• Aucun résultat trouvé

Inversion de la fonction caractéristique

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Inversion de la fonction caractéristique"

Copied!
3
0
0

Texte intégral

(1)

Inversion de la fonction caractéristique

Leçons : 261, 263 Théorème 1

Soitµ mesure de probabilité sur(R,B(R)etϕ : t 7→

Z

R

ei t xdµ(x)sa fonction caracté- ristique. Alors sia<b,

µ(]a,b[) +1

2µ({a,b}) = lim

T→+∞

Z T

T

ei t aei t b

i t ϕ(t)dt.

Démonstration.Soit, pour T >0, IT =

Z T

−T

ei t aei t b

i t ϕ(t)dt= Z T

−T

Z

R

ei t aei t b

i t ei t xdµ(x)

dt.

En remarquant que ∀t,

ei t aei t b

i t ei t x

=

Z b a

ei t ydy

ba, on voit que le théorème de Fubini est applicable. De plus,

IT = Z T

−T

ei t aei t b

i t ϕ(−t)dt= Z T

−T

e−iuae−iub

iu ϕ(u)dt =IT par un changement de variableu=−t, donc IT ∈R. Ainsi,

IT = Z

R

‚Z T

−T

sin(t(xa))

t dt−

Z T

−T

sin(t(xb))

t dt

Œ

dµ(x) = Z

R

R(xa,T)−R(xb,T)dµ(x).

R(θ,T) = Z T

T

sin(θt)

t dt. Mais siθ >0,

R(θ,T) =2 Z T

0

sin(θt)

t dt=2 Z θT

0

sin(x)

x dx=2S(θT),

S(x) = Z x

0

sinx

x . Si θ < 0, R(θ,T) = −R(|θ|,T) donc dans tous les cas, R(θ,T) = 2(sgnθ)S(|θ|T).

Or,S(x)−−−−→

x→+∞

π

2 doncR(θ,T)−−−−→

T→+∞ π(sgnθ)donc à x fixé,

R(xa,T)−R(xb,T)−−−−→

T→+∞

0 six <aoux >b 2πsia<x <b πsix=aoux =b

.

De plus,∀θ,T,R(θ,T)¶2 supyR+S(y)<+∞car S admet une limite à l’infini et est continue surR+. Donc par convergence dominée, 1

IT −−−−→

T→+∞ µ(]a,b[) +1

2µ({a,b}).

Gabriel LEPETIT 1 ENS Rennes - Université Rennes 1

(2)

Corollaire 2 Si de plus

Z

R

|ϕ(t)|dt<+∞, alorsµest une mesure à densité par rapport à la mesure de Lebesgue, de densité f : y 7→ 1

2π Z

R

e−i t yϕ(t)dt.

Démonstration.Sous cette hypothèse, sia<b,t 7→ϕ(t)ei t aei t b

i tL1(R). Donc 1

2π Z

−∞

e−i t ae−i t b

i t ϕ(t)dt=µ(]a,b[) +1

2µ({a,b})¶ ba 2π

Z

R

|ϕ(t)|dt.

En particulier,µ(]a,b[) +1

2µ({a,b})−−→

b→a 0. Or, siµ({a})>0, on aurait∀b>a,µ(]a,b[) + 1

2µ({a,b})¾ 1

2µ({a})>0 ce qui est absurde. Doncµ({a}) =0 pour tout a∈R. Par suite, six ∈R,h>0,

µ(]x,x+h[) = 1 2π

Z

R

ei t xei t(x+h)

i t ϕ(t)dt= 1 2π

Z

R

‚Z x+h x

ei t ydy

Œ

ϕ(t)dt

= Z x+h

x

1 2π

Z

R

e−i t yϕ(t)dt

dy

en utilisant le théorème de Fubini. Donc comme B(R) est engendré par la classe stable par intersection finie

]x,x+h[,(x,h)∈R2 , par le théorème de classe monotone, on en déduit que µa la densité annoncée par rapport à la mesure de Lebesgue.

Remarque. • La démonstration repose sur le fait que Z +∞

0

sinx

x dx = π

2 (intégrale de Dirichlet), ce qui est loin d’être évident. Le fait que cette intégrale impropre converge est élémentaire : il suffit de faire une intégration par parties. Pour sa valeur, il y a un bon nombre de preuves différentes, dont un calcul par la transformée de Laplace (dans GOURDON2009), une astuce pour se ramener au calcul de

Z π/2 0

sin((2n+1)x)

sinx dx, ou bien une preuve par la formule de Cauchy qui est particulièrement élégante.

−" " R

R

O

Soit f :z7→ eiz

z holomorphe. Sur le contour dessiné, on a

0= Z −"

R

f(t)dt+ Z R

"

f(t)dt− Z π

0

f("eiθ)×(i"eiθ)dθ+ Z π

0

f(Reiθ ×(iReiθ)dθ.

Gabriel LEPETIT 2 ENS Rennes - Université Rennes 1

(3)

Comme cos est paire, on voit que la somme des deux premiers termes vauti Z

"¶|t|¶R

sint t dt.

Par ailleurs, l’intégrande du troisième terme estiexp(i"e)qui converge simplement vers 1 et est de module exp(−"sinθ)¶1 donc par convergence dominée, l’intégrale tend versquand" tend vers 0.

De la même manière, le quatrième terme tend vers 0 quandRtend vers+∞. Ainsi,

Z +∞

−∞

sint

t dt est bien définie et vautπ.

• On peut montrer avec des arguments analogues à ceux du théorème que sia∈R,µ({a}) =

T→+∞lim 1 2T

Z T

T

e−i t aϕ(t)dt. Ainsi, comme les intervalles de la forme]a,b[constituent une classe stable par intersection finie, une mesure de probabilité sur (R,B(R)) est entièrement déterminée par sa fonction caractéristique.

• SiX est une variable aléatoire telle que∀t∈R,ϕX(t)∈R, alorsX et−X ont la même loi.

• Si X1 ∼ N(0,σ12), X2 ∼ N (0,σ22) et X1 et X2 sont indépendants, alors X1 +X2 ∼ N(0,σ12+σ22).

Référence :DURRETT 2010, p. 105

Gabriel LEPETIT 3 ENS Rennes - Université Rennes 1

Références

Documents relatifs

Nous allons voir une nouvelle fonction qui permettra de caractériser la loi d'une variable aléatoire, mais de façon plus intéressante que la fonction de répartition.. 1

Intégrale et primitive d'une fonction continue positive .... Intégrale d'une fonction continue

Si cette langue est restée à l’état d’utopie, on doit néanmoins à Leibniz de nombreux néologismes dans le vocabulaire mathématique et de nombreuses notations

Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes normales centrée réduites.. Loi

Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes normales centrée réduites... Loi

On suppose qu'il eectue 10 6 opérations élémentaires suc- cessives, que les erreurs commises pour chacune sont indépendantes, de loi uniforme sur [−1/2 10 −J , 1/2 10 −J ] et

On a vu que l’intégrale définie permet de calculer l’aire signée entre une fonction et l’axe des x... On a vu que l’intégrale définie permet de calculer l’aire signée entre

On a vu que l’intégrale définie permet de calculer l’aire signée entre une fonction et l’axe des x.. Or, on ne peut pas calculer l’intégrale définie d’une fonction sur