A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
M. M ENDES
Sur les crochets de Lagrange
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 4
esérie, tome 28 (1964), p. 111-129
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1964_4_28__111_0>
© Université Paul Sabatier, 1964, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Annales de la faculté des sciences de Toulouse » (http://picard.ups-tlse.fr/~annales/) implique l’accord avec les conditions générales d’utilisa- tion (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression sys- tématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fi- chier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
SUR LES CROCHETS DE LAGRANGE
par M. MENDES
Résumé. -
Exposé systématique
despropriétés
des crochets de Lagrange, considérés comme coefficients du covariant bilinéaire d’une forme de Pfaff.Application
aux transformations canoniques. Généralisations. Démonstration de l’invariantintégral
de Poincaré.Ce mémoire
présente
lesprincipales propriétés
des crochets deLagrange.
Il nous a semblé intéressant de les rassembler : un
exposé systématique
cffre l’occasion de donner certains
compléments, d’indiquer
desréciproques qui, n’ayant
pasd’application pratique,
ne sont engénéral
pas énoncées.C’est ainsi que nous posons la
question
de savoirsi,
r2 fonctions de r variables u étantdonnées, qui
vérifient les identités fondamentales descrochets,
onpeut
effectivement les considérer comme tels.Si 2n variables
conjuguées
q;, p, sont fonctions de t et de 2n cons-tantes u, le fait pour les crochets relatifs à deux u
quelconques
d’êtreindépendants
de t constitue une condition à la fois nécessaire et suffisante pour queles q,
p vérifient unsystème canonique.
Nous tirons de cettepropriété
une nouvelle démonstration de la condition nécessaire et suffi- sante pourqu’une
transformation soitcanonique.
Signalons
encore lesgénéralisations
des crochets pour deux variablesou pour
plus
de deux variablesqui correspondent
à cellesdéjà
donnéespour les
parenthèses
de Poisson(1)
et dont la secondepermet
de retrouver pour lessystèmes canoniques
l’invariantintégral
de Poincardq4 (2) )
et ses
généralisations.
° °
l.
Définition.
-Étant
donnés deux groupes de variablesconjuguées (i = ~, ... , n ) dépendant
de rparamètres
u1, ..., ur, onappelle
crochet de
Lagrange
relatif à deuxparamètres
ux, u,, laquantité
Ces
égalités,
mises sous la forme(1) ) H. LAURENT (J. Liouville, 2e série, t. XVII, 1872, p. 422), VIVANTI (Leçons élémen-
taires sur la théorie des groupes de transformations, p. 270), M. MENDES (J. Math. pures et appl., t. XLII, 1963, p. 103).
(2) Nous utilisons dans tout ce mémoire la convention des indices muets.
112
mettent en évidence le fait que les crochets
peuvent
être considérés commeles coefficients du covariant bilinéaire de la forme de Pfaff
et,
parconséquent,
d’une infinitéV étant une fonction arbitraire des u.
Cette
propriété
est d’ailleurs en conformité avec leségalités
vérifiéespar trois crochets
quelconques (3 )
2.
Réciproque.
-Réciproquement,
étant donnée une forme de PfaffUk due,
où les U sont des fonctions des r variables u, les coefficients de son covariant bilinéairepeuvent-ils
être considérés comme des crochets?Autrement
dit, peut-on
trouver des fonctions q~, Pi des u vérifiant les relations ’V étant une fonction à déterminer?
Il
suffit,
pour obtenir unesolution,
la fonction Vayant
été choisiearbitrairement,
de sedonner n ~
rfonctions q
telles que le déterminant fonctionnel 1D ~
q4’ ~ ~ ~’;oit différent de
zéro ;
les rpremières équations
D ,
’ p q a
précédentes
détermineront alors pi, ..., p~, les autres p, s’il y en a, restant arbitraires. On voit lagrande
indétermination de cette solution.Signalons,
pour n = r, la solution évidente q~ = u;, Pi = U;.Cherchons maintenant si l’on
peut obtenir,
avec n r, des fonctions q, prépondant
à laquestion.
La fonction Vayant
été choisie une fois pourtoutes,
les relationsprécédentes peuvent
se mettre sous la formeplus simple
Ces r relations sont linéaires aux p; les n
premières
fournissant ces inconnues si i l’on connaîtles q,
les r-n dernières devront en être des(3) GouRSAT, Leçons sur le problème de Pfaff, p. 18.
conséquences,
cequi
donne les r-n relationsOn en déduit
qu’il
existe desrelations, indépendantes
del’indice i,
de la forme
les À vérifiant
Remplaçant x’n
par sa valeurnous voyons que
les q
doivent vérifier lesystème d’équations
linéaires auxdérivées
partiell.es
L’existence d’une solution pour le
problème posé
est liée à celle d’une solution autre que zéro pour cesystème.
Si l’on
impose
deplus
la condition que les q soient des fonctionsindépendante,s
des u, il faudra que cesystème
soitjacobien (4)
c’est-à-dire que toutes les relationssoient vérifiées
identiquement. Ces 2014201420142014~2014201420142014 relations,
linéaires et~/ V ~(r-7?)(r20147?=-l)
homogènes
parrapport
aux d.érivées 2014 ,. ,2014 ,équations
de condition entre les(r2014~) (n20141) quantités ÀB,
...,et leurs dérivées
premières.
(4) GouRSAT, Leçons sur l’intégration des équations aux dérivées partielles du premier ordre, 2~ édition, p. 70.
’
Ces relations sont en
général incompathibles
si l’on asoit
Cette
inégalité
setraduit,
comme on le voitfacilement,
par l’une des conditions suivantes :Tenant
compte
del’inégalité
r > n, on voit en définitive que les condi- tionsprécédentes
sont engénéral incompatibles
sil’on
aLe
problème proposé
aura au contraire unesolution, (et
même une infi-nité,
étant donné le choix arbitraire de la fonction Vqui
est dansU),
dansles cas suivants :
r étant la donnée du
problème,
nous résumons ces résultats sous la formeunique
r étant
nécessairement ~
2.Dans le cas
particulièrement
intéressant où le nombre des q, p seraitégal
,à celui des u(r
= 2n ) ,
leproblème posé
n’aura engénéral
de solution que pour n =1,
r =2,
et n =2,
r = 4.3.
Rem~ar~q~ues.
- Faisonsquelques
remarques d’ordrepratique.
1 ° Les
crochets,
avons-nous vu,peuvent
être considérés comme les coefficients du covariantbilinéraire
d’une forme de Pfaff définie à unedifférentiel,le
additive d Vprès.
Onpeut toujours
choisirV,
et d’une infinité defaçons,
de manière à annuler le coefficient de l’une des d.iffé-rentielles.
2° Supposons
que les q, p soient 2 nfonctions indépendantes
de 2 nvariables u. Le dont les éléments sont les
crochets, égal
au carré dudéterminant fonctionnel
des q, p parrapport
aux u, est
différent
de zéro.Il sera alors certainement
impossible
de fairedisparaître plus
de ndifférentielles.
Eneffet,
si les coefficients de n + 1différentielles
étaientnuls,
les crochets relatifs à ces variables seraient tous nulset
le détermi- nant8, ayant
un mineur d’ordre n + 1dont
tous leséléments
seraient nuls serait lui-mêmenul,
cequi
est en contradiction avecl’indépendance
des
fonctions
q, p des u.Plus
généralement,
siles q,
p sont 2 n fonctionsindépendantes
der ~
2 n variables u, un déterminant fonctionnel au moinsdes q,
p paj*rapport
à 2 n variables u est différent dezéro; soit,
parexemple,
~ ~ ~’
0 On ne eut avoir dans
plus
de n coefficients nuls. Les coefficientsU2R+h
...,U,
restantquelcon-
ques, il sera
possible
d’avoir auplus n + (r - 2n ) = r - n
coefficientsnuls. ,
3° La forme de Pfaff
génératrice
des crochetspeut
être de la formechacun des termes de la somme ne
dépendant
que de certaines variables u et de leurs différentiellesqui
varient d’un terme à l’autre. On pourraannuler,
par l’addition d’une différentielle convenable dV,
les coefficients de p différentielles.En
rapprochant
cette remarque de laprécédente,
on en déduit que, dans le cas où les q, p sont fonctionsindépendantes
de 2n variables u, 00 ne pourrase
décomposer
enplus
de n termes vérifiant la conditionprécédente.
En d’autres
termes,
on ne pourra obtenirplus
de n groupes de variables u, tels que les crochets relatifs aux variables d’un groupes’expriment
aumoyen seulement des variables de ce groupe.
4.
Application.
- Ces considérationss’appliquent
enparticulier
au casoù les q, p sont solution d’un
système différentiel;
cesont
alors des fonc- tions de la variableindépendante
et de 2 n constantesd’intégration
u, indé-pendantes
parrapport
à elles en vertu du théorème d’existence deCauchy.
Prenons comme
exemple
leproblème
des deux corps. Les coordonnées de laplanète
parrapport
à trois axes issus du centre du Soleil et leurs dérivées sont fonctions dutemps
et des six élémentselliptiques
a, e, K,8,
~, q(notations
deTisserand,
Traité deMécanique Céleste,
t.I,
ch.X ) .
Les crochets relatifs à ces élémentselliptiques pris
deux à deux sont engen- drés par la forme dePfaff (5).
somme de trois termes
seulement;
la réduction maxima est donc atteinte.Les crochets relatifs à sont tous
nuls;
lemineur de
8 d’ordre lrois formé par ces crochets a tous ses élémentsnuls;
cettepropriété
ne saurait s’étendre à un mineur d’ordrequatre.
5.
Chan~g~ement
de variables. - Considérons deux ensembles de varia-(5) Bul1. astr., t. XX, 1955, p. 155.
blés
conjuguées
qà, p; etQt, P,,
non nécessairement en mêmenombre, dépendant
des mêmesparamètres
u.La condition nécessaire et suffisante pour que l’on ait pour tous les indices
k, l,
où À est un coefficient
indépendant
des u et où l’on aindiqué
en indicesles variables au moyen
desquelles
sont calculés lescrochets,
se traduit.évidemment par toutes les relations
ou la relation
unique
la lettre 8 se
rapportant
aux variations des u, à l’exclusion des variations des autresquantités
dontpeuvent dépendre également
les q, p,Q,
P.Si les crochets
[uk, u~] ~y, ~~~
sontengendrés
par la forme de Pfaff o,les crochets
[ uk, u, ] rQ,
r~ le sont par - ,6.
canoni~que.
- Considérons lesystème canonique
Son
intégrale générale
est de la formeLa seconde formule
(1), appliquée
aux lettrest,
uk, ut, donneRéciproquement,
considérons 2 n fonctions q;, p.; de f et de u,, ... , U2n,indépendantes
parrapport
aux u, vérifiant toutes les relationsOn en déduira
d’où des relations de la forme
Les q, p étant des fonctions
indépendantes
des u, onpeut exprimer
lesii en fonction des q, p, et U devient une fonction des q, p et
de t,
que nousdésignerons
par H(q,
p,t) .
. En vertu deles relations
(3)
donnent les 2 néquations
linéaires et
homogènes
aux inconnues -~qi ~t - ~H ~pi, ~pi ~t + ~H ~qi,
dont le déter-minant est différent de zéro. On en déduit que les q, p vérifient le
système canonique (2 ) .
Nous avons donc obtenu le résultat suivant : La condition nécessaire et
suffisante
pour que 2 nfonctions conjuguées
q;, pi, de t et de 2 n cons-tantes u,
in~dépend~ant~es
parrapport
à cesconstantes, vérifient
unsystème canonique
est que lescrocheté relati f s
à ~deuxquelcon~q~ue~s
de ces constantesoient
indépendants
dutemps.
7.
Transformations canoniques.
- Les q, p vérifiant lesystème
canoni-que
(2),
faisons unchangement
de variables(q, p ) ~ (Q, P ) , pouvant dépendre
de t.°
Proposons-nous
d’établir la condition nécessaire et suffisantepour
que cette transformation soitcanonique,
c’est-à-dire telle que,quelle
. que soit lafonction H
d’où l’on estparti,
lesQ,
P vérifientégalement
unsystème canonique.
La condition nécessaire et suffisante pour
qu’il
en soit ainsi est que,quelles
que soient les fonctions q;, p; de t et de 2 nparamètres
u, tellesque les crochets ) soient tous
indépendants de t,
les crochetsuni ]
«~,1,, le soientégalement.
On a, comme on le voit
facilement,
les sommes étant étendues à toutes les combinaisons
de j et j’.
Pour que la transformation considérée soit
canonique,
il faut et ilsuffit que le second membre de
l’égalité précédente
nedépende
pas de 1 dès que les crochetsu~]
f q, ~~ ) n’endépendent
pas eux-mêmes. Or le fait pour[uk, ul]
(q p) d’êtreindépendant
dutemps
se traduit parl’égalité
et la seule
égalité
Il s’ensuit que la condition cherchée ne pourra être vérifiée
quelles
quesoient les fonctions q, p des u,
(et
elle le sera alorseffectivement),
que si l’on a,8"~
étant lesymbole
deKronecker,
k étant une
constante, qui
ne saurait d’ailleurs êtrenulle,
lesQ,
P étantdes fonctions
indépendantes
des q, p..Si l’on
désigne
par À l’inv,erse dek,
ces relationsexpriment
que la forme de Pfaffest une différentielle virtuelle exacte.
Nous avons ainsi retrouvé la
propriété
connue(6)
: Lacondi,tion
néces- saire etsuffisante
pourqu’une transformation
soitcanonique
est que laquantité
ÀP;
8Qs
- p.a 8 qt soit unedifférentielle
virtuelle exacte.8.
Emploi
desp,arenthès,es
de Poiss~on. - Les résultatsprécédents peuvent
s’énoncer sous une autre forme enutilisant,
au lieu des crochets deLagrange,
lesparenthèses
de Poisson. Les q,p étant
fonctions indé-pendantes
des u, onpeut exprimer
ceux-ci en fonction des q, ,p, et consi- dérer lesparenthèses (ux, ul)
.En vertu des f ormules de
Cauchy
les
parenthèses
et les crochets sont simultanémentindépendants
dutemps.
Donc la con,dition nécessaire et
suffisante
pour que 2 nfonctions conju- guées
q~, pi de t et de 2 n constantes u,indépendantes
parrapport
à cesconstantes, vérifient
unsystème canonique
est que lesparenthèses
re.la-tives à deux
quelconques
de ces constantes soientindépendantes
dutemps.
L’égalité
étant la condition nécessaire et suffisante pour avoir toutes les relations
on
démontrera
lapropriété
relative aux transformationscanoniques
parun raisonnement
analogue
auprécédent
au moyen de la formuleles
parenthèses
du second membre étant calculées en considérant les q, pcomme fonctions des
Q,
P.(6) Bull. astr., t. XV, 1950, p. 307.
’
9.
Changement
deparamètres.
- Si l’onexprime
les u en fonction denouveaux
paramètres v,
les q, p deviennent des fonctions des v et l’on éta- blit immédiatement la relationla sommation étant étendue à tous les
arrangements
dek, l,
oula sommation étant étendue aux combinaisons de ces indices.
La transformée de w par ce
changement
de variables estavec
V.
=Uk ~uk ~v03B1,
et l’on aLes crochets
relatifs
aux v s’obtiennent donc àpartir
de latransformée
de w par le
changement
de variables.10.
Equation
de Jacobi. -Supposons
que nous ayonsintégré
le sys-tème
canonique (2 )
par la méthode deJacobi,
c’est-à-dire que nous ayons cherché uneintégrale complète
S(q, t, a)
+ « del’équation (7)
puis
résolu parrapport
aux q, p les relationsSi l’on pose
on a
La transformation
(q, p)
~(Q, P)
est donccanonique et,
a,Q
étantdeux
quelconques
des constantes a,b,
on aOn en
déduit,
les crochets étant calculés au moyen des q, p,(7) Bull. astr., t. XVI, 1952, p. 321.
Réciproquement,
considérons 2 n fonctions qi, Pi de t et de 2 n cons-tantes
conjuguées
ai,b;,
en m.êmenombre,
vérifiant les relations(5).
On en déduit que l’on a une relation de la forme
La transformation
(a, -- b) --~ (q, p)
est donccanonique
et, les a, b vérifiant unsystème canonique
dont la fonctiongénératrice
estnulle,
lesq, p en vérifient un autre,
engendré
par une fonction H( q,
p,t ) ,
donnéepar la relation
ce
qui
montre que lesa, b
ne sont autres que les constantes introduites parl’intégration
dusystème canonique (2)
par la méthode de Jacobi.Si ce
système
a étéintégré
par une méthodequelconque,
il s’introduit 2 n constantesd’intégration
u liées aux a, b par des relationsindépendan-
tes
de t,
et l’on ace
qui
montre que tous les crochets relatifs à deux uquelconques
sontindépendants
dutemps.
Cette remarque trouve son
application
enMécanique
céleste. Leséqua-
tions du
problème
des deux corpsayant
étéintégrées
par la méthode deJacobi,
les coordonnées de laplanète
et leurs dérivées sont fonctions de t et de six constantes au a~, a3,bi, b2, b3, s’exprimant
sous formesimple
en fonction des éléments
elliptiques (~) ;
la formuleprécédente permet
decalculer facilement les crochets relatifs à ces éléments.
Il. Invariant
intégral.
2014 Considéronsl’intégrale
étendue à une variété à deux dimensions
V2
del’espace des q,
p. Si lesq, p sont
intégrales
d’unsystème différentiel,
ce sont des fonctions de t et de 2 n constantesd’intégration
u. La.valeur
de t étantfixée,
nous ob- tiendronsV~
enexprimant
tous les u en fonction de deuxparamètres v,
w, et nous aurons
Si les q, p vérifient un
système canonique,
la sommeest
indépendante de t, I est
un invariantintégral
pour lesystème
cano-nique.
(8) TISSERAND, lac. cit., ch. VII. ,
Réciproquement,
si lesystème
différentiel vérifié par les q, p admet 1comme invariant
intégral,
tous les crochets[ u~, u~ ]
sontindépendants de t,
donc lesystème
estcanonique.
Nous avons ainsi retrouvé une
propriété classique.
12. Tenseurs. - La formule
(4)
relative à unchangement
de variables11 montre que les crochets se transforment comme les
composantes
cova-riantes d’un tenseur du second ordre.
De
même,
les u étant considérés comme des fonctions des q, p, lesparenthèses
de Poisson se transforment selon la formulec’est-à-dire comme les
composantes
contrevariantes d’un tenseur du second ordre.Proposons-nous
de liercher un espace, défini par sondans
lequel
les deux tenseurs sont confondus.nous aurons
Compte
tenu des relationson obtient
relations entre les
coefficients g. On a donc 2 n relations de moins que d’inconnues.
Les relations entre crochets et
parenthèses peuvent
s’écrireCherchons d’abord à résoudre les
équations (6)
dans le cascanonique
où l’on a
cas
auquel
nous pouvonstoujours
nous ramener par un choix convenabledes
u, parexemple
enprenant ~ui
= qi; = p~. Ceséquations
donnentalors
Elles admettent en
particulier,
aveci n,
la solutiontous les autres coefficients étant
nuls,
cequi
donnePlus
particulièrement
encore on pourraprendre
cette solution
qui
donne un espace euclidien étaitprévisible,
les composan- tes covariantes et contrevariantes étant les mêmes.On voit donc que l’on a la solution
Ayant
obtenu ainsi une solution dans le cascanonique,
ilsuffira,
pourdes variables u
quelconques, d’exprimer
le ds2 obtenu en fonction de cesvariables.
13. Première
généralisation
des crochets. -Étant
données n fonctions..., ,x~ de deux variables u, n, et des coefficients constants
Aij
vérifianttoutes les relations
A;;
+A;;
=0,
nous poseronsI,:~ sommation étant étendue à tous les
arrangements
deux à deux des indi-ces
i, j,
oula sommation étant maintenant étendue à toutes les combinaisons deux à deux de ces indices.
Une telle
expression
constitue un crochet deLagrange généralisé,
définiau moyen des coefficients A.
Les identités
les crochets étant tous définis au moyen des mêmes
.coefficients,
subsistent.On a évidemment
Si l’on considère r
paramètres
u" ..., ur, dontdépendent
les x, on voit que les crochets[ uk, U{] ]
sont les coefficients du covariant bilinéaire de la forme de Pfaffla sommation étant étendue à toutes les combinaisons deux à deux des
indices i, j.
14. Deuxième
généralisation
,des crochets. -Étant
donnés deux ensem-bles de variables
conjuguées
q;, p;(i
=1,
...,n ) , dépendant
deparamètres
ui, ..., y nous poserons, avec
r
n,la sommation étant étendue à toutes les combinaisons r à r des indices a variant de 1 à n.
On
aperçoit immédiatement, kl,
...,k2r
etlu ...,12r,
étant deux permu- tationsquelconques
des nombres1,
...,2 r,
la relationle
signe
+ convenant au cas où les deuxpermutations
sont de mêmeclasse,
le
signe
- convenant au cas où elles sont de classes différentes.D’autre
part,
on a l’identitéIl
suffit,
pour levoir,
de démontrerl’égalité
Chaque
terme dupremier
membre de cetteégalité
étant leproduit
d’unedérivée seconde par 2 r - 1 dérivées
premières,
il suffit de vérifier que ce-lui-ci ne contient aucune dérivée
seconde,
et cette vérification est immé- diate. Le coefficient de~2 q1 ~u1 ~u2
Jarexemple
neprovient
que des deux .premiers
termes et soncoefficient,
différence de deuxquantités égales
fi.. , ?.
,est nul.
Ces relations montrent que les crochets ainsi définis sont les coefficients de la dérivée extérieure d’une forme extérieure de différentielles
(et
donc d’uneinfinité).
Si les crochets font intervenir 2 r variables u, cette formesera de
degré
2 r -1.En
particulier,
si les q, pdépendent
de 2 nparamètres,
on aLe déterminant fonctionnel
peut
ainsi être considéré comme un crochet deLagrange généralisé
au sens actuel. C’est d’ailleurs une fonction des crochets au sensordinaire,
son carré étantégal
au déterminantNous allons montrer
qu’il
en est de même pour les autres crochetsgénéralisés.
Remarquons d’abord,
pour Il =1,
l’identité relative àquatre paramètres
u, v, w, z,
qui
segénéralise,
pour nquelconque
et 2 rparamètres ~(r>n),
sous la formele
signe
+ ou - devant êtreplacé
devant unterme,
selon que la permu- tationoù les
~3
et y sont tous différents entre eux, est de classepaire
ouimpaire.
Posant de
façon générale
(8) peut
en effet s’écriren étant inférieur à r, le
premier
membre est la somme de termes de la formechacun affecté de son
signe,
les facteurs non écrits étant les mêmes dans les troistermes;
une telle somme est nulled’après (7).
Supposons
maintenantn ~
r. Nous nous proposons de démontrer que lepremier
membre de(8) représente
maintenant[u1, ...,
. Nous utiliserons pour cela la méthode de démonstration par récurrence.
Pour r = n, ce crochet se réduit au déterminant fonctionnel .
qui,
comme on le voitfacilement, peut
sedévelopper
sous la formeEn
ajoutant
unequantité
nulled’après
la remarqueprécédente,
ontrouve dans ce cas
Supposons
que nous ayonsdémontré,
pour 2’ nvariables q, p
et 2 rparamètres (r ~ n ) ,
la formuleoù nous avons
indiqué
par des indices entreparenthèses
la valeur de nconsidérée.
Si l’on
ajoute
deuxvariables ~ ~
i, 1 deplus,
on a pour le crochetcorrespondant
les a
prenant
les valeurs1,
..., n. On voit commeprécédemment
que l’onpeut
écrireLa formule d’où l’on est
parti
étant exacte pour n = r, sera donc vraie pour toutes les valeurs de nsupérieures
à r, donc seragénérale.
Il s’ensuit que, si les q, p vérifient un
système canonique,
les u étantles constantes
d’intégration,
tous lescrochets [ u1, ...,
sontindépen-
dants du
temps.
15. Inwariant
intégral.
-Étant
donné lesystème canonique (2),
consi-dérons
l’intégrale multiple
étendue à une variété à 2 r dimensions
V2r
del’espace
des q, p. Unegéné-
ralisation immédiate du raisonnement du
paragraphe
11 montre que 1 estun invariant
intégral
pour lesystème (2 ) .
’ Nous avons ainsi retrouvé l’invariantintégral
de Poincaré et sesgéné-
ralisations.16.
Système
auxdifférentielles
totales. - Onpeut
étendre ausystème
aux différentielles totales
complètement intégrable
.les résultats
précédents.
Les q, p solutions de ce
système
sont fonctions des variablesind.épen-
dantes t et de 2 n constantes arbitraires u. Tous les crochets relatifs à deux u
quelconques
sontindépendants
des tet, réciproquement,
si l’onconsidère les q, p, fonctions des t et des u,
indépendantes
parrapport
aux u, telles que tous les crochets relatifs à deux uquelconques
soientindépen-
dants
des t,
onpeut
affirmerqu’ils
vérifient unsystème
de la formepré-
cédente. La démonstration est
analogue
à celle faite pour unsystème canonique
ordinaire.Les crochets
généralisés
sont aussiindépendants
des t.17. Généralisaation des
parenthèses
de Poisson. - Considérant des fonc- tions ui, ..., de 2 n variablesconjuguées
q~, p;(r ~ n),
posons, avecLaurent,
On voit que l’on a
avec
ou, en vertu de
des identités
analogues
à(7), (8)
pour r > net,
pourr C
n,l’égalité
Il s’ensuit que, si les q, p vérifient un
système canonique
dont les ureprésentent
desintégrales,
lesparenthèses (ufj, uy)
en étantégalement,
ilen sera aussi de même de
(ui,
...,u2~) ;
c’est en cela que consiste lethéorème de Laurent... ,
18. Crochets et
parenthèses.
- Considérons 4 n2 fonctions de 2 n variables u, telles que le déterminant 0394 = soit différent de zéro.Les relations
où s
prend
successivement les valeurs1, ..., 2 n,
déterminent les fonctions On aétant le mineur de A
correspondent
àD’autre
part,
on a, pour l’unquelconque
des u,d’où
On déduit de cette formule et des
analogues, après quelques change-
ments d’indices de
sommation,
Si les q~ vérifient les relations
on a, A étant différent de
zéro.
Inversement,
si les relations(10)
ontlieu,
on a lespremières égalités (9).
Deplus,
les dernièreségalités (10) pouvant
s’écriresommons d’abord par
rapport
à k et posonsd’où les 2 n
équations 03C8sk Ak
=0,
obtenues en donnant à s les valeursl, ..., 2 n.
Ceséquations, homogènes
auxAl,
dont le déterminant est différent dezéro,
donnentAx
= 0.Posons
ensuite,
avec kfixe,
on en déduit de
même,
k étantfixé, Bx-
= 0.Enfin ces
équations
donnent à leur tour, pour toutes les valeurs dek, k’, k", comprises
entre 1 et 2 n, .c’est-à-dire les dernières
équations (9).
L’application
du calculprécédent
au cas où les u, en nombre 2 n, sont fonctionsindépendantes
de 2 n variablesconjuguées
q4, p,, est immédiate : les q~représentent
lescrochets,
les~,
lesparenthèses (~s ) .
.19. Méthode de la variation des
constantes,
- Montrons comment les crochets deLagrange
s’introduisent naturellementlorsqu’on applique
laméthode de la variation des constantes au
problème
desperturbations.
Soit à résoudre le
système
associé à la forme de Pfaff
Adoptons
comme solution de cesystème
la solutiongénérale
du
système
en considérant maintenant les u comme des fonctions du
temps.
Cela revient à dire que l’on effectue unchangement
de fonctionsinconnues,
les q, p étantremplacés
par les u. Ces derniers vérifient lesystème
associéà la forme 00, dans
laquelle
on a effectué lechangement
de variables.La dérivée extérieure de w est
Le
système
associé à w, obtenu en annulant successivement les coeffi- cients dedu1,
...,dU2n,
s’écritTelles sont les
équations
que vérifi.ent les u.(9) VIVANTI, loc. cit., p. 269.
129
Le
déterminant [ uk, ui] I
étant différent dezéro,
ceséquations peuvent
être résolues parrapport
aux dérivéesIndiquons
unprocédé théorique
pour effectuer cette résolution. Les Ilétant considérés comme fonctions des q, p, les
équations précédentes
donnent
. ou
Ces formules n’offrent évidemment d’intérêt