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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Rédaction :

Narcisse-René P R A Z , satyre en chef

Administration : sur ordonnance

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N ° 1 - 8 d é c e m b r e 1970 Journal satirique et s a t y r i q u e paraissant le mardi

La pilule est en vente en Suisse sans carnet à souches. Fr. 1.30

« PILULE : médicament en forme de petite boule (latin : pilula). Fig. et fam. Avaler la pilule : croire un mensonge, se déterminer à une chose pénible. Dorer la pilule: présenter sous des dehors flatteurs une chose désagréable...» (Voir en pages 2 à 12 la suite de la définition de

LA PILULE selon le Larousse Universel.)

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P O U R ceux qui sont CbtiTSE POUR tout ce qui est GDtffKÇ

G d M T R E ceux qui sont p O U R C6NTRf tout ce qui est P<>UR

Rédaction et administration : R u e du Valais 11 - 1202 G e n è v e - Tél. (022) 31 89 23 ou (021) 76 30 96 - C C P 12-2019.

(2)

« Pharm. : Pour faire la pilule, on mélange dans un mortier les substances actives... »

S U B S T A N C E S A C T I V E S

B o u r s e M o n d i a l e d e s V a l e u r s

Paris : Berne : Madrid :

Alger :

Londres : Dublin :

Rome : W * ) ^ r :?•

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Anciens combattants : cote — 2 ; il en reste encore 1.254.666.

Crétinisme des juristes de l'Impôt sur le Chiffre d'Affaires : + 5 : c'est une valeur sûre.

Cachots pour sales communistes et libé- raux : — 3 (explication : l'Eglise s'est déso- lidarisée de Franco, depuis que ce dernier s'attaque aux curés basques).

Peau d'Ancien C o m p a g n o n de la Révolu- tion (Belkacem Co. Ltd.) — 1. (Il n'en reste bientôt plus, colonel Boumédienne ! Boum, boum et qu'on n'en parle plus.)

N e w Look Margaret Co. Ltd. — 25. La cote la plus basse depuis la m o d e mini- mini-mini.

Peaux de Catholiques Co. Ltd. cote + 4.

Peaux de Protestants Co. Ltd. cote — 4 . Peaux de Soldats de Sa Gracieuse M a - jesté Co. Ltd. cote zéro.

Gran Turismo Papale et Cia. + 125. Les économies du Vatican n'ont nullement souffert des déplacements (d'air) de Sa Sainteté Paul VI, au contraire : on compte sur des rentrées de devises clandestines par-dessous les soutanes.

Bruxelles : Fabioles, Babioles et Babydolls Co. Ltd. : cote zéro. Valeur stable.

France Dimanche n'ayant pas parlé des fausses-couches de Fabiola, la bourse royale n'a pas frémi.

Prague : Liberté d'Expression (en tchèque : Tzrzd- heuencz leztzrt Libhegtrzvgter) : — 5 6 7 . O n ne voit pas d'issue. Cette société semble condamnée A moins que la Liberté d'Ex- pression du C o m e c o n (en russe : trzhggd- bnvbrtgh utzrhggdbezcon) ne la rachète purement et simplement.

Bastia : Peau de sale-cousin-qui-a-tué-le-chien-du- neveu-de-la-sœur-de-ma-tante S.A. : cote

— 3, en légère baisse, depuis que les Corses émigrés sur le continent se font ministres ou se laissent recruter par les Services d'Ordre (sic) de la Ve République (S.A.C.s et C.A.C.s).

Moscou : Trjencheueudm Kkkkhhhhzrtgebnu Come- C o n : — 4 5 ° (c'est la Sibérie!).

New Delhi : Bouses de Vaches Sacrées : +12.

Bagdad : Prix de la vie humaine haschisch.

un g r a m m e de

S U B S T A N C E S P A S S I V E S

L E S T A N T E S A S I O N f ^

Le Nouvelliste et Feuille d'Avis du Va(lais)tican apporte une précision qui a son importance à propos de la rafle de Monsieur le juge Louis de Riedmatten (on n'a jamais trop d'égards pour un Monsieur de cette trempe-là : d'un tour de main il vous séquestre tout ce qui lui tombe sous la main).

Cette précision, la voici, selon le Nouvelliste, etc.

N ° 238 :

« A la suite d'une dénonciation du Département de justice et police, des revues douteuses et U N exem- plaire de « Sexus » ont été saisis. »

Ainsi donc, en Valais il s'est trouvé UN libraire pour oser commander U N exemplaire de Sexus dans l'espoir de trouver U N lecteur pour cet ouvrage Et il a suffi d'UN juge particulièrement doué pour sauver de ce péché mortel U N Valaisan qui aurait pu être saisi d'UNE tentation (où voulez-vous que l'on ait ses tantes sinon

à Sion, quand on est Valaisan ?). Heureusement que vous étiez là, Monsieur le juge Louis de Riedmatten I Sans vous, U N E â m e serait sans doute aujourd'hui au bord de l'abîme I O u peut-être au fond.

Autre précision importante, c'est à la suite d'UNE dénonciation que la rafle est intervenue. Il s'est donc trouvé U N Valaisan qui a dénoncé U N exemplaire de

« Sexus ». A force de tourner autour de l'unique exem- plaire exposé en Valais, il s'est senti pris de vertige devant la tentation et, courageusement, par la grâce divine aidé, s'en est allé dénoncer la cause de son péché : — « Cachez ce sein... » Et on le lui cacha Depuis lors, LE Valaisan en question n'a plus de tenta- tions Ni à Sierre. Il vit heureux, apaisé.

Mais, depuis qu'il a confisqué LE fameux exemplaire unique, c'est, paraît-il, Monsieur le juge Louis de Ried- matten qui ne dort plus.

Il a des tentations...

« L a Pilule » recherche dans

chaque localité

Ecrire à - La Pilule-, 11, rue du Tél. 021/76 30 96 ou 022/3189 23.

V E N D E U R S au numéro C O L L E C T E U R S

D ' A B O N N E M E N T S B O N S GAINS

Valais - 1202 Genève

Courrier du petit nègre :

Mosié li Rédacteur en Chiej, faut dire à vot' typo que « cannelure » s'écrive avec deux « n », sagittaire avec deux « t » et affolement il a un seul * l », Mosié blanc ! Ti vois double, dis ? O u ti vois rien ? L'est borné, c'gars-là ! Et c'est ta fôte aussi, Mosié :

fallêt relire ! Bamboula

— 2 —

(3)

puis on ajoute, suivant le cas, un excipient liquide, pâteux ou pulvérulent..

E X C I P I E N T S

L'avis du graphologue

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Votre cas, cher Monsieur, é m i n e m m e n t sympathique, n'est pas nouveau. V o u s êtes u n psychopathe d'une espèce rare mais parfaite- ment identifiée et reconnue : vous souffrez d'un complexe de persécu- tion active (à ne pas confrondre avec le complexe de la persécution passive qui ne risque pas de vous atteindre, vous). Si j'en crois votre biographie, ce complexe est né le jour où vous assistâtes à l'accouple- ment de la vache de votre père avec le taureau de votre voisin et ceci sans l'autorisation expresse de Monsieur votre père. L a vache, s'étant offert u n plaisir défendu, vous en conçûtes u n tel courroux que, depuis ce jour, vous persécutez — ou vous aimeriez du moins le faire — tous ceux qui, c o m m e elle, goûtent aux joies défendues.

Il n'existe pas beaucoup de métiers permettant à u n refoulé tel que vous de rétablir u n équilibre psychique amplement compromis. Cepen- dant, vu vos longues et laborieuses études et 'les penchants que révèle votre belle et noble écriture ainsi que votre physionomie avenante, je vous conseille de tenter votre chance dans la Magistrature. Devenez J U G E I N S T R U C T E U R ! U n métier sur mesure pour V O U S !

Signé : Mme LUNE,

grapho-astrologue diplômée de l'Université d'(Ici) Paris.

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M i s e a u c o n c o u r s d'un poste de...

— Vous avez le visage intelligent.

— Vous aimez instruire.

— Vous êtes instruit.

— Vous avez fait des études de droit.

— Vous fûtes un brillant étudiant.

— Vous avez redoublé tous les deux ans.

— Vous avez finalement obtenu votre licence à l'âge de 42 ans.

— Vous aimez violer l'intimité des ménages.

— Vous adorez violer l'intimité des âmes et des consciences.

— Vous avez du tact (oh ! plein les dossiers I).

— Vous cherchez d'instinct la petite bête (où ça ? où ça ?).

— Vous voyez le mal partout, m ê m e et surtout là où il n'y en a pas.

— Vous aimez torturer les gens (moralement, bien sûr) : le gril 1

— Vous aimez la - conscience au gril • avec beau- coup de moutarde dans le nez.

— Vous ignorez les égards superflus envers les - individus » qu'on vous dénonce.

— Vous avez une â m e de justicier et vous aimez par-dessus tout le Droit.

— Pour vous l'homme est avant tout un INDIVIDU confronté au DROIT.

— En un mot, vous êtes sympathique, humain, psy- chologue, délicat, vous avez donc tout pour devenir J U G E d'INSTRUCTION.

La Magistrature a besoin de V O U S I

• ••

J U G E D ' I N S T R U C T I O N L E T T R E O U V E R T E

à une très charmante secrétaire de la Caisse de Police d'un Département de Justice et Police de Suisse romande.

Madame,

Lorsque vous répondez, par téléphone, à un directeur de journal (même satirique) qui vous demande combien de temps il faut pour que le Département de Justice et Police prenne une décision : « ço, je ne peux pas vous le dire et ce n'est pas en nous téléphonant sans arrêt — entre nous, c'était m o n premier entretien avec vous — que vous ferez avancer les choses, A U C O N T R A I R E .'... », je suis en droit de conclure que vous avez fait T O U T ce qui était en votre pouvoir pour retar- der cette décision. Sinon, pourquoi ce « au contraire » ?

Lorsque, lors d'un deuxième coup de téléphone, vous m e déclarez textuellement : « Votre Pilule, on en a marre... », et que vous y ajoutez quelques commentaires absolument incroya- bles d'impolitesse, d'aigreur mal cachée et pleins de morgue, vous abusez de votre situation de modeste secrétaire-toute - puissante ou qui se croit telle. M e s témoins vous diront que j'ai été d'une correction parfaite, pourtant.

Je félicite le Département de Justice et Police de votre canton pour le choix de son personnel : en votre charmante personne, l'Administration exhibe ce qu'elle a de plus rébar- batif, de plus vermoulu, de plus antipathique. Bref, M a d a m e , vous êtes absolument charmante.

Vous apportez la preuve, M a d a m e , que ce n'est plus l'Admi- nistration qui est au service des citoyens, mais le contraire.

Merci, charmante dame, pour cette preuve.

Pour ce qui vous concerne personnellement, commencez par apprendre la politesse. L a plus é-lé-men-taire. L a mous- tache vous va sûrement très bien. « L a Pilule »

Q U E S T I O N L A N C I N A N T E ; C o m m e n t p e u t - o n être P e > f a n j u g e d ' i n s t r u c t i o n ?

(4)

de manière à obtenir une m a s s e pilulaire d e consistance un peu ferme... »

L e P r o c è s B î î

M U M E P I L U L t H R E

O U ^ L m a 'Pilule J\lohel d e IrJ-fypôcrisie

L e procès Biïhrlé ? U n e fumisterie ! Les accusés ne so.nt pas les vrais accusés et les accusateurs devraient être les accusés. Drôle de procès !

Les faits ? Des armes suisses sont parvenues à des peuples en guerre et ceci en infraction à la loi sur l'exportation des armes.

L a belle affaire ! L a palme mondiale de l'hypocrisie revient globalement au Conseil fédéral et au Tribunal fédéral.

E n effet, bonnes gens, si vous étiez tant soit peu au courant des pratiques qui ont cours dans les exportations de toute nature, vous sauriez que les armes livrées officiellement, avec autant de timbres officiels que vous voudrez sur les documents d'exportation, à un pays quelconque et parfaitement pacifique (donc qui n'en a que faire !) ont 90 chances sur cent de ne jamais atteindre ce pays et d'être détournées en chemin vers un pays qui en a l'emploi, lui. Tout le m o n d e s'en doute ou le sait pertinemment. Les exportateurs, dans, tous les cas, le savent. Et ceux qui ont un œil sur les transactions, m ê m e de loin ou D E T R E S H A U T , le savent tout aussi pertinem-

ment : il existe quelques moyens très simples de snober les (en apparence) très pointilleux fonctionnaires chargés de délivrer les permis d'exportation et ceci absolument impuné- ment et sans se rendre coupable de faux : il suffit de la com- plicité d'un intermédiaire, qui, m u n i des pouvoirs, du desti- nataire (prétendu final) étranger, stoppe un envoi en transit à Amsterdam, à H o n g K o n g , Tanger ou ailleurs et l'achemine vers une autre destination : Israël ou Vietnam, par exemple.

Il en est ainsi pour nos montres, qui s'exportent par dizaines de millions à H o n g K o n g , ville de trois millions d'habitants où, si l'on en croit les statistiques officielles suisses, chaque habi- tant devrait porter en moyenne cinquante montres à chaque bras. Ces millions de montres sont contrebandées dans toute l'Asie, y compris la Chine de M a o . D é Tanger elles revien- nent en Espagne. D e P a n a m a aux Etats-Unis. D e Kuwait elles vont aux Indes. D e Beyrouth en Syrie ou en Turquie ou en Egypte. Toujours en contrebande.

A Q U I FEREZ-VOUS C R O I R E Q U E LES TRAFI- Q U A N T S D E C A N O N S S O N T PLUS BETES Q U E LES

FABRICANTS D'HORLOGERIE ? Souriez, bonnes gens.

So u riez.

L a différence est que les canons tuent. Les montres ne tuent que le temps. L e fait est que les trafics les plus payants sont parfaitement organisés dans le m o n d e entier : les m o n - tres, l'or et produits similaires, la drogue et les armes. Or, cela, L E C O N S E I L F E D E R A L L E S A I T P A R F A I T E M E N T .

Voilà pourquoi j'affirme que l'accusé du Tribunal fédéral de Lausanne devait être L E C O N S E I L F E D E R A L in cor- pore. Il n'y a qu'une manière de ne pas livrer d'armes aux pays en guerre : c'est d'abolir l'exportation des armes. Pure- ment et simplement. Car à peine ont-elles franchi nos fron- tières, sans falsification de documents, elles échappent totale- ment et définitivement à notre contrôle. Cela aussi, le Conseil fédéral le sait. Et si on affirme avoir vu les armes pénétrer dans un pays qu'est-ce que cela prouve ? Rien. Il y a les gros sous. Et il y a une grosse usine. Et après ? O n a déjà vu des usines se reconvertir ? N o n ? Si Monsieur Bùhrlé ne sait rien faire d'autre, qu'il fabrique des gadgets pour conseillers fédéraux myopes.

L e « scandale » ayant éclaté, la Sainte Hypocrisie Helvé- tique commandait que l'on fît un exemple aux yeux du monde. Il importe que l'on sache bien, sur la planète, que la Suisse neutre ne livre des armes à l'étranger... que si elles ne doivent pas servir. Des gadgets, quoi. Il fallait une tête de Turc à la taille du « scandale ». O n lave donc le linge sale en public. Avec force publicité. O n n'hésite pas : M . Bùhrlé en personne. C o m m e de juste. Et après ça on se croit de nouveau propres et blancs c o m m e neige. Il ne sera pas dit que la Suisse fait commerce de croix : une croix blanche au drapeau, une croix de cimetière pour les victimes, des canons buhrlésiens et une croix rouge pour les veuves et les orphelins de ces victimes ! Non. L a Suisse est pure, puisqu'on vous le dit. Elle condamne spectaculairement les trafiquants de canons. Mais les vrais trafiquants de canons, n'étaient pas au banc des accusés à Lausanne : I L S A C C U S A I E N T ! Et le bon peuple marche. N'est-ce pas l'essentiel ?

N. P R A Z D e s c a n o n s , o u i ! D e l ' a r g e n t a u c e n t r e i n t e r n a t i o n a l

p o u r l a r e c h e r c h e s u r l e c a n c e r , n o n !

«Réunis à Lyon le 21 octobre 1970, les membres du Conseil de direction du Centre international de

recherches sur le cancer, sous la présidence d u D r Kruisinga, secrétaire d'Etat aux affaires sociales et à la Santé publique d e s Pays-Bas, ont constaté : « ... q u e les recherches supposent d'importants crédits ». D e longues discussions ont porté sur le projet d e budget.

D è s 1971, la contribution d e s Etats m e m b r e s n e sera plus uniformément d e 150.000 dollars. Les pays parti- cipants seront divisés en quatre groupes : les U S A et l'URSS consacreront 320.000 dollars ; puis viendront la France (231.000 dollars), le R o y a u m e - U n i , la R é p u - blique fédérale allemande, l'Italie fera partie du troi- sième groupe ; la Hollande, l'Australie, Israël (pourtant en pleine guerre ! Note d e la rédaction) et la Belgique, nouvelle v e n u e d a n s ce concert international, auront une contribution d e 170.000 dollars. L'augmentation annuelle du budget sera d e 5 % . Il atteint cette année 2.650.000 dollars, contre un million d e dollars il y a trois ans... » (Le Figaro).

Et la Suisse, Messieurs les caporaux ? Et la Suisse, la pieuse Suisse qui garde pendant ce t e m p s jalouse- m e n t ses frontières nullement m e n a c é e s à c o u p s d e milliards ? Et la Suisse humanitaire ? Et la Suisse d e la Croix-Rouge ? Et la Suisse moralisatrice ? Et la Suisse ? Elle est neutre ! Les efforts d e s autres nations pour la recherche sur le cancer ne l'intéressent pas : elle reste neutre. Le c a n c e r ? Elle s'en lave les mains ! Ç a ne rapporte rien, le cancer. Tandis q u e les armes...

Eh bien, non, non, n o n et n o n ! Cinquante mille citoyens vont immédiatement signer cette INITIATIVE F E D E R A L E d u journal satirique - La Pilule •», journal pas sérieux, c o m m e o n peut le constater. Et l'année pro- chaine, peut-être, n o u s pourrons dire q u e nous aurons été L E P R E M I E R P E U P L E A U M O N D E à affecter à la recherche sur le cancer les millions d e la Neutralité A r m é e , alias d e l'Indifférence A r m é e .

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O n roule cette m a s s e en cylindre régulier (magdaléon).

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L e M a g d a l é o n

L£L PILULE D'ELLÉBORE

Voici aujourd'hui les documents photographi- ques qui prouvent de façon irrécusable (était-ce bien nécessaire ?) que la Pilule d'ellébore a toutes les vertus. Elle peut aussi bien, ainsi que nous l'avions démontré dans le n u m é r o zéro, faire d'une autruche une Grande Vedette de l'Astrologie Radiophonique ( M m e Lune), c o m m e aujourd'hui, exaucer les v œ u x de millions d'in- dividus dans le m o n d e (surtout en Italie, en Espagne et au Portugal) et métamorphoser u n célèbre démagogue pas très photogénique en un beau jeune premier de cinéma.

E n vente libre dans toutes les (bonnes) phar- macies, exigez bien la Pilule d'ellébore. A ne pas confondre avec les sous-produits d'imitation.

Voici M. Schwarzenbach 4 AVANT

le traitement par la Pilule...

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A P R È S

C'est lui, Monsieur le juge Louis de Riedmatten (photo de l'Illustré). Rien à en dire : une bonne tête, apparem- ment. Mais à l'intérieur de la tête...

L'Inquisition ! Le moyen âge ! C o m m e Schwarzenbach, il a conquis la célé- brité en U N jour en faisant confisquer U N exemplaire de « Sexus ». Il y a gros à parier que nous retrouverons Monsieur le juge Louis de Riedmatten à la tête de l'Etat du Valais sous peu,

dès qu'il aura fondé, à l'instar du Schwarzenbach que vous savez, son mouvement à lui : le M V E S (Mouve- ment Valaisan d'Epuration Sexuelle).

On lui prête m ê m e l'intention de sévir dans le domaine de la littérature ani- malesque : tous ces animaux que l'on photographie N U S , quel scandale ! Vite, qu'on passe la culotte aux vaches du Valais ! « Cachez ce pis... » Meuh !...

V o i c i l a f e m m e

... Le nouveau costume valaisan, spé- cialement étudié par Pévêché et par M. le juge Louis de Riedmatten. Ce costume, comme on peut le constater, ne laisse rien voir des obscénités du corps féminin. La commission de cen- sure, composée de dix-huit abbés, vingt- trois religieuses, six gendarmes à la retraite, un colonel-écrivain méconnu en dehors de nos frontières, quarante-

six capucins, un évêque très très âgé et un peu gâteaux, cent-soixante vieil- les filles appartenant à la Ligue suisse contre la dépravation (LSD), trente- quatre hommes-grenouilles (de béni- tier), douze schizophrènes de l'asile de Monthey et douze crétins des Alpes du

t y p e baveur-ahuri, l'a choisi à l'unani- m i t é m o i n s u n e voix.

E t v o i c i l e t r a v a i l I

Censeur valaisan cherchant un éventuel deuxième exemplaire de « Sexus ».

Ce costume a été étudié, on s'en doute, dans le but de lutter contre la pornographie envahissante dénoncée par le juge Louis de Riedmatten (on ne vous le répétera jamais assez), qui, le premier au monde, a osé confisquer

« S e x u s ». E t qui, c o m m e dirait l'Illus- tré, n'a fait q u e s o n devoir...

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(6)

«...que l'on divise sur les cannelures du pi lu lier. »

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I n i t i a t i v e p o p u l a i r e f é d é r a l e p o u r

la lutte contre LE CANCER

— Conscients d e la nécessité d'enrayer l'un d e s plus grands fléaux actuels d e l'huma- nité : le cancer ;

— conscients d e l'insuffisance d e s m o y e n s mis à la disposition d e s chercheurs et m é d e c i n s en Suisse et d a n s le m o n d e ;

— conscients d e la disproportion flagrante existant entre les m o y e n s dont disposent la D é f e n s e nationale d'une part en t e m p s d e paix et les chercheurs et m é d e c i n s d'autre part ;

les soussignés, citoyens suisses actifs, se fondant sur l'article 121 d e la Constitution fédérale, et c o n f o r m é m e n t à la loi fédérale du 23 m a r s 1962 concernant le m o d e d e procéder pour les initiatives populaires relatives à la revision d e la Constitution, se prononcent en faveur d e l'application immédiate d e l'article 69 d e la Constitution fédérale complété par le paragraphe 2 figurant dans le texte ci-dessous et d e m a n d e n t q u e la proposition suivante soit soumise au vote du peuple et d e s cantons :

INITIATIVE P O P U L A I R E F E D E R A L E P O U R L A L U T T E C O N T R E L E C A N C E R

En vertu de l'article 121 de la Constitution fédérale, les citoyens soussignés demandent par la voie de l'initiative populaire que l'article 69 de la Constitution fédérale, dont la teneur est la suivante :

« La Confédération peut prendre, par voie législative, des mesures destinées à lutter contre les maladies transmissibles, les maladies très répandues et les maladies particulièrement dangereuses de l'homme et des animaux » soit complété par l'alinéa 2 suivant :

ALINEA 2 : La Confédération affecte le quart de ses dépenses militaires, pendant deux années con- sécutives au moins, à la lutte contre le cancer en Suisse et dans le monde, sans que ces prélève- ments sur le budget militaire habituel de la Confédération puissent faire l'objet d'une compensation quelconque. Cette mesure peut être suspendue en cas de conflit armé dans lequel la Suisse se trouverait impliquée, en cas de conflit armé aux frontières de la Suisse, en cas de conflit armé généralisé en Europe et dans le monde, autrement dit de guerre mondiale. La loi d'exécution, qui est de la compétence de la Confédération, doit être élaborée immédiatement, de manière à entrer en vigueur deux ans au plus tard après l'acceptation de l'initiative par le peuple et les cantons.

L e dernier m u l e t de Savièse « réformé » SAINT-GERMAIN. — La commis-

sion d'estimation et de contrôle mi- litaire procède ces temps-ci à l'ins- pection des chevaux et mulets dans les communes.

La grande commune de Savièse comptait au début de la dernière guerre plus de 250 mulets et che- vaux.

Aujourd'hui, l'effectif est de 2 che- vaux et 1 mulet. L'unique spécimen a été déclaré par la commission

« inapte au service ».

Le moteur a tout simplement remplacé les braves bêtes d'autre- fois. Le monument du mulet au dé- part de la route de Savièse aurait représenté une Saviésanne. L'artiste a vu autrement.

Savièse est sur le point de n'avoir plus aucun mulet. Il y a tout de même eu une sérieuse évolution.

En 1970, le dernier spécimen a été

« réformé », c'est vraiment le com- mencement de la fin.

(Le Nouvelliste.)

^ 7 " j f r o !..

Voilà à quoi ont servi les trois millions cent quatre-vingt et douze mille sept cent quarante-deux francs du budget militaire 1969 I (position 518, page 47).

A entretenir un mulet I le dernier mulet de Savièse I

Mais maintenant qu'il a été réformé, que va-t-on faire de cet argent 7 Aux dernières

nouvelles, dans un esprit de modernisation de l'armée suisse, les états-majors supérieurs auraient décidé, puisque les mulets font dé- faut, de les remplacer par des ânes. C'est le progrès. Le recensement des ânes a déjà commencé dans les rangs des états-majors.

On s'est aperçu que les ânes constituent un contingent fort important et on a déjà prévu de faire figurer au prochain budget militaire une rubrique • anesque • spéciale pour envi- ron trois millions de francs.

Quand les ânes auront le cancer, on prélè- vera 1 % de cette somme pour la recherche sur le cancer, car il faudra bien sauver les ânes de l'armée suisse I Non 7

C r é d i t s militaires

Protestation socialiste

La section de Courroux du Parti socialiste suisse a diffusé une réso- lution dans laquelle « elle s'indigne de voir les crédits militaires (2 mil- liards 88 millions de francs) continuer à croître sans cesse, alors que les crédits mis à disposition des milieux scientifiques sont purement et sim- plement dérisoires, à tel point que la lutte contre le cancer est laissée aux bons soins d'organisations charita- bles, réduites à quêter dans le peu- ple suisse pour trouver les fonds nécessaires à combattre ce fléau moderne ».

jurions-nous

déià des alliés?..

— 6 —

(7)

O n arrondit les pilules en les roulant sous un disque à rebords sur les tablettes du pilulier... »

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O n brandit les « canons » de l'Eglise et on s ' a c c o m m o d e des autres...

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Qui sème le vent récolte la tempête : c'est pour avoir lu ça que le peintre Mendoza a voulu vous assassiner, Votre Sainteté. Alors, qu'attendez-vous pour renier Saint Augustin? Dieu a dit «Tu ne tueras point». Il a aussi dit : « Celui qui se sert d e l'épée périra par l'épée ». Il vous a déjà renié, lui.

HES ÇOISISERIES MILITAIRES»

Exemple N ° 1

Fr. 1.760.993.405.— (un milliard sept cent soixante millions)

pour les dépenses du Département militaire. (Page 1/c, poste 5 du Compte financier.)

Exemple N° 2

Fr. 3.192.742.— (trois millions) pour les mulets et les chevaux de/1' 518.01, page 47 du Compte financier)

Extrait d e s c o m p t e s d e la Confédération 1969.

Fr. 250.000.— (deux cent cinquante mille)

pour la recherche sur le cancer. (Page 20, position 43 dy_XlogMâie=f«}J8*i c i e r. )

iHe sept cents)

issKins des ouvrages pour la jeunesse.

ge^JO, intérieur, du C o m p t e financier.) i&Fr. 1700.-#

pour les Qfem (Position 4)2, e. (Position

Fr. O:

ris) Exemple N ° 3

Fr. 1 8 6 . 4 0 4 . 9 4 7 . — (cent quaftgf-VTn

en dépenses d'armements. ( P o s i ^ S r w e 38 du /Il pour l'Union nationale d e s étudiants suisses (figurant C o m p t e financier d e la ConfédératTo^T9"69.) / I \ pour rubrique sous position 453.07, page 9 du C o m p t e

^sC^iî4!ôancier)

(8)

et on les m e t dans une poudre neutre (lycopodie, cannelle, etc.)... »

• m a A - * l y c o j p o d ' i e

( o u l a p o u d r e N E U T R E . . . a u x y e u x )

• >

L ' e n n e m i p i l u l i q u e N ° 1

Ainsi donc, l'Initiative de « L a Pilule » a trouvé son premier ennemi déclaré en la personne de Monsieur Tissières, con- seiller national et rapporteur d u budget militaire. Il fallait s'y attendre.

Lors de sa première interview à la radio, Monsieur Tissières a notamment déclaré ceci : « Je pense que les person- nes qui ont déposé cette initiative sont conscientes du fait que nous devrions aider les cancéreux, c o m m e nous devrions pouvoir aider les autres misères humai- nes ».

Jusqu'ici, merci, Monsieur Tissières.

Ensuite :

« ... En ma qualité de membre de la Commission des affaires militaires et de rapporteur, dernièrement, du budget mi- litaire, j'ai pu m e rendre compte com- bien il était pénible (sic, on vous le jure !) de préparer des dépenses aussi élevées pour notre Défense nationale, alors que ces montants auraient pu être utilisés à soulager les misères humai- nes... »

On vous jure que c'est vrai : c'est en- registré ! Il a souffert, le pauvre M o n - sieur Tissières, dans sa chair. U n vrai déchirement pour lui ! Et d'enchaîner :

« ... Je pense actuellement au Pérou, je pense au Pakistan, aux centaines de milliers de victimes du Golf d u Bengale, je pense à l'enfance malheureuse, mais hélas il ne nous est guère possible de soustraire à la Défense nationale des sommes importantes... >

Il pense à tout ça, le bon Monsieur Tissières, rapporteur du budget militaire.

Et il souffre, il souffre...

Pourquoi cela ne nous est-il pas pos- sible ? Parce qu'il y a, toujours M . Tis- sières dixit, les divisions russes stationnées dans les pays satellites... Il y a eu le printemps de Prague... Il y a eu la guerre de 1870, celles de 1914 et de 1939... Et à ce propos, écoutez la meilleure : « Grâce

à Dieu et grâce à notre armée, dit M . Tissières, nous avons échappé à ces trois guerres... ».

Q u a n d il parle de Dieu, M . Tissières sait très bien, mais là très très bien, de quoi il parle : notre dieu, l ' A R G E N T ! O n vous jure que ce Monsieur Tissières, rapporteur du budget militaire, n'a rien, mais rien du tout de c o m m u n avec les banques, ni avec les téléphériques du Valais. O n vous jure que ce n'est pas lui qui y fait (financièrement) la pluie et le beau temps. Qu'alliez-vous pen- ser là ?

Néanmoins, quand il parle du Dieu qui nous a sauvés de trois guerres (dont l'une date maintenant de 100 ans ! ) , il sait, le brave h o m m e , que ce qui nous a sauvés c'est l'argent des belligérants qui avait miraculeusement trouvé refuge en Suisse, dans les banques suisses bien gardées. Car enfin, connaissez-vous beau- coup de gens qui font sauter leur propre coffre-fort ? E h bien, les belligérants de la dernière guerre n'étaient pas plus fous que vous et moi : ils n'ont pas cambriolé leur propre coffre-fort, la Suisse. C'est ce Dieu-là, sans doute, auquel M . Tissières faisait allusion.

Quant aux radotages selon lesquels Hitler, épouvanté par la Force A r m é e Suisse, aurait reculé devant ce hérisson, permettez : ces balivernes ont tenu en haleine une génération (actuellement hé- las presque décimée par le cancer). M a génération, déjà, ne marchait plus. Quant à celle qui m e suit, elle va drôlement rigoler en entendant ça : Hitler, celui de 1940, qui a enfoncé toutes les résis- tances du m o n d e entier, aurait été effrayé par l'Armée Suisse !

Sans blague, Monsieur le Conseiller national, c o m m e dirait l'autre : faut pas pousser ! Vous prenez les gens pour des imbéciles? L A P I L U L E

H E L P !

(Traduction : A u secours ! Hilfe ! Aiuto !)

Les personnes qui désirent participer à l'organisation d e notre c a m p a g n e pour l'aboutissement de notre Initiative populaire :

1. En payant d e leur personne pour C O L L E C T E R D E S S I G N A T U R E S . 2. En nous apportant leur concours pour l'organisation d e notre c a m p a g n e . 3. En constituant d e s comités locaux, cantonaux o u c o m m u n a u x .

I 4. En payant... d e leurs deniers... (Eh oui, il nous e n faudra !)

peuvent, q u e dis-je, D O I V E N T écrire à « L A P I L U L E . , 11, rue d u Valais - G E N E V E - C C P 1 2 - 2 0 1 9 G e n è v e .

A b o n e n t e n d e u r . . .

La Pilule ouvre ses colonnes aux amis de l'Initiative populaire, aux cancérologues, à tous ceux qui O N T Q U E L - Q U E C H O S E D A N S L E V E N T R E , à tous ceux pour qui G U E R I R est plus important que T U E R .

Mais La Pilule ouvrira également une rubrique des « cincrologues » pour répondre aux incongruités que cette Initiative ne manquera pas de faire mûrir chez ses adversaires. Vous voyez de qui on veut parler ? Ohé, Leffel, fais-leur un dessin ! Le satyre en chef.

— 8 —

(9)

1 — p

pour les e m p ê c h e r d'adhérer les unes aux autres... »

^ . V.

\ —

L A Z I Z / I N i B

Le système!

De de Gaulle à Eichmann

Titre scandaleux ? Si vous voulez. Avez-vous, comme moi, suivi l'un des plus extraordinaires débats qui ait jamais eu lieu à la T V française, chaîne 2, le vendredi 13 novembre après la projection du film sur le bourreau nazi Adolf Eichmann ? Si oui, vous ne pouvez pas ne pas avoir relevé l'exposé éblouis- sant du jeune professeur américain D r David Mantell sur la notion de responsabilité et sur le thème : c o m m e n t devient-on bourreau ? L e D r Mantell s'est livré dans différents pays à des expériences assez étonnantes. Il crée une fausse situation d'hommes que d'autres h o m m e s torturent. Cela peut ressem- bler à u n jeu : dans une pièce on met un certain nombre de personnes que l'on lie sur une chaise électrique. Dans une autre pièce, un nombre équivalent de « bourreaux en puis- sance », vous et moi, des gens qui vont du professeur d'Uni- versité au terrassier, des gens dits normaux. Les gens normaux posent aux « victimes » des questions. Si la victime répond à côté ou ne répond pas, les « bourreaux » lui envoient des décharges électriques au m o y e n d'un tableau figurant les décharges les plus faibles c o m m e les plus fortes. Les victimes ressentent une douleur modérée et très tolérable en réalité.

Mais, la panique aidant, se sentant prisonnières, elles se met- tent bientôt à hurler. E h bien, que croyez-vous qu'il se passe dans 85 % des cas ? Les « bourreaux » continuent leur besogne et envoient les décharges électriques qui leur paraissent appro- priées aux victimes et appuient sur T O U S les boutons, y compris ceux qui, théoriquement, devraient envoyer leurs

« victimes » ad patres ! 85 % des cas !

85 % des cas ! Vous, moi, tous. Nous s o m m e s tous des bourreaux en puissance. A une condition : c'est que nous soyons embrigadés, pris dans un système. Le système ? Quel système ? Le système social, tout simplement.

Et lorsque le professeur Mantell pose la question aux

« bourreaux » : — E h bien, que pensez-vous de cette expé- rience ? ils répondent invariablement : — « Je ne pourrais jamais faire ça, moi... ». Or, ils viennent de le faire ! A peine sortis du « système », ils redeviennent « normaux ». Mais le système a fait d'eux des bourreaux, donc pis que des assassins.

Oui, mais de Gaulle n'est pas Eichmann et le système nazi n'a rien à voir avec de Gaulle !

Voire ! Le système nazi (tiens, tiens, étrange : voici que la société, donc notre système, à son tour, se retranche derrière l'irresponsabilité, honteuse d'avoir accouché de ce monstre qu'est le système nazi !) n'est autre que l'aboutissement extrême

de notre système social. A la base, il y a la Loi qui régit les rapports entre les h o m m e s . Puis il y a la Nation et ses Lois qui régissent les rapports envers les autres nations, d'où l'Armée qui a ses propres lois. Hitler est allé plus loin, à peine un peu plus loin... Les guerres sont des assassinats collectifs, des infanticides différés au m ê m e titre que les camps de concentration nazis. Mais avec l'Honneur c o m m e paravent.

La défense de la Patrie ? Hitler aussi l'invoquait en extermi- nant les Juifs par millions ! Il n'a donc fait que se servir des arguments à lui fournis par le système social existant : N O T R E système ! Et il est parvenu à ôter toute idée de responsabilité chez les individus qui ont « exécuté les ordres » et n'ont pas cessé de se retrancher derrière ce m u r durant le procès de Nuremberg. A V E C R A I S O N . Les bourreaux ne sont pas les vrais bourreaux. Les bourreaux, c'est nous ! Nous qui s o m m e s complices de ce système qui veut U N E A R M E E . A partir du m o m e n t où nous admettons la tuerie sous prétexte de « guerre juste », à partir du m o m e n t où, ayant endossé un uniforme militaire, nous envisageons froidement de T U E R , parce qu'il le faut, parce que l'ennemi doit mourir, à partir du m o m e n t

Demandez des listes de signatures pour l'initiative à M. Marcel R O B E R T

Directeur Centre éducatif Malvilhers

Tél. (038) 53 15 73

M. Claude S C H E U R E R Instituteur

Dombresson Tél. (038) 36 12 88 ou à - La Pilule-, tel (021) 76 30 96 - (022) 31 89 23

où le système nous innocente par anticipation de tout meurtre, de toute tuerie « juste », nous devenons des bourreaux. N o n plus seulement des bourreaux en puissance, mais de vrais bourreaux. Eichmann, c'est nous !

Et alors ? de Gaulle ? E h bien, de Gaulle, général, h o m m e militaire parvenu au faîte des honneurs et des responsabilités militaires était à la pointe de ce système, il était l'extrême

« légal » qui touche l'autre extrême, déclaré illégal : le nazisme et ses camps de concentration. Je vous entends d'ici : — D e Gaulle n'aurait jamais fait ça !

Et moi, je vous réponds : — Si. Il l'a fait ! Il a combattu sur les champs de bataille, il a donné des ordres pour une autre boucherie. U n e boucherie « honorable » dont les auteurs reçurent des décorations ou devinrent de puissants h o m m e s d'Etat. L a dernière guerre fut une guerre entre deux systèmes aussi criminels l'un que l'autre, l'un ayant dépassé l'autre en horreur parce qu'il a osé s'attaquer à des gens sans défense.

Mais ce dernier aussi a franchi ce pas. Quelques fois. Dans des cas isolés. S'il s'était trouvé un h o m m e , un seul, pour donner l'ordre du massacre, on eût exterminé les Allemands exacte- ment c o m m e les Allemands ont exterminé les Juifs. Et alors, vous et moi, pris dans ce « système », persuadés qu'il s'agissait d'une vengeance juste, conscients de n'avoir aucune espèce de responsabilité (et par conséquent sûrs de notre impunité), nous serions devenus des bourreaux. Bourreau, de Gaulle le fut, d'ailleurs, lui qui fit exécuter froidement Bastien Thiry au n o m de sa justice à lui, pour avoir osé tenter de l'assassiner.

Donc, je l'affirme, à partir du m o m e n t où un h o m m e fait exécuter U N autre h o m m e au n o m d'un système, il devient un bourreau. A ce titre, complices du système, vous et moi som- m e s tous des bourreaux. Pas plus que de Gaulle, pas moins qu'Eichmann. N. P R A Z

Match De Gaulle - Bastien Thiry

en Mondiovision

Première Manche

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(10)

O n peut aussi les argenter, les dorer, les vernir ou les dragéfier... »

P i l u l e s d o r é e s

H O R O S C O P E D E L A S E M A I N E D E M A D A M E L U N E

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r B E L I E R : a m o u r : au singulier cette semaine.

santé : surveillez bien l'épaule et le gigot : on les convoite.

argent : rien à signaler : quand on est bélier, l'argent... hein ? T A U R E A U : a m o u r s : au pluriel, cette semaine. Ne vous surmenez pas.

santé : celle-ci dépend de celles-là...

argent : m ê m e remarque que pour le Bélier.

GEMEAUX: amour: Castor et Pollux à perpète, c'est monotone, non?

santé : mauvaise pour le gémeau de gauche, bonne pour celui de droite.

argent : l'inverse.

CANCER: amour : Ah ! quand le cancer se décidera à ne plus s'en prendre à l'intimité de la femme !...

santé : comment peut-on parler de santé à un Cancer ?

argent : ça ira mieux bientôt. Après l'Initiative de « La Pilule ».

L I O N a m o u r : santé : argent : VIERGE: amour:

santé : argent :

BALANCE: amour:

S C O R P I O N :

santé : argent : a m o u r : santé :

vous aimerez à la folie la gazelle que vous dévorerez.

méfiez-vous des fabulistes : ils veulent vous enfermer dans des rets pour le seul plaisir de vous faire libérer par un rat !

vous en trouverez : il paraît que Safari Giscard d'Estaing est en train de chasser le lion...

rester Vierge et espérer trouver du bonheur dans l'amour, c'est du masochisme. Peut-être que non ?

elle dépend de vous. Tant que vous ne vous déciderez pas... il y aura de l'acné !

non, non, ce n'est pas nécessaire de payer pour ça ! On trouve des gens complaisants ou qui ne demandent pas mieux que de vous initier ! le plateau gauche des Balances les inclinera fatalement du côté du cœur, d'où une semaine amoureuse particulièrement chargée.

après de tels abus, comment voulez-vous bien vous porter?

vous le trouverez le matin sur votre table de nuit.

S A G I T T A I R E : a m o u r : santé :

les amours des scorpions ? Brrrrrrrr.

bouffez votre partenaire après lui avoir fait l'amour et vous aurez devant vous de longs mois de bien-être.

argent : sachez utiliser vos pinces monseigneur pour autre chose que pour vos vices et l'argent ne manquera pas.

en s'agitant, le Sagittaire se donnera de la joie.

en s'agitant, le Sagittaire se fatiguera.

argent : en s'agitant, le Sagittaire qui roule n'amasse pas mousse.

C A P R I C O R N E : a m o u r : santé : argent :

V E R S E A U : a m o u r : santé : argent :

il y aura beaucoup de chevrettes cette semaine. Alléluia.

ménagez-vous tout de même ! Sacré sauteur, allez !

les tarifs sont en hausse : autrefois, c'était un franc la saillie pour une chevrette normalement en chaleur. Le syndicat des éleveurs de boucs a fixé le tarif à trois francs pour les cinquante années à venir. Avenir sans problème.

amours humides. Vous aimez ça ?

c'est l'envers de la médaille : qui dit humidité dit rhumatismes.

Boph !

P O I S S O N S : a m o u r : j'aimerais bien voir ça : les amours des poissons ! Un dessin, s'il vous plaît, Borner !

santé : s'il n'y a pas d'hameçons dans les parages, vous vous en tirerez.

argent : si vous voulez de l'argent, métamorphosez-vous en cochon.

— 10 —

(11)

« ... Les plus petites pilules sont dites granules. » _ Sla Sui$ee

« E R O T I C A » : L E S P T T S E R E B I F F E N T . . .

(Les facteurs en veulent pour leur argent !)

S u r tous les tons De deux choses l'une

Sous ce titre, Pierre Hugli, dans la « Gazette de Lausanne », pose le problème d'« Erotica » : ou bien... ou bien. Entre autres considérations, celle-ci : « ... D a n s le premier cas, de deux choses l'une, ou bien l'individu réagit sainement, ou bien il le fait névrotiquement... ». E h bien, la voilà, l'explication : l'individu a réagi névro- tiquement et il a fait confisquer « Erotica » ! Et « Sexus » ! Et il s'explique : « S'il réagit de façon névrotique, de deux choses l'une, ou bien il court chez u n psy- chanaliste, ou bien 11 v a trouver le juge... ».

C'est très exactement ce qu'a fait l'individu qui a dénoncé « Sexus ». Mais là, Monsieur Hugli, permettez- nous d'ajouter notre point de vue, notre « D e deux choses l'une » : « ... ou bien le juge réagit sainement, dans ce cas pas de problè- m e , il jette l'individu en question à la porte. O u bien il réagit névrotique- ment et alors... ».

Alors, Monsieur Hugli ? Il fait confisquer « Sexus » et « Erotica ».

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C H R O N I Q U E D E S T R I B U N A U X

Devant la Thémis de G. comparait le dénommé A. B., prévenu de coups et

blessures volontaires ayant entraîné de graves incapacités de travail chez ses victi- mes. L e Tribunal est présidé par u n pauvre bougre, P. Pilulex, qu'il n'est pas nécessaire de présenter à nos lecteurs. L'accusé, brillamment défendu (inévitable cliché) par M e Payez-moi-d'abord, s'est, si l'on en croit le Ministère public, rendu coupable de coups violents à la tête, au ventre, au bas-ventre et dans les parties génitales et ceci de façon systématique et répétée sur les personnes qui lui étaient

« confiées » par le Juge d'instruction, M e Infaillible, autrement dit sur les suspects les plus divers. Vous aurez compris à ce bref commentaire qu'il s'agit d'un sbire de la brigade criminelle ( c o m m e son n o m l'indique), chargé d'extorquer à tout prix des aveux des présumés coupables. M e P. Pilulex ne s'est pas laissé berner par les

« attendus » de la défense qui a essayé en vain de protéger le triste individu der- rière le m u r de l'Ordre Reçu, à la façon des nazis jugés à Nuremberg. Il a con- d a m n é le triste sire à vingt ans de parfaite considération bourgeoise et à quinze ans de retraite bien méritée. L a salle applaudit au werdtet.

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E c c e h o m o !

Voici l'Homme (Ecce homo ! Omo est là et la saleté s'en va !) Voici l'homme qui a vu dans une librairie valaisanne U N exem- plaire de • Sexus >. Ayant été tenté par le Malin, il a dénoncé ce livre au Départe- ment de Justice (sic) et Peau Lisse qui, à son tour, a fait intervenir Monsieur le juge Louis de Riedmatten.

(12)

« ... Les grosses pilules sont appelées « bols ». Ici se termine la définition d e « L A P I L U L E »

d'après le Larousse Universel. _ _ ^ _

C o n c o u r s

d e l a m o n t r e e n o r Règlement

Les dix premiers collectionneurs qui, dans un an environ, déposeront chez un notaire, un huis-

sier, ou tout organisme compétent les 50 pre- miers numéros de « La Pilule » et en fourniront la preuve au moyen d'une attestation (du jour et de l'heure de dépôt) reconnue valable rece- vront

U N E M O N T R E E N O R !

Les cinquante suivants recevront une montre plaquée ou en acier.

Attention ! Il y a eu un numéro zéro !

Les personnes qui auront raté un numéro peuvent le demander à l'Administration de

«LA PILULE», 11, rue du Valais, à Genève.

Toutefois, nous ne pouvons pas garantir l'ap- provisionnement à l'infini, car un jour m ê m e les invendus seront épuisés. A C H E T E Z D O N C D E S MAINTENANT C H A Q U E N U M E R O D E

« LA PILULE » et invitez vos amis à en faire autant : deux précautions valent mieux qu'une, comme dit Madame Colgate à Europe 1 (publi-

cité gratuite, o n v o u s le jure !) E n effet, entre amis o n peut se prêter les n u m é r o s m a n q u a n t à la collection. N o n ? M ê m e p a s ç a ? M i e u x encore :

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Découpez et renvoyez la formule ci-dessous au journal «La Pilule», 11, rue du Valais, Genève.

T

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Ou versement sur CCP N° 12-2019.

R A S - L E - B O L

(pour copie conforme : M. Zanini) LA COMPLAINTE DE SCHWARZENBACH

I

Les Italiens, les Espagnols,

Les Portugais, ces grands guignols, Il en a vraiment ras-le-bol !

Ces sales métèques, ces gueules d'Aztèque Ces fils d'évéques, ces Tschinggs, ces Tchèque Qui chantent qui boivent, qui parlent haut, Qui puent, qui pètent fortissimo,

Il e n a v r a i m e n t ras-le-bol !

L u i , ce qu'il veut, c'est u n e Suisse propre T o u t le reste n e l'intéresse pas.

Lui, ce qu'il veut, le v e r t u e u x philanthrope, C'est remettre tout le m o n d e a u p a s ! (cadencé).

% ^j /î n

Les Schwarzentriick, les Schwarzenkr Les Schwarzentrinks, les Schwarzentrock,

Nous, on en a ras-le-bol.

Les xénophobes, les italophobes, Les portugophobes, les arabophot Qui gueulent, qui veulent

La Suisse aux Suisses et vade rétro sale bicot Nous, on en m ras-le-bol ! ^i(C) (5l6)^m

Nous, ce qu'on veut, c'est que le Schwarzenbach Tombe amoureux de sa bonne espagnole

Et qu'ensuite, le long du Liebesbach, Pour elle seule il fasse son guignol.

Le poète qui monte.

Et voici, pour le décider,

un remède infaillible d'Ici Paris :

nock,

\y

/

i I

J E

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L'ETRE CHER SI POUR LE SEDUIRE OU IE RECONQUERIR VOUS

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cons !

Prochain n u m é r o : 15 d é c e m b r e comme prédit par M m e Lune.

— 12 —

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