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La méthode de Fédoroff et son application à la détermination des feldspaths

SABOT, René-Charles

SABOT, René-Charles. La méthode de Fédoroff et son application à la détermination des feldspaths. Compte rendu des séances de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève , 1918, vol. 35, no. 3, p. 72-76

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:154940

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Extrait du Compte Rendu des ~éanc.rs

de la Société de physique et d'histui1'e naturelle de Genève.

Vol. J,j, :1, Août-Dl!cc111lJl'e.

R. SABOT. - La méthode de Fédorntf et son application à la détermination des Feldspatl1s.

M.. SABOT communique les résultatR PRsPntiAlR df1 11011 7Wudp, sur les Feldspaths, étude présentée en décembre 1918 à la faculté des sciences de l'Université de Genève, pom· l'obtention du prix Davy,

et

coul'Onnée en juin 1916.

L'autou1· fait tout d'abord t'Œsortfr Ica ctYctntogeo conoidé raLles que présente la méthode deFiliuouoFF pour la détermina- tion des feldspaths et tout pa1·ticulièrement des plagioclases.

Cette méthode, introduite à Genève par le professeur DuPARC1

a permis de ti1·pr des conclusions intéressantes quant aux pro- µl'iélés ùes felù~µatln; et à la na tu 1·e de Jeurs groupements. Ce champ de trnvail, extraordinai1·ement fortiln, a également été exploré par d'autres auteurs qui ne citent pas le mémoire en quest10n, quoiqu'ils en aient eu connaissance~.

Utilisant les données et los procédés graphiques des prnf.

NrKI'L'IN et KoTOULSKY, l'auteur a remarqué que, malgré la plus grande pl'écision dans le fravail, les points r<.'présentatifs des feldspaths ne tombent pas exactement sur les courbes publiées soit par MICHEL-LÉVY, soit pat· NmrTIN. Ces écarts s'expliquent par la présence, dans la sé1·ie des plagioclases, d'un terme KAJS(1Ü8 friclinique, intervenant fréqu<.'mment en quantité notable. Les données publiées pont· ]Ps feldspaths, par exemple

1 N1KITIN, N.-N. La Méthode universelle de Fédoroff, traclucliuu D1nt- WIE3. Edition Atar, Genève 1914.

Dm'ARO, L. et SABOT, R. Les Méthodes de Fédoroff. Archive~, t. 34, 1912.

2 Voir no!l.'s 1 et 2, p. 75 et 1 p. 76.

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Sl~ANCE DU 21 NOVgMBRE 73 quant à l'extinction pour une face déterminée, ne devraient pas ainsi se répa1-tir sur une courbe, mais dans un fuseaii plus oii moins large, suivant la proportion du terme potas.;ique pouvant intervenir. Cette hypothèse, posée déjll en 1915 et à ce moment contrôlée par un grand nombre de faits est, d'après les dernières recherches, de plus en plus probable. Elle semble en tous cas bien plus scientifique que la conception des mâcles sur les faces vicinales, exposée plus récemment par d'autres auteurs.

La val"Îation du plan de mâcle, contrôlée par l'auteur, à l'aide des méthodes de Fédoroff, pour la mâcle du Péricline, a égale- ment été observée pour la mâcle de Carlsbad, avec des écarts de g1

=

(010) pouvant atteindre 10° dans la zone h 1g1 = (100) (010).

Des val"iations analogues ont été trouvées pour les mâcles de l'Esterel-Ala. SABOT a trnuvé également de fines lamelles dr.

mâcle pat· hémitropie parallèle sur m · · (lÏÔ) et t

=

(llO)·

Quant aux hémitropies normales, l' auteiir n'a jamais observé de déviation nette du plan de mâcle, cette déviation, dans les zones principales, semblant être l' avanage des hhnitro11ies parallèles.

Comme d'autre part, même pour les faces d'indices simples, h1

=

(100) pat· exemple, face rarement développée, les mâcles n'ont été rencontrées qu'exceptionnellement (dont une fois pa1·

l'auteur, mais peu nettement), il est plus rationnel de laisser de côté la notion de faces vicinales et d'admettre. plutôt une incertitude dans les types primordiaux ayant servi de base pour la tonstruction' des courbes, incertitude due à la p1·ésence d'une certaine quantité de potasse.

Dans son mémoire, l'auteur a expliqué les interpénétrations, notamment pour la mâcle de Carlsbad, pat· un contact suivant plusieul'S plans, cristallographiquement d'indices simples, mais dont le faible développement et la 1·épétition donnent naissance à une ligne brisée irt•égulièrn ou même à une ligne sinueuse.

Ceci est surtout caractéristique pom· les hémitropies parallèles (Carlsbad, Péricline, Ala-Esterèl) et exceptionnel pour les hémi- tropies normales.

Examinant les courbes données par MICHEL-LÉVY, FEDOROF:I!'

et Nrn:rrIN, l'auteur remarque que ces courbes présentent fré- quemment des anomalies (inflexions, cotides brusques) au voisi- nage de 20 à 30

°Io

An, comme si aux environs de ces pourcen-

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74 SÉANCE DU 21 NOVEMBRE

tages, la tendance plus fortement monoclinique du plagioclase favorisait l'introduction du terme potassique. Ces anomalies sont encore pl mi rnarquér.s pom· lr.s courbes publiées pal' l'auteur pour les sections 01·ientées mâclées selon la loi de Carlsbad, de même pour les variations de 2V. où la forme en fuseau s'affirme très nettement. Cette variation est extrêmement sensible et, dans une roche où l'analy~e décelait une assez forte proportion de K20, l'autelll' a déterminé une albite dont l'angle 2V n'était 4_ue ùe

+

8°. Les fuseaux supposés présenteraient donc proba- blement des renflements clans la région de l'albite, où inter- viendraient des termes intermédiail'es entre l'albite et l'anor- those.

L'auteur a oLservé entre 15

°Io

et 85

°Io

An une succession ininterrompue des termes feldspathiques, ce qui exclut la ques- tion de la prédominance de certains types, prédominance qui ne pourrait donc se rencontrer qu'en dehors de cet intervalle.

Au cours de ses déterminations, l'auteur a été à même de combiner heureusement les méthodes de FEDOROFJ<' et de MmHEL- LÉvY, en rectifiant, grâce à la platine-théodolite, l'orientation des sections observées, qui sont ensuite déterminées suivant los procédés de MroHEL-LitVY.

Quant à la rnlation qui existe entre la nature des mâcles d'une part, et d'autre pat·t la composition chimique du magma et les conditions de Ha consolidation, SAnoT croit avofr r6solu le pro- blème dans les limites où le permettait le matéri·el étudié, quoi- que la question ait été à nouveau ,posée depuis. Les règles sui- vantes ont en effet été données dans le mémoire de HlHi-1916:

1) pour les roches profonrfos du magma gl'a.nito-rlioritiq1rn, les mâcles prédominantes sont celles de !'Albite, de Carlsbad, celle du Péricline est rare, Baveno fréquente.

2) pou!' les roches profondes du magma gabbro-péridotique, la mâcle du Péricline prédomine sut· celles de !'Albite et de Carls- bad (parfois même inexistantes) et ceci d'autant plus que le pourcentage de (MgFe) 0 est plus élevé, Baveno est fré- quente.

3) vuur les ruches, principalement d'épanchement et filonien- nP.s, (lp,s nrne;mas alcalins e.t acides, les mâcles de Manebach, Estei·el-Ala, Dave1w sont très fréquenles, puis viennent celles

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SÉANCE DU 21 NOVEMBRE 75 du Péricline et, beaucoup moins caractéristiques, celles de l' Albite et de Carlsbad.

4) les magmas de transition présentent les plus curieux groupements de mâcles.

H. SmG et G. FAVRE, dans un travail récent1 ont essayé d'ex- pliquer les écarts mentionnés ci-dessus par la notion des faces vicinales. Cet essai serait intéressant en lui-même, au point de vue graphique et des constructions stéréographiques qu'il en- traîne, mais les auteurs, au lieu d'effectuer les constructions à partit· des pôles des cercles de zones (au besoin après rectifica- tion dans les positions des axes de l'ellipsoïde) ont, à l'aide du compas à trois. pointes, trncé letll's cercles de zone point pa1·

point. Ceci fait que les courbes obtenues s'écartent de cercles exacts beaucoup pl us que les écarts que les auteurs veulent inter- préte1· par ces combes.

Dans le même mémoire se trouve une courbe donnant la variation du plan de mâcle du Péricline, analogue à celle publiée par SABOT en 1915-1916.

D'autre part il est fait dans ce mémoire un emploi abusif de la notion de mâcle complexe. La notion de complexe, telle que l'a posée N1KIT1N, ne correspond qu'à la superposition en quel- que sorte, d'une hémitropie normale et d'une hémitl'Opie paral- lèle correspondante, mâcles possédant elles seules ce qu'on pom·- rait appeler une individualité bien établie. Le complexe n'est que la superposition fortuite de ces mâcles et n'est donc pas à vrai dire une mâcle. La supposition de mâcles variées suivant des faceR de toutes espèces, vicinales ou d'indices simples, sup- position qui généralement ne s'appuie pas sur des cas constatés, conduil'ait, la considération des complexes aidant, à un fouillis inextl'icable, procédant bien plutôt du domaine purement gra- phique que du domaine minéralogique et pétl'Ographique-.

Dans de tout récents mémoires 2 H. SmG et Mn° CARRAsco

1 SHm, H. et FAVRE, G. Quelquez cow·bes nouvelles pour la détermina- tion des feldspaths par la méthode de Fédoroff. Bulletin de la Société Vaudoise des Sciences naturelles, vol. 5f, 1917.

2 SIGG, H. et Mil• CARRAsco. La mâcle de Manebach chez les feldspaths.

Sur leii clunnéeii optiques relatives à la mâcle d' Ala. Bulletin de la Société Vandoise des Sciences naturelles, vol. 52, 1918.

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étudient les mâcles de Manebach et d'Ala et adoptent, suivant l'exemple de MrnHEL-LÉvY, un plan de pl'ojection perpendicu- laire à l'arrête pg1

=

(001) (010), grâce auquel ils veulent étu- dier les mâcles de Manebach et d'Ala. Cela serait certainement très intél'essant s'il était possible de reèonnattre aisément ces mâcles à première vue, ce qui n'est pas le cas, aussi dans lem·

dernie1· mémoit'e; les auteurs trouvent-ils plus sage de revenir aux méthodes de FEooROFF.

G. FAvrtE1 n publié de son côté un travail où il n'a fait, à pal't l'énoncé de quelques opinions toutes personnelles, que codifier l'enseignement donné au laboratoire de minéralogie de l'Univer- sité de Genève, sous la direction du professeur DuPARC.

' .l<'AvRE, G. 1'echnique de la Méthode unive1·selle de M. de Fédoroff.

Application de la platine universelle à la détermination des plagioclases.

Edition Atar, Genève, 1917.

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