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Corrigé de l'interrogation d'Octobre 2008

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Texte intégral

(1)

Universit´e P. et M. Curie Licence de Math´ematiques

LM360 B

Jeudi 23 octobre 2008

Topologie et Calcul Diff´ erentiel Corrig´ e de l’interrogation

Dur´ee 2 h 30 – sans document

I 1) Puisqueyi =P

16j6nmi,jxj et que |xj|6kxk pour tout j, on a

|yj|6X

j

|mi,j| |xj|6X

j

|mi,j| kxk donckyk= supi|yi|6kxk(supiP

j|mi,j|) ce qui montre que kMk6supiP

j|mi,j|.

2) Puisque D−1 = (ci,j) est la matrice diagonale dont les coefficients diagonaux sont les m−1i,i , on a

bi,j =X

k

ci,kmk,j =ci,imi,j = mi,j mi,i et en particulierbi,i = 1. On a donc P

j6=i|bi,j|= 1

|mi,i| X

j6=i

|mi,j|<1 =bi,i.

Il en r´esulte que la matrice B−I a une diagonale nulle et ses termes non diagonaux

´egaux `a ceux de B, et que

kI−Bk=kB−Ik6sup

i

(X

j6=i

|bi,j|)<1

et ceci montre queB est inversible dans l’alg`ebre de Banach L(Rn). Et puisque M =DB, on voit que M est inversible, d’inverse B−1D−1.

II 1) Pours ett dans R, on a

ϕ(s)−ϕ(t) = eiseit= ei(s+t)/2(ei(s−t)/2e−i(s−t)/2) = 2isins−t

2 ei(s+t)/2 d’o`u|ϕ(s)−ϕ(t)|= 2

ØØ

ØØsin s−t 2

ØØ ØØ.

En particulier, si ϕ(s) = ϕ(t), on a s t = 2kπ avec k Z. Si, de plus, s et t appartiennent `a [−π

3

3], on a |s−t| <

3 , donc s = t. Et puisque ϕ est une bijection continue du compactK = [−π

3, π

3] sur ϕ(K), on en conclut que ϕest un hom´eomorphisme de K sur ϕ(K). Pour s ∈K on a |ϕ(s)−1| =|ϕ(s)−ϕ(0)| = 2ØØØsin s

2 ØØ

Ø 62 sinπ

6 = 1, donc

(2)

ϕ(s)∈Γ. Inversement, si z Tavec |z−1|61 et sis est un argument dez tel que|s|6π, on a 2 sin|s|

2 =|z−ϕ(0)|= |z−1|61, donc |s|6 π

3. On en conclut que ϕ(K) = Γ. Alors

`=ϕ−1 est continue de Γ sur K R, et on a ei`(z)=ϕ`(z) =z pour tout z Γ.

2) L’ensembleU est image r´eciproque du ferm´e{0}deRpar l’application continueg1−g2, donc est ferm´e dans X, et contient a puisqueg1(a) =g2(a) = 0. On a pour tout x de X : ei(g1−g2)(x) = f(x)

f(x) = 1, donc (g1 −g2)(x) 2πZ. Il en r´esulte que (g1−g2)(x) = 0 si et seulement si|(g1−g2)(x)|< π, donc que U = {x∈ X :|(g1−g2)(x)|< π}, qui est l’image r´eciproque de l’ouvert ]−π, π[ deRpar la fonction continue g1−g2. Ceci montre que U est ouvert dansX.

Et puisque U est ouvert ferm´e non vide dans l’espace connexe X, il est ´egal `a X, ce qui montre queg1 =g2.

3) Puisque I est compact, la fonction continue f est uniform´ement continue : il existe donc unδ >0 tel que

|x−y|6δ = |f(x)−f(y)|61 et en prenant l’entierq sup´erieur `a 1

δ, on obtient le r´esultat cherch´e. Pour xdans [p

q,p+ 1 q ], on a alors

ØØ ØØx− p

q ØØ ØØ6 1

q, donc |f(x)−f(p/q)|61 et puisque |f(p/q)|= 1

|fp(x)1|= |f(x)−f(p/q)|

|f(p/q)| =|f(x)−f(p/q)|61 c’est `a dire que fp(x)Γ, et que`fp est continue sur [p

q,p+ 1 q ].

On d´efinit alors par r´ecurrence sur p = 0,1, . . . , q1 : g(p+ 1

q ) =g(p

q) +`fp(p+ 1 q ) et la fonction g sur chaque intervalle [p

q,p+ 1

q ] par g(x) = g(p

q) + `fp(x). Puisque ces intervalles forment un recouvrement fini de I en ferm´es et que g est continue sur chacun d’entre eux, on obtient que gest continue sur I. On v´erifie ensuite par r´ecurrence sur p que eig(p/q) = f(p/q) : c’est vrai pour p = 0 puisque f(0) = 1 et que g(0) = 0. Et si c’est vrai pourp, on a eig((p+1)/q) = eig(p/q)`fp((p+ 1)/q) =f(p/q).f((p+ 1)/q)

f(p/q) = f((p+ 1)/q).

Enfin, pourx∈ [p

q, p+ 1

q ], on a eig(x)=f(p/q).ϕ`fp(x) =f(p/q) f(x)

f(p/q) =f(x).

On a donc bien ϕg(x) =f(x) pour tout x ∈I.

4) Il r´esulte de la question 3) qu’existe une fonction continue g : I R nulle en 0 telle que ϕg = f et de 2) que cette fonction est unique (puisque I est connexe). Si on d´esigne parR(f) cette unique fonctiong, la fonctionRest bien d´efinie surE ; et l’unicit´e d´emontr´ee en 2) montre que si une fonction R : E C(I,R) poss`ede les propri´et´es de l’´enonc´e, on doit avoir R(f) =R(f) pour toute f ∈E, donc que R doit ˆetre ´egale `a R.

La fonction`est continue en 1 sur Γ : pourε >0, on peut donc trouver unδ >0 (qu’on peut sans perte de g´en´eralit´e supposer inf´erieur `a 1), tel que |`(z)| = |`(z)−`(1)| 6 ε si

2

(3)

z Γ et |z−1|6δ. Il en r´esulte que si z T et |z−1|6δ, on a z Γ et |`(z)|6ε.

Si on suppose maintenant que f1 et f2 appartiennent `a E, que g1 = R(f1), g2 =R(f2) et que d(f1, f2) = supx∈I |f2(x)−f1(x)|6δ, on a pour tout x de I :

ØØ ØØ

f2(x) f1(x) 1

ØØ

ØØ= |f2(x)−f1(x)|

|f1(x)| =|f2(x)−f1(x)|6δ <1 La fonction`(f2

f1

) est donc d´efinie et continue sur I, `a valeurs dans [−ε, ε]. Et puisque

ϕg2 =f2 =f1.f2

f1 =ϕ(g1+`(f2 f1)) on d´eduit de2) queg2 =g1+`(f2

f1), donc que pour toutx∈I on a

|g2(x)−g1(x)|= ØØ ØØ`(f2

f1)(x) ØØ ØØ6ε , c’est-`a-dired(g1, g2)6ε.

Et puisque, pour tout ε > 0, on peut trouver un δ > 0 tel que d(R(f1), R(f2)) 6 ε si d(f1, f2)6δ, on conclut que R est uniform´ement continue, et a fortiori, continue.

Comme |g1(1)−g2(1)| 6 supt∈I|g1(t)−g2(t)| = d(g1, g2), on voit que l’application g7→g(1) est 1-lipschitzienne, et par composition avec R, on en d´eduit que ρ:f 7→R(f)(1) est continue deE dans R. Alors, sig=R(f), on a ϕρ(f) =ϕ(g(1)) =f(1).

5) L’ensemble ferm´e born´e B de E est compact puisque E est de dimension finie. Il en r´esulte que f est uniform´ement continue sur B. Pour ε > 0, il existe donc un α > 0 tel que |f(y)−f(x)| 6 ε si kx−yk 6 α. Alors, pour t I, on a ktx−tyk = tkx−yk 6 α, donc |F(x)(t)−F(y)(t)| = |f(tx)−f(ty)| < ε d`es que kx−yk < α. Il en r´esulte que d(F(x), F(y))6ε si kx−yk6α, donc que F est continue.

6) Puisque ρ et F sont continues, il en est de mˆeme de g = ρF : B R. Pour x = 0, F(x) est la fonction constante 1, donc R(F(0)) est la fonction constante nulle et g(0) =ρ(F(0)) = 0.

De plus, eig(x) =ϕρF(x) =F(x)(1) =f(1.x) =f(x). La fonctiong satisfait donc les conditions requises.

3

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