Book Chapter
Reference
Préface / Vorwort
WILDI, Walter
Abstract
Le livre «Aux Sources de la Suisse», rédigé de façon compétente et plaisante, et illustré par des photos magnifiques, comble une lacune dans nos bibliothèques. Les auteurs ont réussi à présenter un ouvrage qui tient compte d'aspects aussi disparates que les données scientifiques du cycle de l'eau, l'écologie, ou encore les mythes et mystères des sources.
WILDI, Walter. Préface / Vorwort. In: Wenger, R., Lalou, J.C. & Hapka, R. Aux sources de la Suisse / Quellen der Schweiz. Berne : Haupt-Verlag, 2021. p. 5-6
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:153793
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« Aux sources de la Suisse » p. 5-6 Haupt-Verlag, Berne
Préface
A la lecture du livre « Aux sources de la Suisse », mes pensées m’ont emporté vers mes souvenirs d’enfance des sources que l’on traquait les mercredis après-midi dans la forêt voisine, sous les talus longeant une petite rivière où se cachaient poissons et crapauds. Puis, quelques années plus tard, je me souviens de la seule source que j’ai captée moi-même dans ma vie de géologue, pour connecter une petite maison de campagne à une source d’eau potable. Dans les deux cas, il s’agissait de sources d’eau généreuses et constantes. Ce n’est qu’à la lecture de «Manon des sources» de Marcel Pagnol que j’ai découvert l’eau rare. Et de façon plus pragmatique, en parcourant comme géologue et cartographe les montagnes du Rif marocain, à tout instant attentif à une source permettant de remplir nos gourdes trop souvent vides, à des températures atmosphériques allant dans les cas extrêmes jusqu’à 40
°C.
Alors, un livre consacré à l’eau; qu’est-ce qu’il y a de plus banal! Et l’eau en tant que telle, H2O ou «monoxyde de dihydrogène», quoi de plus basique sur cette Terre? Eh bien, ne nous trompons pas quant à la complexité du «cas de l’eau»!
Le cycle de l’eau veut que toute la surface terrestre soit arrosée plus ou moins régulièrement par des précipitations. Une partie de cette eau retourne dans l’atmosphère par évaporation et par l’évapotranspiration de la végétation ; le reste ruisselle en surface ou s’infiltre dans le sol. Là, elle peut être stockée ou simplement transférée et, tôt ou tard, l’eau réapparaît en surface dans une source. Les sources représentent ainsi les interfaces entre eaux
souterraines et eaux de surface. C’est là que l’eau révèle le chemin parcouru en profondeur.
Normalement à une température correspondant à la température moyenne annuelle de son environnement, toute déviation indique, soit une circulation à grande profondeur pour des valeurs plus élevées, soit un contact avec un sol gelé ou un glacier pour des valeurs
inférieures. La chimie de l’eau retrace la composition des formations géologiques
parcourues et sa composition isotopique peut indiquer l’altitude de la zone d’infiltration ou encore l’âge de cette eau. D’autres renseignements peuvent être tirés des variations des débits, de la turbidité, etc. Les particularités des sources étaient, au cours de l’histoire depuis la période romaine au moins, à l’origine du thermalisme, mais aussi du commerce d’eaux minérales. Des sources devenues sacrées se sont transformées en lieux de
pèlerinage.
Après la deuxième guerre, les sujets concernant l’eau ont fait leur entrée dans le débat public en Suisse, notamment par le constat d’une forte dégradation de sa qualité, due au développement industriel et à la croissance démographique. Ce constat a conduit à la mise en place d’une législation et d’une pratique de protection des eaux, puis de gestion des déchets, des sols et des sites contaminés. Enfin, le débat actuel sur la transition énergétique met en avant un nouvel intérêt pour la géothermie et de l’exploitation des ressources en eaux chaudes dans les profondeurs de notre sous-sol.
Au-delà de nos frontières, notamment dans les pays du Sud, la pénurie d’eau, l’appel à un droit à l’eau ou encore la question de la gestion publique ou la privatisation de cette ressource ont pris une importance particulière. Et, en étendant le sujet, les questions liées au rôle de la vapeur d’eau sous ses différentes formes, puis de l’impact humain sur ce gaz à effet de serre et en conséquence sur le climat sont posées.
L’approche choisie par les auteurs des «Sources de la Suisse» est bien helvétique : Le livre commence sur les lieux de naissance de la nation, le massif du Gothard, qui coïncide avec la région source des quatre fleuves qui vont s’écouler vers quatre mers qui entourent l’Europe.
Puis, les auteurs se promènent dans le vaste champ de leur sujet avec des approches
historiques, culturelles et scientifiques. En tant que naturaliste, le chapitre intitulé «biotopes discrets, sources de vie» m’interpelle en particulier. Avec ce chapitre, les «Sources de la Suisse» rejoignent un souci qui s’exprime également dans la mise en place d’un projet conduit par Office fédéral de l’environnement (OFEV) sous le titre «Quell-Lebensräume, erfassen – erhalten – fördern». Le projet propose une approche et des mesures de
protection et de revalorisation, en se référant au constat que les écosystèmes des sources sont mal connus et leur valeur encore peu reconnue en tant qu’élément de valeur dans l’environnement.
Le livre «Aux Sources de la Suisse», rédigé de façon compétente et plaisante, et illustré par des photos magnifiques, comble une lacune dans nos bibliothèques. Les auteurs ont réussi à présenter un ouvrage qui tient compte d’aspects aussi disparates que les données
scientifiques du cycle de l’eau, l’écologie, ou encore les mythes et mystères des sources. On ne peut que les en féliciter et espérer qu’un nombreux public fasse la découverte de cet ouvrage, mais également des excursions proposées en annexe du texte!
Walter Wildi
Prof hon. Université de Genève
Anc. Président de la Commission géologique suisse
« Quellen der Schweiz » S. 5-6 Haupt-Verlag, Bern,
Vorwort
Als ich das Buch « Quellen der Schweiz” las, wurde ich gedanklich in meine Kindheit zurückversetzt, als wir uns mittwochnachmittags im angrenzenden Wald unter den Böschungen entlang eines kleinen Flusses auf die Suche nach Quellen machten, in denen sich Fische oder Kröten versteckten. Ich erinnere mich auch daran, wie ich einige Jahre später die einzige Quelle in meinem Dasein als Geologe fasste, um ein kleines Landhaus an eine Trinkwasserquelle anzuschliessen. In beiden Fällen handelte es sich um reichhaltig und permanent fliessende Quellen. Erst als ich Manon des sources von Marcel Pagnol las, wurde
ich mir der Kostbarkeit des Wassers bewusst. Dies bekam ich mir auf eine etwas pragmatischere Weise zu spüren, als ich als Geologe und Kartograf im Marokanischen Rifgebirge unterwegs war, immer auf der Suche nach einer Quelle, um unsere allzu oft leeren Feldflaschen zu füllen, bei extremen Lufttemperaturen von bis zu 40 °C.
Ein Buch also, das dem Wasser gewidmet ist: Was könnte banaler sein?! Und was gibt es Elementareres auf Erden als Wasser an sich, H2O oder “Dihydroxenmonoxid”? Doch täuschen wir uns nicht: Der “Wasserfall” ist komplexer als er scheint!
Der Wasserkreislauf sorgt dafür, dass die gesamte Erdoberfläche mehr oder weniger regelmässig durch Niederschläge bewässert wird. Ein Teil dieses Wassers gelangt durch die Verdunstung oder die Evapotranspiration wieder in die Atmosphäre; der Rest rieselt oberflächlich ab oder versickert in den Boden. Dort wird das Wasser gelagert oder einfach weitergeleitet, um früher oder später in einer Quelle wieder an der Oberfläche zu
erscheinen. Quellen stellen somit die Schnittstelle zwischen Grundwasser und
Oberflächenwasser dar. Hier offenbart das Wasser den Weg, den es in der Tiefe durchlaufen hat. Die Temperatur des Quellwassers entspricht normalerweise der
Jahresdurchschnittstemperatur seiner Umgebung. Abweichungen nach oben weisen auf eine Zirkulation in grosser Tiefe hin, niedrige Werte hingegen auf einen Kontakt des Wassers mit gefrorenem Boden oder einem Gletscher. Die chemische Zusammensetzung des Wassers zeugt von der Beschaffenheit der geologischen Formationen, die es durchflossen hat, und die sein Isotopenverhältnis kann Aufschluss über die Höhe des Versickerungsgebiets oder das Alter des Wassers geben. Die Schüttungsschwankungen einer Quelle, die Wassertrübung u.s.w. liefern weitere Informationen. In der Geschichte gaben die Eigenschaften der Quellen, zumindest seit der Römerzeit, Anlass zur Entstehung des Thermalwesens, aber auch zum Handel mit Mineralwässern. Heilige Quellen entwickelten sich zu Wallfahrtsorten.
Nach dem Zweiten Weltkrieg wurde die Wasserfrage zum Gegenstand der öffentlichen Debatte in der Schweiz, insbesondere aufgrund der starken Beeinträchtigung der
Wasserqualität infolge der industriellen Entwicklung und des Bevölkerungswachstums. Diese Entwicklung führte zur Einführung von Gesetzen und Praktiken im Bereich Gewässerschutz, dann zur Abfallentsorgung, zur Bodenbewirtschaftung und zur Altlastensanierung.
Schliesslich weckt die derzeitige Debatte über die Energiewende das Interesse an der Erdwärme und der Nutzung der Heisswasserreserven in den Tiefen unseres Untergrunds.
Jenseits unserer Grenzen, insbesondere in südlichen Ländern, haben Wassermangel, Belange des Wasserrechts oder die Frage der öffentlichen Bewirtschaftung bzw. der Privatisierung dieser Ressource eine besondere Bedeutung erlangt. Wenn man das Thema erweitert, kommen auch Fragen über die Rolle des Wasserdampfes in seinen verschiedenen Formen, sowie die Auswirkungen dieses Treibhausgases auf den Menschen – und damit auf das Klima – auf.
Der von den Autoren gewählte Ansatz ist typisch schweizerisch: Das Buch beginnt an der Geburtsstätte der Nation, dem Gotthardmassiv, das ebenfalls mit dem Quellgebiet von vier Flüssen zusammenfällt, die zu vier Meeren Europas hin entwässern. Anschliessend befassen sich die Autoren mit dem Kern ihres jeweiligen historischen, kulturellen oder
wissenschaftlichen Themengebiets. Das Kapitel Diskrete Biotope, Quellen des Lebens spricht
mich als Naturforscher besonders an. In diesem Kapitel befasst sich Quellen der Schweiz insbesondere mit einem Anliegen, das auch in der Umsetzung des vom Bundesamt für Umwelt (BAFU) geführten Projektes Quell-Lebensräume, erfassen, erhalten, fördern zum Tragen kommt. Ausgehend von der Feststellung, dass die Ökosysteme der Quellen wenig bekannt sind und ihrer Bedeutung als wertvoller Teil der Umwelt wenig Beachtung
beigemessen wird, bietet dieses Projekt einen Ansatz und Massnahmen zu ihrem Schutz und ihrer Sanierung.
Das Buch Quellen der Schweiz, sachkundig und ansprechend geschrieben und mit schönen Fotos illustriert, füllt eine Lücke in unseren Bücherregalen. Es ist den Autoren gelungen ein Werk vorzustellen, das so unterschiedliche Aspekte wie die wissenschaftlichen Daten des Wasserkreislaufs, die Ökologie, sowie die Mythen und Rätsel der Quellen behandelt. Man kann ihnen nur dazu gratulieren und hoffen, dass ein breites Publikum dieses Buch, aber auch die im Anhang vorgestellten Wanderausflüge entdecken wird!
Walter Wildi
Honorarprofessor an der Universität Genf
Ehem. Präsident der Schweizerischen Geologischen Kommission