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Sur les modules <span class="mathjax-formula">$\mathrm {M}$</span>-injectifs

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P UBLICATIONS DU D ÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES DE L YON

J ACQUES R AVEL

Sur les modules M-injectifs

Publications du Département de Mathématiques de Lyon, 1968, tome 5, fascicule 1 , p. 63-71

<http://www.numdam.org/item?id=PDML_1968__5_1_63_0>

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Publications du Département de Mathém at'ques Lyon 1968 t.5-1

SUR LES MODULES fl-INJECTIFS Jacques RAVEL

T O J S les modules considérés dans ce qui suit seront des modules à gauche unitaires sur l'anneau unitaire A j si il est un tel module, nous exprimerons par la notation N^fl (resp, N-dM) le fait quo N est un sous-module de fi

(resp. un sous-module de V\ essentiel dans f;) et nous désignerons par M une enveloppe injective du m o d u l e N .

Cn dit qu'un module N est M-inject, i f si tout homomorphisme d'un s eus- module N0 de N dans M se prolonge s n un hcnîcmorphîsnr.s de N dans M (figure 1).

KL * N

M

Il suffit d'ailleurs que les sous-modules de i\! essentiels dans N aient cette propriété (en effet, si Nc<< N et si M0 est un complément de Nc dans N, un homomorphisme fc de NQ dans .1 se prolonge en l'homomorphisme f0€ o p de N06 N0 dans M ~ en désignant par o.., 3 ' hcmcmcrrDhisrne nul de l\! i dans (1 - lequel se prolonge à son tour, puisque M0C:ô &st essentiel dans N, en un homomorphisme de N dans 11 prolongeant lui aussi v 0 ) .

Si 0 est un module infectif, tout module N est Q-injectif ; inversement, un module 0 tel que tout module N soit Q-injectif est injectif

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64 Sur les m odile* M - i n j e c t é

(en effet, pour que le A-module soit Q-injectif, il faut et il suffit que 0 soit injectif, propriété qu'on érige souvent en "test d'injoctivité" pour pouvoir s'y référer plus commodément).

Si N est un module semi-simple, N est H-injectif pour tout module M (en effet, tout sous-module N0 de N en étant un facteur direct a un supplé- mentaire N0 et l'homomerphisme fc do ,M0 dans Pî peut être prolongé par l'homo- morphisme f0© o , M de N dans PI) ; inversement, un module M qui est Pl-injectif

pour tout module PI est semi-simple (en effet, si Nc g N, 1 ' homemorphisme identique 1^ de N0 se prolonge, puisque N est fv'0-injectif, en un homomorphisme r de N

sur N0, et le "rétracté" N0 de N en est un facteur direct).

No t on s que pour qu'un -ridule H soit Pi-inj cet ij^__il feut et il suffit qu'il soit quasi injectif, ce qui suggère, par analogie avec Cl], le "test de M -

injectivité" suivant :

Théorème : Pour qu'un module N soit O i n j u c t i f , il faut et il suffit que l'image de N par tout homomorphisme d'une envelcppe injective de N dans une envelcppe injective de M soit contenue dans M (autrement dit, que (Vf : ft -> fi) If (N) C M ) ) .

- la condition est évidemment suffisante.

(En effet, si fQ est un homomorphisme d'un sous module NG de N dans PI, donc dans PI, il se prolonge, puisque PI est injectif, en un homomorphisme f de ft dans ft dont la restriction è N est un homomorphisme de N dans PI (puisque f(N) Ç M ) prolongeant f0) .

- La condition est nécessaire :

Si N est Pl-injectif, soit f un homomorphisme d'une enveloppe injective

A A

N de N dans une envelcppe injective M de PI : la restriction f0 de f à

N0 e Nrïf*(pi) est un homomorphisme de N0 dans M qui se prolonge, puisque N est Pl-injectif, en un homomorphisme g de N dans N, donc dans PI, lequel se prolonge

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65

Sur les modulai M-injectifs

à son tour, puisque H est injectif, en un homomorphisme h de N dans fi (figure 2 ) .

I i

M 4

i . 1

N M

on a (h-fHN) = o (d'où en particulier f(N) = h(N3 = g ( N ) Ç H , ce qui prouve bien la nécessité).

En effet, si (h-fHN) * o, on a, puisque M < M, (h-fMN)f\M * o, et il existe des éléments non nuls y de N et x de H tels que x = Ch-fî(y) 3 h(y)-f(y) j mais, puisque y e N , hîy) = g(y) et f(y) = g(y) - x € N , d'où y € f1( M ) O M = NQ et g(y) = f0(y) = fCy), d'où x = o, l'absurdité souhaitée et le résultat.

Il s'ensuit en particulier que si M et si N est M'-injectif, N est fl-injectif (en effet on peut alors considérer que 9\ - M', et si f est un homemorphisme de N dans M, on a, puisque f\' est fl-injectif, f (N) £ N ' , d'où f(N) C M et la M-injectivité de .

Théorème : Pour que N soit H B V - injectif, il faut et il suffit qu'il soit N-injectif et fl-injectif.

La condition est nécessaire, car si f = N M < 9\@f\9 » MBM11 on a, puisque N est MBIT-injectif, f(l\l) Ç ¡1611', d'où

f(N) Ç (MSM')nPl = M © (irflft) = Mfi-D « M et la (1-injectivité de N.

La condition est suffisante : pi elle est vérifiée,

soient f : N + MSn' = NS^T', <> (resp. \p) l'application canonique de fifN1 sur fi (resp. sur ri' ) ; puisque $f (resp.y f) applique N dans M (resp. dans PT ) on a, sur la M- (resp. sur la fi'-) injectivité do N <f(N) Ç M (resp. <J/f(N) £M ' ), d'où f(Nîfi*f(N) • +f(N) £ M S i r et la M CM1 -injectivité de M.

(5)

66

Sur les m odules-M-injectifs

Par une récurrence immédiate, on voit que si I est un ensemble d'indices fini, N est € (l.-injectif si et seulement si N est M.-injectif ( V i £ I ) .

iel 1

Cette équivalence s'étend à un ensemble d'indices quelconque si et seu- lement si l'anneau A est noéthérien (en effet, il est nécessaire pour cela que le A-module A soit 8 Q.-injectif dès qu'il est Q.-injectif (ViCI), c'est-à-

iêl 1

dire que toute somme directe de A-modu les injectif s soit injective, ce qui implique la noéthérianité de l'anneau (d'après un théorème de Zoltan Papp, dont en

trouvera une démonstration (due à Bass) en [2\ ). Inversement, la propriété invoquée est vérifiée lorsque l'anneau considéré est noéthérien, en raison du test de M-injectivitS, et du fait que pour toute famille ( M ^ j ^ jde modules sur un tel anneau, on a ^€^\^ a 6

iCI i e i

Théorème : Pour que N9N' soit M-injectif, il faut et il suffit que N et Nf

soient M-injectifs.

~ LQ condition est nécessaire, puisque tout sous-module d'un module (1-injectif est M-injectif.

- La condition est suffisante : si elle est vérifiée, soient f un homomorphisme de MOM' * N6N' dans M , et <J> (resp.ij, ) sa restriction à N (resp. à C') i on a, sur la M-injectivité de N (resp. de N' î $>(N1 C M

(resp. • ( N,) C M ) . d'où f ( N C N * ) = f ( N ) + f ( N ' ) = $(|\|) • ^ ( N ' ) Ç M la M-injectivitê de N©N' .

Il s'ensuit, par une récurrence immédiate, qu'une somme directe finie est M-injective si et seulement si tous ses facteurs sont M-injectifs, résultat qui s'étend bien entendu à une somme directe quelconque dans le cas d'un anneau noéthérien.

(6)

67

SUT les modules M-lnjectifs

Ainsi :

Si I et J sont des ensembles d'indices finis, 6 N £ S t 6 fi -Injectif

! i€l 1 j€J J

si et seulement si (V i€I) ( Vj63) 1^ est 11 -injectif.

Cette équivalence s'étend à des ensembles d'indices quelconques si l'anneau A est noéthérien (et dans ce cas seulement).

Applications, Pour qu'un module M » N8N' soit quasi injectif, il faut et il suffit que N et N' soient quasi injectif*, que N soit N'-injectif et que N' soit N-injectif.

On retrouve le fait que tout facteur direct d'un module quasi injectif est quasi injectif ; mais, surtout, on obtient un critère qui permet de décider si

la somme directe de deux modules quasi injectifs est quasi injective (critère qui s'étend à une scmme directe quelconque dans le cas d'un anneau noéthérien).

6'est ainsi que toute somme directe finie de modules quasi injectifs isotypiques est quasi injective, ceci valant aussi pour une somme directe quelconque si

l'anneau A est noéthérien, comme l'a indiqué en [3] N. Chaptal.

Harada a signalé en [ 4 ] que pour que la scmme directe de deux modules quasi injectifs dont les envelcppes injectives sont isomorphes soit quasi

injective, il faut et il suffit que ces deux modules soient eux aussi Isomorphes j cela résulte aussi très naturellement du lemme suivant :

Lemme : Si les enveloppes injectives des modules M et Î 1 ' sont isomorphes,

fi est M'-injectif et (T est N-injectif si et seulement si M et (T sont des modules quasi injectifs iscmorphes.

-La condition est suffisante, la relation "N est (1-injectif " étant catégorique (N et (1 peuvent être remplacés par des modules isomorphes sans que la relation soit modifiée).

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68 Sur les modules M-injectifs

- La condition est nécessaire : soient en effet ^ et ^ des isemorphismes inverses respectivement de M sur fV et de M* sur fi ; on a, en raison de la M-injectivité de M et de la M-injectivité de M', (f>(M)SMf et

\J;(M')&M , et les restrictions de $ et de à M et à M* sont des isemorphismes inverses respectivement de M sur M' et de M* sur M.

Le lemme a aussi pour conséquence le résultat suivant :

Proposition : Deux modules quasi injectif s M et M* dont chacun est isomerphe à un sous-module de l'autre sont isomorphes.

Il suffit en effet de remarquer que chacun des modules injectifs M et M ' étant isomorphe à un sous-module de l'autre, M et M' sont isomorphes (d'après [5]) puis de noter que M, (resp. M ' ) , étant quasi injectif est M-tresp. M'-) injectif d'où le fait que M' (resp. M) qui est isomorphe à un sous-module de M (resp. de M') est M- (resp. M'-) injectif, d'où le résultat en vertu du lemme.

Remarquons comme application qu'un module quasi injectif M qui contient un élément sans torsion est injectif (1* A-module A lui-même étant alors M-injectif) : nous retrouvons ainsi un résultat de [3] , qui généralise un

lemme de [6].

En guise d'ultime application, citons le résultat suivant :

Théorème : Pour l'anneau A, les propriétés suivantes sont équivalentes : 1) Il existe une correspondance M-—^ M qui soit croissante (c'est-à-

dire telle que M Ç M ' = > M C J r )

2 ) Si M et M' sont des sous-modules de M", et si N est M-injectif

et M'-injectif, il est aussi M fiM'-injoctif.

3) L'intersection de deux sous-modules injectifs d'un module est u n sous-module injectif de ce module.

4 ) A est semi-simple.

(8)

Sur les modules M-injectili 69

1)=*>2) en raison du test de M-injectivité et du fait que M O M' est, dans PT, un sous-module de M et de H',

2 ) = ^ 3 ) , comme on le voit en considérant le cas où N « A.

3 ) ^ 4 ) comme nous l'avons démontré en [i] .

4) -=^> 1) la correspondance considérée étant alcrs l'égalité.

Les résultats que nous allons citer pour finir serrent d'un peu plus près la netien de M-injectivité.

Théorème : Si N' £ N (resp. IV ^ H ) , soit N' (resp. fî') une extension essentielle maximale de IV dans N (resp. de IV dans Mî : si N est M-injcctif, tout homomorphisme f de N' dans fV se prolonge en un hanemerphismo f de N' dans IV .

En effet, en vertu d'un théorème démontré en [s] par Renault, les sous- modules d'un module M fermés dans M sont précisément, puisque les inter- sections avec N des scus-mcdulcs de M fermés W a n s M (c'est-à-dire des sous-modules injectif s de M) : il existe donc des sous-modu lt;s injectif s G. de N et R de M

te ls que N1 « N fÏQ et PT = ¡1 n R.

L'homomorphisme f de N' dans IV (donc dans R) se prolonge, puisque R est injectif, en un homemorphisme g de Q dans R : soit f la restriction de g à N (figure 3). N> f

\ i i h n q — > ^n 1*

i » ,i Q/ > r

I

4

r/ V M

On a f(N') = f ( N D Q ) = g ( N H Q ) s; g ( Q ) Ç R .

(9)

70 Sur let xnodnles M-4nJectl£i

Il existe par ailleurs un unique homomorphisrne h de fî dans R (donc dans M) prolongeant g et nul sur un supplémentaire donné de 0 dans N • on a , évidemment, f l N1) =• g C N7) » g ( N A Q ) • h(N AU) £ h ( N ) ? M

(en raison de la M-injectivité de N), d'où $W) C M O R - ir et le résultat.

Dans le cas particulier où N « M et où M1 est fermé dans M , on obtient un lemme de [6] .

Théorème : Soient MQ et M£ des compléments relatifs dans M . pour que N soit H-injectif, il faut et il suffit qu'il soit Mc et M;-injectif.

" La condition est évidemment suffisante, car, si elle est vêrifiég N est M© B ni-injectif, donc aussi M-injectif (puisque M0 © N¿411).

- La condition est nécessaire : soit en effet Q un sous-module injectif de M tel que M0 3 M O Q ; si f est un homomorphisme de N dans M© « Q en a, puisque N est M-injectif, f(N) £ M , d'où f ( N ) Ç M O Q » M0 et la M0- i n j e c - tivité de N.

Dans un prochain article nous nous préposons de définir et d'étudier la notion de module M-E-injectif, I définissant une famille d'idéaux à gauche de l'anneau de base A satisfaisant aux conditions de Sanderson [9] .

(10)

Sur les modules M-injectifs 71

BIBLIOGRAPHIE

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Journal of London Mathematical Society 36 (1961) p . 260-268.

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Transactions of the American Mathematical Society. 9 7 (1960) P. 4 5 7 - 4 7 3 .

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Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Paris. 264 (1967) p. 173-175.

[ 4 ] Manabu HARADA : Note on quasi injective modules.

Osaka Journal of Mathematics.

2 (1965) p. 351-356.

[5]

[6] Carl FAITH et Yunzo UTUMI : Quasi injective modules and their endomor¬

phism rings.

Archiv der Mathematik Volume 15, fasc. 3 (1964).

p. 166-174.

[7] Jacques RAVEL : Injectivité, extensions essentielles.

Thèse de troisième cycle (Lyon 1966).

[ 8 ] RENAULT G, : Etude des compléments d'un module.

Thèse Faculté des Sciences de Paris 1968.

[ 9 ] SANDERSON D.E. : A generalisation of injectivity and divi-

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Références

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