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Texte intégral

(1)

RAP.PORTS

. DEL' AIR

AVEC LES ÊTRES ORGANISÉS.

'r

0 ~I E PRE MIE

R.

(2)
(3)

RAPPORTS

DE L'A 1 R

AVEC LES ÊTRES ORG.r\.NISÉS

ou

TRAITÉS

de l'action du

pOtlmOn

et de la peau des animaux sur l'air, comme de

celle des plantes sur ce fluide.

'fIRÉS des Journaux d'observationset d'expériences de Lazare Spallanzani , avec quelques Mémoires de l'Éditeur sur ces matières, '

PAR JE..J\.N

SE NE BlE R,

Bibliothécairede Genève, ]lrIembrede diverses Jt1ca- demies et Sociétés savantes , et Correspondant de l'institut national..

.

, ~, ~, ,

uur .." xœ' tH'T'IOOY oAOY 'Tt fl'tMP.A.

HIPOCUTIS EI'JDEinC.;llv. VI,§ 6.

Tuut le corps expire et inspire.

'.r

0 ~f E PRE ~f 1E R.

AGE N È V-E,

Ch'ez

J. J.

P.ASCHOUD, Irnprimeur-Librair

e,

180

7-

(4)

3 vol. in-8, 101.

Mémoiresur la "fieelles èeritsduprofesseur Dcsaussure ,

1 vol. in-S, .21. lOS.

l\lémoire sor l'influence de l'air et de diverses substances Gazeuses dans la germination des différentes sraines ,

1vol. iD-8, :21.lOS.

Mémoire surla respiration, par Spal1anzani,traduiten françeis, 1 vol. in-8, 3 1.12s.

Physiologie végétale, contenant une description ana- tomiques deiorsane.des plantes, 5vol. in-ê , 21J.

(5)

P RE F·A , C E.

E

N FIN voici la suite des

)f~mqjr~~. de

Spallanzani

sur la

respiration"

,<J~c;jj"';lvois annoncée comme très-prochaine, lor~q~e

je

publiai les trois premiers , au commencement de l'an XI; mais je

comptais al<?r&,)fAçevair

ineessammentles Journaux de cf1igr~,~·

Natu-

raliste, dont 00 m'avoirappris I'envoi , et je le disois dans la préface que j'~vpi~:!f'iseà

cet

ouvrage; cependant je ne Ies ~i! réelle- ment reçus que

ihuit

pu ... dix mois "après. Ce n'est pas tout, en étudiant ces jour,nap;l.pour les ré(liger, je me suis

aperçu

q~e j~. rD~avoi~

. " .

"

pas encore tous '.ceux qUI m etoient neces-- saires, el je

n'ai

pu

en obtenir

qu~u!le

..

partie

à la fin

du

mcisde

Mars

1805. Je

,:,.e.p,:r~e

pas des-causes

singulières. de

tous;

C~$, .~~lais,

parce qu'el)esn'o~t rien de C~q:lOl~~,aYec

l'ouvrage

que

je présente ici

au.public., La

nature même de ces journaus ~~e en-

core une nouvelle cause du retard4e cet

ouvrage, Les

e;xpér~ellces muJtiplié~s que

(6)

"J •

Spallanzani

avoit faites

sur la foule des animaux

différens

et des

plantes diverses

dont

il s'é-

tait occupé sous un

grand

nombre de points

de vue variJs,

quoique relatifs àla respiration seule n'étoient suivies, ni sur chacun de leur genres et de leurs espèces, ni même de leurs butsparticuliers; toutesces expériencesétaient

isoléé~et

platées

sans ordre l'une après l'autre,

suivaDt

le~,i'ourg

du

mois etl'heure

du

jour

où Spallanz301

avoit pensé lie les faire; (Je sorte

que,

p'dt1r

tirer

parti

de ces

onze

à

douze mille

c'lpeti'erlces,

répandues dans plusieurs volumes,

iJ nl'a

f~}"'u

en

faire une table raisonnée, pour mettre ensemble les expériences qui se rap- portoiënrà chaque objet particulier , les ra- mener

ensuite

àun certain ordre, et choisir

ènfinemreIes

expériences

el

les observations qui étoient'parfaitementsemblaJ»es; celles

qui

Dl'ont

-paro

Ies plus concluantes :

Spallanzani

n'a

pmais

~pargDé ni sontems, ni sa peinepour décoüvrir:

'là

.verité ;

il

en iconnoissoit Je prix , èt ilf

\7oÙloit

toujours )'avoir'toute entière.

()d·è6inprend aisément, qu'entre plusieurs éxpéri~nhè's"failessur le

"même

objet, il

y

en

,8 touj~uTsquelques-unesqui'varient; alors il m'a

fatléi

choisir encore entre ces

variétés

celles qui

éttii~ht

les plus instructives, surtout J01'S- {lUa,

I'ou u.pu decouvrir leurs

causc~

ct -Ies

(7)

...

;VJf distinguer: ainsi de celles qui sont purement accidentelles, afin de profiter de la lumière

que les

premières

pouvoient fournir, et né...

gliger pour l'ordinaire les autres

sans,

seru....

pule; ce que l'on peut pourtant. conaohre par decertaios rapports que les variétés

utjle~

conservent entre la

plupart

des

autres

expti.

riences

analogues,

et les

lois

que la "nature

paroît

observer. 'TI

étoit cependant nécessaire d'expliquer les expériences douteuses par celles

qui m'ont

paru

SAns

réplique, quand elles

offroient des résultats importans , ou

quand

elles

pouvaient répandre quelque jour sur les autres. Je devois encore concentrer ces' rayons dispersés vers

le but

général

que les travaux

immortels de ce savant infatigable

laissent.

apercevoir. Enfin

j'ai dû méditer moi-même ee

sujet,

l'étudier

avec soin

pour

pouvoir pré-

senter avec plus de confiance les résultats gé,.

néraux que les recherehes

profondes

de. Spal-

lanzani pouvoient offrir àla science.

Après cet exposé, on. peut aisémentcom-

prendre, que

l'entreprise que j'ai

formée est

au moins téméraire, et qu'il n'y avoit

guères

que mon

attachement.

pour .I'auteur de ces

expériences

el

la promesse· que je .lui avois

faite, de publier en françois ses travaux, quand

il les aUJ'oitrédigés, qui aient pu m'engage,

(8)

..

'(

'VU)

à faire

eonnoltre à

présent

les

expeTlencel qu'il

8VOlt'

faites aveo leurs résultats; ce qui me semble offrir encore, dans les journaux mêmes de ce naturaliste , où toutes ces expé..

rienees et ces observations sont consignées, le plus heauet

le

plus important de tous ses

OUY1'lges.

Pour tirer parti de l'immense collection de' faits' que j'ai eue entre les maius ; je me auis prescrit J'ordre général que SpaJJanz311Î

8VGÎt adopté dans les 'trois premiers Mémoirea

sur 1(J respiration, qu'il avoit finis, et que j'ai

tràduits fidèlement d'ap,'ès son manuscrit. Je ne doute pas

qu'il n'eût

suivi le même ordre daDa ceux qu'il se proposoit de composer, et j'ai cru devoir le préférer

à

tout autre.

J?ai:êlé un moment emharrasé sur lama..

niere dont je m'exprimerai dans ces nouveaux mémnires ; mais enfin, pour éviter des péri...

phrases désagréables par enes-mêmes, et (lui Je seroient devenues bien davantage par leur fréquence ""'j'ai .pris le parti de faire toujours parler,Spallan~anilui-rsême , comme s'il avoir

été

le rédacteur de ces mémoires; et j'ai' pris ce partid'aUlaTlt plusvolontiers que je...mesuis souvent

servi

de ses expressions. Je

n'imiterai

sûrement ni ion.élégance , ni saclartd ; mais j'Q6~ofQÎre

que: j'ai rendu avec vérité tour ce

(9)

jx

qtle j'ai appris en étlldiant ses [ournaux , et

comme

je me suis proposé de joindre quelques mémoires

à

Ce'IX de Spallanzani pour

l"emplir

plus exactement le plan. qu'il auroit suivi, et pour faire remarquer des

r'pportset

des con- séquences qui naissoient ~aturelleme(Jtde ses experiences , je Ies ai séparés du reste: pour éviter le risque de faire attribuer à un grand homme Ia foihlesse des conceptionseldes idées d'un éditeur qui s'est peu occupé de physiologie animale, et qui ne prétend nullement au génie, au savoir et à la grandeur des vues de ceiui dont il aime publier les belles et importantes découvertes.

Eu méditant sur les journaux d'expériences

de

:ce profo(Jdpbysiologistc, j'ai eu.l'occasion fréquente de rC1Uar(jUer son amour opiniâtre

po~r la vérité et ses rares talens pour la dé- couvrir.

Il n'y

a aucune des expériences' ren- fernlêes dans les:

lIémoires

suivans , que ce

~aturaliste, [ustement celèbre,

n'ait répété

plusieurs fois de ,la même Dlabièl1e,o\l 8VE;C

.descirconstances dilférentes; ilIl

'y

a aucune

de

l~f1Se'J;périence's.répétées, dont ....~ IJ,~,:til ,Qiscuté avec scrupuleTes ..~ilftirenaes, ~oliqll'il

.. y

en

ft t'fu, et doat il n'ait .cherché la causeavee

inquiétude

"jusque~ àc~ qlt'ilJ!elÎ~.lrollvée;

"out comme

il n'y.'

a aucune de celles, ..

doat

(10)

il a varié .les eonditions dont il n'ait examiné avec soin toutes les circonstances pour en déterminer l'importance et en tirer la lumière qu'elle pouvoir offrir.

On aime le voir revenir des idées qu'il s'é- toit faites sur les causes des phénomènes, quand les faits Itô montrent qu'elles n'avoient pas été solidement établies. On Je suit avec

intérêt dans ses calculs pour

estimer

la valeur

de ses expériences ct de ses observations, d'après les circonstances, où elles ont été faites, Je degré de soin qu'il

y

a apporté et l'inten- sité d'attentiou qu'il y a mis. On est souvent porté à se plaindre de Ia sévérité de ses

juge-

mens sur ses opérations, et de son impatience quand il croit avoir mal opéré: cela pourroit

servir

d'excuse

aux critiques qu'~1

se plait à faire de

ceux

qui ont traité les mêmes sujets que lui, et qui ont eu le

malheur

de se trom- per: on peut aisément soupçonner qu'il se croyoit dispensé pour les autres des égards, qu'il ne .savoit pas avoir pour lui - même;

n'ayant

des

yeux

que pour la vérité, il

auroit

eru luimaoquer, s'il

avoit

ménagé ceux qui

ne

l'avoi;entpas

su voir ;

mais aussi il ne leur

laisse

-aucun

doute

sur

leurs fautes; il

leur

démomreIeur erreur et il leur en fait toucher

Iaeause,

(11)

xj D'un

autre

côté,

on ne, peut

s'empêcher

d'admirer sa patience dans la

répétition

des expériences importantes, ou de celles

qui

pou- voient être relatives

à

des sujets controversés ; elles ont eu beau lui demander beaucoup de temps et de peine; elles ont eu heau être infiniment dégoûtantes, il les recommence tou- jours, et les recommence lors même qu'il est sûr d'avoir

hien vu,

et qu'il peut croire que ses espériences ont été hien

faites: il

est

vrai

qu'il avoit souvent remarqué l'utilité de ces répétitions, non-seulement pour obtenir de nouvelles preuves de la vérité des expériences répétées, mais surtout .. pour recevoir de nou- velles instructions, par les observations

non....

'Velles qu'il savoit faire en les

répétant

,et par les nouvelles réflexions que la présence de l'objet lui procuroit. Il ne quittoit aussi jamais qu'à regret les

sujets qu'il avoit

le

plus

tourmenté , parce qu'il craignoit sans cesse de ne les avoir pas encore épuisé.

Enfin

ce

qui m'a

le

plus

étonné dans les recherches de SpalJanzani, et surtout dansles J"OUl'naux de ses expériences que j'ai eus sous les yeux, c'est cet ordre sévèrement

logique

qu'il met dans les idées qui le dirig~Dt et/les operationsqu'il exécute. En

vain,

il suitdefront

divers .objets , sa marche est toujours

régulièr~

(12)

pour chacun , elle n'est jamais interrompue par des écarts ,

à

moins

qu'il ne

rencontre des obstacles insurmontables, ou qu'il ne soit forcé de prendre des chemins détournés pour les vaincre; c'est un 61 'qu'il semble dérouler sans peine, et lorsqu'il se trouve arrêté par quelque obstacle, alors, supérieur

à lui-mêrne,

il trouve le

moyen,

ou de se faire une route au travers des

difficultés

qui suspendoient sa marche, ou de dénouer habilement le nœud {Jui retardoit la suite de ses opérations.

On pourra retrouver ces différens traits de

sag~lcilé,d'adresse, de patience et de génie dans cet ouvrage, où j'ai rassemblé. et

décrit.

les principales expériences rapportées dans les journaux d'expériences d'où je les ai tirées,

Ces Mémoires présenteront une nouvelle manière d'étudier les animaux, de nouveaux rapports àsaisir pour faire I~ur histoire , des chapitres originaux

à

introduire dans leur phy- siologie et de grandes vues

à

ajouter à

celles

qui forment celte sieence. On sentira, en li- sant cet ollvrage, qu'on ne connoissoit pas, àheaucoup près, Iesrapports de l'ail' avec le règne animal : 011 Y verra

que Spallanzani

oUv..e une nouvelle carrière aux Naturalistes et aux Médecins; qu'iL .fournit des <tonnées

pour

e~pJiquer

divers phénoraênee sans solu-

(13)

xiij

tion , et qu'il conduit à la recherche de ces grands faits qui dévoileront peut - être les

mystères de l'assimilation et ceux de la per- manence

des lois de la

nature dans

l'éco-

nomie animale.

Des

hommes plus savans que moi dans cette belle science agrandiront da- vantage ce vaste horizon, et sentiront encore

mieux que moi le grand

prix

de cet ouvrage précieux.

Je sais qu'il y

a

de grands

physiologistes qui n'aiment point

cette

marelle

lente de Fa-

nalise pour arriver aux vérités capitales, qu'ils énoncent;

sans

doute

on

peut

et 1'00 doit les

croire sur

leur

parole, parce

(IU'iJs

ont fait pour eux ce grand travail qu'ils cachent aux autres; mais

n'est-ce

pas un

beau spectacle

à présen~er aux hommes qui pensent, que celui des pas

tracés

par

Je

génie pour arriver à la vérité?

N'est-ce pas

une grande

leçon

donnée aux amis de la vérité pour leur ap- prendre àla trouver

?

N'est-ce pas enfin une

suite de

démonstrations

qui

supprime topsles doutes et

fait

avancer sûrement la

science.

J'ai changé le titre de cet ouvrage, parce

qu'il n'offre pas seulement des

observations

et des expériences sur la respiration des ani- Dlaux;

mais

parce

qu'il

montre

l'action

,de l'air sur le poumon, avec

celle qu'il exerce sur:

(14)

·

XIV

toutes les parties de l'anima) pendant sa vie et après sa 010rt; d'ailleurs on

y

trouvera encore des recherches du même genre sur les plantes:

de sorte que l'on

y

pourra suivre réellement divers rapports de l'air atmosphérique avec tous les êtres organisés.

Quoique je ne croie pas m'être ~carté du vrai dans tout ce que je viens de dire, je pense qu'il est encore nécessaire de rappeler ici au lecteur que, quelque considérable que soit

la

masse

des

faits

réunis

dans les

l\1é-

moires que je pul..lie , elle auroit ét~ sûre- ment accrue par Spallanzani, et l'on verra bientôt que la collection n'est pas complètej

que tous les sujets

n'y

sont pas traités avec la même étendue; qu'il

y

a quelques parties d'où la lumière ne jaillit pas avec la même abondance et la même clarté que Je plus grand nombre des autres, et l'on pleurera davantage ce grand homme quiétoit peut-êtreseul capable de finir ce qu'il avoit si heureusement commencé.

Enfin, pour éviter (les répétitions inutiles, je suppose qu'on eonnolt tout ce que

Spal-

Janzani a déjà dit sur ses procédés eudiomé- triques

et sur ses

moyens de calculer les ab ..

sorptions et les productions des gaz opérées pendant les expériences qu'il a faites, parce

'i11'iJ'a

constamment

suivi

la

même méthode

(15)

xv

décrite dans le premier des trois :A'Iémoires

déjà

publiés.

Je me suis

toujours

permis de faire les réflexions propres à servir d'introduction aux Mémoires,

de même

que

celles qui

pouvoient

servirà

lier

leurs

paragraphes

entr'eux; mais je

ne dissimulerai

point.

que je me

suis peut-être

permis des écarts d'imagination dans l'expli- cation de quelques phénomènes; cependant, comme

on

ne les trouvera

que

dans des Mé- moires particuliers qui porteront mon nom , j'ai pensé que je pouvois

les

proposer sans danger , parce qu'ils m'ont paru propres à

exciter l'attention des pllysioJogistes sur ces

sujets importans, Je dois aussi

avouer

qu'en faisant

ce travail j'ai

souvent déploré mon ignorance sur

celte

partie des sciences phy-

siques

qui devroit

fixer tous

les regards, parce

que j'ai vivement senti que J'on

pouvoit

trou- ver, surtout dans

les

animaux et les

plantes, qui sont

certainement

les chefs-d'œuvre de la

création, et

qui

paraissent

avoir

les rapport$

les

plus

nombreux avec tous

les

autres êtres,

l'expression directe

de

ces lois souveraines

établies pour

régir

l'Univers.

Je ne dirai qu'un 010t sur

l'épigraphe

tirée

d'Hipocrate, que j'ai mise

à la tête

de ce

livre. : en

parcourant l'édition. que le celebre

(16)

. .

Corai a donnée -des Épidémies du'

Père dé

la Médecine, je fus frappé de ce passage qui me présenta nettement , dansquelques , mots toutes les découvertes de

SpalJanzani;

mais je suis bien éloigné d'imaginer qu'Hipocrate ait! jamais pensé au sens que je lui-donne , et

l'on

ne

sauroit le trouver ni

dans la doctrine de ce Médecin philosophe, ni encore moins dansle lieu où je l'ai pris

,i'

ai cité l'édition de Foesius,

folio,

Francofurti ad ltlœnU71J, t6!Jo,

page

Il.90; elle est plus connue que celle de

M.

rCorai (1).

(1)le me suis servi, pour la réduction des mesures et poids anciens aux mesures et poids nouveaux', des

Tabl~ de M. Brisson publiées daas l'an VII.

Depuis l'impression du second volume de cet ouvrage, j'ai lu Conversations on cll,8mi.$try~ où j'ai trouvé une explication du frisson qui précède la fièl'.re, et de la chaleur qui l'accompagne, fort analegae à celle que 'je croyois avoir découverte.

(17)

TR.AITÉ

DE LA

RES P 1 RAT ION.

M Ê MOI R E l V..

De

la

respiration dea P

e76.de

terre.

fil'

S 1.

L

A différence

d~

organisation

du.

ver de terre Iombricue (Lin.), quand OBlecompalie avec les limaçons , les limaces,

les

moules et les huîtres , sur lesquels ont

été

faites les expériences racontées dans les trois premiers Mémoires; l'ignorance pro- fonde eù l'onest sur la structure de cet animal;les phénomènes singuliers que l'on a découverts, presque par hasard, SUl- la respiration de ce ver-, ',devoient

el1g~tger às'en oçcuper, particulièrement8OU8 c~

dernier point de vue, et à faire les expériences propres àdévoiler les effets qu'il produit surl'air.

La plupart des vers que l'on connoit respirent par des trachées ou desbranchies:les versin~estina1lX.,- par : exemple ,ont lepremi~rde ces ol~g~n~ .,;é~

quelques vers aquatiques possèdent le second; Iq~

Rhediet WillisJ .,quise .. sontpeut..êb·eoccupés~ql~

,del'anatomie du verde"t~rre, .... rlont :rien .~Pl'l·is::4~

tfOMB 1.

A '"

(18)

satisfaisant sur l'organe respirateurde ces animaux, ilsontàpeine formé des conjectures vraisemblables sur sa place; de sorte qu'il faut attendre de nouvelles recherches pour pouvoir s'en former une idée : maisonsaitàprésent, par les expériences suivantes , que ces vers n'ont point de stigmates comme les insectes; qu'ourle leur aperçoit point de branchies, etqu'on leur "oit rendre l'air dans le vide JX,r la bouche et par l'anus ; de SOl..te que l'air pourroit agir chez eux surdesorganes qui auroient quelque analogie avec les poumons des animaux qui en sont pourvus, ou de quelqu'autre manière.

Les expériences de Bonnet et de Spallanzani avoient bien prouvé que les vers de terre pouvoient supporter le vide assez long - temps sans périr ; qu'ils vivoient sous l'eau, et même dans l'huile, pendant plusieurs heures, mais qu'ils y périssoient enfin lorsqu'on les forçoit ày rester plusieurs jours : enfinon avoit vu que ces vers mouroient d'autant plus 'rite sous les récipiens où on les renfermoit , que ces récipiens étoient plus petits et les vers plus nombreux. Tout cela annonçoit des rapporta déter- minésentre ces vers et l'air atmosphérique, et fout cela aetrouvoit confirmé par ce que l'on saitde leur histoire.

Ces'Vers habitentsons la terre, dans des espèces de 'galeriesqu'ils s'y creusent et qui sont assez justes }lOurn'offtir qu'un cylindre creux qui les touche pr5que partout; ils ne peuventy trouver qu'une quantité d'air fort petite; maisilspeuventYchanger

:.~ place en avançant ou en reculant. On sait de

(19)

( 5 )

In~lne

qu'il yen aqui seplaisentdaJles(umierst énfm les versintestinaux vivent dans des retraites où l'air pur n'est pas abondant, où il ne

paroît pas.,

l'enou,"eleravec facilité, "et où il doitêlre80uillépar les gaz acide carbonique, hydrogène et aZ()te~·

n

résulte donc de cm expériences, que les ·0011110"

sances que l'on avoit de l'action que l'air exerce

sur

les vers de terreétoient au moins très-doutensee., et qu'il ètoitimportentd'y répandre la lumière qui y manquoiti c'est précisément ce que fon trouvera dans les expériences suivantes.

s u.

Au

milieu

de toutes ces incertitudes, il

falloit

d'abord rechercher directement ce que I'air

commun

deviendroit quand il seroit en contact avec les vers de terre.

Je pris une

poignée

de ces vers pour remplk ce but) et je les renfermai avec de la terre humide soua un récipient contenant 85,86 centimètres cubes, où4 ponces

t

cubesd'air commun;je fermai le

vase

avec du mercure..

Les vers se cachèrent d'abord dans la terre humide que j'avois

laissée

80us le récipient ; mais jeIDetardai }>aSàvoir le mercure st

Y

élever , ce qui m'annonçeit la diminu!i.ondel'airrenferIQ.é;.l:élév~t.iQDd..JJm~[­

CUl~ continua très-lentement pendant 15 heures , alors il me

parut

stationnaire.

Les .

vers sortirent de terre et se promenèrentasses vite. Rutin ,au boutde 26 Ileures,·les vers me semblèrent maris;lorsquej~

les~UIretiré de cette prison, quelques- unsétoient

(20)

sans lDouvemellt , d'autres commencèrentàsemou- voirquand ils furent à ..l'air libre; mais il

y

en eut pourtant un petit nombre dont la vie fut vérita-

bl~~lterminée.

: i

h,rtia

avoir examiné l'air du récipient où ils .tpj~t.vécu p~r mes procédése je trouvai 9° ~ de gazoxy.gèlle , 5°

i

d'acide carbonique , et par censé- R,Jlent 85~d'azote (1); mais comme l'air commun

J1?~nconlÎentque 75 , il est clair qu'il

y

eut)20 de gaz azote produit, en supposant que .l'air atmosphé- rique contienne 270 de gaz oxygène vu de son volume.

§

III. .

Cette expérience n'étoit pas propreàinspirerdela confiance , parce que la terre pouvoit fournir de J'acide carbonique., tout comme elle-pouvoir en absorber, parce qu'elle étoit humide. Je 1"(:6s doue cette expérience en plaçant quelques VC1~ de terre sousun tube contenant20,41 centimètres cubes, ou unpouce';cube d'air/commun; l'appareil étoit fermé par lé mercure; mais quelfut mon étonnement de trouver , au bout d'une demi-heure , les vers avec l'appat-ence de la mort; je les retirai de leur prison , et je trouvai effectivement que les plus petits a voient perdu le mouvement , et que deuxdes.plusgl"ands

1 (1) Note de

r

Bditeur. J'exprimerai toujours tes aegrés d'ab- sotption ou Waugme\ltation , eouœie ceux du thermomètre, ....

anWoplacéau-deasusduchiffrequi en iDdiqueraleDoJDbre: J.

"olume. de l'airsout toujours supposésco~100partie.clou les autresnOlnbl'es 'crOllt les li'actions.

(21)

( 5 )

se mouvoient encore : cependant , durant ce petit espace de temps, ces vers absorbèrent 5° de gaz oxygène

,Pl'tOOuis

cÎ11ent ,j ° ci'àèide càrbo)lÎqa e :.f.et laissèrentl'azote sansaltération. .

Cetle expérienee , qui peut paroitre inconil>lête'j est éependantremarqua"le,'puisqh'elle montre l'ae-r tion qlle ces vers exercent sur~8azoxygènepbUl") le diminuer.

Elle me rappela ce

que

Rhedi~avoitobsetvé,dant sonouvrageDegli'.A.nimalivt';~n~inegli'Animati,L 8'.1rl'action meurtrièreque.lemercure eXCl'Oelsul~la vers. Voici sesI)ropre~paroles. «Je misdllllS'Jnpetit vase une quantité suffisante-dê mercure:'~ilr!en

couvrirIe-fond ; jeplacei snr.cefond.nn-très-groè

.er-:

de terre, qui-se conteurna éf'abbrdavecvioleDcej,~

et.

jeta'

'beauooup'

d'écume-et-de viscosité; ilpén1r,airui au bout de

24

heures :

it

mepartlt,~lorsretiréet).lair' même et contourné, Jerépétaiicetteexpérienc~a..-eb.

unver plus grosfluel~ptécêdetat:(ilv~cut1plUlIe.8~

temps

,lmaïa

ildevintplusdnr.Enfin

je répétai.œattl

expérieaeesur6autres vers:··4··périrentdans6;heu.lies, en':mon,traal,;J,es mêmeseppUertee& quele

premier·;

et les2

autres

finirentde'Wweanb6ut de g.-beü.J-eso leurs.·.c~ntra4tions comm~ent.pal'..·laqueue " •.•.•t(

quand"je 1.. t"tiraidedè8susi~le mereui.~"

m..•.

~'fir-.

péniblèm~rtt' quelqueS,mbu.,:émeD&1a..-eb··Ja~,ta~.y(..

traînèrentle'testede'learcorp..J»):J::'n .

Ceslexptiierlces'me'patil.4kplÎflaep'la'

.,prompb

titudede la mort deJlles<?~placés sur le mercure, el. confirmer

l"

opiniond~~uXqui regardent le mer- curèooJnlJle'Ult'vermifage;lettoalbB·wên

OODvaiDére

moi-mêmeenpoursuivant ces expériences.

(22)

§

IV.

Je tins pendant 18 heures 7 vers de terre d'une grande taillesous un tubecontenant29,71 centimè- trescubes, ou un pouce

l

cube d'aircommun, fermé par le mercure; ils étoientencoreen vie à la fin de ce temps-là ,et l,e .mercure ne me parut pas Ieur avoir causé aucun mal :j'aifait la même .observation diverses fois de la.

même

manière, avec le même résultat ;desorte qu'il faut attribuerà d'autres causes lamort des vers de Rhedi, et celledesvers de l'expé...

rienceprécédente,

Les fragmens de vers de terre produisent sur l'air le .mèmeeffet;Jeleslaissaisur le mercure pendant les 5.1derniers jours du mois de décembre; .. je los retirai au'boutde cc temps-là : Iaplupart étoient morts,

~lques-uns bougeoient encore. Je fis l'essai de l'air, etje.trouvai 80.d'acide carbonique produit, et un

~).lldegré de gaz oxygène resté, ce qui s'accorde avec Ies-expériencesque j'ai racontées sur les Iimaçons,

J'examinai l'air où ces 7 versavoient vécu, et je trouvai qu'ils avoient absorbé

l8°

de,g~o)(ygène:t

Qll1aeentièmesdu volume del'air,et qu'ils avoient pl!oduit '9?d'acidecarboniquej il me:'pAl"ut que 10

ga~atote étoitl'estésans alteration. Il est doncdé-

:œoJ;ltré·'qu.~ les veraabsorbent le ga~, q:~ygène, et produisent l'acide carbonique quand ils,viv~nt.sous d~féQipieb&pleinsd~air ;~,fermés par.le.mercure,

$

V~

'.Mais ai

lesVel'8a

bsarbent

,~i.nsilegaa'():l;ygènedana

(23)

( 7 )

l'air commun , ilétoit bien probable qu'ils I'absor- beroient de même quandils seroient placés dam une atmosphère de gaz oxygène pur. Pour savoir donc ce qui arriveroit , je plaçai 7 vers de la même taille que ceux du§ III sous un tube contenant29,71 cen- timètres cubes, ou un pouce

i

cube de gaz oxygène fermépar le mercure; je les

y

laissai 18heures dans Je même lieu et pendant les mêmes momens de la journée; je les retiraivivans,et, après avoir examiné le gaz, je trouvai qu'ils

y

avoient absorbé 45°

de

gaz oxygène, et qu'ils avoient produit 170 d'acide carbonique,

Ilest donc bien sûr que les vers absorbentle gaz oxygène, et qu'ils en absorbent davantage quand ce gaz les touche de toutes parts, ou quand ilspeuvent le respirer sans mélange.

§ VI.

Que deviendront ces vers dans le gaz hydrogène1 J'en mis plusieurs sous un petit récipientrempli de gaz hydrogène pur: ils y étoient placés sur ·une éponge; mais quoiqu'elle empêcha hien le contact.de l'eau,ily'en eutquelques-uns quiparvinrent à quitter l'éponge et à entrer dansce fluide;. il Y en eu:taussi quelques autres qui restèrentàla place oùjelesavois mis; je les visitai aub~utde 48 heures de clôture dans cette atmosphère : ils me parurent morts lorsque je les en retirai; mais au bout de quelque temps il~

commencèrentà semouvoir,et ils reprirent leurs.

habitudes ordinaires. J'ai cependant observé sur deux d'entr'eux que le sang de la grande artère

y

étoit

(24)

tlevenu d"unecouleur plusobscure, et qu'il8'êloi~

rasSemhlé en grande quantité dans ce vaisseau.

s VII.

Mes expériences précédentes sur les testacées m'avoient appris que ces animaux morts absor- bôient encore le gazoxygène ,et qu'ils Fabsorboient mêmeparleur coquille; de sorte que , pour juger si les vers de terre absorboient le gaz oxygène autre- ment qlle par leurs organes respirateurs , je voulus comparer J'action de ces vers morts et en vie sur le gaz oxygène.

Je choisis donc deux tubes d'une égale eapacité , je'16 remplis avec la même quantité d'air commun, et

mis sous l'un d'eux quelques vers vivans ; je missous i'autl"e un nombre-égal de vers égaux, que je venois de faire périr dans reau bouillante; je fermai les deux tubes avec le mercure, et je lesy

laüSà.ifpenaànt

18 heures; après ce temps écoulé je

fis

l'exanfeD de}'air.

Dans le' tube où j'avoisuiis lesvers vivans , je trouvaî que les deux tiers étoientmorts; que l'air où ils avoienlêté avoit perdu tout .son gaz oxygène, ètqn'll 'ya'voit en 8° d'acidecarboniqueet8° deaaz azote produits,

'Dans

le

tube où lesveriJmort&avoient~léplacés , je trouvai. qu'ils avoienlabsorbé lOOjde gazoxygène,

et qu'ils

avoient

produit 4°i

d'acide carbonique1 et'6°del8az ..asote,

Ainsi'dôbofeSverSDlt->rtSâh~rbent le,gazoXY8~ne

~onuneles'vivam,~'màisils

en

IbSorbentetproduise!lt

(25)

( 9 )

aussi moins d'acidecarbonique. Il sembleroit encore, par cetteexpérience et par les précédentes, que les , vers morts produisent le gaz azote.

§ VIII.

Si cesvers morts fraîchement absorbent le gaz oxygène, l'absorheroient-ils de la même maniète quelque tempsaprès leur mort? Cette question avoit son importance, parce qu'elle offroit le moyen de savoir si quelque resle. de vie influeroit encore sur cette absorption, ou si elle seroit dépendante'uni..

quement de la fibre animale.

Je misdOlICces vers, morts et abandonnés àeux- mèmes , jusqu'au moment où ils commencèrentà perdre leur fermeté par leur,?écomposition ,sous un tube semblable aux précédens, contenant .le même volume d'air,et fermé par le mercure; je

les

laissai ainsi pendant22 heures, après lesquelles j'examinai

J'air oùilsavoientété, '

Je trouvai alors qu'ils avoient absorbé 'If!de gaz oxygène, et qu'ils aveient produit 70 d'acide.car- bonique et 4° de gaz azote.

Il paroît donc que les vers qui ont commencéàse décomposer absorbent moins de gaz oxygène, et produisent moins d'acide carboniqueet moins d'azote que les vers fraîchement tués

(1).

(l) NotederEdit.,.,,QuQique les expériences ..

<M

composent ee mémoire netraitentpoint d'uA manière complète ce qui regarde la ."espiraLioD des vers deterre ,et l'on a'en .percevra 1>ientôten lisantles mémoiros8uivana, je n'ai pointvoulu supprimer Gd:ni-ci, farcequelesespéricaççaCfu.'areD1erme olfrent pourtautdÇlCaio

(26)

SIX.

On ne pourroit mieux terminer ce mémoire sur la respiration du ver de terre qu'eny joignant une Dole que Charles Bonnet inséra au

§

CCXLIV de ses Considérations sur les corps organisé« , dans laquelle il donne un extrait des observations que Spallanzani avoit faites sur la respiration de ce ver, et qu'il lui avoit communiquées depuis long-temps,

«( Je me suis exprimé ici d'une manière plus positive que je ne l'avois fait dans le Traité d'imectologie, et pourlant jen'avois pas fait de nouvelles recherches sur la structure du ver de terre quand je composai les Conaidéralion8 sur les corps organisé..,. Je m'étois bornéàdire , dans le premier ouvrage: J'ai cru voir de plu« dane cette tpU!U6 nouoellement formée de8ouvertures ou stig1n4tes quiserventcl la respiration, et qui m'ont parllt être au nombre de deus pour chaque anneau. Ces mots J'ai cru ooir indiquent assez que je n'étois pas trop sûr d'avoil·bien vu; j'anrois donc dû dire encore, dans les Üonsidératlonss J'aicru voir,ou

r

on crovoù apercevoir. J'ignore ce qui m'avoit trompé tandis que je faisois cesobservations; maisM.I'SpaUanzani , qui a beaucoup plus approfondil'OleganisatioDdu ver de terre qu'elle ne l'avoit encore été, m'a écrit, le

Cllrieus et importaBse J'aihésitéIlàla vérité, un mOlnent.v.utde les mettre au jour, parce que j'arJieu de croire que Spallaazaui ne Ies auroit pas publiés~"aDtd·.yoir fait d'autr. espérieDC:esqlli étoient indispensables pour mettl'e ce mémoire au ni..eaa cIea autres.

(27)

t

11 )

21 septeb1pre

1766,

qu'il n'étoitpoint parvenu à déeourrirde stigmates au ver deterre , quelque soin qu'il eût apporté '.ftcelterecherche. Ilme commu- niquoit en même temps diverses expériences qu'il avoit tentées pour s'instruire de lamanière dont la respiration s'opèredanscette

espèce 'de

ver : en voici Je précis,

Les vers de terre ont.besoin d'un airquise renon- Telle: lorsqu'ils sont renfermésdansdes phioles de verre scellées hermétiquem.entetdediffél-entes capa- cités ,

ils

y ont toujours péri lesunsplustôtet les autres pJus

'lard,

dlD&le rapport de la capacité des phioles; c'est-à-dire, qu'ils ont vécu plus long-temps dans les phiolesdontla capacité étoit plus grande:

il étoit bien prouvé qu'ils

n'y

avoientpas péri d.~

faim, ni par

le

desséehernent,

Les~er8 de terre' mis enexpérience dans le vide

y

périssent

au

bout de deux jounI'; ,plusitlurs se il-animent parl'introduction de l'air.

Si l'oncouvre d'huile les côtés du

ver',

il n'en B&uftiil'a' point, ,M~'" 'Spallansani a plongé en entier dans t'huile desvers'deteJ.~re;illes y:alàissé8pendant . 19 heures, et après les en avoir retirésil,les a placé dans'une terre humide ;' ils

s'y

sont ranimés et ont paru très-vivans,

Q11l\nd l'observateur les a plongés dans l'eau,iln'a rien aperçu qui ressemblât~ce que j'ai raconté des chenilles, Rechërolte,'8Ut'larespiration d88 che- nilles~ (fluvrea~'I',II. Ilft bien vusortir beaucoup de bulles d'air , mais ç'a étéprincipalementde la bouche et

de l'anus.

Il

a observé

lesmêmes choses

dans

le

vide.

(28)

n

semble donc qu'il soit bien copstaté,

par

cesexpé- riences, que la respiration ne s'opère pa~dans levec de terre comme dansles chenilles, et quantitéd'autrC4 inseetes. »)

§

x.

TI résulte donc deces expériencessurles vers de terre :

1.0 Que les vers de terre vivans absorbent tout le gaz oxygène de l'air atmosphérique; qu'ils produi- sent de l'acide carbonique,etquclquefois dugaz azotee.

2.°

Que l'absorption qu'ils font du gazoxygène pur , quand ilsysont placés,estplus grande que celle de cegaz quand ils sont mis daIlsl'air atmosphérique;

5.0 Quele mercure ne

fait

point une impression mortelle sur les vers de terre;

4.

0 Que les versmorts absorbent le gaz oxygène;

qu'ils produisent les gaz acidecarbonique et azote , maisqJl'ibIlbsoribent moinsde gaz oxygène,et prOt- duisent moins d'acide carbonique que les versTiVftD85

5.

0 QueIes.vers.de terre morts quise putréfient absorbent

moins

de

gaz

oxygène ,

qu.'iIs proeJuisenf;

moinsd~acide .carbonique .. et d'azote que le velf fraîchemeJlt tués;

6.0Que les.vers de terren'ont

point

de stigmates comme diversinsectes.

- ..===:;)t~*'~4C:iIL~,,-,-

(29)

§

1.

( 15 )

M É MOI R E V.

JI

// Sur larespiration dea insectes.

Il

1

Les insectes, par leur nature, par les circonstances variées de leur vie , par leurs différentes habitudes et leurs différentes habitations, pendant leursdiverses manières d'exister , offrent un spectacle singulier, quand on les compare avec les grands animaux. Ces différences , si grandesà tant d'égards ,e~sollicitent nécessairement d'autres dans la conformatioa de leurs organes, et dans leur emploi. Ainsi, par exemple, on ne rem~,1,:,'"ue poiut chez eux de.po~monspro"- prement . ' mais, une foule de vaisseaux. à air , l'épandus surlasurface intérieure de leur"corps du côté de la peau ,pénétrant dans leur intérieur , et communiquant avec l'air atmosphérique par quel- ques bouches quis'ouvrent endehorssur leurscôtés,

·ou sur leur corselet. Ils n'ont point de cœur pro- prement dit , mais, pour l'ordinaire, comme on le croit, une suite de cœurs occupant la partie supérieure du dos depuis la tête jusqu'à la queue, ou peut-être seulement une grande artère qui leur tient lieu du cœur. Ils n'ont point de sang rouge, mais une liqueur qui paroît le remplacer et 'dont on connoît fort mal Ieepropriétés,

, Acesdifféseacessifrappantes, ajoutons-end'autres

qui

sont plus propres encore àétonner." Le même animal qui sort de l' œu{ ne ressemble preique jamais à

(30)

l'animal qui pareîtra lorsqu'ileera près

de

finir 80ft

histoire; il n'aura souvent niIleSanciennesformes f nises anciens goûts,nimême IOngenredevie; mais encore, POW" arriverà

cette

dtl-Jûètedécoration, il est forcé de changer souvent son premierhabit, de se fabriquer ensuite

une

retraite , où ilreste plusou

moins long-temps sans alimens et dans un état de foiblesse qui lui permet àpeine de l~gersmouve- mens. Enfin, il quitte son obscurité et devient le plus souvent unhabitant de l'air, après avoir rampé

SUl' quelques plantp , ou l'écu dans les galeriea- souterraines qu'ils'étqit creusées, ou nagé da08 les eaux qui lui fonrnissoient saproie, ou logé dans la tumeur de quelque animal qu'ilirritoit en le ron-

geant etc. ,

On prévoitdtljà que ces animau:4fvent avOÏl' une manière de vivre accommodée àceltedifftJ:enle manière d'exister, des rapportsdifférens avec l'air qui lesenvironne dans ces circonstances, et même que ces rapports peuvent et doivent quelquefois êtl'"t' suspendus; mais toul cela offre, sur le sujet dont on

8'occupe ici, desrecherchesparticulières,

Pour mettre quelqu'ordre dans les expériences tûtes surcette vaste matière, il paroît convenable de les rapporter séparément aux divers genre.

qui en ontétéles objets , et de considérer de même chacun d'eux dans les divers états où ils se rea...

contrent naturellement;ainsi il faudra les voir suc- cessivementdans leur état de larves, de chrysalides ou de

nymphes,

etdans celui où.ilsontatteintleur pel.fuetion. Je commence

par

les chenilles.

(31)

( 15 )

CHA'P 1 T REl.

Sur la respiration de« C'henillea.

"

§ II.

J'avois vu, le28 mars 1795,que les petites che- nilles, à la fin de l'hiver,avoient augmenté Ieur volume sans avoir augmenté leur poids ; le 27 dé- cembre.. 1794 il-en falloit 15 pour peser 55,08 milli- grammes, ou un grain; cependant, le28mars,ilen fallut le même nombre pour retrouver le même poids: elles se mettoient alors en mouvement quand je les touchois, mais elles restoient îmmobiles dans leur nid quand elles

n'y

étoientpas ·inquiélées: au 15 avril ily avoit 5 jours qu'elles commençoient à se promener sur les pommiers fleuris qui poussoient des feuilles.

Cejour-là elles avoient4,51 millimètres, ou deux lignes de longueur et~ ligne de largeur;ilen fallut encore 15pou.rmettre 53,08 milligrammes, ou un grain en équilibre.

D'où vient cet accroissement en Iongueur et en diamètre? Seroit-ce parce que le froid avoit rendu ces chenilles léthargiques? Il n'est

pas

fa·cileq~le croire: ces chenilles étoient bien restées

d.a.nI

mOI)

cabinet, où la température étoit de 90 , et où elles avoient été plus ou moins éveillées et plus ou moins en mouvement ;

d'ailleurB,

ellesd~tQi~llt nécessai-

r rement avoir perdu une partie de.Ieur poids par la transpiration insensible;il faut donc .qu'elles aient conservé le mêm,e poids sans doute, parce q~'~lles

(32)

( 16 )

avoienttiré de l'extérieur un supplément de

matière

qui a compensé la perte qu'elles avoient dû souffrir, et favoriser Je développement qu'elles ont reçu, puisqu'elles n'avoient point mangé; mais comme je montrerai qu'elles absorbent unegrande quantité de

gat oxygène,

ne seroit-il pas possible que ce gaz oxygène absorbé eût fourni ce moyen de compel1'-' sation

(1)?

Je pris un de ces nids rempli de ces insectes , je le placai sur le carton d'un livre,et au momentcelle petite armée de chenilles le couvrit : la température étoitentre I l et 1 20.

C~chenilles commençeient déjà à filer:jepris nn de leurs 61s de soie, je cherchai d'en détacher l'animal, mais le plus 8Q11'Venl le fil ne se rompit point, et la chenille y resta suspendue; elles cou- vrirent leurnid elles branches voisines de celte soie , qui leurservoit de grand chemin, et quilesramenoit sûrement à leur habitation, oùices tapis qu'elles avoientfiléles conduisoient toujours naturellement par une voie douce et agréable.

§ III.

La lumière qui paroît influer sur l'existence des papillons, puisqu'on. les distingue en papillons de jour et en papillons de nuit, influeroil-elle de même surlavie des chenilles?

( 1) Note derBditeur, Spallauuni le propoaoit de faire des expériences lur ce sujet, mais je n'en aitl'ou'Y' ...euewaceclau Iespap~~aque j'ai eua eotre le.mains.

(33)

( 17 )

Le!lB Novembrejelaissai;

errer

dansma chambre

~es chenilles

'du epou; je les M-. vues se

prOJDener~

'pendant tout ~jour,.et s'arrêter pendant la nuit , quoique j'eusse des chandelles alluméesda.DSl~ Iieu où ellesétoient, fSeroienl-eJ1~.aussi des chenillesde jour comme Ieurs papillons ?Ceci formeroit ..

9B

nouveau rapport entre les papillons et Ieura che- nilles. On ne sait pas si cela s'observe s~ d'a~tres

espèces; on sait seulement que les chenillês..

propes-

sionnaires sont nocturnes comme ,leurs papillons ,

-6UiV,Ult Reaumur.

§ IV.

Après avoir raconté ces

fàits

relatifsàl'histoire des chenilles , je viens à mOIJ.but principal: je v~ux

chercher les rapports de ces animaux avec l'air.

A.u mois d'octobre j'exposai sous un réçipient , contenant 59,6~ centimètres cubes, ou 2 pouces cubes d'air commun, ,une grosse chenille ,:,o~;

~'app~ilétoitfermé par l'eau;ene

y

resta 22he#etJ.

au

bout

de

00

tem~là

je

ren retirai; ~ ••. e~it

encore vivante 6 heures après avoir été

retirée

'de cette clôture~.elle ne meparut pas même

y

avoir souffert:cependant,aprèsavoir~t

l'essai

del'~.où elle avoit été , je trouvai qu'elle en avoit

a""r'be

toutlegazoxygèneetqu'elleavoitpr~d~t20·d'aëid~

carbonique. •

§ v.

Cette

expérience n'étoit .. pas

assez rigoure~

,

pirce que l'eau absorbel'acidecarhonique;je voul.

donc la varier, en la ~t$~~JDfh'Ctri-e. J~~i'

~ çh~nill~:~~ .~~ .'. ~. ~ tu~

..contenaI\t11J,7J-

'~rO:ME 1~.''" " . v,. B ' '..,.>

(34)

( 18 }

tentlniètres

cubes,ou-un Bonce~cubedfair

comtmm

~rmi pal' le mercure; je lesy laissai pendant 18

heùl":~: dès qu'elles

fl1fcllt

sousJerécipient, elles se promeperënl autour 'de ses'parois, et au bout"de 6'heurêsell~ étoi~tit .éncore'en pleine ,,-ie; mais ior~tié

lès retiraielfes IDe parurentmortes :je :6srex~mêndel'air~ ~lje trouvai

qu'elles

en avaient

àosorbê

tout le ga~ oxygène, et qu'cUes avoient prOd~it!()O~ d~acid~carbouique ,et 20 ~de gazazote.

II est dene bien 'cèrtainque les chenilles absorbent le gaz oxygène et prodnisollll'acide carbonique avec I'azote.•

S VI.

Toutes

ces chenilles , quiavoieot absorbé ce g:.z çxygène,étoientparvenuesà la fin deleur accrois- sement ; onpouvoit se demanderesiles chenillesqui

sortent

de Itœuf, qui n' ont pas 'èrieore mangé ,

"ti~I~~·oient de~!éltle lê gai oxygène

?

J'ai eu

r~a8i9J1 ~enfab'e I1expérience. l e pî·isenviron]00

~Ül~'c,berli(tes communes; 16 '.d'eptr'ellea pèsoient

55,08

milligrammes, ou un gl-ain ; elles ne me parn-

~~t.~~voÛ'euco~.~n~é:

je

tes enfermai sous

nn

~~ri~t ~nte~1l{~~g,64 ce~ètres c~bes

'.0\1

~

f!i>ù~'cu'6esd"aü:terméP4lJ;lemercurej dèsqu~elles

r~-erî( 'sous

le

rétipttmt

'eUes se

rêpahdfl'ent

autour cie ses parois , et s'arrê&4reut ensuite biéfitatpour- travailler à des toiles très-subtilesr J'examinai l'air

~u

récipient

aubqutde ~3jheul·es;elles

y

âvoient âbso~~'170 deg,~ oxy~~ne, ~l

pfodüit t.td'acide

èar~~f{ue et

5°'

d~a~le•

~

le· miS

~,

mêmé" ,i ochenïJIês"pI.u grosses , puis-

(35)

( tg )

'lU'eÙél pesoiebt53,08milligrammes,011ungraln ,

ftOUSun récipientcontenant59;45centimètres cubes~ ou 5 pouces cubes d'air commun , .. fermé par le mercure; ail bout de 13.heures elles absorbèrent' 69 de gaz oxysène, maiselles étoient .. plusgrosses que Iesprécédentes , et elles avoient mangé. . Il est vraiment étonnant que ces atomes vivansj

et surtout ceux. de la première expérienee , qui n'avoient point mangé , absorbent une si "grande quantité de gaz oxygène.

S VII.

(36)

Dans ce butjepris2 tubes; je mis dans l'un

29,7'

centimètrescubee.ou un pouce

î

cubed'air commun;

dans l'autre je mis un volume égal de gazoxygène:

jefi.entrer dans chacun d'eux un veràsoie de la même grandeur et du même volume ; je les enfermai tous les deux avec le mercure, et je donnai

A

chacun une feuille de mûrier.

J'examinai leurs allures ; il me parut que toua les deux s'occupèrentàfuir hors de leur clôture; qu'ils ne touchèrent point la feuille que)e leur avoisdonnée pOlIr la mallger, et que le gaz oxygène n'avoir point accéléré les mouvemens de celui qui en étoit environné; mais ilm'est toujoursarrivéde voir lE'8 chenilles communes manifester plus long-temps la même vitesse. dans le gaz oxygène que dans l'air commun, ce que l'on ne peut attribuer qu'à l'action du gaz oxygène sur elles; mais ilœe semble aussi qu'il faut attribuer le ralentissement des autres à la diminution du gaz oxygène dans l'air commun, ct lal'augmentation de l'acide carbonique.

J'examinai l'air, où ces vers à soie avoient vécu pendant.ô heuresi eu les retirant de leur clôture ils me parurent prêts à mourir ; il. étoient au moins sansmourement , et le premier qui le perdit fut Je ver placé dans legaz, OX~Ygèll,i!;ilavoit absorbéJ~~de ce gaz; ou 45° , et produit 16°~d'acide carbonique.

L1autre avoit absorbé tout le gaz oxygène de l'air comrnun ,ou200et produit10°d'acidecarbonique.

Il paroîtdonc que dans le gaz oxygène le

ver

en absorbe plus que dans

r.

COIWJ)UBet

produit

plus

d'acide carbonique.

(37)

( ~1 )

Que sont devenus ces vers? Je pouvois raisonna- blement craindre qu'ils fussentpéris; mais au bout d'une demi-heure de séjour dans l'air librê~'ils reprirent la vie, et j'en ai

·,'vu

un dans

les

mêmes circonstances qui.fitensuiteson cocon,

En répétantsouvent ces

eip

ériences , .

je

me suiS convaincu que le vel·'àtsoie pouvoir absorber toutle gazoxygènede l"air eommun dans un vaseêlOs,·it1ii~*

Ie renfermoit, comme je m'en 8UÏsassul·é

par:;Jeiftoye.n.

du gal;nitreux, et j'aitoujoursvn daaacesexpériences que quoique le ver parût immobile lorsqu.'9n~·~;te

retiroit de saclôture,ilreprenoit le mouvemeD.t enlé mettantàl'air libre.

IX.

Enfaisant ces expériencesSUl'les chenillesi

, ]'&'Vllis

besoin d'en avoir ungrand' nombre 8Obs'la'~lr;

je les tenois pour cela dans de grands vases1de

vetre

avecquelques feuilles des

plantes

dontellesrse;nolir~

rissoient ;j'enfermoisl'euverture avec une8OCJ.cOapè peuriprévenir leur fuite. Ilsembleroitque~fJh~

nilles devoient se répandresurcesfeuillesdan~'_tè

la hauteur du récipient 'où ily

en

avoit;

inaiSj:'ai

observétoujours que les 'éhenillœ,quimangeoient sete~()ie&tstirlesfeuilles qui'étoientles plusélev~rj cette con~te',un1forlnitê dam;lechoixJd~,~:IèU!

place devoit avoir une cause; je -pensaidoncq.è.~

ehenilles:cherchoient .ce

'lie•.

pour' profitel-":d~.

filets

d'airquifléchappoient,parI~()uv~rfuresqUEtfêJ!ù.ttlif la soucoupe mal appliqUéesur la bouchedu

réeipieQ

cequi m'a semblémeQJ:rerd'une>àutre .'mani~. Je grand. :

besoin

que les chenilles~()Btrde,·;respir~~li

air pur. . r:

(38)

(

-.. )

s x.

en

nepel1tse fl\ire une idéeexacte de. quantll61 d:'aÎra~rbé par\ID

animal

qu'en Iescomparantavec celles quiontét~

.bsol'.béeJ

par W1autre : je trouvai bien que lesC)lenillça absorboientbeaucoupd'air rela ...

4Ïv~nt

à

leur volume ; J:nais celle conclusion ne

p:;tqvoit~tre solide qu'en considérant celteabsorp-

tipn,4;l~divers ~aqx;

je

,fus doue

curieux ·de .-.,.oif quel

seroit

le r41ppol't

entrel'absorption

fi

Q.

gaz··qlyg~e

par une

grtlnouille, et

celle qui

Cil

M9j.~fAÂW.pi.lrun. chenille.

POUl:faire celleexpérience d'une manière qui ne

laisyAt

aucun doute, je choisis une chenillequiavoit .l~t tg~Je18.gr~DQe~r,et jelaplaçaisous un tube ,QQùMl4J)t J9,81 ·çeDtÎ.Q1è"-es , GU un pouce cube ti'."~ ~","UIt elle ~it y43,o6milligr4UJlmes , ou

~,'~,gr~

,

jep14ç4Îun~,greDQuille pelant 51,20

«r'" ,

w

59 6 8 ' ' ' ' de

h~

même

maniè,~,SOO4l :qp,

t1J.W.

't)a~nt

la. IDlole

quantité d'air; je les

. r .

~~les deux avec

le me.. eure

1ftje

les laissai

~_,1j_ftlSd'IDS cette olôture,

.

1~ l~tjraiillpra·laK,ttfUJiMlle,

qui.me

par1Jt

morte ,

~,pi ff#pn~ l~

vit

,h~l.·'Pn\s

avoir

~

è'xposk

..l'.~; ,~U4t

4voittt.bélQql .legu

~',""ede

l'air

rfll-~

-'

8~E\C

dlq.

*ê\Ï

")iq.~t.e,la~'l~

q"i e!\emie.it encore

_10'

,~ipitWti;

i'

~,u~

t de",..; de gaz

O'$.y.,

"làM .J'airq"~ell.lI:9QÎ~'fe&pi'~~t

Ilt~'~*e'lt d~

Ilft&

une R.,.-.le4i~eDœ

.. entre

1

l!ft

·01\d,q.gMo~ygi,P~i J»'~'Ctl!idC_I.qiIU~qli ~

f~u'i

n,'y

eut~uecelle d'uni<tegr~,

(39)

(

p~

)

§"Xî~:""

~I;~l\~lsde cetteexpé~iepceme

patllrent.tlfop

$4ag~lj~rs,pour la laisser ~~.J;~~~tion;'d'~illeqr~ &

comme la grenouilleputl·~sWr,quelque~~p:so~

le récipient aprèsenaw~~a~sorbltout

le

gaz oxy- gène, il n'étoit pas fa~i{e de savoir ce qu'elle en aurait abscrbéencore,si,elle:911.;8voittrou~vpn­

tagç.;Je résolus donc ••. de la faire dans Un...~l*'.çe de ie!DP~~ùlagrenouille n'auroit.

paa

pu absor~er;~u~

l~: ga,?dô~ygènedel'~' dans lequel je l'~~J:qi&·PJ~+

k~oo. ~

J'enfe!Waî donc- une gr~Quille pe84Bt'5.~

granlm~,.9~ 420 graias ,rf<H1$,unrecipie~toonwtr J:lallt.~ 9,~lçenti&;Uèb"~ cubes"QU

un

poucec~lle«air commun ; j'~.mltÏ*'de..;~ê.uJ~;~l1& .un.alll1~..W~

semblable ,..ooutenaBt,Ùrmême~tilé d~êfÙ.·j ~J4~

nilles du

chou. ,

pesant

~~ttie

'J7g...

aitls,~et,.j~,lefJ laissai,p'l!ldant4: .heuresdi\,s~tJe.clôtnre, ;

J'en-examinai l'ajré~jet.rouvai.q~l_igt-ettopiU, avoit.absorbé l~o ideg~z Q.~,.~ne~ etpftlJl)1il~~i d'aèitie carbonique,W~5 o~Diltes,pendantle

:tIt'êule

t~nipa,';absorbèientJ4° .00.

S8zoxygène,et';pt·od-ui.,.

sirent5°

i

d~acide œrbooiq.~. "-

Cecipareît t~llje~ V&·.it1leJ1tsu~W•.}W.,:kt grandedispropoetionqui~,tJ.~veenLre·lêi .•.t~:-

gène

absorbé par

ces

a~r?'

et leur

poids', ~

Il sembleroit bien

qué"les.

trachées'descllenilles allsQr~t,plqacIe~,!,'~~~q~i"'~)des g~nonjU~;'.·~ia:~~~:l.!})OtUnOD$:~",

'. "..

la' -Be.'. organes

·:eI.d.~Sôrbûit·le.gaz·

··OXY«M.7!t

(40)

( !4

)~

comme

la peàU

en

~:be(auS5Ï, on ne pourroit

~udreparfaitement cette question, quise présente Dâtnrèllement,

qlle=roisque

1'011l>oun-a f~ire vitte léscllentlles;sansm~~hées,comme on

'tàit

vi.te' lea

;grenotlillea sanspeumons, ·

,5 XII

'1

; !Le$~heniUes,

cemmeonle

'sait,

se'iransConnent

elt

'chrysalides; lemomentqui- précède cettetrans-

~rma~Ons'3nnonœ;~leur immobilité et

parieur

JelÎDtr';~ ~il t;loit naturel de -préaumerque cet état particulier pourroit influer sur l'actionqu'ellœ dOitent ié'Xercersur'11àirqui lesenvironne. Jevoulua 'Chercher sice'80upQoh1avoit quelque

l-ea

lil~.

J~ plis 'pour'fftire~cette

'èxperience

2 chenilles dit '~Îrôu, Ra'ns" f'OotelctJr

vigueur·,

et j'en choisis 2

~t1~c1eita!m~e~qlii'étmèDt(1eTé~aesiDlJno­

tJilé!J;'

je'les oignis 'd'huil~}d'olives·dan& le'm~me

momenl; au botlt'de'4'miDot:eBles deux primières

'chenilles,,", périrent,

t-1 lesiéhenilles iuunohiles Ile

pÂ~titqU'aubont:"dê 9 minutes. Ilparo~tdonc que

~IIce

r

derniercast

les

elleniIlestrespirent moÎD8,Olt

~bsorbtn'moinsde'gaz', o:xygèn6par JeurS l:traChfeA que les autres. Je 8OumiJJ"Ql1èl~hrysaliae,dans Je

'!hênlt

ÎiIf1ft1ën:t"', à

la'·.tmêtRé

e~ri~nce; ,elle ~ut

lli:asi 11

m_lèS1:·

:!

e..

~Xpérieneei'IDdfÎQe.pttrl&t

,paiM

snflisànlé J,elle

~ oi.rponl·~é5utt.atJqu• •!tampsdo lazmOl!'~i

%tvDit~:.i()le~

;'mkis

~De·

the

fa:i,oit poiPt.rcOODoiu:è

(41)

(

~5

)

l'aetion de ces chenilles sur l'air, et par conséquent elle n'~ndiquoi~ pas les effets que les chenilles dans ces-trois étals devoient produire 8U;r lui: 'je fisdonc de 'nouveau cette expérience , et~d'unemanière nouvelle,

Jechoisisnne~henilledu chou parvenlm:àsonplus grand développement, et mangeant avec avidité;, je l'enfermai danslg,81 'centimètres cubes , oudansun, pouce cube d'air commun; j'en pt.tis une autre sem- blable et égale en volume, qui av oit cessé de manger, et qui étoitdevenne immobile; je I'enfermai-sousun tube semblable au précédent, et contenant la même quantité d'air; je leslaissai ainsi toutes les' deuxdans cette clôture pendant '18 heures':

la

température

étoitde7°.

Quand ce tempsfut éooulé , je:6.s1'analysedel'air ott ceschenilles avoient été renfermées parle mercure, elje trouvai que lacMn,ille courant et mangeant avoitabsorbé9°~ de',gaz oxygène, etproduit-S?

l

d'acide carboniquee talldis que la chenilkjeûnant et immobile avoit.absorbé 7° de gaz oxygène et pro- duit d'acide' carbonique ; de sorte que la première avoit absorbé20~deplusde gaz oxygène, etproduit

10 i'deplus d'acide carbonique quela-second••

J'ai fait plusieurs autres expériences semblables à celles-ci, où I'absorption du gaz oxygène par Ies chenilles qui mangeoient etcouraient" futbeaucoup plusconsidérableque-dans celles qui étoient jeûnantes et immobiles; maisje y~UXen rapporter encore une

\ autre qui offre quelquèsivariété$ : elle} fut faite de la mêmemanièl"ejquéla;det.t~iêl~sur .une chenille deve- nue immobile, et surune autre prête~le devenir.

(42)

La

CTltJ"illt:

imlnobÜtJabsorba

,,0

de gazoxygèné,

et produisit5°d'acidecarbonique;la clUJnilleprête ci _enir immobiie absorba 100 de gaz ox)tgèoe, et produisit50d'acidecarbonique,commelaprécédente.

On voit mieux ici la différence qu'il

y

a dans l'absorp- tion Qag.a.oxygèlle parla chenillequi a conservé quelquemouvement.

tes expériencessont d'autant plus sûresque ces chenilles avaient conservé la vie dans leur clôture, J'aurai ..I'occasionde décrirecelte expérience raile sur lamême chenille avec le même résultat; de sorte que e'est avec confiance que l'on peut dire que les che- nilles quiâoBtsur lepoint de se changer enchtylAllides et qui 8OIltalors devenues immobiles absorbent moins de gazoxygène, que celles qui ne sont

pas

\ encore parveaues à cet état d'immobililé.

§

XIV.

Enm'oeeupant ainsi de ~tte chenille du chou, je fus.curieux d'eu yoklesstigmates, etjeles cher..

chai surtout quand je VQ1111U les oindre d'huile;

mais je ne ..pus jamais les distinguer ni avecmesyeux nus, ni avecmes

yeux-

armés de verres, soit parce qu'ils sontCO11verts de poils, soità cause d'unemul- titude de points noirs dontcellechenilleèslparsemée;

eependant lorsque je l'eus ouverte, je ne tardai pM

à

r~lD8.I:'CJuer

161

bouquets de trachées qui se réu..

lIissoient .. ptlllr aboutir aux ~tigmates.

§

XV.

Lachale~quia des·rapportaai

.marqués avec

1.

(43)

( '7 )

«q')1.organisés :),' .en auroit-elle demêmequilu_' particuliers à la. respiration, où' à.I'absorptiondu ga,; oxygène

pà»;

Iesanimaux ? Je,ue devoispM négligercette reeherehe , qui se lie avec.

l'histoire

naturelle deschenilles , puisqu'il

y

en a qui passent l'luver dans cetétatt alors on peut naturellement se demander: que deviennent-elles? Quelsrapports . çonserveut-elles avec l'air qui les touche-de toutes -parts? Cel animalà sang froidconserve-ilsonacti- vité quandlatempératures'abaisse

à

un eertaw:point '/

Suit-il la loi de tant d'autres auimanxque l'on sait bien devenir alorsléthargiques ,et..qui dœventa'Yoir

p~dQ dans ce casla"NSpirfltion, comme jel~.idéjà dit dans mespréc~~n$ Mémoires····? .Cœ(.luestions

IlJ)portantC$

Ill'engagè~entà _ _

terecheœJte.

§ XVI.

J'avoisd'abord une preuve ~tainequequelques

~~nillesbravent desî~id$a*leZ fort,: il y a !t6 ans

que,j~

vois deux PQiriCfS,dana mon

jardin,'

fleurir . et

se couvrir de feuilles au printemps~ je leavois de mêmesedépouiller

de

leursfeuilles

en

automne, mais il resle toujours quelques feuilles adhérentes à ces arbres, En observant ces;feuilles,j~aiu"ouvé,qu'elles formojent unnidde très-petites chenilles. quiétQiegt de l'espèced~la~~~~~.; cependant, quelle4u~ait été.1flligueul' ~-.l'hiv~~>:J'ai vu,qes>cbenilltWSQrlÎl;' d~ leurs nids quand les..feuillesde~'arbre.;GOB1QleD"'"

qoieIlt i4 p0U$Ser.

Après

l'hive:...-.de ··~7

95"

,qlliCOID- mença , le 22décembre..:l'J94 , par uIle.O'Il9Pndante

Qhlll~ g.e nei~e, renouvelée

à

diverses reprises , et

(44)

~8

àprès les froidssévères de cette année, qui firent des- cendre le thermomètreà-tO-ll el-12°,j'enlevai à la fin de mars quelques-uns de ces nids suspendus

à

l'extrémité de petits rameaux ,et formés par des feuilles sèches: la température étoitalors de

9°; je

les examinai et je trouvai, sous l'enveloppe faile avec tes feuilles, une multitude de crottes de ces petits insectes avec leurs dépouilles; au milieu de tout cela je découvris de petites chenilles vivantes; leur lon- gtleuréloîl de

5,59

milligrammes, ou d'une lignei~

elles étoientcouvertes de poils très-blancs sur un fond jaunAtre; Ieur tète assez grosse étoit noire. Onsait qu'elles sont du genre desprocessionnaires, Cetle observation est parfaitement d'accord avecce que Reaumur dit de la chenillecommune dans ses'Mê- moires,

T. II,

partie r , page 177-

TI paroît donc bien ·évident qu'un grand froid ne tue pas ces chenilles communes.

Je puis même ajouter encore que j'ai vu un Tet

à soie faire son'cocon à côté d'une glacière où: la température étoit de 50.

§

XVII.

iJ'aperçus quemes chenilles du choucessoient de manger quand la température de la chambre où je les tenois étoitde6°;

el

lorsque j'en eus transporté quelques-unes 'dansuneautre chambre , oùle ther- momètredeseendit

à

50~,elles restèrent immobilesj mais elles faÎlOient quelques mouvemens lorsque je les touchoi,,: danscet état onles

voyoit

encoreseplier.

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