HAL Id: hal-00889674
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Submitted on 1 Jan 1997
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Effet du niveau d’alimentation énergétique de génisses laitières de races Holstein et Normande jusqu’à l’âge de
14 mois sur les performances durant les périodes d’élevage et de lactation
Jl Troccon, A Muller, Jr Peccatte, M Fargetton
To cite this version:
Jl Troccon, A Muller, Jr Peccatte, M Fargetton. Effet du niveau d’alimentation énergétique de
génisses laitières de races Holstein et Normande jusqu’à l’âge de 14 mois sur les performances durant
les périodes d’élevage et de lactation. Annales de zootechnie, INRA/EDP Sciences, 1997, 46 (1),
pp.27-41. �hal-00889674�
Article original
Effet du niveau d’alimentation énergétique de génisses
laitières de races Holstein et Normande jusqu’à l’âge
de 14 mois
surles performances
durant les périodes d’élevage et de lactation
JL Troccon A Muller JR Peccatte M Fargetton
1 Station de recherches .sur la vache laitière, lnra, 35590 Stiiiit-Gilles ;
2Domaine
d’expérimentation
du Pin au Haras. lnra, 61310 Exmes..;Domaine
d’expérimentation,
lnra, 93310Petit-Bourg,
France(Reçu
le 1septembre
1995 ;accepté
le 22 août 1996)Summary — Energetic feeding
from birth to 14 months of Holstein and Normandairy
heifersand next
performances.
Holstein(n
=71 )
and Norman(n
=32)
heifers bornduring
3 successive yearswere allocated to two Moderate
(M)
andHigh (H) energetic
treatments from birth to the mean age of 14(± 1)
months. Feed restriction inmilk,
concentrate and cornsilage
wasequal
to 400 UFL.Live
weight gains
were 691 and 845g/day.
Liveweight
was decreasedby
1 7% with the M treatment(335
vs 404kg).
From the end of theexperimental period
to the firstcalving,
the M heifers realizeda
compensatory growth compared
to the H heifers(+95 g/day),
which was slower in Holstein heifers than in Norman heifers. Thefertility
of the Holstein heifers washigher
with the M treatment than with the H treatment(+24%
after two artificialinseminations,
P <0.02).
Thefertility
of the Norman heifers did not differ between the M and H treatments.However,
milkproduction
was not affectedby
the treatments. Cowfertility
washigh
when Holstein and Norman heifers were fed the H and M treatments,respectively, probably
becausethey
havehigh (Holstein)
and low(Norman)
levels of milkproduction.
Healthproblems, culling
and meatproduction
were similar with the two treatments.Thus,
latecalving
heifers may receive limitedenergetic
levels at anearly
age.Nevertheless,
Normanheifers have
higher
compensatorygrowth
than Holstein heifers.dairy
heifers /feeding
/ energy / milk /longevity
*
Correspondance
et tirés à part.Fax : (33) 02 99 28 51 O1 ; courriel :
[email protected]
Résumé — Des
génisses
de races Holstein(n
=7 1)
et Normande(n
=32)
nées au cours de 3 années successives ont été soumises à deux traitementsénergétiques,
Modéré(M)
et Haut(H),
entre lesâges
de 6 semaines et 14 mois. Au cours de lapériode expérimentale,
lesapports énergétiques
en laitentier,
en aliment concentré et enensilage
de maïs du traitement M ont été de 400 UFL inférieurs àceux du traitement H.
À
la fin de lapériode expérimentale,
lepoids
vif desgénisses
M a été de17 %
plus
faible(335
contre 404kg).
Lesgains
depoids
vif desgénisses
M et H ont étérespectivement
de 691 et 845
g/jour.
De la fin de lapériode expérimentale
aupremier vêlage
àl’âge
de 3 ans, lesgénisses
M ont réalisé une croissancecompensatrice
parrapport
auxgénisses
H(+95 g/jour), plus
lente en race Holstein
qu’en
race Normande. La fertilité desgénisses
M a été améliorée par rap-port
auxgénisses
H(+24
%après
deuxinséminations,
p <0,02).
Enrevanche,
lesproductions
lai-tières n’ont pas été affectées par les traitements. La fertilité des vaches Holstein H et des vaches Normandes M a été
meilleure,
sans doute influencée par lesproductions
laitières élevée en raceHolstein et faible en race Normande. Les
problèmes sanitaires,
les causes de réforme et lespoids
descarcasses des vaches ont été
identiques
dans les deux traitements.Ainsi,
lesgénisses
destinées àun
vêlage
tardif vers 3 anspeuvent
recevoir desapports énergétiques
limités dans lejeune âge.
Cependant, les génisses
Normandes sontplus aptes
que lesgénisses
Holstein à réaliser une forte crois-sance
compensatrice.
génisses
laitières / alimentation /énergie
/ lait /longévité
INTRODUCTION
La
première
annéed’élevage
desgénisses
lai-tières est
marquée
par le passage de l’état demonogastrique
à celui de ruminant(3-4
pre- miersmois)
et parl’acquisition
de la maturitésexuelle,
versl’âge
de 10 mois dans la race Hol- stein dans des conditions normales de conduite(Troccon
etPetit, 1989).
Au cours de la
période prépubère,
le déve-loppement
des tissus osseux et musculaire estrapide (Robelin
etal, 1986).
Enrevanche,
lesapports énergétiques prépubères
excessifs ris-quent
de réduire ledéveloppement
du tissu sécré- teur mammaire(Jammes
etDjiane, 1988)
et laproduction
laitière ultérieure(Foldager
etSejr-
sen,
1991 ; Sejrsen, 1994).
Les
génisses
destinées à desvêlages précoces
vers
l’âge
de 2 ans nécessitentcependant
descroîts assez élevés dans le
jeune âge (de
la nais-sance à 6
mois)
et undéveloppement rapide
etsuffisant jusqu’au premier vêlage
pour en faci- liter le déroulement. Lesobjectifs
suivants ont étéproposés
dans les races degrand
format(675 kg
de
poids adulte) :
200kg
àl’âge
de 6mois,
400
kg
à lapremière
insémination et 600kg
avant le
premier vêlage
à 24 mois(Troccon, 1993). ).
Dans le cas de
vêlages
tardifs(vers l’âge
de3
ans),
les croissancespeuvent
êtrebeaucoup plus modérées,
cequi permettra
de réduire le coût de l’alimentation dans lejeune âge (lait,
aliment concentré et foin ou
ensilage).
L’inci-dence d’une réduction des
apports
alimentaires de la naissance àl’âge
d’environ 15mois,
envue d’un
vêlage
tardif à 3 ans, a été étudiée dansce but au domaine Inra du Pin au Haras.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Schéma
expérimental
et traitements Lesgénisses
ont été conduites en deux lotssépa-
rés destinés à recevoir un
régime
alimentaire soit Modéré(lot M)
soit Haut(lot H)
de la nais-sance
jusqu’à l’âge
de 14-15 mois.À partir
de lapremière
sortie enpâture
vers 14-15mois,
lesgénisses
des deux lots ont étémélangées
et ontreçu les mêmes
régimes.
Nos
objectifs
ont étépour le
lot H d’obtenirune croissance
comparable
à celle visée pour unvêlage précoce (400 kg
àl’âge
de 15 mois pour des vachespesant
675kg
àl’âge adulte ;
Troc-con,
1993)
et pour le lotM,
de réduire lepoids
vif de 20 %
(320 kg
àl’âge
de 15mois).
Lesrestrictions
énergétiques appliquées
auxgénisses
M par
rapport
auxgénisses
H ontporté
sur lesapports
de lait entier(de 1,5
mois à 3 moisd’âge),
d’aliment concentré(de
3 à 9mois)
etde
fourrage (de
9 à 15mois).
Lesconséquences
des 2
régimes
ont été mesurées sur ledévelop- pement corporel, la reproduction, la production
laitière et la
longévité
des animaux(génisses puis vaches).
Troupeau
et lots degénisses
L’essai a
porté
sur 103génisses
de races Hol-stein
(n
=71)
et Normande(n
=32)
nées à la date moyenne du 6 février au cours des hivers 1986 à 1988 au sein dutroupeau
du domaine Inra du Pin au Haras(Orne, France).
Dès la nais-sance et tous les
hivers,
lesgénisses
ont étélogées
par groupes de 8 à 10 dans des casespaillées.
La mise en lot est intervenue peu
après
lanaissance. Les critères de mise en lots ont été la race et la date de
naissance, le
rang de lacta- tion de la mèreet l’origine paternelle.
Alimentation de la naissance à 14-15 mois
(période expérimentale)
Séparées
de leur mère dès lanaissance,
lesgénisses
ont reçu du colostrum au seaupendant
6
jours
en 2 repas parjour. Jusqu’au
sevrageréalisé
à 8 semaines(lot M)
ou 13 semaines(lot H),
le lait entier a été distribué individuel- lement enquantité limitée,
en 2 repas parjour (au
maximum 4
kg
parrepas).
Lesgénisses
ont dis-posé
d’aliments solides dès la troisième semained’âge :
un aliment concentrégranulé
de 5 mm dediamètre à base de céréales et de tourteau com-
plémentés
en minéraux et en vitamines(au
maxi-mum 2
kg
parjour)
et du foin distribué à volonté.L’alimentation des
génisses
des deux lots n’a pas différéavant l’âge
de 6semaines, qui
marque le début du sevrage desgénisses
M.Le
printemps
et l’été suivant la naissance(du
15 mai au 18
octobre),
lesgénisses
ont reçu de l’herbecoupée (essentiellement
du ray-grassanglais) complémentée
en minéraux sans(lot M)
ou avec(lot H) l’apport
de1,5 kg
d’alimentconcentré.
Au cours de l’hiver suivant
(10
à 15 moisd’âge), les génisses
ont reçu del’ensilage (herbe
ou
maïs)
distribué enquantité
limitée(lot M)
ou à volonté
(lot H).
Lapériode d’application
des traitements s’est terminée avec la mise à l’herbe des
génisses
en moyenne le 11 avril de l’année suivant leur naissance.Alimentation
jusqu’au premier vêlage
et au cours des lactations
De
l’âge
de 14-ISmois jusqu’au premier vêlage,
les
génisses
M et Hregroupées
ont reçu ensemble les mêmesrégimes
alimentaires. Aucours des deux
périodes
estivalessuivantes,
lesgénisses
ontpâturé
desprairies
naturelles ou desprairies temporaires
à base de ray-grassanglais.
Au cours du troisième
hiver,
elles ont reçu desquantités identiques
et limitéesd’ensilage
d’herbe ou de maïs. Les vaches ont
pâturé
enété et ont reçu en hiver un
régime
à base d’ensi-lage
de maïs distribué à volonté. Les vaches ont étécomplémentées
en aliment concentré selon leurproduction
laitière(Hoden
etal, 1988).
Mises à la
reproduction
et conduiteLa mise à la
reproduction
desgénisses
et desvaches est intervenue
après synchronisation
descycles
sexuels(méthode Synchro-Mate B,
Pelotet
al, 1984).
Les inséminations desgénisses
etdes vaches ont débuté en avril de
chaque année,
peu avant la mise à l’herbe. Undiagnostic pré-
coce de
non-gestation,
réalisésystématiquement
(dosage
de laprogestérone plasmatique
21jours
après l’insémination),
apermis
une éventuellenouvelle induction d’oestrus par une
injection
de
prostaglandines. Ensuite,
lesgénisses
et lesvaches non
gestantes
ont été inséminées sur les chaleurs naturelles observées. Les événements concernant lareproduction
et le déroulement desvêlages
ont étéenregistrés.
Les
génisses
ont été traitéespréventivement
contre les
strongles digestives
et la douve. Le tarissement des vaches est intervenu 2 mois avant la dateprésumée
duvêlage
suivant.Mesures et contrôles
Au cours de la
période expérimentale,
les quan- tités offertes et refusées de laitentier,
d’aliments concentrés etd’ensilages
ont été mesurées tous lesjours.
Enrevanche,
lesquantités
de foin etd’herbe
affouragée
n’ont pas été mesurées. Lespesées
desgénisses
ont été bimensuellesjusqu’à l’âge
de 18mois, puis
mensuellesjusqu’au
pre- miervêlage
et hebdomadaires pour les vaches.La hauteur au
garrot,
le tour depoitrine,
la lar-geur aux hanches ont été mesurées chez les
génisses
à la fin de lapériode expérimentale
avant la mise à
l’herbe,
l’année suivante avant la mise à l’herbe et avant la rentrée pour le pre- miervêlage.
Le lait
produit
parchaque
vache a étépesé
àchaque
traite(deux
parjour).
Il a été échan-tillonné, après homogénéisation,
2jours
par semaine àchaque
traite pour la détermination des tauxbutyreux
etprotéique.
Les troubles sani- taires ont été relevés lors de la survenue de toutépisode pathologique.
Analyses statistiques
des donnéesLes
performances
decroissance,
deproduction,
de
reproduction
et de santé ont étéanalysées (Sas, 1987)
en fonction de l’année de naissance(n
=3, 1986,
1987 et1988),
de la race(n
=2,
Holstein etNormande)
et du lot(n
=2,
M etH).
Les interactions entre les trois facteurs ont été introduites dans le modèle. Des interactions
observées entre les lots et les races au niveau des mensurations et de la fertilité ont conduit à
une
analyse séparée
des résultats dans chacune des races Holstein et Normande. L’interaction entre les années et les lots a été testée et écartée du modèle en l’absence designification (p
>0,05).
RÉSULTATS
La
période expérimentale
s’est achevée àl’âge
de 432 ±
30 jours d’âge
desgénisses.
Au pre- miervêlage, l’âge
moyen des 85génisses pri- mipares
a été de I 070 ± 54jours.
Quantités ingérées (période expérimentale)
Les
génisses
M ont reçu moins de lait entier(274 kg
soit environ 35kg MS),
d’alimentconcentré
(208 kg MS)
etd’ensilage (143 kg MS)
que lesgénisses H,
soitl’équivalent
de400 UFL environ
(tableau 1).
Elles ont consommé un peuplus
depaille (59 kg MS)
etprobablement plus
de foin et d’herbe en substi-tution à l’aliment concentré.
Croissance
Au cours de la
période expérimentale,
lesgénisses
M ont eu ungain
depoids
vif inférieur à celui desgénisses
H(691
contre 845g/jour,
p <
0,001, tableau II).
Les différences de crois-sance entre les deux lots
apparaissent
versl’âge
de 2 mois alors que débute le sevrage des
génisses
M(fig 1).
Pendant lapériode
d’affou-ragement
del’herbe,
lesgénisses
M ont eu unexcellent niveau de
croissance,
de sorte que l’écart depoids
vif à la fin de lapériode expéri-
mentale a
principalement
résulté du rationne- ment au cours du deuxième hiver.À
la fin de lapériode expérimentale, les
men-surations des
génisses
M ont été inférieures à celles desgénisses
H de 3 cm pour la hauteurau
garrot,
de 2 cmpour la largeur
aux hanches etde
12,7
cm pour le tour depoitrine (p
<0,001, tableau II).
À
lanaissance,
lesgénisses
Holstein ont étéplus légères
que lesgénisses
Normandes(40,0
contre
43,4 kg,
p <0,02)
mais lesgénisses
Hol-stein ont été
plus
lourdes à la fin de lapériode expérimentale.
Leurgain
depoids
vif a été de771
g/jour
au lieu de 750g/jour
pour lesgénisses
Normandes(p
<0,004).
Cet écart est dûaux
gains
depoids
des 8génisses
Normandesnées en 1987
(728 g/jour)
alors que legain
des22
génisses
Holsteincontemporaines
a été de810
g/jour. À
la fin de lapériode expérimen- tale,
la totalité desgénisses
Holstein a étéplus
haute au
garrot
que la totalité desgénisses
Nor-mandes
(+2,1
cm, p <0,02).
Enrevanche,
les différences ne sont passignificatives
entre lesgénisses
des races Holstein et Normandequi
vêleront
(tableau II).
Durant la
période postexpérimentale,
lesgénisses
M ont eu ungain
depoids
vifsupé-
rieur à celui des
génisses
H(554
contre 459g/jour,
p <0,001,
tableauII).
Avant lepremier vêlage,
les mensurations desgénisses
M et Hont été
identiques. Cependant,
au milieu de lapériode postexpérimentale,
lalargeur
auxhanches est restée
plus
faible de1,1 cm (p
<0,01 )
pour lesgénisses M,
alors que la hauteurau garrot et le tour de
poitrine
ont étééquivalents (tableau II).
La croissance
compensatrice
a été moinsimportante
chez lesgénisses
Holstein(+79 g/jour,
p <0,001 )
que chez lesgénisses
Normande
(+128 g/jour,
p <0,001).
En raceHolstein,
lacompensation (70 %)
s’est pro- duite surtout dès lapremière
mise à l’herbe( 100 jours,
+195g/jour, p
<0,001 ) puis pendant
l’hiver suivant
(+58 g/jour, ns)
et la différencede
poids
vif observée versl’âge
de 6 mois s’est retrouvée àproximité
dupremier vêlage (fig 1).
Chez les
génisses
de raceNormande,
la com-pensation
a étéimportante
tout aulong
du pre- mier(+300 g/jour,
p <0,001)
et du deuxièmepâturage (+90 g/jour,
p <0,05)
mais nulle enhiver. Les
génisses
Normandes M et H ontpré-
senté le même
poids
vif lors de la deuxième mise à l’herbe et lesgénisses
Mpèsent
20kg
deplus
versl’âge
de 1 000jours.
La croissancecompensatrice
desgénisses
Normandes M aété élevée dans la seconde moitié des
périodes
de
pâturage (été
etautomne) comparativement
aux
génisses
Holstein. Avant lepremier vêlage (tableau II),
une différencesignificative (p
<0,05)
a subsisté sur le tour depoitrine
dansla race Holstein en faveur des
génisses H,
l’inverse est obtenu en race Normande
(NS).
Après
lepremier vêlage,
les vachesprimi-
pares Holstein M ont été
plus légères
que lesgénisses
H de 36kg (p
<0,001 En revanche,
les vachesprimipares
Normandes des deux traite- ments ont eu le mêmepoids
vif(+5 kg
pour lesgénisses H, NS).
Les différences au sein des deux races se maintiennent tout aulong
de lapremière
lactation(fig 3).
Les 32 vaches
(25
Holstein et 7Normandes) qui
ont eu troisvêlages pesaient
640kg après
le
premier,
673kg après
le second et 728kg
après
le troisième. En raceHolstein,
cespoids
ont été de
638,
667 et 725kg respectivement (tableau II).
Reproduction
Quatre-vingt-dix
neufgénisses
ont été mises à lareproduction (tableau III).
Lesgénisses
des deuxraces avaient en moyenne le même
âge. À
lapremière insémination,
lesgénisses
Holstein Mpesaient
23kg
de moins que lesgénisses
H(p
<0,02).
L’écart étaitplus
faible dans la raceNormande
(9 kg).
Après
lapremière insémination,
la fertilité desgénisses
Holstein a été satisfaisante dans le lot M mais faible dans le lot H(77,1
contre47,1 %,
p< 0,01). Après
deux inséminations etglobalement,
l’écart de fertilité se réduit à24,2 (p
<0,02)
et17,9 (p
<0,05) points respective-
ment. La fertilité des
génisses
Holstein a étéinférieure à celle des Normandes :
76,8
% au lieu de 100 %après
deux inséminations(tableau III).
Lesgénisses
Holstein ont eu desgestations simples plus
courtes de 6jours
parcomparai-
son aux
génisses
Normandes(p
<0,001)
et ellesont eu
plus
degestations gémellaires (4
contre0).
Les
génisses
Normandes M et H ont eu unefertilité
identique.
Autotal,
87génisses
ont débutéune
gestation.
Dans les deuxraces, les
traitements alimentaires n’ont pas eu d’effets sur la durée de lagestation,
les conditions devêlage
et lepoids
ainsi que la vitalité des veaux à la naissance.
Les
poids
des veaux à la naissance ont été élevés(44,1 kg ± 3,7
pour les mâles et39,5
±4,9 kg
pour lesfemelles). Cependant,
le ratio«
poids
duveau/poids
de la mèreaprès
levêlage
» a été faible(6,99
% ±0,76
pour les mâles et6,1
1 % ±0,87
pour lesfemelles).
Ce ratio a étéplus
élevé avec les vaches Holsteinprimipares
M car elles sontplus légères.
Quatre-vingt-dix
pour cent des vaches Hol- steinayant
vêlées ont été mises à lareproduction
contre 79 % des vaches Normandes
(tableau III).
La fertilité des vaches Holstein M ou H a été
identique. Cependant,
les vaches Holstein M ontun intervalle entre les
vêlages
successifsallongé
de 12
jours (p
<0,05)
parrapport
aux vaches H. Enrevanche,
les vaches Normandes M sontplus
fertiles que les vaches H(p
<0,02).
Les traitements alimentaires n’ont pas eu d’autres effetssignificatifs
sur l’intervallevêlage-insé-
mination
fécondante,
la durée de lagestation,
la difficulté du
vêlage,
lepoids
et la vitalité desveaux à la naissance.
Lait et
composition
du laitQuatre-vingt-quatre
vachesprimipares
ont ététraites
(deux
avortements et un accident au pre- miervêlage). Quinze
vachesprimipares (dix
Holstein et
cinq Normandes)
et 15 vaches mul-tipares (sept
Holstein et huitNormandes)
ont eudes lactations inférieures à 20 semaines
(tableau IV, fig 2).
Lesproductions (en
20semaines)
delait et de matières grasses et
protéiques
desvaches traites au moins 20 semaines n’ont pas été
significativement
différentes entre les vaches M et Hqu’elles
soientHolstein
ouNormandes, pri- mipares
oumultipares.
Les tauxbutyreux
et pro-téiques
des vaches M et H ont étééquivalents.
Dans cet
essai,
toutes lesgénisses
nées durantles trois années successives ont été conservées pour
l’élevage.
Il en a résulté un taux excessif de renouvellementqui
a conduit à une réformerapide
des vaches peuproductives après
l’obten-tion de leur référence en
production
laitière. Parailleurs,
laprophylaxie
de la leucose a provo-qué
la réforme de neuf vaches Holstein et unevache Normande.
Ainsi,
le nombre moyen de lactations débutées par vache a été faible :2,4
enrace Holstein et
1,9
en race Normande.Les vaches
primipares
Holstein ontproduit plus
de lait et de matières grasses etprotéiques
que les vaches de race Normande. Les vaches Holstein ont eu un lait
plus
riche en matièresgrasses
(+1 g/kg environ, NS)
etplus
pauvre enmatières
protéiques (-2 g/kg environ, p
<0,001)
que les vaches Normandes.
Santé et réformes
Les
problèmes
sanitairesrépertoriés
sur lesvaches
primipares
oumultipares
ne différent pas entre les lots M et H(tableau V).
Les causes deréforme des vaches sont
équivalentes
entre lesdeux lots. L’infertilité a entraîné la réforme de 29 vaches
(tableau V).
La
fréquence
des troubles sanitaires et lescauses de réforme n’ont pas été
significativement
affectées par la race. Au
total,
21 des 85premiers vêlages
ont occasionné desproblèmes uro-géni-
taux contre 5 sur 102
vêlages
ultérieurs(p
<0,01 ).
Dix-huit
génisses
ont été réformées(tableau V).
Lepoids
moyen des carcasses des 12génisses
Holstein mises à lareproduction
mais vides a été de 290
kg
avec un rendement de48,1
% àl’âge
moyen de 1 007jours.
Les car-casses commercialisées des vaches M et H
(n
=80)
ont eu despoids identiques :
306kg
avec un rendement de
46,2
% pour les 35 vachesprimipares
et 307kg
avec un rendement de47,0
% pour les 45 vachesmultipares.
Les car-casses des vaches Holstein M ont été
plus légères
que celles de leurs
homologues
H(NS).
Les 33vaches Holstein
multipares
ontproduit
des car-casses
plus légères (300,7
contre326,2 kg,
p <
0,05)
avec un rendementplus
faible(43,1
1contre
47,3 %,
p <0,001 )
que les 12 vaches Nor- mandes.DISCUSSION ET CONCLUSION
Dans les conditions de cet
essai,
une alimentation réduite en laitentier,
en aliment concentré et enensilage (soit l’équivalent
de 400 UFLenviron)
des
génisses
de la naissance àl’âge
de 14-15 5mois a diminué leur
gain
depoids
vif à691
g/jour
au lieu de 845g/jour.
Ledéveloppe-
ment
pondéral
a été réduit de 17 %(69 kg
depoids vif).
Enproportion,
la réductionpondé-
rale est inférieure à la réduction
énergétique :
la
dépense énergétique augmente
avec legain
de
poids
vif par suite d’undépôt adipeux plus important (Hansson
etal, 1967).
Lesgénisses
Holstein ont un croît durant le
jeune âge plus
élevé que les
génisses
Normandes(Troccon
etal, 1993)
résultant d’uneaptitude plus
élevée oud’une
plus grande agressivité
facilitant unepré-
sence
plus longue
àl’auge (Loisel
etal, 1981). ).
Dès le début de la
période postexpérimen- tale, les génisses
M ont montré leuraptitude
à lacroissance
compensatrice
aupâturage
confor-mément aux observations antérieures
(Ryan, 1990). Cependant,
cetteaptitude
est moindre enrace Holstein
qu’en
race Normande. En raceHolstein, l’écart pondéral
entre les animaux M et H diminueprogressivement jusqu’au
troisièmevêlage. Cependant, les
vaches Mpourraient
pro- duire des carcassesplus légères (Troccon, 1993).
En race
Normande,
le même écartpondéral
à14-15 mois est en
grande partie compensé
dès lepremier pâturage.
Ledéveloppement squelet- tique
suit une tendanceidentique.
La compen- sationplus
lente sur lalargeur
aux hanches tientau
développement plus
tardif desparties posté-
rieures du corps
lorsqu’il
y a eu une restriction alimentaireprécoce (Hansson
etal, 1967).
La fertilité des
génisses
Holstein M a été meilleure alors que lapériode expérimentale
était terminée
depuis
1 an et que lesrégimes
étaient
identiques
pour toutes lesgénisses.
L’écart de
poids
vif entre les deux lots était nota- blement réduit(18 kg)
maissignificatif.
Lemoindre état
d’engraissement
desgénisses
M apu améliorer leur fertilité
(Troccon, 1993).
Lafertilité
identique
desgénisses
Normandes M et H tient sans doute à un moindre étatd’engrais-
sement dans cette race par
rapport
à la race Hol-stein
(Dauzias,
communicationpersonnelle)
etpeut-être
à leur croissance moindre limitant cetembonpoint.
Les vaches Holstein M et les vaches Normandes H ont été moins fertiles que leurshomologues.
En raceHolstein,
l’intervalle entre deuxvêlages
successifs est accru de 12jours (p
<0,05).
En raceNormande, le
nombre d’insé- minations estplus
faible. Les vaches Holstein M sontplus légères
etprobablement
moinsgrasses
compte
tenu des niveauxidentiques
deproduction
laitière : lapériode
d’anoestrus estprolongée
et leurfécondité
retardée. Enrevanche, les
vaches Normandes H enparticulier
reprennent du
poids
vif dès levêlage
parce que leur niveau deproduction
laitière est faible etle niveau
d’apport
en aliment concentré excessif.Leur bilan
énergétique
trèspositif pourrait
favo-riser la mortalité
embryonnaire (Ducker
etal,
1985).
La
production
laitière des vaches n’a pas été différente entre les deux traitements. Les écarts degain
depoids
vif ont été créés tardivement( 10
à 15 moisd’âge)
etprobablement
enpériode postpubère.
Eneffet,
laproduction
laitière desvaches est essentiellement réduite par des
gains
de
poids
vifprépubères
élevés desgénisses (Troccon
etPetit, 1989 ; Sejrsen, 1994).
Parailleurs,
la croissancecompensatrice postexpé-
rimentale des
génisses
M a pu stimuler la dif- férentiation et l’activité de leurglande
mam-maire
(Park et al, 1989).
Dans cet
essai,
lalongévité
des vaches a été limitée parce que toutes lesgénisses
ont étéinséminées
puis
soumises à un taux de réforme fort durant lapériode
deproduction.
L’effectifréduit dans la race Normande
(un
pour deuxHolstein)
a pu nuire à laqualité
de laréparti-
tion des
génisses
dans les deux lots. Parailleurs,
les écartspondéraux
ont été créés tardivement(deuxième hiver),
cequi
a pu favoriser la crois-sance
compensatrice
desgénisses.
Eneffet,
elleest
plus
limitéelorsque
les rationnements sontprécoces,
dès la naissance ou peuaprès (Ryan, 1990).
Ainsi, le
rationnement dansle jeune âge
desgénisses
destinées à unvêlage
tardif(30-36 mois)
estzootechniquement possible
car lesgénisses puis
les vaches réalisent une croissancecompensatrice. Cependant, les génisses
Holsteinne devraient pas être restreintes sévèrement dans
le jeune âge (4
à 6premiers mois)
pour un déve-loppement corporel complet.
Enrevanche,
le rationnementénergétique
ultérieur de cesgénisses
Holstein estindispensable
pour assu-rer une bonne fertilité vers
l’âge
de 26 moisd’autant que ces
génisses
sontpubères précoce-
ment
(Troccon
etPetit, 1989).
L’économie alimentaire
porte
sur des ali-ments chers : aliment
d’allaitement,
aliment concentré etensilages. Malgré
leur sevrageplus précoce (9
semaines au lieu de14), les génisses
M ont reçu moins de 200
kg
d’aliment concen-tré. La croissance
compensatrice
est réalisée aupâturage.
Le croît y est efficace et peu coûteux.Cependant,
une croissancecompensatrice
éle-vée nécessite la mise à
disposition
desgénisses
d’une herbe de
qualité
enquantité importante,
conditions
qui
sont leplus
souvent réunies auprintemps
au domaine Inra du Pin au Haras et dans l’Ouest laitier de la France.REMERCIEMENTS
Les auteurs remercient A Bouttier
(Inra
du Pin auHaras)
pour son assistance dans le traitementinformatique
des données etl’équipe
des tech-niciens animaliers pour l’alimentation et les soins
aux
génisses
et aux vaches.RÉFÉRENCES
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