A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
B ERNARD L ACOLLE
Fonctions convexes et logarithmes de polynômes à coefficients positifs
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 6
esérie, tome 3, n
o1 (1994), p. 91-133
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1994_6_3_1_91_0>
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- 91 -
Fonctions
convexeset logarithmes
de polynômes à coefficients positifs(*)
BERNARD
LACOLLE(1)
Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse Vol. III, n° 1, 1994
RÉSUMÉ. - Nous présentons un procédé original permettant d’obtenir certaines fonctions convexes f de plusieurs variables réelles
(ti
...,, td),
,comme limites de suites de
fonctions {fn}
définies paroù les Pn sont des "polynômes généralisés" à coefficients positifs. Nous
montrons que toute fonction convexe, propre et semi-continue inférieure- ment est limite ponctuelle de fonctions jn définies plus haut. Pour une
fonction convexe d’une variable, sans autre hypothèse, la condition de- vient nécessaire et suffisante. Nous étudions ensuite les relations entre la polaire de f et les coeflicients des polynômes Pn. Dans le cas d’une va-
riable, sur un exemple important où les polynômes Pn sont définis comme les traces des puissances n-èmes de certaines matrices polynomiales, deux
théorèmes ,
de localisations des racines des po1yômes Pn sont établis.ABSTRACT. - Using an original method, we show that a large class of
convex functions f of several real variables
(tl,
, ..., td),
can be seen asthe limits of some séquences of functions defined by
where Pn are "generalized polynomials" with positive coefficients. We show that any convex, proper and lower semi-continuous function is the limit of some séquences of previous functions f n For any convex function of one variable only, without any other hypothesis, this condition becomes necessary and sufficient. Then, we study a relation between the
conjugate function of J and the coefficients of the polynomials Pn. About
an important example in which the polynomials are defined as the traces of
the successive powers of particular matrices with polynomial coefficients,
we give two theorems about the localization of the roots of the polynomials Pn.
~ * ~ Reçu le 12 mars 1992
(1) ) Laboratoire LMC-IMAG, Equipe Géométrie Algorithmique,
Tour IRMA, B.P. 53, F-38041 Grenoble Cedex 9
(France)
Introduction
Dans cet
article,
nous étudionsquelques propriétés
des fonctions de dvariables réelles obtenues comme limites
ponctuelles
de suites de fonctions définies pour tout(t1,
...,, td~
EIRd
par :où les
Pn
sont des"polynômes généralisés"
à coefficientspositifs. L’origine
de la méthode se situe en
Physique Statistique
dans l’étude desystèmes
discrets comme le modèle
d’Ising ([1], [3]).
Ils’agit
du cas d’une oudeux variables et les "fonctions de
partitions"
de laphysique jouent
lerôle des
polynômes généralisés Pn,
tandis que les fonctionsf~
et leurslimites
correspondent
aux fonctions"d’énergie
libre"([1]-[3], [9]).
Dans unprécédent
article nous avonsétudié,
dans le cas d’unevariable,
la relation entre lessingularités
def
et les zéros despolynômes Pn,
dans le cas oùf
estlipschitzienne [4].
D’autrepart,
en se référant auxpropriétés
desfonctions convexes
([5], [8]),
cette méthode donne lieu à desdéveloppements mathématiques originaux [3].
Dans leprésent exposé,
nous étendons certains de ces résultats au cas des fonctions convexes deplusieurs
variables réellesen montrant que l’on
peut
obtenir toute fonction convexe propre et semi-continue inférieurement comme limite des fonctions
f~,
définiesplus
haut.Dans le cas d’une seule
variable,
lapropriété
d’obtenir une fonction convexequelconque
comme limiteponctuelle
des suites devient nécessaire et suffisante.Puis,
nousportons
notre attention sur les relations entre lapolaire
et
f
et les coefficients despolynômes Pn
dans le cas où ces coefficientspossèdent
certainespropriétés
derégularité.
Nous avons délibérément fait cette étude dans le cadre de la convergence
ponctuelle.
Nousjustifions
ce choix par le contexte et les motivationsnumériques
du domaine de laPhysique Statistique qui
ont été àl’origine
de ce travail. Les
propositions
et théorèmes énoncés sont vus avec leshypothèses
lesplus
fines pour cetype
de convergence, cequi peut
les rendreassez
techniques.
D’autrepart,
notre utilisationsystématique
du lemme2,
basé sur lesrapports
entre la notion de maximun et leslogarithmes pondérés
de sommes, nous a conduit naturellement au choix de la convergence
simple.
Cependant,
certaines de ces notionss’interprètent,
enparticulier,
en termed’épi-convergence.
Ceci pose unproblème beaucoup plus large, qui
est desavoir si on
peut
se passer, entre leslogarithmes
despolynômes
et lesfonctions convexes, de l’utilisation intermédiaire de fonctionnelles linéaires
comme il est fait tout au
long
de cetexposé.
Cepoint
seraévoqué
dans laconclusion.
La seconde
partie
de l’article est de nature différente et nous y étudions le cas à une variable où lespolynômes Pn
sont définis comme les tracesdes
puissances
n-èmes de matricespolynomiales
à coefficientspositifs.
Unpremier
théorème de localisation "en secteur" des racines est donnélorsque
les coefficients des matrices sont des
polynômes
à coefficients réelspositifs.
Un autre théorème de localisation est ensuite
montré, pouvant s’appliquer
dans un cadre
plus général
où les matrices ne sont pasobligatoirement
àcoefficients réels
positifs.
1. Fonctions convexes et
logarithmes
de
polynômes généralisés
à coefficientspositifs
1.1. Définitions et notations
Nous
désignerons
parLog
x lelogarithme népérien
d’un nombre réel xstrictement
positif.
D’autre
part,
nousabrégerons
"semi-continue inférieurement" par lesigle
SCI.
Tout au
long
del’exposé, d désignera
un entierpositif,
dimension del’espace Rd
des variables.DÉFINITION (Famille
presquenulle) .
2014 Pour une dimension dfi~ée,
onappelle famille
presque nulle de nombresréels,
unefamille
A = denombres réels
comportant
un nombrefini
et non nul d’élément non nuls. Siles éléments de la
famille
sontpositifs,
onparle
defamille positive
presque nulle.DÉFINITIONS (Polynôme généralisé, polynôme GCP) .
Lepolynôme
généralisé
en les variables z =(zl,
..., zd)
associé à lafamille
presque nulle A = estdéfini
parSi A = est une
famille positive
presquenulle,
lepolynôme généralisé
ainsidéfini
estappelé polynôme GCP,
pourdésigner
unpolynôme
Généralisé à
Coefficients ~réels~ Positifs.
DÉFINITION (Propriété
P etprocédé d’approximation ~C~~
. - Unefonction f
deRd
dans R U~-oo , vérifie
lapropriété
P s’il eziste unesuite de
polynômes GCP,
telle que pour tout(tl,
...,td)
EIRd
:Dans la
suite,
ceprocédé d’approximation
estappelé approximation
,CP(approximation
par lesLogarithmes
dePolynômes).
DÉFINITION ~Suite ,CP-convergente
de familles presquenulles~
. -Si,
de
plus,
la suiteprécédente
depolynômes
GCP est associée à la suite defamilles positives
presque nulles _~A~’~~ ~~E~N
avec pour tout entier n,A(n)
={a(n)i }i~Zd,
on noteS’il eziste une
application,
que l’on noterafA,
deIRd
dans R Uvérifiant
pour tout(tl,
...,, td)
EIRd
:on dit que la suite .A. _ est
1.2.
Quelques propriétés préliminaires
La
propriété
1 établit la convexité des fonctions définies à l’aide delogarithmes
depolynômes précédents.
PROPRIÉTÉ
1. Pour toutpolynôme
GCP en les variablesz =
(zl,
..., asociée à unefamille positive
presque nulle A = ’la
fonction
deIRd
dans IRdéfinie
parest une
fonction
convexe deRd
dans R. .Démonstration. - Cette démonstration ne
présente
pas de difficulté. On la trouveraévoquée
dans[8,
page325].
DPour établir le théorème
3,
nous utiliserons lapropriété
fondamentale que toute fonctionf.
convexe propre SCI deRd
dans IR Us’écrit,
pour tout t EIRd,
les
fonctionnelles 4; (i
E7)
étant les fonctionnelles affines(continues)
minorantes de
f.
Afin d’obtenir le résultat du théorème
4,
nous utiliserons le cas où la fonctionf peut s’écrire,
pour tout t EIRd,
les ensembles
In
étant des ensemblesfinis,
mais les fonctionnelles.~i (i
EIn)
n’étant pas forcément minorantes
de f .
LEMME 2. - Pour tout
polynôme
GCP en les variables ...associé à une
famille positive
presque nulle A = :on note F le sous-ensemble
fini
de7L.d défini
paret pour tout i =
(il,
, ..., id~
EF,
on note.~i
lafonctionnelle affine
Pour tout t =
(tl,
... ,td)
E on aDémonstration. . - On a
d’où le résultat en
prenant
leslogarithmes
et en divisant par n. 0 1.3. Les théorèmesTHÉORÈME
3.2014 Tou~efonction f
convexe propre SCI deR~
dans R U~~-oo~ vérifie
lapropriété
P .Démonstration. - Toute fonction
f
convexe, propreSCI,
deRd
dans R U~+oo~
s’écrit : :où constitue l’ensemble des fonctionnelles affines minorantes de
f
que nous écrirons ici sous la forme :
Pour tout n E
lN,
ondésigne
parIn
les sous-ensembles de I tels que les fonctionnellesaffines Li (i
EIn)
vérifientIl est facile de montrer
qu’en
définissantfn,
pour tout t EIRd,
paralors pour tout t E
IRd :
:Considérons l’ensemble des
(d
+1)-uplets (i1,
..., id+1 )
detels que : :
ü)
la fonctionnelle affineest telle
qu’il
existe une fonctionnelleaffine fi (i
E :vérifiant
iii)
s’il existeplusieurs
éléments(il
..., vérifianti)
etü)
et pos- sédant les mêmes dpremiers
indices(il,
...~, id),
on ne retient que celui dont le(d
+1 )-ème
indice et minimum.On notera
.1(il ~
...~Zd~
la fonctionnelle affine :En notant le sous-ensemble des
(il,
..., deZd
telqu’il
existe~ ~ ~ ,
appartenant
à un calcul direct montre que pour toutOn en
déduit,
enposant
que pour tout t E
IRd
Considérons pour tout n E lN le
polynôme Pn
:D’après
le lemme2,
la définition des fonctionnellesai
et des fonctions gn,il vient _
D’autre
part,
nous avonsce
qui permet
de conclure que pour tout(ti
...,td) E IRd :
:d’où le résultat.
Il est à noter que
d’après
lapropriété 1,
les fonctionssont convexes. D
THÉORÈME
4.2014 Unefonction
de IR dans IR U~-oo , vérifie
lapropriété
P si et seulement sif
est unefonction
convexe.Note. - Une version de ce théorème a d’abord été établie pour les fonctions convexes
lipschitziennes
de R dans IR etpubliée
dans[4].
Avec lesmêmes outils de
démonstration,
nous étendons le théorème à des fonctionsconvexes
quelconques
de IR dans[3].
Il faut noter le caractère . constructif de cette méthode de démonstrationqui
nouspermet
de traitergéométriquement
le cas d’une fonction convexequelconque.
Démons~tr~ation. -
D’après
lapropriété 1,
nous savonsdéjà
que si~’n
estun
polynôme GCP,
toute fonction définie parest convexe. Par passage à la
limite,
on en déduit la convexité def
vérifiantla
propriété
P.Nous commençons à établir la
réciproque
dans le cas d’une fonctionconvexe de R dans
R,
à l’aide d’une méthode constructivequi permettra
de traiter le casgénéral.
Considérons donc une fonction convexe de R dans R
f
est donc finie et continue sur IR. Soit t un nombre réel fixé et ~ un nombre réel strictementpositif.
Pour tout n E
lN,
ondésigne
parIn
l’intervalle[- Log
n, Log n ~
et ondivise
In
en n sous-intervalleségaux.
On poseChoisissons
Ni
tel que tappartienne
à l’intérieur deIn
pourtout n > Ni
. L’indice s est défini parL’indice s
dépend
de n, mais nous omettons cetteprécision
poursimplifier
les notations. Pour tout i E
~0, 1, 2,
..., n -1},
onappelle fi
la fonction-nelle affine
qui interpole f
auxpoints
.Utilisant la continuité uniforme de
f
sur toutcompact
deIR,
nous pouvons choisirN2 > Ni
tel que pour tout n >N2
Considérant t et utilisant la convexité
de 1,
nous pouvons donc écrireet pour tout i
~ s
Remplaçons
maintenant les par lesapproximations
suivantes :avec
désigne
lapartie
entière deae).
Il est facile de montrer que pour tout i E
~0, 1,
..., n -1} :
:Choisissons maintenant un entier
lV3 > N2
tel que pourtout n > N3
on aitSi n 2: N3,
nous avons donc1 inégalité
suivante pour toutiE~O,l,...,n-1~
.et donc :
Écrivons A~)
sous la formeÀ~)
= + et considérons la suite depolynômes
GCP :~ ~
vérifiant
Nous avons
d’après
le lemme 2 : :et nous avons donc pour n >
N3 :
:Des
inégalité (2), (4)
et(5),
nous en déduisons que pourtout n > N3 :
:et donc que la suite de
fonctions {(1/n) Log Pn}
convergeponctuellement
vers
f,
cequi
termine la démonstration pour une fonction convexe de IR dans IR .Traitons maintenant la
réciproque
dans le cas d’une fonction convexe de IR dans R U~-oo , ~-oo~. Commençons
par considérer une fonctionf
dontle domaine effectif est un intervalle d’intérieur non vide de l’une des formes suivantes :
que nous noterons
naturellement [a, ~Q~ ou ] a, ,Q).
Nous allons
examiner, uniquement
aupoint
a, comment modifier la méthodeprécédente
pour obtenir un résultatgénéral.
Avec des notationséquivalentes,
nous posonsle pas
hn
étantégal
parexemple
à(b - a)~n
si l’intervalle estborné,
etLog n/n
si l’intervalle n’est pas borné.Pour i =
1,
..., n -2,
les fonctionnelles affines.~i
sont définies de la même manière afind’interpoler f
auxpoints (ti, , f (ti ))
et(t +1 , , f (t +1 ))
.Nous allons
redéfinir
la fonctionnelle affine~
et éventuellement créer unenouvelle fonctionnelle affine
e1.
Pour un traitementanalogue
aupoint b,
il nous faudrait de même
redéfinir
la fonctionnelle.~_1
et éventuellement créer une nouvelle fonctionelle.~~.
Cas 7=
~ a , ,Q~ (figure 1 )
Que f
soit continue ou non à droite de a, nous définissonstoujours ~
de
façon
àinterpoler f
auxpoints m4
=(tg.
etmi
=(ti , f (ti )~
.D’autre
part,
pour assurer la convergence vers +0oo àgauche
de a, nouscréons une nouvelle fonctionnelle
.~ 1 remplissant
les conditions suivantes : : ..~’~ 1
est depente négative,
inférieure à celle de~
et tendant vers -ooavec n ; ; .
Figure 1
Cas I =
]
a/3) (figures 2)
i)
Sif (t )
est finie(fig. 2.1 ),
on redéfinit~
afin de vérifier les conditions suivantes : :.
LO
est depente négative,
inférieure à cellede ln1
et tendant vers- oo avec n,
.
prend
une valeurqui
tend vers l’infini avec n.ü)
SiLimta+ f (t)
= +oo(fig. 2.2),
nous ne prenons pas encompte
la fonctionnelle.~ô
et il suffit de considérer comme"première"
fonction-nelle,
la fonctionnelle~ interpolant f
auxpoints mï
=(ti
et
m2
=(t2 , ,f (t2 ))
.Figure 2.2
On
complète
defaçon symétrique,
l’ensemble des fonctionnelles affines enexaminant le cas du
point
b. Les fonctionnellesaz
sont définies pour i Eétant un ensemble d’indices inclus dans
~-1, 0, 1, 2,
... , n-1, n~,
par des formulesanalogues
aux formules(3)
et écrites sous la formeD’après
la constructionprécédente,
il est aisé de montrer que pour touttEIR:
:On considère
également
la suite depolynôme
GCP :et par utilisation du lemme
2,
on montre sans difficulté que la suite defonctions {(1/n) Log Pn}
convergeponctuellement
versf.
On traite de
façon
similaire le cas où le domainede f
est un intervalled’intérieur non vide de l’une des formes suivantes :
Dans le cas où
dom( f)
est réduit à unpoint ~a~,
on vérifie aisémentqu’il
suffit de
prendre
parexemple :
Si la
fonction f
estidentiquement égale
à onprend
parexemple :
et si
f
estidentiquement égale
à -oo, onpeut
choisirL’énumération des cas termine la démonstration. 0
1.4.
Quelques
remarques sur leprocédé d’approximation
,C~Convergence uniforme
sur toutcompact
En
appliquant
unepropriété générale
des fonctions convexes[8],
on endéduit aisément que la convergence est uniforme sur tout
compact
inclus dans l’intérieur dedom( f ).
I.l~ .,~.
Procédéd’approzimation
~CP etl’épi-convergence
Le déroulement de ce
travail,
nous a conduit à établir nos résultats dans le cas de la convergenceponctuelle.
Cette étude a commencé par lecas d’une variable et une caractérisation
complète
des fonctions convexesquelconques
a été lepremier
résultat obtenu. Ce résultat nepeut
êtreacquis
par utilisation del’épi-convergence
tellequ’elle
est considérée dans[10],
parexemple, puisque
la fonction limite du théorème 4 n’est pas SCI. D’autrepart,
l’utilisation de la convergenceponctuelle
nous a étéfortement
suggérée
par le lemme 2.Cependant,
sous certaineshypothèses,
l’utilisation de
l’épi-convergence permettrait
d’établir des résultatspeut-
êtreplus simples techniquement.
Ceci est le cas du théorème3, qui
établitun résultat concernant les fonctions convexes, propres et SCI dans le cas
de
plusieurs variables,
la convergence desépigraphes
étant dans ce casvérifiée. On
pourrait
retrouver d’ailleurs certaineséquivalences
entre lesdeux
types
de convergences en faisant deshypothèses
restrictivesadéquates ([7], [10]). Cependant,
il semble que laquestion importante
est de savoir sion
peut
se passer des fonctionnelles affinesintermédiaires,
et s’il est doncpossible
de travailler directement sur lespolynômes
et leurs coefficients.Nous reviendrons brièvement sur ce
point
enconclusion,
à la lumière duthéorème 10
qui
donnequelques
éléments concernant les relations entre les coefficients despolynômes
et les limites obtenues.l.l~ .3.
Vers un théorème de caractérisation dans le casgénéral
deplu-
sieurs variables
Dans le cas de
plusieurs variables,
une méthodegénérale
constructiveanalogue
à celle du théorème4, pourrait
dans leprincipe,
êtredéveloppée
même si cela pose des difficultés
techniques. Cependant,
on remarque, que c’estprobablement
une étude fine de lagéométrie
de la frontière du domaineeffectif des fonctions et du
comportement
des fonctions à la frontière de cedomaine,
que résident les éléments éventuels d’une caractérisation du sous-ensemble des fonctions convexes vérifiant la
propriété
P.l.l~ .l~
.Approzimation
dessingularités
d’unefonction
convexelipschit-
zienne d’une variable par le
procédé d’approzimation
,CpDans le
procédé d’approximation
d’une fonction convexe d’unevariable,
une relation intuitive semble relier lessingularités
def
et la"proximité"
des zéroscomplexes
despolynômes Pn.
Cette notion a étéprécisée
dans unprécédent
article[4].
Nous larappelons
brièvement.On dit que
t~
est unesingularité
de la fonctionf
de R dans R si la fonction de la variableréelle , f
n’est pasanalytique
auvoisinage
det~.
THÉORÈME
5(rappel ~4~~.
- Soitf
unefonction
convexelipschitzienne
de R dans IR et une suite de
polynômes
GCP telle que pour toutt ~ IR : _
Soit R l’ensemble de racines des
polynômes
, c’est-à-direSi
te
est unesingularité
de,f alors
z~ =et~
est unpoint
d’accumulation de R.La démonstration de ce théorème est
longue
et a étédéveloppée
dans[4].
.Ezemple.
- On illustre le théorèmeprécédent
parl’exemple simple
despolynômes généralisés :
Il est facile de voir que pour tout t E IR : :
Les racines de
Pn(z)
sont uniformémentréparties
sur le cercleunité, t~
= 0est
l’unique singularité
def (t)
=| et
zc = etc = 1 estl’unique
intersection du cercle unité avec l’axe réelpositif.
1.1~.5.
Unprocédé d ’approzimation
par desfonctions analytiques
respec-tant la convexité
On remarque que les fonctions
qui
interviennent dansl’approximation
sont des fonctions convexesanalytiques.
Pour une fonction convexef
de R dans R donnée sur un ensemble depoints
de la même
façon
que nous avons construit la suite depolynômes
GCP dansle théorème
4,
nous pouvons construire despolynômes Pn
et les fonctionscorrespondantes Log
sont desapproximations analytiques
con-vexes de
f.
Dans le cas deplusieurs variables,
une méthode constructivepourrait
êtreenvisagée.
1.5.
Opération
sur les suiteP-convergentes
de famillespositives
presque nulles
DÉFINITION . -
Utilisant les notations duparagraphe 1.1,
étant donné deux suites defamilles positives
presque nulleson
définit
defaçon
naturelle lesopérations
suivantes : :PROPRIÉTÉS
6i)
Si A et B sont deux suitesP-convergentes
defamilles positives
presque
nulles,
alors A +B, ~~
et A ® B sont des suitesP-convergentes
defamilles positives
presquenulles,
et on a :B,
etB}
sont des suitesP-convergentes
defamilles positives
presquenulles,
on aSi les nombres d’éléments non nuls de et notés
respective-
ment et
vérifient
et si A et B sont deux suites
P-convergentes
defamilles positives
presque
nulles,
alors est une suiteP-convergente
defamilles positives
presque nulles et on a lapropriété
Démonstration. - Pour un multi-indice i =
(il,
..., id~
de~d
etz =
{zl
, ..., zd) appartenant
àd,
on note defaçon
naturelleEn ce
qui
concerne leségalités
dei),
il est tout d’abord utile et faciled’établir que si
~un ~
et~vn ~
sont deux suites de nombres réelspositifs
tellesque
Log
etLog vn /n convergent respectivement
vers au et av alors lasuite
{(Log Max{un, vn})/n}
converge versMax{03B1u, 03B1v}. L’inégalité
nous
permet
d’affirmer que lasuite {(Log(un
+vn)) /n}
converge vers cettemême limite.
L’application
directe de cette dernièrepropriété
nouspermet
d’affirmer que A+ B
estP-convergente
et queDe
plus, l’inégaùté :
nous
permet
de montrer que~9}
est,CP-convergente
et queL’inégalité
résulte directement de la définition de la
multiplication
despolynômes.
Les
inégalités
deü)
neprésentent
aucune difficulté.Signalons simplement,
pour
l’opération Min,
que la condition d’existence d’un élément non nul des familles n’est pastoujours
vérifiée.Examinons brièvement la
propriété iii).
On aet en
posant AB
= C = etA~
B = D = , il vient directement que, pour tout z =(zi
..., GD’où le résultat en
passant
à la limite en n. 0 1.6. Procédéd’approximation
,CP etpolarité
Hypothèses H1, H2
et HSoit g
une fonction deRd
dans R Uqui
vérifie : :~ soit les
hypothèses 1i 1 :
:~ soit les
hypothèses ~C2 :
:g convexe, propre et SCI . .
(x2 ~
On note
g*
la fonctionpolaire de g
Soit une suite d’ensembles
finis
non vides de7L.d
telle que les sous-ensembles deIRd
:vérifient les
hypothèses
~COn
rappelle
queLEMME 7. - La suite de
fonction (hn)
n~INdéfinie
pour tout 1 GIRd
parconverge
ponctuellement
versg*
.Démonstration .
Commençons
d’abord par le cas oùf
vérifie leshypo-
thèses
Mi.
.Soit
t fixé
vérifiantg*(t) ~
Pour tout ~ > 0donné,
il existedom(g)
tel queLa continuité de g en x~ E
dom(g) implique qu’il
existe r~ > 0 tel que pourtout x E
dom(g)
vérifiantIlae -
r~ on aitSi on
impose
deplus
la condition sur r~ pour quepour tout x E
dom(g)
tel que~
x - x~~2
~, nous avonsl’inégalité
suivanteDes
inégalités (6)
et(7),
il vient que pour tout z Edom(g)
vérifiantUtilisant les
propriétés
des ensembles nous pouvons choisir un entier N tel que pourtout n >
N il existe xnappartenant
àK(n)
et donc àdom(g)
tel que
et par
conséquent
pour tout n>
N :Ce
qui
termine la démonstration pourg* (t~ ~
Traitons maitenant le cas où
g* (t) _
+00. Pour tout nombre réel a >0,
il existe xa Edom(g)
tel queNous pouvons
choisir ??
> 0 tel que pour tout a? Edom(g)
vérifiant~x - x03B1~2 ~ ~ on ait
Et
donc,
en écrivantOn en déduit que
Les
propriétés
des nouspermettent
de choisir N tel que pour toutr~ >
N il existe xn E tel queDonc pour
tout n 2:: N,
on al’inégalité hn(t) 2:: a
cequi
termine la démonstration.Examinons maintenant le cas où la fonction
f
vérifie leshypothèses 7~2 -
Ceshypothèses impliquent
donc quedom( f)
est un convexe non vide.Pour le cas où
g* (t)
+00, une démonstrationidentique peut
être faite à condition de choisir lepoint
noté x~appartenant
à l’intérieur relatif dedom( f ~, puisque f
est continue parrapport
à cet intérieur relatif. Oncommence donc par choisir ?
~/3 puis ~~ appartenant
à et vérifiant uneinégalité identique
à(6)
avec’
On sait
[8]
quef
est continue sur toutsimplexe
inclus dansdom(f).
Considérons donc un
segment joignant ~~
à unpoint
de l’intérieur relatif dedom( f).
L’intérieur de cesegment
est contenu dans l’intérieur relatif dedom{, f ~
et la fonctionf
étant continue sur lesegment fermé,
il estpossible
de choisir x~
appartenant
à l’intérieur desegment
et vérifiantLa démonstration
peut
donc sepoursuivre
de la même manière. La modifi- cation de démonstration estidentique
pour le cas oùg* ~t~
= +oo. 0La
fonction g
vérifianttoujours
leshypothèses
ou1i2
et la suiteles
hypothèses ?-~C,
définissons maintenant la suite de famillespositives
presque nulles paret la suite de
polynômes
GCP associéeLEMME 8.2014 Si
alors la suite A est
P-convergente
et pour tout(tl,
..., td)
EIRd
:Démonstration. -
Rappelons
la définition:et choisissons un entier
appartenant
àI~’z~
tel queAprès
avoirposé f n (t 1,
..., td~
=( 1 ~n~
, ... , nouspouvons écrire en utilisant le lemme 2 : :
Il a été montré dans le lemme 7 que
~hn~
convergeponctuellement
versg*.
On en déduit que la suite
~,fn~
convergeponctuellement
versEzemple.
- Soit g définie parIl est clair que
g* (t)
= pour toute valeur réelle de t.Maintenant,
nousp ouvons choisir
On
peut
écrireet un calcul direct montre que
fn(t)
tend vers|t| pour
tout t e lR.THÉORÈME
9. - Soitf
unefonction
convexe propre SCI deIRd
dans IR U(+oo)
etf*
lafonction conjuguée
def.
Soit(I("))
n~IN une suite de sous-ensembles non vides de telle que lessous-ensembles K(n)
=I(n) /n vérifient:
, --/-x . , ~-, ,-
La suite A =
~ A~’~~ ~,
,définie
parest
P-convergente
et pour tout ...,td)
EIRd
:Démonstration. - La fonction
f
étant une fonction convexe propreSCI, dom( f*)
est donc un convexe non vide etf *
est continue sur l’intérieur relatif de son domaine. Deplus,
on af **
=f.
. Le théorème est doncune
application
directe du résultat du lemme8,
avec g =f *
vérifiant leshypothèses ~C2. D
Remarque
etezemple.
. - Lapropriété précédente
nouspermet
d’énoncerun résultat
analogue
à celui du théorème 3. Dans le cas d’unevariable,
parrapport
au théorème4,
la méthode est non constructive car le calcul despolynômes
fait intervenirf *
et pasuniquement
les valeurs def.
Voici surun
exemple
lacomparaison
de ces deux méthodes pour obtenir une telleapproximation.
Considérons la fonction
f
définie par. Utilisons le
procédé développé
au cours de la démonstration du théorème 4et posons - .
On définit pour tout t : :
puis
parexemple :
On définit le
polynôme Pn
paret on vérine facilement que pour tout t E IR : :
e Utilisons le théorème 9. On a pour tout réel a?, = et on choisit
Il est clair que les ensembles =
/n
vérifientLes
polynômes
définis par(8)
sontce que l’on
peut
écrireDans le cas
1,
onpeut
écrireDans le cas >
1,
cette dernièreexpression permet
de montrer que : :Dans le cas où t
E ~ - 1, 1 ~,
on a -1 - t 0 et t - 1 0 cequi permet
d’affirmer que
_ t_
et donc que
Les résultats pour les valeurs de t = ~1 s’obtiennent sans difficulté à
partir
del’expression (9)
despolynômes Pn.
1.7.
Analogies
entre lespropriétés
des fonctionspolaires
et les pro-priétés
des suitesP-convergentes
de famillespositives
presque nullesDans ce
paragraphe,
onsignale,
sans démonstrationcomplète, quelques analogies
entre les résultats énoncés dans lespropriétés
6 et despropriétés classiques
des fonctions convexes([5], [8]).
On considère dans tout le
paragraphe
la même suite sous- ensembles finis et non vides de7Ld
et les ensembles = associés.À
unefonction g
de IR dans R U~~-oo~,
telle quedom(g)
soit non vide -etcontienne pour tout n E
lN,
on associe la suite de famillespositives
presque nulles
1’(g)
= la famillepossédant
commeéléments non nuls les seuls éléments :
Lorsque T(g)
est£P-convergente
on pose, avec les notations du para-graphe 1.1,
On considère deux fonctions gl et g2 vérifiant les conditions
imposées plus
haut à g. On seplace
dans le cas où les suites etT~g2)
sont,CP-convergentes
et où les ensemblesK(n)
et les fonctions gl et g2 vérifient deplus
leshypothèses
du lemme 8qui
se traduisent parOpérations T(92 ) ~
et?~(92 ) ~
De la définition de et
T (g2 ),
on déduitet la
propriété
énoncée dans le
paragraphe
1.5(propriétés 6)
se traduit si onpeut appliquer
le résultat du lemme 8 à
Min(g1 , g2 )
parDe
même,
on aet la
propriété
se
traduit,
si onpeut appliquer
le résultat du lemme 8 àMax(gi g2 ~,
parCe sont deux résultats
classiques.
Opération
Avec
l’hypothèse
la
propriété 6iii)
nouspermet
d’affirmer que est £P-conver-gente, puis
que -Si on pose
et donc
on remarque que
l’opération V
estl’équivalent
d’une Inf-Convolution dis- crète et lapropriété
h*+ ~
serait àrapprocher
despropriétés
del’Inf-Convolution.
1.8.
Comportement asymptotique
des coefficients despolynômes
intervenant dans le
procédé d’approximation
~Sur de nombreux
exemples appliqués,
enparticulier
dans le domainede la
Physique Statistique qui
est àl’origine
de cetravail,
les coefficientso~
intervenant dans uneapproximation
jCP d’une fonctionf
semblentposséder
despropriétés
derégularité [3].
Dans ceparagraphe,
nous montronscomment le
comportement asymptotique
descoefficients a(n)i peut
être reliéà la fonction
polaire /*.
.Notations et
hypothèses.-
Considérons une famldle sous- ensembles finis non vides de7l.d
àlaquelle
on associe une suite de famillespositives
presque nulles A = les seuls termes non nuls de lafamille étant les termes t
appartenant
à7~).
On suppose que la suite A estP-convergente
versfA,
c’est-à-dire que pour tout(~..~)e’R~:
:THÉORÈME
10. -Supposons qu’il
existe unefonction
g deIRd
dans R U~-~-oo~ satisfaisant
auxhypothèses Hi
ou?~C2
duparagraphe
1.5 et telleque les ensembles =
/n vérifient:
:Si
alors
g*
=Démonstration. Soit t E
dom(g)
et ~ > 0. Utilisant leshypo-
thèses
(10),
nous pouvons choisirNt,c
tel que pourtout n > Nt,e
et touti E
I( n)
1En notant
il est facile de montrer alors que
De
plus, l’application
du lemme 2 montre quece
qui
mène àl’inégalité
suivante valable pourtout n > Nt,e
:Le lemme 7 nous assure que
hn
convergeponctuellement
versg*,
et nouspouvons donc en déduire que
g*
= DEzemple.
2014Supposons
d’abord que =~-n, n~,
aveca~ ~
= = 1les seuls termes non nuls de la suite
a~’~~ .
Onpeut
poserIl est facile de montrer que
fn(t)
=(1/n) Log((et)n
+ tend versf (t)
=|t| lorsque
n tend vers l’infini. On vérifie bien queg*
=,f mais
dansce cas
f*
=g** ~
g. Si nous choisissons maintenant :et = 1 pour tout i
appartenant
àI{~’~,
nous pouvons choisir :La fonction
fn(t)
=(l/?t) possède
la même limitef(t) ] lorsque n
tend vers l’infini. Nous avons bieng*
=f,
et deplus
dans ce casg =
f*
carg**
= g.2. Le
procédé
jCP et lespuissances
de matricespolynomiales
2.1.
Introduction
Dans le cas d’une
variable,
un casimportant
dans la construction d’une suite depolynômes GCP,
telle que admette unelimite
lorsque n
tend versl’infini,
est celui où : :A(z)
étant une matrice de à coefficientspolynomiaux
de laforme
Dans ce cas, z =
et
est alors strictementpositif
et la matriceA(et)
admetune valeur propre strictement
positive À(t)
deplus grand
moduled’après
lethéorème de Perron-Frobenius. On a alors pour tout t
appartenant
à !R : :On
peut
montrerdirectement,
en utilisant despropriétés
deÀ(t),
quela
fonction , f
de R dans R ainsi définie estanalytique
en toutpoint.
Lethéorème 5 associé au corollaire 16 de localisation des zéros des