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Approximation particulaire pour une loi de conservation scalaire fractionnaire

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Approximation particulaire pour une loi de conservation scalaire fractionnaire

Raphaël Roux

Travail en commun avec Benjamin Jourdain

CERMICS - Université Paris-Est

Colloque “Jeunes Probabilistes et Statisticiens”

Le Mont-Dore - 7 Mai 2010

(2)

Plan

1 Lois de conservation hyperboliques

2 Interprétation probabiliste

3 Résultats d’existence et unicité

4 Schéma d’Euler

5 Exemples numériques

(3)

Plan

1 Lois de conservation hyperboliques

2 Interprétation probabiliste

3 Résultats d’existence et unicité

4 Schéma d’Euler

5 Exemples numériques

(4)

Cadre

On s’intéresse à des lois de conservation hyperboliques en dimension 1. Pour(t,x)∈[0,∞[×R:

Loi de conservation non visqueuse (∂tv(t,x) +x(A(v(t,x))) =0

v(0,x) =v0(x), (EDP)

où A désigne une fonction de classeC1,ainsi qu’à des perturbations de celles-ci :

Loi de conservation fractionnaire

(∂tv(t,x) +σα(−∆)α/2v(t,x) +∂x(A(v(t,x))) =0

v(0,x) =v0(x), (EDPασ)

où−(−∆)α/2désigne l’opérateur Laplacien fractionnaire (0< α≤2).

(5)

Lois de conservation hyperboliques

tvtα(−∆)α/2vt +∂x(A◦vt)=0

Terme régularisant d’ordreα: l’information se propage à vitesse t1/α. Comportement diffusif.

Terme de transport d’ordre 1 : l’information se propage à vitesse t.

Création éventuelle de chocs.

On a un cas critiqueα=1.

(6)

Méthode des caractéristiques

Pour trouver les solutions de(EDP)au sens classique, on cherche des courbes t 7→xt, appelées caractéristiques telles que vt(xt)soit

constant. On obtient l’équation Équation des caractéristiques

txt =A(vt(xt)).

Les caractéristiques sont donc les droites xt =x0+tA(v0(x0)).

Si les caractéristiques ne se croisent pas, on a une expression de la solution

vt(x) =v0(x0)

où x0est l’origine de la caractéristique passant par(t,x).

(7)

Plan

1 Lois de conservation hyperboliques

2 Interprétation probabiliste

3 Résultats d’existence et unicité

4 Schéma d’Euler

5 Exemples numériques

(8)

Opérateur Laplacien fractionnaire

On définit l’opérateur(−∆)α/2en passant en Fourier : (−∆)\α/2ϕ=|ξ|αϕ,ˆ

ou bien (pourα <2) en utilisant une formulation intégrale ([Droniou-Imbert - 2005]) :

−(−∆)α2ϕ(x) =cα Z

R

ϕ(x +y)−ϕ(x)−1|y|≤rϕ(x)y

|y|1+α dy. On reconnaît le générateur infinitésimal d’un processus de Lévy de mesure cα|y|dy1+α.

(9)

Processus de Lévy α −stable

On tire une réalisation d’un processus ponctuel de Poisson(Yi,Ti)i sur R×[0,∞[d’intensité |ydy|1+αdt .

Processusα−stable On définit

Lt =L

2

ε→0lim X

i

1Ti≤t,|Yi|>εYi.

Le processus Lt est un processus de Lévyα−stable. C’est un

processus de Markov de générateur−(−∆)−α/2. Il vérifie l’égalité en loi

Lt L

=h1/αLt/h.

(10)

Exemples

Paramètreα: 0.3, 1, 1.7

0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0

−800

−700

−600

−500

−400

−300

−200

−100 0 100

0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0

−3.0

−2.5

−2.0

−1.5

−1.0

−0.5 0.0 0.5 1.0

0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0

−1.5

−1.0

−0.5 0.0 0.5 1.0 1.5

(11)

Interprétation comme équation de Fokker-Planck

On cherche une interprétation probabiliste de(EDPασ)([Jourdain - 2000]). L’équation formellement vérifiée par la dérivée spatiale u :=∂xv est :

tu =−σα(−∆)α2u−∂x(A(H∗u)u),

(avec H =1[0,∞[) qui s’interprète, si u0est une densité de probabilité, i.e., si v0est une fonction de répartition, comme l’équation de

Fokker-Planck associée à l’équation différentielle stochastique non-linéaire au sens de McKean

(dXt =σdLt +A(H∗ut(Xt))dt ut = loi deXt

. (EDSασ)

On reconnaît une perturbation de l’équation des caractéristiques.

(12)

Approximation particulaire

On veux approcher la solution de(EDSασ): on en prend plusieurs copies qui interagissent à travers leur fonction de répartition empirique.

Approximation particulaire

Pour i ∈ {1, . . . ,N}, les(X0N,i)sont i.i.d de loi u0, les(Li)sont des processusα−stables indépendants, et

dXtN,i =σdLit +A

 1 N

X

j

1XN,j t ≤XtN,i

dt.

La fonction de répartition empirique N1 P

j1XN,j

t ≤x devrait être une approximation de la solution de(EDPασ).

(13)

Condition initiale quelconque

Que se passe-t-il si v0est seulement supposée à variation bornée ? A renormalisation près,∂xv0=u0est une mesure signée dont la variation totale|u0|est une densité de probabilité. On note γ(x) = d|udu0

0|(x)∈ {−1,1}.

L’équation(EDPασ)s’interprète alors comme l’équation de Fokker-Planck associée à

(dXt =σdLt +A(H∗P˜t(Xt))dt

P = loi deX , (EDSασ)

P(dX˜ ) =γ(X0)P(dX).([Jourdain - 2002])

(14)

Décroissance de la variation totale

Lemme ([Jourdain - 2002])

Pour toute condition itiniale u0dont la variation totale|u0|est une mesure de probabilité, si P est la loi d’une solution de(EDSασ), alors la variation totale|P˜t|décroit en t.

Ce comportement vient d’une compensation des trajectoires de signes opposés qui se “rencontrent”.

(15)

Approximation particulaire

On doit adapter le système de particule et “tuer” tout couple de particules de signes opposés qui se rencontrent :

It ={particules vivantes à l’instantt}.

Approximation particulaire

Pour i ∈ {1, . . . ,N}, les(X0N,i)sont i.i.d de loi|u0|,les(Li)sont des processusα-stables indépendants, et

dXtN,i =σdLN,it +A

 1 N

X

j∈It

1XN,j

t ≤XtN,iγ X0N,j

dt

Pourα=2,pas (trop) de problèmes, mais siα <2, les trajectoires de deux processusα−stables ne peuvent se rencontrer : l’existence n’est pas claire.

(16)

Plan

1 Lois de conservation hyperboliques

2 Interprétation probabiliste

3 Résultats d’existence et unicité

4 Schéma d’Euler

5 Exemples numériques

(17)

Solution entropique

On peut définir une bonne notion de solution pour les équations(EDP) et(EDPασ), les solution entropiques.

Théorème ([Kruzhkov - 1975], [Alibaud - 2006])

Pour une condition initiale v0bornée, on a existence et unicité de la solution entropique pour les équations(EDP)et(EDPασ). De plus ces solutions sont dansC([0,∞[,L1(1+xdx2)).

Quand la viscositéσ converge vers 0, la solution entropique de (EDPασ)converge dansC([0,∞[,L1(1+xdx2))vers celle de(EDP).

(18)

Existence

Théorème ( [Jourdain-Méléard-Woyczy ´nski - 2006])

Pour une dérive bt bornée, on a existence et unicité faible pour les équation du type

dXt =σdLt+bt(Xt)dt dès lors queα >1.

Problème

L’existence du système de particules n’est donc pas assurée pour α≤1.

(19)

Plan

1 Lois de conservation hyperboliques

2 Interprétation probabiliste

3 Résultats d’existence et unicité

4 Schéma d’Euler

5 Exemples numériques

(20)

Schéma d’Euler

Pour contourner la non-existence du système de particules en temps continu pourα≤1, on passe en temps discret.

hN : pas de temps ;εN : distance d’interaction ; LN,i processus de Lévy α−stable.

Schéma d’Euler

Pour i ∈ {1, . . . ,N},(X0N,i)est i.i.d. de loi|u0|, et pour t ∈[khN,(k+1)hN[,

dXtN,i =σdLN,it +A

 1 N

X

j∈Ik

γ X0N,j

1XN,j khN≤XN,i

khN

dt.

À chaque pas de temps on tue les particules selon les règles suivantes : en partant de la gauche, on tue les deux premières particules consécutives de signe opposés se trouvant à une distance inférieure àεN.On continue récursivement.

(21)

Schéma d’Euler

On peut simuler exactement le schéma d’Euler : Propriété

SiΘest de loi uniforme sur[−π/2, π/2], et E de loi exponentielle de paramètre 1, alors

sin(αΘ) cos(Θ)α1

cos((1−α)Θ) E

1

α−1

, a même loi que L1.

(22)

Convergence, diffusion dominante

Théorème ([Jourdain-R. - 2010]) On se place dans le cadreα >1. Alors,

E Z T

0

Z

R

1 N

X

i∈It

γ X0N,i

1XN,i

t ≤xvt(x)

dxdt 1+x2 →0, où v est la solution entropique de(EDPασ).

(23)

Convergence, dérive dominante

Théorème ([Jourdain-R. - 2010])

On se place dans le cadreα≤1. Supposons qu’il existeλ >0 tel que N−λ≤2+ sup

[−1,1]

|A|hN ≤εNetN−1/αN−1/λεN.

Siα=1,on suppose également hN ≤εNN−1/λAlors, E

Z T 0

Z

R

1 N

X

i∈It

γ X0N,i

1XN,i

t ≤xvt(x)

dxdt 1+x2 →0, où v est la solution entropique de(EDPασ).

(24)

Limite non-visqueuse

Théorème ([Jourdain-R. - 2010])

SoitσN une suite tendant vers 0. Supposons que N−1/λ≤2+ sup

[−1,1]

|A|hN ≤εN.

De plus, siα >1, supposons également qu’il existeλ >0 tel que σNN−1/λε1−1/αN .

Alors E

Z T 0

Z

R

1 N

X

i∈It

γ X0N,i

1XN,i

t ≤xvt

dxdt 1+x2 →0, où v est la solution entropique de(EDP).

(25)

Plan

1 Lois de conservation hyperboliques

2 Interprétation probabiliste

3 Résultats d’existence et unicité

4 Schéma d’Euler

5 Exemples numériques

(26)

Illustrations

α=1.5,σ =1, N =1000

−2.0 −1.5 −1.0 −0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 0.0

0.2 0.4 0.6 0.8 1.0

−2.0 −1.5 −1.0 −0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 0.0

0.2 0.4 0.6 0.8 1.0

−2.0 −1.5 −1.0 −0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 0.0

0.2 0.4 0.6 0.8 1.0

−2.0 −1.5 −1.0 −0.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 0.0

0.2 0.4 0.6 0.8 1.0

(27)

Illustrations

α=1.5,σ =1, erreur en fonction de N.

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

−5

−4

−3

−2

−1 0 1 2 3

(28)

Illustrations

α=1.5,σ =0.1

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4

−1.0

−0.5 0.0 0.5 1.0

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4

−1.0

−0.5 0.0 0.5 1.0

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4

−1.0

−0.5 0.0 0.5 1.0

−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4

−1.0

−0.5 0.0 0.5 1.0

(29)

Solution entropique dans le cas fractionnaire

Définition ([Alibaud - 2006])

On appelle solution entropique de(EDPασ)toute fonction bornée v satisfaisant

cα Z

0

Z

R

Z

{|y|>r}

η(vt(x))vt(x +σy)−vt(x)

|y|1+α gt(x)dydxdt +cα

Z

0

Z

R

Z

{|y|≤r}

η(vt(x))gt(x+σy)−gt(x)−σy∂xgt(x)

|y|1+α dydxdt +

Z 0

η(v0)g0+ Z

0

Z

R

(η(vt)∂tgt +ψ(vt)∂xgt)dt ≥0 pour tout r >0, tout gCc([0,∞[×R), et toutη convexe, avec ψA.

Par convexité deηl’inégalité entropique pour r implique l’inégalité entropique pour r>r .

Références

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