Centrale Maths 2 MP 2007 — Énoncé 1/4
ConcoursCentrale- Supélec2007
Épreuve :MATHÉMATIQUES II FilièreMP
Dans tout ce probl`eme E est un espace euclidien de dimensionn≥1. Les vecteurs deE sont repr´esent´es par des lettres surmont´ees de fl`eches et le produit scalaire de deux vecteurs−→x et−→y deEest not´e (−→x|−→y). L’orthogonal d’un sous-espace F deE est not´eF◦. On notea∗ l’adjoint de a∈ L(E) pour la structure euclidienne d´efinie par le produit scalaire (|) etable compos´e de deux endomorphismesaetbdeE.
Le sous-espace deL(E) constitu´e des endomorphismes sym´etriques est not´eS(E).
On appelle endomorphisme antisym´etrique un endomorphisme a ∈ L(E) tel que a∗=−aet on noteA(E) le sous-espace deL(E) constitu´e par les endomorphismes antisym´etriques. L’ensemble des endomorphismes sym´etriques positifs deEest not´e S+(E).
On d´esigne par O (E) l’ensemble des automorphismes orthogonaux deE et O+(E) l’ensemble de ceux dont le d´eterminant est positif.
L’objectif de ce probl`eme est de prouver que certains sous-espaces vectoriels deL(E) contiennent des automorphismes orthogonaux. Les deux parties du probl`eme sont ind´ependantes nonobstant la question I.B.2.
Partie I - Cas d’un hyperplan de L(E)
I.A -
I.A.1) Soita∈ L(E) et (e) = (−→e1,−→e2, . . . ,−→en) une base orthonorm´ee deE.
Prouver que
Tra=
n
X
i=1
(−→ei|a(−→ei)) I.A.2) Soientaetbdeux endomorphismes deE.
On posehha, bii= Tr(a∗b),
montrer qu’on d´efinit ainsi un produit scalaire sur L(E). L’orthogonal, pour ce produit scalaire, d’un sous-espace E ⊂ L(E) sera not´eE⊥.
I.A.3) Montrer que les sous-espacesS(E) et A(E) sont des suppl´ementaires or- thogonaux deL(E) pourhh, ii.
I.B -
I.B.1) Soita∈ L(E) de rangr≥1.
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Centrale Maths 2 MP 2007 — Énoncé 2/4
a) Montrer que Kera∗a= Keraet que rga∗a= rga.
b) Montrer quea∗aposs`ede au moins une valeur propre non nulle.
c) Soit{λ1, λ2, . . . , λs}l’ensemble des valeurs propres non nulles dea∗a. En notant E(λ) le sous-espace propre dea∗aassoci´e `a la valeur propre λ, montrer que :
Ima∗= Ima∗a=
s
M
i=1
E(λi)
d) Prouver l’existence d’une base orthonorm´ee (e) = (−→e1,−→e2, . . . ,−→en) de E et de scalaires µ1, µ2,...,µn avec µi 6= 0 pour i ≤ r tels que a∗a(−→ei) = µ2i−→ei pour tout i∈ {1,2, . . . , n}. Pour toute base orthonorm´ee (e) v´erifiant ces propri´et´es, que valent lesµi sii > r?
e) La base (e) ´etant choisie comme dans la question pr´ec´edente, prouver l’existence d’une base orthonorm´ee (f) =−→f1,−→f2, . . . ,−→fn
telle quea(−→ei) =µi−→fi pour touti.
I.B.2) Soit a ∈ L(E), a 6= 0, d´eduire de la question pr´ec´edente l’existence de u∈O (E) tel queua∈ S+(E), etT r(ua)>0.
I.C -SoitHun hyperplan deL(E) etaun ´el´ement non nul deH⊥.
I.C.1) La base (−→e1,−→e2, . . . ,−e→n) deE´etant toujours choisie comme dans la question I.B.1.d, prouver l’existence deh∈O (E) tel que, pour touti∈ {1,2, . . . , n},ha(−→ei)∈ Vect(−→ei)◦.
I.C.2) Montrer queHcontient au moins un automorphisme orthogonal.
Partie II - Cas o`u dimE = 3
Dans toute cette partie l’espace euclidien E est de dimension 3 et orient´e. On se propose de prouver que tout sous-espace deL(E) de dimension 7 contient au moins une rotation.
II.A - Si −→k ∈ E est un vecteur unitaire et si θ ∈ R, on note p−→k le projecteur orthogonal d’image Vect(−→k),ω−→k l’endomorphisme−→x 7→−→k ∧ −→x etrθ,−→k la rotation d’angleθautour de −→k.
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Soita∈ L(E),−→k un vecteur unitaire etθ un r´eel.
II.A.1) Exprimer simplement le produit scalaire a, p−→k
`a l’aide du produit sca- laire de deux vecteurs deE.
II.A.2) Exprimer simplementr
θ,−→
k `a l’aide dep−→
k et deω→−
k. En d´eduire la relation : DDa, rθ,−→kEE
= cosθTr(a) + (1−cosθ)−→k|a(−→k)
+ sinθ a, ω→−k
(1) II.A.3) Que devient cette relation (1) lorsque a∈ S(E), lorsque a∈ A(E) ? II.B -Dans cette section s∈ S+(E) est un endomorphisme sym´etrique positif de rang ≤ 2 et de trace ´egale `a 1 et ν est un endomorphisme de E non nul mais de trace nulle. On poseV= Vect(s, ν)⊥ et on veut montrer queV ∩O+(E)6=∅. II.B.1) Quelle est la dimension deV?
II.B.2) Soit (e) = (−→e1,−→e2,−→e3) une base orthonorm´ee deE. Pour ǫ = (ǫ1, ǫ2, ǫ3)∈ {−1,1}3, on note−→xǫ le vecteur ǫ1−→e1+ǫ2−→e2+ǫ3−→e3
√3 . Prouver l’identit´e :P
ǫ∈{−1,1}3(−→xǫ|s(−→xǫ) ) = 83.
II.B.3) Dans cette question seulement, on rajoute l’hypoth`eseν sym´etrique.
a) Prouver l’existence d’une base (e) telle que (−→xǫ|ν(−→xǫ) ) = 0 pour toutǫ∈ {−1,1}3. b) D´emontrer l’existence d’un vecteur−→k unitaire v´erifiant :
0≤−→k|s(−→k)
≤ 13 et−→k|ν(−→k)
= 0
c) ´Etablir l’existence deθ∈[π/2, π[ tel querθ,→−k ∈ V.
II.B.4) On d´ecompose maintenantν sous la formeν1+a o`u ν1 est sym´etrique et aantisym´etrique. On choisit−→k1 unitaire tel que :
0≤−→k1|s(−→k1)
≤13 et −→k1|ν1(−→k1)
= 0 a) Dans la suite on posera, pour tout r´eel x:
sgn(x) = 1 six≥0,−1 sinon.
On note (e) = (−→e1,−→e2,−→e3) une base orthonorm´ee de vecteurs propres de s et l’on pose :
−
→ki=ai−→e1+bi−→e2+ci−→e3 pour i= 1,2.
D´emontrer l’existence d’un vecteur unitaire −→k2 tel que rπ,−→k
2 soit orthogonale `a s pour hh, ii et que les composantes de −→k2 dans une base de diagonalisation de s soient de mˆemes signes que celles de−→k1.
b) Justifier l’existence d’une fonction t 7→−→k(t) de [0,1] dansE et d’une fonction t7→θ(t) de [0,1] dansRv´erifiant les propri´et´es suivantes :
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−
→k(t) =a(t)−→e1+b(t)−→e2+c(t)−→e3 avec : a(t) = sgn(a1)p
2ta22+ (1−2t)a21 si 0≤t≤1/2,a(1−t) si 1/2< t≤1 b(t) = sgn(b1)p
2tb22+ (1−2t)b21 si 0≤t≤1/2,b(1−t) si 1/2< t≤1 c(t) = sgn(c1)p
2tc22+ (1−2t)c21si 0≤t≤1/2,c(1−t) si 1/2< t≤1 θ(t) = Arccos
−→k(t)|s(−→k(t)) −→k(t)|s(−→k(t))
−1
si 0≤t≤1/2, 2π−θ(1−t) si 1/2< t≤1 c) V´erifier que −→k(t) est unitaire et que ρ(t) =rθ(t),−→k(t), est orthogonale `a s pour hh, ii.
d) Montrer que la fonctiont7→ hhρ(t), νiide [0,1] dansRest continue. ´Etudier les signes dehhρ(0), νiiet dehhρ(1), νiiet prouver qu’existet tel queρ(t)∈ V.
II.C -Cas g´en´eral
II.C.1) En utilisant le r´esultat de la question I.B.2, prouver que tout sous espace vectoriel de dimension 7 deL(E) contient au moins un automorphisme orthogonal.
II.C.2) Un sous-espace vectoriel de dimension 6 de L(E) contient-il toujours un automorphisme deE?
• • •FIN• • •
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