Phylloscopus collybita et le Pinson des arbres (figure n°14). Une seule espèce est présente dans l’Annexe I de la Directive
« Oiseaux » : l’Alouette lulu lulula arborea. Cette espèce reste commune en région Limousin, et n’est donc pas considérée dans cette étude comme une espèce patrimoniale.
Espèce A F Statuts
Pouillot véloce 12 10
Pinson des arbres 26 9
Corneille noire 13 8
Pigeon ramier 13 8
Fauvette à tête noire 12 8
Rossignol philomèle 12 8
Merle noir 11 8
Troglotyde mignon 9 8
Geai des chênes 10 7
Rougegorge familier 9 7
Mésange charbonnière 8 6
Coucou gris 7 6
Hypolaïs polyglotte 7 5
Pic vert 5 5 A surveiller (LR Limousin)
Moineau domestique 31 4
Etourneau sansonnet 14 4
Buse variable 4 4
Grimpereau des jardins 4 4
Grive draine 4 4
Loriot d’Europe 4 4
Roitelet à triple bandeau 4 4
Rougequeue noir 4 4
Accenteur mouchet 3 3
Espèce A F Statuts
Bergeronnette grise 3 3
Huppe fasciée 3 3
Tourterelle des bois 3 3 En déclin (LR Limousin)
Tourterelle turque 3 3
Grive musicienne 3 2
Pie bavarde 3 2
Pouillot sp. 3 2
Alouette lulu 2 2 A1 DO / A surveiller (LR Limousin)
Bruant zizi 2 2
Faucon crécerelle 2 2 A surveiller (LR Limousin)
Mésange à longue queue 2 2
Mésange bleue 2 2
Mésange nonnette 2 2
Pic épeiche 2 2
Rougequeue à front blanc 2 2 A surveiller (LR Limousin)
Tarier pâtre 2 2 A surveiller (LR Limousin)
Choucas des tours 10 1
Hirondelle rustique 3 1 A surveiller (LR Limousin)
Bruant jaune 2 1
Fauvette des jardins 1 1
Pic épeichette 1 1
Pipit des arbres 1 1 En déclin (LR Limousin)
Pipit farlouse 1 1
Sitelle torchepot 1 1
figure n°14 : Liste des espèces rencontrées sur les 10 points d’écoute classées selon leur Fréquence et Abondance sur l’ensemble des points d’écoute (A1 DO : Annexe 1 de la directive Oiseaux, LR :
Liste rouge)
Sur ce site, nous retrouvons une richesse spécifique moyenne de 18,2 espèces par points.
Cette moyenne est dépassée par trois points d’écoute, le n°3 (19), le n°9 (21) et le n°10 (23). Si nous prenons la moyenne des écarts types, qui est de +/- 2,44 espèces par points, il existe seulement 2 points où la richesse spécifique est supérieure. Elle est donc plus importante pour ces points. A l’inverse, 2 points possèdent une richesse spécifique bien plus faible, le point n°4 et le n°8 (figure n°15).
0 10 20 30
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
NB Sp.
MOYENNE
figure n°15 : Richesse spécifiques des 10 points d’écoute 2007
Pour les 10 points, la moyenne de l'abondance des espèces est de 28,5 individus par point, et la moyenne des écarts types est de +/- 8,436. Il existe donc, seulement un point nettement supérieur à cette moyenne, le point n°10. Les autres points sont pris en compte dans la moyenne supérieure et inférieure de la moyenne de l’écart type (figure n°16).
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
NB ind MOYENNNE
figure n°16 : Abondance des 10 points d’écoute 2007
IKA
Suite aux deux demi-journées d'observation suivant le protocole de type IKA, nous avons déterminé une liste des oiseaux nicheurs sur le parcours emprunté (figure n°19). Il est donc dénombré 40 espèces, 3 espèces sont dans l'Annexe 1 de la Directive 79/409 CEE ou « Oiseaux » : Alouette lulu Lulula arborea et la Pie-grièche écorcheur Lanius collurio, la Bondrée apivore Pernis apivorus.
Les espèces les plus présentes sont la Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla avec 28 couples (figure n°17), le Rossignol philomèle Luscinia megarhynchos (27 couples) (figure n°18), la Mésange charbonnière Parus major (25 couples) et le Pinson des arbres Fringilla coelebs (25 couples). On remarque sur la liste, que les espèces les plus représentées sont les passereaux pouvant vivre autant en milieu forestier que bocager. Ce ne sont donc pas des espèces spécialisées. On observe que les espèces spécialistes, comme la Pie-grièche écorcheur, sont moins représentées. Les espèces à grand territoire, comme les rapaces sont logiquement moins représentées. Mais, il peut être observé tout de même une bonne densité et diversité de rapaces sur ce site. Sur l’ensemble du parcours, il sera remarqué une forte densité d’oiseaux dans les secteurs boisés. Ces zones sont généralement de faibles superficies, et on peut donc y observer des espèces spécialisées forestières, et également des espèces d’écotones, c'est-à-dire de transition entre deux milieux naturels, comme la forêt et la prairie sur notre site (Annexe 7).
figure n°17 : Fauvette à tête noire mâle (SEPOL)
figure n°18 : Rossignol philomèle (R.
Bussière)
Espèce NB Contact Statut Espèce NB Contact Statut
Fauvette à tête noire 28 Fauvette des jardins 2
Rossignol philomèle 27 Sitelle torchepot 2
Mésange charbonnière 25 Mésange à longue queue 2
Pinson des arbres 25 Pic épeiche 2
Bruant jaune 16 Coucou gris 2
Merle noir 15 Pigeon ramier 2
Tarier pâtre 11 A surveiller (LR Limousin) Tourterelle des bois 1 En déclin (LR Limousin)
Bruant zizi 11 Chardonneret élégant 1
Mésange bleue 7 Troglodyte mignon 1
Pipit des arbres 7 En déclin (LR Limousin) Grive musicienne 1
Loriot d'Europe 6 Geai des chênes 1
Rouge gorge familier 6 Huppe fasciée 1
Étourneau sansonnet 5 Grive draine 1
Hypolaïs polyglotte 5 Pic vert 1 A surveiller (LR Limousin)
Alouette lulu 4 A1 DO / A surveiller (LR Limousin) Canard colvert 1
Grimpereau des jardins 4 Héron cendré 1
Corneille grise 4 Faucon crécerelle 1 A surveiller (LR Limousin)
Buse variable 3 Faucon hobereau 1
Pie grièche écorcheur 3 A1 DO / A surveiller (LR Limousin) Bondrée apivore 1 A1 DO
Accenteur mouchet 3 Épervier d'Europe 1
figure n°19 : Liste des espèces contactées lors des Ika
L’indice kilométrique d’abondance sur l’ensemble du circuit est 62,2 couples par kilomètre.
Et la diversité spécifique par kilomètre est de 10,32. En comparaison avec d’autres sites étudiés par la SEPOL où il a été effectué le même protocole, on peut observer sur la figure n°20 que l’abondance du site de Courcellas est proche de la moyenne de tous les sites qui est de 67,23 (ET=10,31).
La diversité spécifique est plus faible que l’ensemble des sites, et la moyenne. Mais il est à noter que les sites possédant les plus faibles diversités spécifiques sont ceux dont le circuit est le plus long. Il semble donc avoir une stagnation du nombre d’espèce au bout d’une certaine longueur de circuit.
Div sp/km NB cple/km
IKA rapport Lussac 2007 11,87 70,53
IKA rapport PIAULOUX 2004 15,18 54,16
IKA rapport PUY DU CLOS FOURNIER 2005 19,44 69,38 IKA rapport ST MATRIAL LE VIEUX 2005 20,67 87,22 IKA rapport EYMOUTIERS 2005 18,13 63,34
IKA rapport BOIS BRULE 2004 12,00 63,8
IKA rapport BLOND 2007 10,32 62,2
IKA moyenne 15,37 67,23
figure n°20 : Table de comparaison des IKA avec d’autres sites étudiés en Limousin
III – Les espèces hivernantes
3.1 Présentation du protocole mené en 2007/2008
Les espèces hivernantes pouvant être dérangées par l'implantation d'un parc éolien sont principalement les espèces hivernant en bande et aux comportements « alimentaires » particuliers (zones de gagnage et de repos bien distinctes) telles que:
Les Alaudidés (Alouettes,...) Les Turdidés (Grives,...) Les Fringillidés (Pinsons,...) Les Corvidés (Corneilles,...)
Mais aussi les Pigeons ramiers, les Vanneaux huppés, les Bruants, les Etourneaux et les Anatidés (Canards,...).
Ces espèces hivernantes ont été recherchées lors des deux journées de prospection réalisées le 2 janvier et 20 février 2008. Il s'agissait de repérer les espèces présentes et de noter l'utilisation des milieux par celles-ci (repos, gagnage, déplacement,...).
Il faut toutefois penser que l'hivernage de ces espèces varie au cours de la saison hivernale et en fonction des années selon les conditions météorologiques, les ressources alimentaires,...
3.2- Résultats et analyses
Résultats des prospections hivernales 2007/08 : Liste des espèces rencontrées
Nom vernaculaire Famille Statut
Buse variable Accipitridés
Faucon crécerelle Falconidés A surveiller (LR Limousin)
Pigeon ramier Columbidés
Pic épeiche Picidés
Pic vert Picidés A surveiller (LR Limousin)
Alouette lulu Alaudidés A1 DO, A surveiller (LR Limousin)
Grive mauvis Turdidés
Grive litorne Turdidés
Merle noir Turdidés
Tarier pâtre Turdidés A surveiller (LR Limousin)
Rougegorge familier Turdidés Pipit farlouse Motacillidés Pipit spioncelle Motacillidés
Mésange bleue Paridés
Mésange charbonnière Paridés Mésange nonnette Paridés Mésange à longue queue Aegithalidés Sitelle torchepot Sittidés Grimpereau des jardins Certhiidés Troglodyte mignon Troglodytidés Roitelet huppé Sylviidés
Bruant jaune Embérizidés
Corneille noire Corvidés Geai des chênes Corvidés
Pie bavarde Corvidés
Etourneau sansonnet Sturnidés Pinson des arbres Fringillidés Accenteur mouchet Prunellidés
Héron cendré Ardéidés
Canard colvert Anatidés
Grand cormoran Phalocrocoracidés
31 espèces ont été inventoriées au cours de l'hiver 2007/08. Mais l'on peut s'attendre à rencontrer d'autres espèces en cette période de l'année sur ce site.
Ainsi, aux espèces que nous avons directement observées sur le terrain, nous pouvons ajouter une liste d'espèces potentiellement hivernantes sur le site :
Il s'agit d'un panel d'espèces communes en hiver en Limousin :
(D’après « l'atlas des oiseaux nicheurs en Limousin » de la SEPOL, liste des 51 espèces les plus communes de l'avifaune
du Limousin, en ne conservant que les espèces sédentaires, donc hivernantes, et fréquentant les milieux rencontrés sur le site).
Nom vernaculaire Famille Statut Epervier d’Europe Accipitridés
Chouette effraie Tytonidés Chouette hulotte Strigidés Bergeronnette grise Motacillidés Grive musicienne Turdidés Roitelet à triple bandeau Sylviidés Moineau domestique Passeridés Linotte mélodieuse Fringillidés Verdier d’Europe Fringillidés
9 espèces en plus sont potentiellement hivernantes sur le site, soit un total de 40 espèces potentiellement hivernantes.
Entre les différentes zones de gagnage et les différentes zones de repos de très nombreux échanges existent. En effet, un même groupe d'oiseaux peut utiliser plusieurs sites de repos (ou dortoirs) pendant un même hiver, et il peut aussi utiliser au cours d'une saison plusieurs sites d'alimentation.
Pour ce site d'étude, l'observation de groupes d'oiseaux hivernants s'est effectuée principalement sur le secteur Est de la zone (figure n°21), avec la présence de petits groupes de Pipits farlouse et spioncelle, des groupes d'Etourneau sansonnet, et de Grives. Ce secteur est composé de grandes prairies permanentes, bordées de haies. La présence d'oiseaux hivernants y est tout de même faible, et ne semble pas un facteur défavorable à l'installation d'éoliennes.
N Point n°1
Point n°2
Point n°5 Point n°3
Point n°4
Cartographie des groupes d'oiseaux hivernants du site
« Courcellas »
Points d'observation Zones d'hivernages
IV - Evaluation des risques 4.1 - Généralités
Il existe principalement 3 types d'impacts sur l'avifaune engendrés par l'existence d'un parc éolien :
la perte d'habitat (principalement pour les espèces sédentaires mais aussi parfois pour les espèces migratrices et hivernantes : sites de haltes migratoires, de gagnage, ...);
le dérangement (ou perturbation, pour toutes les espèces);
les collisions (destructions directes, pour toutes les espèces, mais il se peut que les espèces migratrices soient le plus touchées).
Ces impacts peuvent avoir lieu au cours de trois phases différentes d'un projet éolien : lors de l'installation, lors du fonctionnement et lors du démontage.
Afin de mesurer les impacts des éoliennes sur l'avifaune lors de ces trois phases (et principalement lors des deux premières), une série d'études peut être mise en place afin de :
En amont du projet :
Mesurer la destruction des habitats : une étude et une cartographie des habitats sont nécessaires (des inventaires sur les populations nicheuses au sein de ces habitats doivent être effectués).
Evaluer le dérangement occasionné par l'installation des éoliennes : Une étude initiale des populations nicheuses d'oiseaux (par Indice Ponctuel d'Abondance ou Point d'écoute, ou par la méthode des quadrats) semble nécessaire; ainsi qu'une étude initiale de la migration et ici une étude hivernants.
En aval du projet :
Mesurer les collisions : Cela consiste en une étude cherchant à dénombrer les oiseaux entrés en collision avec les éoliennes. Cette étude peut avoir des limites. En effet, les résultats
obtenus ne caractériseront pas forcement la réalité de terrain. Les cadavres des oiseaux pouvant être « détruits » par des charognards. De plus l'efficacité des observations de terrain n'est pas très pertinente et son rendement est modéré : difficulté du choix et de la surface de la zone à étudier (c'est une technique relativement chronophage).
Ces études sont nécessaires si l'on souhaite mesurer réellement les impacts de l'implantation des éoliennes sur un site. C'est dans ce cadre que se place l'étude réalisée par la SEPOL en 2007/2008.
Une fois les éoliennes installées, afin d'évaluer leurs impacts sur les oiseaux, il est intéressant de poursuivre les études de suivi des populations migratrices mais aussi réaliser tous les ans un suivi sur les populations nicheuses (étude de type STOC EPS, IKA ou Quadrats).
4.2- Sur le site « Courcellas »
Pour les couloirs de migration : Impacts modérés
Sur le site de « Courcellas », il a pu être déterminé suite aux 8 journées de suivi de la migration un potentiel couloir au nord de la zone (figure n°5 et 7). Effectivement, plus de 1 000 oiseaux furent observés sur les 175 citations, représentant les ¾ des effectifs.
Pour les espèces migratrices : Impacts modérés
Pour la migration prénuptiale et postnuptiale, les espèces principalement menacées par l'implantation des éoliennes sont évidemment les espèces les plus régulières en migration, les plus abondantes et/ou les espèces aux comportements de vol particulier (hauteur, puissance, réactivité,...).
Ainsi, si nous hiérarchisons les espèces en fonction du nombre de citation dont elles ont fait l'objet, et que nous hiérarchisons les espèces en fonction des effectifs rencontrés sur les zones, nous obtenons les listes suivantes :
Au Printemps
N d'individus N de citations
Pinson des arbres 594 114
Pipit farlouse 109 15
Hirondelle rustique 18 11
Pigeon ramier 15 10
Linotte mélodieuse 13 2
Grand Cormoran 22 1
Etourneau sansonnet 7 1
Chardonneret élégant 6 1
Hirondelle de fenêtre 5 2
Bergeronnette grise 2 2
A l'Automne
N d'individus N de citations
Pigeon ramier 982 37
Pinson des arbres 546 93
Alouette des champs 212 19
Corneille noire 91 4
Etourneau sansonnet 81 4
Pipit farlouse 38 7
Grive draine 23 3
Chardonneret élégant 11 1
Grand Cormoran 9 2
Bergeronnette grise 9 3
Verdier d’Europe 7 2
Mésange bleue 5 1
Grue cendrée 4 1
Milan royal 3 2
Busard des roseaux 1 1
Si nous hiérarchisons les espèces selon la menace de collision et/ou de dérangement en fonction de leurs hauteurs de vol :
1 (<10m) : Les oiseaux passent près du sol, la présence d'éoliennes peut les perturber dans leur choix de couloir de migration en amont du site (perturbations limitées).
2 (10-60m) : Les oiseaux volent juste en dessous des pales, les perturbations sont importantes.
3 (60-150m): Les oiseaux volent à proximité des pales, en plus des fortes perturbations, il y a, ici, risque de collision.
4 (>150m): Les oiseaux volent juste au-dessus (ou très haut dans le ciel), les perturbations sont limitées.
Pour la majorité des espèces observées, les hauteurs de vols sont comprises entre 10 et 60 mètres, très peu sont passées à hauteur de pales entre 60 et 150 mètres. En revanche, les espèces principales: le Pinson des arbres et le Pipit farlouse, migrent en majorité à des hauteurs proche de 20-30 mètres, où les perturbations sont jugées « importantes ». Quelques groupes de Pigeons ramiers ont tout de même été observés autour de 150m de hauteur. Donc ce futur site éolien pourrait devenir sensible pour cette espèce lors de sa migration.
---- 1 ---- 2 4 ---- 3
figure n°22 : Schéma d'une éolienne prévue sur la zone en fonction des hauteurs de vols).
Si nous hiérarchisons les espèces selon leur aptitude au vol (réaction, puissance,..., Cf.
Annexe 8 : Aptitude au vol) : - Milan royal
- Pigeon ramier
- Passereaux (Pinson, Alouette, Pipit,...) - Grand Cormoran
- Hirondelle rustique - ...
Pour les espèces nicheuses :
Destruction des habitats : Impacts faibles à modérés
Lors de la construction du Parc éolien, il est important de prêter une attention particulière à limiter la destruction de site de nidification de certaines espèces, tout en respectant des dates d’intervention compatibles avec la biologie des espèces présentes (éviter les travaux de mars à juillet). Ainsi, il est préconisé de maintenir les réseaux de haies et les boisements existants. Une fois les éoliennes construites, les espèces s’adapteront ou malheureusement fuiront le site.
Dérangements et collisions : Impacts significatifs.
L’ensemble des 53 espèces nicheuses sont concernées mais bien évidemment certaines espèces sont plus sensibles que d’autres aux dérangements et à la collision. Il s’agit des espèces remarquables, en effet, elles le sont car leurs effectifs sont assez limités, et leurs populations pourraient avoir à souffrir de la disparition ou du dérangement de quelques individus, ce qui n’est pas forcément le cas pour les espèces les plus communes.
Mais il peut également s’agir des espèces aux comportements dangereux face aux éoliennes ; les espèces de grandes tailles et à parade nuptiale particulière sont alors concernées.
On peut alors classer les espèces selon leur sensibilité, comme il suit : 1) les espèces patrimoniales nichant en milieux ouverts :
La Pie-grièche écorcheur, espèce de l’Annexe 1 de la Directive oiseaux, reste en Limousin assez commune, du fait de la présence d’un réseau de haies et de prairies encore bien présent. Mais celle-
ci disparait lorsqu’il y a des défrichements.
2) les rapaces nicheurs :
Pour le site de Courcellas, les espèces nicheuses les plus sensibles au projet éolien sont essentiellement les rapaces avec les petits rapaces comme le Faucon hobereau et l’Epervier d’Europe, et les grands rapaces planeurs, comme la Buse variable Buteo buteo et la Bondrée apivore Pernis apivorus. Effectivement la proximité d’éoliennes de l’aire de nidification peut les déranger lors de leur prise d’envol et les retours au nid, lorsqu’ils sont à hauteur des pales. Il est donc important d’éviter la mise en place d’éolienne à moins de 50 mètres des lisières de bois occupées par les rapaces. Au vu de la patrimonialité des espèces, seule la Bondrée apivore est dans l’Annexe 1 de la Directive Oiseaux.
3) les passereaux patrimoniaux à parades verticales :
Ces espèces ayant un statut de conservation, sont l’Alouette lulu, le Pipit des arbres et le Tarier pâtre, sont assez communes en Limousin, et nous les retrouvons sur le site. Leurs parades sont verticales pouvant les amener à hauteur de pâles.
Pour les espèces hivernantes
Destruction des habitats : Impacts faibles
Dérangements et collisions : Impacts faibles à modérés
Le premier impact attendu est une diminution de la fréquentation du site par les espèces hivernantes, principalement par les espèces vivant en bande telles que les Alaudidés (Alouettes) , les Turdidés (Merles et Grives), les Fringillidés (Pinsons, Linottes,...),....
Ces espèces sont également celles qui seront les plus menacées de collision avec les éoliennes.
En effet, entre les zones de gagnage et celles de repos les oiseaux devront se déplacer et se trouveront parfois face à des éoliennes...
Les impacts vont donc varier en fonction des espèces, de leurs effectifs, de leur aptitude à réagir face à un obstacle, de leur taille, de leur nombre, de leur durée de stationnement sur la zone.
Suite à la détermination des couloirs de migration empruntés par les oiseaux (au printemps) et des zones d'ascendances utilisées, ainsi que des sensibilités pour les populations d'oiseaux nicheurs, nous pouvons proposer une carte des zones d’implantation d'éoliennes les plus favorables au maintien des populations d'oiseaux (figure n°23).
Phase Espèces sensibles au projet éolien Migration Pigeon ramier, Milan royal
Reproduction Pie-grièche écorcheur, Bondrée apivore, Alouette lulu, Pipit des arbres, Tarier pâtre
Hivernant --
figure n°23 : Cartographie des zones non défavorables et
V – Choix du projet
Dans un premier temps, ce sont donc 4 scénarios qui ont été proposés, possédant chacun 6 éoliennes de formations différentes. Ces scénarios ont donc été analysés vis-à-vis de leur impact potentiel sur l’avifaune nicheuse, migratrice, et hivernante.
Numéro Note Commentaires
Alternative 1 5,6/10 Les deux éoliennes situées le plus au Nord, au niveau du couloir de migration ne sont pas suffisamment espacées. La seconde machine en partant du Nord se trouve en zone de migration.
Alternative 2 5,3/10 Comme pour l’alternative n°1, les deux éoliennes du Nord ne sont pas assez espacées (moins que dans la première alternative), et la seconde est en zone de migration.
Alternative 3 5,3/10 La seconde éolienne en partant du Nord est très proche du couloir de migration, elle devrait se situer plus au Sud. La quatrième machine est proche d’un bois ou se trouve un nid de rapace.
Alternative 4 6,2/10
L’écart entre les deux éoliennes du Nord est plus important que dans les autres alternatives. Les machines sont plus éloignées des haies et des forêts, où peuvent nicher les oiseaux et notamment les rapaces.
Pour la SEPOL, l’alternative 4 possède la meilleure évaluation, elle apparait comme celle qui aura le moins d’impact sur l’avifaune. Les alternatives 2 et 3 sont celles qui affecteront le plus l’avifaune. Les impacts de l’alternative 1 sont modérées et d’intensité intermédiaire vis-à-vis des autres.
Après analyse des différents bureaux d’études travaillant sur le projet, l’alternative retenue dans un premier temps par le porteur de projet a été l’Alternative n°3.
Mais celle-ci sera modifiée au profit d’une alternative comprenant 5 éoliennes. Cette alternative finale vous est présentée ci-dessous figure n°25, l’écart entre les éoliennes est donc plus important (plus de 370m), aussi les éoliennes ne sont pas proches des haies et boisements de la zone.
figure n°25 : Carte d’implantation du projet final
VI - Préconisation pour l'implantation des éoliennes et mesures compensatoires
6.1 - Préconisation pour l'implantation des éoliennes
Avant les travaux d'installation des éoliennes :
Limiter autant que faire se peut l’aire d’assemblage par éolienne;
Prévoir des poteaux d'éolienne de couleur blanche, ils seront plus visibles pour les oiseaux;
Eviter les tours à treillis et les échelles extérieures qui favorisent la pose des oiseaux et donc augmentent les risques de collisions.
Tout ceci devrait limiter l'impact sur les milieux naturels, le dérangement et les collisions futures.
Pendant les travaux :
Afin de limiter l’impact sur les populations nicheuses, les travaux doivent débuter en période hivernale avant leur installation afin de rendre défavorable la zone lors des travaux ;
Elaborer un suivi des nicheurs du chantier afin d’estimer l’impact réel lors de la phase de travaux ;
Utiliser l'aire d'assemblage prévue;
Après les travaux :
Une éolienne peut présenter un risque pour l'avifaune sans que celui-ci ait été anticipé et mesuré au cours de l'étude d'impact préalable. Il nous paraît important que des suivis ornithologiques soient engagés dès la construction de la (ou des) machine(s).
6.2 - Mesures compensatoires
Si le porteur du projet Eolien de « Courcellas » s'engage à suivre les recommandations et les préconisations d'implantations présentées précédemment, les mesures compensatoires pourront être assez légères. En effet, le projet ainsi mené ne ferait prendre à priori que peu de risques aux populations d'oiseaux.
Toutefois, il nous paraît important de mesurer réellement les impacts directs (collisions) et les dérangements notamment sur les populations d'oiseaux nicheurs et migrateurs.
Ainsi, pour les espèces migratrices, la SEPOL demande la mise en place d'un suivi du phénomène de la migration, une fois les éoliennes construites. Les objectifs de ce suivi étant de répondre principalement aux questions suivantes : Les oiseaux migrateurs ont-ils changé de voies de migration et ne passent plus sur les sites? Et comment réagissent les oiseaux face à l'éolienne?
Pour les espèces nicheuses, la mise en place d'un suivi à partir d'un protocole type STOC EPS ou quadrat, nous paraît important. Ceci nous permettrait de mesurer les impacts du projet sur les populations d'oiseaux communs; et de répondre à :
Les oiseaux nicheurs ont-ils déserté la zone? Comment réagissent les oiseaux face à l'éolienne?
Et, comment ont évolué les populations d'oiseaux nicheurs?
Pour les espèces hivernantes, ce type de suivi n'est pas obligatoire; il dépend de la situation du site éolien par rapport aux zones d'hivernage connues (zones humides, dortoirs...). L'intensité de ce suivi varie également, il est conseillé de réaliser les investigations au cœur de la période (décembre et janvier). Pour suivre les espèces hivernantes, l'observation directe à partir de points stratégiques est conseillée. L'objectif consiste à identifier les espèces présentes et à évaluer la densité de fréquentation et l'utilisation de l'aire d'étude par ces espèces.
VII - Proposition de protocoles de suivi
Afin d'avoir un minimum de recul et un maximum d'informations exploitables, les suivis ornithologiques (migration et reproduction) permettant de mesurer les impacts de la mise en service de l'éolienne (ou des éoliennes) doivent s'étaler dans le temps. Nous pensons qu'ils doivent avoir lieu pendant 5 années minimum.
Pour mesurer la destruction des habitats: Aucune proposition de la SEPOL, cela ne rentre pas dans les compétences d'une association d'étude et de protection des oiseaux. Il faut donc s'adresser à des organismes tels que les Conservatoire des Espaces Naturels.
Pour mesurer le dérangement occasionné par l'installation des éoliennes: nous proposons de réaliser deux suivis; suivi du phénomène de migration, et un suivi des populations d'oiseaux nicheurs, selon la méthode des STOC EPS appliquée en 2007. Nous proposons également un suivi de l’avifaune nicheuse lors de la phase d’installation du parc éolien afin d’y mesurer les impacts.
Suivi migration
Description de la méthode :
Une étude du phénomène de la migration sur le site est nécessaire si l’on veut mesurer les impacts de l’implantation d'une éolienne sur les oiseaux migrateurs.
Cette étude pourrait se faire sur les mêmes bases que l’étude réalisée en 2007, en prenant en compte les deux périodes de migration (printemps et automne).
Ainsi, il s’agirait de réaliser des journées d’observation de la migration sur des points fixes en notant tous les éléments figurant sur la fiche élaborée pour l'année 2007 (Annexe I) ; et donc noter le comportement des oiseaux face au nouvel obstacle que vont constituer l'éolienne.
Nous pensons que 4 journées par période seraient nécessaires (4 au printemps et 4 à l’automne).
Budget annuel prévisionnel :
DESCRIPTION QUANTITE MONTANT
Etude de terrain 2 x 4 j 2 880,00 €
Frais de déplacement (100 km AR, à 0,45
Cts/km) 8 j 360,00 €
Frais de repas (13 euros/j) 8 j 104,00 €
Rédaction d'une note de synthèse 4 j 1 440,00 €
TOTAL (TVA non applicable) 4 784,00 €
Périodicité : Tous les ans pendant 5 ans.
Coût total : 5 x 4 784 = 23 920 Euros.
Suivi nicheurs par STOC EPS
Description de la méthode : (cf : 2.1- Présentation des protocoles menés en 2007, p.8)
Budget annuel prévisionnel :
DESCRIPTION QUANTITE MONTANT
Etude de terrain 2 x ½ j 360,00 €
Frais de déplacement (100 km AR, à 0,45
Cts/km) 2 j 90,00 €
Rédaction d'une note de synthèse 3 j 1080,00 €
TOTAL (TVA non applicable) 1 530,00 € Périodicité : Tous les ans pendant 5 ans.
Coût total : 5 x 1 530 = 7 650 Euros.
Suivi des nicheurs lors de la phase de chantier d’installation
Description de la méthode :
Un suivi des oiseaux nicheurs lors de la phase d’installation doit être réalisé afin d’observer
les impacts de cette phase. Ainsi nous suggérons de réaliser un IKA le matin pour les oiseaux chanteurs et l’après-midi des points d’observation afin d’y détecter les rapaces. Un passage à la mi- mars et à la mi-mai sont nécessaire afin de pouvoir recenser l’ensemble des espèces.
Budget annuel prévisionnel :
DESCRIPTION QUANTITE MONTANT
Etude de terrain 2 j 720,00 €
Frais de déplacement (100 km AR, à 0,45
Cts/km) 2 j 90,00 €
Rédaction d'une note de synthèse 1 j 360,00 €
TOTAL (TVA non applicable) 1 170,00 € Périodicité : Lors de la phase d’installation
Coût total : 1 170 Euros.
Conclusion
Après une étude complète d'un cycle annuel, (migration prénuptiale, nidification, migration postnuptiale, et hivernage) sur le site de « Courcellas » puis une journée supplémentaire en 2012 pour la migration postnuptiale, nous avons pu mettre en évidence la présence d’environ 53 espèces nicheuses, 24 espèces migratrices, et 40 espèces potentiellement hivernantes.
Les espèces les plus menacées par ce projet sont donc, le Pigeon ramier pour la migration, et la Pie-grièche écorcheur, la Bondrée apivore, l’Alouette lulu, le Pipit des arbres, le Tarier pâtre pour les nicheurs. Il a également été déterminé des zones sensibles pour les migrateurs et les nicheurs, où l’implantation d’éoliennes serait néfaste. On les retrouve au nord du site d’étude, et autour des secteurs boisées.
Ainsi, après avoir identifié les menaces qui pèsent sur l’avifaune de la zone, nous avons proposé dans ce rapport des préconisations et des mesures compensatoires à mettre en place sur le site.
Si le porteur du projet éolien de ce site respecte les préconisations et les mesures compensatoires proposées par la SEPOL dans ce rapport, notamment, celles qui concernent la période d’installation des aérogénérateurs, les recommandations d’implantations, ainsi que les suivis, le projet devrait être compatible avec la conservation des populations d’oiseaux, qu’elles soient migratrices, reproductrices ou hivernantes sur la zone.