• Aucun résultat trouvé

GRILLE D ANALYSE D UNE SITUATION ÉTHIQUE (exemple)

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "GRILLE D ANALYSE D UNE SITUATION ÉTHIQUE (exemple)"

Copied!
5
0
0

Texte intégral

(1)

6 CYCLE D’ORIENTATION DU CANTON DE FRIBOURG G fiche 2 - enseignant

GRILLE D’ANALYSE D’UNE SITUATION ÉTHIQUE

(exemple)

0. Choix d’un thème éthique à analyser 0.1 Quel est le thème éthique qui tu vas traiter ?

L’euthanasie

0.2 Quel est ton avis sur ce thème ?

0.3 Pourquoi as-tu cette opinion sur ce sujet ? Argumente.

1. Une question

1.1 Quelle est la question principale que tu te poses par rapport au thème choisi ? Est-ce que les personnes gravement malades ont le droit de mettre fin à leur vie ?

1.2 A partir de cette question, recherche les informations nécessaires en demandant à ton enseignant où chercher : bibliothèque, journaux, internet, etc !

Utiliser les fiches 9, 11 et 13 de la séquence « conceptions de la mort ».

1.3 Choisis une situation (situation personnelle, articles de journaux, émission de télévision, etc) qui illustre bien le thème éthique choisi !

La situation retenue pour illustrer l’euthanasie : le cas Jean Aebischer. La présentation de la situation se trouve sur le document « Le cas Jean Aebischer » (fiche 3) ou sur le film « Le choix de Jean » (film 2 de la séquence « conceptions de la mort » ; 62 min) à disposition sur le DVD.

2. L’observation du cas éthique

Pour répondre à ces questions, s’il te manque des informations, recherche-les dans la documentation trouvée au point 1.2 ou demande à ton enseignant.

2.1 Situe le contexte dans lequel se vit la situation (lieu, date, personnes impliquées, etc.).

Lieu : canton de Fribourg.

Date : 6 juin 2003 au 6 janvier 2004.

Personnes impliquées : Jean Aebischer, 58 ans, son épouse, l’association « exit », ses proches.

Le contexte : Jean Aebischer était atteint d’un cancer incurable, il avait des métastases cérébrales, de petites bombes à retardement, qui allaient en quelques semaines toucher des fonctions vitales. Ses médecins lui laissaient l’espoir de vivre au plus quelques mois. Il ne ressentait pourtant aucun symptôme de sa maladie. Plus que la mort, Jean Aebischer craignait la souffrance, la dégradation physique, l’image d’agonie qu’il laisserait aux siens. C’est ainsi qu’il décida d’avoir recours à l’association Exit.

2.2 Décris brièvement ce qui te pose question à première vue.

- Le pouvoir de l’association « Exit ».

- Est-ce qu’il est légitime de se donner la mort lorsqu’on est gravement malade ? - A partir de quel degré de souffrance peut-on demander la mort ?

- Est-il décent de mettre en scène sa propre mort ?

(2)

fiche 2 - enseignant CYCLE D’ORIENTATION DU CANTON DE FRIBOURG 7 - Est-ce qu’un proche peut aussi donner quelque chose qui va conduire le malade à la mort ?

- Que faire si quelqu’un ne peut plus absorber lui-même un cocktail létal ? - Quelle est la responsabilité de celui qui participe à l’acte ?

- Que disent la loi, la médecine, les religions, les philosophies ? - Que dit la société ?

2.3 Qui sont les acteurs dans cette situation ? - Jean Aebischer

- Mme Aebischer - ses proches - Exit

2.4 Que font les acteurs ou ne font-ils pas (par des paroles et/ou des gestes, des attitudes, etc.) ?

- Jean Aebischer montre sa volonté de ne pas mourir en souffrant et de ne pas exposer à ses proches la dégradation physique. Il veut donc choisir le moment de sa mort. Pour cela il fait appel à Exit. Il fait ses adieux à ses proches. Il a le souci de témoigner à travers les medias pour faire avancer la cause de l’euthanasie. Finalement, il ingurgite la boisson amenée par le bénévole d’Exit.

- Son épouse est très discrète, elle accompagne son mari et ne prend pas position.

- Ses proches sont présents pour l’entourer.

- Exit examine le dossier médical, discute avec Jean Aebischer pour être certain de sa décision de vouloir se donner la mort. Exit envoie un bénévole qui apporte la boisson létale.

2.5 Dans une telle situation à qui s’adresse-t-on ou devrait-on s’adresser ? Aux autorités, à des entreprises, à l’école, à des particuliers, etc ?

- A Exit (Dignitas) qui est une association qui aide les personnes qui souhaitent se donner la mort en raison d’une maladie incurable.

2.6 De quelle manière ces acteurs réagissent-ils à cette situation, quelle est leur réponse ?

- Exit met à disposition les moyens pour mourir lorsque la personne leur paraît remplir les conditions.

- Le médecin traitant n’a pas le droit de donner la mort (serment d’Hippocrate, loi, déontologie).

- Les proches acceptent de l’accompagner dans sa démarche.

2.7 Quels sont les effets de ces réponses chez les différents personnages de la situation ?

- Jean Aebischer est satisfait de la réponse offerte par Exit, il peut choisir sa façon de mourir (l’heure, la date).

- Ses proches respectent sa décision.

- Exit en retire de la publicité pour son action en faveur de l’euthanasie.

2.8 Qu’est-ce qui, à ce stade de la réflexion et de ton point de vue, est le plus problématique dans cette situation éthique ?

- La légitimité à donner la mort.

- Les critères à retenir.

- La souffrance des proches lors d’une euthanasie.

- Le risque encouru par les intervenants dans une euthanasie.

2.9 Quel changement est souhaité dans cette situation que tu as choisie ? - Pour Jean Aebischer, c’est d’arrêter de souffrir.

(3)

8 CYCLE D’ORIENTATION DU CANTON DE FRIBOURG G fiche 2 - enseignant - Pour Exit, c’est que chaque personne souffrante puisse se donner librement la mort sans entraves

3. L’analyse de la question éthique

3.1 Repère et relève dans la situation proposée les faits/arguments importants pour répondre à la question que tu t’es posée au point 1.

- La question du droit pour une personne souffrante à mourir au moment et dans les conditions qu’elle aura choisis.

- L’argument de la liberté de la personne en tenant compte de la gravité de la maladie.

- La question de la qualité de la vie.

- L’avis de ses proches.

- La question de vivre au mieux tous les instants encore possibles avec ses proches.

- L’argument de ses propres valeurs (convictions, croyances).

- L’argument de la loi.

- La question des soins palliatifs comme alternative à l’euthanasie.

3.2 Quels sont les éléments sous-entendus dans cette situation, les éléments qui n’ont pas été dits ou présentés (racisme, peur de la mort, peur d’être mal aimé ou agressé, d’éventuelles représailles si l’on dit ou fait quelque chose …) ?

- La peur d’être vu comme un être dégradé (image de soi).

- La peur de souffrir, de mourir.

- La peur d’être seul, abandonné.

- La peur de l’au-delà ou du néant.

- La qualité de vie minimale pour que vie vaille la peine.

- Le tabou de la mort et du suicide dans notre société.

- La position des politiques face à l’action d’Exit.

- Le droit de (se) donner la mort appartient à qui ?

3.3 Quels sont les articles de lois, les règlements, l’avis des religions, des politiciens, etc sur cette question ?

Légalement :

La Suisse est l’un des rares pays à autoriser le suicide assisté avec les Pays-Bas, la Belgique et l’État de l’Oregon, aux États-Unis. Aider une personne à se suicider n’est pas considéré comme une infraction « si l’acte est altruiste et sans mobile égoïste », selon les termes de la loi suisse (code pénal art. 115). Concrètement, un médecin peut aider un patient à mourir en lui préparant un poison, mais c’est au malade de porter le verre à ses lèvres. Sinon, on peut considérer que c’est un meurtre. Il faut aussi – en théorie – respecter plusieurs conditions : discernement de la personne, demande sérieuse et répétée dans le temps, maladie incurable, souffrances physiques ou psychologiques importantes et pronostic fatal ou invalidité définitive » (pour une citation de la loi se référer à la fiche 9 de la séquence

« conceptions de la mort ») Religieusement :

Le suicide est traditionnellement un acte condamné dans le cadre religieux. En effet, si le fait de se suicider est d'abord un acte qui va contre soi-même, l'« appartenance » de la destinée de l'homme à Dieu fait que cet acte devient une rupture de la relation spécifique entre l'homme et Dieu et un acte allant contre la souveraineté de Dieu (pour un point de vue par religion se référer à la fiche 13 de la séquence « conceptions de la mort »)

(4)

fiche 2 - enseignant CYCLE D’ORIENTATION DU CANTON DE FRIBOURG 9 Politiquement :

Pointée du doigt, accusée de créer un tourisme de la mort, Dignitas essaie d’être plus prudente aujourd’hui. Elle attend “au moins” le lendemain de l’arrivée du malade pour opérer. Mais les médecins de l’association ne passent toujours pas plus de temps sur le dossier des malades. : une trentaine de minutes environ. Certains signent plusieurs “permis de mourir” par jour. Des demandes de pentobarbital sont effectuées pour constituer des stocks. Et les erreurs de dosage existent : en août 2004, un Allemand mettra plus de 72 heures à mourir. Chassé par les habitants, pourchassés par le gouvernement zurichois et dénoncée par le Parti socialiste suisse qui veut qu’elle cesse ses activités, Dignitas persiste. Et ignore les polémiques. En août 2007, sommée de quitter ses locaux à Zurich, elle loue un appartement à Stäfa, dans la banlieue. En huit jours, six personnes vont mourir.

Choqués, les habitants se mobilisent et obtiennent son départ. Dignitas ne s’arrête pas pour autant.

C’est donc dans une voiture de location qu’elle a aidé, successivement, deux Allemands à mettre fin à leurs jours aux abords d’un bois, près de Zurich. La colère de la ministre de la Justice allemande n’a rien changé à ses projets. Ludwig Minelli a récemment annoncé la création d’une antenne en Allemagne. Là-bas, un correspondant de Dignitas veut bien prendre le risque pénal d’assister des suicides. (1)

3.4 Pour redéfinir la question éthique en tenant compte de tout ce que tu as écrit et trouvé jusqu’à maintenant (mots plus précis, connaissance des lois, rôle des émotions, arguments contraires à ton propre avis, etc), cite les arguments en faveur !

- Décider de se donner la mort lorsque la qualité de vie devient insupportable et/ou lorsque sa propre image (dégénérescence physique ou psychique) n’est plus tolérable.

- La loi en Suisse ne punit l’assistance au suicide qu’en cas de mobile égoïste (art. 115 code pénal suisse), si tel n’est pas le cas la personne n’est pas punissable si les conditions suivantes sont respectées : discernement de la personne, demande sérieuse et répétée dans le temps, maladie incurable, souffrances physiques ou psychologiques importantes et pronostic fatal ou invalidité définitive.

- Soulager les proches.

- Le respect du choix et de la liberté du malade et de ses convictions.

3.5 Pour redéfinir la question, cite également les arguments en défaveur !

- La liberté de la personne qui veut vivre jusqu’au bout (pour elle-même, pour ses proches selon ses convictions…)

- Les pressions extérieures (les proches, les medias, le corps médical, les associations d’aide au suicide)

- Le cadre légal interdit de donner la mort, même par pitié (art. 114 du code pénal) (dans le cas de l’assistance au suicide, le malade fait lui-même le geste).

- Les grandes religions considèrent que les souffrances contribuent à un développement spirituel et que le droit sur sa vie et sa mort n’appartient pas à l’homme. Elles interdisent donc de se donner la mort. La conséquence peut être une non-réalisation de la fin ultime recherchée

- La possibilité d’utiliser une alternative pour pouvoir gérer la souffrance (soins palliatifs)

3.6 Reformule maintenant la question éthique plus précisément !

Quelles sont à mon avis les conditions qui justifient ou ne justifient pas qu’une personne atteinte d’une grave maladie se détermine pour ou contre un suicide assisté ?

4. Recherche de pistes ou de solutions

4.1 Précise les arguments que tu retiens de la discussion (en faveur – défaveur), classe-les en mettant ce qui est le plus important pour toi.

(5)

10 CYCLE D’ORIENTATION DU CANTON DE FRIBOURG G fiche 2 - enseignant 4.2 En tenant compte de tes valeurs et des arguments que tu as retenus, quelles sont les solutions ou les

actions possibles que tu envisagerais dans une situation similaire ?

4.3 Compare ton point de vue initial sur ce sujet éthique (pt. 0.1) avec ton argumentation au terme de cette analyse (pt. 4.2). Décris et commente le pourquoi de l’évolution ou non de ton opinion !

4.4 Choisis la solution la meilleure pour toi et explique comment tu peux la mettre en œuvre (seul ou en groupe, dans ta classe, dans la société) !

Références

Documents relatifs

Par la présente révision du code pénal et du code pénal militaire, le Conseil fédéral propose de préciser la réglementation légale de la responsabilité pénale des presta-

Conséquemment – en vertu du fait que les mineures en Suisse ont au moins les mêmes droits que les jeunes helvètes mâles ; étant donné que lorsque celles-ci contreviennent à la

7 Si l’autorité médicale occupe une place particulière dans la pratique de l’assistance au suicide en Suisse, cette dernière n’est pas sans transformer, d’une part, le rôle

autant que les petites et souvent dans une pro- portion plus forte, compromisesdans les grandes et petites débâcles. Rappelons aussi que le gros- siste ou le demi-grossiste qui

L'entrave à l'action pénale est un acte d 'assistance fourni à une personne, par lequel cette dernière est soustraite à la mainmise de la justice pénale, y compris à

Le droit pénal suisse ne traite pas de la même manière l'acte homicide et l'assistance au suicide. Alors que le premier est toujours punissable, même lorsque l'auteur agit

Certaines formes d'euthanasie sont considérées comme conformes au droit pénal, ainsi d'ailleurs qu'aux devoirs déontologiques du médecin en vertu des Directives de

Art. 25 14) Les greffières et les greffiers rédacteurs ainsi que les procureures et les procureurs assistants peuvent procéder à toute audition sur délégation de