2021-22
Nombres réels
BCPST 1Chapitre 2
Donnons-nous un axe gradué(O,~i), tout point M de cet axe peut être représenté par un unique nombre x, on dit que "x est l'axe du point M". L'ensemble de toutes les axes possibles est égal à l'ensemble des nombres réels, qu'on note R.
1 Intervalles
On dit qu'une partieAdeRest connexe (ou "sans trou") lorsque, quelque soit les nombres x et y que l'on choisit dans A, si un nombre z est intercalé entre x et y, c'est-à-dire x≤z ≤y, alors z appartient à A.
Figure 1: A n'est pas connexe.
Les parties connexes de R sont appelées des intervalles.
Proposition Les intervalles de R appartiennent tous à une des formes suivantes:
i) ]− ∞,+∞[, c'est-à-dire Rtout entier,
ii) ]− ∞, a[, où a∈R, c'est-à-dire{x∈R|x < a}, iii) ]a,+∞[, où a ∈R, c'est-à-dire{x∈R|x > a}, iv) ]− ∞, a], où a∈R, c'est-à-dire{x∈R|x≤a},
v) [a,+∞[, où a ∈R, c'est-à-dire{x∈R|x≥a},
vi) ]a, b[, où (a, b)∈R2 et a < b, c'est-à-dire {x∈R|a < x < b}, vii) ]a, b], où (a, b)∈R2 et a < b, c'est-à-dire {x∈R|a < x≤b}, viii) [a, b[, où (a, b)∈R2 et a < b, c'est-à-dire {x∈R|a ≤x < b}, ix) [a, b], où (a, b)∈R2 et a < b, c'est-à-dire {x∈R|a ≤x≤b}.
Remarques Les intervalles du type[a, b] sont appelés des segments.
Les intervalles suivants ont leur propre notation:
R−=]− ∞,0], R+= [0,+∞[, R−,∗ =]− ∞,0[, R+,∗ =]0,+∞[.
Réaliser les calculs suivants:
1. (]−2,5]∪[7,+∞[)∩[−3,10[, 2. [−4,5]\]−2,+∞[,
3.
100
\
i=1
1 + 1
i,2 + 1 i
,
4.
100
[
i=1
1 + 1
i,2 + 1 i
.
2 Valeur Absolue
La valeur absolue d'un nombre réel est sa valeur numérique sans son signe. Pour un nombre x ∈ R, sa valeur absolue est égale à x ou bien à −x suivant son signe. Plus précisément, on a la dénition suivante.
Dénition Soit x∈R, la valeur absolue de x, notée|x| est égale à
|x|=
x six≥0,
−x six <0.
Exemple
|−3|=−(−3) = 3, |5|= 5, |√
2−1|=√
2−1car √
2>1, |1−π|=π−1car π >1.
Proposition Soit (O,~i) un axe gradué.
• Soit M un point d'axe x∈ R. La distance de l'origine de l'axe au point M est alors égale à |x|, c'est-à-dire:
OM =|x|.
• Soit M un point d'axe x∈R et N un point d'axe y ∈R. La distance du point M au point N est alors égale à |x−y|, c'est-à-dire:
M N =|x−y|.
Remarque Soit M le point d'axe x ∈ R et a ≥ 0. Dire que M est à une distance de l'origine inférieure à a est équivalent à dire que x appartient au segment [−a, a], c'est-à- dire:
|x| ≤a ⇔x∈[−a, a].
Sur un axe gradué représenter les ensembles suivants et les écrire à l'aide d'intervalles.
1. E ={x∈R,|x| ≤2}, 2. F ={x∈R,|x−3|<4}, 3. E ={x∈R,|2 +x| ≤1}, 4. E ={x∈R,|3 + 2x| ≥3}.
Proposition (Règles de calculs) Quelque soit x∈R, on a:
i) |x| ≥0,
ii) √
x2 =|x|, iii) x≤ |x|,
iv) x= 0⇔x= 0, v) | −x|=|x|,
vi) |x|=|y| ⇔x=y ou x=−y, vii) |x×y|=|x| × |y|,
viii) si y6= 0,
x y
= |x||y|.
Proposition (Inégalité triangulaire) Pour tout (x, y)∈R2, on a:
|x+y| ≤ |x|+|y|.
3 Partie entière
Dénition la partie entière d'un nombre réel x est le plus grand entier relatif n ∈Z tel que n≤x.
Figure 2: La partie entière de −1,2 est égale à −2, celle de 1,8 est égale à 1 et celle de 2,6 est égale à 2.
4 Exposant
Dénition On dénit les puissances entières d'un nombre réel a par a0 = 1 et, par récurrence, an = a an−1 pour tout n ∈ N∗. Pour tout nombre réel non nul a, on pose a−n = a1n.
Proposition • Pour tout a∈R, tout m∈N et toutn ∈N, on a aman =an+m .
•Pour tout a∈R, tout m∈N et tout n∈N, on a amn
=anm .
•Pour tout a∈R, tout m∈N et tout n∈N, on a am
an =am−n. En particulier, on a
1
an =a−n .
•Pour tout a∈R, tout b∈R et tout n∈N, on a a bn
=anbn.
Écrire les fractions suivantes sous la forme2α3β5γ oùα, β,γ sont des entiers relatifs:
a) 28×3−4×53
24×36×52 ; b) 123×50
302 ; c) 22×5123+ 2×5124
28 ; d) (3n)3×272n. Lequel de ces calculs est-il correct ?
a)232 = 2(32) = 29 =....; b)232 = 232
= 82 =...
(Q.C.M.) Pour tout n∈N, 5nn
=....
a)5n2; b)52n.
5 Racines carrées, racines cubiques
Dénition Pour tout a ∈ R+, il existe un unique nombre réel positif u tel que u2 = a. Ce nombre réel u est appelé racine carrée de a et on le note√
a. Proposition • Pour tout a∈R+ et tout b∈R+, √
ab=√ a√
b.
•Pour tout a∈R+, (√
a)2 =a.
•Pour tout a∈R, √
a2 =|a|.
1. Écrire les nombres suivants sous la forme a+b√
5 oùa et b sont des entiers.
a) 2√
20−√
45 +√
125; b) (4 + 2√
5)2+ (2√
5 + 3)(3√
5 + 7); c) 29 4−3√
5. 2. Vérier que p
2 +√ 3 =
√3 + 1
√2 =
√6 +√ 2
2 .
3. Sans calculatrice, comparer q 3p
3√ 3 et3. 4. Vrai ou faux ? Pour touta ∈R, p
a2(a−1)2 =a(a−1). 5. Résoudre dans R2 le système
( x+y = 2
(2 +√
5)x+ (2−√
5)y = 1 . 6. a) Situer par rapport à l'intervalleh
−1 2,3
2
i les nombres réels 7−√ 17
4 et 7 +√ 17 4 . b) Résoudre dans R l'équation√
2x+ 1 = 3−2x. 7. a) Montrer que a+b > 2√
ab pour tout a ∈ R+ et tout b ∈ R+. Donner une condition nécessaire et susante d'égalité.
b) Montrer que √
a+b 1
√a+ 1
√b
= r
1 + b a +
r 1 + a
b pour tout a∈R+ et tout b∈R+.
c) À l'aide des questions précédentes, montrer que r
1 + b a +
r 1 + a
b >2√ 2
pour touta∈R+ et toutb ∈R+ et qu'il y a égalité si et seulement si a=b.
Dénition Pour touta∈R, il existe un unique nombre réelutel queu3 =a. Ce nombre réel u est appelé racine cubique de a et on le note √3
a.
Exemple On a les approximations suivantes:
√3
3≈1,44, √3
2≈1,26, √3
1 = 1, √3
0 = 0, √3
−2≈ −1,26, √3
−3≈ −1,44.
6 Développement et factorisation
Proposition Quelque soit (a, b)∈R2, on a:
(a+b)2 = a2+ 2ab+b2, (a−b)2 = a2−2ab+b2, (a+b)(a−b) = a2−b2.
1. Développer et réduire l'expression(5x+ 3)(2x+ 1)−(2−x)(1−5x)−3(1−x). 2. a) Développer les expressions(x+y+z)2 et x+y+z+t2
. b) Généraliser à x+y+z+t+w2
.
3. Développer les expressions (x+y)3,(x+y)4 et(x+y)5. 4. Factoriser les expressions suivantes :
a) 17x−5
3x+ 2
−3 −x+ 1
17x−5
; b) 4x−12
−169 x−22
; c) 25x2−20x+ 4−5 x+ 1
10x−4 .
7 Résolution d'inéquations
Proposition Soit a, b, c trois réels quelconques, on a:
i) si a≤b alors a+c≤b+c, ii) si a≤b et c≥0, alors ac≤bc, iii) si a≤b et c <0, alors ac≥bc,
iv) si a, b, c, dsont tous positifs, alors (a≤b etc≤d)⇒ac≤bd. Résoudre les inéquations suivantes :
a) 4x−x2
(2x+ 1)(27−3x) >0;
b) 6
−x2+x−1 >− 2 x+ 3; c) √
4x−1>√
x2+ 3x−1.
Si une équation ou une inéquation comporte des valeurs absolues, on peut les supprimer en utilisant la propriété suivante.
Proposition Soit (x, a)∈R2, on a:
1) |x|=a⇔x=a oux=−a, 2) |x| ≤a⇔ −a≤x etx≤a.
Exemples • Résoudre|x2−x|=|4x+ 2|. On a:
|x2−x|=|4x+ 2| ⇔ x2−x= 4x+ 2 oux2−x=−4x−2,
⇔ x2−5x−2 = 0 oux2+ 3x+ 2 = 0,
⇔ x∈ {5−√ 33
2 ,5 +√ 33
2 } oux∈ {−1,−2},
⇔ x∈ {5−√ 33
2 ,5 +√ 33
2 ,−1,−2}.
• Résoudre | −5x+ 3|<2. On a:
| −5x+ 3|<2 ⇔ −2<−5x+ 3 et −5x+ 3<2,
⇔ −2<−5x+ 3 et −5x+ 3<2,
⇔ −5<−5xet −5x <−1,
⇔ −5
−5 > xet x > −1
−5,
⇔ 1> x etx > 1 5,
⇔ x∈ 1
5,1
.
7.1 Majorant, minorant, borne supérieure, borne inférieure d'une partie de R
Dénition • Une partie A de R est dite majorée s'il existeM ∈ R tel que x6M pour tout x∈A. Un tel nombre M est appelé majorant de A.
•Une partieA deRest dite minorée s'il existem∈Rtel quex>m pour toutx∈A. Un tel nombre m est appelé minorant deA.
•Une partie A deR est dite bornée si elle est majorée et minorée.
Théorème (Théorème de la borne supérieure) Soit A une partie non vide et majorée de R. Il existe un unique plus petit majorant deA au sens où tout autre majorant de A lui est supérieur.
Dénition Soit A une partie non vide et majorée de R.
•Le plus petit majorant de A est appelé borne supérieure de A et est notésupA.
• Si supA ∈ A, le nombre supA est alors appelé plus grand élément de A et on le note maxA.
Exemple On asup(]− ∞,3[) = 3: 3est la borne supérieure de l'intervalle]− ∞,3[mais ne lui appartient pas donc ce n'est pas son plus grand élément. L'intervalle ]− ∞,3[n'a d'ailleurs pas de plus grand élément. Si l'on considère l'intervalle ]− ∞,3], on a toujours sup(]− ∞,3]) = 3 mais, cette fois, 3 ∈]− ∞,3]. 3 est donc le plus grand élément de ]− ∞,3]et l'on écrit 3 = max(]− ∞,3]).
Théorème (Théorème de la borne inférieure) Soit A une partie non vide et minorée deR. Il existe un unique plus grand minorant de Aau sens où tout autre minorant de A lui est inférieur.
Dénition Soit A une partie non vide et minorée deR.
•Le plus grand minorant de A est appelé borne inférieure de A et est noté infA.
• SiinfA∈ A, le nombre infA est alors appelé plus petit élément de A et on le note minA.