À la suite d’un accident, Honorine a été blessée au niveau de la 10e vertèbre thora- cique (comme sur l'image ci-contre) ; sa moelle épinière a été lésée du côté gauche.
Elle constate une diminution de sensation du toucher sur la partie gauche de son corps, située sous la lésion, ainsi qu’une di- minution de la sensation douloureuse, mais du côté droit de son corps (sous la lésion).
Honorine est capable de détecter un moustique se posant sur sa jambe droite, mais elle ne se rend pas compte de sa pi- qûre !
d’après
http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_03/i_03_
cl/i_03_cl_dou/i_03_cl_dou.html Comment expliquez-vous cette
« dissociation » ?
Ce schéma constitue une partie de la réponse ; à partir de cette illustration, élaborez un texte explicatif.
Le réseau câblé de la douleur
Le "réseau câblé de la douleur", c'est-à-dire le circuit neurobiologique complexe qu'em- prunte le message douloureux depuis les nerfs périphériques jusqu'au cerveau, est de mieux en mieux compris. Il comporte schématique- ment trois parties :
En périphérie, des fibres nerveuses spéciali- sées reçoivent des stimuli physiques, thermiques ou chimiques provenant de la peau, des muscles ou des viscères. Des fibres "noci- ceptives", peu ou pas myélinisées, conduisent à des vitesses variables le message douloureux jusqu'à un premier relais : la corne postérieure de la moelle épinière. Parmi les fibres ner- veuses, on distingue des fibres de gros calibre, qui sont sensibles à des stimulations tactiles lé- gères et conduisent rapidement l'influx nerveux, et des fibres de petit calibre, qui transmettent beaucoup plus lentement des sti- muli nociceptifs intenses (mécaniques, thermiques ou chimiques). Dans la moelle épi- nière, ces petites fibres stimulent notamment la libération de la substance P, une molécule qui semble importante dans la transmission du si- gnal douleur.
La moelle épinière traite et module le mes- sage nociceptif, qu'elle transmet ensuite au tronc cérébral puis au thalamus et à d'autres structures du cerveau. Fait remarquable, il existe au niveau de la moelle épinière un sys- tème d'inhibition qui "filtre" la douleur. Les fibres de gros calibre jouent un rôle clé dans cette inhibition. Cela explique notamment pourquoi, en cas de brûlure par exemple, on se sent soulagé lorsqu'on se frotte avec la main l'endroit où l'on vient de se brûler : le stimulus
tactile léger, transmis rapidement par les grosses fibres, inhibe le stimulus douloureux intense, transmis lentement par les petites fibres. Puis, très schématiquement, à partir de la moelle épinière, deux grands types de faisceaux ascendants véhiculent le message nociceptif jusqu'au cerveau : une voie latérale, rapide, est spécialisée dans la composante sensitive de la douleur, et une voie médiane, plus lente, intervient dans ses composantes affective et émotionnelle.
Dans le cerveau, les systèmes de modula- tion et d'intégration du message douloureux sont extrêmement complexes. Toutes les données de la neurophysiologie actuelle s'ins- crivent contre l'idée ancienne d'un centre céré- bral unique de la douleur. L'imagerie cérébrale a même révélé que de nombreuses régions du cerveau participent à la perception de la dou- leur. Pour schématiser, le thalamus qui reçoit le message douloureux projette deux groupes de neurones dans le cerveau : le premier se dirige vers le cortex pariétal, qui décrypte la sensation douloureuse pour en déterminer la localisation, l'intensité, la durée et le type (brûlure, piqûre...) ; le second se dirige vers le cortex frontal, qui analyse et définit la part émotionnelle du message douloureux.
Tout au long de ces circuits interviennent des systèmes de modulation et d'inhibition : notamment dans la moelle épinière, mais aussi par des voies descendantes issues de la région postérieure du cerveau. Agir sur ces différents points de contrôle constitue donc un ensemble de moyens (effectifs ou potentiels) pour com- battre la douleur.
d’après http://www.frm.org/dossiers/douleur/pourquoi-a-t-on-mal.htm