HAL Id: jpa-00208488
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Lois d’aimantation et interactions magnétostatiques dans les structures en domaines simples
J.-L. Porteseil, R. Vergne
To cite this version:
J.-L. Porteseil, R. Vergne. Lois d’aimantation et interactions magnétostatiques dans les structures
en domaines simples. Journal de Physique, 1976, 37 (7-8), pp.929-938. �10.1051/jphys:01976003707-
8092900�. �jpa-00208488�
929
LOIS D’AIMANTATION ET INTERACTIONS MAGNÉTOSTATIQUES
DANS LES STRUCTURES EN DOMAINES SIMPLES (*)
J.-L. PORTESEIL et R. VERGNE
Laboratoire de
Magnétisme
duC.N.R.S., B.P.166,
CT-38042 GrenobleCedex,
France(Reçu
le3 fevrier 1976, accepté
le 23 mars1976)
Résumé. 2014 Les auteurs étudient le comportement
magnétique
d’un cadre monocristallin de fer-silicium contenant une, deux ou trois parois de Bloch à 180°. La forme des courbes d’aimantation et des cycles varie en fonction du nombre de parois. Une paroi isolée suit une loi deRayleigh
dans leschamps
faibles. Des interactions notables se manifestent dès que deuxparois
sont en présence.On
explique
ces phénomènes en introduisant descouplages
magnétostatiques dus à la courbure desparois entre deux points d’ancrage. Les résultats expérimentaux s’interprètent bien dans le cadre de ce modèle simple.
Abstract. 2014 The authors study the magnetic behaviour of a
single crystal
of Fe-Si cut to the shapeof a picture frame which contains one, two or three 180° Bloch walls. The
shapes
of the virgin curveand the hysteresis
cycle
change according to the number of walls. A single wall follows aRayleigh
law in weak fields. Strong interactions appear as soon as two 180° walls are present. These phenomena
are explained by assuming that the walls are slightly curved between two pinning points, giving rise to magnetostatic couplings. A simple model correctly accounts for the experimental results (English
translation available).
LE JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 37, JUILLET-AOÚT 1976,
Classification Physics Abstracts
8.550
1. Introduction. -
Malgr6
leurimportance
techno-logique considerable,
les mat6riauxferromagn6tiques
sont relativement mal connus du
point
de vue de leursm6canismes d’aimantation
microscopiques.
Cela tientessentiellement au fait
qu’un
echantillonferromagn6- tique
ordinaire se subdivisespontan6ment
en ungrand
nombre de domaines 616mentairescouples
lesuns avec les autres. Les processus d’aimantation y sont par
consequent
trescomplexes.
Deplus
onconnait mal les interactions du
systeme
deparois
avecles nombreux defauts du reseau cristallin. C’est
pourquoi
on s’est souvent borne a d6crire lesph6-
nomènes rencontr6s par des modeles formels
qui
abordent les
problemes
d’unpoint
de vuestatistique.
Grace aux
progres
de lacristallogenese
ondispose
actuellement d’echantillons
ferromagn6tiques
mono-cristallins de dimensions notables dont la
qualite
permet d’obtenir des structures en domaines
parti-
culièrement
simples.
D’autre part, 1’existence d’unappareillage
de mesure 61abor6 nous apermis
d’enre-gistrer
en continu de tres faibles variations de fluxmagnetique
auparavant inaccessibles. ns’agit
essen-tiellement d’un
amplificateur galvanom6trique
a cou-rant continu
qui
adeja
ete decrit en detail[2, 3].
Lorsqu’on
l’utilise comme unSuxmctre,
cetappareil pr6sente
descaracteristiques particulierement
int6-ressantes. Son entrée etant
court-circuit6e,
la derivecorrespond
a une tension moyenne ramen6e a l’entree dequelque 10-11
Vpendant
des durees de l’ordre d’une heure. L’erreurcorrespondante
sur le fluxmagnetique
nedepasse
pas10 M/h.
La bande pas- sante a ± 6 dB est deplusieurs
milliers de Hertz et le temps de montee vaut 100 tis, cequi
permet d’etudier des variations de fluxrapides.
Lesamplificateurs
purement
electroniques
actuels ne peuvent atteindre simultan6ment ces ordres degrandeur. Disposant
d’un tel
appareil,
on peutesp6rer
obtenir des rensei- gnementsplus precis
sur les mecanismes d’aimantation faisant intervenir unpetit
nombre deparois.
2. L’echantillon. - Nous avons 6tudi6 un mono-
cristal de fer-silicium a
3 %
de siliciumenviron.
L’echantillon est taille en forme de cadre
rectangulaire
et ses cotes sont
paralleles
aux axescristallographiques
du
type 100 > qui
sont les directions de facile aiman- tation(Fig. 1).
Les dimensions exterieures du cadre sont 15 x 10 mm et ses dimensions interieures 9x4 mm. Sonepaisseur
est de0,39
mm. La structuremagnetique comprend
essentiellement unpetit
nombrede domaines
s6par6s
par desparois
a 1800paralleles
aux cotes du cadre. Ces
parois
sont mobiles et conti-nues, tout autour de 1’echantillon.
Quatre parois
a 90°fixes assurent la rotation de 1’aimantation dans les
angles.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01976003707-8092900
FIG. 1. - Structure en domaines du cadre de fer-silicium ; le nombre de parois a 180° est generalement compris entre 1 et 3.
Du fait de la
grande qualite cristallographique
ducadre,
les defauts du reseaun’imposent
pas une confi-guration
immuable ausysteme
deparois.
Le nombreet la
position
desparois
a 180° sont aleatoires dans unelarge
mesure. Nous avons etudie la structure endomaines par effet Kerr en reflexion.
Chaque
desai-mantation alternative de
grande amplitude
conduit àun nombre n de
parois
a 180°g6n6ralement compris
entre 1 et 3. Le tableau I
indique
lafrequence d’appa-
rition de ces structures relevees sur 100 d6saimanta- tions consecutives
d’amplitude
maximaleegale
à10 Oe environ.
TABLEAU I
Nous avons constate que des desaimantations de
plus
faibleamplitude (1
Oeenviron)
ne modifient pas le nombre deparois
a 180° obtenues par une desaiman- tation degrande amplitude.
Cette circonstance permet de faire une seried’exp6riences
en retrouvantchaque
fois le meme nombre de
parois.
Cette stabilite de la structure n’est pas etonnante. Eneffet, plusieurs
auteurs
[4
a9]
ont constate que lesparois peuvent
se coller l’une contre 1’autre ou contre une surfaceplane
en conservant leur individualite. La structure initiale
r6apparait
lors de la decroissance duchamp.
Deschamps
relativement 6lev6s(quelques Oe)
sont n6ces-saires pour faire
disparaitre
d6finitivement lesparois.
Signalons egalement
que la moindre contraintemecanique appliquee
a 1’echantillon d6truit sa struc-ture
magnetique simple
et faitapparaitre
des dizaines de domaines de fermeture de dimensions notables.Pour cette
raison,
les enroulementsmagnetisants
et demesure sont bobines sur une carcasse d’araldite entourant un des
grands
cotes du cadre avec unjeu
dequelques
dixiemes de millimetre.Nous avons effectu6 toutes les mesures
magn6- tiques apres
avoirplonge
le cadre dans l’azoteliquide.
On s’affranchit ainsi du
trainage
de diffusion du a lamigration
des atomes interstitiels de carbone et de silicium. Par contre on ne peut 61iminer letrainage
defluctuations
thermiques qui
estpresent
a toute tem-p6rature.
Dans toutes lesexperiences
nous avonsimpose
au courantmagnetisant
des variations lineairesau cours du temps
toujours
a la meme vitesse. On rendainsi le
trainage
de fluctuationreproductible
danstoute la mesure du
possible.
3. Les résultats
exp6rimentaux.
- 3 .1 COURBES DEPREMIERE AIMANTATION ET CYCLES A SATURATION. -
Nous avons 6tudi6 le comportement
magnetique
ducadre dans des
champs
ned6passant
pas 10 m0e.Cette valeur est suffisante pour atteindre
pratique-
ment la saturation tout en
preservant
la structure endomaines initiale. La
figure
2reproduit
quatre enre-gistrements
de la courbe depremiere
aimantation et ducycle.
Lechamp
coercitifHe
est tres variable mais reste de l’ordre dequelques
m0153 dans toutes lesexpe-
riences.
Remarquons egalement
que lepoint
dedepart
obtenu
apres
une désaimantation n’a aucune raison d’etreequidistant
des deux saturations.FIG. 2. - Courbes de premiere aimantation et cycles d’hysteresis
du cadre contenant une (a), deux (b et c) ou trois (d) parois a 180°.
Lorsque
le cadre contient uneparoi
a180°,
lesretoumements d’aimantation sont tres brutaux
(a).
Les
phenomenes
sontdeja
différents dans le cas de deuxparois. Lorsque
1’6tat initial estplus proche
de lasaturation
positive,
la courbe depremiere
aimantation et lesparties sup6rieures
descycles
sontaccidentees,
tandis que lesparties
inferieures sontabruptes (b).
Si au
contraire, l’état
initial estproche
de la saturationnegative,
l’aimantation croitrapidement
et les allures desparties superieures
et inferieures ducycle
sontinversees
(c).
On observe enfin descycles
de forme931
plus complexe lorsque
le cadre contient troisparois
a
180- (d).
3.2 AIMANTATION DANS LES CHAMPS FAIBLES. -
Nous avons
enregistr6
les courbes depremiere
aiman-tation du cadre dans des
champs
de l’ordre deHc/ 10
pour les structures a une, deux et trois
parois.
3.2.1 Aimantation du cadre à une
paroi.
- La courbe(a)
de lafigure
3 montre des variations d’aiman- tation assezregulieres lorsque
lechamp applique
nedepasse
pas0,5
m0153 environ. Ces variations sont mesur6es apartir
de 1’etat initialqui
n’est pas un 6tat d’aimantation totale nulle.FIG. 3. - Courbes de premiere aimantation dans les champs faibles
du cadre contenant une (a), deux (b et c) ou trois (d) parois a 180°.
On constate
qu’une
loiparabolique
du type J = aH +bH’ (loi
deRayleigh)
d6crit correctement lesphenomenes
observes dans leschamps
faibles.A
partir
des donn6esexperimentales
nous avonsajuste
les valeurs des coefficients a et b par une m6thode de moindres carr6s. Le tableau II regroupe les valeurs de a et b
correspondant
acinq
essais ou laparoi
a 180°avait des
positions
initialesdifférentes,
ainsi que leursmoyennes a > et b >.
Pour la
commodit6,
les unitesemployees
sont lesu.e.m. pour 1’aimantation et les mO pour le
champ.
Les valeurs
experimentales
sont assez biengroup6es
autour de leurs moyennes
respectives ( ±
6%
pour a,±
10,5 %
pourb).
11 ressort de ces resultats
qu’une
loi deRayleigh
d6crit bien les
d6placements
d’uneparoi
de Blochisolee soumise a un
champ
faible. Deplus,
les coeffi- cients a et b semblent caract6riser le cristalind6pen-
damment de la
position
initiale de laparoi.
Cesobservations viennent a
1’appui
des modeles[10
a13]
qui
d6duisent les lois deRayleigh
d’uneanalyse statistique
desd6placements
d’uneparoi
dans unpotentiel irr6gulier. Signalons
au passage que1’appa-
rente continuite des courbes d’aimantation
provient
de 1’echelle a
laquelle
on 6tudie ici lesph6nom6nes.
A une 6chelle
plus fine,
on observe de nombreuses discontinuites d’aimantationqui
refl6tent lesd6place-
ments irr6versibles des
parois.
Ces sautspresentent
un
int6r4t
par eux-m8mes et ferontl’objet
d’unepublication
ult6rieure.3.2.2 Aimantation du cadre à deux
parois.
- Les courbes(b)
et(c)
de lafigure
3 ont ete tracees dans laconfiguration
a deuxparois.
Elles sontplus
acciden-tees que la courbe
(a),
et on remarque deplus
uneinversion de la concavite
g6n6rale.
L’allure est cepen- dantparabolique
dans deschamps
ned6passant
pas0,2
ou0,3
m0e et nous avons verifiequ’une
loi deRayleigh
J = a’ H+ b’ H2 represente
bien 1’aiman- tation dans cette gamme dechamps.
Par contre, la valeurexperimentale
de J dans unchamp
de0,5
m0153est inferieure de presque 50
%
a la valeur obtenue enextrapolant
la loi J = a’ H + b’ H2 determinee enchamps
faibles.Le tableau III donne sept
couples
de valeurs mesu-r6es des coefficients a’ et b’.
La
dispersion
est bienplus grande
que dans lesexperiences
faisant intervenir une seuleparoi.
Laplupart
des valeurs sont nettement inferieures auxdoubles des valeurs moyennes d6termin6es pour une
paroi
isolee.3.2.3 Aimantation du cadre à trois
parois.
- La courbe(d)
de lafigure
3 a ete tracee dans laconfigura-
tion a trois
parois.
Elle est encoreplus
accidentee que les courbes(b)
et(c)
et 1’aimantation devient memetemporairement negative.
Le tableau IV donne deuxcouples
de valeurs d’ et b" d6termin6es enajustant
une loi J = a" H
+ b" H2
sur des courbesplus regulieres
trac6es dans les memes conditions.11 est difficile d’estimer la
dispersion
endisposant
seulement de deux
essais, mais,
on peut remarquerque a"
et b" sont nettement inferieurs a3 a >
et3 b >.
11 ressort de ce
qui precede
que les processus d’aimantation dans unsysteme
dequelques parois
ne se r6duisent pas a la
simple superposition
desphenomenes qui
seraient dus a chacune desparois
TABLEAU II
prises-isol6ment.
On peut donc conclure a l’existence decouplages
notables entre lesparois
deBloch,
et cela meme dans leschamps
faibles.TABLEAU IV
4.
Interpretation
des r6sultats. - 4.1 ORIGINE DES COUPLAGES ENTRE PAROIS. - Pourexpliquer
lesphe-
nomenes d6crits ci-dessus nous proposons un modele d’actions
magnetostatiques
entre lesparois
de Bloch.Nous avons
suppose
que des massesmagnetiques pouvaient apparaitre
sur lesparois,
cr6ant ainsi dans la matiere aimantee deschamps
dedispersion
sus-ceptibles d’agir
sur les autresparois.
11 faut pour cela que certainesregions
desparois
fassent unangle
nonnul avec 1’aimantation
spontanee.
11 yapparait
alorsune densite de masses
magnetiques 6gale
a la dis-continuite que subit la composante normale de Js a la travers6e de la surface de
separation.
Les defauts du reseau cristallin
(dislocations, joints
de
grains, inclusions...)
sont despoints d’accrochage
pour les
parois.
Celles-ci peuvent se courber locale-ment sous 1’effet de la
pression magnetique
due auchamp applique.
On peut penser a un tel mecanisme pourexpliquer
lescouplages. Cependant,
les defauts du reseaususceptibles
d’accrocher lesparois
sont tresnombreux meme dans un materiau monocristallin de haute
qualite.
M. Schlenker et ses collaborateurs[14]
en etudiant le cadre par
topographie
aux rayons X et aux neutrons, ont mis en evidence de nombreuses dislocations isol6es ouregroup6es
ensous-joints.
La densite des dislocations isolees est de
quelque
104
cm-2.
Cesaccrochages microscopiques
créentsur la
paroi
des massesmagnetiques
altemativementpositives
etnegatives
a une echelle de 1’ordre de10-2
cm. Leschamps
dedispersion qui
leur sont dusdecroissent
rapidement
en fonction de la distance etleur moyenne
spatiale prise
sur toute lalongueur
de laparoi
est nulle. On peut difficilementinvoquer
un telmecanisme pour
justifier
les fortes interactions obser- v6es. C’estpourquoi
nous avons cherch6 une autreexplication
ensupposant
que lesparois
sont accro-ch6es dans les
angles
du cadreplus
fortementqu’ailleurs.
Eneffet,
l’intersection de deuxparois
à1800 et 90° doit
interagir
avec les defauts du reseau differemment de laparoi
a 180°proprement
dite.D’autre
part,
le cadre comporte in6vitablement desimperfections geometriques
que lafigure
4reproduit
en les
exagerant.
Uneparoi
a 900rectiligne
ne peut exister dans ces conditions car celaimpliquerait 1’apparition
d’une tres forte densite de massesmagnetiques
a la surface de 1’echantillon. On aplus
vraisemblablement une
paroi
a 900 en forme debaionnette sur
laquelle
lesparois
a 180° se raccordenten des
points
diff6rents. De telles situations ont effectivement ete observ6es. Ledeplacement
d’uneparoi
a180° implique
alors ledeplacement
d’unmorceau de
paroi
a 900(Fig. 5). Or,
cette derniere esten
principe plus
difficile adeplacer.
Eneffet,
la pres- sionmagnetique qui
s’exerce sur uneparoi
etantproportionnelle
a sapolarisation (1),
elle estfi
foisplus petite
pour uneparoi
a 90°. Deplus
laparoi
a 90°est environ deux fois
plus
6troite et parconsequent
elle
integre
moins lesirregularites d’energie
poten- tielle dues a tous les defauts depetites
dimensions[11].
FIG. 4. - Raccordement du systeme de parois dans les angles du cadre.
FIG. 5. - Deplacement simultane d’une paroi a 180° et d’un
morceau de paroi a 90°.
Si des
accrochages plus importants
se manifestent dans lesangles
ducadre,
ilapparait
alors une courburede l’ensemble de la
paroi,
et par suite des massesmagnetiques
et unchamp
decouplage (Fig. 6).
Cettecourbure a
grande
6chelles’accompagne
de d6for-mations locales de dimensions bien inferieures dont les influences se moyennent a zero des
qu’on
lesobserve a une distance suffisante. Le
champ
de cou-plage
au niveau d’une autreparoi
se r6duit a celui cree par la courbure moyenne.(’) La polarisation d’une paroi s6parant deux domaines d’aiman- tation Jl et J2 est par definition le vecteur J2 - J1.
933
FIG. 6. - Courbure des parois a grande echelle. Pour la clarte de la figure, on n’a represente que les champs de couplage dus aux
charges en surface de la paroi AB.
4.2 ORDRE DE GRANDEUR DE LA COURBURE DES PAROIS. - La courbure des
parois
sansd6placement
de leurs extr6mit6s ne peut provoquer que de faibles variations d’induction. On a vu que 1’aimantation initiale due au
deplacement
d’uneparoi
isolee suitune loi de
Rayleigh
assezreguliere jusqu’a
des induc-tions de l’ordre de 70 G. C’est dans cette
region
quenous
suggerons
de rechercher un m6canismeprepon-
d6rant d’aimantation par courbure.
Pour d6crire de
faron simple
la deformation d’uneparoi
delongueur
totale 2L,
nousadopterons
une loiparabolique :
Si on suppose que les
points d’ancrage
aux extr6-mit6s A et B restent
fixes,
la variation d’aimantation de 1’echantillon estproportionnelle
a 1’aireS = 4/3
4zo L
comprise
entre laparabole
et sa corde AB. Uneparoi plane qui
donnerait le m8me effet sed6placerait
dez’
0- 2
zo. Or und6placement
de 3 mm(largeur
des3 o p ,g
cotes du
cadre) correspond
a une variation d’induction de l’ordre de 40 000 G. On en deduit zo pour uneinduction de 70 G :
Le montage d’effet Kerr dont nous
disposions
avaitune resolution de N
10 u ;
des lors il ne nous etait paspossible
de detecter une telle courbure.Effectivement,
nous avons
toujours
observe desparois d’aspect parfaitement rectiligne.
Cettetechnique
doit cepen- dant permettre de voir et de mesurer la courbure de laparoi.
Pourcela,
il faut d’abord avoir unappareillage
a haute resolution
(
1g),
cequi
estpossible.
Maisce n’est pas li la seule difficult6. En
effet,
le faiblechamp
d’observation d’un tel montage et la distance despoints d’ancrage
de laparoi (N 1,5 cm)
conduisenta des difficultes
mecaniques
s6rieuses. Ces raisons font que dans unepremiere 6tape,
nous n’avons pas entre-pris
cette verification.4.3 COMPORTEMENT DES MOMENTS
MAGNTTIQUES
AUVOISINAGE DE LA PAROI. - Les deformations a
grande
6chelle de la
paroi
sont biensuperieures
a sonepaisseur (2
000A environ).
On peut donc considerer laparoi
comme une surface sans
epaisseur
portant uner6par-
tition de masses
magnetiques.
Les moments situes auvoisinage
de cette surface sont soumis a unchamp
etdevient
legerement
de la direction de facile aiman- tation(Fig. 7).
Leur nouvelle orientationrepr6sente
FIG. 7. - Comportement des moments magnetiques au voisinage de la paroi.
un
compromis
entre1’energie
des massesmagnetiques
et
1’energie d’anisotropie magnetocristalline.
Onmontre
[15]
que la densitequi apparait
pour une cour- bure donnee estegale
a cellequi apparaitrait
siI’anisotropie
etaitinfinie,
divisee par le facteurPour le
fer-silicium,
Js est de 1’ordre de 1 600 u.e.m.a la
temperature
ambiante[16].
Onn6gligera
lavariation
thermique
de Jsqui
n’introduiraitqu’une
correction de 1’ordre de 1
%.
D’autre part on peut estimerK1
a latemperature
de 1’azoteliquide
apartir
des resultats
exp6rimentaux
concernant1’anisotropie d’alliages
de fer-silicium[17]
et la variationthermique
de
1’anisotropie
du fer[18].
Cela conduit a attribuer aK1
une valeur de 1’ordre de 4 x 105 ergs. cm-3.
On trouve ainsi que
p*
est voisin de 40.Par
consequent,
un element deparoi
faisant1’angle a(x) -
tga(x)
avec la corde AB porte une densite4.4 LOI D’AIMANTATION DE DEUX PAROIS COUPLEES
DANS LES CHAMPS FAIBLES. - La densite
u(x)
estproportionnelle
a la deformation de laparoi.
Si onsuppose que les extrcmites A et B sont
fixes, 6(x)
estalors
proportionnelle
a I’aimantat7ion J due a la cour-bure de la
paroi
consideree. Dans ce cas, leslignes
duchamp
decouplage
6H sont fixes et son module entout
point
varieproportionnellement
a J. Dans toutce
qui
suit nous ne nous interesseronsqu’a
sa compo- sante active 6Hparallele
a lapolarisation
de laparoi.
11
s’agit
maintenant de decrire le comportement d’uneparoi
sedéplaçant
dans un milieu cristallinperturbé
sous 1’action simultanee duchamp appli-
que
H et d’unchamp
decouplage inhomogene
6Hdu a une autre
paroi.
Devantl’impossibilite
de traiterrigoureusement
un telprobleme,
nous avons cherch6a
exprimer
defaçon simple
1’effetglobal
d’unchamp
de
couplage
6H sur uneparoi.
Uneparoi
isolee donne dans leschamps
faibles une aimantation du type J = aH +bH2.
Si elle est soumise deplus
a unchamp
6H nonuniforme,
nousrepr6senterons
1’aiman-tation par la loi
Les valeurs moyennes des
premiers
et seconds ordres ainsi introduites sont aprendre
sur toute lalongueur
de la
paroi.
Elles visent arepresenter
de maniereph6nom6nologique simple
1’effet descouplages magn6- tostatiques
sur les termes r6versibles et irr6versibles.Nous ne
pr6ciserons
pas pour l’instant lafacon
donton
peut
calculer ces moyennesspatiales.
Nous supposerons de
plus
que les deuxparois
contribuent
egalement
a 1’aimantation et que leschamps
decouplage
que chacune d’elles exerce sur1’aimantation sont
sym6triques
enpremiere approxi-
mation. Cela est evidemment faux en toute
rigueur puisque
les deuxparois
a 180° n’ont pas exactement la memelongueur
du fait de la forme de l’echantillon.L’erreur ainsi introduite sera d’autant moins grave que les
parois
serontplus longues.
Les resultats du tableau III ont d’ailleurs ete choisisd’apres
ce critereparmi
de nombreux essais.Le
champ
H 6tant uniforme(2),
lesquantités H >
et H2 >
sontrespectivement egales
a H etH2.
L’aimantation due a une
paroi
s’ecrit :Compte
tenu deI’hyp6th6se
deproportiontlalite
entre 6H et
J,
nous d6finirons deux constantes sansdimensions A et J1 par les relations
J est alors solution de
1’equation
du seconddegr6
(2) Tout au moins sur la plus grande partie de la paroi. Des inhomog6n6it6s apparaissent certainement dans les angles du cadre, mais ces regions contribuent tres peu au mecanisme d’aimantation par courbure.
qui
admettoujours
des racines reelleslorsque
lechamp
H est suffisamment faible. La solutionqui
s’annule
pour H
= 0 est :En
d6veloppant
cetteexpression
suivant lespuis-
sances de
H jusqu’au
2e ordre on trouve :Les deux
parois
se courbantsimultan6ment,
1’echan-tillon suit dans les
champs
faibles une loi deRayleigh
dont les coefficients valent
respectivement :
Dans tout ce calcul nous avons
suppose
que les deuxparois
enpresence
se comportent defagon parfaite-
ment
symetrique. L’apparition
d’une eventuelledissy-
m6trie conduit a des
phenomenes
int6ressants quenous avons
analyses
dans la reference[1]
etqui
feront1’objet
d’unepublication
ulterieure.4. 5 EXAMEN
NUMTRIQUE
DES VALEURS EXPTRIMEN-TALES DE a’ ET b’.
- A partir
des resultats du tableauIII,
nous avonsdeduit a
de a’grace
a1’expres-
sion
a’ - 2 a .
Nous avons ensuite recalcule la 1 -valeur
th6orique
de b’ que nous avonscompar6e
a savaleur
experimentale.
Ne connaissant pas le para-mètre /1,
nous avons faitprovisoirement 1’approxi- mation p
=À 2 qui
seraitrigoureuse
si lechamp
decouplage
etait uniforme. On verraplus
loin commenton peut
preciser
cepoint moyennant
unehypothese complementaire.
Le tableau V
indique
les valeurs de A ainsi obtenues et compare les rapportsb’12 b
mesures et calcules.TABLEAU V
935
Compte
tenu de lasimplicite
du modele et desapproximations introduites,
I’accordnumerique
entreles deux derni6res
lignes
est assez surprenant. Nous pouvons maintenant calculer la valeur moyenneðH > qui represente
I’actionint6gr6e
du .champ
decouplage
sur uneparoi.
En supposant que H =0,1
m0153et en reprenant les sept colonnes du tableau
V,
ontrouve :
On voit donc que des
couplages
tresimportants
entreparois
de Bloch peuventapparaitre
dans leschamps
faibles.
Signalons
que le coefficient du terme en H3 dans ledeveloppement
de J en fonction despuissances
de Ha le
signe
de A. L’aimantation totale a tendance à croitreplus
ou moinsrapidement qu’une
loi deRayleigh
selon que les mecanismes de courbure des deuxparois
s’aident ou seg8nent
mutuellement. Cet effet est vraisemblablement al’origine
de l’inversion de concavite observee sur les courbes(b)
et(c)
de lafigure
3.Nous avons
négligé jusqu’à present
lesdeplacements
des
points d’ancrage
A et B. Enfait, lorsque
le cou-plage
entreparois
est fortementnegatif,
lechamp
6Hpeut compenser la
plus grande partie
duchamp magn6tisant
et ledeplacement
des extr6mit6s peut alors devenir bienplus important
que dans le cas d’uneparoi
isolee. Nousinterpr6tons
ainsi les accidents bien visibles sur les courbes(b)
et(c) (Fig. 3).
On remarque
egalement
que 1’6cart relatif entre les valeurs calculees etexperimentales
durapport b’/2 b parait
croitre pour les valeurs lesplus negatives
de Z.De
plus,
toutes les valeurstheoriques
sauf une sontsuperieures
aux valeurs mesurees. Or ledeplacement
des extremites
correspond
a un mecanisme d’aiman-tation
plus
difficile que ledeplacement
de laparoi
proprementdite,
et se caracterise donc par un rap- portbla plus petit [10, 12].
Comme on observe simul- tan6ment ces deux processus, on sous-estime b’ par rapport a a’lorsqu’on
attribue ces coefficients au seul mecanisme de courbure. L’ecartsyst6matique
entreles deux dernieres
lignes
du tableau Vparait
donclogique.
4.6 CALCUL DU CHAMP CREE PAR UNE PAROI
COURBÉE. - Nous supposerons pour
simplifier
que la formeparabolique
de laparoi
courbee se conservelorsqu’un champ
decouplage inhomogene
se super-FIG. 8. - Notations employees dans le calcul du champ d’interac-
tion.
pose au
champ applique.
On a vu que la densite demasses
magn6tiques
vaut dans ce cas :On peut donc calculer le
champ
decouplage
en toutpoint
de1’espace
par uneintegration
sur cette densitede surface.
Compte
tenu de la faiblesse des d6forma- tions d’uneparoi (moins
de 10p)
on peut considerer celle-ci comme une surfacepratiquement plane portant
une densite
qui
est une fonction lin6aire de l’abscisse.La
figure
8indique
lag6om6trie
duprobleme.
Lechamp,de couplage
au niveau de laparoi A’, B’, C’,
D’est du a la
paroi
ABCDqui
lui fait face maisegalement
aux
parois
situ6es dans les autres cotes du cadre.En
fait,
seuls les elements de surface de ces dernieresqui
ne sont pas tropeloignes
de AD et de BC donne- ront des contributions nonn6gligeables.
On
exprime
facilement6(x)
en fonction de J sion remarque que le
deplacement
duplan
moyenequivalent
a laparoi
courb6e est2/3 Zo
etqu’un deplacement
de 21(largeur
ducadre) correspond
àune variation d’aimantation de 2 Js :
Rappelons egalement
que la seule composante int6-ressante du
champ
decouplage
est celleparallele
a 0’ x’. Un element de surface dS cr6ant a la distance r un
champ
p dH= a dS ,
onexprime
facilement 6Hr2
pcomme la somme de deux termes :
Nous avons calcul6
num6riquement
cesint6grales
dansles conditions suivantes : 2 1 = 3 mm ; 2 e =
0,39
mm ; 2L1
= 12 mm; 2L2
= 7 mm(paroi
situ6e au milieudu
cadre); p*
= 40. Nous avons v6rifi6 que la valeur exacte de la borne inferieured’int6gration
sur z n’apas
d’importance
et que6Hi
et6H2 dependent
trespeu de
y’.
Lafigure
9indique
les variations de6H(x’, 0) en
fonction de la variable reduitex’ l L’
avec d comme
parametre.
On constate que lechamp
de
couplage
estn6gatif
dans toute laregion
centralede la
paroi
etpositif sur
les extr6mit6s.FIG. 9. - Variation spatiale du champ d’interaction pour diff6- rentes valeurs de la distance entre parois d.
, 4.7 CALCUL DES QUANTITfS lu ET u. -
Jusqu’à . present
nous avons considéré À et It comme des para- m6tresphenomenologiques
que1’experience
permet d’estimer. Pour allerplus loin,
il faut maintenant d6finir un mode de calcul des moyennesspatiales
duchamp
decouplage ðH > et 6H’ >.
Pour traiterrigoureusement
l’interaction il faudrait savoir d6crire le comportement d’uneparoi
consideree comme unemembrane deformable en introduisant son
energie superficielle, 1’energie
de larepartition
de massesmagn6tiques, 1’energie
des moments dans unchamp inhomogene
et les diverses interactions avec les defauts du reseau. Nous avons fait une nouvellehypothese simplificatrice
en supposant quechaque
morceau deparoi
suit une loi deRayleigh
dans lechamp
localauquel
il est soumis. Nous avons deplus
donne lameme
pond6ration
a tous les elements deparoi
en leurattribuant les constantes a et b determinees
experi-
mentalement sur une
paroi complete.
A et p
qui
valent pard6finition a -
se deduisent alors sans difficultes des variations spa-
ð H (x’)
tiales de
6H(x’)
par deuxinte g rations numenques.
Les
figures
10 et 11repr6sentent respectivement
lesvariations de A et p en fonction de la distance d
qui s6pare
lesparois.
Lepoint
interessant estque A
FIG. 10. - Variation de la quantite A en fonction de d.
FIG. 11. - Variation de la quantit6 p en fonction de d.