A NNALES SCIENTIFIQUES
DE L ’U NIVERSITÉ DE C LERMONT -F ERRAND 2 Série Mathématiques
G ABRIEL P ICAVET
Une note sur les G-morphismes
Annales scientifiques de l’Université de Clermont-Ferrand 2, tome 82, série Mathéma- tiques, n
o22 (1984), p. 45-50
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UNE NOTE SUR LES G-MORPHISMES
Gabriel PICAVET Université de CLERMONT II
D ans un article antérieur
[ 4 ] ,
nous avons introduit sur lespectre
d’un anneau A unetopologie
dite de Goldman(la G-topologie)
définie de la manière suivante : soit X unepartie
de
Spec(A),
l’adhérence de X pour laG-topologie
est l’ensemble des idéauxpremiers
P deA,
tels que P soit une intersection d’éléments de X. On
désigne
cette adhérencepar XG.
LaG-topologie
a pour base d’ ouvertslesparties V(I)
f1D(a),
où 1 est un idéal de A et a un élément de A. Elle est doncplus
fine que latopologie
constructible. Une des raisons de l’introduction de cette nouvelletopologie
estqu’elle
fournit unprocédé systématique
pour étudier les G-idéaux d’un anneau A.Rappelons qu’un
G-idéal d’un anneau A est un idéalpremier
de l’anneauA,
tel que l’anneau A/P soit un
G-anneau,
c’est-à-dire tel que le corps desquotients
de A/P soitde la forme
(A/P )a ,
a étant un élément de A. Les G-idéaux furent utilisés par Goldman pour donner une preuverapide
du théorème des zéros de Hilbert. Onpeut
aussi caractériser unG- idéal d’un anneau A comme étant le contracté d’un idéal maximal de A
[ X] ;
mais lacaractérisation utilisée le
plus
souvent dans cette note sera : P est un G-idéal de A si et seulement46
si ( P ) est une
partie
localement fermée deSpec(A).
Cette dernièrepropriété
se traduit dans laG-topologie
par :1 P ) }
est unepartie
ouverte pour laG-topologie.
Nousdésignons
l’ensembledes G-idéaux d’un anneau A par
Gold(A).
Or, J.
Guerindon aposé
dans[2
leproblème
suivant : caractériser lesmorphismes
d’anneaux A -A’ tels que
8f(Gold(A’» C Gold(A) ;
de telsmorphismes
sont dits desG-morphismes. L’objet
de cette note est de donner des caractérisations desG-morphismes
dont l’étude avait été abordée dans
[ 4 ] .
Voici tout d’abord les résultats
principaux
obtenus dans[ 4 ] .
Proposition
1 : Soit f : A - A’ unmorphisme
d’anneaux. Lemorphisme
f est unG-morphisme lorsque
f est ouvert pour laG-topologie.
Le
morphisme
f est ouvert pour laG-topologie
dans les cas suivants :a)
Lemorphisme
f est detype
fini.b)
Lemorphisme
f est entier.c)
Lemorphisme
f est ouvert et lemorphisme spectral af
estinjectif.
Le théorème
classique
deplatitude générique (voir [ 1 ],
page35 ) ,
dont l’énoncésuit, suggère
une définition. Elle servira à donner une caractérisationalgébrique
desG-morphismes.
Théorème de
platitude générique :
Soit A -A’ unmorphisme
d’anneaux deprésentation
finie,
l’anneau A étantintègre.
Soit M un A’ module deprésentation finie,
il existe un élémenta 1=
0 de A tel queMa
soit unAa»module
libre.Définition 2 : Soit A un anneau
intègre,
on ditqu’un morphisme
d’anneaux A -~ A’ vérifie le théorème fort deplatitude générique
si pour toutmorphisme
d’anneaux A’ - A" deprésentation
finie et tout A"-moduleM,
il existe un élémenta ~
0 de A tel queMa
soitun
Aa-module
libre.D’après [2 ],
parexemple,
un anneauintègre
A est un G-anneau si et seulement si,il existe un élément
a ~
0 de A tel queAa
soit un corps.Proposition
3 : Soit f : A - A’ unmorphisme
d’anneaux. Lemorphisme
f est unG-morphisme
si et seulement si pour tout G-idéal P’ de A’ lemorphisme
Alaf(P’)
- A’IP’ vérifie le théorème fort deplatitude générique.
Preuve : Compte
tenu durappel ci-dessus,
unepartie
de la preuve est claire.Soit maintenant un G-idéal P’ de A’ et soit P =
af(P’). Supposons
que lemorphisme
A/P -iA’IP’ vérifie le théorème fort de
platitude générique,
P’ étant unG-idéal,
lemorphisme
A’IP’ -~
k(P’)
est deprésentation finie,
il existe donc un élément a/ 0 de
A/P tel quek(P’)
soit libre. Il en résulte que l’anneau est un corps : P est un G-idéal.Ainsi f est un
G-morphisme.
On donne maintenant une caractérisation
topologique
desG-morphismes.
Si A est unanneau et X une
partie
deSpec(A),
nousdésignons
parg(X)
legénérisé
de X.Proposition
4 : Soit f : A - A’ unmorphisme
d’anneaux. Lemorphisme
f est unG-morphisme
si et seulement si pour toutepartie
G-ouverte X’ deSpec(A’),
il existe unepartie
G-ouverte X deSpec(A)
telle que X C’f(X’)
Cg(X).
Preuve : Une
partie
est évidente.Supposons
que f soit unG-morphisme
et soit un G-idéal P’de A’ au-dessus du G-idéal P de A. Il existe un
élément i =1 0
de A/P tel que(A/P)a
soit uncorps. Il est clair que P’ E
D(f(a)).
D’autrepart, puisque
toutmorphisme d’anneaux,
de sourceun corps, est universellement ouvert, on voit que pour tout idéal I’ de A’ et tout élément a’ de A’ la
partie
L =af(D(f(a))
nV(P’) n V(I’) n D(a’))
est unepartie
localement fermée deSpec(A). Or,
lesparties V(I’) n D(a’)
forment une base d’ouverts pour laG-topologie
deSpec(A’),
il suffit donc de montrerqu’il
existe unepartie
G-ouverte X deSpec(A)
telle que X CD(a’) )
cg(X).
Soit alors un idéalpremier Q’
de A’appartenant
à unepartie V(I’)
f1D(a’) ;
l’idéalpremier Q’
est une intersection de G-idéaux(
cf.[ 4]),
il existedonc un G-idéal
P’,
contenantQ’
etappartenant
àV(I’)
flD(a’).
SoitLQ,
lapartie
localementfermée associée à P’ comme ci-dessus et prenons X
égal
à la réunion desparties LQ, ,
oùQ’
varie dans
V(I’) n D(a’).
Il est clair que X est contenu dansaf(V(I’)
flD(a’)).
D’autrepart,
U(P’) appartient
àLQ ~
etQ’
est contenu dansP’,
il en résulte que8f(Q’) appartient
àg(X).
48
1
Les
morphismes
entiers ou detype
fini sont desG-morphismes universels,
c’est-à-direqu’ils
restent desG-morphismes
dans toutchangement
de base. Lespropositions
suivantes fontapparaître
des résultatsgénéraux
sur lesG-morphismes
universels.Proposition
5 : Soit f : A -~ A’ unmorphisme
d’anneaux tel que lemorphisme
A
[X ]
- A’[X ] soit
unG-morphisme.
Lemorphisme
f est alors unG-morphisme
et pourtout G-idéal P’ de
A’,
lemorphisme A/~f (P’)
- A’/P’ estalgébrique.
Preuve : La
première partie
est claire : un G-idéalprovient
d’un G-idéal de son anneau depolynômes.
,Soit P’ un G-idéal de A’ et soit à’ un élément non nul de
A’I
P’. Considérons lemorphisme ya, :
A’[X ]
-·A’,
défini par 9a’(P(X» = p(a’).
Soit l’idéalpremier mii, p-1, (P’) , qui
estindépendant
du choix dureprésentant
a’.Puisque
lemorphisme
a’
9 .
estsurjectif , M..
est un G-idéal de A’[X ] ;
deplus Mi,
est au-dessus deP’,
commeon le voit aisément. Le contracté M de
M_,
dans A[ X 1
est un G-idéal de A[ X ]
au-dessusa
de P =
af(P’).
Mais l’anneau A/P[
X]
n’estjamais
unG-anneau,
il en résulte que M est différent de P[ X ].
Soit alorsp(X)
un élément deM, n’appartenant
pas à P[X ].
Soitp(X) l’image
dep(X)
dans A/P[ X ] ,
on voit quep(X)
est différent de zéro et quep(à’)
= 0.Proposition
6 : Soit f : A -A’ unG-morphisme
d’anneaux universel. Pour tout G-idéal P’de
A’,
lemorphisme A/af(P’)
-i A’/P’ estalgébrique.
En
particulier,
si l’anneau A est deJacobson,
il en est de même pour l’anneau A’.Preuve : La
première partie
résulte immédiatement de laproposition précédente.
De
plus
un anneau A est deJacobson
si et seulement siMax(A)
=Gold(A).
On obtient ainsi les
propriétés
de transfert bien connues des anneaux deJacobson
à travers lesmorphismes
detype
fini ouentier,
mais de manièreplus simple.
En vertu de laproposition 1,
un
morphisme
radiciel universellement ouvert est unG-morphisme universel,
les deux °propositions précédentes s’appliquent
donc à cetype
demorphisme.
H. Uda a étudié dans
[5 ] la
notion demorphisme incomparable
defaçon systématique.
Rappelons qu’un morphisme
d’anneaux A - A’est ditincomparable
si deux idéauxpremiers
de A’comparables
se contractant sur un même idéalpremier
de A sontégaux.
Nous allonsvoir que la notion de
G-morphisme
est liée à la notion demorphisme incomparable.
Proposition
7 :1)
Soit f : A -A’ unG-morphisme
universellementincomparable,
alors lemorphisme
A
[X ]
~A’pl ] est
unG-morphisme.
Parconséquent,
si l’anneau A est deJacobson,
il en estde même pour l’anneau A’.
2)
Soit f : A --~ A’ unmorphisme d’anneaux, incomparable.
Soit P’ un idéalpremier
deA’,
si
af(P’)
est un G-idéal(resp. maximal)
il en est de même pour P’. , Preuve : Sous leshypothèses
de1),
soit M’ un G-idéal deA’ [ X] ,
donc différent de P’[ X ] ,
P’ étant le contracté de M’ dans A’. Soit encore P le contracté de P’ dans
A,
c’est un G-idéal de A.Mais M’ ne
peut
se contracter sur P[X ] , puisque
parincomparabilité
P’[X] 1
C M’ entraine P’[ X ] =
M’. Parconséquent,
le contracté M de M’ dans A[ X ] est
différent de P[ X ] et
est au-dessus du G-idéal P de A. Les résultats de[ 4 ]
montrent que M est un G-idéal : lemorphisme A [X ]
-A’[X ]
est unG-morphisme.
La
partie 2)
est évidente.L’article
[ 4 ]
était consacré enpartie
à l’étude des anneaux A tels queGold(A)
=Spec(A).
On consultera donc
[4 ]
pour avoir desrenseignements
sur cetype
d’anneaux.Proposition
8 : Soit f : A - A’ unG-morphisme
universel. SiSpec(A’) = Gold(A’),
lemorphisme
f est universellementincomparable.
Preuve :
D’après
le théorème 2-12 de[
5] ,
il suffit de montrer que pour tout idéalpremier
P’ deA’ au-dessus de l’idéal
premier
P deA,
lemorphisme k(P)
-k(P’)
estalgébrique. Or,
pour tout G-idéal P’ deA’,
lemorphisme
A/P - A’/P’ estalgébrique,
d’où la conclusion.Proposition
9 : Soit f : A - A’ unmorphisme d’anneaux,
detype
fini. SiSpec(A’) = Gold(A’),
le
morphisme
f estquasi-fini.
Preuve : La
proposition
1-8 de[5 1
affirmequ’un morphisme
detype
fini estquasi-
fini si etseulement si il est
incomparable.
Remarque :
Laproposition précédente s’applique lorsque
A’ est un anneauplat.
SoitT(A)
l’anneauplat
universel deJ.P.
Olivier(cf. [ 3 ] ) ,
lemorphisme T(A) - T(A) 0
A’ estquasi-fini, puisque
A -~ A’ l’est. Le Main Theorem de Zariski montre que lemorphisme
50
T(A) -’ T(A) 0
A’ se factorise en unmorphisme
entier suivi d’unépimorphisme plat injectif
de
présentation
finie. La source del’épimorphisme plat
est un anneauplat,
il est donc unisomorphisme.
D’autrepart,
lemorphisme
A’ -’T(A) 4b
A’ est unisomophisme.
On a ainsiune factorisation
A - T(A) - A’,
danslaquelle
lemorphisme T(A) -+
A’ estentier,
pour toutmorphisme
A - A’ detype fini,
l’anneau A’ étantplat.
Proposition
10 : Soit A - A’ unmorphisme
d’anneaux detype
fini. Pour tout G-idéal M’ deA’, l’homomorphisme
A -~k(M’)
estquasi-fini ;
la fermetureintégrale
de A dansk(M’)
estun G-anneau de corps des
quotients k(M’).
Preuve : Le
morphisme
A’ -k(M’)
est detype fini, puisque
M’ est un G-idéal.Puisque k(M’)
est un corps, laproposition précédente
montre que lemorphisme
A -ik(M’)
est
quasi-fini.
Soit A" la fermetureintégrale
de A dansk(M’),
le Main Theorem de Zariski montre que lemorphisme
A" -~k(M’)
est unépimorphisme plat injectif
deprésentation
finie. Mais un
épimorphisme injectif
dont le but est un corps identifie ce dernier au corps desquotients
de la source. Donc A" a pour corps desquotients k(M’).
Lemorphisme
A" -
k(M’)
étant detype fini,
il résulte de[ 2 ] que
A" est un G-anneau.BIBLIOGRAPHIE
[1 ]
A. Grothendieck etJ.
Dieudonné : Eléments de GéométrieAlgébrique IV, Paris,
Presses Universitaires de France
(Institut
des Hautes EtudesScientifiques).
Publication
Mathématique n° 28, (1968).
[2] J.
Guerindon : Anneaux deGoldman,
In SéminaireDubreuil-Pisot, exposé n° 9,
Secrétariat
Mathématique -
Paris(1969-1970).
[3 ] J.P.
Olivier : Anneaux absolumentplats universels,
In SeminaireSamuel, exposé n° 6,
Secrétariat
Mathématique -
Paris(1968-1969).
[4 ]
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de Goldman d’un anneaucommutatif,
Ann. Sci. Univ. Clermont
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[5]
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inrings
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Université de Clermont