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Modelisation et analyse du bilan de vapeur d'eau d'une serre cultivée. Application à la gestion du micro-climat

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(1)

Recherche agronomique (1998) ,2,9- 17

INRAA

Modélisation et analyse du bilan de vapeur d'eau d'une serre cultivée. Application à la gestion du micro-climat

Boulbina A.*, Baille M.**

* INRAA (Lab. de Bioclimatoiogie) 2, rue des Frères Ouaddak H. Badi B.P.200 El-Harrach Alger. ALGERIE

** Station de Bioclimatologie INRA Domaine St Paul, site Agroparc 84914 Avignon

cedex 9 FRANCE

Résumé- Des mesures de transpiration (TR) d'une culture de rosiers en hors-sol dans des conditions in-situ a permis d'analyser les relations entre la transpiration et les conditions cli mat ic/ues régnant dans la serre. Ces mesures ont servi de base à I étahlissemenl d 'un modèle d'estimation de la transpiration (TR) basé sur le bilan de chaleur latente établi dans l'air de la

serre.

L 'ensemble des résultats obtenus lors de cette expérimentation montre cfue le Jlux de vapeur d 'eau dissipé par les ouvertures de la serre peut être simulé à travers la connaissance des pa ramètres climaticfues faciles à mesurer (température de Tair. hygrométrie de l'air, vitesse du vent et ouverture des ouvrants de Ut serre).

Mots clés : Serre/transpiration/rosier/bilan de vapeur d^eau/modélisation/ aération.

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(2)

INTRODUCTION

Les recherches dans le do maine des cultures sous serre sont orientées ces dernières années vers les études des bilans couplés de chaleur latente et de chaleur sensi ble en vue d'une meilleure compré hension des mécanismes de transfert

thermique et de vapeur d'eau (Boulard et al, 1990). Ces études

doivent déboucher sur la modélisa tion et l'évaluation de ces phéno mènes à différentes échelles de

temps et d'espace. Cette orientation

vise, à la fois, à résoudre le pro

blème de régulation des variables, température et humidité, en tenant compte, d'une part de leurs interac tions, d'autre part des exigences de la culture. Elle permettra également de mieux gérer les apports d'eau (besoins en eau de la culture estimés au préalable) (Baille et al, 1991) Pour ce dernier point, la connais sance des pertes par transpiration (TR) à une échelle de temps fine est nécessaire, notamment pour les cultures en hors-sol (Baille et al,

1990).

Le manque actuel des con

naissances sur les besoins en eau des cultures ornementales et leur

transpiration en relation avec les paramètres du microclimat de la

serre a conduit la Station de Bio

climatologie de riNRA de Monfa-

vet. en collaboration avec la station

du Midi du CNIH à mener des ex

périmentations destinées à mesurer la transpiration (ou l'évapo

transpiration) de la culture dans les

conditions « in situ ».

L'étude bibliographique sur

le bilan de chaleur latente au niveau de l'air de la serre et les transferts de vapeur d'eau à différentes échelles (feuilles, couvert et serre) a permis de constater l'existence d'un

certain nombre de modèles simpli

fiés permettant d'estimer les échan ges de chaleur sous ses deux formes (sensible et latente). Ce type de mo

dèles considère la serre comme un

volume recevant de l'énergie solaire et échangeant avec l'extérieur des

flux de chaleur sensible et de cha

leur latente provenant de la trans formation de l'énergie solaire à

l'intérieur de la serre. Le meilleur

compromis est donc d'adapter ces

modèles simplifiés en prenant un nombre réduit des paramètres spé cifiques au système serre-culture et de déterminer leurs importances par une méthode d'identification.

C'est dans ce cadre, l'étude

que nous proposons vise l'analyse

des relations entre la transpiration

de la culture de rosiers et les condi

tions climatiques régnant dans la serre. Cette analyse aboutit à une modélisation de la transpiration basée sur le bilan de vapeur d'eau

et la détermination du taux de re nouvellement de l'air de la serre.

10

(3)

MATERIEL ET METHODES Symboles utilisés :

TR: Flux de la transpiration du

couvert végétal

TR,e; Flux de la transpiration du couvert végétal estimé par le

modèle proposé

TR,m: Flux de la transpiration du couvert végétal mesuré Es: Flux de Févaporation du sol

ou du substrat

Efv: Flux de transfert de la va

peur d'eau à travers les fui

tes et la ventilation Ec: Flux de condensation

Ea: Flux de stockage ou dé stockage de la vapeur d "eau

dans l'air de la serre

ZE : Taux de renouvellement de

l'air de la serre

ZE, e : »Taux de renouvellement de l'air de la serre estimé par le modèle proposé

ZE,b: Taux de renouvellement de l'air de la serre calculé à

partir de l'équation du bilan

de la chaleur latente v: Vitesse du vent

r^v Pourcentage de l'ouverture

des ouvrants

Hm: hauteur moyenne de la serre (m) (vol/As = 3.75 m) X\ Chaleur latente de vaporisa

tion de l'eau

A. B: Coefficient de la régression

du modèle

a, b: Coefficient de la régression

du modèle cas d'ouvrants fermés

Dispositif expérimental :

L'expérimentation a été réalisée

dans une serre en ven*e à simple

paroi enclavée, orientée Nord-Sud et installée sur le site de la station

de Midi de la Barone (France) ap partenant au Centre National Inter professionnel en Horticulture.

La seiTe expérimentale comporte les équipements suivants :

- deux ouvrants en continu lon

geant la faîtière;

- un système de chauffage par thermosiphon. L'eau chaude circule

dans des tubes en aluminium à ailet tes, situés à une hauteur de 0,30 m du sol, le long des rangs de culture.

La température de consigne au ni veau de l'air est de 16 °C;

- un système de brumisation à haute pression de type «fog-system»

émettant des gouttelettes très fines grâce à des buses de diamètre ré

duit;

- un système de fertilisation.

L'ensemble de ces équipe ments est géré par un ordinateur de climatisation (Edenland) où les

points de consigne sont implantés et

modifiés selon les exigences de la

culture.

La culture de rosiers greffés,

variété « Sonia », est conduite en

hors-sol (laine de roche). Les plants, âgés de quatre ans, sont disposés en rangs dans le sens de la longueur de la serre, avec une densité de planta tion de 5 plants/m" du sol de la serre(équivalent à 35 plants/ nr de laine de roche). La culture est con duite en cueillette continue.

(4)

Mesures :

Mesures des paramètres climati

ques :

Les paramètres climatiques néces

saires à révaluation des différents

termes du bilan hydrique ou thermi que ont été mesurés. 11 s'agit de la température et de l'humidité de l'air sous serre (psychromètre à 1,50 m) et à l'extérieur (psychromètre à 6.50 m), la température du sol à deux profondeurs ( substrat à

0.10 m et du sol à 1 m), la tempéra ture de la paroi, le rayonnement

solaire global à l'intérieur de la

serre à 1.50 m du sol et à l'extérieur 6.50 m. le rayonnement net à l'intérieur de la serre à 1,50 m du sol et la vitesse du vent à l'extérieur à 6.50 m.

Mesures au niveau du couvert vé géta! :

Au niveau du couvert végétal, trois

types de mesures ont été effectués à savoir, la température du couvert végétal par radiothermométrie infra rouge, la surface foliaire par un

areametre et la transpiration des

rosiers par un lysimètre pesable.

Modélisation de la transpiration de

la culture :

L'approche de simulation de la transpiration du couvert végétal

sous serre, en lonction de 1 état hy

grométrique de I air et du taux de

renouvellement de 1 air delaseiie

repose sur l'équation du bilan de

vapeur d'eau de l'air de la serre

(Bakker. 1984; 1986).

Ces auteurs considèrent que la variation de l'humidité de l'air de la serre (Ea) est la résultante des flux entrant (Sources) et flux sor

tant (puits) de la vapeur d'eau. La

formulation proposée est la sui

vante:

TR + Es-( Ec + EFv ) = Ea (1) Cette méthode exige l'évaluation du flux de vapeur d'eau à travers la ventilation statique

(EFv) ainsi que de la condensation (Ec) au niveau des parois (surtout

celles du toit) afin d'estimer l'eau

transpirée par la plante (TR) et celle évaporée par le sol (Es).

Il faut mentionner que. dans nos conditions expérimentales, la laine de roche et les allées de la serre sont recouvertes d'un pailiage

plastique blanc, ce qui nous a per mis de considérer l'évaporation du

sol comme étant négligeable (Es = 0).

L'équation du bilan de va peur d'eau dans la serre prendra

donc la forme:

TR = EFv + Le ± Ea (2)

D'après les formules expri

mant les différents termes de ee

bilan, on constate que cette démar che fait intervenir deux types de

variables:

- variables climatiques : les

températures humides et sèches de

l'air intérieur ( Thi. Fai ) ainsi que celles de l'air extérieur Crho. l ao):

(5)

- variables caractéristiques de la serre : température de la paroi

du toit (Tp). difficile à mesurer, et

qui a une représentativité non évi dente. et le taux de renouvellement de Tair de la serre (ZE) qui est dif ficile à évaluer. Sa mesure nécessite une technique utilisant des équipe ments spécifiques, tel que la techni

que du gaz traceur (Kabaj. 1988).

Pour exprimer la transpira tion en unités énergétiques (wm'"), il faut multiplier les termes expri mant les tlux massiques par la cha leur latente de vaporisation. C'est sous cette lorme que 1 expression du bilan de vapeur d'eau a été utili

sée.

RESULTATS ET DISCUSSIONS Estimation du taux de renouveiie-

ment :

Pour l'estimation du taux de renou vellement ZE (en 1/2 h"') de la serre, deux cas se présentent :

- cas où les ouvrants sont ouverts;

- cas où les ouvrants sont fermés.

** Estimation du taux de venouvel-

lement avec ouvrants ouverts : Le laux de renouvellement est un paramètre difficile à estimer. Les formules existantes dans la littéra

ture sont établies pour un type de

serres déterminé (ex: Bot, 1983.

pour serres type VENLO). Dans notre cas. le taux de renouvellement

est calculé, dans un premier temps, à partir de l'équation du bilan

simplifié de chaleur latente de la serre en utilisant les mesures du climat et de la transpiration.

L application de cette équa tion sur une série de données enre

gistrées pendant la compagne expé

rimentale a permis d'obtenir un ensemble de valeurs de ZE repré

sentant deux journées avec des conditions de vent contrastées et un niveau d'ouverture des ouvrants variable (journées du 10 et 1 1 Avril 1991). Ces valeurs ont servi pour caler la relation proposée pour esti mer le taux de renouvellement qui caractérise notre serre expérimen

tale.

Ce modèle proposé pour éva luer ZE en fonction de la vitesse du vent (v) et du pourcentage d'ouverture des ouvrants (rvv) est

exprimé par la relation suivante :

ZE = (3600/Hm)A.v.i\v.Exp(-B-nv) (3)

Avec :

A = 1.493x10'^

B= 102.649x10"*

Les coefficients A et B sont identifiés à partir des données ex périmentales en utilisant une procé dure classique de régression non linéaire multiple (Algorithme de

Marquard).

Cette équation représente l'effet de f interaction des paramè tres vitesse du vent-pourcentage d'ouverture des ouvrants sur le taux de renouvellement (ZE) de l'air de

la serre.

Une comparaison des va-

leurs calculées par l'équation du

bilan de chaleur latente (ZH.b) et

des valeurs estimées par l'équation

(6)

empirique proposée (ZE,e) est illus trée par la figure 1. Le nombre ré duit des journées avec des données exploitables ne nous a pas permis

de tester la stabilité des coefficients

A et B sur des périodes différentes

z —

et contrastées. Il est à signaler la limitation de ce type de modèle

(régressif), qui dépend des condi

tions particulières de l'expérimen

tation.

X/<9 « BU. X

Fig. 1: Comparaison des valeurs calculées par l'équation du bilan de chaleur latente (ZE,b) et des valeurs estimées par l'équation empirique proposée (ZE,e) La comparaison de l'évolution des

valeurs de ZE calculées à partir du bilan de chaleur latente (ZE,b) et à

partir du modèle empirique (ZE,e), période du 12 au 14 Avril 1991, indique une similitude dans

l'évolution des valeurs de ZE obte

nues par les deux méthodes, à l'exception de quelques écarts ob-

sei-vés durant la journée du 14 Avril. Cette dernière est caractérisée

par des vitesses du vent relative

ment élevées dépassant 4 m/s. Ces

écarts peuvent être expliqués, en partie, par le fait que nous n'avons pas pris en compte dans la formule empirique la direction du vent et

l'écart de températures entre

l'intérieur et l'extérieur de la serre.

- Estimation du ZE dans le cas où

les ouvrants sont fermés :

Les ouvrants sont considérés fermés

lorsque leur pourcentage d'ouver ture (rw) devient inférieur ou égal à trois (3%). Les échanges de vapeur

d'eau à travers les défauts d'étanchéité de la serre sont tou

jours présents, avec un niveau de

ZE très réduit. Certains auteurs

(Kittas. 1980) cité par (Baille et Boulard. 1989). utilisent des formu les analytiques linéaires de type (4) pour calculer ZE en fonction de la

vitesse du vent (m/s).

ZE = av + b (4) avec : a = 0.0011

b = 0.6

Les valeurs de ZE calculées

par cette formule concernent suitout la période de nuit (lig 1 )• Les va-

14

(7)

leurs de a et b utilisées dans notre

étude sont proches de celles propo sées par le CEMAGREF (in INRA et cultures protégées, 1983) pour des serres de type ABRAM.

La figure 2 met en évidence

rinfluence de la vitesse du vent et

le pourcentage d'ouverture des ou

vrants sur le taux de renouvellement

(ZE) pour la journées du 26 Mai 1991. Nous observons que, pour un vent assez fort, ZE suit la même évolution que le niveau d'ouverture (en % ). Lorsque la serre est fermée (la nuit). ZE est fonction unique

ment de la vitesse du vent.

... ..A.

Ojvttflur#

[vîtw du vnt j

0 1 } 3 4 3 s 7 B 9 10 11 t3 14 <3 ta W tB 1B 70 11 72 73 0

Ttop# (TUt)

Fig 2: Evolution du taux de renouvellement de Pair de la journée du 26 Mai 91

Estimation de la transpiration du

rosier :

Dès lors que le taux de renouvelle ment peut être estimé à partir des formules empiriques proposées (3) ou (4). la mesure de la température de la paroi ainsi que la mesure de l'humidité spécifique au niveau de

l'air de la serre et de l'air extérieur

suffisent pour déterminer le flux de transpiration du modèle en se basant sur l'équation du bilan de vapeur d'eau sous serre (1). En effet, l'utilisation de ce modèle a permis d'évaluer la transpiration à l'échelle demi-horaire. La comparaison des valeurs estimées avec les valeurs ob

tenues par la mesure lysimétrique est

présentée sur les figure 3.

Les courbes d'évolution de TR estimée et de TR mesurée mon

trent que les valeurs prédites par le

modèle surestiment les valeurs mesu

rées. Ceci est dû, en partie, aux sim plifications adoptées pour la formula

tion de ZE. Par contre, si on considère l'estimation de TR à l'échelle de la

journée une nette amélioration de la

concordance de ces valeurs est cons tatée. Cette constatation devient en

core plus évidente sur la figure 3 où est représentée l'évolution de la transpiration moyenne journalière obtenue par les deux méthodes (mesurée et calculée), l'accord est

bon. exception faite pour la journée

du 15 Avril 1991 où une surestima tion est observée due, sans doute, à la

surestimation de ZE indiquée plus

haut.

1.^

(8)

Fig 3: Comparaison des valeurs moyennes journalières de la TR,m et de la TR,e pour la période du 12 au 22 Avril 1991

Un exemple d'évolution journalière

des différents flux du bilan de va

peur d'eau est présenté sur la figure 4. On constate que l'évolution de la transpiration (TR) et celle du flux de vapeur d'eau échangé à travers les fuites et la ventilation (EFv) sont similaires, à l'exception des inter valles où la condensation (Ec) se manifeste (\a nuit). En ce qui con cerne le stockage (ou déstockage) (Ea) de vapeur d'eau dans l'air de la

sen*e, le niveau atteint, à l'échelle demi-horaire, est pratiquement né gligeable comparé aux autres flux.

Donc, on peut conclure qu'en

l'absence de condensation, la transpiration peut être simulée par le flux de vapeur d'eau dissipé à travers la ventilation statique on retrouve la même conclusion que Baille et al.(l 990), pour des rosiers

en pot.

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I gç gFV TRb gA I

Fi" 4. Evolution des différents flux du bilan de vapeur d'eau dans Pair de la serre

16

(9)

CONCLUSION

Malgré la simplicité de la représen tation de certains paramètres, la

modélisation proposée permet de simuler l'évolution de la transpira tion du couvert végétal pour la cul ture de rosiers sous serre à partir de

paramètres climatiques simples à

mesurer (humidité spécifique et vitesse du vent) et du degré

d'ouverture des ouvrants.

L'estimation de la transpira tion à partir du bilan de vapeur

d'eau nécessite la détermination préalable du taux de renouvellement de l'air de la serre par ventilation statique. Cette démarche devrait

faire appel à la technique du « gaz

traceur », qui est, à l'heure actuelle, la plus précise pour caractériser ce paramètre pour un type donné de serre. Ces mesures permettraient alors, de valider la modélisation du ZE par les valeurs mesurées et en

suite de l'utiliser pour quantifier les

transferts de vapeur d'eau par la

ventilation statique.

Ce modèle nécessite d'être affiné en vue d'intégrer les trans ferts de vapeur d'eau dans des al

gorithmes de contrôle de tempéra

ture, de l'humidité et de CO2 dans une serre par le biais de la ventila tion statique.

REFERENCES

BIBLIOGRAPHIQUES

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