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(1)

HAL Id: tel-00141924

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00141924

Submitted on 16 Apr 2007

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Méthodologie de la calorimétrie et de la thermométrie des noyaux chauds formés lors de collisions nucléaires

aux énergies de Fermi.

E. Vient

To cite this version:

E. Vient. Méthodologie de la calorimétrie et de la thermométrie des noyaux chauds formés lors de

collisions nucléaires aux énergies de Fermi.. Physique Nucléaire Théorique [nucl-th]. Université de

Caen, 2006. �tel-00141924�

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U.F.R : Sienes

ECOLE DOCTORALE : SIMEM

Mémoire

Présenté par

Monsieur VIENT Emmanuel

et soutenue

Le 11 Déembre 2006

Envue de l'obtention de l'

Habilitation à Diriger des reherhes

Spéialité : Constituants élémentaires

Méthodologie de la alorimétrie et

de la thermométrie des noyaux hauds

formés lors de ollisions nuléaires

aux énergies de Fermi

MEMBRES du JURY

Mr. Rémi Bougault, Direteur de Reherhe CNRS,LPC Caen (Rapporteur).

Mr. Roland Dayras, Ingénieur CEA, DAPNIA Salay, (Rapporteur).

Mr. Daniel Guinet, Professeur, IPN Lyon, Université de Lyon I.

Mme. Marie-Frane Rivet, Diretrie de Reherhe CNRS,IPN Orsay (Rapporteur).

Mr. Bernard Tamain, Professeur,LPC Caen, ENSICAEN.

Mr. Laurent Tassan-Got, Direteur de Reherhe, IPN Orsay.

(3)
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it in numbers, you know something about it; but when you annot express it

innumbers, your knowledgeis of ameager and unsatisfatory kind;it may be

the beginning of knowledge, but you have sarely in your thoughts advaned

tothe state of siene, what ever the matter may be".

Lord Kelvin

Leture to the Institution of Civil Engineers

3 may 1883

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Jeveuxtoutd'abordremerierhaleureusementl'ensembledesmembresduJuryd'avoir

aeptéde partiiperaujuryde ettehabilitationàdirigerdes reherhes. Jeremerietout

partiulièrementles rapporteurs. Jeles trouvetrès ourageux, me onnaissant.

Jesuisreonnaissantàl'ensembledesmembresetpartiipants(herheurs,enseignants-

herheurs,ingénieursettehniiens),passésetprésents,titulaires,thésards,post-dotorants

etvisiteursétrangers de laollaborationINDRApour l'ensemble de leurtravailausein de

etteollaboration.Sanse travailolletif,pouvantêtre parfoistrès pénible,edoument

n'existerait pas.

La ollaboration INDRA a montré au ours des années un esprit olletif, pas si ou-

rant que ela dans le monde de la physique nuléaire. Pour ma part, j'ai toujours trouvé

qu'au ours des réunions d'analyses de la ollaborationINDRA, il y a un bouillonnement

intelletuel très intéressant, qui peut donner parfois lieu àdes débordementsmalheureux.

Mais je rois que ela fait partie de lavie et de ladisussion sientique. Il peut toujours

exister diérents ourants de pensée, jusqu'à e qu'un de es ourants arrive à prouver

sientiquement aux autres, qu'ilest le bon.

Jetienspartiulièrementàremerieraussi l'ensembledes personnesquiontontribuéà

l'existenedeequ'onappelleleltreINDRA,partiulièrementDanielCussol,pourlesoin,

ave lequelilaessayéde rendreomptevirtuellementdel'ensembledes phasesintervenant

dans leproessusde détetion etd'identiationdes partiulesdans un multidéteteur. Je

pense qu'il a eu fondamentalement raison d'aller loin dans les détails de la modélisation

d'un telmultidéteteur.

Je veux aussi rendre hommage à mes phénoménologistes (ou phénoménologues?) pré-

férésD.Durand etD.Laroix pour l'ensemble de leur oeuvre.

Je veux aussi remerier l'ensemble des membres du LPC pour la vie de tous de tous

les jours et la vie sientique au sein de e laboratoire (dans sientique, j'inlus bien

évidemmentlesdisussionssurl'enseignement,leshiens,lefootetleinéma).Sinèrement,

jemesuis toujourssentibiendanselaboratoire,mêmes'ilestunpeuagitéene moment.

Enn,je neremerieraijamaisassezmahèreettendreépouse,pourson soutien,toute

aulong de ette longuerédation, ainsi quepour e qu'elle fait tous les jours, pour que la

vie des siens soit meilleure.

(7)
(8)

Remeriements iii

Introdution ix

1 De la diulté d'obtenir des noyaux hauds thermalisés sur terre 1

1.1 Commentsont produits lesnoyaux hauds sur terre? . . . 1

1.1.1 Lesdiérents méanismesde réationobservés . . . 1

1.1.2 Miseen temps de la réationautourde l'énergiede Fermi . . . 3

1.1.3 Laprodution hors équilibre. . . 5

1.1.4 Quels sontles proessus de formation des fragments? . . . 6

1.2 Caratérisation ettris expérimentaux des noyaux hauds formés. . . 7

1.2.1 Caratérisation expérimentale . . . 7

1.2.2 Tris expérimentaux néessaires . . . 8

1.3 Conlusions . . . 11

2 Étude méthodologique d'une alorimétrie des noyaux hauds 13 2.1 Introdution. . . 13

2.2 Lesoutils de l'analyseméthodologique. . . 14

2.2.1 Legénérateur phénoménologique SIMON. . . 14

2.2.2 Le ltre informatique simulant le omportement du multidéteteur INDRA. . . 14

2.2.3 Desriptionde laalorimétrie étudiée. . . 15

2.3 L'analyse méthodologique. . . 16

2.3.1 Protoole suivi. . . 16

2.3.2 Calorimétrieaveunmultidéteteurparfaitdepartiuleshar- gées. . . 17

2.3.3 Calorimétrieave INDRA. . . 26

2.4 Conlusionssur ette analyse. . . 29

3 Étude méthodologique de la thermométrie des noyaux hauds 35 3.1 Introdution . . . 35

3.2 Théories mises en jeu dans les diérentes méthodes de mesure . . . 37

3.2.1 Lathéorie de Weisskopf . . . 37

(9)

3.2.2 Laméthode des rapports isotopiques :une autreapprohe statistique 39

3.2.3 Peuplement des niveaux exités des noyaux hauds. . . 41

3.3 Présentation des méthodes expérimentales de mesureutilisées . . . 42

3.3.1 Thermométrie à partirdes spetres en énergie des partiules hargées 42 3.3.2 Thermométrie à partirdes doublesrapports isotopiques . . . 43

3.3.3 Thermométrie à partirdes populations des états exités . . . 46

3.4 L'analyse méthodologique . . . 47

3.4.1 Thermométrie "parfaite"d'un noyauhaud "parfaitement déteté" 51 3.4.2 Thermométrie d'un noyauhaud parfaitement onnu ave INDRA . 55 3.4.3 Thermométrie d'un noyauhaud ave INDRA . . . 59

3.5 Disussion sur lesbarrières d'évaporation . . . 62

3.6 Conlusionssur ette analyse. . . 65

4 Comment améliorer es méthodes de mesures thermodynamiques? 69 4.1 Améliorationde laséletion des partiules évaporées. . . 70

4.1.1 Inuenes du repère et du ltre expérimental sur la aratérisation des partiules légères. . . 70

4.1.2 Conrmation expérimentale de la néessité de séletionner le méa- nisme de réation . . . 79

4.2 Nouvellealorimétrie "3D" . . . 81

4.2.1 Détermination d'un domainespatial d'émission par leQP. . . 81

4.2.2 Caluldes probabilitésd'émission par leQP. . . 81

4.2.3 Reonstrution du QP haud. . . 83

4.2.4 Comparaisonave l'anienne méthode. . . 84

4.3 Comment remonter à partir des températures mesurées aux températures initiales?. . . 85

5 Étude de la Calorimétrie 3D et de la thermométrie à l'aide de HIPSE. 89 5.1 Présentation rapide du générateur d'événements HIPSE . . . 89

5.2 Qualiationdu générateur. . . 90

5.2.1 Caratéristiques générales des ollisions. . . 91

5.2.2 Étude des fragmentsles plus lourds àl'avantdu entre de masse. . 96

5.3 Étude de la alorimétrie3D. . . 99

5.3.1 Étude de la aratérisation du noyauhaud. . . 99

5.3.2 Étude de la vitesse du noyau haud.. . . 105

5.4 Étude de la thermométriedu QP . . . 108

5.4.1 Étude de la thermométrieà partirdes spetres en énergie . . . 108

5.4.2 Étude de la thermométrieà partirdes rapports isotopiques . . . 116

6 Conlusions et Perspetives 121

(10)

A Ajustement de fontionnelles sur des spetres énergétiques 127

A.1 Introdution . . . 127

A.2 Présentation des deux méthodes . . . 127

A.2.1 Test du

χ 2

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127

A.2.2 Test de Kolmogorov-Smirnov . . . 128

A.3 Appliations de es méthodes à lamesure de température . . . 129

B Desription des onditions d'utilisation des générateurs d'événements 135 B.1 Utilisationde GEMINI . . . 135

B.2 Utilisationde SIMON . . . 135

C Figures omplémentaires sur l'étude de la thermométrie 137 D Figures omplémentaires sur l'étude des barrières 143 E Figures omplémentaires sur l'étude de la Calorimétrie 3D 149 E.1 Prinipes de aluls de l'éart etde l'erreur. . . 149

E.2 Présentation des gures de l'étude . . . 149

F Figures omplémentaires sur l'étude de la thermométrie ave HIPSE. 155

Bibliographie 163

Table des gures 169

Liste des tableaux 181

(11)
(12)

Les propriétés statiques intrinsèques des noyaux montrent un omportement analogue

àelui d'une goutteliquide (densité de saturation).Les aratéristiquesgénérales (phéno-

ménologiques)onnues de l'interation nuléonique lafont ressembler àune interation de

Van Der Waals. Ces faits expérimentaux ont amené les physiiens nuléaires à introduire

la notion de matière nuléaire (innie symétrique), et ei dès la n des années 30 [1℄.

Celle-i s'est avérée importante en astrophysique pour la modélisation de l'eondrement

gravitationneldes supernovaede typeII etl'étudephysique desétoiles àneutrons [2℄. Ces

étudesnéessitentdeonnaîtrelathermodynamiquedeettematièrenuléaire:'est-à-dire

onnaîtresonéquationd'étatetaratériseruneéventuelletransitiondephaseliquide-gaz.

Laseulematièrenuléairedisponiblesurterresetrouvesousformedenoyauxd'atomes.

Pourétudierthermodynamiquementdelamatière,ilfautpouvoirlahauer,laomprimer,

la détendre et ainsi faire varier son état thermodynamique. Pour des noyaux d'atomes la

seule manière de le faire, est de provoquer des ollisions entre des noyaux ibles et des

projetiles, noyauxouautres.Nousverronsplusen détaildanslehapitre1laphysiquede

es ollisionsnuléaires. Nousnous limiteronsà unegammed'énergies inidentes allantde

quelques MeV/nuléon à quelques entaines de MeV/nuléon. A es énergies, nous réons

des noyaux dans des états extrêmes de température, de pression et de momentangulaire.

Nousespérons ouvrirainsi une gammed'énergies d'exitation allant du MeV par nuléon

jusqu'à ladizaine de MeV par nuléon, don de l'ordre de grandeur de l'énergiede liaison

moyenne d'un nuléon dans le noyau. Cei doit permettre d'observer expérimentalement

une transitiondu liquide nuléairevers le gaz de nuléonsdans le noyau.

Le méanisme de formation de es noyaux hauds est essentiellement dynamique, ex-

trêmement violentet omplexe. Il y aune produtionimportantede partiules (plusieurs

dizaines) émisesdans toutesles diretionstout aulong de laréation. Uneompréhension

orrete de es méanismesde réationpassepar une détetion laplusexhaustivepossible

des partiules produites. Il faut don un ensemble de détetion ouvrant l'ensemble de

l'espae autour du lieu de la ollision, la ible. Ces ensembles de détetion sont appelés

multidéteteurs4

π

.Depuis20ans,autourdesdiérentsaélérateursexistantpartoutdans le monde,de tels dispositifsont été onstruits [320℄.

Le déroulement d'une ollisionest souvent déomposé de manièreshématique en plu-

sieurs phases :

Il y a d'abord une phase rapide, au moment où les noyaux rentrent en ontat. Au

ours de elle-ia lieuune émissionnon-équilibrée de partiules légères venant de la

(13)

zonede ontat. Cetteémissionest liéeàunproessus de ollisionsdiretes nuléon-

nuléon (On parle souvent de partiules de prééquilibre).

Elleest suivieparune phaseplusoumoinsrapided'éhangesd'énergieetde matière

entre les deux noyaux en ollision. Ce proessus pouvant aller jusqu'à la formation

d'un noyau unique plus ou moins déformé selon l'énergie inidente et le paramètre

d'impat.

Enmêmetemps,il ya alorsune phased'équilibration thermiquedans haque noyau

haudainsiformépuisunephasebeauouppluslonguededésexitation.Selonl'éner-

gie emmagasinée, il peut être observé des évaporations de partiules légères, de la

ssion, de la fragmentation du noyauhaud et même une vaporisationomplète.

Al'éhellehumaine,unetelleréationnedurequ'untempsinme,del'ordredequelques

10

− 21

seondes.Ladétetiond'unetelleréationest faiteen uneentaine denanoseondes.

Il n'y a don pas une mesure direte des aratéristiques thermodynamiques des noyaux

hauds formés mais unereonstrution après oup àpartirdes débris de laollision.C'est

bien évidemment lagrande diulté expérimentale que pose ette physique.

A partir de nos onnaissanes sur les méanismes de réation, nous devons essayer

de faire la alorimétrie des noyaux hauds, 'est à dire reonstruire leurs aratéristiques

statiques (harge et masse), inématiques (vitesse) et dynamiques (énergie d'exitation

don énergieinterne).

A partir de notre onnaissane des proessus de désexitation, nous essayons aussi de

faire la thermométrie du noyau haud, 'est dire remonter indépendamment à sa tempé-

rature. Ce onept utilisé en thermodynamique lassique n'est orretement déni qu'à

la limite thermodynamique. Dans e as, le système physique étudié est onstitué d'un

nombre olossal de partiules individuelles (lassiquement de l'ordre du nombre d'Avoga-

dro).Lesnoyauxhaudssontdessystèmesmésosopiquesontenantaumaximumplusieurs

entainesdenuléons. Noussommesdontrès loindeettelimitethermodynamique.Nous

verrons lesdiultés, oneptuelles et expérimentales, qu'engendre et état de fait.

Pour de tels systèmes physiques, les signatures expérimentales habituelles d'une tran-

sition de phase sont modiées.Depuis une vingtaine d'années, tant théoriquement qu'ex-

périmentalement, les physiiens nuléaires ont mis au point de nouvelles signatures de

la transition de phase, propres aux noyaux hauds (ourbes aloriques [2124℄ , apaité

aloriquenégative[2528℄, bimodalité[29℄ etloisd'éhelles [3034℄). Ellesontété eeti-

vement observées expérimentalement mais pas de manièreindubitable pour l'ensemble de

laommunauté.

L'ensemble des signaux de la transitionde phase de la matière nuléaire néessite une

aratérisation physique etthermodynamiquela plus orrete possibledes noyaux hauds

formés. Lesambiguïtésexpérimentales existantatuellement,ne pourrontêtre levées qu'à

etteondition.Ilparaîtdonimportantdefaire une véritable"métrologie"du noyau

haud.

Enmétrologie,pourtout mesured'unegrandeurphysique,ilfautvérierquelamesure

est juste(exatitude de la mesure), dèle (répétitivité) et robuste(reprodutibilité).Cela

imposebien évidemmentune maîtrisetotalede laméthode demesure, dumodeopératoire

et de l'instrument de mesure. L'ensemble du travail présenté dans e manusrit a pour

(14)

objetif d'étudier s'il est possible de faire de la "métrologie" du noyau haud. L'instru-

ment de mesure utilisée dans toute notre étude est le multidéteteur INDRA. C'est un

multidéteteur 4

π

de deuxième génération. Il permet la détetion des partiules hargées produites lors d'une réation nuléaire. Il ouvre un angle solide de 90 % de 4

π

autour

de la ible. INDRA est onstitué de 336 modules indépendants. Cette bonne granularité

autoriseune identiationen harge jusqu'àZ =54ave une bonne résolution en énergie.

Lesseuilsénergétiquesde détetionsontenvirond'unMeVparnuléon.Lespartiulessont

identiées en masse jusqu'au béryllium [16,19,20℄.

Laméthode de aratérisationdu noyauhaud étudiéeest laalorimétrielassiqueutilisée

au sein des ollaborations NAUTILUS [3538℄ et INDRA [23,39,40℄. Dans le hapitre 2,

nous présentons don une étude méthodologique de ette alorimétrie.Notre but est don

de vérier la validité de la méthode utilisée,de dénir son domaine eetifd'appliabilité

etdedéterminerlapréision etleslimitesexpérimentalesatteintessur lamesuredes gran-

deurs aratérisant les noyaux hauds étudiés. Dans le hapitre 3, un travail équivalent

est fait à propos de la thermométrie des noyaux hauds. Nous mettons ainsi en avant les

qualités et lesdéfauts de es méthodes expérimentales, ouramment utilisées par la om-

munauté sientique. Nous pouvons estimer les inuenes respetives de la physique, de

la méthode de mesure et surtout elle du multidéteteursur la qualité de es mesures. A

partirde es études, nousavons essayéde proposerdes améliorationsàlaalorimétrieetà

lathermométriedes noyauxhauds. Celle-isontdérites etexpliitéesdans lehapitre4.

Mais, elles sont aussi ritiquées dans le hapitre 5, au travers d'autres études méthodolo-

giques, faites à l'aide du générateur HIPSE. L'idée fondamentale est bien évidemment de

vérierleur bien-fondé.

(15)
(16)

De la diulté d'obtenir des noyaux

hauds thermalisés sur terre

1.1 Commentsont produits les noyaux hauds surterre ?

1.1.1 Les diérents méanismes de réation observés

Pour produire de la matière nuléaire haude au voisinage de la transitionliquide-gaz

attendue en laboratoire, il faut provoquer des ollisions entre des noyaux ibles et des

projetiles. Comptetenudelatailledes noyaux,lesseulsprojetiles envisageablessontdes

noyauxoudeshadrons.LesénergiesinidentesutiliséesvariententrequelquesMeV/nuléon

et quelques GeV/nuléon.

Les hadrons oulesnoyaux très légerssont très intéressants, parequ'ilspermettent de

réer des noyaux hauds uniques. Il y a, dans e as, une simple thermalisation ave peu

d'eets olletifsommedumomentangulaire,de laompressionoudeladéformation. Le

méanisme de formation est relativement simple. Compte tenu de la longueur d'onde de

De Broglie du hadron, le dépt d'énergie initial est onentré dans une région limitée du

noyau. C'estgrâeàune asade intranuléaireque lenoyauest exité [41℄.Il y aauours

de elle-iune forteprodution de partiules hors équilibre, loaliséesdans l'espae avant

de la ollision. Par ontre, l'observation d'une éventuelle transitionde phase néessite de

hauer susammentlenoyau[4244℄. Ilfautdon monter jusqu'àdes énergies inidentes

de plusieurs GeV/nuléon ave e type de projetiles. L'utilisationd'anti-hadrons [45,46℄

permet soitde diminuerun peu l'énergieinidentesoitde hauer plus lenoyaupour une

même énergieinidente.

Les projetiles les plus intéressants du point de vue énergétique sont bien évidemment

les noyaux. Le dépt d'énergie est beauoup plus eae du fait du plus grand nombre

de ollisions nuléon-nuléon. La ollision symétrique est elle qui permet la dissipation

d'énergie la plus grande pour une énergie inidente donnée. On peut alors se ontenter

d'énergies inidentes autourde l'énergie de Fermi.

(17)

Le déroulementd'une ollisiondans ledomainede l'énergiede Fermi est omplexe.Ce

domaine est intermédiaire entre deux domaines d'énergies diérents : les basses énergies

(<20 MeV/nuléon) etles hautesénergies (>100 MeV/nuléon).

Àbasseénergie,'estlaomposanteattrativeàlongueportéedel'interationnuléaire

quidomine.C'estdonlehampmoyenquirégitlesollisions.Ilestmaintenantbienétabli

expérimentalementqu'ilyaessentiellementdeuxméanismesprésentslorsdeesréations:

dans lesollisionsentrales,une fusionplus oumoins omplète selonl'énergie inidenteet

un transfert "quasi-élastique" dans lesollisions plus périphériques [4749℄.

À hautes énergies, la setion eae de ollision nuléon-nuléon se remet à roître,

l'inuene du prinipe d'exlusion de Pauli diminuant. Le libre parours moyen d'un nu-

léon dans la matière nuléaire se raourit. Sa longueur d'onde de De Broglie se réduit

elleaussi.L'inuene duhampmoyen diminuefortementlorsdelaollision.Lesréations

sont alors dominées par l'interation nuléon-nuléon.La géométrie de la ollisiondevient

alors primordiale. On voit apparaître un proessus dit "partiipant spetateur" [5053℄.

Dans e as, seuls les nuléonsde laible et du projetileappartenantà lazone de reou-

vrement, interagissent fortement pour former e qu'on appelle une "boule de feu" (zone

partiipante).Cettesourehaudede mi-rapiditépeut atteindreunedensitéallantjusqu'à

2

ρ 0

etun domainede température entre 7 et70 MeV. Les deux parties restantes du pro- jetileetde laibleformentequ'on appelleles"spetateurs".Leséhangesinitiauxentre

les partenaires de la ollision, même brefs, sont susamment violents pour que les deux

spetateurssoienthaudsetpuissentmêmeatteindredesénergiesd'exitationéquivalentes

à ellesrenontrées dans lesollisions entrales aux énergies de Fermi.

Dans le domainedes énergies intermédiaires,il y aompétition entre le hamp moyen

etl'interationnuléon-nuléon.Lesollisionsprésententunfortaratèrebinaire.Ilyaau

ours de es réations unetrès fortemémoirede lavoied'entrée. Leproessusde diusion

profondémentinélastiquedevientlephénomèneprépondérant[37,5460℄.Ilestaompagné

paruneontributionimportantedepartiuleslégèreshorséquilibre[38,6063℄.Maisonvoit

aussi apparaître une importanteprodutionde fragmentsde masse intermédiaire(FMI) à

l'interfae entre les deux ions en ollision. Celle-i est ouramment appelée "émission au

ol"[60,6470℄.La fusionest toujoursobservée mais sasetioneae devient négligeable

[7174℄.Bienévidemment,lessetionseaesrespetivesdeesdiversproessushangent

selon le système étudié, l'énergie inidente et le paramètre d'impat. Il est important de

remarquer la ontinuité apparente de la physique entre es diérents domaines d'énergie

de bombardement [75℄.

Nousavonsdériti-dessuslesdiérentsméanismespermettantdeproduiredesnoyaux

hauds. Dans l'ensemble du travail présenté dans e mémoire,nous allons nous intéresser

à des ollisions symétriques Xe + Sn entre 25 et 100 MeV/nuléon. Celles-i ont été par-

tiulièrement étudiées par la ollaboration INDRA. Il y a essentiellement au ours de es

réations, si nous oublions les ollisions entrales, formation de deux noyaux hauds : le

plus rapide étant dénommé Quasi-Projetile(QP) etle plus lent Quasi-Cible(QC).

(18)

1.1.2 Mise en temps de la réation autour de l'énergie de Fermi

Il parait important pour pouvoir aratériser les noyaux hauds formés d'avoir une

onnaissane même partielle de la hronologie d'une réation nuléaire au voisinage de

l'énergie de Fermi. Il est fondamental de savoir s'ils ont eu le temps de se thermaliser

au ours de la réation. Nous avons dérit rapidement i-dessus les diérents proessus

observés dans e domaine d'énergie. Nous allons essayer de déterminer leur durée et les

éventuels reouvrements temporels existant entre eux auours de laréation.

Il paraît intéressant dans un premier temps d'estimer grossièrement la durée d'une

ollision "standard". Nous pouvons obtenir le temps de ontat eetif entre les deux

noyauxenalulantauboutdeombiendetempsaprèsquelepremiernuléonduprojetile

soitrentré en ontat ave la ible, son dernier nuléon n'est plus en ontat ave elle-i.

Nous supposons pour ela un paramètre d'impat nul et des noyaux se traversant sans

se perturber. Ce temps orrespond don à un temps minimal d'interation en ollision

entrale. Pour un système symétrique ave deux noyaux de masse 100, nous trouvons un

temps de réation d'environ 26 fm/ à 100 MeV/nuléon et 50 fm/ à 25 MeV/nuléon

d'énergie inidente. D'autres estimations plus réalistes fournissent des temps allant de 50

fm/pour lesollisionspériphériques jusqu'à300fm/pour desollisionsentralesPbsur

Au à29 MeV/nuléon [76℄.

Lespremiersinstantsde laréationdonnent lieuàl'émissionde partiuleslégères,or-

respondant à des ollisions diretes nuléon-nuléon. Elles proviennent prinipalement de

la zone de ontat entre les deux ions. Des modèles mirosopiques de transport de type

Boltzmann-Uehling-Uhlenbek(BUU)[77,78℄, prévoientque es émissionss'aompagnent

d'une ompression de la matière nuléaire suivie d'une dilatation. Il y a en même temps

une émission de photons durs. Ces phénomènes méaniques de ompression-dilatationdé-

marrentau bout de 10fm/etpeuvent se prolongerjusqu'à120 fm/.La ompressionest

maximum autour de 30 ou 40 fm/. Ces aluls prévoient éventuellement une deuxième

ompression-dilatationaux alentours de 200 fm/, donnant un deuxième ux de photons

durs. Cette deuxième omposante diminue fortement ave l'énergie inidente. D'autres

alulsBUU[79℄ pour une ollisionp+Au àplusieurs GeV/nuléon etdes alulsLandau-

Vlasov ave un terme de ollision type Uehling-Uhlenbek [80℄ pour le système Ar+Al à

65 MeV/u prévoient des durées pour l'émissionnon-équilibrée de l'ordrede 60 à 80fm/.

Une étude [60℄, omparant des données et un alul de dynamique moléulaire, prévoit

même des temps beauoup plus long en onsidérant que les émissions hors équilibre sont

dues à deux ontributions : une, liée eetivement aux ollisions nuléon-nuléon plus de

la oalesene, et l'autre liéeà une fragmentation du ol de matière formé entre les deux

partenaires. Ce dernier méanisme rallonge bien évidemment la durée de l'émission hors

équilibre.Elle ajouteun retard de 150 à500 fm/ à un temps initialde 30ou 40fm/.

L'estimation du temps de thermalisation du noyau haud est déliate. Il est possible

de faire des estimations grossières sous ertaines hypothèses omme ela est fait dans la

référene [76℄,d'unepartpour lesbassesénergiesen régimededissipation àun orps(eet

de hamp moyen) etd'autrepart pour leshautes énergies en régime de dissipation àdeux

orps(ollisionsnuléon-nuléon).Onobtientrespetivement20à30fm/pourlepremier

(19)

et 15 à 20 fm/ pour le seond. Les aluls des référenes [79,80℄ donnent des temps de

l'ordrede30à40fm/pouratteindreuneentropieonstanteouun momentquadrupolaire

des impulsions nul pour le QP et la QC. Les auteurs de es deux papiers onsidèrent

que lesnoyaux hauds ommenent à seomporter dans es aluls véritablement omme

une soure thermique uniquement au bout d'un temps de l'ordre de 60 fm/ à 80 fm/.

Ces résultats hangent selon l'interation nuléaireeetive et la setion eae nuléon-

nuléon prises. D'autres aluls peuvent donner jusqu'à 100 fm/ [81℄. Le proessus de

thermalisationdesnoyauxhaudssembledondurerentre15et100fm/selonlesmodèles,

l'énergieinidente etla tailledes noyaux.

Dansledomainedesénergiesde Fermi,laphasededésexitationdesnoyauxhaudsest

aussi plus ompliquée qu'à basse énergie. Il y a plusieurs proessus de désintégration des

noyauxhauds possibles,quivontde lalassique désexitationstatistiquepar évaporation

à la vaporisation apparente totale des noyaux, en passant par la ssion, la fragmentation

séquentielleetlamultifragmentation[8288℄.Lesthéoriesstatistiquesonernantl'émission

des partiules légères par un noyau haud montrent que le temps de vie du noyau par

rapport àl'émissionde partiuleslégères diminue beauoup ave la températuredu noyau

haud. Parexemple, sion onsidère l'émissionde neutrons, elle qui est la plus probable,

dans leas du

208

Pb, e tempspasse de 4,2 .10

5

fm/pourT=1 MeV à15fm/pourT=7

MeV [76℄. Cettetendane sevérie aussi pour lesautrespartiules légères.La ssionreste

un proessus important lorsque l'énergie d'exitation reste inférieure à 3 MeV/nuléon.

Elle orrespond à un phénomène de déformation du noyau haud, qui prend un temps

très important. Elle reste extrêmement lente, de l'ordre de 500 fm/ à plusieurs milliers

de fm/. Au dessus de 3 MeV/nuléon d'énergie d'exitation, il y a ouverture d'un anal

de désexitation par émissionde plusieurs fragments. Des études expérimentales sur ette

fragmentation multiple ont montré que le noyau haud a une durée de vie qui devient de

plus en plus ourte ave la violene de la ollision [89,90℄. Elle évolue de 500 fm/ à 3

MeV/nuléon à moins de 100 fm/ à 5 MeV/nuléon [91℄. Cette fragmentation peut être

aussi interprétée ommeune déompositionspinodale de lamatière nuléaire. Des aluls

dynamiques ontmontré que lepassage du système noyau haud dans lazone spinodale et

l'ampliationdes instabilitésméaniques prennent un tempsde l'ordrede 150 fm/[92℄.

Les temps de relaxation "standards" des noyaux hauds donnés par les théories de

transport (30 fm/) [76℄ restent la plupart du temps inférieurs aux temps de réation

standard de l'ordre de la entaine de fm/. Le noyau est don le plus souvent thermalisé

avant la n de la ollision pour les ollisions périphériques, 'est moins évident pour les

ollisions entrales. Par ontre, l'ensemble des temps aratéristiques présentés i-dessus

montre qu'il devient diile lorsque l'on passe des basses énergies aux énergies de Fermi

deséparertemporellementlesphasesde formationetde désintégrationdes noyauxhauds.

[80℄. L'hypothèse fondamentale de Bohr d'indépendane [93℄ entre es deux phases, qui

est une des bases des théories statistiques dérivant la désexitation des noyaux hauds,

peut devenir obsolètepour les ollisions lesplus violentes. Il faut aussi remarquer que les

émissionsstatistiquesethorséquilibrepeuventsehevauhertemporellement,rendantplus

diilelesanalyses spatio-temporellespar fontion de orrélationdes souresthermiques.

(20)

Il est bonderappeler qu'expérimentalement,nous n'avons aès qu'àun seulinstantde la

ollisionl'instantt =

.

1.1.3 La prodution hors équilibre.

Pour étudieretaratériser lenoyauhaud et sadésexitation, ilest évidentqu'il faut

être apabled'éliminerde notre analyse touteslespartiules dites de prééquilibre,qu'elles

soient dues à des proessus direts ou à de la fragmentation du ol. Pour atteindre et

objetif, il fautonnaître un minimum laphysique de ette produtionhors équilibre. Les

émissionsdiretes ont beauoup été étudiées dans lesannées90, pare qu'elles permettent

de valider les modèles de transport de la matière nuléaire. En eet, les émissions de

partiulesdiretes présententdesdiretionsprivilégiéesd'émissiondansleplan deréation

ethorsplande réation, quisont sensiblesauxingrédientsmisdans esthéories, lasetion

eae d'interation nuléon-nuléon dans le milieu et la dureté de l'équation d'état de

la matière nuléaire. Elles sont aratérisées par des variables olletives omme le ot

latéral[94℄ pour l'émissiondans leplanoulesdistributionsazimutales[95℄pourl'émission

hors-plan. Le ot latéral varie en fontion de l'énergie inidente. Il est sensible aux deux

phénomènesquirégissentlesollisionsauxénergiesdeFermi:lesollisionsnuléon-nuléon

qui ont un eet répulsif et le hamp moyen qui a un eet attratif. C'est la ompétition

entre es phénomènes qui va donner l'évolution du ot latéral en fontion de l'énergie

inidente. Celui-ivarie de valeursnégativesàbasseénergiejusqu'àdes valeurspositivesà

haute énergie, onformément audomained'inuene de haun des méanismespossibles.

Le ot évolue aussi bien évidemment en fontion du paramètre d'impat et est maximal

pour lesollisionssemi-entrales.Ilaugmenteave lenombre denuléonsintervenantdans

laollision.Ildépend ausside la naturedela partiuleétudiée. Lephénomèned'émissions

hors-plan est surtout important à des énergies inidentes au-dessus de 100 MeV/u. Une

transitiond'uneémissionhorséquilibrepréférentiellementdansleplanderéationversune

émission hors plan a été observée pour le système Au + Au autour de 100 MeV/nuléon.

Il faut aussi noter que ette tendane a été vue également pour le système Zn + Ni à 69

et 79 MeV/nuléon, mais pas pour le système Ar + Al à des énergies équivalentes [96℄.

Cette émission hors plan semble augmenter ave la tailledu système étudié, la harge de

lapartiule d'intérêt et laentralité de la ollision[96℄.

Il faut tout de même garder à l'esprit que toutes les études faites sur l'émission hors

équilibre de partiules dans des diretions privilégiéesde l'espae s'avèrent être très om-

pliquées, pour les mêmes raisons que elle renontrées à propos de la alorimétrie [97℄.

L'inertitudesurl'origineexatedes partiules(pollutionparl'évaporationdu QPetde la

QCoulafragmentationduol),lesdéfautsdereonstrutionduplanderéationévénement

par événement,lesperturbationsinduitespar l'ensemble dedétetion rendentdiilesdes

mesures quantitativesdu ot latéral [98℄ ou de l'émissionhors-plan.

Mais ilparaît tout de mêmefondamental de garderà l'espritl'existene et lesaraté-

ristiques de tels phénomènes lorsque l'on veut étudier les noyaux hauds formés dans un

telenvironnement.

(21)

1.1.4 Quels sont les proessus de formation des fragments?

Il est néessaire pour espérer reonstruire orretement les noyaux hauds formés au

ours de laollision d'avoirune idée de lamanière, non seulement dont ilsse sont formés

mais aussi de la manière dont ils se sont désintégrés. Nous avons déjà dit préédemment

quedansledomainedesénergies deFermi,lesmodesdedésexitationobservésexpérimen-

talement étaient très divers. A basse énergie d'exitation, nous avons apparemment des

noyaux hauds, qui, une fois thermalisés, sont au voisinage de la densité normale. Ils se

refroidissent par évaporationoupour lesplus lourds parssion. Lorsque l'énergiedissipée

dans la ollisionaugmente, il y a plus de fragments formés. A hautes énergies inidentes,

lorsque l'énergie dissipée devient de plus en plus grande, onobserve une montée puis une

desente du nombre de fragments formés [91℄. Nous retrouvons là un résultat qui rejoint

la vaporisation totale du système observé pour un petit système [88℄ dans le domainedes

énergies intermédiaires. Atuellement, il n'y a pas de onsensus autour de l'origine de la

fragmentation.Les études sur lestemps de fragmentation [91℄ etl'évolutiondes tailles de

fragments [83℄ ave la violene de la ollision ont montré que l'on semblait passer d'une

émissionséquentiellelassiqueàunefragmentationprompteappeléourammentmultifrag-

mentation.

Selon les modèles dynamiques, plusieurs senarii existent pour expliquer ette multi-

fragmentation.Certains physiiens pensentque lafragmentationest due àdes instabilités

de formeetoulombienneinduitespar ladynamique(eet dumomentangulaire).On aaf-

fairedanseas àdes émissionsséquentielles suessives. Elleseproduitàdensiténormale

etest une "simpleontinuité "de la ssion.Ce sénarioest ompatible ave l'existene de

olde matièreentre le QPet laQC [99℄.

D'autres aluls [100℄indiquentque pour lesollisionsles plusviolentes, il y aun phé-

nomène de ompression dilatationdes noyaux hauds, qui permetd'atteindre la zone spi-

nodale de lamatièrenuléaire.Dansette zone, de petitesutuations de densitépeuvent

alors s'amplier au point de désagréger le noyau haud formé ainsi. Ce phénomène s'a-

ompagne d'un eet olletif d'expansion du noyau [101℄. Des aluls de dynamique mo-

léulaire [102℄ proposent une interprétation totalement diérente de ette fragmentation.

Elle suppose une formation dynamique extrêmement rapide des fragments, qui sont alors

plus froidsque pour les autres méanismes envisagés. Il y a une plus forte mémoire de la

voied'entrée, due à une transparene importante de la manière nuléaire.Les eets d'ex-

pansionapparente,qui sontobservésautraversdes énergies inétiquesdesfragments,sont

le reet de la onservation du mouvement de Fermi initial des deux noyaux en ollision.

La fragmentation dans e as sefait à densiténormale.

Au travers de e rappel sur les modes de fragmentation possibles des noyaux hauds,

nous pouvons noter qu'il n'y a pas atuellementde vision laire et unanimedans laom-

munautésientiquesurladésintégrationdesnoyauxhauds.Celaompliquebienévidem-

ment la alorimétrie et la thermométrie de es noyaux. Les méthodes de mesures de es

grandeurs devront être leplus possible indépendantes du méanisme de fragmentation.

(22)

1.2 Caratérisation et tris expérimentaux des noyaux

hauds formés.

1.2.1 Caratérisation expérimentale

Expérimentalement,seulslesdébrisde laollisionssontobservéslongtempsaprèsqu'ils

aientétéproduits.Lesnoyauxinitiauxdoiventêtrereonstruitsàpartird'unmélangeentre

les produits de désintégration des noyaux hauds et toutes les partiules qui auraient été

produitesdynamiquementpendantlaollision.Ledéprinipalpour lesexpérimentateurs

nuléaires est don de déteter toutes les partiules produites pendant la réation et de

déterminer leur origine [63,75,80,97℄. Nousavons déjà dit préédemment qu'il fallait ab-

solument utiliser un multidéteteur 4

π

pour avoir une mesure la plus exhaustive possible

des noyaux produits auours de la réation. Unfois que l'on aréupéré lesproduits de la

réation, nous sommes amenésà nous poser la question suivante : omment sait-onexpé-

rimentalementqu'un noyauhaudthermalisé a été produit auours de la ollision?C'est

une question très diile. Il faut se rappeler que nous ne disposons expérimentalement

que des aratéristiques statiques (harge, masse quelquefois) et dynamiques (énergie et

diretion) à un instant très lointain par rapport au moment de la ollision, omme 'est

par exemplele as ave lemultidéteteurINDRA.Nousne disposons don qued'informa-

tions sur l'espae des vitesses ouelui desimpulsionsàun instantdonné. Celles-ine sont

que partiellesar nous ne détetons pas les neutrons etl'eaité de détetionest limitée

pour lespartiuleshargées. Iln'yapas en faitde ritèresuniquementexpérimentaux, qui

permettent de répondre à ette question et nous sommes obligés de nous appuyersur des

modèles théoriques. L'ensemble des méthodes de reonstrution des noyaux hauds sont

basés sur l'hypothèse de Bohr du noyauomposé thermodynamiquementéquilibré.

Lesthéoriesstatistiques, appliquéesdanse adre,fournissent ensuitedesritèresphy-

siques permettant de aratériser les produits de désexitation d'un noyau haud unique.

Les partiules légères émises séquentiellement par un noyau haud unique thermalisé pré-

sentent des propriétés partiulières. S'il n'y a pas de moment angulaire, les distributions

angulaires dans le repère du noyau émetteur sont isotropes, sinon elles présentent une sy-

métrieylindriquepar rapport àl'axede rotation.Lesspetresénergétiquesdes partiules

évaporéesprésentent,sil'émissioneststatistique,unealluremaxwelliennebiendénie,que

nous reverrons dansles hapitressuivants.Pour lesélémentsplus lourds,lafragmentation

séquentielle ou prompte, statistique, présentent aussi des aratéristiques partiulières. Si

tous les degrés de liberté du noyau sont équilibrés thermiquement, le tenseur des impul-

sions des fragments doit présenter un forme sphérique. S'il y a enore une mémoire de la

voied'entrée oudu momentangulaire, ilaura uneformeellipsoïdale ave un grand axede

l'ellipsoïdedans la diretion du ot de matièredans un as ouun petit axe de l'ellipsoïde

parallèleàl'axede rotationdans l'autre as.Ce type d'analysene peut pas se faireévéne-

mentparévénement.Ilestdonnéessairedeséletionnerdeslotsd'événements,présentant

desnoyauxhaudslesplussemblablespossiblesd'unpointde vuethermodynamique.Nous

verrons queei est une véritable gageure expérimentale.

(23)

1.2.2 Tris expérimentaux néessaires

La première hose à faire ompte tenu de l'ensemble expérimentalutilisé, qui est tou-

jours imparfait, est d'estimer la qualité de la mesure de la ollision. Il faut dénir des

variables globales basées sur les lois de onservation régissant les ollisions nuléaires et

les grandeurs eetivement mesurées par le dispositif expérimental. En e qui onerne

INDRA, nous avons hoisi deux grandeurs : la harge totale détetée

Z tot

et une pseudo-

impulsiontotale

(ZV // ) tot

, onservée de manièreapprohée, quiorrespond àlasommedu

produitde lahargepar lavitesse dehaque partiule,parallèleàladiretion du faiseau,

dans le repère du laboratoire(Voirl'équation 1.1).

Z tot =

M ul

X

i=1

Z i

et

(ZV // ) tot =

M ul

X

i=1

Z i × (V // ) i

(1.1)

Ave

Z i

:la harge de la

i ` eme

partiule détetée,

Mul

: Multipliité détetée et

(V // ) i

la vitesse parallèle dans le laboratoire de la

i ` eme

partiule détetée.

Xe + Sn 50 MeV/u

0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2

0 0.25 0.5 0.75 1

ZV // tot Norm

Ztot Norm

0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2

0 0.25 0.5 0.75 1

ZV // tot Norm

Ztot Norm

Tous les événements Evénements étudiés

Fig. 1.1 Exemple de séletiondes événements bien mesurés par INDRA.

Nous normalisons ensuite à un lesvaleurs obtenues en les divisant respetivement par

la harge totale initiale et par la pseudo-impulsion parallèle initiale. Nous présentons sur

la gure 1.1 deux graphes bidimensionnels sur lesquels sont portées les deux variables

normalisées dénies i-dessus, l'une en fontion de l'autre. Celui de gauhe orrespond à

l'ensembledesévénementsdétetés,l'autreàuneséletiond'événementsditsbienmesurés.

(24)

Sur le graphe de gauhe, nous pouvons noter trois grandes zones : une zone au voisinage

des zéros orrespondant à des événements pour lesquels ni le résidu du QP ni elui de

la QC n'ont été détetés, une zone au voisinage de l'unité pour laquelle 'est le ontraire

et enn une zone orrespondant à la non détetion du résidu de la QC, pour laquelle la

pseudo-impulsion est orretement mesurée mais on n'observe que la moitié de la harge

initiale.Nousdénissonsensuitedesvaleursminimalesetmaximalesdeesdeuxgrandeurs

pour pouvoir onsidérer qu'une réation est orretement mesurée, omme nous pouvons

levoirsur legraphededroitede lagure1.1.Ii,nous séletionnonsdesévénementspour

lesquels lesdébris du QPsont bien détetés.

Nous devons ensuite séletionner des ollisions aboutissant aux mêmesnoyaux hauds

pour essayer d'obtenir un ensemble statistiquement ohérent. Cela implique une séletion

en énergie d'exitation et une maîtrise du méanisme de réation. N'ayant pas de mesure

diretede l'énergied'exitation,nouspréféronsdansunpremiertempsutiliserunevariable

globale fortement orrélée à l'énergie d'exitation. Dans l'ensemble des études présentées

dans e mémoire, nous utiliserons e que nous appelons l'énergieinétique transverse des

partiules légères hargées (PLC),

E t12

, dont la dénition est donnée par l'équation 1.2

i-dessous :

E t12 =

M ul P LC

X

i=1

T i × sin 2 (θ i )

(1.2)

Ave

T i

:énergie inétique de la

i eme `

PLC détetée.

Mul P LC

: multipliitéde PLC détetées (Z =1 et2).

θ i

:angle polaire assoiéà la

i eme `

PLC détetée.

Cette variableest aussi fortement orrélée auparamètred'impat [69,70℄ (voiraussi la

gure 2.8dans le hapitresuivant).Cette variablepermetdon de séletionnerlaviolene

de la ollision.

Nous avons vu dans la setion 1.1 qu'aux énergies intermédiaires la prodution de

noyaux hauds est aompagnée d'une forte prodution de fragments de masse intermé-

diaire entre le QP etla QC. En présene de ol, il a été observé une hiérarhie en vitesse

dépendant de la taille des fragments [99℄. Plus le fragment est gros, plus il est rapide. Le

proessus de formation de es fragments n'est pas enore lairement établi. Il est don

très diile de déider s'ils doivent être ou non assoiés au QP ou à la QC lors de la

reonstrution. Une manière d'éviter partiellement et éueil est d'essayer d'éliminer les

événements présentantun olde matière.Compte-tenu desdiultés expérimentales pour

bien déteter les produits de désintégration de la QC, nous nous intéresserons plus spéi-

quement à la reonstrution du QP, dans le hapitre 4. Cela nous a amenéà dénir une

méthode de séletiondes événementsave ousans ol,basée sur l'étudede l'angleentre le

veteur vitesse du deuxième fragment le plus lourd situé à l'avant du entre de masse de

laréation(déniedans lerepère reonstruit)et leveteurvitesse du QPreonstruit ave

l'ensemble desIMFsituésàl'avantdu entre demasse(Voirgure1.2).Elleessaiedetenir

ompte de la hiérarhie devant exister lorsqu'un ol s'est formé. Les événements pouvant

présenter un olsonteux pourlesquels etangleest en valeurabsolueplusgrandque

90

.

(25)

Cesderniersserontappelésévénements"ol"etlesautres,événements"statistiques".Nous

avons aussi volontairement hoisi un dernier ritère de séletion des événements. Celui-i

est plus formel. Nous séletionnons les événements en fontion de l'asymétrie

η

de harge

entre les deux plus gros fragments détetés à l'avant du entre de masse de la réation

(Voir gure 1.2). L'idée est d'étudier l'évolution de la aratérisation thermodynamique

du QP en fontion de l'asymétrie. Nous savons qu'une grande asymétrie nous plae dans

une situation physique très prohe des onditions physiques supposées dans la théorie de

Weisskopf, ave une simple évaporation de partiules. Une petite asymétrie orrespond

soit à de la ssion soit à de la fragmentation symétrique. Le premier as orrespond à la

meilleuresituationphysique pour jugerde laqualité de nos mesures de l'énergie d'exita-

tion et de la température d'un noyau haud, fondamentalement basée sur l'hypothèse de

Bohr pour l'une et sur le théorie de Weisskopf pour l'autre. Il faut être onsient que le

Fig. 1.2 Prinipesde séletiondes événements pour isoler un QP haud équilibré.

ritère hoisi pour éliminerleol restesommaire. Dans lesévénements "ol", ily a enore

autant d'événements "statistiques" que eux isolés ave notre séletion. En eet dans le

as d'uneémissionstatistique,un fragmentaautantde haned'êtreémis versl'avantque

versl'arrièredans lerepère du noyauémetteur.Siontientomptedeela, onpeutessayer

(26)

d'extraire lesproportions respetives d'événements des deux types. A titre indiatif, nous

montrons sur la gure 1.3 les proportions respetives des diérents méanismes en fon-

tion du paramètre d'impat estimé pour des ollisionsXe +Sn à 50MeV/u.Nous notons

que les assures dynamiques dominent lairement pour les ollisions périphériques et les

grandes asymétries, alors que'est ladésexitation statistique pour lesollisions entrales

et les petites asymétries. Nous pouvons penser que la séletivité eetive de notre ritère

de diéreniationentre lesméanismesde réationdiminue ave laviolenede laollision.

En eet, la notion de quasi-projetiledevient plus subjetive. Les soures se rapprohent

dans l'espae des vitesses, la dissipation devenant plus grande. De plus, l'asymétrie entre

lesdeux plusgrosfragmentsdiminueaussi.Ilyaplusdefragmentsdemasseintermédiaire,

de taille voisine, rendant moins évidente l'assoiation habituelle : fragment le plus lourd

égal résidu du QP.

1.3 Conlusions

Ce hapitre permet de se rendre ompte de l'ampleur de la tâhe qui attend tout

expérimentateursouhaitantétudierlathermodynamiquedesnoyauxhauds.Nouspouvons

eetivement former des noyaux hauds par ollision. Mais nous n'avons auun ontrle

expérimentalsurlesaratéristiquesphysiquesdees noyauxhauds. Lesollisionsdansle

domainedesénergiesdeFermipermettentdehaueretéventuellementaussideomprimer

les noyaux. Mais la omplexité de la réation rend diile une dénition rigoureuse du

système thermodynamique que l'on veut étudier. Il y a même des doutes sur l'existene

de es noyaux hauds thermalisés pour lesollisions lesplus violentes. Nousn'avons aès

expérimentalement qu'à un système thermodynamique refroidi, plus ou moins disloqué,

qu'il faut ensuite reonstruire. Pour les ollisions aux énergies de Fermi, ette tâhe est

ompliquée par le prééquilibre et la présene d'un ol de matière. Nous avons vu que

l'hypothèsede l'existene denoyauxhaudséquilibrésthermiquementn'apparaîtvraiment

raisonnable quepour lesollisions périphériques, qui sontles moinsdissipatives.

L'ensemble des méthodes alorimétriques de aratérisation des noyaux hauds, sont

basées sur ette hypothèse. Ellessupposent que nous sommesapables de séparer lespro-

duits de désexitation des noyauxhauds du reste. Dans e as, lasimple onservation de

l'énergieetde l'impulsionpermettentde reonstruirelenoyauhaud,indépendammentdu

méanisme de désintégration.

(27)

P our c en tage

9 fm b 0 fm

Fig.1.3Proportionsrespetivesdes diérentsméanismesde réationenvisagésen fon-

tion du paramètre d'impat estimépour lesystème Xe +Sn à 50MeV/u.

(28)

Étude méthodologique d'une

alorimétrie des noyaux hauds

2.1 Introdution.

N'importe quelle étude onernant l'équation d'état de la matière nuléaire (ourbes

aloriques [2123℄ ou apaités aloriques [2527℄ néessite une alorimétrie de noyaux

hauds.Pourêtre inattaquablesientiquement,esétudesontbesoind'unemaîtriseréelle

de la mesure de l'énergie d'exitation et de son erreur expérimentale. Notre approhe est

ii d'étudier s'il est réaliste d'espérer une telle maîtrise expérimentale de la mesure de

l'énergie d'exitation dans le domaine des ollisions d'ions lourds. Nous avons don fait

une étudeméthodologiqued'unetehnique de aratérisation lassiquedes noyauxhauds

détetésparunmultidéteteur4

π

.Cettetehniqueaétédéjàemployéeparlaollaboration NAUTILUS [3538℄ et la ollaboration INDRA [23,39,40℄ sous des formes légèrement

diérentes. La validité de ette méthode expérimentale a été évaluée uniquement pour le

système symétrique Xe +Sn à50MeV/u.

Nousavonsessayédedéonvoluerlesinuenesrespetivesdelaphysique,dudéteteur

et de la méthode d'analyse sur la aratérisation des noyaux hauds. Nousavons pu ainsi

mettreenévidenelesfateursdominantsquiagissentsurlaqualitédelamesurede l'éner-

gied'exitation etdénirdes améliorationspossibles.Nousavons évaluéquantitativement

leserreurs et avons estimé leslimites d'appliabilitéde ette méthode.

Dans ladeuxième setionde e hapitre,nous présentons lesdiérents outils employés

pendant notre analyse et dérivons leur utilisation:

- Le générateurphénoménologique d'événements SIMON.

- Le ltre informatiquesimulantle fontionnement du multidéteteurINDRA.

- La méthode d'analyse utilisée.

Dans la troisièmesetion,notre analyse est expliquée etprésentée.

Nous tirons lesonlusions de ette étude dans la quatrièmesetion.

(29)

2.2 Les outils de l'analyse méthodologique.

2.2.1 Le générateur phénoménologique SIMON.

Tous nos aluls ont été exéutés ave le générateur d'événements SIMON, dérit en

détail dans lesréférenes [103,104℄. Nous rappelleronsjuste, ii, qu'il traite haque phase

delaréationnuléaire.Ladynamiqueestgéréepar uneéquationgénéraliséedeLagrange-

Rayleigh [105,106℄. La désintégration des noyaux exités se fait par des émissions sues-

sivesindépendantes de partiulesselon deux théoriesdiérentes dépendantde lamasse de

la partiule émise. Pour les partiules légères etles fragmentslégers, la désintégration est

simulée en suivantla théoriestandard de l'évaporation de Weisskopf [107℄ inluant l'émis-

sion àpartir des états disrets d'exitation. Pour lesfragments plus lourds, l'émission est

traitée par la méthode dite de l'état transitoire inventée par Bohr et Wheeler [108℄, puis

amélioréepar Kramers[109℄.Les alulsde trajetoire sont faits en tenant omptedes in-

terationsoulombiennesàhaque pas de temps,permettantainside onserverl'ensemble

des orrélationsspatio-temporellesentre lespartiules hargées. Lavoied'entrée peut être

hoisie ave ou sans prodution de partiules de prééquilibre. Pour éviter une voie d'en-

tréetropomplexe,nousavonsvouluprendreen onsidérationuniquementdes ollisions

purement binaires sans auune émission dynamique entre le Quasi-Projetile (QP)

etlaQuasi-Cible(QC). Lesévénementsde fusion, qui présentent une setioneae très

faible, ont aussi été exlus. Cette élimination d'événements ne provoque pas de oupure

brutaledans lasetioneae. Ces hoixpermettent d'avoirune maîtrisetotale du méa-

nisme de réation. Nous nous plaçons don dans les meilleures onditions pour appliquer

notreméthodede reonstrutiondesnoyauxhauds.Nouspouvons mêmefaireleraisonne-

mentpar l'absurdesuivant:sinotre méthode ne fontionnepas dans eas simple,ellene

fontionnera jamaisdans des as plus omplexes etsurtout plus réalistes. Lesévénements

ont été alulés ave des paramètres d'entrée qui permettent de reproduire très orrete-

ment lesaratéristiques expérimentales statiques etinématiques des deux fragments les

pluslourdsobservéspourlesdonnéesexpérimentales.Cegénérateurprésented'importants

avantages. Nous pouvons obtenir beauoup d'événements en ayant des temps de alul

raisonnables. L'origine de haque partiule produite est parfaitement onnue ar elle est

étiquetée.Lesévénementsde egénérateurpeuventêtreltrésd'unemanièreextrêmement

réalistesans diulté.

2.2.2 Le ltre informatique simulant le omportement du multi-

déteteur INDRA.

Un logiiel simulantun dispositif expérimental, idéalement, doit être apable de tenir

ompte de toutes les phases expérimentales de la détetion de la réation nuléaire (la

détetion, l'identiationde la harge, lealibraged'énergie), et doit permettre de traiter

toutes lesdonnées simuléesexatement ommedes données de physique. Le ltreINDRA

[110℄[111℄gèrel'ensembledesinterationspossiblesdes partiulesavelesdiérentsétages

du multidéteteur. Il reproduit la géométrie et la struture modulaire du multidéteteur

(30)

INDRA. Il donne lesseuils théoriques énergétiques de détetion et des seuils énergétiques

d'identiationen harge.Pour haque étage de n'importe quelmodule d'INDRA, ilgère

les problèmes de détetion multiple dans un module. Quand il est ouplé au générateur

d'événements SIMON, le ltre INDRA permet de onserver l'étiquetage de l'origine de

haque partiule. Cei est évidemment très important pour notre analyse pare que ela

nous permet de faireune alorimétrie parfaite. Unefois ltrées,lesdonnées fournies

par la simulation sont analysées en employant exatement le même programme que pour

lesdonnées obtenues lorsde l'expériene réelle.

2.2.3 Desription de la alorimétrie étudiée.

La alorimétrie, utilisée ii, a été développée pour aratériser les Quasi-Projetiles

(QP) et les Quasi-Cibles (QC) obtenues expérimentalement. Elle va être appliquée aux

événements fournispar SIMONexatement ommeela aétéfaitexpérimentalementpour

lesdonnées étudiées dans lesréférenes [39℄ [40℄.La premièreétapeonsisteà reonstruire

les vitesses du QP et le QC, événement par événement. Les deux soures sont supposées

avoiratteintl'équilibrethermodynamique.Pourettereonstrution,lesPartiulesLégères

Chargées (PLC) ne sont pas utiliséespour réduire au minimum l'inuene d'un éventuel

prééquilibre de es partiules hargées. Nous alulons don le tenseur d'impulsions des

Fragments de Masse Intermédiaire (FMI tel que

Z ≥ 3

) et des fragments lourds dans

le entre de masse de la réation [112℄ [113℄. Nous oupons l'espae des vitesses en deux

moitiésàlavitesse duentre demasseperpendiulairementàl'axeprinipaldel'ellipsoïde

des impulsions. La méthode est illustréesur lagure 2.1.

V V QP

V V QC

I M F

LC P

Fig. 2.1 Shéma dérivant la méthode expérimentale de reonstrution du QP et de la

QC.

(31)

Chaque fragment, plaé dans la zone à l'avant du QP, est onsidéré omme apparte-

nant au QP et les autres à la QC. La vitesse de haun des deux noyaux primaires peut

alorsêtredéterminée.Nousdevonsgarderàl'espritqueetteméthodefavorise learatère

binaire de la ollision et n'est pas ompatible ave l'émission au ol observée expérimen-

talement entre les deux partenaires de la ollision [37,5459℄. Pour ette raison, notre

méthode sera d'autant plus limitéeque nous étudierons des ollisionsde plus en plus en-

trales.Pour ladeuxièmephasedelaméthode,nousonsidérons seulementlesPLC plaées

dans l'hémisphère avant de la soure QP omme eetivement émis par leQP an d'évi-

ter une ontamination du prééquilibre [38,61,63℄. La harge du QPest alors reonstruite

en ajoutant au fragment le plus lourd déteté deux fois la harge des partiules émises

dans l'hémisphère avant de la soure. La masse du QP est obtenue à partir de la harge

du QP reonstruite en supposant que le rapport isotopique N/Z initial du projetile est

onservé.Lamultipliitéde neutronsest estiméeàpartirde laonservationdelamassedu

QP. L'énergie inétique des neutrons est déterminée, événement par événement, à partir

de l'énergie moyenne de partiules de harge égale à un, orrigée de la barrière oulom-

bienne.L'énergieinterneduQPestobtenue paralorimétrie,'est-à-direen faisantlebilan

énergétique de la désintégration du QP ommeindiqué par l'expression suivante :

E QP =

M c

X

k=1

T k + M n × T n − Q

(2.1)

T k

est l'énergie inétique de la

k i` eme

partiule hargée,

T n

est l'énergie moyenne des

neutrons et

M n

est la multipliité estimée de neutrons.

Q

est le bilan de masses de la

réationde ladésintégration du QP.

M c

est lamultipliitédes partiules hargées.

Cette étude a été faite ave des systèmes symétriques, don les méthodes de reons-

trutionduQPetde laQCsontsimilaires.Pour trouverlesaratéristiquesde laQC,par

symétrie, nous ne prenons en ompte que les partiules situées dans l'hémisphère arrière

de lasoureQC etnousappliquonslesmêmesaluls.Nousvoulons reonstruireen même

tempsleQPetlaQC. Paronséquent, laméthode ne peut êtreappliquéeque silagrande

majorité des partiules produites dans la réation nuléaire est orretement détetée et

identiée.

2.3 L'analyse méthodologique.

2.3.1 Protoole suivi.

Le générateur SIMON nous fournit, à un temps quasi-inni après la ollision, tous

les produits d'une réation nuléaire et leur origine. Les aratéristiques initiales du QP

et de la QC (harge, masse, impulsion, énergie inétique et énergie d'exitation) ont été

reonstruitsen employant lesloisde onservation. Pour lasuite de etteétude,es valeurs

seront appelées Valeurs Vraies et seront employées omme valeurs de référene. Nous

voulons déonvoluer les eets respetifs de la méthode de reonstrution, des limitations

(32)

du déteteur et de la omplexité de la physique sur la qualité de la mesure de l'énergie

d'exitation. Dans un premier temps, nous appliquons notre méthode expérimentale aux

événements simulésavantqu'ilsne passentautravers dultre INDRA.Pour être ohérent

en e qui onerne la méthode expérimentale, les neutrons ne sont pas pris en ompte

(dans e as, tout se passe omme si nous avions employé un déteteur parfait de

partiules hargées). Nous pouvons ainsi valider notre méthode de reonstrution du

QPet de la QC, etomprendre l'inuene sur elles-ide notre ignorane de l'originedes

partiules,quandellessontparfaitementdétetées.Dansun deuxièmetemps,nouspassons

les événements simulés dans le ltre expérimental puis nous reonstruisons les soures à

partir des partiules détetées en utilisant l'étiquette indiquant leur origine. Nous avons

dondans e as une reonstrutionparfaite. Nouspouvons ainsi vérier laseuleinuene

dultre surlaqualité delaaratérisationdesdeux noyauxhauds,sans êtreperturbépar

notre ignorane de l'origineeetivedes partiules.La dernière étapeonsisteà appliquer

notreméthodeauxdonnéessimuléesaprèspassagedansleltreINDRAexatementomme

elaestfaitavelesdonnées.Toutenotreanalyseestfaitepourlesystèmequasi-symétrique

Xe +Sn dans leas de ollisionsbinaires pures à50 MeV/u.

2.3.2 Calorimétrie ave un multidéteteur parfait de partiules

hargées.

Premièrement, nous avons voulu vérier deux hypothèses importantes intrinsèques à

la méthode expérimentale : l'isotropie eetive de l'émission des partiules situées dans

l'hémisphèreavantdunoyauhaudetl'origineuniquede esdernières.Lagure2.2illustre

parfaitement ette étude pour le QP. Sur ette gure 2.2, seuls les protons et alphas,

plaés dans l'hémisphère avant de l'espae des vitesses, sont onsidérés. Les distributions

angulairesdonnéespar SIMONetellesobtenues enappliquantlaMéthode Expérimentale

sontomparées. Nous pouvons observer qu'un des ritèreshabituels exigés pour valider la

thermalisation d'un noyau haud, 'est-à-dire la forme plate de la distribution en osinus

θ

dans le repère de lasoure reonstruite(s'iln'y aauun moment angulairesigniatif), n'est pas valablepour tous lesparamètres d'impat.

Pourlesollisionspériphériques,nousobtenonsparfaitementlesdistributionsangulaires

initiales. Nous pouvons ainsi onlure que la méthode expérimentale peut être appliquée

et autorise une détermination orrete de l'origine des partiules dans e as. Nous pou-

vons justeremarquer, pour lesprotons, l'apparition d'uneontributionvenant de la QC à

l'arrière de la soure QP. D'autre part, l'identiationde l'origine des partiules apparaît

beauoup plus diile pour les ollisionssemi-périphériques et entrales. Nous voyons en

eet que les distributions angulaires des protons et des alphas, qui étaient initialement

plates,sontomplètementperturbéesquandl'origineréelledespartiulesest perdue.Nous

pouvons donnertroisexpliationsàela. Quandlaollisionestplus entrale etdissipative,

la vitesse relative entre les deux soures diminue (visible sur les gures 2.3 et 2.4-a). Par

onséquent lesdeux sphères d'émission des deux noyaux hauds peuvent se reouvrir. Le

hevauhement dépend de la nature des partiules et est fontion de la taillede la sphère

(33)

cos(Θ), 9 < b < 10 fm

proton

cos(Θ), 9 < b < 10 fm

alpha

cos(Θ), 3 < b < 4 fm

proton

cos(Θ), 3 < b < 4 fm

alpha

Xe + Sn 50 MeV/u: SIMON NON FILTRE

Fig.2.2 Distributionsen osinusde l'anglepolaire desprotons etalphas,quisontsitués

dansl'hémisphèreavantdel'espae desvitesses(déniesdanslerepèreduC.D.M). L'angle

polaire est déni dans le repère du QP. Les lignes pointillées orrespondent à la véritable

distributionangulairedespartiulesémisesparleQPdonnéeparSIMON.Leslignesonti-

nues sont assoiées aux distributions angulaires dénies dans le repère du QP, qui a été

reonstruit en utilisant laméthode expérimentale. Lesdistributions grisées orrespondent

aux partiules émises par la QC, qui sont loalisées dans la partie avant de l'espae des

vitesses.

(34)

d'émissionassoiée(voirsurlagure2.3).Lespartiulesémisesdansl'hémisphèreavantde

la QC peuvent même être trouvées dans l'hémisphère avant du QP omme ela peut être

observé pour les protons sur la gure 2.2. Nous avons un exès de partiules venant de la

QC. Le manque apparent de partiules dans l'hémisphèrearrière du QP est un eetom-

plémentaire aupréédent. La symétrie initiale de la voie d'entrée peut expliquer ela. En

réalité, nous avons assoié lespartiules du QP àla QC exatement de lamême manière.

Un autre eet apparaît : 'est la diminution systématique de la distribution en osinus

θ

dansl'hémisphèreavantdu QP.Cettetendaneest plus fortepourdes alphasquepour les

protons. C'est dû à une surestimation systématique de la omposante perpendiulaire de

lavitessesoure.Cetteerreurmodieladistributionen osinus

θ

par un eetde Jaobien.

Xe + Sn 50 MeV/u: SIMON NON FILTRE

-4 -2 0 2 4

0 2 4 6 8

V // (cm/ns) V X (cm/ns)

-4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4

0 2 4 6 8

V // (cm/ns) V X (cm/ns)

-4 -2 0 2 4

0 2 4 6 8

V // (cm/ns) V X (cm/ns)

-4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4

0 2 4 6 8

V // (cm/ns) V X (cm/ns)

Fig.2.3Setionseaes invariantesdes alphasetdes protonsàl'avantduC.D.M.dans

un plan des vitesses(Ce plan est dénipar ladiretion du faiseau etleveteurvitesse de

lasoure obtenue par la méthode expérimentale).

Cette erreur sur la vitesse perpendiulaire est propre à la physique. La distribution

angulaireprimaireduQPdonnéeparSIMONestfortementpiquéeversl'avant.Learatère

séquentiel de la désintégration, la taille limitée du noyau et le refroidissement du noyau

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