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1130 III BRÈVES III

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1130 m/s n° 10, vol. 16, octobre 2000

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BRÈVES

■■■

■■■Infection asymptomatique par le virus Ebola. Localisé principale-ment dans les pays d’Afrique Cen-trale (Gabon, République démocra-tique du Congo et Soudan), le virus Ebola est considéré comme l’un des plus dangereux pathogènes de l’homme [1]. Il s’agit d’un virus à ARN qui code par deux cadres de lecture pour sept protéines de struc-ture [2]. Endémique, extrêmement contagieux, le virus Ebola explose périodiquement en épidémies de fièvres hémorragiques fulminantes, dont le taux de mortalité avoisine 70 % (m/s 1998, n° 5, p. 659). Une étude réalisée par le Centre de Franceville au Gabon dont nous nous étions fait l’écho (m/s 1999,

n° 10, p. 1168) avait montré une

cor-rélation entre la survie des patients et l’induction précoce d’une réponse immune humorale et cellu-laire. Les mêmes équipes viennent maintenant de montrer que l’infec-tion par le virus Ebola peut être totalement asymptomatique [3]. Les auteurs ont sélectionné 24 sujets asymptomatiques dans l’entourage de malades décédés, et ont recherché de façon répétée pen-dant un mois les preuves d’une infection. Chez 11 d’entre eux s’est développée une immunité humo-rale spécifique, IgM puis IgG, qui n’existait pas antérieurement. Si le virus n’a pu être détecté dans la cir-culation, une double PCR (nested

PCR) a mis en évidence l’ARN viral dans les cellules mononucléées. La détection de fragments d’ARN du brin positif démontre la réplication virale (l’ARN du virus Ebola est un brin négatif), celle-ci est transitoire et disparaît une semaine avant l’apparition des anticorps. Ce carac-tère asymptomatique de l’infection ne semble pas dû à des mutations virales mais à la faible charge virale et, surtout, à l’existence d’une réponse inflammatoire précoce, intense et transitoire. Cette réaction précoce, qui n’est pas observée chez les patients symptomatiques, témoi-gnerait d’une réponse immunitaire innée, et pourrait inhiber la réplica-tion virale soit directement, soit

indirectement en stimulant la réponse immune. Ces résultats sug-gèrent aussi qu’une transmission du virus par ces porteurs sains serait possible. On retrouve toujours à l’interrogatoire d’un malade la notion d’une contagion proche ou d’un contact avec un fluide infecté. L’existence de porteurs asymptoma-tiques d’une infection à très haute mortalité est donc à envisager. [1. Baize S, et al. Nat Med 1999 ; 5 : 423-6.]

[2. Leroy EM, et al. Lancet 2000 ; 355 : 2210-5.]

■■■ Prion : qu’il ne se convertisse pas ! Une équipe des NIH du Mon-tana apporte un éclairage nouveau dans la recherche des mécanismes d’action de la protéine prion PrP, l’agent infectieux des encéphalopa-thies spongiformes (pour revue, voir [1]). L’association d’une molécule de prion anormale PrPSc, c’est-à-dire

résistante à l’attaque de la protéi-nase K, avec un prion normal PrPc

(sensible à cette digestion enzyma-tique) va rendre ce dernier résis-tant, le convertissant donc en prion infectieux [2]. Toutefois, l’infection délibérée de souris par des prions pathogènes hétérologues (de ham-ster) n’induit pas de troubles neuro-logiques, même si une accumula-tion de prions infectieux a pu être détectée dans les cerveaux des sou-ris infectées [2]. La fixation a donc bien eu lieu, mais la conversion n’a pu se produire. Il faut à présent définir ce mécanisme de conversion à l’échelle moléculaire avant d’espé-rer comprendre pourquoi le pas-sage à l’homme a pu être possible pour la forme bovine alors qu’il ne l’a pas été dans le cas de la trem-blante du mouton.

[1. Lehmann S. Med Sci 1996 ; 12 : 949-58.]

[2. Horiuchi M, et al. Proc Natl Acad

Sci USA 2000 ; 97 : 5836-41.]

■■■ Mesdames, attention au mille-pertuis ! Le millepertuis commun (famille des Hypericacées, Hypericum

perforatum) est une plante vivace

assez répandue, utilisée comme herbe médicinale dans le traitement des dépressions (elle porte le nom d’« herbe de saint John » et est sur-nommée « Prozac naturel »). Des études cliniques ont montré son implication dans l’augmentation du métabolisme de certains médica-ments fréquemment utilisés comme la ciclosporine et les contraceptifs oraux. L’implication d’un cyto-chrome P450, le CYP3A4, a été sus-pectée compte tenu de sa spécificité pour ces médicaments. L’expression de cette enzyme est augmentée par de nombreux xénobiotiques parmi lesquels des médicaments comme le phénobarbital ou la rifampicine. Cet antibiotique active la transcription du gène cyp3A4 en se liant et en acti-vant un récepteur récemment identi-fié appelé PXR (pour pregnane X

receptor). Un article récent montre qu’un composant de l’herbe de saint John, l’hyperforine, est capable de lier le PXR, d’augmenter les niveaux d’ARNm du CYP3A4 dans des hépa-tocytes en culture et d’activer le pro-moteur du gène cyp3A4 dans des expériences de transfection transi-toire [1]. Ces expériences suggèrent que le mécanisme par lequel l’« herbe de saint John » augmente le métabolisme des médicaments est une activation du PXR et de l’expres-sion du CYP3A4. L’utilisation conco-mitante d’herbes et de médicaments peut donc avoir des conséquences sérieuses en termes de pharmacoci-nétique, notamment pour des com-posés aussi importants que la ciclo-sporine. Les effets des herbes sur la santé demeurent un sujet d’actualité. [1. Moore LB, et al. Proc Natl Acad

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