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Les échanges commerciaux entre le Maroc et l Afrique Subsaharienne

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Academic year: 2022

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Les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique Subsaharienne

NACHOUI Imane

1er Prix de recherche de l’Economiste, catégorie Licence 2015 1er Prix de recherche de l’AMLOG, catégorie Master 2017

Facilitatrice certifiée en design et animation du contenu en ligne, LPI Performance Institut Résumé

Suite à la demande marocaine d’adhésion à la CEDEAO en Février 2017, différents chercheurs et organisations ont produit plusieurs études et rapports dans différentes disciplines, différents pays et domaines, montrant les avantages et les inconvénients, les opportunités et les risques, aussi bien pour le Maroc que pour les pays de la CEDEAO.

Cet article essaie de traiter la question de l’évolution des échanges commerciaux entre le Maroc et les l’Afrique subsaharienne en général et les pays de la CEDEAO en particulier de 2000 à 2018, aux niveaux des échanges globaux, des exportations et importations, par pays et par produits.

Parmi les résultats que nous avons dégagés :

• La part de l’Afrique subsaharienne dans la structure globale des échanges commerciaux du Maroc avec le reste du monde (Total import/export) est passée de 5,7 % en 2000 à 5,3 % en 2018, alors que la part de l’Afrique subsaharienne dans les exportations marocaines mondiales est passée de 5,3 % en 2000 à 7,8 % en 2018, quant à celle des importations elle est passée de 5,4 % en 2000 à 3,9 % en 2018, ce qui est jugé faible par rapport aux potentialités et opportunités de développement.

• L’évolution des échanges commerciaux formels de marchandises (Total import/export) entre Maroc et la CEDEAO dans le commerce extérieur de l’africain subsaharienne, a enregistré une augmentation de 13,0 % en 2000 à 42,1 % en 2017, alors que celle des exportations marocaines vers la CEDEAO est passée de 13,3 % en 2000 à 56,3 % en 2017, contrairement aux importations marocaines de la CEDFEAO qui ont passé de 12,8 % en 2000 à 10,6 % en 2017, ce qui est considéré insuffisant et qu’il faut les développer d’avantage au profit des deux côtés.

• En résumé, le Maroc est le 46ème partenaire commercial de la CEDEAO ; il est le 25ème fournisseur de la zone CEDEAO avec 0.7 % du commerce mondial en 2016; le 21ème fournisseur (hors pays CEDEAO) ; le sixième pays africain fournisseur de cette zone ; et le 2ème fournisseur africain de la zone (hors pays CEDEAO). (Ministère de l’économie et des finances et office des changes, les échanges Maroc – CEDEAO Cadre règlementaire et évolution des échanges extérieurs. p 7).

Mots clés : Maroc, Afrique Subsaharienne, CEDEAO, échanges commerciaux

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Abstract

Following the Moroccan application for membership in ECOWAS in February 2017, different researchers and organizations produced several studies and reports in different disciplines, different countries and fields, showing the advantages and disadvantages, opportunities and risks, both for Morocco and for for ECOWAS countries.

This article tries to address the question of the evolution of trade between Morocco and xountries of sub-Saharan Africa in general and the ECOWAS countries in particular from 2000 to 2018, in terms of global trade, exports and imports, by products.

Among the results we have identified:

• The share of sub-Saharan Africa in the overall structure of Morocco's trade with the rest of the world (Total import / export) switched from 5.7% in 2000 to 5.3% in 2018, while the share of Sub-Saharan Africa in world Moroccan exports rose from 5.3% in 2000 to 7.8% in 2018, as for imports it went from 5.4% in 2000 to 3.9% in 2018, this which is considered low in relation to the potential and opportunities for development.

• The evolution of formal merchandise trade (Total import / export) between Morocco and ECOWAS in sub-Saharan African foreign trade, recorded an increase of 13,0% in 2000 to 42.1% in 2017, while that of Moroccan exports to ECOWAS rose from 13.3% in 2000 to 56.3% in 2017, unlike Moroccan imports from ECOWAS which decreased from 12.8% in 2000 to 10.6% in 2017 which is considered insufficient and should be further developed for the benefit of both sides.

• In summary, Morocco is the 46th trading partner of ECOWAS; it is the 25th supplier to the ECOWAS zone with 0.7% of world trade in 2016; the 21st supplier (outside ECOWAS countries); the sixth African country supplier to this zone; and the 2nd African supplier in the area (excluding ECOWAS countries). (Ministry of Economy and Finance and Foreign Exchange Office, Morocco - ECOWAS trade Regulatory framework and development of foreign trade. P 7).

Keywords: Morocco, Sub-Saharan Africa, ECOWAS, trade Introduction

D’aucun ne peut contester les relations historiques entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne.

Ces relations qui durent depuis plus de mille ans concernent les domaines politiques, économiques, sociaux, religieux et bien d’autres. Certes ces relations ont connu des hauts et des bas selon les circonstances et les donnes géopolitiques et géostratégiques, en l’occurrence l’irruption des puissances occidentales en Afrique Subsaharienne depuis le XVème siècle, suivie des colonisations qui ont perturbé, voire rompu partiellement les relations du Maroc avec son continent africain, notamment au niveau des échanges commerciaux. Ces relations se sont reconsolidées et rétablies à l’ère des Indépendances et se renforcent encore plus à l’ère du Roi Mohamed VI, qui a demandé officiellement l’adhésion du Maroc à la CEDEAO le 27 Février 2017, acceptée en principe les 4 juin 2017 à Monrovia, en attendant la décision d’intégration finale, concrétisant par cela l’Agenda de l’Union africaine 2063.

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Cette demande a suscité des analyses, des études, voire des polémiques dans tous les pays concernés directement et même dans des pays qui ne sont pas concernés, également par des chercheurs et organisations régionales et internationales publiques et privées. C’est dans ce cadre que nous situons cet article qui reprend avec plus de détail, un sous chapitre de notre thèse de Doctorat, intitulé : Gouvernance et géopolitique de la logistique et les enjeux pour les développements humains et durables entre le Maroc et l’Afrique Subsaharienne: Cas du Maroc-Afrique de l’Ouest.

Cet article concerne plus précisément les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique Subsaharienne en général et la zone CEDEAO en particulier, qui font partie du modèle de développement marocain tourné vers l’Afrique Subsaharienne. Par cette contribution, nous voulons participer au débat soulevé depuis la demande marocaine d’adhésion à la CEDEAO et nous tentons d’apporter quelques éclairages pertinents sur les enjeux clés y afférents.

En effet, la demande marocaine d’adhésion à une organisation régionale africaine fait partie du rêve des pays africains depuis leurs indépendances, de construire un marché économique commun, qui passera d’abord par des intégrations régionales.

Pour le Maroc, une des meilleures façons de s’ouvrir à l’Afrique en général et à l’Afrique de l’Ouest en particulier, précisément aux pays de la CEDEAO, c’est de développer entre autres, les échanges commerciaux. Pour que ces échanges se développent, il est impératif de développer un système de transport performant, qui ne peut se mettre en place que si nous connaissons les potentialités économiques et la structure des échanges commerciaux inter et entra pays africains, et entre le Maroc et ces pays.

Pour dresser un bilan des potentialités, dégager les opportunités des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique Subsaharienne et les pays de la CEDEAO, il est impératif d’avoir des données chiffrées et des agrégats statistiques, de connaitre et examiner en profondeur avec une certaine précision la structure des échanges commerciaux de ces pays au niveau international, continental, régional, entra-régional et avec le Maroc.

En cherchant, nous avons constaté que ces statistiques sont éparses, différentes d’un pays à l’autre, voire contradictoires parfois d’une source à l’autre… En comparant les données des différentes statistiques des différentes sources, nous nous rendons compte de leurs incompatibilités, leurs incohérences,ce qui pose le problème de leurs fiabilités, d’où la réalité des informations sur les quelles doivent se baser surtout les acteurs économiques des différents Etats qui veulent pénétrer les marchés aussi bien du Maroc que des pays africains en général et de la CEDEAO, pour dresser leurs business plans.

A l’heure de l’actuelle mondialisation, de l’intelligence économico-territoriale et de la récente révolution technologique (Révolution 4.0), celui qui détient l’information, gagne des marchés et détient le pouvoir. Dans ce cas, nous nous gardons de ne pas se fier aux notions classiques de l’offre et la demande, mais tout d’abord, il faut bien se renseigner, chercher les justes informations, avoir une bonne connaissance des réalités politiques, des modes opératoires des transactions économiques, des comportements sociaux et bien d’autres, ce qui nous renvoie à la question de la gouvernance dans tous ses états.

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La pandémie Covid-19 apparue en Décembre 2019 en Chine qui s’est propagée au reste du monde, sous forme de vagues successives et jusqu’à ce mois de Janvier 2022, nous ne connaissons pas encore sa fin, nous oblige à nous limiter aux données statistiques relatives aux échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique Subsaharienne d’avant 2019.

I : Les échanges commerciaux : Théories et pratiques

Le commerce en général et le commerce international en particulier avaient joué et jouent toujours le rôle d’intermédiaire entre le monde de production et celui de la consommation, entre les Etats et les peuples, entre les entreprises et leurs marchés de l’amont à l’aval…. Les bonnes pratiques commerciales favorisent les rapprochements politiques, les complémentarités économiques, les convergences des politiques économiques, la consolidation des rapports humains et sociaux, l’émergence de modèles de développement, la durabilité des échanges et la coexistence pacifique.

Pour commercer, il faut des moyens de transport adaptables aux types de marchandises et des logistiques qui permettent de faciliter les échanges. Il faut entre autres, définir un cadre institutionnel en signant des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux, comme ceux conclus entre le Maroc et les huit pays membres de la zone CEDEAO à savoir : Le Nigéria ; La Côte d’Ivoire ; Le Sénégal ; Le Niger ; Le Burkina-Faso ; Le Mali ; Le Bénin ; La Guinée.

Avec son retour à l’UA et sa demande d’adhésion à la CEDEAO, le Maroc veut donner un nouveau souffle à ces échanges commerciaux, les organiser et les perdurer. Selon le Directeur de la Banque africaine, « Le Maroc ne souhaite pas seulement se positionner comme un simple partenaire commercial et acteur économique sur le continent, mais cherche avant tout à s’afficher en tant que Hub économique potentiel ». (Banque africaine de développement Analyse de la politique commerciale du Maroc Volume 2 : Impact de la politique tarifaire du Maroc sur sa position de hub à destination du reste de l’Afrique, p 8).

I.1 : L’importance des échanges commerciaux dans les pensées arabe et occidentale L’importance des échanges commerciaux et leurs logistiques dans la vie des Etats, des peuples et des entreprises n’est pas à démonter. Durant plus de mille ans, les différentes dynasties qui ont gouverné le Maroc et leurs homologues en Afrique de l’Ouest, ont établi des relations commerciales entre eux par le biais du commerce transsaharien. Ces relations commerciales ont été cité par certains auteurs qui ont décrit, au niveau théorique, avec plus ou moins de précision l’acte commercial et sa logistique, comme Al Bakri, Al-Idrisi , Al Zuhri , Ibn Said, Ibn Battouta et Ibn Khaldoun…, mais aussi des souverains qui ont développé des modèles de développement et des pratiques commerciales et logistiques au niveau opérationnel, comme Ahmed Al Mansour ou Sidi Mohamed Ben Abdellah…. (NACHOUI Imane, 2021 ).

Malheureusement, les chercheurs ont l’habitude de citer les grandes écoles et théories occidentales du commerce international et de la logistique, alors que la littérature arabo-

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musulmane est riche dans ces domaines. En effet, l’Islam exhorte les musulmans à faire le commerce, à faire preuve d’honnêteté et de sincérité dans les transactions commerciales.

Le Prophète Mohamed fut commerçant avant sa réception de la prophétie, accompagnait son oncle paternel, Abou Talib et s’occupait des échanges commerciaux entre Al Jazîra et Bilad Acchame au profit de Khadija…

A ce propos, le Prophète Mohamed a dit « Le commerçant sincère et honnête sera avec les Prophètes, les véridiques et les martyrs » (Rapporté par At-Tirmidhi et Al-Hakim et qualifié d’authentique par Al Albany dans Sahih At-Targhîb).

L’Islam classe le gain résultant du commerce parmi les meilleurs gains. En demandant au prophète quel gain était meilleur ? Il répondit : « Ce que l’homme acquiert par le travail de ses mains et tout commerce licite. » (Rapporté par Al-Hakim dans son Moustadrak).

Pour pratiquer le commerce, le musulman doit apprendre les règles du commerce et doit se soumettre à des règles pratiques et morales. Ce n’est pas simplement un conseil de bon sens ou une démarche logique, c’est une obligation totale et non négociable. Omar Ibn al Khattab a dit : “Que celui qui n’apprend pas les règles du commerce, nos marchés lui sont interdits.”

N’est-ce pas une école du commerce et de la logistique que les chercheurs arabes et musulmans doivent étudier en profondeur ?

Si nous nous référons au monde occidental, nous pouvons citer :

Montesquieu dans l’esprit des Lois disait : « Le commerce est la chose du monde la plus utile à l'Etat ». Joseph Chamberlain dans son Discours de Birmingham - 13 Novembre 1896 avait dit : “Le commerce est le plus grand de tous les intérêts politiques.”

Voltaire dans ses lettres philosophiques disait : “Le pays où le commerce est le plus libre sera toujours le plus riche et le plus florissant. »

L’anglais Walter Raleigh (1554-1618) écrivait dans son Histoire du monde : « Qui tient la mer tient le commerce du monde, qui tient le commerce tient la richesse, qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même. »

Guillaume-Thomas Raynal écrivait dans son Histoire philosophique et politique (1780) :

« C'est le commerce des peuples entre eux qui diminue leur férocité, comme c'est leur séparation qui la fait durer ». Sans trop tarder, nous citons Bernard Lassudrie-Duchêne qui disait: l’échange international est une « demande de différence », car « là où tout se révèle identique, il est inutile de rien échanger » (Lassudrie-Duchêne, 1971).

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I.2 : Les fondements du commerce international : Les principales théories modernes du commerce international

Tout le monde s’accorde sur le fait qu’aucun pays ou unité de production ne peut vivre en autarcie ou survivre sans commercer. De ce fait, les économistes considèrent et soutiennent généralement le commerce international comme un moteur de croissance qui ouvre des perspectives économiques, est susceptible de procurer certains bénéfices car il permet à un pays de tirer parti de ses avantages comparatifs, suscite la concurrence, améliore la compétitivité, augmente la participation et favorise l’inclusion.

Il reste à savoir comment participer au commerce, avec quels produits et moyens et dans quelles conditions, d’où l’importance du choix du modèle de développement, de la logistique et du mode de gouvernance pour réussir l’acte commercial.

Coté littérature, les économistes occidentaux ont produit une littérature abondante relative au commerce international. D’après leurs analyses, ils sont arrivés à distinguer entre plusieurs écoles, courants et théories du commerce international, dont les plus importants sont :

Les mercantilistes du XVIᵉ siècle jusqu'au milieu du XVIIIᵉ siècle en Europe, qui soutenaient la colonisation espagnole et portugaise du nouveau monde et du triomphe de la monarchie absolue. Pour que l’Etat puisse s’enrichir, il doit accumuler l’or en développant le commerce international avec les colonies, ce qui engendre du gain et permet au pays de dégager un excédent de sa balance commerciale.

Lors des révolutions industrielles du XVIIIe et XIXe siècles, un courant protectionniste s’est développé en Europe occidentale, sorte de politique économique interventionniste menée par un État ou un groupe d'États, consistant à protéger ses producteurs contre la concurrence des producteurs étrangers. Les mesures protectionnistes consistent essentiellement à freiner les importations et encourager les exportations au niveau des échanges commerciaux internationaux. (L'économiste Friedrich List (1789-1846) principal défenseur des bienfaits d'un « protectionnisme éducateur »).

Les théoriciens et théories du commerce international, aussi bien les classiques ou traditionnels, comme l'avantage absolu d'Adam Smith d’Adam Smith (1776) ; l'avantage comparatif de David Ricardo J. Stuart Mill ; de dotation dans les facteurs de production (Heckscher, Ohlin et Samuelson), que les modernes, comme Ohlin (1933), portant sur l’existence d’économie d’échelle ; Lerner (1932-1934) et Graham (1923), sur la structure du monopole Vernon (1961), ou Krugman et Brander (1979) sur la concurrence oligopolistique Krugman et Brander (1979). Tous ces auteurs observent que le commerce se fait principalement entre pays similaires et sur des produits similaires, d’où la nouvelle théorie du commerce international, qui introduit des explications fondées sur la concurrence imparfaite.

Paul Krugman, qui a travaillé sur « les effets des économies d'échelle sur les modèles du commerce international et la localisation de l'activité économique », est l’un des principaux auteurs de la nouvelle théorie du commerce international, qui repose sur le commerce intra-

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Concernant le monde sous développé, nous pouvons citer la théorie de l’échange inégal qui montre le poids et la participation des pays du tiers monde dans le commerce international (Samir Amine, l’échange inégal et la loi de la valeur, 1973).

C’est en rappelant ces différentes pensées et théories, que les décideurs et opérateurs marocains doivent établir leurs stratégies pour pénétrer le marché africain, en l’occurrence celui de la CEDEAO pour déterminer leurs parts de marché.

II: Les échanges commerciaux extérieurs du Maroc

Dans ce paragraphe, nous étudierons les échanges commerciaux extérieurs internationaux du Maroc ; Les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne ; les échanges commerciaux entre le Maroc et la CEDEAO ; les leviers des échanges commerciaux entre le Maroc et la CEDEAO ; les échanges commerciaux du Maroc avec la CEDEAO par pays ; les exportations : La répartition géographique des clients du Maroc au CEDEAO ; les importations ; La répartition géographique des fournisseurs du Maroc au CEDEAO ;

II.1 : Les échanges commerciaux extérieurs internationaux du Maroc

La valeur des échanges commerciaux formels des marchandises (total import/export) du Maroc avec le reste du monde est passée de 201.3 millions DH en 2000, à 590,3 millions DH en 2015 et à 632,9 3 millions DH en 2016 : à 686,9 millions DH en 2017 et à 756,2 millions DH en 2018. (Rapports l’Office des changes).

Quant aux exportations de marchandises (exprimées FAB), ils sont passées de 78.8 3 millions DH en 2000, passant de 248,8 3 millions DH en 2017 à 275,2 3 millions DH en 2018, progressant de 10,6% ou +26,3 3 millions DH

Quant aux importations (exprimées en CAF), elles sont passées de 122.5 millions DH en 2000 à 438,1millions DH en 2017, à 481 millions DH en 2018

Le déficit commercial marocain est structurellement déficitaire et se creuse continuellement d’année en année. En revanche, le taux de couverture des importations par les exportations s'améliore légèrement (Rapports de l’Office des changes, Commerce extérieur).

La part du Maroc sur le marché mondial, selon la valeur du commerce extérieur est passée de 0,09 % en 2000 ; 0.12 % en 2010 à 0,15% en 2018. (A partir du rapport économique et financier 2020 réalisé par le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration et l’Office des changes, rapport annuel 2018, commerce extérieur du Maroc).

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Tableau n°1 : Echanges commerciaux du Maroc avec le reste du monde en millions DH Export

(FAB)

Import (CAF)

Total Déficit Taux de couverture

Taux de pénétration⃰

2000 78.8 122.5 201.3 43.7 64.3 57.6

2001 80 667 124 718 205 385 44 051 64.67 2002 86 389 130 409 216 798 44.02 66.24 2003 83 887 136 071 219 958 52.184 61.64 2004 87 896 157 921 245 817 70.025 55.65 2005 99 265 184 379 283 644 85.114 53.83 2006 111 979 210 554 322 533 98.575 53.18 2007 119 474 258 308 377 782 138.834 46.25 2008 155 740 326 042 481 782 170.302 47.76 2009 113 020 263 982 377 002 150.982 42.8

2010 149.6 297.9 447.5 148.4 50.2 32.6

2011 173.9 358.0 531.9 184.1 48.6

2012 184.9 386.9 571.8 202 47.8

2013 185.4 383.7 569.1 198.3 48.3

2014 200.0 386.1 586.1 186.1 51.8 30.5

2015 218 372.2 590.2 154.2 58.6 32.8

2016 224 409.0 633.0 185 54.8 34.2

2017 248.8 438.1 686.9 189.3 56.8 35.1

2018 275.2 481 756.2 205.8 57.2 36.5

Source : Auteur d’après les rapports annuels de l’office des changes du Maroc et Annuaires du Maroc

⃰ Le taux de pénétration des importations se mesure par le rapport entre les importations et la demande interne (PIB +importations - exportations)

II.2 : Les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne

Ici, nous analyserons les développements des échanges commerciaux formels de marchandises entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne, depuis le début du troisième milliaire et les perspectives d’avenir. Mais tout d’abord, il faut souligner le problème des données statistiques publiées dans des rapports et des études qui traitent les échanges commerciaux du Maroc avec l’Afrique subsaharienne, qui posent des difficultés de traitement aux chercheurs et opérateurs.

Nous donnons deux exemples : Selon les rapports de l’office des changes marocain, la part de l’Afrique subsaharienne dans la structure globale des échanges commerciaux du Maroc avec le reste du monde est passée de 6.5 % en 2010 à 6.9 % en 2016, à 5.4 % en 2017 et à 5.3 % en 2018. Mais selon les données de la CNUCED, la part de l’Afrique Subsaharienne dans les flux commerciaux du Maroc est passée de 2.7% en 2012 à 4.2 % en 2015 à 3.8 % en 2016 ; à 3.5 % en 2017 et à 3.3 % en 2018.

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Dans tous les cas, les échanges commerciaux du Maroc avec l’Afrique subsaharienne sont faibles, n’ont jamais atteint les 10 % du total de son commerce extérieur, avec des fluctuations annuelles. (Voir tableau n°2).

Les exportations marocaines vers l’Afrique subsaharienne ont enregistré une amélioration de 2010 à 2016, et une diminution en 2017 et 2018 (2.4 % de 2017 à 2018). Le dit continent qui représentait 10 % en 2016, ne représente plus que 7,8% des exportations marocaines en 2018 et 7.7 % en 2019 (Voir tableau n°2)

En général, selon le rapport économique et financier 2020 réalisé par le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration révèle que les ventes à destination de l’Afrique subsaharienne ont augmenté (de 1,8% à 6,3%) de 2000 à 2018.

En outre, les importations marocaines depuis l’Afrique subsaharienne ont fortement augmenté de 2010 à 2015, ont diminué en 2016 et 2017 pour augmenter une autre fois fortement en 2018. Malgré cette hausse, elles ne représentaient que 3.9 % du total des importations marocaines. Ainsi, les importations marocaines de l’Afrique n’ont jamais atteint les 6 % du total de ses importations. (Tableau n°2).

La balance commerciale du Maroc avec l’Afrique subsaharienne qui était déficitaire en 2010, devenait excédentaire progressivement de 2015 à 2017en faveur du Maroc, malgré la baisse en 2018. En ce qui concerne les transactions avec l’Afrique, le taux de couverture continue son amélioration, basculant de 115,7 en 2015 à 146.3 en 2017, pour redescendre à 113.9 en 2018.

L’amélioration de 2016 et 2017 résulte de la consolidation des ventes des engrais naturels et chimiques.

Tableau n°2 : Echanges commerciaux du Maroc avec l’Afrique subsaharienne (Millions Dh)

Part des exportation s du Maroc vers l’Afrique subsaharie nne (valeur

% du total des exportation s

mondiales

Part des importations du Maroc de l’Afrique Subsaharien ne (valeur)

% des importations mondiales

Total

exportation/im portation Maroc/Afrique Subsaharienne (valeur)

% du total export/imp ort mondial

Taux de couvertu re

2000 4 533 5.3 7 018 5.4 11 551 5.73 -64.59

2001 4 009 5.0 6 809 5.5 10 818 5.26 -58.87

2002 4 723 5.5 6 945 5.3 11 668 5.38 -68.0

2003 4 333 5.2 6 739 5.0 11 072 5.03 -64.29

2004 4 650 5.3 6 791 4.3 11 441 4.65 -68.47

2005 5 070 5.1 10 287 5.6 15 357 5.41 -49.28

2006 6 639 5.9 11 515 5.5 18 154 5.62 -57.65

2007 7 256 6.1 16 042 6.2 23 298 6.16 -45.23

2008 7 899 5.07 17 389 5.33 25 288 5.24 -45.42

2009 9 419 8.3 13 716 5.19 23 135 6.13 -68.67

2010 10 783.5 7.2 17 587.2 5.9 28 370.7 6.5 -61.3

2015 21 391 9.8 18 488 5.0 39 879 6.8 +115.7

2016 22 486 10.0 15 816 3.9 38 302 6.9 +142.2

2017 22 094 8.9 15 100 3.5 37 194 5.4 +146.3

2018 21 574 7.8 18 935 3.9 40 509 5.3 +113.9

2019 21 600 7.7 17 900 3.6

Source : Auteur à partir des rapports annuels de l’office des changes du Maroc

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Cette faible part des échanges commerciaux du Maroc avec l’Afrique Subsaharienne le classe au 46ème partenaire commercial mondial, ce qui est loin de concurrencer les puissances étrangères en présence dans le continent est encore plus loin de menacer les échanges commerciaux intra-africains déjà très réduits. Justement, pour renforcer les échanges commerciaux intra-africains, l’apport du Maroc est véritablement souhaitable et qui doit s’améliorer.

Cette faiblesse des échanges entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne, par rapport à leur potentiel, peut être attribuée à plusieurs facteurs qui relèvent principalement de la domination des rapports politiques économiques et sociales entre les pays africains et les anciens colonisateurs, la déficience des infrastructures et moyens de transport à l’international et à l’intérieur des pays africains, (manque de lignes maritimes et de liaisons terrestres ou ferroviaires, notamment) qui occasionne des surcoûts, qui pèsent lourdement sur le volume des échanges commerciaux ; les orientations vers l’exportation des produits agricoles et miniers bruts, la faible industrie de transformation et la production manufacturière ; l’insuffisance de diversification, de sophistication et de complexité des produits exportés et de leur inadaptation à la demande; le faible dynamisme du partenariat et l’absence de cadres adaptés de coopération commerciale renforcée (zone de libre-échange Maroc-Pays d’Afrique subsaharienne, accord de partenariat économique, etc.), la démocratie et la mauvaise gouvernance ; le sous-développement dans tous ces états qui empêchent l’Afrique de réaliser son plein potentiel de croissance économique, son pouvoir concurrentiel sur les marchés mondiaux et l’atteinte de ses objectifs de développement, notamment la réduction de la pauvreté.

II.3 : La ZLECA et les politiques tarifaires entre le Maroc et l’Afrique Subsaharienne Tout d’abord, il faut souligner que le développement des échanges commerciaux est soumis entre autres aux politiques tarifaires menées par les pays, dans des cadres bilatéraux ou multilatéraux. Dans le cas du Maroc et des pays africains, depuis de le début du troisième millénaire, les produits de ces derniers sont soumis à des taux supérieurs aux droits de douane appliqués sur les produits européens, américains et méditerranéens et, ceci, quelle que soit la catégorie de biens. Quant aux tarifs des pays africains appliqués aux importations depuis le Maroc sont, en moyenne, de 3 ou 4 points de pourcentage supérieurs aux tarifs appliqués aux importations européennes ou américaines. Cet élément à lui seul défavorise le développement des échanges commerciaux entre le Maroc et les pays de l’Afrique subsaharienne.

L’entrée en application de la ZLECA pourrait résoudre ce problème, qui favoriserait les zones de libre-échange, en conformité avec les Objectifs de développement durable (ODD), favorisant un système commercial multilatéral équitable sous l'égide de l'OMC (cible 17.10), augmentant les exportations des pays en développement (cible 17.11) et améliorant la capacité des pays les moins développés à accéder aux marchés d'exportation (cible 17.12). (Programme de Doha pour le développement (PDD) de l'OMC).

Dans ce cadre, nous rejoignons les arguments avancés par les économistes en faveur du commerce international des produits. Ces arguments peuvent être regroupés en trois grandes catégories en fonction des critères sur lesquels ils reposent; à savoir: (i) l’augmentation induite par le commerce du montant total de biens et de services disponibles pour la population du pays (thèse de l’accroissement de la consommation); (ii) la diversité de biens et

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diversification); et (iii) la stabilité de l’offre et des prix des biens et services qui résulte du commerce (thèse de la stabilité).

III : Le Maroc et les pays de la CEDEAO

Après une présentation générale du Maroc et des pays de la CEDEAO, nous étudierons avec plus de détails les échanges commerciaux intra-CEDEAO et entre le Maroc et les pays de la CEDEAO, sous différentes formes.

III.1 : Présentation générale du Maroc et CEDEAO

Les 15 pays qui constituent la CEDEAO se trouvent en Afrique de l’Ouest, s’étendent sur une superficie de 5 115 577 Km2, ce qui représente 16,81 % de la superficie africaine, avec 383 962 000 d’habitants (2019), ce qui représente 29,53 % de la population africaine, avec un PIB de 654.948 Milliards de $ en 2018.

Carte n°1 : Position géographique du Maroc et les pays de la CEDEAO

En rajoutant le Maroc (710 850 Km2), à ces 15 pays, cela donne une superficie de 5 826 427 Km2 (19.15% de la superficie africaine), une population de 33 848 242 (RGPH 2014), cela donne 419 862 000 (32,29% de la population africaine) avec un PIB nominal marocain de 109 820 Milliards USD en 2018, cela donne plus 764.768 Milliards USD en 2018.

Le Pib de la CEDEAO positionne la communauté à la 21ème place dans le classement des économies mondiales et en rajoutant le Maroc, elle se positionne au 18ème rang mondial en 2018.

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Mais, au-delà de ces données globales, il y a une grande hétérogénéité et de grandes disparités entre les pays composant la CEDEAO sur tous les niveaux.

Au niveau de la superficie, le Mali et le Niger dépassent chacun le million de Km2, le Nigéria s’approche du million. Les trois pays représentent 67 % de la superficie totale de la CEDEAO. En bas de l’échelle, on trouve des petits Etats comme la Gambie et le Cap Vert qui s’étendent respectivement sur de 11 295Km2 et 4 033 Km2.

Au niveau du nombre de la population, l’écart est énorme entre le Nigeria qui dépasse les 200 millions d’habitants (53 % du total de la population du CEDEAO) et les petits Etats de moins de 10 millions d’habitants comme le Togo, Libéria, sierra Léone, ou encore la Gambie de 2 millions d’habitants et le Cap Vert de 500 milles habitants.(Voir tableau n°1 ).

Au niveau de l’accroissement annuel de la population totale de la CEDEAO, en 2011, ce nombre était 309.8 Millions, évoluant à 318.8 en 2012 ; à 328 en 2013 ; 337.2 en 2014 ; 346.7 en 2015 ; 356.3 en 2016 et 384 en 2018. D’après ces chiffres, nous constatons une natalité galopante, ou chaque année la CEDEAO gagne autour de 10 Millions d’habitants de plus, ce qui génère des problèmes d’habitat, de scolarité, de chômage et bien d’autres problèmes socio-économiques en général et particuliers selon chaque pays.

Selon les projections du département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (l’UNDESA), la population totale de la CEDEAO atteindra les 490 millions en 2030 et 737 millions en 2050. Le Nigéria à elle seule verra sa population évoluer à 258 millions en 2030 et à 390 millions en 2050. Ainsi, les pays de la CEDEAO seront confrontés sérieusement au défi démographique et ses conséquences.

Au niveau du PIB, selon les données de la Banque Mondiale de 2018, la différence est très importante entre le Nigéria qui atteint presque les 500 Milliards de $ (74.8 % du PIB de la CEDEAO) et les 8 petits Etats qui n’atteignent pas les 10 Milliards (Burkina Faso, Cap Vert, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Niger, Sierra Léone et Togo) et la Gambie de moins d’un milliard de USD (Voir tableau n°1).

La croissance économique de la CEDEAO est tirée essentiellement par le Nigeria, la plus grande économie de la communauté, qui représentait, en 2018, près de 75 % du PIB combiné, et était suivie de très loin par le Ghana (6,51 %) et la Côte d’Ivoire (5,55 %). Si on rajoute le Maroc, il sera la deuxième puissance économique, représentant 14.35 % du PIB du total Maroc/CEDEAO (voir tableau n°3 )

Selon le PIB (PPA) par habitant ($ internationaux courants), il existe également de grandes différences entre les États membres en ce qui concerne le niveau de développement. L’Etat insulaire le plus petit de la CEDEAO en superficie et population, a le plus haut PIB par habitant, suivi du Nigéria, mais si on ajoute le Maroc, il occupera la première place (voir tableau n° 3).

Au niveau de la part de la valeur du commerce extérieur du Maroc sur le marché mondial,

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ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration et l’Office des changes, rapport annuel 2018, commerce extérieur du Maroc) et la part de l’ensemble Maroc- CEDEAO dans les échanges commerciaux mondiaux représente 1.25 % en 2018.

Au niveau de la position géographique, trois pays de la CEDEAO sont enclavés (Mali, Niger et Burkina Faso) ne disposent pas de frange maritime et dépendent totalement dans leurs échanges extérieurs des couloirs vers les pays du Sénégal, cote d’Ivoire et Bénin. Les îles du Cap Vert sont loin de la côte africaine de plus de 400 Km, ce qui augmente considérablement les coûts du transport maritime, d’autant plus le nombre très réduit de la population de ce pays ne permet pas le développement d’une économie d’échelle, reste le tourisme international qui peut participer au développement du Cap Vert et son ancrage au Portugal. Les autres pays côtiers disposent de franges maritimes réduites (Gambie et Togo de moins de 100 Km de côte), ce qui pose des litiges frontaliers entre la plupart de ces pays. Ajoutons à cela, la piraterie maritime, surtout au Golf du Guinée et les insuffisances des infrastructures portuaires et la domination des compagnies de transport maritimes et logistiques étrangères…,

Selon le calcul de Benoît Mandelbrot, la longueur des côtes de 11 pays côtiers de la CEDEAO (sans le Cap Ver insulaire, le Mali, le Niger et Burkina Faso enclavés), s’évalue à 4346 Km, avec le Nigéria en tête (853 Km) et en dernière position la Gambie (80 Km et le Togo (56 Km). (Benoît Mandelbrot, 1967).

Reste le Maroc avec ses 3700 Km de côtes, donnant sur la Méditerranée et l’Atlantique, ce qui représente lui seul, 41% de l’ensemble des côtes marocaines et du CEDEAO, d’autant plus qu’il se positionne sur la première autoroute maritime Est-Ouest et dispose du premier Port de transbordement en Afrique (Tanger Med), ce qui n’est pas le cas des côtes de la CEDEAO qui ne sont pas sur une route maritime internationale majeure, ne sont pas équipées de ports internationaux , insuffisamment connectés et peu attractifs, mauvaisement reliés aux arrières pays…, ce qui défavorise le développement du transport maritime international et la compétitivité logistique import-export, déjà sous développée.

Enfin, l’adhésion du Maroc à la CEDEAO demande de faire des concessions et fournir des efforts de toutes les parties prenantes afin d’inscrire son adhésion, non comme un simple élargissement de la communauté, mais comme un approfondissement et un renforcement de l’unité africaine.

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Tableau n°3 : Données générales (2018) Pays Superficie

(km ²)

Population (en milliers)

PIB (en

Milliards de $)

PIB (PPA) (en millions de $)

PIB (PPA) par habitant ($) Bénin

2018

114 763 11 340 10,34 23 567 2 168

Burkina Faso 2018

274 400 19 742 14.4 33 023 1 771

Cap Vert 4 033 540 1. 617 3 535 6 551

Cote d’Ivoire

322 462 26 260 36. 373 87 519 3 693

Gambie 11 295 2 092 0.965 3 418 1 677

Ghana 238 537 30 280 42. 690 121 076 4 292

Guinée 245 836 12 396 8 .200 24 375 1 966

Guinée Bissau

36 125 1 833 1. 450 2 921 1 609

Libéria 111 369 4 614 2. 101 3 750 813

Mali 1 240 192 19 995 15.100 38 252 2 126

Maroc 2017

710 850 34 315 109,82 298,53 8 567

Niger 1 267 000 20 673 7. 528 20 388 986

Nigéria 923 768 203 500 490 200 1 090 102 5 861

Sénégal 196 712 16 209 14. 684 39 548 2 566

Sierra Leone 72 300 6 312 4. 000 10 918 1 476

Togo 56 785 8 176 5. 300 11 338 1 491

Total CEDEAO

5 115 577 383 962 654. 948 1 513 730 4 230 T.CEDEAO/

Maroc

5 826 427 419 862 764.768 256 556 2 198

Source : Auteur à partir de différentes sources

En perspective, la plupart des études prospectives avancent qu’après l’Europe du XIXème siècle, des Etats Unis du XXème, le tour à l’Asie du XXIème siècle, et à l’Afrique du XXIIème siècle ? Quel rang occupera le Maroc et l’Afrique de l’Ouest dans ces enjeux géopolitiques à l’international et africain?

III.2 : Cadre réglementaire des échanges commerciaux intra-CEDEAO

Depuis la signature du Traité de Lagos le 28 Mai 1975, le cadre réglementaire des échanges commerciaux intra-CEDEAO n’a cessé d’évoluer. En 2000, la CEDEAO est déclarée zone de libre-échange., entrée réellement en application en janvier 2003, date à laquelle le sommet de la CEDEAO a adopté un nouveau plan de libéralisation du commerce dont les règlements devaient être appliqués en totalité par les États, prévoyant en matière d’actions le développement des échanges économiques extérieurs entre les Etats membres.

L’objectif de la CEDEAO, tel qu’il est stipulé dans les articles 3 ; 51 ; 53 et 55 de son traité, l’engagement des dits Etats à :

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• Lever les restrictions en matière de libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux entre les Etats Membres ;

• Veiller, en matière de libre circulation des capitaux d’une part, à ce que les ressortissants d'un Etat membre aient la possibilité d'acquérir des valeurs d’autres Etats membres et d’autre part, à mettre en place un mécanisme permettant une large diffusion dans les Etats membres des cotations en bourse de chaque Etat membre. Au niveau de la règlementation des changes le traité couvre les trois volets suivants, les opérations courantes, les opérations en capital des non-résidents et les opérations en capital des résidents.

• Promouvoir la coopération et l’intégration dans la perspective d’une Union économique de l’Afrique de l’Ouest en vue d’améliorer le niveau de vie de ses citoyens et de maintenir et d’accroître la stabilité économique. La Communauté entend poursuivre ces objectifs, à travers, notamment :

• L’harmonisation et la coordination des politiques nationales et la promotion de programmes et de projets dans les différents domaines (agriculture, industrie, transports, communications, énergie, finances, fiscalité, éducation, santé, justice, etc) ;

• La création d’un marché commun à travers la libéralisation des échanges par l’élimination entre les Etats membres, des droits de douane et des barrières non tarifaires en vue de la création d’une Zone de Libre Échange au niveau de la Communauté et l’établissement d’un Tarif Extérieur Commun (TEC) et d’une politique commerciale commune à l’égard des pays tiers ;

• La suppression entre les Etats membres des obstacles à la libre circulation des personnes et des capitaux ainsi qu’aux droits de résidence et d’établissement.

• La création d’une Union monétaire ;

• L’harmonisation des codes nationaux des investissements aboutissant à l’adoption d’un code communautaire unique des investissements.

Après 42 ans d’existence, la CEDEAO a enregistré d’importants progrès dans la mise en œuvre des chantiers majeurs de l’intégration régionale. S’agissant de l’objectif de création d’un marché commun régional, les acquis obtenus portent sur la création d’une zone de libre- échange avec la mise en place depuis 1979 d’un Schéma de Libéralisation des Echanges (SLE) , ainsi que l’entrée en vigueur ,en janvier 2015, du Tarif Extérieur Commun (TEC- CEDEAO) qui constitue une avancée significative dans la création de l’union douanière.

L’instrument mis en place pour promouvoir l’intégration économique et la mise en place effective de la zone de libre-échange au niveau de la CEDEAO est le Schéma de Libéralisation des Echanges (SLE).

Le mécanisme du SLE assure la libre circulation des marchandises dans l’espace CEDEAO et réduit les nombreuses formalités administratives aux frontières. Le SLE a été mis en place en

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1979 pour assurer la libre circulation des produits agricoles et des objets de l’artisanat faits à la main. Avec l’élargissement du SLE aux produits industriels en 1990, il s’est avéré nécessaire de définir des règles relatives à la notion de « produits originaires » de la CEDEAO. (Voir Protocole A/P1/1/03 de la CEDEAO en date du 31 janvier 2003).

I1I.3: Poids des échanges commerciaux de la CEDEAO dans le monde

D’une façon générale, les échanges commerciaux dépendent en premier lieu des potentialités économiques des Etats concernés, de leurs localisations géographiques, ainsi que des infrastructures du transport et leurs variables logistiques. En second lieu de l’environnement politique, juridique et les comportements des agents socio-économiques des dits pays.

En valeur, le commerce extérieur formel des marchandises (somme des exportations et des importations) de la zone CEDEAO avec le reste du monde a évolué de 45,3 milliards de dollars (MM$) en 2000 à 190 milliards de $ en 2015, pour retomber à 144,4 MM$ en 2016. Si cette évolution positive a été multipliée par quatre, néanmoins, elle ne représente que 1.12 % en 2015 et 1,1% en 2016 du commerce mondial, ce qui est jugé insignifiant pour une région qui forme 10% de la superficie mondiale et 5 % de la population mondiale.

Les exportations de la CEDEAO au reste du monde ont connu une progression, passant de 27,3 MM$ en 2000 à un pic de 153.6 MM$ en 2011, avant de s’inscrire dans une tendance baissière et s’établir à 90,9 milliards de $ en 2015 et à 65,5 MM$ en 2016.

Ces exportations de la communauté ont représenté 0,53 % en 2015 et 0.5 % en 2016 de la valeur totale des exportations mondiales.

Quant aux importations mondiales de la CEDEAO, elles ont connu une progression plus importante, passant de 18 milliards de dollars en 2000 à 98,1 milliards de $ en 2015, et à 78.9 milliards de dollars en 2016.

Ces importations représentaient alors 0,59 % en 2015 et 0.6 % en 2016 de la valeur totale des importations mondiales.

Les importations mondiales de la CEDEAO ont évolué de 18 milliards dollars en 2000 à 102.9 milliards en 2011, avant de baisser à 77.2 en 2012 pour se redresser de 2013 à 2015 (98,1 milliards de $ en 2015, et une nouvelle baisse en 2016 à 78,8 milliards.

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Tableau n°4 : Evolution de la part de la CEDEAO du commerce international de marchandises

Valeur en MM$ Part en % 2000 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2015 2016 Exportation de

marchandises (commerce général)

27.3 153.6 171.3 118.9 130.0 90.9 67.2 0.53 0.5

Importation de marchandises (commerce général)

18 102.9 77.2 88.6 92.4 98.1 78.9 0.59 0.60

Commerce total (export+

import)

45.3 256.5 248.5 207.5 222.3 190 144.4 1.12 1.1

Balance commerciale de

marchandises

9.3 50.7 94.1 30.3 37.6 -7.2 -13.4

Source : Auteur d’après Base Regionale Eurotrace de la Commission de la CEDEAO

Constat 1 : de 2000 à 2014, la CEDEAO est passée d’une communauté plus exportatrice à plus importatrice à partir de 2015.

Constat 2 : depuis 2000, cette région s’est caractérisée par une balance commerciale excédentaire jusqu’en 2014, avant d’enregistrer un déficit de -7.2 en 2015 et -13.4 milliards dollars en 2016. (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement et Banque africaine de développement : Intégration régionale et mesures non tarifaires au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) 52 p UNCTAD/DITC/TAB/2018/1)

Constat 3 : Les augmentations importantes des exportations et importations de la CEDEAO de 2000 à 2010 et leurs régressions de 2011 à 2016, nous font savoir la net dépendance de la CEDEAO au marché mondial dominant.

Constat 4 : La croissance de la première décennie et rapidement suivie d’un ralenti, voire de crise de croissance dans la deuxième décennie du XXIème siècle.

Conclusion : Ces variables et bien d’autres, classent les pays de la CEDEAO dans la tranche des derniers rangs au niveau mondial, ce qui explique les faiblesses des échanges commerciaux des pays de la CEDEAO avec le reste du monde et leur sous intégration à la chaîne de valeur mondiale.

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III.4: Répartition géographique des échanges commerciaux de la CEDEAO avec le reste du monde

En analysant le profil des échanges commerciaux de la CEDEAO, par partenaire, le tableau suivant fait ressortir la chute continue des exportations mondiales de la CEDEAO de 171.3 MM$ en 2012 à 67.2 MM$ en 2016 et le maintien des importations au presque même niveau, malgré les petites fluctuations d’une année à l’autre. (Voir tableau n°5)

Que cette zone réalise en moyenne 67.2 % de ses exportations de marchandises vers 10 pays essentiellement en 2012, fluctuant d’une année à l’autre, pour s’établir à 97.5 % en 2016, et réalise en moyenne 61.12 % de ses importations de ses 10 premiers partenaires en 2012 et que ce taux atteint 70.7 % en 2016 (voir tableau n° )

Tableau n°5 : Evolution des parts des 10 premiers pays clients de la CEDEAO dans le total du commerce international de marchandise de la CEDEAO

2012 % 2013 % 2014 % 2015 % 2016 %

Total monde

Export 171.3 118.9 130.0 90.9 67.186

Import 77.2 88.6 92.4 98.1 78.9

Total 248.5 207.5 222.3 190 144.4

Total 10 pays

Export 115.122 67.20 90.423 76.0 85.696 65.92 54.789 60.27 65.5 97.5 Import 47.188 61.12 51.92 51.92 55.36 59.91 48.789 49.73 55.785 70.7 Total 162.31 65.31 142.343 58.60 141.056 63.45 103.578 54.51 122.971 85.15

Source : Auteur d’après Base Regionale Eurotrace de la Commission de la CEDEAO

Les 10 pays sont : L’Inde, les Pays Bas, l’Espagne, la France, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Suisse, les Etats Unis, la Chine et l’Allemagne.

Le total import/export de la CEDEAO avec 10 pays fluctue d’une année à une autre : Sur 5 ans, ce total est passé de 65.31 % en 2012 ; à descendu à 58.6 % en 2013, pour remonter à 63.45 % en 2014, une nouvelle chute à 54.5 % en 2015 et une importante remontée à 85.15 % en 2016. Cela montre la dépendance à l’extérieur.

La CEDEAO commerce à raison des 2/3 avec 10 pays, que sont : L’Inde, Pays bas, Espagne, France, Brésil, Afrique du Sud, Suisse, Etats Unis, Chine et Royaume Uni.

Cette structure commerciale laisse une marge mince au Maroc qui doit faire face à une très forte concurrence des pays européens (France, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni), des Amériques (Brésil et Etats-Unis) et de l’Asie (Inde et Chine), dont les montants des exportations sont de loin supérieurs à ceux du Maroc. « Cet état de chose pourrait être associé à plusieurs raisons telles que l’ancienneté du partenariat qui lie ces différents pays à l’Afrique subsaharienne, à leur influence sur le marché mondial et à la compétitivité (prix et qualité) de leurs produits »

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Tableau n°6 : Principaux partenaires à l’exportation, valeur (milliards de USD)

2011 2012 2013 2014 2015 2016 Part %

2016 Inde 14.414 17.128 17.806 17.113 15.181 15.353 23.36 Pays Bas 4.873 11.613 11.411 12.790 6.186 8.497 12.93

Espagne 7.859 7.459 7.096 8.180 4.131 7.158 10.89

Brésil 10.814 10.227 8.483 8.493 5.749 6.736 10.25 Afrique du

Sud

8.075 11.229 7.805 6.414 5.245 5.905 8.98

France 10.633 8.853 8.036 8.529 4.116 5.519 8.40

Etats Unis 30.245 25.244 16.942 9.974 5.043 4.673 7.11 Royaume

Uni

8.451 9.781 5.335 6.199 2.663 4.339 6.60

Suisse 3.979 4.049 3.732 3.599 4.195 3.842 5.84

Chine 3.432 9.539 3.777 4.405 2.280 3.687 5.61

Total 94.700 115.122 90.423 85.696 54.789 65.7 100 Source à partir des données de l’UNCTAD stat

En termes de marchés à l’export, par pays, les Etats Unis qui étaient le premier pays partenaire en 2011 est recalé au 7ème rang mondial en 2016, voyant la valeur de ses importations de la CEDEAO s’effondrer de 30.245 en 2011 à 4.673 milliards USD en 2016.

L’Inde est devenue la première destination des exportations de la CEDEAO avec une part de 23.36 % en 2016, suivie des Pays Bas (12.93 %) l’Espagne (10.89 %) en 2016. La France principale ancienne puissance coloniale dans la région a vu sa part se réduire du double de 2011 à 2016 (10.633 en 2011 et 5.519 milliards USD en 2016), occupant ainsi le rang du 6ème partenaire de la CEDEAO avec une part de 8.4 % de ses exportations mondiales.

Les 5 pays de l’Europe de l’Ouest (le Pays Bas, l’Espagne, la France, la Suisse et le Royaume Uni départagent 44.66 % des exportations de la CEDEAO en 2016 (Tableau n° 6).

Il faut retenir la présence de l’Afrique du Sud parmi les 10 premiers partenaires de la région, en occupant la 5ème place, avec près de 8.98 % (Tableau n°6)

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Tableau n°7 : Principaux partenaires à l’importation (millions de USD)

2011 2012 2013 2014 2015 2016 Part %

2016 Chine 14.686 13.410 16.246 17.724 16.937 19.776 35.45 Etats Unis 14.147 7.825 6.697 7.366 5.646 6.505 11.66

Inde 3.781 4.998 4.791 5.869 4.780 5.293 9.48

France 6.624 4.715 5.439 5.074 4.343 5.138 9.21

Belgique 3.688 3.103 4.285 4.923 3.562 3.923 7.03

Pays Bas 4.020 2.320 2.245 2.265 2.902 3.471 6.22

Royaume Uni 3.700 4.469 3.838 3.227 2.883 3.396 6.08

Allemagne 4.803 3.236 3.511 3.396 3.393 3.300 5.91

Afrique du Sud

2.032 1.825 2.739 2.860 2.330 2.643 4.73

Espagne 1.897 1.287 2.129 2.656 2.013 2.340 4.19

Total 59.378 47.188 51.92 55.36 48.789 55.785 100

Source à partir des données de l’UNCTAD stat

Si la Chine est la 10ème importatrice de la CEDEAO, elle est la 1ème exportatrice vers la CEDEAO, important 3.687, et exportant 19.776 milliards de $ en 2016, enregistrant ainsi un excédent de 16 milliards de $.

Par ces performances, la Chine qui est devenue la première partenaire de la CEDEAO, voit sa part augmentée rapidement de 14.3 % en 2011 à 25 % des importations de la sous-région en 2016.

An niveau des 10 premiers partenaires de la CEDEAO, les importations de la CEDEAO proviennent essentiellement de la Chine qui est devenue le premier fournisseur de la Communauté avec une part de 35.45 %, suivie des États-Unis (11.66 %), de l’Inde (9.48 %), de la France (9.21 %) en 2016. Les 6 pays de l’Europe de l’Ouest qui départageaient 41.65 % en 2011, voient leur part descendre à 37.64 % de leurs exportations vers la CEDEAO en 2016. Ainsi, la part des 6 premiers partenaires européens n’a évolué que lentement, contre une rapide progression de la Chine qui voit sa part égalée presque la part des 6 pays européens.

Notons la régression de plus du double de la part des Etats Unis de 2011 à 2016 (voir tableau n°7). Enfin, ces 10 premiers partenaires contrôlent progressivement 61.12 % en 2012 ; 51.92

% en 2013 ; 59.9 % en 2014 ; 49.7 % en 2015 et 70.7 % en 2016 des importations de la CEDEAO dans ses échanges mondiaux.

IV : Structure des échanges commerciaux intra-CEDEAO par pays et produits

Les échanges commerciaux formels de marchandises entre les pays de la CEDEAO varient d’un pays à l’autre, connaissent des variations temporelles et spatiales selon les conjonctures internes et externes.

Dans cette structure commerciale, le Nigéria est de loin le premier pays importateur et

(21)

IV.1 : Evolution du commerce intra CEDEAO en % du total du commerce international

Si du début des indépendances jusqu’aux années 1970, les échanges commerciaux intra pays CEDAO étaient dérisoires, enregistrant moins de 3 % d’évolution. Depuis la signature du Traité de Lagos le 28 Mai 1975, ils ont connu une évolution substantielle jusqu’à l’an 2000, date de la déclaration de la zone de libre-échange., entrée réellement en application en janvier 2003, enregistrant une évolution moyenne de 10 %, mais depuis, cette évolution s’est ralenti.

Cela montre la faible intégration régionale et la dépendance presque totale à l’extérieur.

Tableau n°8 : Evolution du commerce intra CEDEAO en % du total du commerce international

Exportations Importations Moyenne import/export

1970 3.0 2.8 2.9

1980 10.7 12.8 11.7

1990 8.7 12.0 10.3

2000 8.3 11.7 10.0

2010 9.3 9.5 9.4

2014 8.4 9.8 9.1

2015 10.6 7.8 9.2

Source ; Auteur à partir des données de la direction des statistiques du commerce (FMI) IV.2 : Structure des exportations et importations marchandises formelles des pays de la CEDEAO

Selon l’étude du Ministère marocain de l’économie et des finances, Mai 2018, les exportations de la CEDEAO par pays ont enregistré une évolution continue de 2000 à 2008, année de la crise financière mondiale, un fléchissement en 2009, une reprise jusqu’en 2012 et un deuxième fléchissement un peu long de 2012 à 2016. Au sein de la CEDEAO, en moyenne annuelle sur la période 2010-2016, nous constatons la domination très importante du Nigéria qui accapare lui seul plus de 71 % des exportations de la CEDEAO, suivi de loin du Ghana avec une part de 9,3% et de la Côte d’Ivoire (8%). (Graphique n°1)

(22)

Graphique n°1 : Principaux pays exportateurs de la CEDEAO

Source : Ministère de l’économie et des finances, Mai 2018

Le même constat s’observe au niveau des importations. Augmentation continue de 2000 à 2008, fléchissement en 2009, reprise de 2010 à 2014 et un second fléchissement en 2015/2016. Le Nigéria occupe la première position en matière d’importation, accaparant à lui seul 54% des importations totales de la communauté en moyenne sur la période 2010-2016, suivi de loin par le Ghana avec 14%, de la Côte d’Ivoire (8%) et du Sénégal (6%).

(Graphique n°2)

Graphique n°2 : Principaux pays importateurs de la CEDEAO

Source : Ministère de l’économie et des finances, Mai 2018

(23)

Il parait de ces données qu’il y a 4 à 5 pays qui monopolisent les échanges commerciaux de la CEDEAO à raison de plus de 80 % total import/export. (Nigéria à lui seul accapare plus de 2/3 à ¾, suivi de très loin par le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal…).

Cette situation est mauvaise pour le Maroc qui doit traiter avec le Nigéria qui s’oppose à son adhésion, mais bonne pour le poids relativement important de ses partenaires traditionnels comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Le Nigéria exporte essentiellement vers l’UE, l’Inde, les États-Unis, l’Afrique du Sud, le Brésil et les pays de la CEDEAO. Ses principaux fournisseurs sont l’UE, la Chine, les États- Unis et l’Inde.

Dans ce marché que le Maroc veut intégrer et veut développer ses échanges commerciaux, notamment ses exportations, il se classe au 46ème partenaire commercial avec la CEDEAO, avec un volume des échanges inférieur à 1 milliard de dollars par an, soit moins de 4 % des exportations marocaines et moins de 2 % de son commerce mondial. (CEDEAO ?, Octobre 2017,p 16), alors que certains pays de la CEDEAO, comme la Guinée et le Sénégal bénéficient d'un accès préférentiel spécifique du marché, de portée partielle, accordée par le Maroc, qui applique également un traitement préférentiel pour les pays les moins avancés (PMA) à tous les autres pays de la CEDEAO, à l'exception du Nigeria.

Si les échanges commerciaux des pays de la CEDEAO sont monopolisés par une poignée de pays européens et asiatiques, (Le Nigéria exporte essentiellement vers l’UE, l’Inde, les États- Unis, l’Afrique du Sud, le Brésil et les pays de la CEDEAO. Ses principaux fournisseurs sont l’UE, la Chine, les États-Unis et l’Inde) laissant peu d’opportunités au Maroc qui n’a pas les capacités de les concurrencer, il faut voir la réalité des échanges commerciaux par produits qui peuvent être plus importants pour le Maroc, lui permettant de déterminer son positionnement sur le marché des différents pays de la CEDEAO et d’accrocher des parts de marché.

IV.3 : Structure des échanges commerciaux des pays de la CEDEAO par produit

Au niveau du commerce international, la structure des exportations de la CEDEAO est plutôt concentrée, dominée par les produits naturels d’origine énergétique, minière et alimentaire.

En effet, les principaux produits à l’export sont les huiles brutes de pétrole ou minéraux bitumineux (61% des exportations totales de la zone en moyenne de la période 2010-2016), suivis par l’or (8%), le gaz naturel liquéfié (7%), le cacao (6%), le coton (1%) et les fruits (1%). (DEPF 2018 ).

(24)

Graphique n°3 : Principaux produits exportés par la CEDEAO

Source : Ministère de l’économie et des finances, Mai 2018

Contrairement aux exportations, les importations de la CEDEAO se caractérisent par une structure plus diversifiée, avec principalement des huiles de pétrole ou minéraux bitumineux (11,5%), des véhicules automobiles (4,6%), du riz (3,2%), des équipements de télécommunication (2,8%), des navires, bateaux et engins flottants (2,8%), du froment et méteil (2,5%), des médicaments (2%) et des poissons (1,8%) des importations totales. (DEPF, Mai 2018).

IV.4 : Evolution du commerce intracommunautaire de marchandises

De 2011 à 2016, nous constatons :

• La faiblesse des échanges commerciaux intracommunautaires n’atteignent pas les 25 milliards d’USD (total import/export), ce qui représente moins de 10 % des échanges commerciaux de marchandise de la CEDEAO avec le reste du monde.

• Que ces échanges ont diminué en valeur de 2011 à 2016 et ont fluctué d’année à année ;

• Que ces échanges sont dominés par les exportations, à raison de 62.7 % en 2011, mais

(25)

• Que la part des exportations est plus importante que celle des importations intracommunautaire (environ 10 % pour les exportations et 7 % pour les importations), d’où l’orientation de la zone CEDEAO principalement vers le commerce extracommunautaire à hauteur de 90 %.

Tableau n° 9 : Evolution du commerce intracommunautaire de marchandises (milliards de USD

2011 2012 2013 2014 2015 2016

Exportations de marchandises vers les pays de la CEDEAO

15.3 13.6 14.0 12.7 9.8 12.0

Importations de marchandises des pays de la CEDEAO

9.1 9.4 12.1 9.0 8.3 9.7

Commerce total intra CEDEAO ( export+ import)

24.4 23.0 26.1 21.7 18.1 21.7

Balance

commerciale intra

CEDEAO de

marchandises

6.3 4.2 1.8 3.7 1.5 2.3

Part des exportations 62.7 59.13 53.63 58.52 54.14 55.29 Source ; Auteur à partir des données UNCTAD stat

IV.5 : Le commerce intracommunautaire par pays de la CEDEAO

Au niveau de la moyenne du total import-export, le Nigéria vient en tête avec près de 30 % de part de marché intra communauté, suivi par la Cote d’Ivoire et en troisième rang le Ghana.

Les trois pays monopolisent le marché intra communauté à raison du 2/3 en 2015 (66.4%). Le Cap Vert vient en dernière position (0.05%). (voir tableau n° 10 )

(26)

Tableau n°10 : Part des membres de la CEDEAO dans le commerce intra régional (2015, en pourcentage)

Export Import Moyenne

Bénin 4.8 3.3 4.0

Burkina Faso 1.4 11.3 6.3

Cap Vert 0.01 0.1 0.05

Cote d’Ivoire 25.7 18.4 22.0

Gambie 0.2 0.6 0.4

Ghana 4.5 25.7 15.1

Guinée 0.6 1.2 0.9

Guinée Bissau 0.01 0.3 0.1

Libéria 0.03 0.4 0.2

Mali 1.6 9.5 5.5

Niger 2.8 6.7 4.7

Nigéria 44.6 14.0 29.3

Sénégal 8.5 5.5 7.0

Sierra Léone 0.02 1.8 0.9

Togo 5.2 1.2 3.0

Total 100 100 100

Source ; Auteur à partir des données UNCTAD stat

Graphique n°4 : Part des membres de la CEDEAO dans le commerce intra régional (2015, en pourcentage)

Source: UNCTAD stat. (1) Exportations d’un État membre de la CEDEAO (pays considéré) vers la CEDEAO (partenaire commercial). (2) Importations d’un État membre de la CEDEAO (pays considéré) de la CEDEAO (partenaire commercial).

Au niveau des exportations, le Nigéria accapare près de la moitié des exportations (44.6%) du

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