DE L ’U NIVERSITÉ DE C LERMONT -F ERRAND 2 Série Mathématiques
J EAN -P IERRE C ONZE
Transformations cylindriques et mesures finies invariantes
Annales scientifiques de l’Université de Clermont-Ferrand 2, tome 67, sérieMathéma- tiques, no17 (1979), p. 25-31
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TRANSFORMATIONS
CYLINDRIQUES ET MESURES FINIES INVARIANTES Jean-Pierre CONZEUniversité de Rennes
1 . -
T r_an_s f o
rma t ion
s_ _çy] i
ndr ique
s
1.- Transformations
cylindriques
Soient
(X,a,p)
un espaceprobabilisé,
T : X + X un auto-morphisme
de cet espace, et G un groupe localementcompact.
Notonsdg
une mesure de Haar àgauche
surG ,
et dm =du
xdg
la mesureproduit
sur X x G .Etant donnée une
application measurable
de X dansG ,
on définit une transformation mesurable sur X x
G , préservant
lamesure m , en
posant :
Une telle transformation est
appelée "cylindrique",
par ana-logie
avec le cas où T est une rotation sur le cercle et où G est 1 ou Z . Lespropriétés ergodiques
des transformationscylindriques
apparaissent
dansplusieurs situations’.
Mentionnons parexemple,
enProbabilité
dans l’étude des marchesaléatoires,
en théorieergodique
dans l’étude des
produits gauches
ou des extensions par des groupescompacts,
en théorie des nombres dans l’estimation des sommes d’itéréssous l’action d’une rotation.
2.- Coc cles
Au lieu d’un
automorphisme
Tunique,
considérons un groupe rd’automorphismes
de(X.a.p).
Notons yxl’image
de x e X par unélément y e r . Généralisant la construction donnée en
1.,
onpeut
encore étendre l’action de r sur X en une action
"cylindrique"
sur X x G .
Pour
celà,
donnons-nous uneapplication §
de r x X dansdans
G ,
et posonsLa condition pour que l’action de r ainsi définie soit un
homomorphisme
de groupe estque ~
soit uncocycle,
c’est-à-dire vérifie la relation :Ainsi tout
cocycle ~
de r x X dans Gpermet
d’étendre l’action de r en une action que nous noteronse r)
sur X x G.3.- Cobords
Soit ~
uneapplication
mesurable de X dans G .L’image
par
l’isomorphisme (x, g) -~ (x, y (x) g)
d’une actioncylindrique
r
(y ,y
er)
définie par uncocycle o
est définie par lecocycle #
·
r 1
, Y e r , x e X
(*)
_
On dit
qu’un cocycle ,
sur r x X à valeurs dans G estun cobord s’il existe une
application
mesurable ~ de X dans Gtelle que l’on ait :
’
Deux
cocycles o et r
sont ditscohomolo g ues,
s’il existeune
application &
mesurable de X dansG ,
telle que(*)
soitvérifiée.
Deux
cocyclescohomologues définissent, d’après ce.qui pré- cède,
essentiellement la même action. Enparticulier, si ~
est lui-même un cobord
(cohomologue
àl’identité),
l’actionr)
estisomorphe
auproduit
de l’action de r sur X par l’action trivialesur G .
Dans le cas où le groupe r
est Z ,
uncocycle ~ (n,x)
sur Z x X est entièrement défini par la donnée
de ~(x) = ~(1,x).
Si l’on note T
l’automorphisme
de(X, a,ù) engendrant
l’action deZ .
on a :Les cobords sont alors les
applications
mesurables de X dans dans G de la forme= ~ (Tx) ~ (x) -1,
et deuxapplications ~
et~
sontcohornologues,
s’ilexiste ~
mesurable telle que :4.- Mesures finies invariantes our une action
cylindrique
Plusieurs
auteurs ont étudié lespropriétés ergodiques
descocycles
et des actionscylindriques qui
leur sont associées. Mention-nons en
particulier
les travaux récents de K.Schmidt et R.Zimmer.Dans
[1J,
R. Zimmer acaractérisé cocytles
vérifiantde
compacité,
sous certaineshypothèses
Èur le groupe G . Nous nousproposons de traiter ici un
problème analogue :
la recherche de mesuresfinies invariantes par l’action associée à un
cocycle.
La mesure
produit
m n’est finie que si G estcompact.
Ilest clair,
que,si
lecocycle ~
est à valeurs dans unsous-groupe
com-pact
K deG ,
il existe un.e mesure finies sur X x G invariante par er)
seprojettant sur u
*,, la mesureproduit du
x dk .Si l’on
peut modifier ~
par un cobord pour se ramener à cette situa-tion,
c’est-à-diresi ~
estcbhomologue
à uncocycle
à valeurs dansun sous-groupe
compact
deG ,
alors l’actionr) préserve
encore une mesure finie se
projttant
sur v - Cela résulte iwmédia-tement des remarques sur
l’isomorphisme
associé à un cobord. Nous allons montrer laréciproque
de ce résultat.Les notations sont celles,^’des
nOs
1 et 2 .5:- Théorème
Si l’action de r sur
(X,a,p)
estergodique,
et s’il existeune mesure finie sur X x G invariante par
r) ,
seprojettant
sur u , le
cocycle ~
estcohomologue
à unecocycle
à valeurs "dans -unsous-groupe compact
de G .Preuve : i Nous nous
bornerons,
poursimplifier,
au cas où r= ~ ,
c’est-à-dire au cas des transformations
cyclindriques envisagées
aun° 1.
Soit donc T un
automorphisme ergodique
de(X.a,p). Soit
une
application
mesurable de X dans G et ~ une mesure finie surX x G ,
invariante par T :ex, g).... (x) g)
et seproj ettant
sursur ~.
Par
régularisation
à l’aide de fonctions àsupport compact
sur
G ,
onpeut
se ramener au cas où À est définie par une densité f(positive
nonidentiquement nulle),
parrapport
à la mesureproduit
m , vérifiant :
lim
f(x,g)
= 0 , pour presque tout x E X . g~ooSoit e > 0 . Posons
A(x)
={g
e G :f(x,g)
> ~ } . Pour presque tout x ,A(x)
est uncompact
deG ,
et, pour un choix con-venable de e ,
A(x)
est nonvide,
pour un ensemble de mesurepositive
de valeurs de x .
Considérons
l’espace K(G)
dessous-ensemblescompacts
de Gmuni de sa distance naturelle. Cet espace est
séparable.
Toute fonctionmesurable définie sur X à valeurs dans
K(G)
invariante par T est constante en dehors d’un ensemblenégligeable, d’après l’ergodicité
de T .
L’application
x ~A(x)
de X dansK(G)
est mesurableet, compte-tenu
de l’invariance de f parT ,
vérifie la relation :~ (x) A(x) = A (Tx) ,
où à
gauche figure l’image
de l’ensemble translaté par l’élément~(x)
E G .Soit
B(x)
l’ensemble.- A (x) A(x)
formé desproduits
où h et g décrivent
A(x). L’application
x +B(x)
est encore mesu-rable de X dans
K(G), et, d’après
la relationprécédente,
elle estinvariante par T . Il existe donc un
compact K 0
dans G tel que,pour presque tout x , on ait
A-1 (x) A(x)= K0*
°Il est
possible
de choisir une fonction u de X dansG ,
mesurable,
telle que, pourchaque
x ,u(x)
.EA(x) .
Sur
l’espace
descompacts
C définissons la relationd’équivalence :
C . C’ 1 s’il existe h E G tel que hC = C’ . L’es- pacequotient
par cette relationd’équivalence
est encore métrisabléet
séparable.
Ennotant ~
la classed’équivalence
d’uncompact C ,
on a la relation
d’invariance : D(Tx)
=D x .
On en déduit l’existence d’un
compact
fixeD 0
et d’unefonction mesurable
h ,
tels que l’onait,
pour presque tout x :Ceci
implique
que le groupeengendré
par les valeurs de~2 (x) , quand
x décrit X(en
dehors d’un ensemblenégligeable)
estcompact.
Donc ~,qui
estcohomologue
à~ 2 ,
estcohomologue
à uneapplication
à valeurs dans un sous-groupecompact
de G .Remarque ;
Une démonstrationanalogpe
montre que,si o
est un co-cycle
tel que, pourchaque
x , les valeurs(o(y,x), y e r)
restentdans un
compact (dépendant
dex), alors o
estcohomologue
à uncocycle
à valeurs dans un sous-groupecompact
de G . Ceci étend des résultats de(1~ .
’REFERENCE
[1]
R. ZIMMER :Compactness
conditions oncocycles
ofergodic
transfor-mation groups - J. London Math. Soc.
(2) 15 (1977)
155-163.Jean-Pierre CONZE
UER de
Mathématiques
etInformatique
Université de Rennes Avenue du Général Leclerc
35040 RENNES Cédex