X,
DE E’IlNEU
ÜÜ
Cordon cervical du Sympathique
SUR LA
FRÉIÜENCE DES BAnEMENTS DU CŒUB
par E. Wertheimer,
professeur à \a Faculté <le imilecliie de Lille.
LILLE
Lk Bioot Frères, Lmphimechs- Editeurs
25, Hue Nicolas-Leblanc, s5
1898
V
;^. -f 's'.' V. '
Cordon Cervical du Sympathique
SUR LA
FBÉÛOENCE DES BATTEMENTS DU ÜEOR
par E. Wertheimer,
professeur à la Faculté de médecine de Lille.
I
DE L’INFLUENCE DU CORDON CERVICAI.
DU SYMPATHIQUE
SUR LA FRÉQUENCE DES BATTEMENTS DU COEUR
Dans une
inléressante observationque nous
ontcommuniquée MM. Combemale
et Gaudier, nos collè- gues ont signaléune
amélioration très nette de latachycardie, dans
un
cas de maladie deBasedow,
àla suite de la résection des ganglions cervicaux supé- rieurs
du grand
sympathique. Ce fait d’ailleurs n’est pas isolé..l’ai fait remarquer, à ce propos,
que
contrairement àune
opinion assez répandue, lecordon
cervicaldu sympathique
ne parait pas renfermer de libres accé- lératrices, etque
par conséquent le ralentissement des battementsdu
cœur, consécutif à l’opération, devait reconnaîtreun mécanisme
autreque
la suppression de fibres de cette catégorie.Je suisd’autant plus tenude justifier cette assertion
que
la conviction contraire a précisément servi de pointde départ à M. Jaboulay, qui est, je crois, l’ins- tigateurdu
traitement de la maladie deBasedow
parla sympathicotomie.
En
effet,dans une communication
faite à l’Acadé-mie
demédecine
(27 juillet 1897), le chirurgien de—
4Lyon
s’exprime ainsi ; «En
rétléchissant à ceque
pou- vait être lamaladie de Baskdow,
ilm’a
paru manifesteque
celle-ci offrait,au moins
pardeux
de sessymp- tômes
cardinaux, l’exophtalmie et les palpitations, letableau d’une excitation intense
du sympathique
cervical. ».
Les réflexions
que
j’ai présentées sur lerôle attribuéau sympathique
cervical m’étaient suggérées par lesdonnées généralement admises
en physiologie sur la répartition et la topographie des nerfs accélérateurs.Mais j’ai voulu baser
mon
opinion sur des recherches personnelles et ce sont les expériencesque
j’ai faitesavec la collaboration
de
M.Lepage que
je vais avoir l'honneurde vous communiquer.
Posons
d’abord l'état de la question.De nombreuses
expériences ontdémontré que
le principalsystème
des nerfs accélérateursémane
de la partie inférieurede
la moelle cervicale etde
la partie supérieurede
lamoelle dorsale. Les filets dont l’excitation produit
une augmentation
de la fréquence des battementsdu cœur
sortent, d’après la topographie établie en parti- culier par Fr.Franck
(1), par lesrami-communi-
cantes des cinquième, sixième, septième et huitième paires cervicales, des première,deuxième,
troisième,quatrième
etcinquième
paires dorsales et vont aboutirau premier
ganglion thoraciquedu grand sympa-
thique.
Un
certainnombre
de filets accélérateurs partent directement de ce centre deconvergence
;d’autress’engagent
dans
lesdeux branches
de l’anneau(1) Ar!. Syinpalhiqiiti du DicUonn. Encyclopéd.
de ViEüssENS, c’est-à-dire
remontent
vers le ganglion cervical inférieur, et se détachent soit de l’anneau, soit de ce dernier ganglion,pour gagner
le plexus cardiaque.Il existe également
dans
lepneumogastrique
lui-même un
certainnombre
de fibres accélératricesque
des artifices spéciaux d’expérimentation permettent de mettreen
évidence.Mais le cordon
sympathique du
cervical amène-t-ilaux
ganglions de la basedu
cou des filets demême
nature? Lesanciensphysiologistes n’en doutaient pas :
« Les expériences de
Fowler,
Ludwig,Webster. Trêve
et principalement celles d’Alex, de IIü.mboldt et les nôtres, dit
Longet
(1), ontdémontré que
les pulsa- tionsdu cœur
peuvent êtreranimées ou
accélérées par le galvanisme appliquéaux rameaux
cardiaquesdu grand sympathique
».Parmi
lesphysiologistesmodernes,
V. Bezold (1863)a soutenu la
même
opinion. Elle a été contrediteimmédiatement
parLudwig
et Thiry, par E. et M.Cyon, par
Rutherford.
Ce derniermet
en garde contre la dilîusion possibledu
courant au ganglion cervical inférieur, d’où partent,comme
il a été dit,des filets accélérateurs, et, d’après des expériences
faites sur le lapin, il s’accorde avec
Ludwig pour
sou- tenirque
le troncdu sympathique
cervical « n’estnullement
un
nerf cardiaque ».Arloing
et Tripier, qui ont excitélecordon nerveux
chez le cheval,mais dans un
autre but, celui de(I) Trntlé de Phyeiol., t. 111, p. 564, 1873.
6
—
déterminer
s'ilprend
partaux
modifications qu’é-prouve
lecœur
lors de la galvanisationdu pneumo-
gastrique, ont trouvé
que
celledu sympathique
« n’a rienchangé
àpeu
prèsaux
fonctionsdu cœur
(1) ».Chez
le chat,Bcehm
constateque
l’excitation élec- triquedu
nerf au-dessusou au-dessous du
ganglionmoyen ne
produitque dans
des cas isolésune
accélé- rationdu rythme
cardiaque (2).Cyon,
dans un
travail tout récent (1898),dont
j’auraiencoreà
m’occuper
plus loin, revientincidemment
sur celte question (II)pour
rappelerdenouveau
et d’aprèsde
nouvelles expériencesque
« l’excitationdu
bout périphériquedu
sympathiipie est sans intluence surle CŒ'ur » (4). Et plus loin,
dans
lemême mémoire:
«
Personne
n’a réussi,en
répétant les expériences de V. Bezold, à observer des accélérations semblables à celles qu’il obtenait. »Cependant
je dois faireremarquer
qu’en France,F.
Franck
s’est rallié, avecquelque
réserve peut-être, à l’opinion de V. Bezold.Après
avoirexposé
ses expériencesdans
l’articleque
j’ai cité plus haut, ce physiologiste ajoute : «De
la discussion et des faits précédents,on
peutdonc
conclure,me
semhle-t-il, à l’action accélératrice directedu sympathique
cervi-cal. » Ainsi, d’après
Franck, un groupe de
fibres accé-lératrices,
provenant vraisemblablement
en partiedu
bulbe, en partiede
l’extrémité supérieure de la moelle(1) Arch. de Physiol. 1873, l. V, p. 1(14.
(2) Arch. f. experim. Pathol , l. IV, 187;1.
(3) Arch. de P(Juger, t. 70.
(4) Loc.cil. p.1Ü3.
cervicale, par l’intermédiaire des
rameaux communi-
cants des trois premières paires cervicales, arriverait au ganglion cervical supérieur, et se rendrait de là
dans
les ganglions de la basedu
cou, par la voiedu
cordon cervicaldu
sympathique.Par contre,
dans
leur récent Traité de physiologie,Morat
etDoyon
(1) nementionnent
pas l’influence accélératrice de ce cordon.Expériences
Nos
expériences ont porté sur trente-quatreanimaux
(trente-lrois chiens,
un
lapin).Gomme
les résultats ne varient pas sensiblement, d’un animal à l’autre, ileut été inutile d’en sacrifier
un
sigrinJ nombre,
sinous
n’avions pas étudié enmême temps
d’autres points relatifs à la physiologie des nerfs accélérateurs.Quelques chions étaient curarisés,
mais
le plus grandnombre
recevaient de lamorphine
(un centi-gramme
par kilogramme), parceque nous
tenions à enregistrer enmême temps
lesmouvements
respi- ratoires.Le
sympathique
cervical était e.xcité toujoursdans
sonsegment
le plus rapproché de la tète,On
saitque
chez le chien il se confond avec le troncdu pneumo-
gastrique, presque
immédiatement
au-dessousdu
ganglion cervical supérieur;maison
arrive à l’isolersur
une
longueur suflisantepour
pouvoir agir sur lui,sans avoir à craindre la diflusion ou la dérivation
au
nerf
vague
; cependant avec les courants forts, celles- ci peuvent se produire.Le filet
sympathique
était lié aussi prèsque
possible de l’extrémité inférieuredu
ganglion etcoupé immé-
diatement au-dessus delaligature.Le
pneumogastrique
était
lui-mème
sectionnéun
peu au-dessousdu
plexus gangliforme,pour
éviter la dérivationaux
filets centripètes de ce nerf.(1) Tnitéile physiologie, P.iris, 1898.
lî
—
8-
;1
M
Au moment
de l’expériencelecordon sympathique
était soulevé en
dehors
de la plaie, par le fil qu’on y avait attaché et il était excité par le courant induit (petit chariot de Hanvikh, trois éléments Lkclanche).Comme
nos premières expériencesnous
avaient bientôt apprisque
l’action accélératricedu sympathi- que
était àpeu
près nulle, il y avait intérêt èemployer un
courant assez fortpour
la mettre en évidence,dans
le cas où elle existerait : il fallaitcependant
qu’ilne
le fût pas trop,pour
éviter la diffusion possibleau pneumogastrique. On commençait donc généralement
l’expérience, la bobine induite étantau
n®5 du
chariot;il était rare qu’avec ce courant, déjà assez intense,
on
observâtun
retentissementdu
côtédu pneumo-
gastrique; si pourtant il se manifestait,
on
éloignait plusou moins
la bobine secondaire de la primaire ;dans
les cas, au contraire,où
lesympathique
avaitpu
être isolé sur
une longueur
assez grande,on
renforçait encoreprogressivement
l’excitation.D’autre part,
pour
être certainque
le défaut de réactiondu
côtédu sympathique
cervical n’était pasimputable
àune
conditionquelconque
créée par lemode
d’expérimentation,on
interrogeaitcompara-
tivement chez lemême
animal, avec lamême
intensitédu
courant, l’excitabilité des nerfs accélérateurspréalablement mis
à découvert.Comme
il est plus facile de découvrir ces nerfs à droite qu’à gauche, c’estexclusivement
sur le côté droit qu’on a expérimenté.Les pulsations étaient inscrites au moyf'n d’un tam-
bour sphygmoscopc,
appliqué sur la fémorale, et ne nécessitantque
lamise
ànu
etnon
l’ouverturedu
vaisseau. Le signal de
Déphez maniuait
les excitationset le
pneumographe
deMahey
lesmouvements
respi- ratoires,quand
ily avait lieu d’enregistrer ces derniers.Voici quels ont été,
en résumé,
les résultatsde
ces expériences.Sur
trente-trois chiens, quinze fois l’excitationdu sympathique
n’aamené aucune modi-
fication
dans
lerythme
des pulsations ; quatorze foisil y a eu
une
accélération plusou moins marquée.
La fréquencenormaledu
pouls élantcomprise, engénéral, entredouze
et vingtpour une
période dedix secondes, on a compté,pendant
l’électrisation, deune
à neuf pulsationsen
pluspendant une
période demême
durée. (Dans les chifTres
que
je vais reproduire jecompterai toujours, soit dit
une
foispour
toutes, par période dedix secondes), ('lependantdans
cesquatorze casune
accélération notable, de quatre à cinq pulsa- tions, n'a été observéque
cinq fois ;une
seule fois elle a été jusqu’à neuf pulsations. Enfindans
quatre cas ily a eu
un
ralentissement d’une àdeux
pulsations.Arrêtons-nous surtout à l’accélération.
Devrons- nous
conclureque dans
près de la moitié des cas environ, il y adans
lesympathique
cervicalun nombre
plus oumoins
considérable de fibres accélé- ratrices ? La conclusion serait prématurée. Ilne
faut pas oublier, en effet,que
ce nerf renferme aussi des fibres centripètes dont l’électrisation peutprovoquer
des réactions réflexes accélératrices, ainsique
cela se produit à la suite de l’irritation d’un nerf quelcon-que
de sensibilité générale. Il est exceptionnel, à vrai dire, d’observer des manifestations douloureuses pen- dant l’électrisationdu
bout périphériquedu sympa-
thique; dans
un
cas seulement j’ai notéque
l’animal a poussé des cris. La sensibilité conscientedu sympa-
thique, déjà très obtuse
normalement,
était encoreémoussée dans
nos expériences par la narcotisation ;mais
celle-cin’empêche
pas les réflexes inconscients de se produire ; elle lesexagérerait plutôt.La meilleure preuveque
l’accélérationdu cœur
ne faisaitque
tra- duire l’excitation de fibres centripètes, c’estque dans
la majorité des cas le
phénomène
disparaissait sous l’influencedela chloroformisation, quilaissaitsubsister au contraire,dans
toute son intensité, l’augmentation de fréquence produite par l’e.xcitation des nerfsaccé- lérateurs véritables.Chez l’animal narcotisé et
non
chloroformé,une
autre cause de perturbationdans
la fréquence des—
10—
battements
du cœur,
ce sont les modificationsdu rythme
respiratoireprovoquées
par l’irritation desfilets sensibles et qui d’ailleurs
ne
disparaissent pas toujours coinplèleiuenl,même
sous l'intluence de l’anesthésie.Un mot
encore sur les cas où l’on observeun
ralen- tissement, très faible,comme
il a été dit. Faut-il l’attribuer àune
dérivationdu
courantau pneumo-
gastrique : cela ne
me
paraît pas probable, parceque nous sommes
habitués à voirune
excitationdu pneumogastrique,
dèsqu’elle devienteflicace, semani-
fester par
un
ralentissement bien plusmarqué que
celui
que nous
observions. V.Bkzold
avaitadmis que
le
cordon du sympathique
cervical pouvait contenir d’un côté des fibres accélératrices etde
l’autre des fibres d’inhibition. Il est probableque dans
les casque
je signale,comme dans ceux
de V.Bezold
il s’agitd’un rétlexe
modérateur
: d’ailleurs les variations aussi faiblesque
celles de nos expériences pourraient être spontanées.Quelques exemples
suffiront à illustrer cét exposé.Les fig. 1 et 2 proviennent d’un chien curarisé.
Avant
l’excitationdu sympathique
cervicalon compte
vingtpulsations par dix secondes.Pendant
l’excitation la fréquencedu cœur ne
subitaucune
modificationFig. i. (Exp. I).
—
P, pulsations de l'arliu-e fémorale; E, excitation du cordon cervical du sympathique.La fig. 2
donne
les résultats comparatifs de l’exci- tationde l’anneaude
Vieussens avec lamême
intensitédu
courant (n° 5du
chariot).Le nombre
des pulsa-tions, qui était de vingt-et-un,
monte
à vingt--neuf lorsdu maximum
d’accélération.On
voit aussique
ce
maximum
ne s’établit qu’avecun
retard très long,près de dix secondes, ce qui est
un phénomène
parti-I I I -
Fig. 2. (Exp. I).
—
E, excitationdes nerfs accélérateurs.—
En dessous, la ligne des secondes. Tous les tracés du travail ont été pris à lamême vitesse de rotation du cylindre, sauf ies ilg. 3 et 4.
culier h l’excitation des nerfs accélérateurs : si j’avais
pu
reproduire le tracé complet, on constateraitque
l’augmentation de fréquence se' maintient assez long-temps
aprèsque
l’excitation a cessé.Les tig. 3 et 4 ont été également fournies par
un
_
1 1 . fj,* 1 t 1
• ' •
J
'
V MHHHH E
Fig.3. (Exp. II).
—
Excitationdu cordon cervical.Fig. 4. (1xp. 11).
—
Excitation des accélérateurs.chiencurarisé.
Avant
l’excitationdu
sympathique, oncompte:
12,5 pulsations (toujours par dix secondes) ; après l'excitation : 11,5.Chez
cet animal,pour
agir sur les accélérateurs, oni
—
12—
n’a électrisé
que
labranche
postérieure de l’anneaude
ViEussKNs.Avant
l’excitation,on
a,comme
pré-cédemment,
12,5 pulsations;pendant
l’excitation, 18.L’action des accélérateurs se manifeste par les
mêmes
caractères signalés plus haut.
Le
chien qui adonné
les tig. 5 et 6 étaitmorphiné.
Pendant
la recherche des accélérateurson
a perforéla plèvre et
on
adû
établir la respiration artificielle.P
Fig fi (Kxp, ni),
—
Excitation des accéléra tenrs.On
trouve :avant
l’excitationdu cordon
cervical, 18 à 19 pulsations :pendant
l’excitation, 19 ; avant l’exci- tation des accélérateurs, 19;pendant
l’excitation, 31, Je prendraimaintenant un
des types d’expériencesdans
lequel l’augmentation de fréquence produite par l’excitaliOndu sympathique
cervical a été des plus prononcées.L’animal étant
morphiné, on commence
par l’exci- tation des nerfs accélérateurs (n° 5du
chariot), lafréquence des pulsations s’élève de 10 à 32 (fig, 7),
Quand
lerythme du cœur
estredevenu
normal,on
excite le cordon cervical avec la inônie force
du
cou- rant : lenombre
des pulsationsmonte
de 11 à 19Fig. 7. (Exp. IV).
—
Excitation des accélérateurschezl’animai morpliiné.t'.
Fig.8. (Exp.IV).
—
Excitationdu cordoncervical chez i’aiiimal morpliiné.Mais
pour
peu qu’on soit familiarisé avec les résultats de l’excitation des nerfs accélérateurs,on
pourrait presque affirmer, à l’examen de ce tracé,l
que
cetteaugmentation
de fréquence, bienque
trèsI
marquée,
n’est pasdue
à l’irritation de fibresI
accélératrices,
mais
bien àune
réaction réflexeI
des filets centripètes
du
cordonsympathique.
I
On
remarquera, en effet,que
l’accroissementdu
I
nombre
des pulsationscommence
et cesseimmé-
I diatement avec l’excitation elle-même.
i II est vrai
que
sur le tracé 7,on
constateégalement
I
une
accélération instantanée, parceque
lesdeux
^
branches de l’anneau de Vieussens, qui ont été exci- tées in situ, renferment aussi des fibres centripètes, dont la sensibilité est
même
très vive et dont l’effet vient s’ajouter à celui des nerfs accélérateurseux-
—
14-
mêmes
:mais
par conlre raugmentatioii de fré-quence
se mainlienl aprèsque
l’électrisation a cessé.Pendant
les dix secondes qui suivent l’excitationdes accélérateurs,
on compte
encore 25 pulsations ;pendant
les dix secondes qui suivent celledu cordon
cervical,on en compte
11.Mais
à cesarguments
(|u’on pourrait ne pas trouver assez convaincants, ajoutons lapreuve
directe.Anesthésions l’animal par le
chloroforme
et alorsnous obtenons
lesdeux
tracés comparatifs des fig. 9 et 10.L’excitation
du sympa
thiqué cervical ne produit plus rien, la fréquence des pulsations se maintient à 12. l*endant qu’on électrise l’anneau de Vieussens au contrains le poulsmonte de
11,5 à 21.On remar- quera
sur la fig. 10 des irrégularités qui se produi- sentpendant
l’accélération, et sur lesquellesnous
nenous
arrêterons pas, parceque
ce point doit faire l’objet d’un travail particulier.Je reproduis encore
une
autre expériencedu
même
genre. L’animal dont il s’agit n’avait pas étémorphiné, mais simplement chloroformé pendant
larecherche
du sympathique
et des nerfs accéléra- teurs.Quand
l’anesthésie eut disparu,on
excita lecordon
cervical : la fréquencedu
pouls s’éleva de 15 à 19.On donna
alors denouveau du
chloroforme jusqu’à disparition de la sensibilitécornéenne
: puison
excita lesympathique
cervicalpendant
environ vingt-six secondes avec lemême
courantque
précé-demment
; le pouls, qui était à 17, se maintient à 1G,5,pendant
l’excitation {tig. 11).Environ
quinzesecondes
après,on
excita les accélérateurs, l’animal étant toujoursmainlenu
sous l’influencedu
chloro-forme
; la fréquencedu
pouls s’élevade
17 à 36(fig. 12).
Chez un
S(>ul chien qui avait étémorphiné,
et chez lequel l’excitationdu sympathique
cervical avait portéle
nombre
des pulsations de 14 à 19, j’aivu
persister, après chloroformisation,une
accélération assez-
U)marquée
(de 4 pulsations), sansque
la respiration, enregistrée enmême temps,
présentâtaucune
modili- calion.Dans
trois autres cason
pouvait noter encore,malgré
l’anesthésie,une augmentation
de fréquencede
1 à 2 pulsations.Enfin chez le seul lapin, chez lequel
nous avons
expérimenté, l’excitationdu sympathique
n’a absolu-ment
rien produit, bienque
le courant fût progressi-vement
porté jusqu’à sonmaximum
d’intensité.De
toutes ces expériencesnous pouvons donc con-
clureque
la présence de fibres accélératricesdans
lecordon
cervicaldu sympathique
estun
faitexception- nel. Je rappellerai qu’il y a plusieursannées
déjà, j’avais constatéque
les racines des trois premières paires cervicales ne contribuent pas à transmettreau cœur
l’influence accélératrice des centres (1).II
DK L’EXCITABILITÉ DÜ SYMPATHIQUE CERVICAL DANS CERTAINES CONDITIONS
EXPÉRIMENTALES & PATHOLOGIQUES
Nous vimons
de. voirque
la physiologienormale du
sympathi(iue cervical ne peut servir à expliquer i l’améliorationou
la guérison dela tachycardie consé-|
cutive à la résection de ce nerf. Mais à
supposer même
|
qu’il renfermât des fibres accélératrices,
une
autre\
donnée, d’ordrephysiologique, neserait pas favorable
j
à l’opinion qui attribue celle amélioration à la sup-
|
î|
(1) S(jc. de biologie, IS'.Mi. Ê
pression de libres de cette nature. La plupart des e.xpérimentateiirs sonten elTel d’accord
pour
admettre que,chez l’animal intact, l’ablationdu système
accélé- rateur ne modifie pas lerythme
des battementsdu cœur, que
l'activitédu
centre correspondant n’est pas tonique. Ce n’est qu’après section préalable despneumogastriques que
quelques physiologistes ontvu
l’extirpation des accélérateursamener un
ralen-tissement
du
pouls.Il n’est d’ailleurs pas inutile de faire
remarquer que
la sympathicotomie,
dans
la maladie deBasedow,
n’a pascomme conséquence
forcéeun amendement
dela tachycardie. Je n’ai pas fait le relevé de toutes les
opérations qui ont été publiées, je
me
suis borné à réunir les cas analysésou
reproduitsdans
le journal« la
Prase
médicale » de 1897. Péa.n, d'aprèsune
observation personnelle, déclareque
la résectiondu
;
sympathique diminue
lessymptômes
de compression,mais
ne produitaucun
effet sur lessymptômes
ner-veux du
goitre exophtalmique. Faüiie a obtenu desV résultatsfavorables au point de
vue
de l’exophtalmieet; de la régression
du
goitre ; la tachycardie resta à peu près stationnaire.Pour
Doyen, la thyroïdectomiesupprime
en huit jours la tachycardie contre laquellela réaction
du sympathique
est impuissante.A
la suite de l’ablation bilatéraledu
syrnpathi(jue cervical.Chauffard
etQuénu
ont observé d’abordune
aggra- vation de la tachycardie, et le bénéfice définitif au point devue
cardiaque fut nul. Restentcependant
lescas positifs tels
que
celui de nos collègues,ceux
de Jaboulay, Jonnesco.—
18-
Les
données
expérimentalesnous
faisant défautpour
expliquer ces résultats favorables,nous
ensom- mes
réduits fl des hypothèses.On
pourrait supposer, parexemple, que
l’ahlation des ganglions supérieurs modifie la pressionsanguine
id par son intermédiairele
rythme du cœur. En
m’entretenant avecMM. Com- BEMALK
etCiAUDiEB descouséquences
de leuropération,j’ai
exprimé
l’opinionque
peut-être la résection de ces ganglionsmodiüe
h'fonctionnement
de la thyroïde ensupprimant
des fdets vasculaires et sécrétoires fournis à la glande par ces renllements nerveux.Ce
quim’a
frappé en effetdans
leur observation, c’’estque
le ralenlisseiiient des battementsdu
cieur ne s’est manifesté (pi’à partirdu
troisième jour après l’opéra- tion : cette action fi longueéchéance
n'est en tout casguère
compatible avec l’idée d’une suppression de fibres accélératrices.Peut-être pourrait-on trouver les éléments d’une nouvelle explication
dans
le travailque
vient de consacrerCyon aux
relations de la fonction thyroï- dienne avec l’innervationdu cœur.
Itésumons brièvement
les faits et les idées exposées par ce physiologiste, en ce qui a trait à notre sujet.Les iodures produisent
un
accroi.ssement de l’exci- tabilitédes nerfs accélérateurs,desorteque
l’excitationdu
nerfsympathique au
cou, qui d’ordinaire reste sans effet sur les battementsdu cœur, en augmente
le
nombre,
après injection de ces sels ; ceux-ci exer- cent,en
outre,une
action paralysante sur les nerfs dépresseurs et sur lespneumogastriques.
L’iodolhyrine a sur les iiei'fs
du cœur une
influence tout-à-fait inverse à celle des iodures : elle excite, en particulier, les nerfsmodérateurs
et active leur fonctionnement.1
'
La glande thyroïde aurait
pour
fonction de rendreinofïensifs les sels d’iode, en les transformant
en une
combinaison organique : l’iodothyrine.Lorsque la glande thyroïde ne fonctionne plus, i’iode et les iodures qui pénètrent par des voies diver- ses dans l'économie peuvent
donc
manifester leur action nocive et, en effet, il y aune
analogie qui va jusqu’à l’identité entre les consé(jnences do la (hyroï- dectomieet celles do l’injection d’iodnresdans
le sang.De
pari et d’autre on observemême
diminution de rexcilubilité des pneumogastriciues etmême
accrois-sement
d’excitabilité des nerfs accélérateurs.11 est intéressant de noter aussi ([ue le
phosphate
de sonde qui est.comme
riodolhyrine,un
antagoniste des sels d’iodeet (|uidiminue
l’excitabilité des accélé- rateurs, adonné
dobons
résultatsdans
le traitement de la maladie deBasedow.
.T’ai pensé
que
l’on pourrait appliquer cesdonnées
à l’explication des effets de la
sympathicotomie
sur la tachycardie. Il faut fairecependant deux
hypothèses:la première c’est
que
lesyndrome de
Basf.dow a son point do départdans une
affection de la glande thy- roïde,ce quiestadmis, il est vrai,mais non démontré
;la
deuxième
c’estque
certaines foiniesdecette maladie dépendentnon
d’une exagération,mais
d'nne per- versiondans
l’activité de la glande. Si celle-ci, parexemple,
n'est pins en état de fixer rioilepour
enluire de riodotliyrine,
nous
renlronsdans
le cas desanimaux
tliyroldectomisèa cliiv. lesquelson
observeune augmenlalion
d'excitabilité de l'appareil accélc-raleiir, en
même temps qu'un
élat paralyliquede
l'appareil
modérateur.
l.a résecliondu sympatlnque supprime
alorsun
des agenis de l'aceéléralion.et ce a,dans
des condilions d'aulanl plus lavorablesque
lespneumogastriques
sonl paralysés : en elTid.comme
ou
l'a vu, d'après quelquesexpermienlateuis, a suppression de» accélérateurs serait suivie d'un ra en- lissemeut
du cumr, quand
les nerfsvagues
sonl préa-lablemtMil
mis
hors cl action.Mais
l’application des expériencesde CvoN
à l’inter-prélalion des ellets
de
lasympalbicotoime dans
laLdadiede Basedow
n’a,en
délinilive,quuu
inlerUsecondaire; ce qu’il y a surtout à laire ressorln' U point de
vue
physiologique, c’esl ce lail curieuxque
e svinpalliique cervical qui n'esl pas normaleineiiluu aaélêramiirdii cumr,
le devient à la suite des iniections d’iodures ou, ce qui reviendraitau
niêine.d’après CVON, à
U
suite de l’ablalion des glandesthyroïdes.
Par
quelmécanisme
se dévelop|.e celle propriéténouvelle.
Cvon
n'esl pas explicite ii cet egard:
exc^
ntion
dit-ilquelque
part, est Iransmise dircclement ùgâmdion
cervical intérieur.Mais
est-cepar des libres centrifuges vérilablemenl accéleraliices, i o libres ceniriiug
devieiiilrail la puissance, viiluellt a le
c..h<i-uices
eneLve
sous l’iniluencedesiodiiresou
des substancestoxiques quelconques qui circulent
dans
lesang
chezles
animaux
thyroîdectoniisés.Ou
bien au contrairel’irritation agit-elledirectement par lesfibressensibles
du
cordon cervical sur les cellules nerveusesdu
gan- glion cervical inférieur et sur les nerfs accélérateurs qui en partent. Cettemanière
devoir n’a rien d'invrai- semblablepour
ceux qui admettentque
les ganglionsdu grand sympathique
jouissentdu
pouvoir réflexe.Sans
rejeter cette dernière hypothèse, il y en aune
autre quime
parait la plus plausible, c’est qu’il s’agitsimplement
de réactions réflexes banales, provofiuées par les filets sensiblesdu
cordon cervical, en état d’hyperesthésie, surlescentres accélérateurs cérébro- spinaux dont l’excitabilité est sans douteelle-même
accrue. Les expériences personnelles dont j’airendu compte montrent
bien, en eflet, à quel point le degré plus oumoins prononcé
de la sensibilitédu sympa-
thique cervical influe sur les modifications cardiacjues produites par l’excitation
du
nerf, puisqu’elles dispa- raissent habituellement sous l’intluence de la chloro- formisation.Or,
Cyon
note à plusieurs reprises l’impression- nabilité excessivedu
cordon cervicaldu sympathique
chez lesanimaux
à thyroïde enlevée.Sous
l’intluence de l’intoxication, la sensibilité cons(.‘ientedu sympa-
thique
paraH
se développer et la sensibilité réflexe s’exagérer. C’est ainsi qu’il est dit,dans
le récit de ces expériences, (pie le tiraillement ou la ligaturedu
cordon cervical produit tantôt des violentes convul-sions, tantôt des convulsions avec de vives manifes-
—
22—
talions de douleur. L’hyperexcitabilité des filets
centripètes
du sympathique me
paraîtdonc
êtredans
ces conditipns le facteur principal de raccélérationdu cœur.
L’accroissement d’excitabilité
du cordon
cervjcal qui a été observé par Cyon, surtout cdiez le lapin, est-il
cependant un
fait général qui se retrouvera chez toutesles espècesanimales?
.l’aj vpulu vo,ir ce qu’il enétait chez le chien ;
comme
je n’ai pris connaissancedu
travaildeCvoN que
toutrécemment,
je n’.ai èncorepu
faire à ce sujetque deux
expériences. L’un desanimaux
avait subi l’ablation des thyroïdes le 12 juil-let. N’ayant pas intérêt suivre les
phénomènes généraux
consécutifs à l’opération, jene
le revis pas avant le 15 juillet, vers 11 heuresdu
matin. Il était pris à cemoment
d’unepolypnée
intense.Le nombre
des respirations était de 130 à 140 par minute.
La température
rectale de 41,8. Gley,en
efTet, a bienmis
en relief les relations decettepolypnée
avec l’élévationde température
chez lesanimaux
thyroïdectomisés (1).Couché
sur le flanc, le chien était incapable de se remettre debout, lesmembres
postérieurs étaient contracturésen
extension, lesmembres
antérieurs^
paraissaient plutôt paralysés : par intervalles, de violentes secousses convulsives agitaient les
muscles temporaux
et faisaient claquer les dents.Je revois
ranimai
à trois heuresdu
soir; le tableau acomplètement
changé, il n’y a plusque
16 à 18respirations, la
température
rectale est à 36°2.(l).Arch. de l’iujsiçl. IS9:J.
ceptibilité extraordinaire
aux
variations de la tempé-rature extérieure. Je ne sais si le trouble apporté par la thyroïdectomie à la régulation de la chaleur animale par le système
nerveux
a été signalé souscette forme:
une
température (pii passedans
l’esjiacede trois à cpiatre heures, de 41,8 à sans variation de la température extérieure. Je note
donc
le fait, en passant.Le chien d’ailleurs .se
promenait maintenant dans
la salle, mais avec cette
démarche
vacillante propre auxanimaux
thyroïdectomisés ; detemps
entemps
il penchait ou
même
tombait sur le cclté; lesmouve- ments
convulsifs des masticateurs étaient remplacés par des trémulationsdans
cesmêmes
muscles.J’insiste unirpiement sur ces
phénomènes pour montrer que
les accidentsnerveux
consécidifs à lathyroïdectomie existaient au complet chez cet animal.
Cependant
l’excitationdu sympathique
cervical faite le soir même*, c’t'st-à-dire trois jours après l’ablation des glandes,n’amena aucune
modilicationdu
pouls:le chien n’avait reçu ni
morphine,
ni chloroforme.Le résultat fut également nt'gatif chez
un
autre animal qui fut .soumis à lamôme
épreuve, le 22 juillet,quatre jours après l’extirpation des thyroïdes.
Chez
celui-ci
on
observa par contre,du
C(5té de l’appareil modérateur,une
excitabilité rétlexe très vive,donton
a enregistré les manifestations. Je
me
propose de compléter ces expériences.LII.I.C. IMP. tK BIGOT PRÈRFS