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Étude des projets industriels

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Texte intégral

(1)

HATIONS UNIES INSTITUT AFRICAIN DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

ET DE PLANIFICATION DAKAR

IV - ETUDE DES PROJETS INDUSTRIELS

I - Analyse des projets et des produits :

a)

L'analyse des projets est le dernier des trois niveaux du proces¬

sus de planification. L'application d'un plan de développement écono¬

mique dépend en grande partie de l'exécution des projets d'investisse¬

ment spécifiques. Un plan de développement global n'a de véritable

valeur que s'il peut se traduire en ces termes spécifiques.

0%mme on l'a dit plus haut, on groupe, les marchandises

en secteurs. La classification internationale type par industrie dis¬

tingue 62 secteurs industriels. Dans la pratique, pour l'analyse sec¬

torielle, on les regroupe en 20 ou 30 secteurs.

iob uh c- '•'i>-"

Pour les études au niveau des projets, il faut répartir

les secteurs en fonction des marchandises. Cela permet de déterminer

...r •• «hris:n"r.-£ ti::-

la demande des marchandises produites par chaque entreprise de manière

à voir s'il est souhaitable d'investir dans ces entreprises. Par ail¬

leurs, cela permet de corriger les projections sectorielles pour déter¬

miner avec plus de précision quels sont les besoins en inputs prove¬

nant d'autres secteurs.

Pour répartir les projections sectorielles en fonction des marchandises, il faut avoir recours à plusieurs critères s

(i)

Mettre à part les marchandises pour lesquelles des projets ònt été proposés

(ii)Simularité

du processus de production

(iii)Simularité

d'utilisation du produit

(iv)

Importance relative de la marchandise du point de vue de la valeur.

/ , m

.IDEP/ET/LXVII/2035-4

Mai

1968

Mr. YENER.

(2)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

page 2

En appliquant les critères de simularité de production

et d'utilisation, on pourra à peu près dans tous les cas,

séparer

la production artisanale et à petite échelle de la production

indus¬

trielle proprement dite. Les producteurs de type artisanal utilisent

d'autres procédés et produisent généralement des marchandises d'une

autre qualité. a -■ —: ;

Pour corriger les totaux sectoriels, il faut prévoir

pour chaque industrie uhe catégorie résiduelle "autres produits" afin

que la répartition du point de vue des marchandises soit complète.

A ce stade, 1e. planificateur dispose des

données

sui¬

vantes s

(a) 1'évaluation

approximative de la demande pouf le secteur industriel,

(h)

les projections de la demande pour les marchandises les plus im¬

portantes du secteur,

(c)

les prix comptables de la main-d'oeuvre, des

devises et du capital,

(d)

des recommandations de politique générale

(basées

sur les objectifs du développrment

global)

concernant le dé¬

veloppement régional, la nécessité d'utiliser le plus de main-d'oeuvre possible, etc... On demande aux planificateurs do choisir, à la lumiè¬

re de ces données, les marchandises qu'il est socialement souhaitable

de produire dans le pays et pour lesquelles il vaut la peine de prépa¬

rer des projets détaillés.

On peut distinguer deux types de choix entre projets

industriels s

(a)

choix entre projets appartenant au même secteur in¬

dustriel, et

(b)

choix entre projets de secteurs différents.

Choisir entre plusieurs projets, c'est calculer à l'aide

de certains critères un coefficient de priorité pour chaque projet.

Nous avons parlé de ces critères le trimestre dernier. Pour éviter les

répétitions, nous ne .citerons ici que lés points principaux :

(3)

IDEP/ET/LXVII/20

35-4

pago 3

Un projet utilise certains facteurs rares -et procure un certain profit. On formule la relation entre ces deux grandeurs sous forme d'un coefficient dont le numérateur est le profit et le dénomi¬

nateur les facteurs rares utilisés par le projet. Il faut définir le profit que procure le projet et les facteurs rares qu'il utilise.

Suivant la définition que l'on donne de ces valeurs, on aboutit

à

des critères d'investissement différents, par exemple le critère du

coefficient de capital, le critère de l'intensité capitalistique

(sous

la forme capital-travail ou

capital-produit),

critère de

productivité

sociale marginale, etc...

Avant de traiter de l'évaluation des projets, il est bon

d'en rappeler les différentes parties.

La mise au point d'un projet.

On peut- subdiviser un projet de la -façon suivante s

ï)

La première partie, que; l'on peut appeler "généralités",

"présentation du projet", etc..v"comporte l'étude de la demande, l'étu¬

de technique du.projet, les problèmes reLatifs...à-~L-a-dimension et à l'emplacement.

(i)

l'étude de la demande a déjà été traitée.

(ii)

l'étude technique du projet concerne la participation

des ingénieurs aux .différentes phases du projet. Les points principaux

sont les suivants s

(a)

choix du procédé de production, s'il y a plu¬

sieurs possibilités,

(b)

ichoix et spécification de l'équipement, qui

■comporté deux parties : premièrement choix du type d'équipement en fonction de la nature du procédé, de l'échelle de la production et du degré de

mécanisation,

deuxièmement choix entre les équipements répon¬

dant aux spécifications requises, en fonction des facilités de crédit,

du taux

d'intérêt,

de la monnaie étrangère nécessaire

(c)

Examen de

(4)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

page 4

projets techniques complémentaires, par

exemple évacuation des

eaux résiduelles, "branchements électriques, bureaux

administratifs, etc...

-(d)

Détermination de la dimension,

des caractéristiques et de l'empla¬

cement des zones de réception, des magasins et autres installations,

■pour le bâtiement d'usine principal et les services

de transport (e).

Détermination des programmes de travail, qui fixe l'ordre d'installa¬

tion et de mise en service de l'entreprise.

(iii)

la dimension du pro.jet,ce qui signifie la

capacité de

production pendant une période-de fonctionnement normale. La

capacité

la plus rentable est généralement déterminée par

1'"économie d'échel¬

le" ; en .effet une grande capacité permet d'économiser sur le

coût

de l'équipement, de.la main-d'oeuvre et du combustible par

unité du

pro¬

duit. Voici un exemple, préparé par les Nations Unies peur

l'Amérique

latine. h ■:» —— ""

Economies d'Echelle dans la Production de l'Acier.

Coût

(dollars USA)

Capacité de l'usine Réduction

de 50 à 50 250 500 1000

.. j-ifi) 1000

Matières premières

33,84

31,26 31,26

25,68 8,16

Entretiens et divers

charges de capital

20,59 122,93

11,11 101,20

10,57

87,10

9,83 85,05

10,76 37,88

Coût de la main- d'oeuvre

32,00 15,20

8,57 6,6C

25,40

Coût total

209,35 158,77

137,50

127,16 82,20

Investissement total par tonne

492 405 348 340 152

|

On constate une réduction pour tous les éléments du coût.

On peut représenter la relation entre les investissements et l'échelle

de la production dans une usine par la formule suivante, qui convient

(5)

IDÈP/ET/LXVII/2035-4

page 5

aux processus chimiques et métallurgiques en général.

*1 ( ^ \

K2 = X2

j

où YL et sont les besoins en équipement des usines 1 et 2 et

X^ et X2 les niveaux respectifs de la production. L'exposant est de 0,6

environ.pour la plupart des processus chimiques. Il va de 0,5 pour certains processus pétrochimiques à

0,8

et plus pour la production du

coke et de l'alumimium.

Outre l'économie d'échelle, la dimension de l'usine est affectée par le volume et la répartition géographique de la demande.

Par exemple, on pourrait satisfaire le

même

volume de demande

(a)

soit

par une usine unique pour tout le marché géographique,

(h)

soit par

une usine centrale pour la plus grande partie du territoire avec des

succursales plus petites dans d'autres endroits ;

(c)

soit plusieurs

usines de même importance disséminées sur tout le territoire.

(iv)

L'emplacement du projet. Les facteurs essentiels qui permettent généralement de juger des emplacements sont

(a)

1'emplace¬

ment des matières premières 5

(h)

la main-d'oeuvre,

(c)

le terrain dis ponihle 5

(d)

le combustible industriel ;

(e)

les moyens de transport

(f)

le marché ;

(g)

les moyens de distribution ;

(h)

l'énergie |

(i)

l'eau 1

(j)

les conditions de vie $

(h)

les lois et règlements.

2)

La seconde partie comprend le coût des investissements im¬

mobilisés. Les avoirs immobilisés sont les marchandises qui sont ache¬

tées uné seule fois, pendant la période d'installation de l'usine, et

durent pendant toute sa vie utile. Le tableau qui suit montre quels

sont les principaux éléments des investissements immobilisés.

(6)

IDEP/ET/LXWI/2035-4

page

6

On doit donner la valeur de ces avoirs sous deux formes j monnaie nationale et devises.

Il faut aussi faire apparaître le programme d'investisse¬

ments. Les questions à poser sont les suivantes s dans combien de temps l'investissement sera-t-il terminé ? et combien de capital

(en

monnaie nationale et en

devises)

faudra-t-il par an ?

3)

La troisième partie'1 ooncerne les frais de fonctionnement annuels du projet. Le tableau suivant montre les principaux éléments

des frais de fonctionnement annuels. On donne généralement ces don¬

nées pour la capacité totale de l'usine, mais,dans la pratique, les

usines ne peuvent pas être utilisées à pleine capacité. C'est pour¬

quoi il faut donner pour chaque année le pourcentage de la capacité qui sera utilisé jusqu'à ce que l'on puisse utiliser la capacité to¬

tale.

(7)

IDEP/ET/LXVII/20

35-4

page 7

COUT DES INVESTISSEMENTS

19..

Monnaie Devises

| Total

I

locale

1

)

Recherche et préparation du projet

2)

Brevet, savoir-faire, etc...

3)

Terrain

4)

Aménagement du terrain et

bâtiments

prépara¬

toires

5)

Total, des frais de construction

a)

Bâtiment d'usine principal

h) Bâtiments des instailations.-co-mpdément-ai-—

res

c)

Entrepôts

d)

Bâtiments administratifs

é) Bâtiments

des services sociaux

f)

Habitations

g)

Autres

6)

Investissements dans les moyens de transport

a)

Routes intérieures

h)

Raccordements

7)

Machines et matériel de l'usine principale

a)

machines et matériel nationaux

h)

" " " importés

(FOB)

8)

Machines et matériel des installations com¬

plémentaires

a)

Eau

b)

Energie

c)

Combustible

d)

Autres

9)

Coût social du transport des machines et du matériel

a)

transports intérieurs et assurances

b)

transports extérieurs et assurances

(8)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

page

8

10)

Frais de douane

11)

Frais de montage

t2)

-Frais gén-éraux

-( impôi:s,

-dnroirtrsy-vïtcvv

vt"

13)

Frais de la période de rodage

14)

Imprévus

15)

Intérêts de la période de maturation

16)

'total de l'actif immobilisé

17)

Fonds de roulement

18)

Coût total du projet

Frais de fonctionnement annuels

pleine

capacité)

000 CFA

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16

Matières premières

Autres matières

Combustible, énergie et eau Entretien et Réparations Main-a'oeuvre

Brevet, redevances

Amortissements Loyers

Assurances j 11

Impôts S

Frais de gestion

Autres.frais de fonctionnement

Taxe à la production Intérêt

Freis de vente

Total des Frais de fonctionnement annuels

(9)

IDEP/ET/LXVI1/2035/4

Page 9

/ -/-■ :'•■/

4)

La comparaison des dépenses et du revenu annuels.

années

19.. 19.. 19..

Revenu annuel total

Frais et fonctionnement annuels totaux

Profit

(ou perte)

"brut Impôt sur le revenu

Profit net

(ou perte)

Outre les points qui viennent d'etre énumérés,

un projet comporte certains autres aspects ; orga¬

nisation, gestion, par exemple. Nous en parlons en étudiant un cas particulier.

(10)

idbp/et/lxvi1/2035-4

Page 10

/

Evaluation du projet

On examinera deux critères interdépendants en-matière d'inves¬

tissements. _ ....

Critère de l'intensité capitalistique s

1'industrialisation,

-peut être, selon ce point de vue, réalisée sous forme de

projetsj

qui

néces¬

sitent relativement des capitaux plus importants... Ces- presets

(a)

affectent

la répartition du revenu de manière à accentuer la propension à épargner,

0>)

aident la société à moderniser et à .abandonner l'ordre traditionnel,

(c)

provoquent

à longue échéance,

un

accroissement de la production

par

suite de l'abaissement des prix de revient, même si au cours des

premières

-années, le Coefficient de capital est moins élevé.

Ce critère fait l'objet des critiques suivantes :

(i)

Les projets qui font une forte utilisation de capital de-

ma.ndent_-un- accroissement des importations. La mise en oeuvre des projets se heurte à nombre de difficultés par suite de la pénurie de devises.

(ii)

Ce critère, notamment dans la.période initiale, pose le problème de chômage ;

(iii)

il provoque une concentration des industries dans

certaines régions géographiques

(iv)

la mise en oeuvre et la modification de ces projets s'avè

reat difficile pour les pays pauvres par suite de leur prix de revient éle¬

et du manque de main-d'oeuvre qualifiée.

Critère applicable au réinvestissement s ce critère énonce que

l'objectif de l'industrialisation n'est pas d'accroître la production mais d'accroître la capacité de production par habitant afin de maximiser la pro duction pendant •une période déterminée en d'autres termes, d'augmenter la production qui est réinvestie plutôt que consommée. Le coéfficient de réin¬

vestissement est affecté par les éléments suivants s

(11)

idep/et/lxvii/2035-4

Page 11

(i)

produotion totale par ouvrier

(a)

(ii)

consommation

salaire/marchandises

par ouvrier

00 (iii)

dépenses résultant du maintien-du capital

(c)

(iv)

augmentation de la production qui est fonction d'élé¬

ments ne relevant pas directement du capital c'est-à- dire s éducation, conditions sanitaires améliorées ;

(v)

baisse du taux de mortalité ;

(vi)

baisse du taux de natalité ;

(vii)

orientation des réinvestissements.

Il est manifeste que l'investissement par ouvrier est égal à

a-b et le réinvestissement net égal à a-b-c. Lorsque le facteur

(iv)

est

important, l'investissement par ouvrier est égal à a-b-c + d.

On applique la formule suivante pour calculer ce coéfficient

I , P - ew v t

E-fc+1 = E-j

( 1

+

)

c

:

®t+1

=

emploi pendant l'année t+1

= emploi au cours de l'année initiale

P = production nette par machine

(unité

de

capital)

e = nombre d'ouvriers par machine

w = taux des salaires

c = prix de revient par machine.

Si

E^

, p et e sont considérés comme étant des paramètres, 1

valeur de

E^^ dépendra du rapport de

c

et de

w.

On peut formuler les critiques suivantes à 1'encontre du critère :

(i)

Il s'avère difficile de maintenir la consommation à un niveau minimum, en raison de la demande actuelle de biens de consommation

(ii)

il est évident que les projets à forte utilisation de capital provoqueront à court terme une aggravation du chômage ;

(12)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

Page 12

(iii)

l'hypothèse selon.laquelle les bénéfices permettront d'accroître les investissements n'est pas conforme à la réalité.

Méthode de pratique d'évaluation des .pro.jets.

Pour l'industrialisation, les objectifs les plus importants

sont les suivants t

1)

Accroissement rapide du revenu par tête,

2)

Niveau de l'emploi élevé

3)

Equilibre de la balance des paiements

C'est à la lumière de ces objectifs que l'on peut déterminer

l'ordre de priorité du projet.

1)

C'est par la valeur ajoutée créée par le projet que celui-

ci contribue au revenu.

On obtient la valeur ajoutée en additionnant le revenu net ou

en soustrayant les achats aux tiers, les impôts et l'amortissement de la

valeur brute de la production. Le tableau suivant montre comment calculer

la valeur ajoutée.

valeur ' revenu

brute de brut la produc¬

tion

Achats aux tiers:

Impôts, Amortis¬

sement

1

I

I. Traitements et salaires ■v0 -v0 -

II.Contribution de l'employeur aux

causes de sécurité sociale 3 3 -

III. Intérêt et loyer 5 5 -

IV. Matières premières achetées

à des tiers 30 30

V. Pièces de rechange, lubrifiants,

électricité et autres achats di«

vers à des tiers 6 6

VI. Impôts indirects 2 2

VII. Amortissement linéaire 2 2

/

1

(13)

IDEP/ET/LAVÏI/2035-4

Page 13

(suite tableau)

VIII. Bénéfices 2 - 2

Total 100 60 40

IX Revenu net 60

X Achats aux tiers 100 100 100

On peut obtenir ces données à partir des frais de fonctionne¬

ment annuels du projet. Dans les projets, on fournit généralement ces don¬

nées pour le niveau de pleine capacité,

2)

On peut formuler l'effet du projet sur la balance des paiements à l'aide de l'équation suivante s

Effet total =

aB^ + B2

dans laquelle

a = amortissement + taux d'intérêt

(facteur

de recons¬

titution du

capital)

J

. A ~ - ' -

= les devises finançant partiellement le projet

j =

la différence entre les dépenses annuelles et le

revenu, ou l'économie de devises.

Dans la formule, on introduit cet efiet en multipliant par la différence entre le prix comptable et le prix du marché des devises.

3)

Dans les pays sous-développés, le type de main-d'oeuvre i qui abonde est la main-d'oeuvre non qualifiée. On conçoit généralement un niveau d'emploi élevé comme fournissant des emplois à un plus grand nombre

de travailleurs non qualifiés. Cet effet apparaît dans la formule comme la

différence entre les paiements annuels évalués au prix comptable et évalués

au prix officiel.

(14)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

Page 14

Il faut additionner.-ces effet-s annuels pour les années de la durée du projet et calculer la valeur actualisée du total.-

On peut trouver le capital utilisé par le projet dans l'avant projet. La valeur actualisée du capital doit être calculée sur la base de

la période de maturation.

Le coéfficient obtenu en divisant la valeur actualisée des bénéfices totaux par la valeur actualisée du capital donne le coéfficient

de priorité.

L'évaluation des projets par la méthode semi-sectorielle.

Chaque projet exerce aussi, parallèlement à ses effets directs

des effets indirects. La méthode semi-sectorielle a pour but de déterminer

les effets indirects des projets.

La première hypothèse relative à ce modèle implique la divi¬

sion des secteurs en deux parties :

(a)

les secteurs internationaux : leur produotion peut être exportée et importée,

(b)

les secteurs nationaux ; leur production ne peut être exportée ou importée, par exemple, le bâtiment

les transports intérieurs, le commerce, etc...

La deuxième critère énonce que l'accroissement de la produc¬

tion d'un secteur n'aura pas d'effets sur les autres secteurs internatio¬

naux, et que la demande accrue d'investissements supplémentaires sera sa¬

tisfaite soit en augmentant les importations ou bien en diminuant les ex¬

portations.

Selon la troisième hypothèse, les secteurs nationaux n'ont

pas de capacité inemployée.

D'après ces hypothèses, les nouveaux investissements impli¬

quent qu'il faut investir dans les secteurs nationaux. Il faut concevoir les investissements en fonction des besoins correspondants des secteurs.

(15)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

Page 15

nationaux, à cet égard. On appelle "masse des investissements" le total

de ces investissements.

•s '■

Il faut utiliser les tableaux interindustriels pour appliquer

cette méthode. Comme nous le savons, le bilan intersectoriel s'établit

ainsi j

Etant donné que les secteurs sont divisés en deux éléments,

on représente de la manière suivante les effets des nouveaux investissements

sur les secteurs nationaux j

A matrice des facteurs de production ; secteur des niveaux de production ; valeur de la demande des consommations X

C

X.

1 + %

X = A + A

N m NN

:

A,m

matrice du facteur de production des secteurs nationaux

aux secteurs nationaux ;

secteur de la demande des consommateurs en ce qui con¬

cerne les secteurs nationaux ;

X.I secteur des niveaux de la production des secteurs internationaux ;

secteur des niveaux de la production des secteurs nationaux.

MONOGRAPHIE : L'industrie du ciment en Afrique de l'Ouest.

Etude de marché s La région de l'Afrique de l'Ouest enregistre

une insuffisance de disponibilités en ce qui concerne le ciment.

(16)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

Page 16

Parmi les quinze pays couverts par l'étude, seuls le. Sénégal et le Nigéria possèdent des <E3Jtt8»ft«CÍáSactuellement en service. L'usine du Sénégal a une

capacité de production de 200.000 tonnes par an. au Nigéria, il y a deux

usines dont les capacités-xespe.ctivessont 200.000 et 220.000 tonnes par an et une installation de broyage des scories ayant une capacité de 45.000 tonnes. :

Les importations constituent la principale source d'approvi¬

sionnement en ciment de la région. Le tableau suivant indique les quantités de ciment importées par chaque pays de la région depuis 1957 et donne des

indications sur la tendance des importations des différents pays.

(17)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

Page 17

Importations de ciment de l'Afrique de l'Ouest

(en

milliers de

tonnes)

Pays 1957 1958 1959 i960 1961 1962

Cameroun 75 67 60 47 54 67

République centrafricaine 6 5 9 10 17 22

Tchad 15 13 11 ; 12 12 18

Dahomey 38 39 48 64 59 53

Ghana 280 310 470 510 510 44

Guinée , 46 75 57 63 69 69

Côte d'Ivoire 124 ■111 150 157 143 169

Libéria 38 21 79 53 53 53

Mali 0 e 0 «

Niger 11 6 3 11 12 11

Nigéria 518 485 539 637 453 462

(598) (660) (795) (785) (888)

Sénégal 27 15 27 12 3 1

•%

(185) (164) (178) (180) (192) (183)

Sierra Leone 44 59 48 48 53 62

Togo 22 25 27 41 38 44

Haute Volta 7 1 3 22 27

Total 1.25 1.132 1.418 1.638 1 .508 1.545

(1409) (1489) (1708) (1951) (2024) (2153)

(18)

idep/et/lxvii/2035-4

Page 18

La consommation de ciment

(c'est-à-dire

production + importa¬

tions -

exportations)

des pays de l'Afrique de l'Ouest, à l'exception du Sénégal et du Nigéria ne diffère pas des importations étant donné que la

totalité des autres pays ne produisent pas et n1 exportent pas'de ciment.

Les chiffres relatifs à la consommation figurent entre parenthèses dans le

tableau.

Consommation totale de la région à un taux d'accroissement annuel constant de 8,5 P 100. Il ressort d'études détaillées que l'accrois¬

sement de la consommation résultera de projets de génie civil cohérents plu-

: : •-'VI

tôt que de grande ampleur. En outre, les comparaisons sur le plan interna¬

tional indiquent que le niveau de la! consommation de ciment est très fai-

, ; vy.y. ! : i j ~ '

ble et, est susceptible de s'élever eh fonction de l'expansion économique.

(19)

IMf/ET/LXm/203>4

Page 19

Consommation de ciment par habitant en Afrique de l'Ouest

(en kg)

;

1958 1959 196O 1961

Cameroun 21 19 12 13

République centrafricaine 4 8 8 14

Tchad 5 4 5 5

Dahomey- 23 28 33 30

Ghana 64 75 70 76

Guinée 29 22 21 21

Côte d'Ivoire 36 48 48 44

Libéria 17 64 41 41

Mali » 2

Niger 3 1 4 4

Nigeria 18 20 23 22

Sénégal 71 86 60 64

Sierra Léone 26 21 20 21

Togo 23 25 28 26

Haute Volta - 6

Moyenne de la Région 23 26 27 27

l

Moyenne de l'Afrique

! I

42 43

| 44

43

(20)

Prévisions d* la consommation de ciment en Afrique de l'Ouest en 1970

IJ3EP/PT/LXVII/2035-4

Page 20

Pays

PIB

par habitant

en dollars des Etats-Unis

1958-1960

Elastricité

applicable

à la période 1960-70

Taux de croissance annuels pré¬

vus du PIB par habitant

{%)

1960- 1970

Taux de croissance annuels de la consomma¬

tion de ci¬

ment par ha¬

bitant

(°/o)

1960-1970

Consommation de ciment par habitant en

1970

(kg)

Population

en I97O

(millions

d'habitants

Consoiçg^-

tion/de

ci¬

ment en 19-

70(en

mil¬

liers de

tonnes)

Cameroun 114 1.9 5.2 9.9 30 5.7 170

République centrafricaine 114 1.9 2.0 3.8 20 1.4 30

Tchad 70 2.6 2.0 5.2 8 3.1 25

Dahomey 70 2.6 , 3.2 8.3 60 2.5 150

Ghana 158 1.6 3.5 5.6 120 5.7 690

Guinée 117 1.9 3.0 5.7 36 4.3 160

Côte d'Ivoire 199 1.4 3.7 5.2 80 4.7 380

Libéria 122 1.8 2.0 3.6 60 1.4 85

Mali 110 1.9 5-5 10.4 6 5.0 30

Niger 68 2.6 1.8 4.7 7 4.1 30

Nigéria 81 2.3 2.0 4.6 36 39.6 1420

Sénégal 179 1.5 5.7 8.6 140 4.5 550

Sierra Léone Togo

Haute Volta

38 M

4-1

2.0

£:8 1:1 II

OA*4L®7

S

80

Moyenne régionale

et total - - - 5.4 44 93.5 4.040

(21)

IDEP/ET/LXVII/2U35-4

Page 21 Problèmes A'implantation.-

Il serait judicieux, à la suite d'études de marché, de recommander

le démarrage de la production dans ]a région, mais il existe, à cet égard,

certaines restrictions.

Disponibilités en matières premières s les principales matières premières sont : le calcaire, l'argile et le gypse. A l'exception dw Sénégal

et du Nigéria, les disponibilités en calcaire pour la fabrication du ciment

se heurtent à des difficultés dues soit à la qualité ou à l'accessibilité d'exploitations rentables. On considère, compte tenu toutefois du

règlement

satisfaisant du problème du transport, que la région possède d'importantes

réserves de dépôts de calcaire.

Production d'énergie et de combustible : Les ressources et les con¬

ditions de production de combustible et d'énergie présentent nombre ue pro¬

blèmes. En ce qui concerne le pétrole, les seules ressources découvertes à ce jour se trouvent au Nigéria.

Les restrictions en matière d'éventuelles ressources en combustible dans la région affectent la possibilité de disposer d'électricité produite

sur le plan intérieur à un prix de revient rentable.

Problèmes de transport s Par suite de l'inadaptation des transports

et des taux eleves de leurs tarifs, le prix du ciment dans la quasi-to talité

des pays d'Afrique de l'Ouest est particulièrement élevé notamment dans les pays sans accès à la mer.

Aspect technique s Le processus de la fabrication de ciment Portland, implique un mélange finement broyé, renfermant approximativement 751° de carbonate de calcium et 20% de silice, d'alumine, d'oxyde de fer à une

O

■température élevée de l'ordre de 1500 C. On peut résumer, comme suit, le

processus de fabrication s

(22)

IDEP/LT/LXVII/2035-4

Page 22

extraction et transport de

matières premières

broyage et

a)

élimination de l'eau I broyage

et

mélange

b)

la craie est

broyée

en anhydride carbo¬

nique

addition

ue gypse

c)

combinaison des compo¬

sants chimiques à la

chaleur d'incandescence pour former des scories

Le processus de fabrication comporte deux variantes s

procédé

par voie humide et procédé par voie sèche. Le facteur déterminant le choix entre

ces deux processus est la teneur en eau de la matière première. Si la teneur

en eau est elevée, on adopte habituellement le procédé par voie humide.

Lorsque la teneur en.--eau est très faible, on opte pour le

procédé

par voie

sèche. Les autres éléments entrant en ligne de compte sont les suivants : le procédé par voie humide consomme une énergie de 20 à

25%

supérieure à

celle du procédé par voie sèche. Les investissements fixes initiaux du

procédé

par voie sèche sont approximativement 10% plus élevés que dans le cas du procédé par voie humide.

te de l'ensemble des frais d'exploitation en matière de fabrication du ciment.

Dans le cas des pays d'Afrique de l'Ouest sans accès à la mer, le combustible

et l'énergie représentent de 4-0 à

50%

4u prix de revient total de la produc¬

tion, comme l'indique le tableau suivant ! Le problème du prix de revient.

Les facteurs énergie et combustible représentent une part importan-

(23)

IDiiP/ET/LXVII/2035-4

Page 23

Consommation de ciment par habitant en Afrique de l'Ouest

(en Kg)

_____

Fays Capacité de- production

Mat-ières- pre¬

mières directes

Energie et

combustible

Main-d'oeuvre

de l'usine

tíj0

du

coût

de

fabrication

fo du

coût

de

fabrication

% du coût de

fabrication

Cameroun septen¬

trional

.

20.000

7,3.

..

4.7,0

... ...14,2

Niger 30.000 4,1

45,8

12,5

Haute-Volta 60.000 5,3 37,4 15,2

Le prix de revient des facteurs

de production directs est sensi¬

blement inférieur au prix de revient des autres facteurs

de production. Les

matières., premières penv.en-t-.4apL4-%uer- des frais-

-de transport- élevés" et douUer

lieu à de sérieuses difficultés à cet égard, à moins que les

installations

envisagées ne soient situées à une distance

raisonnable des

sources

d'appro¬

visionnement en matières premières.

Un autre facteur de production important est le prix

de revient

de la main-d'oeuvre. L'élaboration de données relatives aux besoins en main-

d'oeuvre indique"que oë's

dèrni~ér~s~,'

dans leur ensemble,

augmentent de manière

peu appréciable lorsque les dimensions de 1'usine

prennent de l'importance.

Investissements fixes ;

Il est manifeste, à la lumière des

données,

que les

frais de

ges¬

tion des investissements par tonne diminuent

proportionnellement alors

que

la capacité de production augmente. Le tableau

suivant illustre cette rela¬

tion en se fondant sur les données relatives aux pays africains.

(24)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

Page 24

Estimation des investissements lixes par tonne de capacité de production

Capacité de production

de l'usine par an

Investissement fixe en dollars par tonne

20 - 50.000 90 - 120

50 - 80.000 70 - 80

80 - 100.000 MO0 1 t—0

100- 200.000 . .5.0. - .60

200- 400.000 40 -j50

400^000 et au-dessus 35 - 40

Il a été procédé, à partir de ces renseignements, à une évaluation globale des besoins de la region en matière d'investissements afin de déve¬

lopper l'industrie du ciment pour éliminer les pénuries envisagées pour 1970.

Cette évaluation figure dans le tableau suivant s

Capacité de production

annuelle

Hombre ; Capacité supplé-

d'usines ; mentaire totale

(en tonnes)

Prix de revient unitaire des investissements

(.fixes (eux.dollars)

:

Demande totale d1investisse¬

ments fixes

30.000 60.000 100.000.

10 30 6

t

300.000 .800.000 600.000

100 80 60

30 15O 40

j .

200.COO.

i

i 1

2

i

400.000 i 1

50

;

20

:

Í '

TOTAL 3.100.000 24O

(25)

idep/et/lxvii/2035-4

Page 25

V. Analyse de reseau.

On peut considérer que l'analyse du chemin critique comporte trois phases différentes, à savoir la Planification, l'analyse et le planning et

le contrôle. Il est commode d'examiner séparément chacune de ces phases,

ruais il est bien évident qu'elles ne sont pas indépendantes.

La planification s Dans la premiere phase, on represente graphi¬

quement le projet considère par un schéma comportant des cercles

(représen¬

tant des

événements)

et des flèches

(représentant

des

activités)

qui mènent

aux cercles ou en partent. Une fois le réseau tracé, il faut déterminer le temps à prévoir pour chaque activité et l'on portera ces temps sur le schéma

au moyen de chiffres inscrits au-dessus ae fléchés représentant les activi¬

tés.

Tout d'abord, il faut répondre à cette question s " Combien de temps prendra la totalité du projet ? ". Dans notre exemple, il y a trois séries d'activités, à savoir s

(i)

I - 4 et durée 2=2 heures

(ii)

1-2-4 " 2+3 = 5 heures

(iii)

I - 2 - 3 - " 2+1+1= 4 heures

en sorte que, en supposant que tout aille comme prévu par le plan, la durée

minimum ne saurait être inférieure à 5 heures et cette durée est déterminée

par la séquence 1 - 2 - 4- Si l'une ou l'autre des activités de cette

sequence venait à durer plus longtemps, la duree globale' du projet augmen¬

terait, alors que la duree des autres activités peut augmenter de façon

substantielle sans affecter la durée globale.Cette séquence déterminante est

décisive pour la réalisation du projet et c'est pourquoi on l'appelle le

chemin critique.

(26)

IDEP/ET/LXVII/2035-4

Page 26

Isoler le chemin critique permet de concentrer les efforts de la

maniéré la plus utile. Par exemple, si cette durée globale de 5 heures est inacceptable, et s'il faut la réduare, il faut " accélérer " la séquence

1-2-4» Si l'on réduit la durée de l'activité 2 - 3 de 1 heure à

1/2

heure,

la durée totale restera inchangée. Par contre, yne réduction effectuée soit

dans la durée de l'activité 1-2, soit dans celle de 2-4, réduira la durée du projet. C'est en étudiant cette séquence que l'on pourra décider comment il

faut déployer les ressources pour réduire la durée du projet.

Si l'on accepte la durée totale, il est évident que l'activité

1-4 peut durer 5 heures au lieu de 2 sans que la durée totale soit affectée.

On paut exprimer cela en disant que l'activité 1-4 dispose d'une "marge" de 3 heures $ on peut dire également quê, si le projet commence à l'heure 0,

l'activité 1-4 peut commencer à un moment quelconque compris entre l'heure 0

et l'heure "3 s"si elle commence le plus tôt possible

(c'est-à-dire

à l'heure

O),

elle s'achèvera le plus tôt possible

l'heure

2)

alors que si elle

commence le plus tard possible

(c'est-à-dire

à l'heure

3)

elle s'achèvera

le plus tard possible, à l'heure 5» Cta peut résumer ceci comme suit s Début

Activité Durée Au plus tôt

1-4 2 0

Au plus tard Au plus_ctôtAuiplus .tard- Marge

3 2 5 3

On peut faire la même analyse pour toutes les activités et dresser

un tableau.

u ^_

Début, . Marge

.0"0... vrl _U- "0 t a i .v. b t . li

Activité Duree AU plUS tôt Au plus tard Au plus tôt Au plus tard

1-2 2 0 0 2 2 0

1-4 2 0 3 2 5 J

2-3 1 2 3 3 4 1

2-4 3 2 2 5 5 G

3-4 1 3 4 4 5 1

(27)

idep/et/lxvii/2

035-4

rage 27

Ce tableau montre que les activités comprises dans le chemin critique ne possèdent aucune marge.

à partir de cette analyse, on peut dresser le calendrier des dif¬

férentes activités, c'est ce processus que l'on appelle planning. Il se peut

que, pour une raison ou pour une autre, le début de l'activité 1-4 soit déli¬

bérément fixé à l'heure 2 et dans ce cas le planning précisera que l'activi¬

doit commencer à l'heure 2 et non pas qu'elle peut commencer à un moment quelconque entre l'heure 0 et l'heure 3.

Contrôle.

Cette analyse permet de contrôler le projet pendant qu'il est en cours. En comparant ce qui se passe réellement avec ce qui est prévu dans le plan résume ci-dessus, on verra si la durée totale du projet sera respectée.

Par exemple, si ,u bout de 2 heures, l'activité 1-2 n'est pas terminée, on

saura que le pro.jet durera plus longtemps que prévu, à moins de récupérer le retard, ce qui ne peut se faire qu'en réduisant la duree de l'activité 2-4.

.Réduire la duree de l'activité 3~4> P^r exemple, ne servirait à rien. Par contre, si, à l'heure 2, l'activité 1-2 est terminée mais que l'activité

2-3 n'ait pas encore commencé, on sait qu'il faut qu'elle commence dans

l'heure qui suit.

Exemple s

les données nécessaires à l'étude d'un exemple sont présentées

dans les 3 tableaux qui suivent.

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