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LE BOTANISTE
l^iiiFXTiTii :
M. p. -A. DANGEARD
CIIAliCl-: DE COriîS D1-: ROTAXinur-a I.A rACUI.TH DKS SCIl'AXKS m-; PARIS ANXIKN l'ROFESSHUR T>K HOTAXIQIW: A I.A lACULTÉ DES SCIliNXES DE POITIERS
DOUZIEME SERIE
1912
l'IlIX
DK LAHONNIiMEiNT A
l.\SKRIK DK SIX
l'ASCICLI^KS16
francs pour l;i France— 18
francs pour l'ÉtrangerDirection
12,rue Cuvier, PARIS
l'ARIS
LONDRES
^'^
INTRODUCTION A LA SKKIE
\IIDH BOTANISTE.
LeLivre XII
du
Botaniste parait avecun
formatnouveau
: cechangement uakdi nous
a étéimposé
par le désir de faire entrerdans
cette sérieune
Notice publiéeàlafindel'année dernière.CetteNotice était destinée à justifier notre candidature à la place
devenue
vacante,dans
laSectionde Botanique, à l'Académie des Sciences, parlamort
denotre savjint et illustremaître, leD''Edouard
Bornet.Sicettecandidature n'a pas eu le succès espéré,
nous sommes cependant heureux
d'avoir été présenté en première ligne par la Section de Botanique danslaséancedu
11mars
1912.Cettedésignation,dont
nous
apprécionstoutl'honneur,nous
aprofondément
touché, etnous
puisonsdans
cechoixun nouveau
couragepour
continuerles recherches quinous occupent
etnous
passionnent depuis tant d'annéestléjà-
Le
sommaire
decette sériedu
Botaniste se présenteainsi :1° Recherchessur quelques Alguesnouvellesou
peu
connues,p. i.1"
La
détermination desrayons
actifsdans
la synthèse chlorophyllienne^p. xxn.
3° Notice surlestravauxscienti/iques...,f. i-i52.
Recherches stitquelquesAlgues nouvelles ou peu connues, Pau l'.-A. DA^•GEABD.
I. Pol) blepliaridci
LafamilledesPolyhl^pharidea'aétécrééeen 1888
pour un
genre d'Algues qui habiteleseaux
douces,le Potyblepharissingularis('); cetteAlgue
vivaitdans
l'eaude pluie à l'intérieur des excavationsdes carrièresdu
grèsdeMay, aux
environsde Caen. Cetteespècedoit êtreexcessivementrare, carelle nesemble
(') P. -A.Dangeari), Recherclws surlesJtguesinférieures(Jnn. Se. nat.: Bat.,l.Vil, p.i56j.
D. a
—
IIpasavoirété rencontrée depuiscette
époque; nous
nel'avons jamais observée ànouveau dans
lesnombreuses
localitésoùnous
récoltonschaque année
des organismesinférieursappartenant iitous lesgroupes.Schmarda
avait figuréen 185o,sonslenom
dePyramimonas
letrarhynchus(')
un organisme
microscopiquequ'iln'avaitfaitqu'entrevoir; Stein avaitchangé
cenom
enceluidePyramulomonas
^sans d'ailleurs rienchanger
àsa descrip- tion (').y^x\^ étudeassez complète
du développement
de cetteespècenous
apermis, en 1889,i\^placerlegenrePyramimonas
àcôtédu
genre Polyblepharis,dans
la
même
famille (^);un Mémoire
de Dill, paru eu 189J, a complété surquelques
points notre description (').Oltmaiius[ilacecettefamille à labase desVolvoca/es; il la considère
comme
la
souche
des Chlorodendraceœd'unepart, des Tetrasporaceœde l'autre (').Jusqu'ici, les représentants
connus
et étudiés de cette famille étaientdes espèces d'eau douce, neserencontrantd'ailleursqu'à detrèslongsintervalles;un
liasai'dheureux nous
amis
en présenced'une nouvelle espèce, qui vit dans l'eausalée et (|uipeutseconserverindéfiniment encultures.M.
Fabre-Domergue,
inspecteur général despèches maritimes,cullive,depuisun
certainnombre
d'années, au Laboratoire maritime deConcarneau, un
orga-nisme
vert destinéàdesexpériences sur la nutrition des poissons;le milieu nutritifestconstituépar del'eausaturée de sel marin, à laquelle onaajoutéune
petitequantitédebouillon de requin salé{Carcharias glaucus).Cetteespècen'avait
pu
jusqu'ici êtredéterminéeetM. Fabre-Domergue,
trèsaimablement, nous
aautorisé à prélever des échantillons et à lesétudier, ce dontnous
le remercionstrèssincèrement.Cette
Algue
estune
Polyhlepharidew typique: elle constitueun
genre nou- veau,auquel nous
avonsdonné
lenom
deSlephanopleraFabreœ
(").Le
SlephanopleraFabreœ Dang
(PI. I,fig. i-25).— La
formenormale
des individus se rapproche de celle d'unepyramide
à base quadrangulaire (fig- I à 4); le corps est élargi à l'avant, atténué à la partie postérieure;(')Schmarda,Neue Fonnenvon Infnsorien [Denkschrijtd. Jf'ien.AkacL, Bd.I, i83o).
(2) Stein,DerorganisniiixilcrInfiisiousl,1.lit,Leipzig, 1S78.
(^'')P.-A.Dange\rd, MémoiresurlesAlgues{LeBotaniste, i" série,p. i37).
(*)0. Dill,Die Gattung Chlaniydomonas,Borntraeger,Berlin,1895.
(5)Oltmanns, Morphologieund JHologœder Jlgen,vol.I,p. i34.
(5) P.-A.Dangeard, Sur une Algue marinedu Laboraloire de Concarneau {Comptes rendus, t.CLI, 1910,p.991).
—
III—
il présente, en giMU-ral, (|u;itre ailes saillantes, qui se retrouvent aussi,
on
le sait, chez les
Pyramimonas. Pour
les cultures en cellulehumide,
il est facile (le se rendrecompte du développement
plusou moins
grand de ces ailes et des modifications qu'elles présentent, car les zoospores sefixent en grandnombre
[)erpendiculairement à la lamelle et on lesvoitalorsencoupe
opti(|ue; ceszoosporesontune longueur
de •->">*' àSS^^ surune
largeur de i%^à22"*en
moyenne.
La membrane
est mince, incolore; c'estun
simple périplaste, analogue à celuiqui recouvre li-protoplasma chezbeaucoup
de Flagellés à division longi- tudinale; cettemembrane
seprêteaux
déformationsque
subissent parfois les zoospores; celles-ci, en ell'et, sont parfoisarrondies, par disparition desailes, cequiles faifressemlderàunChtamydomonas
; ettous les intermédiaires, avec les formes normales,serencontrent dans lesmêmes
cultures.Chaque
zoospore possèdedeux
llagelinms de la longueurdu
corps et qui sontrecourbés enarrière lorsque celui-ci est fixé surun
support;ces llagel-lums
sontinsérés surun l)lépliaroplasleassezpetit,duquel
sedétacheun
rhizo- plaste (|u'on peutsuivrejusqu'au voisinagedu noyau
(fig- 5-6).Le
plus grandnombre
des individus présentent cette constitution de l'appa- reil locomoteur; ou peutdonc
direque
cette espèce est caractérisée par l'existencededeux
flagellums, alorsque
lesPyramimonas
en possèdent quatre etque
lesPolyblepharis en ontune
tonlle.Très rarement, on renconti'Cdeszoospores ordinaires qui, au lieu de
deux
llagellums,en ontijuatre; d'autres,également
rares, en possèdent trois.Cette variation
du nombre
des flagellums dansune même
espèce est très intéressante : ellemontre
conibieu il est vain de vouloir établir des lignées phylogénétiquessurlenombre
desllagellums.Le
chromatophore
est massifdans sa partie postérieure, où il renfermeun
grospyrénoïde; àsapartie antérieure,il entoureune chambre
renfermant le protoplasma incidoi'ce( lenoyau
:cechromatophore
seprolongedans
lesailes;le pyrénoïde estentouré
d'amidon
e( d'autres i;rauules amylacés setrouvent dispersésdanslecliloroleucile.Le point oculil'orme est situéen avantii
une
dislance plus oumoins
grandedu
point d'iiiserlioii des llagellums: il dilfère en cida nettementcomme
posi- tionde c(duiduPyidniimanas
lelrarync/iits. (|ui est situé au niveaudu
pvré- ncnde. dans la pai'tie |ioslerieuredu
cor[)s: ce point oculiforme à contour variable,souventunpeu
allongé, se trouve au contactmême
delamembrane
et
du
chloroleucite.On
rencontre parfois des individus qui possèdentdeux
sligmas. au lieud'un seul; il en existenjêmc
chez lesquels cenombre
estdeIV
trois;mais,danscederniercas,ill'aiitéviterdeles confondre avec des granu- lationsrougesaccidentelles qui se produisent parfois
dans
lachlorophylledu
chroinatophore.Le proloplasnia incolore, contenu dans la
chambre
intérieure, contient lenoyau
etune
oudeux
vacuoles contractiles : ces dernières sont situées àune
faibledistancedu hlépharoplaste.Le noyau nese voit nettement qu'après coloration : il est ari'ondi, possède
une membrane
nucléaire mince,un
gros nucléolecentralet des granulations chromatiques asseznombreuses,
disperséesdans
le nucléoplasme.Quelques
raresindividuspossèdentdeux noyaux
:ceux-ci ontla structure ordinaire:ilssontplacés côte à côteencontact,perpendiculairementàl'axe longitudinal
du
corps; la présence dedeux
llagellums dans ces individus binuclééssemble
devoirécarter touteidéedefusion préalablededeux
zoospores {fig.5-7).En
résumé,cetteespèce, àcôtéde laforme
normale,montre
des variationsque
l'on n'observe pointà un tel degré chez la plupart des organismes infé- rieurs, protozoairesou
protophyles; ces variations |)ortent sur laforme du
corps,ladimension
des ailes,leurnombre,
leur disposition; lagrosseur est susceptible de varierbeaucoup;
lenombre
des llagellums passe dedeux
à quatrechezcertains individus;même
constatationpour
le point oculiforme;existence également d'individus binucléés. Ces différences sont telles qu'on pourrait croire avoiralfairc à des espèces et
même
à desgenresnouveaux,
si l'on secontentaitd'unexamen
superficiel; cette plasticité de l'espèce estsansaucun
doute enrelationaveclecaractère primitifdecet être; elleexpliqueéga- lementcomment
cesAlgues inférieures s'adaptent h des conditionsdevietrès spéciales, iicette saturationen selmarin du
milieu qui les renferme; enfin, ilest possibledeserendre
compte
de la façon dontun
typesouche,analogueà celui-ci, a pu,en fixanttel ou tel de ces caractères, au cours de l'évolution,donner
naissanceaux
diversgenres d'unemême
famille.L'étude
du développement
vapermettre desaisirlaraison d'êtredequelques-unes
desvariationsquiviennentd'êtreconstatées.La
reproduction ordinairea lieuparune
simplebipartitioncomme
chez les autres Pulyhlepharideœ.Cette bipartitionpeutêtresuivie assezfacilement sur desculturesen cellule
humide
;elledureiheure environ, depuislemoment
oùune
légèreéchancrure apparaît à la partieantérieuredu
corps jusqu'àl'instantoù
lesdeux nouveaux
individusseséparent;voici ledétaildel'unedecesobservations:A
4''3o"',un
individumontre un
début d'échancrure à l'avant; lesdeux
flagellums sont ainsi repoussés l'un ii droite, l'autre iigauche; lenoyau
alaforme
d'unl)iscuit; ilest sansnul doute, à cemoment,
au stade dela plaque équatoriale{fig. 8);lepyrénouledu
chromatopliore est encoreindivis; l'indi- vidu en division est solidement fixé par lapartieconcave de sesdeux
flagel-lums
il la lamelle qui recouvre la cellulehumide,
ce qui facilitegrandement
l'interprétationdu phénomène;
lepointoculiformen'est visibleque
d'unseul côté.Assez rapidement, l'échancrure s'étend; elle arrive au niveau
du noyau:
celui-ci est alors allongé, pres(|ue cylindrique; il se renfle
aux deux
extré- mités : le stade de l'anaphase a succédé au stade de la plaqueéquatoriale; lenoyau,
dans
ses tranforniations successives, ne laisse pas voir leschromo- somes;
on distinguesimplement, dans
lamasse
incolore,une
sortedestrialion suivant lesensmême
de ladivision.Au
stade de l'anaphase{Jig-lo), lepyrénoïducommence
àsedédoubler;lesdeux
calottesd'amidon
(|ui le recouvrent se séparent, on n'aperçoittoujours qu'unseulpointoculiforme.C'estégalement à ce stade
que
le second llagellum faitson apparitiondans chaque
moitié;ilnerésultepasd'unebipartitiondu
flagellum ancien;ilpousse lentement,àlasurfacedu
corps,à lafaçond'unfinpseudopode; pendant
celte formation, il s'agite continuellement en s'enroulant enhélice autour d'un axe imaginaire; cemouvement
desdeux
flagellumsnouveaux
fait contrasteavec larigidité desdeux
Uagellums, d'origine ancienne, qui assurent la fixationdu
corps{Jig. 9-11).Après
la séparation desdeux
moitiés nucléaires, l'échancrure arrive au niveaudu
pyrénoïde dont la bipartition s'achève; lesdeux
individusne
sont plus réunisque
par leur partie inférieure(//i,'. i3); lesnouveaux
flagellums continuent des'agiter.La
position des flagellumsanciens etnouveaux
n'estpasquelconque
:d'un individu:! l'autre, en regardant deface, onvoit dechaque
côtéun
flagellum ancienetun
flagellumnouveau; autrement
dit,pour
l'observateur,si leflagel-lum
ancien est àdroitedansl'unedesmoitiés,cemême
llagellum estàgauche pour
laseconde
zoospore;nous
ne saurionscependant
affirmerque
cetterègle estgénérale.A
5''45'", lepont
de protoplasma, qui réunissait encore lesdeux nouveaux
individus après s'être étiré lentement, a fini de disparaître et les zoospores, (•um[)lètementindépendantesl'unede l'autre,restentencorefixéesàlalamelle;lesecond flagellum a atteint dans
charunc
salongueur
normale, mais il con- servesonmouvement
caractérisli(|ue.Pendant
cette bipartition, lecorpssemontre
[dastiiiue; il subit des défor-—
VI—
mations qui,
pour
être lentos, n'en sont pasmoins
analoguesàcelles d'uneamibe
: ilpossèdedonc
cequ'on appellelamétabolie.Au
début, on reconnaît encore en section optique latrace des ailes, mais souvent le contour s'arrondit:dans chaque
moitié, lorsque l'échancrure s'étend, cecontourvarie sensiblement d'unmoment
à l'autre; il est d'abord plus oumoins
irrégulieret, finalement, il est àpeu
près sphèrique aumoment
oiiladivision estterminée.
11 existe d'ailleurs, à cet égard, de tri's grandes diiférences: on rencontre des individus (|iii. au muiiieiil de laséparaliou définitive
ou même pendant
laliiparlilion. présententlal'orme ani;'iileusecaractéristiquedel'espèce.
Lesbipartitionsdans noscultures avaientlieuen plusgrand
nombre,
semble-t-il, lesoir,vers5''ou(>'': ellesportent
non
seulement sur des individusfixés,comme dans
le cas (jui précède, mais aussisur des zoospores enmouvement;
laséparation, en ce cas,
a
lieutrèsviteparfois; il suffit d'un quart d'heure, à partirdu moment
où le sillonantérieurl'ait son apparition,pour que
tousles stades se déroulent jusqu'àlaséparationcomplète.Si lecorpsconserve
pendant
ladivision son conloni' <|ua(lrangnlaire,laligne de bipartition se trouve orientéeperpendiculairementàdeux
anglesopposés;dansles
nouveaux
individus, l'unedescrêtes,sur lesquatreexistantes, adonc
conservésa position: elle est, si l'onpeutdire, d'origineancienne.Le noyau, au
moment
dela prophase, oriente sonfuseaudans
le sens dela largeurde lacellule; ce fuseau est perpendiculaire à l'axe longitudinal de la cellule.En
dclini>derc iiimii'ijr n'prddurlion iini-iiial. lespèreen possi'dc luiauhc
parliiparliliuii iiiri;ali' qui ra|q)ellc dassez [)rèsleboui'geunnement, nu(|ni, du moins,ddune
leméuu'
r(''sullat.Laséparation sefaitentre
deux
portionstrès inégalesde lacellulemère,
de sorteque
celle-cisemble
avoirdonné
naissance àun
bourgeon,comme
chezlesLevures. \i\\ réalité, le
phénomène
esttrèsdifférent;dansces casdebipar- tition inci^alc, les pyi^moidcs peuvrni niauiiuer dans lesdeux
cellules, ou dumoins
n'êtrej)as appai-cnls; quel(|uefois, lagrosse cellule seule en est pour- vue; on remar([ueaussi(|uc lesdeux
cellules tantôtpossèdentles quatre côtes saillanteset tantôtse iiidulrentavecun
contour arrondi; lenombre
des nag(d-lums
est (irdinaii'cniciil dedeux
;cepcndaul.nous
av(insvuune
celluleendivi- siiHi, (Idul lebourgeon
possédait Irois llagellums, don!deux
l'igides; le troi- sième, pluscourt, étaitde nouvidle foruialion et s'agitait continuellement; la cellulemère
montraitdeux
llagellumsrigides: lepoint oculiforme étaitvisible dans lesdfux
imlividus avant leur séparalinn.—
vu—
La
découverte de cemode
debipartition inégalnous
a fourni l'explication d'unfait quinous
avaitbeaucoup
intrigué :àcôté des zoospores normales,les cultures encellulehumide
renfermaientun
assezgrand nombre
de zoosporesbeaucoup
plus petites, à contour arrondi, ressemblant à s'yméprendre
àdesChlamodymojias
:ceszoosporesproviennent des bourgeons. Il eût été intéres- santdesavoirsiceszoospores reprenaient leur(aillenormale
avant desemul-
tiplierà nouveau,
ou
bien sielles pouvaient continuerà se reproduiresouscevolume
réduit.Malgré des observations prolongées, ilaétéiin[)ossible de ren- contrerun
seul cas debipartitionparmi
ceszoospores qui, d'ailleurs,vivent trèslongtemps
:ellessontdeformeovaleou
elliptique,parfoissphérique avecun
stigma,rarement deux;
lechromatophore,
qui délimiteune chambre
antérieure àdimensions
Vt^riables, ne possède pas toujours un pyrénoïde.i>e
développement
se termine |)arune
formation de kvstes {Jig- 21-25).La production de ces kystes n'a eu lieuqu'à lasuited'un accidentsurvenu
ànos cultures:un
des flacons, quinous
avaient étéobligeamment
envoyés de Con- carneau parM.
Guérin-Canivet,s'étantcassé, les zoospores, transportéesdans
de l'eaudemer moins
saturée, se soni enkystées; la cellule, lixéeau
support parsesdeux
llagellums, s'arrondit;une membrane
apparaît avant disparition des llagellums; lamembrane
s'épaissit fortement, ellemontre
quelquefois des stries concenti'iques {fig.24);
surles kystes âgés, lasurfaceestparfoismamelonnée
(fig- 25).L'histologie de ces kystes
montre
l'existence, à l'intérieurde ces cellules, d'unnoyau
ordinaire, accolé àun
gros pyrénoïde :quelques
kystes sont binucléés{fig-23); dansce cas,lesdeux noyaux
sont côte à cùte.On
peutsedemander
sices kystes binucléés nedonnent
pas naissance h desphénomènes
d'autogamie sexuelle, analoguesàceux que nous
avonsdécrits, il y aquelque
temps,dans
VAnlhophysa
vegelans('); c'est làune
question qui n'a pas reçu jusqu'ici de solution.Tout
ceque
l'on peutdire actuellement, c'estque
les kystes àdeux novaux du
Stephanoplera ne sontautrechoseque
les individus binucléés dontnous
avons signalé la présence au milieu des individusordi- naires.La membrane
deskystes se coloreen violetparle violet de gentiane;quant aux
zoospores, latrèsmince couche
depériplaste qui les entoure ne seteinteque
lentement: il en estdemême
desflagellums.La germination de ces kvstes n'apasété
obtenue
: ilestprobablequ'elle ne(') P.-A. Dangeard, Éludes sur le développement des organismes inférieurs {Le Botaniste, II' série, p. i5o).
—
VIIIt.
lifTère pas de celle
que nous
avonsdécrite autrefois danslePolvblepliarissin- i^ularis; dans cette dernière espèce, leprotopiasma
sort sousune forme
amiboïde, quiprend un peu
plus tardlescaractèresdel'espèce.Cojisidéralionsgénéralessurlafamille.
— On
nesaurait nier,au pointdevue phylogénétique,l'intérêtqui s'attacheà celte famille des Volyldepharideœ et, en particulier,au genre Slephanoptera.Actuellement, on accepte sans discussion lecaractère végétal des
Chlamydo- monadinées
etdes Volvocinées;or, lastructuredesPolyMepharidées
estexac-tement
semblableàcelledes cellules deChlamydonvmas
ou dePandorina;
le chromatopliore possèdelamême
organisationetjouelemême
rôle; lanutrition holophytique s'yelFectueavecdescaractères identiques.Malgré cette ressemblance complète, les Polyblepharideœ représentent
un groupe
plus primitif: ilsuffit,pour
en être convaincu, d'envisager leurmode
de i'eprodncli(ui. Cette iiipaplilion longituiliiiale, à la façon d'un Mimas, les rattacheaux Monadinées
ordinaires parlabase;elles n'en diflèrentque
parlaprésence de chlorophylleetparla nutrition végétale superficielle.
Cecaractère primitif estencoreaccentué parlapersistancedes déformations amiboides; celles-ci,
nous
l'avons vu, sont encore assez accusées,et consti- tuentune
véritable métabolie;lafixitédelaformeestbeaucoup moins
grandeque
chezbeaucoup
de Flagellés.On
nesauraitque
difficilementéchapper
à laconclusionque nous
avonsfor-mulée
àdiverses reprises :La
sériedesAlguessedétache endiverspointsdu groupe
des Flagellés;ilexiste plusieurspointsdecontact; celuides Polyhlepliarideœ avec les Flaarelléssefaitau niveaudesMo/uisetdes genres voisins.La
confirmation decesafiinitéssetrouvedanslemode
d'origine des flagel-lums
; malgré nos observations anciennes sur le Polyhlepharis, il se trouve encore des prolislologues ([ui admettentque
lesnouveaux
llagellums pro- viennent delabipartition des anciens. Le doute n'est pluspermis
:un
flagel-lum nouveau
pousse à la façon d'unpseudopode;
il est relativement facile d'assisterchezleStephanoptera\\ lanaissance de cesorganes.Ilsera intéressant,au
même
pointdevue, desuivrelesdétailsdela division nucléaire danscegenre; nous serions bien surpris si lemode
dedivisiondu noyau
était difï'éreni de celuidesMonas
etdesChiamydomonadinées
(').La question
du nombre
des flagcllums souli'veune
questiondeclassification générale quiason importance; quelques auteurs, selon nous, accordentdans
(ijP.-A.Dangeari), LeBotaniste, 6°série,p.65,et ii" série,p. iGo.
IX
leurs classitications
une
tropgrande
valeur au nombi'e des llagellums,qu'il s'agissedes Protozoaires ou des Protophytes.Ainsi,Lolsydiviserait volontiers les
(Champignons
zoosporés endeux
séries, d'après lenombre
des tlagellums('). La première sérail caractérisée par des zoospores monotriches etcomprendrait
la majorité des (Chvtridinées; ladeuxième
série comprendrait les espèces ii plusieurs fouets égaux, les Iso- contes, c'est-à-direla phipart desSiphomycètes
et le reste des Chytridinèes.Bon nombre
demycologues
adoptent cettemanière
de voir et Vuillemin,en particulier, attribueun
point de départdifférentaux deux
séries,acceptantque
lesChytridinèes sonttrèsproches parentes des
Monades, conformément
ànotre opinion, mais admettant, par contre,que
« lesPhycomycètes
dérivent des Flagellâtes par l'intermédiaire desAlgues
vertes,conformément
ii la théorie classique» (^).Serbinow, de son cnté(''),
admet que
les Chytridinèes doivent former desgroupes
indépendants : Myxochytridinèes et Mycochytridinées; lepremier
estcaractérisépar des zoosporesàun
senlflagellum, alorsque dans
lesecondgroupe
leszoospores possèdentdeux
tlagellums.Nous
n'avons pas l'intentiondediscutericicette qneslion trèscomplexe.
Nous
partageonspleinement
l'opinion deSenn
(jui ne fait intervenir lenombre
des flagellums([u'enquatrièmeligne, lorsqu'ils'agitdelasystématique desgrandsgroupes
('').L'exemple du
SlephanopteraFabrcœ,où,iicôtédelaforme normale
biflagellée, on trouve des individusàtroisou
àquatre(lagellums, esttoutàfaitdémonstra-
tiveàcet égard.
Les kystes
du
Stephanoptera sont dedeux
sortes : lesuns
ontun
noyauunique;
lesautres sontbinucléès. La parenté de cesAlgues
inférieures avec lesMonadinées
autoriseàsupposer que
leskystesbinucléèssontlesièged'une fécondation nucléaire identiqueà celleque nous
avonssignalée chezVAntho- physa
vegetans.Des
expériencesnouvelles, seules, peuvent établirlavaleurdecette hypothèse.
La germination deskystes n'est
connue que
dans les Polyblcpharis; lecon- tenudu
kyste sort àlafaçon d'une amibe, enrampant
sur la paroi; ce n'est(')LoTSV, f'ortrageiiberhntani.icheStanirne.i<^cscliicl}te.léiia, Fischer, 1907.
('^)Paul Vuii.LEMlN, Les bases actuelles dela systématique enmycologie {Progressasreiliola- nica',Bel.II,p. 112dutiréàpart).
(^)Serbinow,Scriplaliort.IidI. Petrop.,Bil.21, 1907.
(*)Senn, Flagellata, dans Die naturlichcn Planzenfamiliett de Engler et l'ianll, p. log.
Leipzig, 1900.
D. b
—
X-
qu'apri's, lorsqu'ils'est
dégagé
coiiiplétciiiriildel'enveloppe, (lu'on levoit s'or- ganiser enune
zoosporeciliée; letoutdemande un
quart d'heure environ.Nos
anciens dessins représentent un individu sortant du kyste et se séparantendeux
àce stade amil)oïde;la chose nous paraissait tellement invraisemblable (juenous
avions hésité àrapporterlefait :aujourd'hui, avec ce qu'on connaît(lela métaboliedecesêtres,l'observationpeutêtre considérée
comme
exacte;lagerininatioii
du
kvsleestdonc
parfois suivied'une bipartitiondu
corps.II.
—
Cldorodendrcirerr'.Cette familleaétécréée par
OItmanns pour
lesdeux
genres Chloroilendronet Prasinocladiis ('); ceux-ci ne renferment jus(ju'ici, chacun,qu'une
seule espèce; l'uneest le Chlorodendron suhsaisum, ilécouverte par Davis en 1893,dans
de l'eau saumàtre, près deCambridge,
dans le Massachusetts (^); ilsemble que
cette espèce n'aitpasété rencontrée ailleurs depuiscetteépoque;
la seconde espèce est le Prasinocladus lubricus
Kuckuck,
qui a été décrite en i8r)4dans des cultures enmauvais
état, et, sauf erreur, la seule station indiquéejusqu'ici estl'iled'Helgoland(^).Ces
Algues
étaienttrèsincomplètement connues
et leurdescription inexacte sur plusieurspointsimportants.En
étudiantla floredes bacs de l'aquarium au Laboratoire deRoscoff,nous
avons rencontrécesdeux
espèces végétantensemble
: elles sont,dans
cescon- ditions, assezdifficilesàdistinguerl'unedel'autre;comme
elles ressemblent, d'autre part,aux
espècesdu
genreColaciitm,ilv avait intérètiibien caractériserchaque
espèce ( ').i"Le Prasinocladusluhricus
Kucknck
(/'L I/,Jig. i-ij).—
Cette espèce est laplusmassive desdeux;
elle forme, selonKuckuck,
des cellules supportées par despédicelles courts, larges, de nature gélatineuse; elles sont réunies en colonies;chaque
celluleaune longueurde
ï3^à aof^ etune
largeurde-j^'a \i^;le
chromatophore
seraitdécoupé, au début, en sortesde bâtonnets, réunis plus tarden unmanteau;
de celui-ci sedétache unprolongement
qui se dirige vers('; Oi.T.MANNS,MorplivlogieundBiologieder llgen,Vul.I, lyoj,p. l'iO.
{'-) Davis, Eitglenopsis anavJlga-likeorgaiiisin (.liuiats iif Jiolany,t.VIIJ,iSij^).
(3) Kuckuck, Bcweih.ziirmarinenJlgenvegetat.voitJielgolaiid {lliss.Mecresimters,riciiel-'olge, t.I,p.ifSx-ifii).
(*)P.-A. Dangevri), Sur deux organismes injerieurs rcncuiitrcs au Labovaliùre de Hoseojf (Comptesrendus. I. 131, 1910,p.7G5).
—
XI—
lecentredelacellule;cecorpsestrecouvert
d'amidon
;il ressembleàun
pyré- noïde;àson intérieur existeune
cai^itêoùlenoyau
sérail logé.Lescellulesdeviennenl libressousl'orme de zoospores asexuelles possédant quatre llagellums,un point oculit'orme situé verslemilieu
du
corps; ladivision estlongitudinale.D'après nos observations, les zoosporcs
du
l'rasinoclarlus possèdent bien quatrellagelluius.qui sont de lagrandeur du
corps (/'/. Il^Jig.'i); ils sont insérésdansune
sorte d'échancrure antérieure; ces zoospores sontélargiesà l'avant et lecorpssetermine en [loinlc. Le cbromatopliore,dans
nos cultures, n'a jamaismontré
lescaractères signalésparKuckuck;
il est,comme
celui debeaucoup
deChlamydomonas,
massif dans bipartie postérieuredu
corps; à l'avant, il délimiteune chambre,
souvent assez petite, renCermant le proto-plasma
et lenoyau;
cettechambre
seprolonge plusoumoins
loin vers le bas;lepyrénoïde, entouré d'une
mince couche
d'amidon,occupe
lecentredu
chlo- roleucite; lestigmaestversletierssupérieurdu
corps, etnon
dans sa partiemédiane
: il est situéau contact delamembrane,
quiestmince
etincolore.Le noyau, très petit, a la structure ordinaire, avec
un
nucléole central; ilsetrouvedansleprotoplasma, à la banicur
du
stigma; un rbizoplaste courtle relie àla basedes flagellums(/V. //,.//:,'. i).Pour
formerune
colonie,lazoospore sefixeparl'avantsur' lesubstratum; ilseproduit en ce point,aprèsdisparition des flagellums,
une abondante
sécré- tion gélatineuse, qui constitue bientôt à la celluleun
épais piédestal cylin- drique; lescouches
successives de gélatine sont indiquées par desstries très rapprochées(Pi. lUfig- 0-La
cellule quioccupe
ainsi lesommet
de la colonne peut être mise direc- tement en liberté,sousforme
de nouvelle zoospore; plus souvent,ellesedivise eudeux
parbipartitionlongitudinale sousune membrane
d'enveloppe plus oumoins
gélatineuseetd'épaisseurvariable;quelquefois,il yaune
doublebipar- titionlongitudinaleetparconséquent
quatrecellules(/V.II,Jig. i, l\,5).Ce
faitestassezintéressant; ilmontre comment, dans
lareproduction longi- tudinale libre, telleque
celle desPolyblephai-i<lea\ la production d'unpeu
de gélatineautour de lacellulemère
suffitpour que
celle-ci se transforme enun
véritablesporange comme dans
ce Prasinocladus.Nous
saisissons ainsi le pas- sageaux Chiamydomonadinées
etaux
Volvocinées, familles chez lesquelleslesporangeestnettementcaractérisé.
Le
mode
de formation des colonies est assez particulier et ilfautbeaucoup
d'attentionavantde
pouvoir en saisirlevéritable caractère.Lors de ladivisiondelacellule
mère dans
leprolosporangc,lesdeux
cellulesXII
—
filles provenant(le la bipartition lon-iliidinale se trouvent orientées en sens inverse(/V. //,fii^. 4-6); cela tient à ce (]ne le fuseau nucléaire, au lieu de resterperpendiculaireàl'axe
du
corps, s'allongeetsedisposeobliquement
dansla
chambre
protoplasniiqucqui,elle-même, s'estétendue verslebas;Icpyrénoïde sedédouble.Des deux
cellules formées, celle qui regardedu
côtédu
piédestal nechange
pasdeposition, tandisque
lasecondepivotesurelle-même
etsetrouverejetée surlecôté,de façonque
sa partieantérieure est maintenantaussi fixéedu
côté delabase(/V.iU
fig.7-9).La
première cellule,parsa sécrétiondegélatine, continuel'ancien piédestal;lasecondecellule enproduitunautrequisegreti'esurlepremier,plusou
moins obliquement comme un
rameau.On
s'expliqueainsique, danslescolonies, toutes les cellules regardent vers lesupport, malgréleur orientation dilférentedans leprolosporange.Les colonies arrivent ainsi à se ramifier plus ou
moins
régulièrement;maisles
rameaux
danscette espèce neson!jamais biennombreux
etilsrestent courts ordinairement(/V.U^
fig. tS-ii).Si lescolonies n'arriventpasà être plusmassivesetplusramifiées, cela tient àce
que
leur dével()p[)enient se trouve inlcriumpu à unmoment donné
parla mise enlibertédescellules;ces cellulesreprennentlavie activesous forme de zooporesordinaires.Le
développemciif decetteAlgue
sicurieuse n'ajamaismontré
jusqu'iciau-cune
tracede reproductionsexuellepar gamètes, mais il existeune
formation de kystes; cesontdescellules qui. aulieude subirune
bipartitiondans
lepro- tosporange, contractent leur protoplasma, s'arrondissent en sphère et s'en- tourent d'uneépaissemembrane;
ces kystesrenferment denombreux
globules oléagineux; ils ressemblentaux
oospores desChlamydomonadinées
(/-'/. //, jig. 12).Nous
conseillons àceux
(jui reprendront ces observations de porter leur attention surledébut dela formation de ceskystesatin devoirs'iln'existerait pas là par hasardune
fusion nucléaire s'efTectuant entredeux noyaux
d'une cellulemère,comme
dans plusieursexemples connus
d'autogamie.2° Le
Chlorodendron
subsalsumDawa
{Pi. II.,fig. 14-27).—
(^ette espècea étédécouverte parDavis, en 1893, dans del'eausaumàtre, prèsCambridge,
dansleMassachusetts(');il
semble
qu'ellen'aitpas étérencontréeailleurs jusqu'ici.(')Davis,.Me.cit.
—
XlllDavisavait désignécetteespèce sous le
nom d'Euglenopsù
subsalsa;comme
ce
nom
degenreavait déjàétéemployé pour
désignerun
autreorganisme,Senn
l'a
changé
encelui de Chlorodendron(')qui a étéadopté parOltmanns.
Le C/ilorodendronsu/jsafsumnvAii
une
végétationtrèsflorissantedanslesnom- breux
bacs deraquarinm
de Roscoff;sagrande
ressemblance avec le Prasino- cludus lubriciis est frappante;une
étude attentivedu développement montre cependant
desdifférencesimportantes,aussinedoit-on pasréunir, semble-t-il, lesdeux
espèces danslegenre Prasinocladus, ainsique
le propose le savant algologue américainCollins(°).Les zoospores
ontune longueurdc
121^à20'^surune largeur deG^^à 10^^; elles sontovalesallongées{PL
II,Jig. i5); lapartieantérieurelapluslargeprésenteune
sorte d'échancruredu
milieu de laquelle partent quatre flagellums, lestigma se trouve hl'avant, le
chromatophore
est parfois assezdifficile à déli- miternettement; engénéral, ilestannulaire avecune
partiemédiane
épaissie;c'est là au milieu
du
corpsque
setrouve lepyrénoïde; leprotoplasmaoccupe
ainsiune chambre
antérieuredans
laquelle setrouve lenoyau
etune chambre
postérieurequicommunique
parun
espace plusou moins
largeaveclapremière;en section optique, ce
chromatophore
offre l'aspectd'un 11;sa substance, en dehors de lacouche d'amidon
qui l'ecouvre le pyrénoïde,renferme
souventtle
nombreux
grainsd'amidon;
sacouleurestd'unbeau
vertclair;nous
n'avons pointremarqué
cetteapparence
en réseausignaléeparDavis,mais
ilsepeutque
celtestructuredu
chloroleucite existeencertains cas.Le noyau
est situé au-dessusdu
pyrénoïdedans
le cytoplasme; il est très petitavecune membrane
nucléaire,un
nucléolecentral etune
faible quantité de nucléoplasme.Si leszoospores nesedistinguent qu'avecdifficultédecelles
du
Prasinocladus,le
développement
descolonies a lieudifféremment.Les zoospores, après
un
certaintemps
d'activité,s'arrêtent; elles se fixentsoli-dement
parl'avantsurlesubstratum; lesllagellumsdisparaissent;lamembrane
delacellule devient plus apparente,une
productionabondante
de gélatine a lieuau pointd'attache(PL
II,Jig- i(3).Lescolorations à ce stade permettent quelquesconstatations intéressantes;
la
membrane
traitée parla safranineet levioletde gentiane se colore enroseou
en violet,mais
à l'avantdechaque
cellule, on voitune
calotte de substance gélifiée qui se colore très fortement en rouge; cette calotte est assez épaisse,^'>.SUNN,lac.cit..p.187.
(-) Collins, T/iegreenAlgaeofNmthJmerica, lyoy,p. iji
—
XIV—
bien délimitée,oïdinairciiioiitd'aspect
homogène;
parfoiscependantsastructure estlégèrement granuleuse. L'emploi de l'hématoxylinefournitun
autre rensei-gnement;
à partirdu
noyau,il existeune
sorte de cordon assez épaischroma-
tique(|iiivient seterminer surcettesortedecalotte;au-dessous etjusqu'àune
certaine distance,on aperçoitlescouches successives de gélatinequiremplissentlepédicelle.
D'aprèscela, ilsemblerait
que
lenoyau
joueun
rôleactifdans
laproduction de cette gélatine ou decemucus
gélatineux.Pendant
cetteproduction degélatine et l'allongement rapidedu
tubequi en estlaconséquence,
lacelluleprésente souventun bord
échancréetlechroma-
tophoreestdécoupé
en lubes plus oumoins
aigus{Pi. II-,Jig- 17)-Lacelluleà
un moment donné
sediviseparune
simplebipartition; cette divi- sion estfréquemment
longitudinaleou
oblique {Pi. Il-,Jig- 18-19), ^i"^'4"^
l'aitidi(|ué Davis,maiselle estaussi, quoi(|neplus rarement,transversale;les cellulesfilles qui en proviennent, ont toujours leur avant tourné
du
côtédu
pédicelle;elles ontdonc
lamême
orientation, contrairement à ceque nous
avonsconstaté pour lePrasinocladus.Le
mode
deramification est danscesconditionstrèsdifférent: siladivision est transversale, lesdeux
celluless'éloignent l'unedel'autredans
lemême
tube {Pi. II,Ji^- 20); si la division est longitudinaleou
obliciue, l'une descellules peutglisser sur l'autre et l'apparence reste encore laméme(/V.
Il^fig. 22),mais
parfois aussi, il y a production d'un rameau, si lesdeux
cellules se séparent. La ramification estsouvent produiteégalement
par lescellulesqui restentenarrièredansletube.Eu
effet,ces tubes présentent deplace enplace dessortesde cloisons transversales; ces cloisons offrentun
obstacle à l'allon-gement
descellules sous-jacentes,lorsquecelles-ci, continuantleur sécrétion, vieuneni à buter coiilre ces cloisons; ell(>s dévient de leur direction, tra- versent la paroidu
tubedonnant
naissance àune
nouvelle ramification {PI.II,fis. ^k).
On
observeainsi,dans cetteespèce, fiescolonies arborescentes d'aspect très varié, avec despédicellesqui peuventatteindrenue
assezgrande longueur;les cellulessontintercalairesouterminles,au reposou
enbipartition;deux
bipar- titions sesuccèdentparfoisrapidement, onaalorsun groupe
de quatrecellules réuniesensemble.Dans
ces colonies, les tubes sont la continuation de lamembrane
descel- lules:celles-ciabandonnent
continuellement à leur partie basilaireune
sécré- tion gélatineuse; si celle-ci est épaisse, il ya apparence decloisonsou d'un espace plus oumoins
long avecstriesconcentriques,comme dans
lePrasino-—
XV—
cladus; si celte sécrétion se rédiiil à
un mncns.
l(>s (ubes pai'àissent vides.Cette espèce est atta(|uée |)ar
deux
[)arasiles : l'un appartient à la famille des Chytridinées; lesecondestune Monadinée
zoosporée.Voiciladescription
sommaire
decesdeux
espèces qui sont nouvelles:1°Pseudosporasiibsa/.ici^p. nov.
—
Celteespèce étaitassezabontlanledans les culturesde Chlorodendrunsuhsnisiim;lescellulesterminales descolonies avaient plusparticulièrementàsouffrirdece parasite:celui-cipénètredans
lescellules sousforme
d'une zoospore; celle-ci grossit en absorbant àson intérieurune
partiedu protoplasma
etdu
chloroleucitede lacellulehospitalière:ila consti- tué ainsiun
sporani^eà contourvariable, souvent elliptique,au milieu duquel s'accumulentlesrésidus rongeàlresdeladigestion; en dehorsdu
sporange,on aperçoitlesrestesdu
chloroleuciteenun ou
plusieursfragments.A un moment
donné,dans
lesporange, lacouche
de protoplasmagranuleux
et incolore, qui entoureles résidus, sefragmentesimultanément
enune
douzaine de zoospores ou davantage {/'/. II, Jii>\26): ellessont arrondies, possèdentun
petitnoyau
etsont
munies
il'un longllagellum; elles sontmises euliberté par destructiondu
tube(y/. II,Jig. l'j).Ce
sontlàlescaractèresdu
genre Pseudosporaparmi
lesMonadinées
zoospo- rées;nous
n'avons pas eumalheureusement
l'occasion d'observerles kystesdans
cette espèce.Le Pseudosporasubsalsa est
une
espèce ayantun
habitat marin; àcet égard, elleest intéressante, carlesprincipales espèces connues, P. Nilellarum Cnk., P. parasidca Cnk., P. aculcaUi Zopf, etc., vivent en parasite sur des orga-nismes
d'eaudouce
(').Le second
parasite, cjui atta(|ue\%%CIdorodendron,appartientaux
Chytridi- nées, ilvit,comme
le Pseudospora, à l'intérieur des cellules, sousforme
degermes endogènes; mais
ladistinctionest facile, car cesgermes
sont toujours incolores, lanutritionestvégétale, ilssont sphériques{PL
ll,fig. i'i-'i'\).On
peut ranger cette Chytridinéedans
le genre Olpidiurn, avec toutes les réservesque comportent
les difticultésd'une détermination exacte(-).Le
développement
rappellecomplètement
celuidesautresespèces:legerme
sphérique, d'abord très petit, grossit au seinde la cellule, sans tropl'endom-mager
tout d'abord; il arrivemême
quelquefois à maturité, en ayant respecté(') P.-A. Daxueaiu), Rcclirrchcs surlesorganismesinférieurs(Thèse,Piiris,188G).
—
Zoi'F,Untcr- siichuiig.(HierPnrasiten aus dcrGrappederMonadinen. Halle, 18S7.{-)Foir.àce sujet, l'excellenl Uavaiide iMinden, Chytridiineas.
XVI
le pyrénoïtle et
une
partiedu
cliloreiicite; plus tVéquemnient cependant, la cellule sedésorganisecomplètement
etsoncontenu devientjaunâtre.A matu-
rité, lesporange se divise enzoospores arrondies qui sortent,
comme
chezles autresespèces, parun
col plus oumoins
long; celui-ci atteintla surfacedela cellule hospitalièreotlaperfore, permettantainsilasortiedes zoospores dansle milieu extérieur : ces zoospores n'ontproliablement qu'un seul Hagellum, mais iKuisne saurionsl'aftirmeravec certitude.
L'intérêt de cette espèce,
comme
celuidelaprécédente, consiste dans son habitatmarin, d'où lenom
cVO/pidiummarinum que nous
luidonnons.
LesClilorodeiidraceœne
comprennent
actuellementque
cesdeux
genres bien étudiés, Prasinocladus et Chlorodendron;mais
d'autres,comme
lesColtinsieUa et lesEcballocystis, viendront sans doutes'yajouterplustard,lorsqu'on possé- derasureux
desrenseignementspluscomplets. Ilserait bien désiiable égale-ment que
l'on puisse étudier ànouveau
les espèces des genres Co/aciiim et Chlorangiitm,afind'établir quelles sont leurs affinitésréelles aveclesChloro- dendraceœ.Deux
points attirentspécialementl'attentiondans
celte famille.On
se rendcompte
nettement de la façon dont la reproduction parsimple bipartitiondu
corps, qui existe encore chez les Polyhlepharideœ, a étérem-
placée par le sporange : il a suffi d'une sécrétion gélatineuse d'un début demembrane pour
produirece résultat.On
voit,d'autre part,comment
ceprotosporange,àdeux
cellules, constitueun
véritable sporange, lorsque ces cellules sont misesimmédiatement
en liberté,sousforme
de zoospores;il estau contraire lepointde départ de l'ap- pareil végétatifplus oumoins
compliqué, si ces cellules restent sansOagel- lums; c'est bien là, semble-t-il, latransition versun
thalle plus différencié,comprenant
descellulesvégétativesproprement
ditesetdes cellules reproduc- trices,sporangesou
gamétanges.CoUins place les représentants de cette famille
parmi
les Teirasporaceœ, en com[)agnie des genresPalmeUa,
BoUyococctts, Teiraspora,etc. (');nous
préfé- ronsadopterl'opiniond'Ollmanns, qui enfaitune
familleindépendante : cette famille se rattache directementaux
Flagellés, par l'intermédiaire desPolyble-pharidœ;
elle se continueprobablement
verslehaut, par les Tetrasporaccœç{les Prolocuccaceœ, après avoir contracté
une anastomose
avec lesChlamy- domonadineœ.
(')COLLIN'S,lue.cit
,p. l3(j.
XVII
—
l'rolococcaceœ.
L'Algue, di'crite ici, s'csl développée aboiidainineiit
dans
un llacun conle- nant del'eaudemer
à laquelleon
avaitajoutéquelques
gouttesd'un bouillon de moitié: lacultui'e elailsensiblement pure.Va\
examinant une
parcelledu
dépôtvertqui s'étaitformé
au fonddu
vase,nous fûmes
assez surpris de voirque
cetteAlgue
ressemblait par saforme
àune
Levureet (]u'ellese mulli[)liaitparbourgeonnement;
c'estce caractèrequi Mdusadécidé;i étudiercetorganisme
en détail.La
celluleaune forme
ovale:songrand diamètreestde9^^etiq!'', salargeur est de 5" à (S^^; elle contientun cbromatophore
pariétalmuni
d'un pyré- noide (1);dans
lecvtoplasmeincolore setrouve un noyau nucléoleà structure ordinaire.Parsa ioi'ine,cette
Algue
ressemideunpeu
auCocconty.ralacuslrisChodat('), mais (die en dilfèi'c par rexislence d'un pyrénoïde, sondéveloppement
dans l'eaudemer
et sonmode
demultiplication.La
membrane
présente des caractères particuliers: elle se colore en bleu direclenii'iil par raction de l'iode,connue
si elle était forméed'amidon
:ce bleuissement direct de lamembrane
cellulaire par l'iode estun
[)liénomène assez rarepour
qu'il mérited'êtresignaléici.La multiplication est très rapide:la cellule, à sou extrémité amint
Kig. 1. Uelerogonittnisalinum.
—
StniiLiiie cl(lévcloppemciil.longe etforme
un bourgeon
dont le diamètrevariedu
tiersaux deux
tiersde celuide la cellulemère
;pendant
cetemps, le chloroleucite s'estétendu dans(')Ciiomr. Sur/epoljiiiiir/j/iiMnc(/ex .llffiics.(jei\'o\e, 1909.
I).
XVIII
lp, lH)uri;v()ii ;i|in''>avdii'divisrsmi pyréiioïdi', leiiovaii s'estégalenienl diviséet
une
des moitiés est passée dans lebourgeon
: ((dui-ei adonc
maintenant lamême
structure(|U0lacellulemère
(II et III).Au
niveau del'élranglement,qui estmoins prononcé
(|ucdanslaplupart des Levures,une
cloison d()iii)lese forme perpendiculaireiMentii l'axe:parsépara- tionprogressiveetdécolleiuent desdeux
[lartiesde cette cloison, li'hourgcon
sedétachepeu
àpeu
de lacellulemère.Il estassez rare (|n'un
nouveau hourgeon
a|)paraisse avant (|ue lepremierse soit détaclié; mi trouve cepenilant parfoisune
(diainette de trois ou (|uatre éléments.Nous
avons suivi le devidoiipemcnt de cetteAlgue
pendant plusienrsmois, sans rencontrer d'autremode diMleveloppement
: lorsque la multi[)lication se ralentit, la c(dlnlcmi'i'c grossit |)arfoiset s'arromlit en sphère: sonhourgeon
peutsemontrer
également sphérique.Une
autre particularité plus curieuse est celle-ci : il ari'ive [)arfois ([ue la direction des cloisonnements change et (|ue lescellules l'cstent groupées en petites colonies de trois ou (|uatre cellules (|iii all'ectent alors l'aspect d'un Pleurococciis ( '),les cellulesen division sontmême
parfois àceminuent
sensi- blementégalesHY).
Maisilest faciledes'assurer(jn'il s'agit là d'uiu'anomalieet([nele
mode
<le multiplicationnormal
estlehoni'gconnement.Cette
Algue
est assez résistante vis-à-visdu
milieu; ainsi, elle continue àhourgconner
dans un litjuideconstitué par moitié d'can demer
et de li([uide deKnop
: ladimiuulion delasaluresemblait avoirprovoqué une
diminution dela tailledescellules.
La
membrane
possède des propriétés spéciales ijiii expli(|uc peut-être sa résistanceaux
diverses concentrations du milieu : les cellules traitées par l'alcoolirabandonnent
leur chlorophylle (|u'au boni de plusieurs j(Uirs; d'un autre cote, lesréactifscolorantspénètrentdiflicilemenl.Eu
résumé, nous avons là unnouveau
typed'uneAlgue
probableuM'ut voi- sine desStichucocriis; mais, tandis (|ue(liez les S/ir/iocdcriisi't les Ulollxinrla division cellulaire est égale, ici cette division est unbourgeonnement:
nous feronsremar(|uer également(jne leSlichococcits Ixtccillans n'a jamais présenté dans nos cultures trace de pyrénoide, ce ([ui coiilirme l'opinion de (ihodat;l'Algue (|ue
nous
décrivonsici eu possède toujours un très net : il s'agit enliii d'unorganisme
marin(]u'il seraintéressant de iciherclier dansleplancton.Nous
proposons[lourcetteAlgue lenom
deUelerui^oniuni saliniim.I I
I(!iliiliVI,lin-,cil..|i.(ri.
—
XIX—
EXPLICATION DES PLANCHES.
PLANCHEI.
Strp/iaiioplera Fabre/r Dniii;.
Kii;. i-J.
—
Divers ii!i[ie(î:sdos/oospores:ii. noyau: c,clir(irii:\lopli(iro.Kig.j--.
—
Sti'ucliiro (lunoyauotduclironuilophore.Kig. 8-13.
—
Sladessuccessifsdelabipartitionducor()s.Fig.14.
—
Apparence dela sectionoptiqueducorpsciiez.certains inilividuf Fig. ij-iG.—
Uiiezoosporepossédant quatrellageliums.Fig. 17.
—
Unezoosporepossédanttrois flagellunisdontl'unm
formation.I'"ig.18-19.
—
Bipartition inégale-Fig. 20.
—
Unepetitezoospnreprovenant decette bipartilion.Fig. aià2").
—
Kvslesàunseulnovauetkvstesàdeux novau\.l'I.AXCIIEII.
1" J'rn.siiifirim/iisliihricKsKuekuck(fii;. i-i3).
Fig. I.
—
Cellule fixéesur son piédestal gélatineux.Fig.î-S.
—
Zoospores avecleursllageliums.Fig..).
—
Bipartitionducorps;lesdeuxcellulessontorientéesen sensinvei'se.Fig.5.
—
Deuxbipartitionssuccessives.Fig.G-ii.
—
Formation descolonies.Fig.r).-i3.
—
Kystes.1" Cliloroilentlron(Englenopsis) siihsalsumDavis.
Fig. i/J. - Unecoloniearborescente.
Fig. i5.
—
UnezoosponvFig.iG.
—
Unecelluleavec son cliromalopboreetson noyau.Fig. 17-20.
—
Divisiondecellulesterminales:ladivision est longitudinale,obliqueou transversale.Fig. 2r-22.
—
DeuxaspectsdilTérentsdesrameauxvégétatifs.Fig.23.
—
OlpiJinntmaiinimisp.nov.Sporange aumoment delaformation des zoospores.F^ig.2.i.
—
r.esporangeest vide.Fig.25.
—
l'scuilosporasul/xnlsnS|i.nov. Sfioi'ange avecrésidusau centre: en f,portion do elilo- roleucitedu Chlorodvndroii.Fig.26-27.
—
Formationetsortie des zoospores.Pl.l.
/'/ //.
'J7