II. Vie et mort des étoiles : nucléosynthèse des éléments
Naissance d ’une étoile :
1) contraction gravitationnelle de matière « proto-étoile » ou étoile « T-Tauri »
2) contraction T° ↑
nuage interstellaire hydrogène
Répulsion électrique vaincue, association par interaction forte, désintégration par interaction faible (= « bottleneck »)
Gain en énergie = 1.44 MeV ( 1 eV = 1.602 10-19 J)
réaction de fusion Qd T° ~ 107 K : répulsion électrique entre p vaincue
Mais p+p 2He p+p !!!!
p + p (p+n) + e+ + νe d + e+ + νe
1
d + p 3He + γ
2
capture radiative Gain en énergie = 5.49 MeV
3He + 3He 4He + 2p + γ
3
Gain en énergie = 12.86 MeV Ensuite ?
1) 3He + p 4Li 3He + p !!!
2) deutons rapidement brûlés par 2
Fusion de p en
4He par chaîne proton-proton
Bilans :
1) 4p 4He + 2e+ + 2νe + 2γ
2) Energie dégagée : 2* 1.44 MeV +2* 5.49 MeV +1*12.86 MeV 26.72 MeV
Conséquences
Cœur d’une étoile = réacteur nucléaire
Energie produite énergie gravitationnelle
Energie transmise par radiation vers l’atmosphère de l’étoile sa T° couleur
Exemple : T° (atm. solaire) ~ 5300K couleur jaune
Stabilité
A ce stade, luminosité = f(T°)
« Séquence principale » sur un diagramme H-R
(Hertzsprung-Russel 1914)
Après H, fusion de He
H s’épuise
T° ↓
Contraction de l’étoile
T° ↑
Qd T ~ 108 K, répulsion électrique entre 4He vaincue Mais 4He + 4He 8Be 4He + 4He !!!
3 4He 12C + γ
Energie libérée (~ 8 MeV)
⇒
⇒
⇒
⇒
Etoile grossit pour se stabiliser Géante Rouge Exemple :RS ~ 100 Ractuel !!
- Disparition de Venus et Mercure !!
- T°(Terre) ~ 1700 K !!
Disparition de l’espèce humaine sur terre dans
~ 5 Gy !!!!!
Avec le 12C, production de 16O, 20Ne et 24Mg
12C + 4He 16O + γ
16O + 4He 20Ne + γ
20Ne + 4He 24Mg + γ
Durée du processus : ~ million d’année (soleil) Après combustion de l’He ?
T° ↓
Nouvelle contraction de l’étoile…
… la suite dépend de la masse initiale de l’étoile utile à la vie
Si M < 10 M
« Naine blanche »
- Etoile morte
- C, O, Mg ∈ cœur
- t (refroidissement) ~ My
Avenir du soleil
Les couches externes sont dispersées dans l’espace Etoile contractée au maximum (Exemple : R ~ RT)
Mais T° insuffisante pour démarrer nouvelles fusions
Si M > 10 M
Le scénario contraction-réaction se répètent plusieurs fois
1) Fusion de 12C et 16O 20Ne, 23Na et 28Si, 31P 2) 28Si …. 24Mg, 32S,…, 56Fe
Elément le plus stable
Dernier produit dans la nucléosynthèse…
SN
Evolution ~ qq My
ex. : t (Fe) ~ qq mois !!
Taille : Supergéante rouge
Fin : phénomène de Supernova (SN)
Supernova
Après la production de fer, effondrement du cœur de l’étoile
E ~ 1046 J, densité ~ densité nucléaire (noyaux « se touchent ») Etat incompressible : arrêt de l’effondrement
Effet de rebond (// ressort comprimé lâché) : onde de choc du centre vers l’extérieur, éjection violente des couches externes
Supernova : explosion de l ’étoile + grosse + lumineuse
observable dans le ciel : SN1054 SN1987A (Crabe) (Magellan)
Matière éjectée nébuleuse planétaire (visible ~ 50000ans)
Nébuleuses planétaires
La nébuleuse planétaire IC 418.
L'étoile au centre s'est transformée en nébuleuse planétaire il y a quelques milliers d'années. Le diamètre de la nébuleuse atteint maintenant 0,2 années-lumière. Crédit : NASA/STScI
En 1987 : SN dans le nuage de Magellan
Que devient le cœur de l’étoile ?
Si M < 30 M : PULSAR ou « Etoile à neutrons »
- Rayons émis par les pôles du champ magnétique
- Vitesse rapide de rotation autour des pôles géographiques
- Axes magnétiques et géographiques décalés
« Gyrophare »
Que devient le cœur de l’étoile ?
Si M < 30 M : PULSAR ou « Etoile à neutrons »
- Noyaux « explosés » p + e- n + ν
- Cœur : ~ 99% de neutrons
à identifier sur terre…
Caractéristiques globales d’un pulsar
ρmoyenne ~ ρnucléaire = 3 1014 g/cm3 m ~ m , R ~ 10 km
T° (cœur) ~ 108 – 109 K
trotation ~ 5 10-4 s (SN1987A)
Ejection de particules à v ~ c
décélération du système : ky ou My
Que devient le cœur de l’étoile ?
Si M > 30 M : TROU NOIR
- Force de gravitation exceptionnelle tout est absorbé, rien n’est émis - « Vitesse de libération » > c
la lumière est piégée (« trou noir »)
- Mise en évidence : étoile double sans compagnon (2 ∈notre galaxie)
Etoile double normale Etoile double dont un membre est un trou noir
Phénomène cyclique
Etoile de 2ème – 3ème génération présence d’éléments lourds
cycles de production alternatifs
Exemple : cycle CNO (carbone-azote-oxygène) carbone = catalyseur
synthèse d’autres éléments
Résumé
Etoile = équilibre entre interaction gravitationnelle (effondrement) et interaction nucléaire (fusion des noyaux)
Séquence principale H He
m < 10 m
Géante rouge He C, O, …
naine blanche
matière dispersée dans l’espace m >
10 m
Supergéante rouge He C, O,…
C, O Ne, Si Si 56Fe
SN m < 30 m
pulsar / étoile à n
Trou noir m >
30 m
matière expulsée = nébuleuse
tcaract Gy
My
Quelques calculs…
1) Gain en énergie dans une réaction nucléaire. Application au cycle p-p 2) Calcul de la densité nucléaire et applications (terre, pulsar)
3) Période de rotation et vitesse de rotation d’un pulsar 4) Vitesse de libération et trou noir
Nucléosynthèse des éléments lourds
Bilan de la production :
- nucléosynthèse primordiale : H, D, T, He, Li, Be - nucléosynthèse stellaire : He, C, O, …, Fe
Au-delà du fer :
- fusion de noyaux inhibée par la répulsion coulombienne
- capture de neutrons = processus très probable pour produire : des éléments légers riches en neutrons
des éléments plus lourds que le fer isotopes de + en + instables
désintégration β = Z ↑
S Cl Ar K
Ca 46
46 47
43 44 45
44 45
46 47
45 48
46 48
48
β-decay n capture delayed n emission
s et r_process rp_process
- le processus-s (s comme slow : lent) plusieurs millions d'années ! - le processus-r (r comme rapide) de l'ordre de la seconde
Dans quels sites ?
Dans les supergéantes rouges, après la combustion de l’He : Production de neutrons
13C(4He,n)16O taux : 108 n/cm3
température pas très élevée
Processus de capture lent (processus s) Compétition capture – désintégration β
Noyaux peu riches en neutrons Arrêt au Pb, Bi
209
Bi + n →
210Bi + γ
210
Bi →
210Po + β
- + ν210
Po →
206Pb + α
Dans quels sites ?
Dans les supernovae :
Production de neutrons ( étoiles à neutrons) taux : 1020 n/cm3
température très élevée
Processus de capture rapide (processus r) Compétition capture – désintégration β
Noyaux très riches en neutrons
Production des noyaux les plus lourds : U, Pu, Cf
Remarque :
Processus Rp : capture rapide de protons
Processus moins probable (répulsion coulombienne)
Modèles de synthèse des éléments ?
Scénarios complexes :
via noyaux très exotiques (+10-20n !!!)
Tests des modèles :
- météorite = cadeau tombé du ciel !
- recherche en physique nucléaire (GANIL/SPIRAL/SPIRAL2) très mal connus !!
caractéristiques issues de modèles nucléaires incertains scénarios astrophysiques difficiles à établir
Exemple : rapport isotopique [
48Ca]/ [
46Ca]
S Cl Ar K
Ca 46
46 47
43 44 45
44 45
46 47
45 48
46 48
48
Modèle (< 1993)
β-decay n capture delayed n emission
(+8-9 neutrons)
désintégration β suivie de l’émission d’un n
[48Ca]/[46Ca] < 1
Processus statistiques :
Probabilité de capture dépend de la T°
Probabilité de décroissance dépend de la période du noyau
temps au bout duquel la moitié des noyaux d’un échantillon s’est désintégrée (T1/2)
Si T1/2 ↓ probabilité β > probabilité de capture…
Météorite ALLENDE
- Météorite tombée au Mexique en 1969 (chondrite)
- Masse totale > 2 tonnes !
- Origine : nébuleuse origine du système solaire ?
- Minéralogie très complexe
[48Ca]/[46Ca] = 250 !!!
En 1993 : Mesures de T1/2 et Pn au GANIL
S Cl Ar K
Ca 46
46 47
43 44 45
44 45
46 47
45 48
46 48
48
Modèle
46
46 47
43 44 45
44 45
46 47
45 48
46 48
48
45 47
Après 1993
β-decay n capture delayed n emission
Expérience au GANIL en 1993 - T1/2(45Cl) ↓
- Pn(46Cl) ↑ - …
Processus-s, -r Nucléosynthèse stellaire Nucléosynthèse primordiale
H, He dominants : 94% et 5.9%
Structure en dents de scie (Z > 6) : N(Z pair) > N(Z impair) Effet nucléaire (force d’appariement)
Comportement pour Z < 6 :
- H, He produits en nucléosynthèse primordiale
- Be, Li aussi en + faible quantité, puis détruits dans les étoiles Pic du Fe : fin de la nucléosynthèse stellaire
Abondance des éléments
( en masse )
INSTITUT NATIONAL DE PHYSIQUE NUCLÉAIRE E T D E PH Y S I Q U E D E S PA R T I C U L E S
T4
r-process
35 40 45 50 55 60 65 70 75 80
-6 -4 -2 0 2 4 6
Janecke, Masson
&
1988 Aboussir et al.,
1992 Duflo
& Zuker, 1996
Moeller et al., 1995 Comay et al.,
1988 Tachibana
et al., 1988 Janecke &
Masson, 1988 Groote et al., 1976
Measured masses
Model difference (MeV/c2 )
N (Z = 37)