PSI* — 2020/2021 Pour le 18/12/2020.
D.M. 4
Problème A : fonctions absolument monotones
Soientaetbréels tels que−∞ ≤a < b≤+∞etf une fonction de]a, b[dansR, de classeC∞sur]a, b[.
f est diteabsolument monotone (en abrégé AM) sur ]a, b[si :
∀n∈N ∀x∈]a, b[ f(n)(x)≥0.
Partie I
1) Soient f etg deux fonction AM définies sur]a, b[. Montrer que f+g etfgsont AM.
2) Sif est une fonction AM sur]a, b[, montrer queef l’est aussi.
3) Exemples
a)Montrer que f : ]0,1[→Rdéfinie parf(x) = 1
√1−x2 est AM sur]0,1[.
b)Montrer que la fonction arcsinest AM sur]0,1[.
c)Montrer que la fonction tanest AM sur ]0, π/2[.
4) On suppose dans cette question que a∈Ret que f est AM sur]a, b[.
a)Montrer qu’il existe λ∈Rtel que λ= lim
a+ f. On prolongef en posantf(a) =λ.
Montrer que f est dérivable à droite en aet que f′ est continue à droite en a.
b)Plus généralement, montrer quef est indéfiniment dérivable à droite enaavec des dérivées positives ou nulles. Le même phénomène se produit-il en b ?
Partie II On suppose dans cette partie que : −∞< a <0< b≤+∞. On utilisera librement la formule de Taylor avec reste intégral.
1) Soit une fonction f AM sur]a, b[et : Rn(f, x) =f(x)−f(0)−
n
k=1
f(k)(0) k! ·xk. a)Prouver que, pour n fixé, la fonction x → Rn(f, x)
xn est croissante sur ]0, b[ et possède une limite nulle en 0+.
b)Montrer que f(n)(0)
n! ·xn converge pour x∈[0, b[. Soit g(x) sa somme, montrer que g≤f. c)Déduire des questions précédentes que g=f sur[0, b[. On pourra montrer que, pour0< x < y < b,
0≤Rn(f, x)≤ x y
n
f(y).
d)Montrer que f est développable en série entière au voisinage de 0.
2) Suivant les indications de la questionI-4), on prolonge f en a. Montrer que, pour toutx de[a, b[, f(x) =
∞
n=0
f(n)(a)·(x−a)n n! .
3) Montrer que si f s’annule enx0 ∈ ]a, b[, alors f est nulle. Donner l’ensemble des fonctions f AM sur ]a, b[telles que, pour unp∈Nfixé,f(p) possède un zéro dans ]a, b[.
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Partie III On suppose dans cette partie que −∞< a < b <+∞.
Étant donnéh∈R+∗, on définit sur l’ensemble des fonctions réelles d’une variable réelle les applications Th,∆h etI par :
Th(f) (x) =f(x+h), ∆h(f) (x) =f(x+h)−f(x), I(f) (x) =f(x). Plus généralement on définit les opérateurs aux différences finies successifs :
∆0h=I et ∀n∈N ∆n+1h = ∆h◦∆nh.
1) On suppose que l’ensemble de définition de f est ]a, b[. Quel est l’ensemble de définition de ∆nh(f)?
2) Montrer que : ∀n∈N ∆nh(f) (x) =
n
k=0
(−1)n−k n
k f(x+kh).
3) On supposef définie et AM sur]a, b[. Montrer que, pour tout n∈N,∆nh(f)≥0.
On pourra poser X(h) = ∆n+1h (f) (x) et exprimer X′(h) en fonction de ∆nh(f′) (x+h).
4) On considère les fonctions f totalement monotones (TM) c’est-à-dire définies sur]a, b[, de classeC∞ et telles que :
f ≥0 et ∀n∈N∗ ∀h∈]0,(b−a)/n[ ∀x∈]a, b−nh[ ∆nh(f) (x)≥0.
a)Soit n∈N∗. On poseSj =
n
k=0
(−1)n−k n k
kj
j! pour j∈Netψ(t) = et−1 n.
Déduire du calcul des dérivées successives de ψen 0 que Sj vaut 0 sij < n et queSn vaut 1.
b)Montrer que toute fonction TM est AM.
Problème B
Partie 1
Dans cette partie on définit la fonction ϕsur[0,+∞[par : ϕ(x) = exp −x1/3 sin √
3·x1/3 . 1) On pose c=−1 +i√
3. Pour tout entier natureln calculer le module et un argument decn.
2) Montrer que sihest une fonction à valeurs complexes, bornée et continue sur [0,+∞[, alors la fonction H définie part→tnh(t) exp (c·tα) est intégrable sur [0,+∞[, pour tout entier naturel net pour tout réelα >0.
3) On pose pour tout entier naturel n: In= 1
n!
+∞ 0
tnexp (c·t) dt et Jn= 1 (3n+ 3)!
+∞ 0
xnexp c·x1/3 dx.
a)Justifier l’existence de In et deJn. CalculerInen fonction de n.
b)Calculer Jn à l’aide d’un changement de variable puis déterminer le réel r < 0 tel que pour tout entier naturel n :
Jn= 1
(n+ 1)rn+1.
4) En déduire que pour tout entier natureln : +
∞
0
tnϕ(t) dt= 0.
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Partie 2
Soit f une fonction continue sur le segment [a, b] (a < b), à valeurs réelles, telle que :
∀n∈N
b a
tnf(t) dt= 0.
Montrer que f est nulle sur [a, b]. On admettra le théorème de Weierstrass : il existe une suite de polynômes (Pn)n∈N qui converge uniformément vers f sur [a, b].
Partie 3 : injectivité de la transformation de Laplace Dans cette partie f désigne une application continue sur [0,+∞[à valeurs réelles.
On pose, pour tout entier naturel non nuln, si la fonctiont→f(t) exp (−nt)est intégrable sur[0,+∞[: an=
+∞ 0
f(t) exp (−nt) dt.
1) On suppose dans cette question quef admet une limite nulle en+∞. On notef la fonction définie sur [0,1]par :
f(x) =f(−lnx) six∈]0,1]
f(0) = 0 .
a)Montrer que f est continue sur [0,1].
b)Prouver que t→f(t) exp (−nt) est intégrable sur [0,+∞[pour tout entier natureln≥1.
c)Établir que pour tout entier naturel n≥1 :
1 0
f(x)xn−1dx=an.
d)Montrer que, si an est nul pour tout entiern≥1, alors :
∀t∈[0,+∞[ f(t) = 0.
2) Dans cette question, on suppose que F est une fonction continue sur[0,+∞[, à valeurs réelles, et qu’il existe un réelαtel que F soit dominée, au voisinage de +∞, part→exp (αt).
a)Prouver que pour tout réel m > αla fonction t→F(t) exp (−mt) est intégrable sur [0,+∞[.
b)Montrer que, si l’on a
∀m > α
+∞ 0
F(t) exp (−mt) dt= 0, alors F est nulle sur [0,+∞[.