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Academic year: 2021

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(1)

1 T

ABLE DES MATIÈRES

Annexe I : dossier prosopographique…….……….……...

1. Introduction………...

2. Notices……….. ..………...

3

3 4

Annexe II : regestes thématiques et tableaux………

1. Actes contenant des mentions de rentes en céréales (XIIIe

siècle)

...

2. Actes informant sur le domaine ducal en région de Bruxelles (XIe

-

XIIIe

siècles)

…...

3. Actes des Anderlecht-Aa-Bruxelles relatifs à des cessions en aumône

(XIe

-

XIIIe

siècles)

...

4. Tableau A : le domaine ducal avant 1321………

5. Tableau B : le domaine d’après le censier de 1321………..

6. Tableau C :

seigneurs secondaires, listes de témoins et localisation des

patrimoines………..

129

129 135 151 157 160 164

Annexe III : éditions de documents………...……… 171

Sources et bibliographie additionnelles………..…………..………. 175

(2)
(3)

3 A

NNEXE

I : D

OSSIER PROSOPOGRAPHIQUE

1. Introduction

Si ce dossier entend réunir un matériel normalement dispersé, il ne peut pas viser l’exhaustivité tant l’ensemble des informations se révèle considérable. D’une part, il ne reprend pas les grandes familles de l’aristocratie laïque traditionnelle (Anderlecht-Aa- Bruxelles (y compris les châtelains), Grimbergen-Berthout, Kraainem et Wolvertem- Zottegem). Ce choix repose sur le fait que ces familles ont déjà été l’objet d’une étude plus ou moins détaillée

1

et que leur patrimoine et leur rayon d’action dépassent en partie le cadre régional de cette étude. Ceci nous incite donc à ne pas les considérer dans cette mise au point.

Il n’en reste pas moins qu’une étude approfondie sur ces familles et leurs relations économiques et sociales reste à faire. Ce dossier se consacrera donc particulièrement aux

« premiers pas » des familles moins connues, celles d’importance secondaire, voire modeste, ou encore celles en cours d’ascension sociale vers le groupe aristocratique urbain. D’autre part, un certain nombre de mentions n’ont pu être prises en considération du fait d’une anthroponymie médiévale parfois imprécise et fluctuante. Certains échevins bruxellois sont par exemple identifiés en tant que « fils de x » ou « frère de y ». Dans ces cas, il est extrêmement difficile de les replacer convenablement au sein de tel ou tel groupe familial.

La société médiévale étant par excellence une société de la parenté et de l’alliance, nous avons choisi de structurer ce travail par notice familiale. Nous y mettons en œuvre, sous forme d’une présentation factuelle, l’ensemble des mentions que nous avons pu réunir et nous donnons les indications bibliographiques disponibles permettant au lecteur qui le souhaite de compléter les informations présentées. Sur ce dernier point, nous citons surtout des ouvrages spécifiques, en signalant dès à présent que l’on trouvera d’une manière générale des informations sur ce vaste champ d’études dans les sommes proposées par Alphonse Wauters (1855) et Jan Verbesselt (1950-2001)

2

, ainsi que dans les contributions de Philippe Godding sur les propriétaires fonciers bruxellois, de Paul Bonenfant, Georges Despy et Anne Van der Rest sur la noblesse brabançonne, et de Jacqueline Vandervelde sur l’aristocratie urbaine bruxelloise

3

. Chaque notice se présente sous la forme d’un texte suivi avec renvoi aux notes indiquant les références aux actes et aux documents originaux. Pour des raisons pratiques de place, les références ne sont pas suivies d’un extrait de texte.

1 VAN DER REST A. (1960-1962), « La noblesse en Brabant », op. cit., Brabantica, 5 (1960), « La famille des Aa », pp. 14-46 ; 6 (1962), « la famille de Crainhem », pp. 221-258 ; CROENEN G. (2003), Familie en Macht, op.

cit. ; SOULIÉ-MONTOISY FR. (1970), Les châtelains de Bruxelles, op. cit. ; GUYOT G.(1978),« Les Wolvertem- Zottegem », op. cit. Sur cette dernière famille, on soulignera qu’elle ne joue plus qu’un rôle secondaire en Brabant à partir du XIIIe siècle (chapitre 6, pp. 291-294).

2 WAUTERS A. (1855), Histoire, op. cit., 17 vol., rééd. 1971-1975 ; VERBESSELT J. (1950-2001), Het parochiewezen, op. cit., 27 vol., Pittem-Bruxelles, Koninklijk Geschied- en Oudheidkundig Genootschap van Vlaams-Brabant.

3 GODDING PH. (1959-1960), « Seigneurs fonciers bruxellois », op. cit. ; BONENFANT P. et DESPY G. (1958),

« La noblesse en Brabant », op. cit. ; VAN DER REST A.(1960),La noblesse en Brabant, op. cit. ; VAN DER REST

A. (1960-1962), « La noblesse en Brabant », op. cit. ; VANDERVELDE J. (1954), L’évolution du patriciat bruxellois, op. cit.

(4)

4

2. Notices

A

NSEM

-A

NSELMUS

Le premier représentant connu de ce groupe familial, Henri Ansem, dit parfois Anselmus, est connu comme échevin de Bruxelles entre 1263 et 1282

4

, fondateur vers 1269-1270 d’une chapellenie en l’église collégiale de Sainte-Gudule

5

et propriétaire foncier dans la région bruxelloise (Bekkerzeel et Obrode, sous Rode-Saint-Genèse)

6

.

Son épouse Marguerite nous est connue par une mention en 1271

7

. Les enfants du couple sont probablement : Michel Ansem, connu comme échevin de Bruxelles en 1280

8

; Henri Ansem, connu en 1298 comme acquéreur d’une rente assignée sur un pré à Rode-Saint- Genèse

9

et Jean Ansem, sous-pléban à Sainte-Gudule en 1300

10

.

A

NSLIER

Les Anslier appartiennent à la petite aristocratie ou à l’élite rurale du secteur d’Asse. Le premier représentant connu, Walter d’Anslier, est signalé comme témoin dans deux chartes ducales (1110, charte pour la communauté de Bigard comportant une actio juridica faite avant 1133)

11

. On ne retrouve plus la trace de ce groupe familial avant le début du

XIIIe

siècle.

Léon d’Anslier est témoin en 1227 dans une charte de Walter de Grimbergen, seigneur d’Asse

12

. Égide d’Anslier est témoin en 1231 dans une charte de l’abbé Guillaume d’Affligem et en 1236 dans une charte de Guillaume de Grimbergen, seigneur d’Asse

13

. Jacques d’Anslier est signalé en 1248 comme maire du seigneur d’Asse

14

. Daniel d’Anslier est cité comme homme du duc en 1269 dans un acte donné par les échevins du seigneur d’Asse

15

.

4 AEB, AE 6442, chartrier de Saint-Jacques, n° 17b, cité par Van Derveeghde D. (1962), Inventaire, op. cit., pp.

10-11, n° 46 (mars 1263) ; Cartulaire de Saint-Jean., pp. 154-156, n° 113 (1-13 juin 1263) ; ACPASB, Pauvres du Coudenberg, B 1108, n° 62 (28 décembre 1264) ; Chartes de Sainte Gudule, p. 125, n° 111 (mai 1265) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 145, n° 151 (janvier 1271) ; AEB, AE 5575, chartrier de la Cambre, n° 327 (février 1271 n.s.) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 164, n° 178 (octobre 1273) ; ACPASB, B 1460, cartulaire de la fondation Ter Kisten, f° 10 (23 novembre 1274) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 169, n° 188 (janvier 1275 n.s.) ; AEB, AE 5575, chartrier de la Cambre, n° 337 (février 1275 n.s.) ; COPPENS C. (1977), Cartularium Affligemense (1254-1309), op. cit., p. 117, n° 209 (28 juillet 1281) ; Cartulaire de Saint-Jean., p. 248, n° 195 (3 septembre 1281) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 185, n° 215 (7 avril 1282) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 185, n°

216 (15 avril 1282) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 187, n° 221 (7 septembre 1282) ;Chartes de Sainte-Gudule, p.

188, n° 223 (novembre 1282) ; Chartes de Sainte-Gudule pp. 189-190, n° 225 (19 décembre 1282).

5 Chartes de Sainte-Gudule,pp. 140-141, n° 142 (24-31 mars 1269 ou 1270, n.s., 1-31 mars) ; Chartes de Sainte- Gudule,p. 142, n° 144 (15 juin 1270) ; Chartes de Sainte-Gudule , p. 149, n° 155 (13-30 avril 1270 ou 1271 n.s., 1-5 avril) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 145, n° 151 (janvier 1271).

6 VERKOOREN A.(1910), Inventaire, op. cit., 1e partie, t. 1, p. 87, n° 112 (10 avril 1284) ; Chartes de Sainte- Gudule,p. 257, n° 346 (janvier 1294 n.s.).

7 Chartes de Sainte-Gudule, p. 145, n° 151 (janvier 1271).

8 Chartes de Sainte-Gudule,p. 181, n° 208 (juillet 1280).

9 GYSSELING M. (1977), Corpus, op. cit., vol. 4, pp. 2474-2475, n° 1651 (26 janvier 1298).

10 Chartes de Sainte-Gudule, pp. 317-318, n° 469, éd. WAUTERS A.(1880), « Analectes de diplomatique », BCRH, 4e série, 8, pp. 373-375, n° 75 (5 janvier 1300).

11 Actes des ducs de Brabant, n° 7 (1110) ; n° 21 (avant 1133).

12 Cartulaire d’Affligem, pp. 453-454, n° 367 (26 mars 1227).

13 Cartulaire d’Affligem, pp. 481-482, n° 395 (juillet 1231) ; pp. 540-541, n° 451 (26 mars 1236)

14 AEB, AE 5570, chartrier de la Cambre, n° 141 (octobre 1248).

15 COPPENS C.(1977),Cartularium Affligemense (1254-1309), op. cit., p. 77, n° 134 (11 novembre 1269).

(5)

5 A

SSE

Les représentants de ce groupe familial sont nombreux et apparaissent comme des proches du pouvoir ducal, fréquemment mentionnés comme témoins des chartes émises par ces princes, mais sans qu’il soit toujours possible d’appréhender précisément les liens de parenté qui les unissent.

Walter d’Asse, premier personnage connu de ce nom, est mentionné dans la charte de fondation comtale d’Affligem en 1086

16

. Arnold d’Asse est signalé dans une autre charte comtale de 1086 (avec son frère Otbert)

17

, puis seul dans plusieurs chartes ducales en 1106- 1110, 1121 et 1133 (pour une action juridique antérieure à cette date)

18

. C’est lui que l’on retrouve sous la dénomination dominus Arnoldus de Asca signalé dans la liste des bienfaiteurs du prieuré de Forest (dans la partie correspondant à la première moitié du

XIIe

siècle), lorsque sa tante maternelle Ascela donne au prieuré de Forest 2 d., tandis que sa fille prénommée elle aussi Ascela prend l’habit religieux à Forest

19

.

Folcard d’Asse est signalé en 1125 dans une charte de Baudouin et Iwain d’Alost pour l’abbaye d’Affligem

20

. La même année, son frère Henri d’Asse est témoin dans une charte ducale pour l’abbaye d’Affligem

21

. En 1130, Folcard, Henri et Razon d’Asse (frère des deux précédents ?) sont témoins dans la charte ducale d’exemption de tonlieu pour la ferme de l’abbaye de Saint-Bavon de Gand à Zellik

22

. Henri est encore l’objet d’une dernière mention en 1138 dans un acte de confirmation ducale des biens d’Affligem

23

, tandis que Razon est témoin en 1143-1144, sans doute en qualité de notable local, dans un acte de l’évêque Nicolas de Cambrai pour l’oratoire de Chapelle-Saint-Ulric

24

. Razon eut probablement un fils, attesté en 1160 sous le nom Razon d’Asse dit le Jeune et signalé comme oncle d’Iwain de Wolsem et parent d’Alard Hardemisple : à ce moment, ils vendent avec l’accord de leurs cohéritiers à l’église d’Affligem plusieurs fiefs qu’ils tenaient du duc dans le domaine de Noville, près d’Affligem, un taillis et une menue forêt qui est appelée Avehou, située entre la forêt d’Affligem et le domaine dit de Noville

25

.

Vers 1142-1186, Chonegonde d’Asse, son fils Gervase et sa fille Lutgarde sont attestés dans un accord intervenu avec l’abbaye de Ninove au sujet de biens situés à Teralfene, aux confins de Liedekerke et d’Affligem. Dans la liste des témoins de cet accord intervient Arnold d’Asse avec ses frères Julien et Baudouin

26

.

Arnold/Arnulphe d’Asse est signalé à plusieurs reprises entre 1142 et 1173 dans l’entourage ducal

27

, parfois comme notable local, avec ses frères Julien et Baudouin, dans le cadre de la résolution d’un conflit opposant l’abbaye d’Affligem à un seigneur voisin (1151)

28

, parfois

16 Actes des ducs de Brabant, n° 2 (1086).

17 Actes des ducs de Brabant, n° 3 (1086).

18 Actes des ducs de Brabant, n° 6 (1106-1110) ; n° 9 (1121) ; n° 21 (avant 1133).

19 AEB, AE 7013, chartrier de Forest, n° 38, éd. avec quelques erreurs et oublis dans : WAUTERS A. (1855), Histoire, op. cit., vol. 10A, p. 89, note 3.

20 Cartulaire d’Affligem, pp. 69-71, n° 40 (1125).

21 Actes des ducs de Brabant, n° 13 (1125, après le 30 août).

22 VLEESCHOUWERS C.(1990),De oorkonden, op. cit., vol. 2, pp. 32-33, n° 31 (1130).

23 Actes des ducs de Brabant, n° 26 (1138, après le 7 mars).

24 Cartulaire d’Affligem, p. 108, n° 69 (1143-1144).

25 Cartulaire d’Affligem, p. 108, n° 69 (1143-1144).

26 Codex Diplomaticus Abbatiae Ninoviensis, p. 783, n° 46 (1142-1186).

27 Actes des ducs de Brabant, n° 40 (1142, avant le 13 juin) ; Actes des ducs de Brabant, n° 42 (1145, avant le 8 août) ; Actes des ducs de Brabant, n° 78 (1159).

28 Cartulaire d’Affligem, pp. 131-134, n° 85 (1151).

(6)

6

dans l’entourage d’autres seigneurs régionaux, avec ses fils Henri et Léon (1161)

29

. En 1173, Laurette, la fille du comte de Flandre Thierry d’Alsace, souhaitant entrer en religion à Forest, acheta plusieurs biens pour garnir sa dotation d’entrée, notamment 20 b. du patrimoine d’Arnulphe (la moitié tenue en indivision avec sa sœur Ermengarde, l’autre moitié avec sa parente Cybille) et 5 b. du patrimoine de Gosuin d’Asse

30

. Julien d’Asse apparait seul en 1154 dans une charte ducale

31

. En 1170, un Bernier d’Asse, sans doute issu de ce groupe, est moine à Affligem

32

.

Arnold/Arnulphe paraît avoir eu quatre enfants : Henri, Léon, Walter et Albert. Cette fratrie intervient fréquemment à la fin du

XIIe

siècle. Henri et Léon d’Asse commencent ainsi à être attestés comme témoins, en l’absence de leur père Arnold/Arnulphe, à partir de 1169, soit dans des actes ducaux

33

, soit dans des actes des Aa, seigneurs d’Anderlecht

34

. En 1172, ils sont mentionnés avec leur frère Walter dans une charte de Walter d’Aa

35

; en 1190, Henri d’Asse est témoin avec ses frères Léon, Walter et Albert

36

; en 1196, Henri d’Asse apparaît avec son frère Walter dans un acte du duc Henri I

er 37

. En 1201, Léon et Walter, dit « frères d’Asse », sont témoins d’un acte du duc Henri I

er 38

. Si Henri d’Asse semble l’aîné, il paraît aussi l’élément le plus proche du duc. En 1175, Henri restitue à Affligem la dîme de la curtis que possède l’abbaye à Corroy-le-Grand, aux confins du Brabant et du Namurois, ce qui suppose une présence d’Henri sur place pour organiser ce « détournement » de biens monastiques

39

. Vers 1197, il est témoin d’un traité de paix signé entre le duc Henri I

er

et le comte de Gueldre Otton

40

. Dans la deuxième moitié du

XIIe

siècle, on trouve encore mention d’un Egbert d’Asse en 1176

41

.

Dans la première moitié du

XIIIe

siècle, la seigneurie d’Asse passe aux Grimbergen par le mariage de Guillaume de Grimbergen (vers 1202-1250) avec Élisabeth d’Asse

42

.

A

RKA

Les Arka constituent une famille citadine de l’entourage des châtelains de Bruxelles, dont le patronyme se rattache vraisemblablement à la présence près de leur résidence, en contrebas du Coudenberg, d’une « arche »

43

. Le premier représentant connu, Gosuin de Arka, apparaît dans une liste de témoins constituée de Bruxellois à l’occasion de la restitution par Guillaume

29 Cartulaire d’Affligem, pp. 195-196, n° 131 (1168).

30 Actes des ducs de Brabant, n° 110 (1173).

31 VLEESCHOUWERS C.(1990),De oorkonden, op. cit., vol. 2, pp. 38-39, n° 38 (1154).

32 Cartulaire d’Affligem, pp. 202-203, n° 136 (1170).

33 Actes des ducs de Brabant, n°104(1169) ;Actes des ducs de Brabant, n°111(1173) ;Henri d’Asse apparaît seul dans : FAVRESSE F.(1938),« Actes », op. cit., pp. 367-369, n° 2 (1179) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 315- 316, n° 232 (1200).

34 Cartulaire d’Affligem, pp. 253-254, n° 177 (1185).

35 Cartulaire d’Affligem, p. 215, n° 143(1172).

36 Cartulaire d’Affligem, pp. 288-289, n° 209 (1190).

37 Cartulaire d’Affligem, pp. 301-303, n° 223 (1196).

38 Cartulaire d’Affligem, pp. 317-318, n° 234 ; WAUTERS A. (1879-1880), « Analectes de diplomatique », BCRH, 4e série, 7, pp. 388-389 n° 40 (1201).

39 Actes des ducs de Brabant, n° 119 (1175).

40 VERKOOREN A.(1910), Inventaire, op. cit., 1e partie, t. 1, pp. 7-9, n° 6, éd. SLOET VAN DE BEELE L.(1872), Oorkondenboek, op. cit., vol. 1, p. 384 (vers 1197).

41 Codex Diplomaticus Abbatiae Ninoviensis, p. 773, n° 30 (1176)

42 SMETS G. (1908), Henri I, op. cit., p. 244 ; VAN ERMEN E. (1987), « Heerlijkheden in het hertogdom Brabant

», op. cit., p. 59 ; CROENEN G.(2003), Familie en Macht, op. cit., pp. 24-25.

43 DELIGNE C. (2003), Bruxelles et sa rivière, p. 93.

(7)

7 Nortman au prieuré de Forest de la dîme de Woluwe-Saint-Pierre que celui-ci avait usurpé injustement

44

.

Au début du

XIIIe

siècle, un descendant de Gosuin, Godefroid de Arka, connu comme bourgeois de Bruxelles

45

et occupant en 1216 d’une maison apud Archam (dans laquelle le châtelain procède d’ailleurs à une donation au profit de l’hôpital Saint-Jean)

46

, apparaît fréquemment comme témoin

47

et feudataire du châtelain (un demi-j. de pré à Schaerbeek)

48

. Dans la deuxième moitié du

XIIIe

siècle, on trouve la trace d’Henri de Arka, attesté en 1263 peut-être comme proviseur des Pauvres de Sainte-Gudule, puisqu’il reçoit à deux reprises cette année-là des biens au profit de ladite institution

49

. Puis, de maître Jean de Arka, signalé en 1277-1278 comme proviseur de l’hospice Terarken

50

, attesté en 1280 dans une liste de témoins ducaux réunis dans le cadre d’un transfert de fief à Wautier-Braine

51

et connu la même année comme ayant des droits sur les moulins de Curegem et d’Auderghem

52

. Vers 1288, Guillaume de Ter Arken est prévôt de Saint-Jacques au Coudenberg

53

. En 1300, sire Henri de Arka, pelletier, est attesté comme prêteur d’argent

54

. Les Arka entrent à l’échevinage à partir de 1301

55

.

A

TRIO

-N

OSSEGEM

-S

AINT

-G

ÉRY56

Les Atrio et les Nossegem sont deux branches issues d’une même lignée seigneuriale originaire du secteur Nossegem-Kortenberg-Meerbeek, au nord-est de Bruxelles. Dans le courant de la première moitié du

XIIIe

siècle, les Atrio, régulièrement attestés à Bruxelles dans l’entourage des ducs et comme proches des châtelains, semblent s’être unis avec la famille bruxelloise des Saint-Géry. Les bénéficiaires et les descendants de cette union usent d’un bagage anthroponymique commun et construisent leur patronyme de manière souple, en jouant même parfois sur la combinaison Atrio sancti/Beati Gaugerici…

Les premiers représentants connus du groupe seigneurial traditionnel, Englebert de Atrio et son fils Gosuin, sont mentionnés dès 1095 dans la charte d’exemption de l’église de Kortenberg donnée par l’évêque Walcher de Cambrai à la demande du comte de Louvain Godefroid I

er 57

. Englebert apparaît encore dans l’acte de 1133 pour la communauté de

44 Cartulaire d’Affligem, pp. 247-248, n° 170 (vers 1180).

45 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 78-79, n° 52 (mai 1257).

46 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 25-27, n° 11 (29 avril 1216).

47 AGR, Ms. divers, n° 59, cartulaire de Cambrai, f° 39v-40, éd. LE ROY J.(1692),Topographia historica Gallo- Brabantiae, Amsterdam, p. 167 (11 avril 1219) ; AEB, AE 5566, chartrier de la Cambre, n° 23 (1219 a.s.) ; Chartes de Sainte-Gudule,pp. 60-61, n° 46 (1233) ; AEB, AE 6442, chartrier de Saint-Jacques, n° 4, cité par VAN DERVEEGHDE D.(1962),Inventaire, op. cit., pp. 2-3, n° 9 (juillet 1233) ; Cartulaire de Saint-Jean, pp. 80- 81, n° 54 (mars 1240) ; AEB, AE 7014, chartrier de Forest, n° 90 (février 1241 n.s.) ; Cartulaire de Saint-Jean, pp. 85-86, n° 58 (février 1242).

48 AEB, AE 7014, chartrier de Forest, n° 92 (février 1242 n.s.).

49 ACPASB, B 203, cartulaire des Pauvres de Sainte-Gudule, f° 13v, nos 109 et 110 (décembre 1263)

50 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 225-226, n° 177 (avril 1277) ; Chartes de Sainte-Gudule, pp. 179-180, n° 204 (23 janvier 127 n.s.).

51 AGR, Ms. divers 24, f° 191v-192 (9 avril 1280).

52 VERKOOREN A.(1961), Inventaire, op. cit.¸ 2e partie, t. 1, p. 150 (29 juin 1280).

53 VAN DERVEEGHDE D.(1970), « Prévôté puis abbaye de Saint-Jacques sur Coudenberg, à Bruxelles », dans : Monasticon belge, t. 4 : Province de Brabant, vol. 4, Liège, p. 967.

54 Chartes de Sainte-Gudule, p. 325, n° 485 (12 août 1300).

55VANDERVELDE J. (1958), « Liste », op. cit., pp. 191-192.

56 REGNIER P. L. (1962), « Un chevalier bruxellois », op. cit., pp. 81-100.

57 Diplomata Belgica, pp. 390-391, n° 235, repris dans VAN MINGROOT E. (1995), « Liste provisoire », op. cit., p. 28 (1095, entre le 14 septembre et le 25 décembre).

(8)

8

Bigard, dans la partie notifiant une action juridique antérieure à cette date

58

et, en compagnie de Francon de Atrio, dans un acte de donation à Affligem émanant d’Egbert de Bigard vers 1125-1150

59

. Le fils d’Englebert, Gosuin de Atrio, est encore attesté en 1138 dans l’acte ducal de fondation-dotation du prieuré de la Chapelle

60

, tandis que Francon de Atrio, dont la parenté avec Englebert et Gosuin ne nous est pas connue, est mentionné dans la liste des témoins d’une charte ducale de 1151 sanctionnant un échange de terre entre l’abbaye d’Affligem et l’église Saint-Jacques au Coudenberg à Bruxelles

61

.

Le premier Nossegem signalé dans la documentation apparaît en 1140 : Heriman de Nossegem fait alors partie d’un groupe de parents consentant à la vente effectuée au profit de l’abbaye d’Affligem d’une terre à Meerbeek, à côté de Nossegem

62

. Dans la deuxième moitié du

XIIe

siècle, on trouve régulièrement mention des frères de Nossegem, Lambert, Walter, Gosuin et Henri, aux côtés d’autres cohéritiers, dont Englebert [II] de Atrio, sans doute le fils du précédent éponyme. Lambert est probablement l’aîné de la fratrie et le chef du groupe, si l’on en juge par le nombre plus élevé de ses apparitions et par le fait qu’il se présente en 1145 et vers 1150 en position de tête dans deux documents attestant des ventes effectuées par lui et les siens (ses frères, son neveu Gosuin (sans doute fils du précédent), ses cohéritiers, ainsi que Francon Bole et ses frères) de terres patrimoniales, spécialement à Meerbeek

63

. Lambert apparait encore comme témoin de quelques chartes ducales, seul ou en compagnie d’un ou de plusieurs de ses frères : vers 1150 avec son frère Walter, et un certain Wezerik de Nossegem ; la même année dans une charte ducale notifiant une donation des Zaventem et des Kraainem

64

; en 1154 avec son cousin Englebert de Atrio dans un acte ducal pour l’abbaye de Saint-Bavon

65

; seul en 1155 et 1158 dans des actes ducaux pour les abbayes de Parc et de Villers

66

. En 1154, ses frères Walter et Gosuin apparaissent sans lui dans une charte ducale pour l’abbaye Saint-Michel d’Anvers

67

. Le frère Henri de Nossegem apparaît encore seul en 1173, lorsqu’il vend au prieuré de Forest six b. et demi de sa terre, et en 1185 comme témoin d’une charte ducale

68

.

En ce qui concerne Englebert [II] de Atrio, on le retrouve en 1147 et 1156 dit « de Bruxelles », lorsqu’il procède à la vente au profit de l’abbaye de Parc de sa part de l’alleu de Nossegem, soit 33 b. et le tiers de la dîme du lieu

69

. En 1154, il fait partie des parents consentant à la donation au prieuré de Grand-Bigard de 8 b. de bois tenu en fief du duc par Arnold de Bigard

70

. Comme son épithète topographique le sous-entend, il apparait régulièrement dans l’entourage des ducs à Bruxelles

71

. Sa proximité avec les châtelains est

58 Actes des ducs de Brabant, n° 21 (avant 1133).

59 Actes des ducs de Brabant, n° 21 (avant 1133) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 71-72, n° 41 (non daté, voir volume texte, p. 305, note 304).

60 Actes des ducs de Brabant, n° 28 (1138).

61 Actes des ducs de Brabant, n° 52 (1151).

62 Actes des ducs de Brabant, n° 35bis (1140).

63 Actes des ducs de Brabant, n° 42 (1145, avant le 8 août) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 205-10, n° 138, analysé par VERKOOREN A.(1961), Inventaire, op. cit., 2e partie, t. 1, pp. 16-17 (avant 1156).

64 Actes des ducs de Brabant, n° 51 (vers 1150).

65 VLEESCHOUWERS C.(199),De oorkonden, op. cit., vol. 2, pp. 38-39, n° 38 (1154).

66 Actes des ducs de Brabant, n° 67 (1155) ; Actes des ducs de Brabant, n° 74 (1158).

67 Actes des ducs de Brabant, n° 61 (1154).

68 Actes des ducs de Brabant, n° 111 (1173) ; Actes des ducs de Brabant, n° 131bis (1185, avant septembre).

69DE MARNEFFE E. (1905), Cartae Parcenses, op. cit., pp. 34-35, n° 36 (1147) ; Actes des ducs de Brabant, n°

70 (1156).

70 Actes des ducs de Brabant, n° 60 (1154).

71 Actes des ducs de Brabant, n° 50 (1150) ; n° 90 (vers le 1e mars 1162) ; n° 92 (1163)

(9)

9 corroborée par un fait qui est bien plus qu’une anecdote : en 1159, il intervient comme témoin en tenant sur ses genoux le châtelain Francon III, alors encore enfant

72

.

À partir du

XIIIe

siècle, les mentions des Nossegem et des Atrio se font moindres et plus éparpillées, ce qui rend plus ardu la tentative de suivre leur trajectoire et leur évolution.

Le chevalier noble Lambert [II] de Nossegem est signalé en 1222 et 1223 dans deux actes de donation à l’abbaye de Grimbergen : l’un comme témoin en qualité de notable local, l’autre comme donateur de sa serve Ave de Toitenberg (lieu-dit sous Sterrebeek)

73

. L’épouse de Lambert, Marguerite de Wespelaar, est signalée comme veuve en 1252

74

.

Certains Nossegem donnent l’impression d’être venus s’installer en ville : en 1268, en effet, Égide, gendre de Jean de Nossegem, transporte en alleu à l’hôpital Saint-Jean un demi-b. de terre situé entre Nossegem et Lindegem (sous Erps et Kortenberg), Renier de Nossegem, beau-frère de Gilles étant pleige de la transaction, sans doute parce que le bien provient du côté de l’épouse, une Nossegem

75

; en 1269, Catherine de Nossegem promet de donner une rente au profit des Pauvres de la paroisse de Sainte-Gudule

76

. Une Ide de Nossegem est même connue comme béguine à Bruxelles en 1291

77

, tandis qu’en 1295, Guillaume de Nossegem est sous-pléban de Sainte-Gudule et réside dans une maison située à Bruxelles, au Sablon : en compagnie de sa mère Ysentrude, de sa sœur Helewide et son mari Henri, et de la sœur d’Helewide, Marguerite, il procède à plusieurs donations pour une chapellenie à fonder en l’église Sainte-Gudule en la dotant de biens situés à Zaventem et à Nossegem

78

.

Quant aux Atrio, nous avons vu plus haut que certains d’entre eux semblent déjà implantés en ville dès le

XIIe

siècle. À partir du siècle suivant, on retrouve quelques mentions du chevalier Francon de Atrio, qui le caractérisent comme un notable des environs de Bruxelles : en 1222, il est témoin d’une charte pour l’abbaye de Forest ; en 1223, une de ses possessions à Schaerbeek, près du lieu-dit Werfundere, sert de point de repère pour localiser un pré ; en 1229, deux moniales de Forest lui achètent pour 24 marcs d’argent (soit six kilos de métal) une partie de la dîme qu’il possède à Rode (Saint-Genèse ?)

79

. Son parent Godefroid de Atrio, signalé en 1247 comme « serviens domini castellani »

80

, semble davantage inséré en ville.

Quoi qu’il en soit, un faisceau d’indices conduit à penser que les Atrio se sont unis à une famille citadine locale, les Saint-Géry, dans la première moitié du

XIIIe

siècle. Car si le premier représentant connu de ce groupe familial, Henri de Saint-Géry, est échevin de Bruxelles en 1204

81

, la mention suivante, en 1227, le qualifie d’Henri de Atrio Beati Gaugerici, dans un acte où il relève de Walter de Grimbergen, seigneur d’Asse, un fief qui était auparavant tenu par Daniel de Merchtem

82

. En 1236, Henri de Sancto Gaugerico et un certain Guillaume Segrec, dits tous deux bourgeois de Bruxelles, vendent un fief tenu du seigneur d’Asse (7 b. et demi sis à Berchem-Sainte-Agathe) au prieuré de Bigard

83

.

72 Actes des ducs de Brabant, n° 75 (1159, après le 1 octobre).

73 AAG, Classe II, cartulaire 1, nos 75 (septembre 1222) et 79 (mai 1223).

74 AEB, AE 6962, inventaire de 1624 des chartes de Dielegem, p. 37, n° 61 (1252).

75 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 177-178, n° 134 (8-20 avril 1268).

76 ACPASB, B 203, cartulaire des Pauvres de Sainte-Gudule, f° 28, n° 197 (août 1269).

77 ACPASB, Pauvres de la Chapelle, B 1460, f° 10 (4 novembre 1291).

78 Chartes de Sainte-Gudule,p. 274, n° 385 (juillet 1295).

79 AEB, AE 5566, chartrier de Forest, n° 32 (mai 1222) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 417-420, n° 334 (1223) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 469-470, n° 384 (9 août 1229).

80 WAUTERS A. (1855), Histoire, op. cit., vol. 9A, p. 132.

81 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 10-13, n° 5 (14 août 1204).

82 Cartulaire d’Affligem, pp. 453-454, n° 367 (26 mars 1227).

83 Cartulaire d’Affligem, pp. 540-541, n° 451 (26 mars 1236).

(10)

10

Ce qui permet de supposer une alliance entre les Atrio et les Saint-Géry —outre ce que l’on va voir maintenant sur le bagage des prénoms communs (Gosuin, Godefroid, Jean, Marguerite, Catherine) et sur la construction patronymique originale associant, en un jeu de mots cohérent, mais variable, la partie Atrio à la partie sanctus/beatus Gaugericus—, tient au fait que son parent (son fils ?) Godefroid de Saint-Géry est signalé en 1243 comme propriétaire foncier de biens dans la région de Thorembais

84

. Or, on sait que les Nossegem- Atrio possédaient des biens et des droits seigneuriaux dans la localité mère de Thorembais- Saint-Trond depuis le

XIIe

siècle

85

.

La construction patronymique découlant de l’union des deux familles est illustrée dès le milieu du

XIIIe

siècle avec le bourgeois et échevin de Bruxelles Siger, dénommé successivement ou en association : fils de Marguerite

86

, de Atrio

87

, parfois de Atrio Sancti Gaugerici

88

, connu enfin comme proche et feudataire du châtelain de Bruxelles Léon II sous le nom de Siger de Atrio

89

. Sa fille Marie est religieuse à la Cambre en 1291

90

.

À côté de ce Siger à la dénomination variable, il a semble-t-il existé à la même époque un autre Siger dit de Saint-Géry, dont les mentions, souvent posthumes, sont celles de ses enfants dans la deuxième moitié du

XIIIe

siècle : Siger, Catherine, Gosuin et Jean, enfants de Siger de Saint-Géry

91

.

Catherine de Saint-Géry, dite parfois fille de Siger de Saint-Géry, est un peu mieux connue que les autres, grâce à plusieurs mentions de donation aux églises : en 1272, elle procède à plusieurs cessions de biens sis dans la périphérie d’Anvers à l’abbaye Saint-Bernard, notamment dans un acte émis par la juridiction gracieuse des prêtres de Saint-Géry à Bruxelles, Godescalc et Henri

92

; en 1286, elle cède en alleu à l’hôpital Saint-Jean ses droits sur trois domistadia à Bruxelles, près de l’église Saint-Nicolas, et sur 4 j. et demi de pré à Pedebroek, sous Anderlecht

93

; la même année, elle abandonne à l’abbaye de la Cambre 1 b.

de terre dit le « long bonnier », à Molenbeek, moyennant un cens viager d’1 d.

94

; en 1298, elle cède la fondation Ter Kisten un domistadium sis à Bruxelles

95

84 DESPY G.(1959),Inventaire, op. cit., pp. 76-77, n° 152 (7 juin 1243). Ledit Godefroid de Saint-Géry est cité de manière posthume dans un acte du 6 décembre 1247, évoquant « des terres qui furent autrefois à feu le seigneur Godefroid de Saint-Géry » (COPPENS C.(1977),Cartularium Affligemense (1254-1309), op. cit., p. 129, n° 240).

85 REGNIER P.-L. (1962), « Un chevalier bruxellois », op. cit., pp. 91-92.

86 Chartes de Sainte-Gudule, p. 95, n° 73 (janvier 1251 n.s.) ; AAG, Classe II, cartulaire 2, f° 173v (25 mai 1254).

87 AEB, AE 7014, chartrier de Forest, n° 103 (février 1252 n.s.) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 111, n° 93 (mai 1257) ; AEB, AE 6457 et 6459, cartulaires de Saint-Jacques, f° 54v et f° 133, cités par VAN DERVEEGHDE D.

(1962),Inventaire, op. cit., pp. 8, n° 33 (5 juin 1257) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 115, n° 97 (29 juin 1259) ; MARTENS M. (1977), Les chartes, op. cit., p. 9, n° 4 (septembre 1258) ; AEB, AE 5573, chartrier de Forest, n°

236 (13 septembre 1259) ; n° 237 (29 septembre 1259) ; Chartes de Sainte-Gudule,p. 118, n° 100 (décembre 1259) ; AEB, AE 5574, chartrier de Forest, n° 273 (novembre 1261) ; n° 274 (même date) ; n° 275 (1261) ; n°

279 (février 1262) ; n° 282 (mai 1262) ; n° 287 (septembre 1262).

88 ACPASB, chartrier de l’Infirmerie du béguinage H 265, n° 19 (21 février 1252 n.s.) ; AEB, AE 5577, chartrier de la Cambre, n° 392 (mars 1291).

89 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 120-122, n° 84 (11 juin 1253).

90 AEB, AE 5577, chartrier de la Cambre, n° 392 (mars 1291).

91 Chartes de Sainte-Gudule,p. 169, n° 187 (29 janvier 1275 n.s.) ; p. 298, n° 437 (18 juin 1298).

92 GOETSCHALCKX P. J. (†)et VAN DONINCK B. (1926), Oorkondenboek, op. cit., vol. 1, p. 316, n° 309 (mai 1272) ; p. 320, n° 312 (avril 1272).

93 Cartulaire de Saint-Jean, p. 257, n° 204 (mai 1286).

94 AEB, AE 5576, chartrier de la Cambre, n° 367 (mai 1286).

95 ACPASB, B 1460, cartulaire de la fondation Ter Kisten, f° 21v (mai 1298).

(11)

11 Gosuin, fils de feu Siger de Saint-Géry, est pour sa part attesté avec sa femme et ses enfants dans deux actes de 1297 et 1298

96

.

Jean et Marguerite de Saint-Géry sont quant à eux mentionnés en 1287 dans un acte des échevins de Bruxelles par lequel ils abandonnent à titre allodial à l’abbaye de Grimbergen 6 j.

de terre sis à Beigem, au nord de Bruxelles

97

.

Un Godefroid, fils de Guillaume de Saint-Géry, est encore signalé de manière isolée en 1286

98

. Par deux mentions ultérieures, on apprend qu’il fut peut-être le demi-frère de Guillaume de Speculo, fils de feu Guillaume de Saint-Géry, et frère d’un Englebert de Saint-Géry

99

.

Avec des prénoms tout aussi significatifs, plusieurs personnes dénommées de Atrio sont enfin attestées dans les sources de la fin du

XIIIe

siècle. Gosuin de Atrio est signalé en 1276 avec d’autres Bruxellois (notamment Jean Lose) concédant à Tirricus, fils de feu Amalric de Atrio, et Amalric, fils de feu Amalric Semken, une maison et son fonds près du cimetière de Saint- Géry

100

. Jean de Atrio, dit de Wespelaar, est signalé en 1277 donnant à titre allodial à la fondation Ter Kisten un maison et son fonds, ainsi qu’un demi-b. de terre sis à Nossegem, en préservant le droit d’héritage de ses tenanciers

101

. Henri de Atrio et Godefroid de Atrio, enfin, sont connus comme tenanciers de l’église de la Chapelle à Bruxelles, pour des biens notamment à Uccle

102

.

B

EKKERZEEL

Les Bekkerzeel constituent une famille seigneuriale de rang modeste implantée au nord-ouest de Bruxelles, en périphérie de l’alleu ducal d’Asse. Le premier représentant connu, Amelric de Bekkerzeel, apparaît dans la charte de fondation comtale d’Affligem en 1086

103

.

Il faut ensuite attendre le milieu du

XIIe

siècle pour voir réapparaître des membres de ce groupe familial, fréquemment comme témoins dans des chartes ducales, mais également devenus des proches des seigneurs de Bigard. Guillaume de Bekkerzeel est témoin en qualité de notable local en 1143-1144 dans un acte de l’évêque Nicolas de Cambrai donné au sujet d’un différend entre l’oratoire de Chapelle-Saint-Ulric et le seigneur Arnulphe de Bigard

104

. En 1150, Sanitas de Bekkerzeel est témoin dans un acte ducal de Godefroid III

105

. En 1154, Godefroid de Bekkerzeel est témoin du duc dans un acte de Godefroid III relatif à une donation des Bigard au prieuré éponyme

106

. Godefroid apparaît en 1168 aux côtés d’Arnulphe de Bigard comme intervenant tiers dans un acte de Godefroid III (S. Arnulphi de

96 ACPASB, B 1460, cartulaire de la fondation Ter Kisten, f° 34-34v ; B 203, cartulaire des pauvres de Sainte- Gudule, f° 6, n° 48 (janvier 1297 n.s.) ; Chartes de Sainte-Gudule, p. 294, n° 427 (janvier 1298 n.s.).

97 AAG, Classe II, cartulaire 2, f° 15 (juin 1287).

98 Chartes de Sainte-Gudule, p. 203, n° 250 (décembre 1286).

99 Chartes de Sainte-Gudule, p. 267, n° 369 (mars 1296) ; p. 294, n° 427 (janvier 1298) ; p. 295, n° 430 (mars 1298).

100 Chartes de Sainte-Gudule, p. 170, n° 189 (juin 1275) ; voir également Ibidem, pp. 183-184, n° 213 (6 décembre 1281).

101 ACPASB, Pauvres de la Chapelle, B 1460, f° 2v (janvier 1277).

102 ACPASB, Pauvres de la Chapelle, B 871, f° (6 mai 1295) ; ACPASB, Pauvres de la Chapelle, B 871, f° 20v- 21 (31 janvier 1296) ; Chartes de Sainte-Gudule, pp. 295-296, n° 431 (15 avril 1298) ; Chartes de Sainte- Gudule,pp. 314-316, n° 468 (décembre 1299).

103 Actes des ducs de Brabant, n° 2 (1086).

104 Cartulaire d’Affligem, p. 108, n° 69 (1143-1144).

105 Actes des ducs de Brabant, n° 50 (1150).

106 Actes des ducs de Brabant, n° 60 (1154).

(12)

12

Bigardes et Godefridi de Bechesele)

107

et en 1190 comme témoin d’un acte de l’abbé Godescalc d’Affligem, énuméré juste après Arnulphe de Bigard et son fils Arnulphe

108

. La proximité de ce Godefroid avec les Bigard est confirmée par un acte de 1203 par lequel Arnulphe de Bigard ratifie une série de donations de dîmes faites par son père Arnulphe à l’église de Kobbegem, notamment le tiers d’une dîme prélevée sur le manse de Godefroid de Bekkerzeel (tertia pars decimationis de uno bonario Godefridi de Beckensele)

109

. En 1169, on trouve encore Godefroid de Bekkerzeel signalé avec son frère Henri dans une charte ducale pour Affligem

110

. En 1173, Henri de Bekkerzeel, seul cette fois-ci, est cité comme homme du seigneur Walter d’Aa

111

.

B

EVER

Les Bever constituent une famille seigneuriale de rang modeste implantée au nord-ouest de Bruxelles, en périphérie de l’importante seigneurie des Grimbergen. Les premiers représentants connus, Reingot, Hugues et Dideric de Bever, apparaissent comme notables locaux dans les années 1170-1180, soit dans des actes ducaux

112

, soit dans un acte du seigneur de Grimbergen Walter Berthout

113

.

Au

XIIIe

siècle, on retrouve la mention en 1214, dans un acte relatant deux cessions de biens (notamment une dîme à Strombeek) à l’abbaye de Grimbergen, les témoins Égide de Bever pour la première, Genekin et Francon de Bever pour la deuxième, apparaissant ici vraisemblablement en qualité de notables locaux

114

. En 1220, certains Bever semblent avoir intégrés la familia des seigneurs de Meise : Walter de Bever est en effet signalé en 1220 comme familiaris du nobilis dominus Arnold de Meise dans un acte de juridiction gracieuse du chapitre d’Anderlecht

115

, tandis qu’un acte de même date et de même teneur, mais émanant directement d’Arnold de Meise mentionne comme témoin le chevalier Égide de Bever, fils de Reingot

116

.

La famille de Bever n’est pratiquement plus attestée pour le reste du

XIIIe

siècle, ce qui indique peut-être un déclin social et économique au départ d’une situation guère reluisante.

On a la mention en 1233 d’un Arnold de Bever, tailleur de vêtement, propriétaire de plusieurs biens allodiaux à Strombeek qu’il acense à l’abbaye d’Affligem

117

; en 1283 un Francon de Bever, résidant à Strombeek, prend à cens des biens sis à Strombeek de l’hôpital Saint-Pierre

118

.

107 Actes des ducs de Brabant, n° 103 (1168).

108 Cartulaire d’Affligem, pp. 288-289, n° 209 (1190).

109 Cartulaire d’Affligem, pp. 321-322, n° 237 (1203).

110 Actes des ducs de Brabant, n° 104 (1169).

111 Cartulaire d’Affligem, pp. 226-227, n° 150 (1173).

112 Actes des ducs de Brabant, n° 104 (1169).

113 AHEB, 1874, vol. 11, p. 18 (1180).

114 AAG, Classe II, cartulaire 1, n° 85 (1214).

115 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 34-35, n° 18 (3 septembre 1220).

116 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 35-37, n° 19 (septembre 1220).

117 Cartulaire d’Affligem, pp. 509-510, n° 424 (octobre 1233).

118 ACPASB, hôpital Saint-Pierre 37, n° 1 (septembre 1283).

(13)

13 B

IGARD119

Le premier représentant connu de cette famille seigneuriale secondaire est Amelric de Bigard, au tout début du

XIIe

siècle. Proche du pouvoir ducal, Amelric est témoin de plusieurs chartes princières dans les années 1110-1120, notamment en 1122 avec son fils Arnulphe

120

. Arnulphe/Arnold de Bigard est attesté durant les décennies 1120-1150 dans la même posture que celle de son père : membre régulier de l’entourage ducal comme témoin de chartes

121

, il est même le premier feudataire ducal formellement attesté dans la région de Bruxelles

122

.

Dans la première moitié du

XIIe

siècle, on notera également l’existence du chevalier Egbert de Bigard

123

, probablement le personnage nommé simplement Egbert et souvent accompagné d’un certain Razon

124

, tous deux qualifiés alors de neveux du châtelain de Bruxelles Francon I

er

. Un acte donné par Egbert dit de Bigard, non daté mais datable d’après la liste des témoins vers 1125, le montre comme un prêteur d’argent, détenant une terre en gage de son débiteur

125

.

Le fils d’Arnulphe/Arnold, le chevalier Arnulphe/Arnold [II] de Bigard est attesté avec certitude dans la documentation à partir de 1157 : à cette date, en effet, Arnulphe de Bigard est qualifié de « fils d’Arnulphe », et cède à l’abbaye d’Affligem et au prieuré de Bigard des biens censaux qu’il tenait du chapitre de Saint-Rombaut de Malines à Kobbegem et Zellik

126

. Comme son père et son grand-père Amelric, Arnulphe II apparait comme un proche fidèle des ducs de Brabant, régulièrement signalé comme témoin dans leurs chartes

127

, bien qu’il se montre parfois dans d’autres entourages

128

. En 1168, étant sur le point de partir en croisade, il procède à plusieurs donations et ventes de biens de sa seigneurie de Bigard au profit du prieuré de Grand-Bigard et confirme tout ce que ses parents, ses hommes et son père

119 GANSHOF FR.-L. (1926), Études sur les ministeriales, op. cit., pp. 101-105.

120 Actes des ducs de Brabant, n° 7 (1110) ; n° 9 (1121) ; n° 10 (1122) ; n° 21 (avant 1133).

121 VLEESCHOUWERS C.(1990), De oorkonden, op. cit., vol. 2, pp. 32-33, n° 31 (1130) ; Actes des ducs de Brabant, n° 26 (1138, après le 7 mars) ; n° 50 (1150) ; n° 55 (1152) ; mentions comme notable local dans : Cartulaire d’Affligem,p. 108, n° 69 (1143-1144) ; p. 110, n° 71 (1144).

122 Actes des ducs de Brabant, n° 60 (1154).

123 Cartulaire d’Affligem, pp. 71-72, n° 41 (vers 1125) ; Actes des ducs de Brabant, n° 28 (1138, après le 1e septembre, le 24 septembre ou le 25 décembre) ; Chartes de Sainte-Gudule, pp. 13-15, n° 8 (1138) ; Actes des ducs de Brabant, n° 42 bis (13 juin 1142- 8 août 1145 et vers 1145).

124 Actes des ducs de Brabant, n° 7 (1110) ; n° 15 (1125) ; Chartes de Sainte-Gudule,pp. 11-13, n° 7 (1135).

Razon est peut-être le dapifer ducis témoin dans : Cartulaire d’Affligem, pp. 43-44, n° 24 (1117) ; VERSTEYLEN

A.J.(1929),« Les chartes de fondation de l’abbaye de Parc », Analecta Praemonstratensia, 5, pp. 122-124, n° 1 (1129) ; VLEESCHOUWERS C.(1990),De oorkonden, op. cit., vol. 2, pp. 32-33, n° 31 (1130).

125 Cartulaire d’Affligem, pp. 71-72, n° 41 (vers 1125)

126 Cartulaire d’Affligem, vol. 1, pp. 159-160, n° 103 (1157).

127 Actes des ducs de Brabant, n° 91 (un peu avant 1163) ; n° 103 (1168) ; n° 104 (1169) ; n° 105 (vers 1170) ; n° 104bis (vers 1170) ; n° 107 (1172) ; n° 111 (1173) ; FAVRESSE F.(1938),« Actes », op. cit., pp. 367-369, n° 2 (1179) ; Actes des ducs de Brabant, n° 128bis (1183) ; n° 130 (1183) ; n° 131 (14 avril 1184) ; n° 131bis (avant septembre 1185) ; n° 141 (7 décembre 1188) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 285-287, n° 207 (1190) ; pp. 288-289, n° 209 (1190) ; PIOT CH.(1870),Cartulaire, op. cit., t. 1, p. 26, n° 19, analysé dansVERKOOREN A.(1961), Inventaire, op. cit., 2e partie, t. 1, p. 24 (1190) ; DE MOREAU E.(1905),Chartes du XIIe siècle de l’abbaye de Villers-en-Brabant (AHEB, 2e section, fasc. 7), Louvain, pp. 61-62, n° 39 (1190) ; AHEB, 1872, vol. 9, pp. 43- 44 (1191) ; Codex Diplomaticus Abbatiae Ninoviensis, p. 807, n° 70 (1195) ; Cartulaire de Saint-Jean, pp. 8-10, n° 4 (1195) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 301-303, n° 223 (1196) ; Codex Diplomaticus Abbatiae Ninoviensis, pp.

813-814, n° 81 (1198) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 315-316, n° 232 (1200).

128 Cartulaire d’Affligem, p. 180, n° 119 (1164) ; Actes des ducs de Brabant, n° 127bis (1180) ; pp. 288-289, n°

209 (1190) ; Codex Diplomaticus Abbatiae Ninoviensis, p. 804-805, n° 67 (1195).

(14)

14

Arnulphe lui ont cédé

129

. Un acte donné par l’évêque Jean de Cambrai en 1204 et ratifiant une donation à l’église de Kobbegem de plusieurs dîmes faite par Arnulphe II de Bigard donne un instantané partiel (en fait, surtout masculin) de la composition de ce groupe familial : la donation est effet opéré en présence de son fils aîné Arnulphe III, de ses fils cadets Walter, Godefroid et Razon, et de son épouse Gerberge

130

. L’acte avait d’ailleurs déjà été confirmé par Arnulphe III en 1203, avec l’accord de sa mère Gerberge

131

.

Dans le dernier tiers du

XIIe

siècle, on trouve encore mention de plusieurs Bigard sans qu’il soit possible de les relier formellement à la lignée principale des Arnulphe : vers 1170, Giselman de Bigard (sans doute un frère d’Arnulphe II si l’on s’appuie sur l’argument des prénoms et la localisation du bien concédé) est attesté avec sa femme Ermengarde et sa fille Gerberge en donnant un alleu sis à Kobbegem au prieuré de Grand-Bigard

132

; Iwain de Bigard et Heriman de Bigard sont connus comme témoins, respectivement dans une charte du châtelain Francon III à l’abbaye de Ninove

133

et dans une charte du châtelain Godefroid I

er

vers 1185

134

.

Arnulphe/Arnold [III] de Bigard, confirmant la donation de son père en 1203 et cité avec ses frères et sa mère en 1204, apparaît en fait auparavant : dès 1190, on le retrouve aux côtés de son père, notamment dans un acte interprincipautaire émanant de l’archevêque Philippe de Cologne et mettant fin au désaccord entre le duc de Brabant Godefroid III et le comte de Looz, Gérard, au sujet de l’avouerie de l’abbaye de Saint-Trond

135

. Dans l’acte de 1203 qu’on vient d’évoquer, Arnulphe III est d’ailleurs qualifié de seigneur du château de Bigard

136

, ce qui confirme très clairement sa position d’aîné et de détenteur (sans doute il y a peu, à la suite de la mort de son père Arnulphe II au tout début du

XIIIe

siècle) du noyau principal du pouvoir seigneurial des Bigard. Dans un acte de 1221, c’est probablement lui que l’on retrouve sous le qualificatif de « châtelain de Bigard »

137

. Dans cette posture, il n’est pas étonnant de retrouver Arnulphe III dans la même position féodale et clientélaire que ses aïeux : la plupart de ses mentions le placent dans l’entourage du pouvoir ducal, qu’il s’agisse des ducs de Brabant ou des châtelains de Bruxelles

138

.

Deux actes de 1223 et 1224 illustrent d’ailleurs parfaitement le fait que les Bigard ont

« féodalisé » en grande partie leur patrimoine (ici de manière intrafamiliale) pour lui conférer une plus grande stabilité : en 1223 en effet, le seigneur de Bigard, Arnulphe III, transporte à l’abbaye de Saint-Bavon de Gand en tant que seigneur féodal 4 b. de terre sis près de la ferme abbatiale de Bettegem, qui étaient tenus en fief de lui par ses nièces Béatrice, Mabilie et Marguerite, filles de son frère Walter, et il ratifie la vente faite par elle à Saint-Bavon en

129 Actes des ducs de Brabant, n° 102 (1168).

130 Cartulaire d’Affligem, pp. 330-331, n° 245 (1204).

131 Cartulaire d’Affligem, pp. 321-322, n° 237 (1203).

132 Actes des ducs de Brabant, n° 105 (vers 1170).

133 Codex Diplomaticus Abbatiae Ninoviensis, pp. 772-773, n° 29 (1173).

134 Cartulaire d’Affligem, pp. 259, n° 182 ; WAUTERS A.(1879-1880), « Analectes de diplomatique », BCRH, 4e série, 7, pp. 371-372, n° 30 (vers 1185).

135 Cartulaire d’Affligem, pp. 288-289, n° 209 (1190) ; PIOT CH.(1870),Cartulaire, op. cit., t. 1, p. 26, n° 19, analysé dansVERKOOREN A.(1961), Inventaire, op. cit., 2e partie, t. 1, p. 24 (1190).

136 Cartulaire d’Affligem, pp. 321-322, n° 237 (1203).

137 Cartulaire d’Affligem, pp. 400-402, n° 315 (mars 1221).

138 GOETSCHALCKX P. J. (1909), Oorkondenboek, op. cit.,vol. 1, pp. 71-72, n° 48, analysé par VERKOOREN A.

(1910), Inventaire, op. cit., 1e partie, t. 1, pp. 19-20, n° 16 (1210) ; AAG, Classe II, cartulaire 2, f° 121v (11 juin 1213) ; Classe I, chartrier, n° 5b (14 mars 1213) ; GOETSCHALCKX P. J. (1909), Oorkondenboek, op. cit., vol. 1, pp. 76-77, n° 53 (6 septembre 1218) ; VERKOOREN A.(1961), Inventaire, op. cit., 2e partie, t. 1, p. 50 (1220) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 400-402, n° 315 (mars 1221) ; AEB, AE 5566, chartrier de la Cambre, n° 29 (1221 a.s.) ; Cartulaire d’Affligem, pp. 400-402, n° 315 (mars 1221) ; AAG, Classe II, cartulaire 1, n° 14 (mai 1221).

(15)

15

« déféodalisant » lesdits bonniers

139

; en 1224, un acte du duc Henri I

er

confirme que Béatrice, fille de feu le chevalier Walter de Bigard, a donné au prieuré de Bigard, et du consentement de son oncle Arnulphe III, 25 b. de terre (dix à Impde, six à Laeken et neuf à Grand- Bigard)

140

. De même, deux actes actes de cessions-ventes opérées en 1244 par le clerc Guillaume de Bigard se font avec l’accord et la participation du chef de famille, en l’occurrence ici dame Heylegonde/Heylewide de Bigard, sœur de Guillaume et d’Arnold IV

141

; voir les également les mentions qui suivent.

Ces activités féodales, qui peuvent paraître classiques, montrent en fait à quel point les Bigard ont parfaitement compris les mécanismes permettant d’optimiser la viabilité de leur patrimoine et de perpétuer leur position. Au-delà même, Arnulphe III (à l’image de son parent Egbert vers 1125) semble se livrer à certaines activités lucratives, en l’occurrence ici à des investissements fonciers dans des secteurs hautement profitables. C’est en tout cas ainsi qu’il faut interpréter un acte de 1217 émanant de la juridiction gracieuse du seigneur Razon V de Gavere, notifiant comment Arnulphe III de Bigard a acheté avec ses associés (notamment un certain Steppon de Lokeren) à l’abbaye de Saint-Bavon de 40 b. de wastines à Evergem (sur les rives de l’Escaut, au nord de Gand)

142

.

Le principe de primogéniture chez les Bigard entrave en grande partie la visibilité des frères d’Arnulphe III. Par quelques mentions seulement (en 1203-1204 et 1224), nous avons entrevu l’existence des frères cadets d’Arnulphe III : Godefroid, Razon et surtout Walter de Bigard, le père de Béatrice, Mabilie et Marguerite. Walter de Bigard est encore l’objet de quelques mentions dans l’entourage ducal

143

, tandis que Godefroid de Bigard est signalé comme témoin d’une charte de Walter de Zottegem en 1229 et dans une charte du châtelain de Bruxelles en compagnie de son frère Arnulphe III en 1221 (a.s.)

144

.

Le fils d’Arnulphe III, Arnold IV de Bigard, est très peu attesté dans la documentation : en 1218, c’est sans doute lui que l’on retrouve sous le qualificatif de « jeune de Bigard »

145

(à ce moment-là, son père est encore en vie), ainsi que, peut-être, en 1226, dans une charte donnée par les chevaliers Henri et Walter de Zottegem pour le prieuré de Grand-Bigard

146

. Après cette date, plus aucune trace de lui, sans que l’on puisse expliquer cette disparition précoce. C’est en tout cas Heylegonde/Heylewide de Bigard que l’on retrouve à la tête de la seigneurie dans les années 1240. En revanche, on trouve de nombreuses mentions d’autres membres de la fratrie : le clerc Guillaume de Bigard (frère d’Arnold IV et d’Heylegonde/Heylewide, puisqu’il est présenté comme le fils de Gerberge de Bigard) est connu abondamment comme chanoine à Cambrai

147

, puis archidiacre de Cambrai à Anvers

148

, archidiacre de Tournai en Flandre

149

et chanoine à Tournai

150

; un autre Guillaume, présenté simplement comme le frère

139 VLEESCHOUWERS C.(1991),De oorkonden, op. cit., vol. 1, pp. 178-179, n° 168 (février 1224).

140Cartulaire d’Affligem, pp. 424-425, n° 338 et éd. GALESLOOT L. (1878), « L’ancienne heptarchie », op. cit., pp. 287-288, n° 1 (27 septembre 1224).

141 Voir infra.

142 VLEESCHOUWERS C.(1991),De oorkonden, op. cit., vol. 1, pp. 147-148, n° 138 (25 mars 1217).

143 Cartulaire d’Affligem, p. 340, n° 256 (1209) ; BUTKENS CH. (1724-1726), Trophées, op. cit., vol. 1, Preuves, p. 60, analysé par VERKOOREN A.(1961), Inventaire, op. cit., 2e partie, t. 1, p. 47 (10 mai 1219).

144 AEB, AE 5566, chartrier de la Cambre, n° 29 (1221 a.s.) ; AVB, Ms. de Koekelberg, n° 20 (1229).

145 Codex Diplomaticus Abbatiae Ninoviensis, pp. 817-818, n° 88 (janvier 1218).

146 Cartulaire d’Affligem, p. 442, n° 354 (28 mai 1226).

147 Cartulaire d’Affligem, pp. 395-396, n° 309 (25 novembre 1220) ; AEB, AE 5566, chartrier de la Cambre, n°

31 (mai 1222).

148 Chartes de Sainte-Gudule,pp. 52-53, n° 39 (1228).

149 Cartulaire d’Affligem pp. 598-600, n° 508 (mai 1242) ; éd. GALESLOOT L. (1878), « L’ancienne heptarchie », op. cit., pp. 288-289, nos 2 et 3 (8 décembre 1244) ; p. 291, n° 4 (10 décembre 1244) ; AEL, AE 7792, cartulaire

(16)

16

de la dame de Bigard, est attesté en 1244 comme son censitaire

151

et en 1276 comme homme et censitaire du chevalier Jean de Bigard

152

.

La mention de ce dernier permet de faire la transition avec ce qui semble être la génération suivante. Arnold V de Bigard, dit Halfelle ( ?), fils de dame Heylewide de Bigard, est attesté par quelques mentions entre 1240 et 1275, notamment comme feudataire du châtelain Léon I

er

pour une dîme à Leeuw-Saint-Pierre et propriétaire foncier dans cette localité

153

. En 1257, il compose son testament, du consentement de sa mère Heylewide : outre des dons aux églises, il règle la transmission d’une rente à son fils E. ( ?) et à sa fille Catherine

154

. Néanmoins, on le retrouve encore en vie pour une dernière mention en 1275 comme échevin de l’abbaye de Forest

155

.

Sans doute ses frères, Henri de Bigard et son frère Jean de Bigard sont signalés par plusieurs mentions dans les années 1260-1270. Henri de Bigard est dit de Chapelle-Saint- Ulric : il y tient des biens en fief de son frère Jean et y est lui-même suzerain de plusieurs personnes, dont des bourgeois de Bruxelles et Razon de Gavere

156

. Il est également propriétaire foncier à Leeuw-Saint-Pierre

157

. Son frère, le chevalier Jean de Bigard, est un important seigneur féodal du nord-ouest de la région : comme on vient de le voir, il est attesté comme suzerain de son frère Henri, mais également d’autres Bigard, tels ces Razon et Guillaume de Bigard, ou encore comme suzerain du déjà évoqué Razon de Gavere, de représentants des Chapelle-Saint-Ulric, des Boc, etc.

158

On lui connait une épouse prénommée Marguerite et un fils ainé, Arnold V de Bigard

159

. On notera enfin que le chevalier Razon de Bigard, dont on ignore exactement de lien de parenté avec les frères Henri et Jean, est déjà attesté auparavant comme homme et tenancier du duc, détenteur d’un sceau que le chevalier Walter d’Aa, seigneur de Pollare lui demande d’appendre à une de ses chartes

160

.

Dans le dernier quart du

XIIIe

siècle, on retrouve à la tête de la seigneurie des Bigard le dominus Bernard et son épouse Marie, lesquels composent en 1283 leur testament commun et, après avoir opéré une série de donation de rentes au prieuré de Grand-Bigard —revenus assignées sur des biens à Berchem-Sainte-Agathe (dont un bien tenu en fief par Marie de la grande sœur de Bernard) et à Beigem—, ils choisissent d’être inhumés dans le monastère

161

. Bernard est déjà mentionné en 1276 dans un acte de Jean de Bigard, qualifié comme étant l’« héritier » de Jean

162

.

de Grand-Bigard, f° 20v, éd. GALESLOOT L. (1878), « L’ancienne heptarchie », op. cit., pp. 291-292, n° 5 (1248).

150 AEB, AE 5569, chartrier de la Cambre, n° 126 (août 1246) ; MERTENS D. (1982), L’obituaire de Grand- Bigard. Étude critique et édition, mémoire de licence en Histoire (ULB), vol. 1, pp. 94-95, vol. 2, p. 242.

151 Éd. GALESLOOT L. (1878), « L’ancienne heptarchie », op. cit., pp. 288-289, n° 3 (8 décembre 1244).

152 VLEESCHOUWERS C.(1991),De oorkonden, op. cit., vol. 1, pp. 496-497, n° 457 (août 1276).

153 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 80-81, n° 54 (mars 1240) ; pp. 164-165, n° 122 (octobre 1265).

154 AEL, AE 7792, cartulaire de Grand-Bigard, f° 286, éd. GALESLOOT L. (1878), « L’ancienne heptarchie », op.

cit., pp. 292-293, n° 6 (juillet 1257).

155 AEB, AE 7015, chartrier de Forest, n° 130 (janvier 1275 n.s.).

156 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 154-156, n° 113 (1-23 juin 1263) ; pp. 158-159, n° 116 (2-23 décembre 1263).

157 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 162-163, n° 120 (24 décembre 1264).

158 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 188-190, n° 146 (septembre 1271) ; VLEESCHOUWERS C.(1991),De oorkonden, op.cit., pp. 496-497, n° 457 (août 1276).

159 Cartulaire de Saint-Jean, pp. 162-163, n° 120 (24 décembre 1264) ; pp. 188-190, n° 146 (septembre 1271).

160 COPPENS C.(1977),Cartularium Affligemense (1254-1309), op. cit., p. 56, n° 98 (février 1265).

161 Éd. GALESLOOT L. (1878), « L’ancienne heptarchie », op. cit., pp. 293-294, n° 7 (22 juillet 1283).

162 VLEESCHOUWERS C.(1991),De oorkonden, op.cit., pp. 496-497, n° 457 (août 1276).

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