C OMPOSITIO M ATHEMATICA
H EINRICH H ILMY
Sur les centres d’attraction minimaux des systèmes dynamiques
Compositio Mathematica, tome 3 (1936), p. 227-238
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des systèmes dynamiques
Heinrich
Hilmy
Moscou
I ntroduction.
Le mémoire
qui
suit contient une étude de certaines classes de mouvements stables dessystèmes dynamiques
dupoint
devue des
probabilités.
Nous entendons lesystème dynamique
ausens de Birkhoff et nous considérons la
probabilité
parrapport
autemps. (Voir
p. ex. le livre de Birkhoff"Dynamical systems",
N. Y.1927, ch.
VII.)
L’étude des mouvements d’un
système dynamique peut
êtreramenée à l’étude des
trajectoires
décrites par lespoints
semouvant dans un espace euclidien à n dimensions En. A tout mouvement
possible
dusystème dynamique
ilcorrespondra
danscet espace une
trajectoire
déterminée.En examinant différents ensembles dans
l’espace
En il estnaturel de
considérer,
outre lespoints,
des orbites entières enqualité
d’éléments de ces ensembles. Les ensembles formés par destrajectoires
entières ont unegrande importance
pour la théoriegénérale
de ladynamique;
ils sontdésignés
d’habitude commeensembles invariants.
Les recherches de Birkhoff sur les
systèmes dynamiques
dupoint
de vue desprobabilités
sont basées sur l’idée suivante:Soit M un ensemble
invariant, compact
etfermé,
detrajectoires
d’un
système dynamique.
Lepoint p C M
est nommépoint
errant
(wandering)
parrapport
à M s’il estpossible d’indiquer
un
voisinage
dupoint
p assez restreint pour que tous lespoints
intérieurs à M de ce
voisinage, l’ayant
une foisquitté, n’y
retour-nent
jamais;
s’il n’est paspossible d’indiquer
un telvoisinage,
le
point
sera nommépoint
non errant(non-wandering)
parrapport
à M.Désignons
parMi
l’ensemble de tous lespoints p C M
non errants parrapport
à l’ensemble M. Il est clair queM1 C M.
Deplus
il a étéprouvé
par Birkhoff que l’ensembleMi
est invariant et fermé etqu’il
nepeut
pas être vide. D’unemanière
analogue
onpeut
déterminer l’ensembleM2
de tous lespoints
dep C Ml qui
ne sont pas errants(non wandering)
parrapport
àMl.
Enrépétant
ce raisonnement nous obtenons unesuite dénombrable d’ensembles
Ml, M2,
...,Mn, ....
SoitM.
l’intersection des ensembles de cette suite. En
appliquant
àMw
le raisonnement fait sur l’ensemble M nous pouvons former les ensembles
Mw+1, MW+2’ ...;
en continuant ceprocédé
trans-fini,
nous parvenons en vertu du théorème connu de Baire àun ensemble
Mr (où
r est un nombre naturel ou un nombretransfini de seconde
classe) qui
coïncidera avec l’ensemble despoints
non errants(not wandering)
parrapport
à lui-mème.Ce dernier ensemble
possédant
"une récurrence des domaines"a été nommé par Birkhoff ensemble
"des
mouvements centraux".Soit G un domaine arbitraire
et p
unpoint quelconque
dansl’espace
En. Laprobabilité
deséjour
dupoint p
dans le domaine G est par définition la limite pour T --> + cc ou pour T --> - oo durapport
dutemps t, passé
par lepoint
p dans le domaine G à la durée totale T du mouvement.L’importance
des mouvements centraux découle du théorème suivant dû à Birkhoff: laprobabilité
deséjour
d’unpoint quel-
conque
p C M
dans toutvoisinage
de l’ensemble des mouve-ments centraux est
égale
à l’unité.L’ensemble des mouvements centraux a été trouvé par Birk- hoff à l’aide d’un
procédé transfini,
c’estpourquoi
la démons-tration du théorème formulé demande
l’application
de l’induc- tion transfinie.Le travail
présent
contient une étude des relations deproba-
bilité entre des mouvements des
systèmes dynamiques généraux.
Ces recherches n’utilisent pas les
procédés
transfinis et elles per- mettent d’arriver à des conclusionsplus précises.
Considérons un mouvement
particulier.
Nousappellerons
cemouvement
positivement (négativement)
stable au sens deLagrange
si sademi-trajectoire positive (négative)
reste dansune
région
limitée del’espace
En.Nous
appellerons
l’ensemble W C Eninvariant, compact
etfermé,
centre d’attraction minimal du mouvementdonné,
si laprobabilité
deséjour
dupoint
p décrivant latrajectoire
de cemouvement dans tout
voisinage
de W estégale
àl’unité,
et sil’ensemble W ne contient pas de véritable sous-ensemble
qui
possède
les mêmespropriétés.
Dansl’hypothèse
que dans une direction au moins le mouvement est stable au sens deLagrange,
nous démontrons l’existence d’un centre d’attraction
minimal, duquel
serapproche,
au sens de laprobabilité,
lepoint qui
décritla
trajectoire
de ce mouvement en sedéplaçant
dans le sens desa stabilité.
Nous démontrons ensuite que dans tout centre d’attraction minimal a lieu la
"récurrence
des domaines"indiquée plus
haut.En nous basant sur ces
résultats,
nous concluons par un théorèmequi généralise
le théorème mentionné de Birkhoff sur lesproba-
bilités. Nous donnons un
exemple
d’unsystème dynamique
oùla fermeture de la somme des centres d’attraction minimaux
n’épuise
pas le centre dans le sens de Birkhoff.1.
Considérons un
système dynamique,
dont les mouvements sont.donnés par le
système
différentiel -toù xi, ..., xn
désignent
lesparamètres qui
déterminent laposi-
tion du
système dynamique
et où tdésigne
letemps.
Nous considérerons l’ensemble des valeurs xl, ..., xn comme
un
point
p avec les coordonnées(xl, . Xn)
dansl’espace
euclidien à n dimensions En.
Les mouvements du
système dynamique
seront caractérisés par lestrajectoires
décrites dans En par lespoints
p CEn;
nousdésignerons
cestrajectoires
parf(p, t)
ensupposant p
fixe.Nous admettons que les fonctions
Xi
dans les seconds membres deséquations
différentielles sont continues etqu’elles remplissent
la condition de
Lipschitz
dans un certain domaine fermé D.Dans ce cas le théorème de l’existence et de l’unicité des solutions est valable ainsi que le théorème de la
dépendance
continue destrajectoires
des conditions initiales.Ce dernier théorème
peut
être énoncé de la manière suivante:THÉORÈME 1. Soit p un
point fixe
et q unpoint
arbitraire del’espace
En. Alors pour tout 8 > 0 et pour tout nombrepositif
Taussi
grand
que l’on veut, onpeut indiquer
un nombre à > 0 assezpetit
pourqu’on ait é( f(p, t), f(q, t)) 8
pour toute valeur de tappartenant
à l’intervalle 0 tT,
pourvuque Lo(p, q)
ëJ oùé(x, y) désigne
la distance dans .En entre lespoints
x et y.Le
point p,,,(p,,,)
del’espace
En est ditpoint
limiteoméga (alpha)
du mouvementf(p, t)
si toutvoisinage
dupoint pW(p(X)
contient des
points
de latrajectoire f(p, t) qui correspondent
auxvaleurs
positives (négatives )
de tsurpassant
engrandeur
absolueun nombre
positif
T arbitrairementgrand.
Nous ne considérerons dans la suite que les mouvements
qui
sont stables au sens de
Lagrange.
Latrajectoire f(p, t)
sera ditepositivement (négativement)
stable au sens deLagrange
s’ilexiste dans
l’espace
En un sous-ensemblecompact
F et si onpeut indiquer
un nombre zur tel quef(p, t)
C Fpour t
> T(t z).
Nous dirons que le sous-ensemble M de
l’espace
En est in-variant si
f(p, t) C M lorsque p C M.
Ainsi les ensembles invariants sont
composés
d’orbites entières.Soit p un
point quelconque
situé sur latrajectoire
dusystème dynamique
et G un domaine arbitraire dansEn,
fermé ou non.Prenons un nombre
positif
arbitraire T et considérons le mouve-ment du
point
p durant un intervalle detemps
delongueur
T.Désignons
par t la durée deséjour
dupoint
p dans le domaine Gpendant
la durée totale T du mouvement. Nousdésignerons
le
rapport t/T
comme la durée relative deséjour
dupoint
p dans le domaine Gpendant
l’intervalle detemps
T.La
probabilité
parrapport
autemps
ousimplement
laproba-
bilité de
séjour
dupoint
p dans le domaine G est par définition la limite de la durée relative deséjour
de cepoint
dans le domaineG,
T tendant vers + oo ou vers - oo, si cette limite existe.Si la
probabilité
deséjour
dupoint
p dans le domaine G n’est pasnulle,
cela veut direqu’elle
diffère de zéro ouqu’elle
n’existepas. Dans les deux cas il existe un nombre oc > 0 tel que pour tout nombre arbitraire T* on
peut indiquer
un nombrepositif
T > T* tel que la durée relative de
séjour
dupoint
p dans le domaine Gpendant
l’intervalle detemps
Tne soit pas inférieure à x.Dans la suite nous devrons avoir recours à
plusieurs propriétés
fondamentales de la
probabilité
parrapport
autemps.
Ces pro-priétés peuvent
êtreexprimées
par les lemmes suivants que nous ne démontrons pas, vu leur évidence. Soient G et G’ deux domaines arbitraires fermés ou non, G’ C G.LEMME I. Si la
probabilité
deséjour
dupoint
p dans le do- maine G estnulle,
laprobabilité
deséjour
de cepoint
dans le do- maine G’ estégalement
nulle.LEMME II. Si la
probabilité
deséjour
dupoint
p dans le domaine G’ n’est pasnulle,
laprobabilité
deséjour
de cepoint
dansle domaine G ne
peut
pas nonplus
être nulle.LEMME III. Si la
probabilité
deséjour
dupoint p
dans ledomaine G’ est
égale
à un, laprobabilite’
deséjour
de cepoint
dansle domaine G est aussi
égale
à l’unité.Soient ensuite G’ et G" deux domaines arbitraires fermés ou non et soit G = G’ + G".
LEMME IV. Si la
probabilité
deséjour
dupoint
p dans chacun de ces domaines G’ et G" estnulle,
laprobabilité
deséjour
de cepoint
dans la somme G de ces domaines sera
également
nulle.LEMME V. rS"i la
probabilité
deséjour
dupoint
p dans l’un des domaines G’ et G" n’est pasnulle,
laprobabilité
deséjour
dupoint
p dans la somme G de ces domaines ne sera pas non
plus
nulle.LEMME VI. Si la
probabilité
deséjour
dupoint
p dans le domaine G = G’ + G" estégale
à l’unité et si laprobabilité
deséjour
dans un de ces deux domaines estnulle,
alors laprobabilité
de
séjour
de cepoint
dans le domainecomplémentaire
estégale
à un.Si G’ et G" sont des domaines
arbitraires,
sanspoints
com-muns, on a le lemme suivant:
LEMME VII. Si la
probabilité
deséjour
dupoint
p dans le domaine G’ estégale
àl’unité,
laprobabilité
deséjour
de cepoint
dans ledomaine G" est nulle.
2.
Soit
f(p, t )
latrajectoire
d’un mouvement dusystème dyna- mique
considéré. Nous dirons que l’ensemble invariantcompact
et fermé W est un centre d’attraction du
mouvement f(p, t)
sila
probabilité
duséjour
dupoint
p dans lee-voisinage
de cetensemble est
égale
à l’unité pour toute valeurpositive
de 8.Nous dirons que l’ensemble W est le centre d’attraction mini- mal pour le mouvement
f(p, t)
s’il n’admet pas de véritable sous- ensemblequi
soit aussi un centre d’attraction.THÉORÈME II. Parmi les mouvements limites
oméga (alpha)
de la
trajectoire positivement (négativement)
stablef(p, t)
il existeun ensemble W
qui
est le centre minimal d’attraction pour le mou-roement
f(p, t ).
Nous nous bornerons à la démonstration du théorème
portant
sur les
points
limitesoméga
du mouvementf(p, t) (la
démon-stration du théorème
portant
sur lespoints
limitesalpha
esttout à fait
analogue).
Désignons
parS* (k
= 0, 1, 2,...)
lesystème
des domaines fermés enlesquels l’espace
En est subdivisé par l’ensemble deplans parallèles
auxplans
des coordonnées et distants entre euxde
£. Le
volume de chacun de ces domaines seraégal à 2:k .
Considérons les domaines
S*. Désignons
parSo
ceux des do-maines du
système Sri qui
ont despoints
communs avec la demi-trajectoire positive
du mouvementf(p, t) (t
>0).
Lesystème So
estcompact,
il renferme un nombre fini dedomaines,
le mouve-ment
f(p, t)
étantpositivement
stable. Laprobabilité
deséjour
du
point p
dans lesystème So
estégale
à l’unité. Il en découleen vertu du lemme IV que
parmi
ces domaines il s’en trouvetoujours
pourlesquels
laprobabilité
deséjour
dupoint p
n’estpas nulle.
Désignons
parWo
l’ensemble despoints appartenant
à tous ces domaines du
système So.
Alors en vertu du lemme VIla
probabilité
deséjour
dupoint
p dans l’ensembleWo
estégale
à 1.Subdivisons maintenant chacun des domaines
S*0
en 2n do-maines
S*1.
Dégageons
dusystème Si
unsous-système
fini de domainesSi ayant
despoint
communs avec lademi-trajectoire positive
dumouvement
f(p, t )
et formons l’ensembleWi
comme la sommede ceux des domaines du
système S,
pourlesquels
laprobabilité
de
séjour
dupoint
p n’est pas nulle.Comme
précédemment,
laprobabilité
deséjour
dupoint p
dans l’ensemble
W1
estégale
à l’unité et deplus
on aWl
CWo.
En continuant indéfiniment ce même
procédé,
nous obtenonsune suite dénombrable d’ensembles fermés contenus l’un dans
l’autre,
la
probabilité
deséjour
dupoint
p dans chacun de ces ensembles étantégale
à l’unité.Désignons
par W l’intersection de cette suite d’ensembles. En vertu du théorème connu de Cantor l’ensemble W n’est pas vide et il estfermé,
etcompact,
carWC 50.
Examinons d’une manière détaillée les
propriétés
de l’en-semble W.
Soit r un
point
arbitraire dansl’espace
En. S’il estpossible d’indiquer
un nombre ~ > 0 tel que laprobabilité
deséjour
dupoint
p dans le
q-voisinage
dupoint
r soitnulle,
alorsr et
W. En effet pour une valeur de k suffisammentgrande
les 2n domaines dusystème Sk auxquels peut
simultanémentappartenir
lepoint
p, seront entièrement renfermés dans leq-voisinage
dupoint
r. Envertu du lemme 1 la
probabilité
deséjour
dupoint
p dans chacun de ces domaines estnulle,
d’où il suit que lepoint
r nepeut
pasappartenir
à l’ensemble W.Inversement, si
pourtout q
> 0 laprobabilité
deséjour
dupoint
p dans le
il-voisinage
dupoint
r n’est pasnulle,
alors r C W. Ceci découle du fait que pour toute valeur de k onpeut
choisir un q suffisammentpetit
pour que leq-voisinage
dupoint
rn’appar-
tienne pas à
plus
de 2n domainesadjacents
dusystème Sk,
aux-quels peut appartenir
simultanément lepoint
r. Alors au moinspour l’un de ces domaines la
probabilité
deséjour
dupoint
p n’est pas nulle. Il en résulte que rappartient
à chacun des ensemblesW k
et parconséquent
à leur intersection W.Il s’ensuit de ces raisonnements que tout
point
r C W est unpoint
limiteoméga
du mouvementsf(p, t).
S’il n’en était pasainsi,
on
pourrait indiquer
un nombrefixe q
> 0 suffisammentpetit
pour que le
q-voisinage
dupoint
r ne contienne pas depoints
dela
trajectoire
dumouvement f(p, t).
Mais alors laprobabilité
deséjour
dupoint p
dans leq-voisinage
dupoint r
seraitnulle,
etceci contredit
l’hypothèse
r C W.De
plus
il résulte de ces considérations que l’ensemble Wpeut
être défini comme l’ensemble de tous les
points
r C En pourlesquels
laprobabilité
duséjour
dupoint p
dans unvoisinage
arbitrairement
petit
de r n’est pas nulle. D’où découle avecévidence
l’indépendance
de l’ensemble W du mode de sa construc- tion.Montrons maintenant que l’ensemble W est un ensemble invariant.
En
effet,
soit r unpoint
arbitraire de l’ensemble W etf(r, t)
la
trajectoire
déterminée par cepoint. Désignons
parf(r, -r)
laposition
dupoint
r au moment zarbitraire,
mais fixé d’avance.Décrivons autour du
point f(r, -r)
unesphère G(1J)
de rayon arbi-traire q. En vertu du théorème I on
peut
décrire autour dupoint r
une
sphère G (6)
derayon ô
assezpetit
pour quef(G(6)’ T)
CG(1J). * )
Montrons que la
probabilité
duséjour
dupoint
p dans le domaineG(~)
nepeut
pas être nulle.Admettons le contraire.
Assignons-nous
un nombre constantpositif quelconque
T etdésignons par t1
la durée deséjour
dupoint
p dansG(03B4) pendant
l’intervalle detemps T,
et part1’
ladurée de
séjour
de cepoint
dans le domainef(G(6)’ ’l’) pendant
l’intervalle de
temps
T + T.A toute intersection du domaine
G(03B4)
par lepoint p
il corres-pondra
une intersection du domainef(G(6)’ ï) qui
aura lieuunités de
temps plus tard,
les durées deséjour
dupoint
p dans les domainesG (6)
etf( G (6)’ t )
étantégales.
Il s’ensuit
qu’on a t1 tl’.
Alors
*) Le symbole f(A, t) désigne l’ensemble des
points {f(r, t)}
avec r C A.ou
Nous avons
supposé
que laprobabilité
deséjour
dupoint p
dans le domaine
G(~)
étaitnulle;
en vertu du lemme 1 la mêmecondition doit
également
êtreremplie
pour le domainef(G(d), t ),
car
f( G (6)’ ,r) C G (1î) .
Mais alors en vertu del’inégalité (2)
la pro- babilité deséjour
dupoint
p dans le domaineG(Ô)
estégalement
nulle,
cequi
n’est paspossible.
D’où nous concluons que
f(r, ï)
C W.Nos raisonnements étant vrais pour les valeurs arbitraires de 1’) et 1:, tous les
points
de latrajectoire f(r, r) appartiennent
àW si r C W.
Donc l’ensemble W est invariant.
Il est aisé d’établir que pour tout 03B5 > 0 la
probabilité
duséjour
du
point
p dans lee-voisinage
de l’ensemble W estégale
à l’unité.En
effet, quel
que soit E > 0, àpartir
d’une valeur suffisammentgrande
dek,
tous les ensemblesWk
seront contenus dans le e-voisinage
de l’ensemble W. Laprobabilité
deséjour
dupoint p
dans tout ensemble
Wk
estégale
àl’unité,
parconséquent
il en estde même pour le
e-voisinage
de l’ensemble W.Les
propriétés
de l’ensemble Wqui
viennent d’être démontréesprouvent
que cet ensemble est un centre d’attraction du mouve-ment.
Pour
compléter
la démonstration duthéorème,
il nous resteà montrer que l’ensemble W est le centre d’attraction minimal.
En
supposant
le contraire il existerait un ensembleW’,
véri-table sous-ensemble de
W, qui
serait un centre d’attraction.Choisissons un nombre e’ > 0 suffisamment
petit
pourqu’en
dehors du
voisinage
de l’ensemble W’ de rayon 3s’ il y ait encoredes
points appartenant
à l’ensembleW; désignons
l’ensemble de tous cespoints
par W".Considérons les
voisinages
derayon 03B5’
des ensembles W’ et W".En vertu de notre
hypothèse,
laprobabilité
deséjour
dupoint p
dans le
03B5’-voisinage
de W’ estégale
à l’unité. Maisalors,
en vertudu lemme VII la
probabilité
duséjour
dupoint
p dans le e’-voisinage
de l’ensemble W" serait nulle. Donc aucunpoint
du03B5’-voisinage
de l’ensemble W"n’appartiendrait
àW,
cequi
estcontradictoire. Le théorème est démontré.
Nous disons que la récurrence des domaines
(the property
ofregional recurrence)
a lieu dans l’ensembleinvariant, compact
et fermé
M,
si pour tout domaine relatif G de l’ensemble M(arbitrairement petit)
et pour tout nombrepositif
T(arbitrai-
rement
grand)
onpeut indiquer
une valeur t > T telle que les domaines G etf(G, t)
aient despoints
communs.THÉORÈME III. Dans le centre d’attraction minimal W du mouvement
f(p, t)
a lieu"la
récurrence des domaines".Admettons le contraire. Alors on
pourrait indiquer
dansl’ensemble W un domaine relatif G* dont tous les
points quittent
définitivement ce domaine
après
un intervalle detemps
ne sur-passant
pas z.Choisissons un
point r
= G* et décrivons autour de cepoint
deux
voisinages sphériques (non relatifs) G1
etG2
de rayons e et 2e. Nous considérerons la fermetureG1
du domaineG1.
SoientGi
etG2
les intersections desdomaines G1
etG2
avec l’ensemble W.Le nombre
positif
constante est choisisuffisamment petit
pourqu’on
aitG2
C G*.Il est évident que tous les
points
du domaineG*2 quittent
défi-nitivement ce domaine
après
un intervalle detemps qui
ne sur-passe pas T.
Soit q
> 0 un nombre arbitrairementpetit.
Choisissons unnombre
positif T,
assezgrand
pourqu’on
aitet un nombre
positif Ô
suffisammentpetit
pour que la conditione(f(ae, t), f(y, t)) 03B5
soit satisfaite pour lespoints
x C En ety =
Ci
tels quee(x, y )
03B4 pour toute valeur de tappartenant
à l’intervalle
0 t Tl.
Décrivons autour de l’ensembleGi
unvoisinage
fermé derayon ô
etdésignons
par r l’intersection dece
voisinage
avec levoisinage G1
et par F’ la fermeture de l’en- sembleG, -
.,h’. Il est évident que pour toutpoint x
C 7" onpeut indiquer
unpoint y C Gi
tel que l’on ae(x, y )
6.Soit T >
Tl
un nombrepositif
dont la valeur sera choisie dans la suite. Considérons la durée relative duséjour
dupoint
p dans le domaine Tpendant
letemps
T.Pendant
chaque
passage dupoint
p dans le domaine 7" il setrouvera un
point r C Gi
tel quee(p, r)
6. Dans l’intervalle detemps c
lespoints
p et rquitteront
le domaineG2.
Mais envertu du choix de ô nous aurons
é(f(p, t), f(r, t))
03B5 pour toutevaleur de t
appartenant
à l’intervalle 0t Tl,
parconséquent
après
que lelaps
detemps Tl
s’estécoulé,
lepoint p
ne pourrapas retourner dans le domaine
r,
lepoint r
étant en dehors dudomaine
G*
Ainsi
après chaque séjour
dupoint
p dans le domaineT, séjour qui
ne surpasse pas z, cepoint, ayant quitté
le domaineI’,
reste en dehors de celui-ci au moinspendant
un intervalle detemps Tl -
T. Parconséquent
pour aucun T >Tl
la duréerelative du
séjour
dupoint
p dans le domaine h nepeut
sur-2T 1
D’autre part, la pro ba bilité de s ,. du poi passer
2-c 1 o.
D’autrepart,
laprobabilité
deséjour
dupoint
P
T
2 ~. D’autre part, la P J Pp dans le domaine F’ est
nulle,
car ce domaine ne renferme aucunpoint
de l’ensemble W. Parconséquent
onpeut indiquer
un nom-bre
positif
T >Tl,
suffisammentgrand
pour que pourchaque
T >
Tl
letemps
relatif duséjour
dupoint
p dans le domaine T’ ne surpasse pas½~.
Il en résulte que pour aucun T >
T 1
la durée relative deséjour
du
point p
dans le domaineG1
= r -f- .,T" nepeut
surpasser q.Mais n peut
être choisi aussipetit
que l’on veut, parconséquent probabilité
deséjour
dupoint p
dans le domaineG1
serait nulle.Or cette
probabilité
nepeut
pas êtrenulle,
car le domaineG,
contient des
points
de l’ensemble W.Le théorème est donc démontré.
3.
Nous concluons en démontrant le théorème suivant
qui repré-
sente une
généralisation
du théorème fondamental de Birkhoffsur les
probabilités.
THÉORÈME IV. Soit M un ensemble invariant arbitraire de mouvements stables dans le sens
positif (négatif)
dans En et W* lafermeture
de la somme des centres minimaux d’attraction de tous les mouvements de M. Laprobabilité
duséjour
de toutpoint p C
Mdans le 03B5-voisinage de
l’ensembleW*,
t tendant vers +oo(t->-oo),
est
égale
à l’unité pour toute valeur de e > 0.Il résulte de la stabilité
positive (négative)
de tout mouvementf(p, t)
C M queparmi
lespoints
limitesoméga (alpha)
de latrajectoire f(p, t)
il existe un ensemble Wreprésentant
le centred’attraction minimal de ce mouvement.
Soit W * la fermeture de la somme de tous les ensembles W
qui représentent
les centres d’attraction minimaux pour les mou- vements contenus dans M.Considérons le
e-voisinage
de l’ensemble W*. Cevoisinage
con-tient le
e-voisinage
de tout ensemblequi
est un centre d’attractionminimal d’un mouvement
quelconque
de l’ensemble M. Ils’ensuit,
en vertu du lemme
III,
que laprobabilité
duséjour
de toutpoint p C
M dans lee-voisinage
de l’ensemble W* pour t--> +00(t-> - oo )
est
égale
à l’unité.Le théorème est démontré.
Considérons enfin un
exemple
de l’ensemble W*.Supposons
que M soit formé par tous lespoints
duplan
eucli-dien,
dont les mouvements sont déterminés par leséquations
différentielles
(en
coordonnéespolaires)
la fonction
f(e)
étant déterminée de la manière suivante:Les
équations
destrajectoires
dusystème
étantle caractère
général
des mouvements est le suivant.L’origine
descoordonnées est un
point
de repos,qui
est le centre de la famille des circonférencesconcentriques,
de rayons 1,qui
sont lestrajectoires
des mouvementspériodiques.
La
circonférence e
= 1 contiendra lestrajectoires
dequatre
mouvements: deux
points
de repos avec les coordonnées(9 = 1, q, = 0), (e = 1, p=1t)
et deuxtrajectoires (e = 1,
0 q
03C0)
et(p
= 1, n ~203C0)
décrites par despoints qui
se
rapprochent asymptotiquement
despoints
de repos, letemps
variant dans les deux directions.
Tous les
points
pourlesquels e
> 1 décriront desspirales qui
s’enroulent autour de la circonférence
e = 1
pour t -> + ~.Ainsi tous les mouvements
appartenant
à l’ensemble M seront stables dans le senspositif.
Les centres d’attraction minimaux des
points
de repos et despoints
décrivant destrajectoires périodiques
seront les ensembles despoints
de ces mêmestrajectoires.
Les centres minimaux d’attraction des
points
décrivant desdemi-trajectoires
de rayon = 1 seront lespoints
de repos,situés sur la circonférence e = 1, à savoir les
points (e
=l, q; == 0), (p = l, q; == :n ),.
Il est aisé de démontrer que ces mêmes
points
de repos seront des centres d’attraction minimaux de tous lespoints
dont lestrajectoires
sont desspirales.
L’ensemble W* est formé par tous les
points
du cercleel.
Il est naturel de
désigner
W* comme centre d’attraction mini- mal de l’ensemble invariant M des mouvementspositivement (négativement)
stables au sens deLagrange.
Onpeut
le définir aussi d’une manière tout à faitanalogue
à la définition donnée-au §
2 pour le centre d’attraction minimal d’un mouvementparticulier.
W.
Stepanoff
dans son travail:"Sur
une extension du théorèmeergodique" 1)
a construit unexemple
intéressant d’unsystème dynamique
dont tous les mouvements sont centraux au sens deBirkhoff,
tandis que le centre d’attraction minimal W* de tous les mouvements dusystème
est un véritable sous-ensemble du centre.(Reçu le 18 mai 1935.)
1) Compositio Mathematica 3 (1936) 239-253.