SUR L’UTILISATION D’UN COMPOSÉ
DE FER DEXTRANE HYDROGÉNÉ ( 1 ) PAR INJECTION
CHEZ LA TRUIE EN GESTATION ET EN LACTATION
M. LEUILLET, E. SALMON-LEGAGNEUR
Michèle NOCART, A. KMOISANT, R. DENIEL M. KIEHL Stalion de Recherches sur
l’Élevage
des Porcs,Centre national de Recherches
:00/<’<’/!M!/;t<’.<,
78 - Jouy-ezt-JasasInstitut national de la Recherche
agronomique
SOMMAIRE
Trente truies
primipares
ont été utilisées pour examiner lespossibilités
de passage trans-utérinou trans-mammaire d’un composé de fer
injectable.
A cet effet, un lot de la truies recevant au 55e
jour
et au moejour degestation
uneinjection
intramusculaire de 4 g de fer dextranehydrogéné,
était comparé à deux autres lots de la truies ne
disposant
que d’unrégime
alimentaire pauvre enfer,
supplémenté
ou non par 30o p.p.m. deSO,F E .
Pendant la lactation, la moitié des animaux dechaque
lot recevait au roejour une nouvelleinjection
de 4 g de fer. On a obtenu les résultats sui- vants.i. Des injections de fer
pendant
lagestation
accroissent fortement les réserveshépatiques
enfer de la Truie. La diminution du taux
d’hémoglobine
provoquée par lagestation
est limitée chez les animauxsupplémentés.
En revanche, larépartition
du fer et sa teneur dans lesproductions
utérinessont inchangées.
2
. La distribution de fer
injectable pendant
la lactation permet d’accroître d’environ 5o p. ioo la teneur en fer du lait, mais elle paraît insuffisante pour couvrir les besoins desporcelets.
3
. La taille et le
poids
moyen des portées à la naissance ou au sevrage ne sont pas modifiés. On observe chez les porcelets en cours d’allaitement les mêmes symptômes d’anémiequel
que soit le traitement effectué sur la mère.INTRODUCTION
Il est
classique
deprévenir
l’anémieferriprive
duporcelet
sous la mère par une administration orale ou intramusculaire de sels de fer. Un autreprocédé
consisteà
traiter la truie au cours de la
gestation
ou de la lactation defaçon,
soit à accroîtrele stock de fer
hépatique
dufoetus,
soit à obtenir un enrichissement de la teneur en fer du lait maternel. Ceci suppose que le transfertplacentaire
ou mammaire des sels( 1
) Produit commercialisé sous le nom de Fervatol et coutcnant 100mg de fer actif et 8o UI de Vita- mine I3lzpar ml.
de fer utilisés soit
possible.
Un certain nombred’expériences
ont été conduites dansce domaine sur différentes
espèces.
Leurs résultats sont variables et souvent contra-dictoires. Un
fait,
si le passage du fer à travers leplacenta
semble se faire assez faci-lement
(R YDBER G
etal.,
i959 ; LINKEINHEIMER,19 6 2 ;
KOSKINS etH ANSARD , 19 6 2 , r
9 6 4
),
lespossibilités
d’enrichissement des organes foetaux sont, par contre, très réduites(RvDBERG
etal.,
1959 ; POND,10 6 0 ;
3.Iii,i,ER etc!l., r 9 6 4 ).
Il en va de mêmeen ce
qui
concerne l’enrichissement du lait(HA-!111,TO!,7
etal.,
r93o ; VEXX etal.,
1947; PoND,
10 6 0 ;
CHANEYet BnxvHART,19 6 3 ;
VEUMetal., 19 65).
Mais cesphé-
nomènes
peuvent
varier avecl’espèce considérée,
letype
deplacentation,
le stade degestation
et aussi le sel de fer utilisé. Aussi avons-nousentrepris
cette étude chez laTruie,
en utilisant eninjection intramusculaire,
du fer dextranehydrogéné.
Ce com-posé
très actiflorsqu’il
est utilisé sur lesporcelets (LE
DIVIDICH etal., 19 6 7 ) pré-
sente, contrairement aux autres dextranes de
fer,
une trèsgrande fluidité,
unpH
neutre et une teneur faible en solides totaux
qui pourrait
en faciliterl’assimilation,
la diffusion et lestockage
dans les différents organes. Dans notreexpérience,
nousavons
comparé
l’influence sur la Truie et saproduction (contenu utérin, lait)
d’untel
traitement,
à celle d’unrégime
alimentaire pauvre en fer,supplémenté
ou nonpar du sulfate ferreux.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
i. 9rainrottx
Trente truies
primipares
de race Large White appartenant à l’élevageexpérimental
du C. N. R. Z.ont été utilisées. Tous les animaux ont reçu en
préexpérience
unrégime
de base pauvre en fer. Ces truies ont étéréparties
en 3 lotscomparables pendant
la gestation recevant chacun l’un des trois traitements suivants :Lot O :
régime
de base pauvre en fer.Lot S :
régime
de basesupplémenté
par S04I’e(témoin).
Lot T :
régime
de base et 2injections
intramusculaires de 40 ml d’une solution de fer dextranehydrogéné
à IOO mg/ml chacune, à 5! et iiojours
degestation.
Pendant la lactation toutes les truies ont été soumises au même
régime
de base pauvre en fer,mais un animal sur deux des lots de gestation a reçu une injection de 40 ml de fer dextrane, 8
jours après
la mise bas. L’ensemble des animaux ainsi traité a constitué le lot 1’2qui
a étécomparé
aulot 1B des animaux sans traitement.
2
. Aliments
Les différentes matières
premières
de ces aliments ont toutes été choisies en raison de leur faible teneur en fer(à l’exception
du SOjFe). Les aliments avaient lacomposition
suivante :3 . Prélèz
’ e lll
filts et mesures
effectuées
Les mesures suivantes ont été effectuées :
- teneur en
hémoglobine
et en fersanguin
de la truie, il la saillie, à6 0 j
degestation,
à la partu- rition et au sevrage(35 i) ;
- teneur et contenu en fer des organes ou tissus suivants : utérus
(paroi utérine);
placenta ;
liquide amniotique;
foie de la truie et des
porcelets.
A cette tin, 4 truies de chaque lot étaient sacrifiées au boe j de gestation
(soit
5joursaprès
lapremière injection)
et deuxporcelets
par truie restante étaient sacrifiés à la naissance.- Teneur en fer du colostrum et du lait de
chaque
truie à la naissance, àio j (soit 2 j après
la3
e
injection)
et au sevrage( 35 j).
A cet effet, on récolt ait par traite manuellesous ocytocine
deséchantillons de 50 à 100ml de lait par truie.
- Poida et nombre des
porcelets
par portée à 60 j de gestation, à laparturition
et au sevrage.- Tenenr en
hémoglobine
du sang desporcelets
à la naissance et au sevrage.- DZortalité
embryonnaire
etpost-natale
chez lesporcelets.
4. Dosage
- sur le sang :
l’hémoglobine
a été dosée par la méthodecolorimétrique
de KIIALIFA, et SALAI[( 1954 ) ;
sle fer total a été déterminé selon la méthode de HENRY (194,5).
- Sur le lait et le
liquide amniotique :
le fer total a été dosé par la méthode d’At,tFnx et HEJAMHES (ig56).
- ‘ur les tissus
(foie, paroi
utérine,placenta,
porcelet) ;le fer total a été dosé par la méthode de HENRY
(tg 45 ) après
minéralisationsulfonitrique
et
oxydation pennanganique.
5
.
F.,upressioii
des r/sultats -Analyse statistique
- Les taux
d’hémoglobine
sontexprimés
en g p. 100 ml de sang.- Les teneurs en fer sont
exprimées
en p.g par g de tissu frais.- La mortalité des
porcelets
à6 0 j
de gestation estexprimée
en p. ioo du nombre de corpsjaunes ;
à laparturition,
en p. IOOdu nombre total des porcelets nés vivants !- mort-nés; ausevrage, en p. ioo des
porcelets
nés vivants.- I,’analvse
statistique
des résultats a été effectuée :1 l’aide de la méthode descomparaisons multiple
des moyennes de De;BlCA! (r 955).RÉSULTATS
Les tableaux i à 5 résument l’influence des différents traitements sur les truies
(tabl. i),
lesproductions
utérines(tabl. 2 ),
le lait(tabl. 3 ),
et lesporcelets
eux-mêmes(tabl. et 5).
Onpeut
faire à cesujet
les commentaires suivants.1
. Taux
d’hémoglobine et stockage
dufer
chez la TruiePendant la
gestation,
les truies de tous les lotsprésentent
unelégère
augmen- tation(avant
60jours
degestation), puis
une diminution de la teneur enhémoglo-
bine de leur sang. Seule cette dernière est
significative,
mais onpeut
remarquerqu’elle
est sensiblementplus
faible dans le lotsupplémenté
en fer parinjection (T).
Ce dernier a donc été relativement
protégé
contrel’appauvrissement
du sang enhémoglobine qui apparaît classiquement
chez les femelles en fin degestation.
Pen-dant la
lactation,
le tauxd’hémoglobine
semaintient, quel
que soit letraitement,
au niveau
acquis
en fin degestation.
Le
dépôt
du fer chez la Truie n’a été déterminéqu’à
un seulstade,
au 6oejour
de
gestation,
soit 5jours après
lapremière injection
de fer au lot T. On remarquecependant,
dès cestade,
des différencesimportantes
entre les lots. Les truies du lotrecevant du sulfate de fer
(S)
semblent avoir stockédavantage
de fer dans leur foie et dans leur utérus que celles du lot carencé(o).
Ladifférence,
d’environ qo p. 100 n’estcependant
passignificative.
Par contre, chez les truies du lot traité au fer dextrane(T), l’augmentation
desdépôts
de fer estconsidérable,
etsignificative.
Celle-ci
apparaît
essentiellement dans lefoie,
dont le contenu en fer estmultiplié
par 6 et,
accessoirement,
dans laparoi
de l’utérus dont les réserves sont presque doublées.Par
comparaison
avec laquantité
de ferinjectée ( 4 g),
on remarque queprès
de 45 p. 100 de cette dose ont été retrouvés dans le foie et environ ro p. 100dans la
paroi
utérine 5jours après l’injection.
2
. Productions utérines
Contrairement aux organes maternels et notamment à la
paroi
utérineelle-même,
les teneurs et lesdépôts
de fer descompartiments
utérins(foetus, placenta, liquide)
ne semblent pas avoir été affectés par les différents traitements
(tabl. 2 ).
Enparticu- lier,
le lotsupplémenté
parinjection (T)
ne manifeste aucune richesseparticulière
enfer au niveau de ces formations. Il semblerait même que la teneur en fer du
liquide amniotique
et du foie foetal soit un peuplus
élevée dans le lotsupplémenté
en sulfateferreux.
On remarque, par
ailleurs,
une modification de larépartition
du fer au cours dela
gestation.
Eneffet,
la teneur duplacenta
double entre les deux stades étudiés tandis que celle du foetus s’accroît moins fortement(environ
40p.100 ). Mais, compte-
tenu des variations relatives de
poids
de ces deuxcompartiments,
ledépôt placen- taire,
initialementplus important
que ledépôt foetal,
s’accroît moins vite que cedernier. Il en résulte
qu’à
laparturition,
la niasse fœtalereprésente
unequantité
defer
supérieure
à celle des annexes et de laparoi
utérine réunies.3
. Colostrum et lait
Le tableau 3
rapporte
l’évolution de la teneur en fer de la sécrétion lactée des truies au cours de la lactation.Compte
tenu dupetit
nombred’observations,
les résultats des différents lots ont étéregroupés
àpartir
de 10jours
selon que les truies avaient reçu(lot T 2 )
ou non(lot T,)
uneinjection
de fer à la fin de lapremière
semainede lactation.
On remarque
qu’avant
ce stade(colostrum)
les différences de richesse en fer sont peuimportantes
et nonsignificatives
entre les lots. Tout auplus
trouve-t-on unelégère
tendance pour le colostrum des truiesT,
à contenir un peuplus
de ferque celui des autres
lots,
cequi
est àrapprocher
del’augmentation
observée dans le foie et l’utérus de ces mêmes truies.Par contre, les différences deviennent
plus
nettes au cours de la lactation : onnote alors une
augmentation significative
d’environ 50 p. 100 de la teneur en fer dulait chez les truies deux
jours après l’injection.
Celle-ci semble se maintenir au moinsjusqu’à
35jours, malgré
des variations individuellesimportantes (différence
nonsignificative) .
4
.
Fœtus
etPorcelets
Les données se
rapportant
à la croissance et à la mortalité desporcelets
auxdifférents stades sont rassemblées dans le tableau 4. Le tableau 5
indique
en outrela
répartition corporelle
du fer à la naissance chez les!porcelets produits
par les truies des 3 lots degestation.
Aucun de ces critères ne semble faire ressortir la
supériorité
de l’unquelconque
des traitements et notamment des
injections
de fer faites à la truie avant ouaprès
la
parturition (T, T z ).
On remarquera
également
que lepoids
desporcelets
à 35jours (sevrage)
estrelativement faible dans tous les lots
(il
est habituellement voisin de 8kg).
Ce résultatest à
rapprocher
de la mortalité très élevéequi
est apparue dans tous les lotsaprès
la naissance et de la chute
importante
des teneurs enhémoglobine
observéependant
l’allaitement(cette
chuteparaît cependant plus
faible pour le lotT2).
Ces deuxphé-
nomènes
permettent
de penserqu’une
très forte anémie a séviparmi
lesporcelets
des différents lots
(ces
derniers ne recevaient en effet aucun traitementantianémique direct) .
Il ressort aussi du tableau 5 que les stocks de fer
hépatique
sont relativement faibles à la naissancequels
que soient leslots,
enregard
du fer totaldéposé
dansl’organisme
et notamment dans la carcasse.DISCUSSION
Le
premier point
était de savoir dansquelle
mesure le fer dextraneinjecté pouvait
traverser la barrièreplacentaire.
Notreexpérience
ne nouspermet
pasd’y répondre pleinement :
il est certain que le ferinjecté
aremarquablement
diffusé dans toutl’organisme
de la Truiepuisqu’il
s’en est trouvé desquantités
consi-dérables dans le foie et une fraction non
négligeable
dans laparoi utérine,
résultatcomparable
à celui trouvé par MoRGa:!(rg6z)
sur le Rat. Parailleurs,
le taux d’hémo-globine plus
élevé observé à laparturition
chez les truies traitéespourrait indiquer
la formation d’un
dépôt
accru de fer au niveau des organeshématopoïétiques,
faitque nous n’avons pas vérifié. Il n’est pas
impossible qu’une
faiblequantité
de ferait
également
traversé leplacenta
comme l’ont montré HANSARD et al.(rg62),
maisnous n’avons trouvé aucun accroissement
apparent
desdépôts
de ferintra-utérins,
notamment du foetus entier ou du foie foetal. Ceci
rejoint
donc les observations anté- rieures réalisées surplusieurs espèces après
l’administration sous diverses formes desupplément
de fer aux femellesgestantes (POND, rg6o ;
CHav!y etBARrrx!xT, zg63 ;
1M
ILLER
, rg6q).
Or,plusieurs expériences
réalisées à l’aide de ferradioactif,
avaient montré que le ferinjecté pouvait
franchirrapidement
la barrièreplacentaire
et sefixer dans les
productions
utérines à des taux variables suivant le stade degestation.
Ce fut le cas de l’Homme
(P OMM E R E XK E
etal., 1942 )
duLapin (BoTxw!t.t,
etal.,
r958),
de la Brebis(H ANSARD
et HosKms,r 9 6.1)
et de la Truie(H .VS!RV
et HOSKINs,ig6
2
, rg6.1).
Ceci se trouve confirmé dans notreexpérience
par le fait que l’on observe à laparturition beaucoup plus
de fer dans les foetus que dans leplacenta
ou laparoi
utérine en
dépit
d’une circulation àcontre-gradient.
Il convient toutefois de noter que les modalités du transfert du ferpeuvent
différer entre lesespèces,
suivant lesparticularités
propres àchaque type
deplacentation.
On saitégalement
que le ferqui pénètre
dans lesproductions
utérinesprovient principalement,
sinon exclusi- vement, dessidérophilines plasmatiques (BOTHWELL
etal., 195 8)
et non des héma-ties maternelles comme le
pensait
STANDER( 1941 )
ou d’une sécrétion utérine(Wis-
LOCKI et DEMPSEY,
rg!6).
Onpeut
donc penser que l’enrichissement en fer du foetus n’estpossible
que si la sidérémie maternelle s’accroît. Bien que nous nel’ayons
pasencore
vérifié,
ceci ne semble pas s’êtreproduit
ici.On
peut également
supposer que le transfert de la mère aufoetus,
est limité par le taux desidérophiline plasmatique
foetal et lacapacité
de fixation en fer de cettesidérophiline.
Parailleurs,
il est vraisemblable que lespossibilités
destockage hépa- tique
du foetus sont faibles(tabl. 5 )
et que les besoins stricts en fer des foetus ont pu être couverts parl’apport
de notrerégime
leplus
pauvre en cet élément( 75 p.p.m.).
Ce n’est effectivement que dans le cas de carences maternelles
profondes
que l’in- fluencebénéfique
d’unsupplément
de ferapparaît (NYI, A .’,-I) ER ,
rg53 ; Bo’rHwEt,!, etnl., ig58 ;
bToRGaa·,19 6 1 ).
Or RYDBERG etczl., ( 1959 )
avaientsignalé qu’une simple
dose de 500mg de ferinjectée
à la mère 2semaines avant laparturition
suffi-sait à couvrir les besoins de
l’hématopoïèse
foetale. Dans le casprésent,
les doses quenous avons utilisées
( 4 g)
ontpeut-être
été excessives et ont sans doute été utiliséesdavantage
par la mère que par ses foetus.Le second
point
concernait l’enrichissement éventuel en fer du lait de Truie Il convient ici d’êtreplus
nuancé : l’enrichissement estpossible,
mais il neparaît
pas suffisant. Bienqu’à
la suite de nombreux échecs(H!.MmTOw
etal.,
1930 ; VENN etal.,
1947, Hoons etal., 19 6 3 ,
!’EU! etal., 19 65)
cet enrichissement ait étéjugé
pro-blématique,
d’autres que nous l’avaientdéjà
observé(C HAKEY
et BaRrrxART,ig63 ;
H
ANSARD et
al., ig64).
L’amélioration d’environ 5o p. Ioo que nous avons constatée est du même ordre que celle
rapportée
par CnANEY etB ARNHART , ( 19 6 3 )
et le fait d’avoiremployé
unfer
injectable,
cequi permet
de surmonter le défautd’absorption
de laparoi
intesti-nale,
a pu faciliter lephénomène.
Mais pour être efficace dans laprévention
de l’ané-mie,
l’accroissement de la teneur en fer du lait aurait dît être 3 à 4 foisplus grand
de
façon
à couvrir le besoin minimumquotidien
duporcelet
estimé à environ 7m g par VENNet
al., (rg 47 ).
Dans notreexpérience,
le lait des truiessupplémentées n’appor-
tait pas
plus
de z,5 mg de fer parjour
àchaque porcelet.
Iln’y
a rien d’étonnant àce que ces
animaux, qui
ne bénéficiaient d’aucune autre source defer,
aient été ané-miques
pour laplupart
et que le lotsupplémenté
ne se soit pas mieuxcomporté
àcet
égard
que les autreslots,
cequi rejoint
les observations des auteursprécédents.
Quoi qu’il
ensoit,
l’administration de fer dextranehydrogéné
par la voie intra- musculaire aux truies n’a pas eu l’effetescompté
et n’a pas étéplus
efficace au coursde la lactation
qu’elle
ne l’avait été au cours de lagestation.
C’est cequ’avaient éga-
lement observé RuTr,nnc! et
Tn A G U n, ( 1959 )
et BUYSSE( 19 6 2 ).
Un
point
demeurecependant acquis :
c’est que, dans un cas comme dansl’autre,
le transfert
placentaire
ou mammaire du ferinjecté
à la Truie estpossible
et n’estdonc pas directement mis en cause. Mais il conviendrait maintenant d’en mieux connaître les modalités et notamment le rôle que
jouent
certainesprotéines plasma- tiques
maternelles dans ce domaine. Le mêmeproblème
se pose d’ailleurs pour lePorcelet,
pourlequel l’apport
direct de ferpendant
l’allaitement reste actuellement la seule solution efficacetechniquement
etéconomiquement qui permette
depallier
l’anémie
post-natale.
Reçu pour
publication
en décembre 1967.REMERCIEMENTS
Nous adressons nos sincères remerciements à la Société SOVETAL, dont la contribution maté- rielle nous a aidé à réaliser cette étude.
SUMMARY
UTILIZATION OF AN INJECTABI,E HYDROGEN IRON DEXTRAN COMPOUND RY THE SOW DURING PREGNANCY AND LACTATION
The effects of an
injectable hydrogen
iron dextrancompound
on intra-uterine iron concentration and milk iron content were studied on 3ogilts
alloted in three groups.One group
(T)
wasintramuscularly injected
with 4 mg of iron atdays
55 and r Io of pregnancy.The two other groups
(S
and0)
were used as controls, one (S)being supplemented
withdietary
SO,FE .
At day io of lactation, half the animals of each group were
injected
with 4 mg of iron.I - There was a considerable increase in the amounts of iron stored in the liver. An increase of smaller
magnitude
was noticed in the uterine wall, but no alteration in the iron content of any fetal tissue was observed either atday
60or at birth.Therefore, it may be
thought
either thatinjected
iron cannot pass theplacental
barrier, or thatthe fetus is not able to store iron.
II- The iron content of milk
significantly
increased from I.6 to 2.2mg perkg, though
not suffi-ciently
to meet therequirements
of thepiglet.
III - Litter performances at
farrowing
and atweaning
were identical in the three groups. Thepiglets
were found anemic whatever the treatment of the sows. This leads us to the view thathigh
rates of iron
injected
to sows cannotimprove
theprotection against
anemia of the progeny, eitherduring
pregnancy orduring
lactation.’
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