HAL Id: tel-00606115
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en relief complexe. Application aux épisodes de pollution particulaire des vallées alpines.
Yann Largeron
To cite this version:
Yann Largeron. Dynamique de la Couche Limite Atmosphérique stable en relief complexe. Application
aux épisodes de pollution particulaire des vallées alpines.. Océan, Atmosphère. Université de Grenoble,
2010. Français. �tel-00606115�
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Doteur de l'Université de Grenoble
Eole Dotorale : Terre Univers Environnement
Spéialité : Oéan, Atmosphère, Hydrologie
Présentée etsoutenue publiquement par
Yann Largeron
le26 novembre 2010
Dynamique de la Couhe Limite
Atmosphérique Stable en relief omplexe
Appliation aux épisodes de pollution partiulaire
des vallées alpines
Direteurs de thèse :
ChantalStaquet(Prof.Univ. de Grenoble)
Jean-Pierre Chollet (Prof.émérite Univ. de Grenoble)
Jury :
Joan Cuxart Rapporteur Univ. Baléares, Palma
PhilippeDrobinski Rapporteur LMD - Eole Polytehnique, Paris
Sandrine Anquetin Présidente LTHE, Grenoble
ValeryMasson Examinateur CNRM- Météo Frane, Toulouse
Bertrand Carissimo Examinateur CEREA, Paris
Chantal Staquet Examinateur LEGI,Grenoble
Jean-Pierre Chollet Examinateur LEGI,Grenoble
Thèsepréparée au seindu
L'étude seonentre sur l'analysede la dynamiquede la Couhe Limite Atmo-
sphériquestableethivernaleen vallée,notamment dansdessituationsonduisantà
desépisodesdepollutionpartiulaire. L'analyseesteetuéeàpartirdesimulations
numériques de typeLES etde mesuresloales.
Dansunepremièrepartie,onétudielesventsatabatiquesprenantnaissanesur
lespentesdesvalléesenaissées.Onmontrequ'ilssontinstationnaires,inhomogènes
etturbulents,queleurdiusivitéturbulenteévoluequadratiquementavelenombre
deFroudeetdéroîtavelastratiationambiante.Ons'intéresseensuiteauhamp
d'ondesinternes généréparesvents.Ontrouvequesafréquenene dépend quede
la stratiation et est indépendante des aratéristiques des vents qui lui donnent
naissane.
Dans une seonde partie, on s'intéresse au système de vents de vallées et aux
inversions thermiquesdansles vallées Grenobloises.Lesonditions météorologiques
onduisant auxépisodesde pollution sont étudiéesetleur lien aveles méanismes
préédentsest expliité.Onmontre que esépisodessedéroulent toujours dansun
ontexte antiylonique, sont induits par la présene d'une inversion et que leur
évolution estliée à elledesrégimes de temps.Pendant esépisodes, lesystèmede
vents loal est toujours similaire, indépendant du régime synoptique et onstitué
de vents thermiques,dont l'organisation spatialeest gouvernéepar lagéométrie du
site. Ces ourants sont ontenus dans la ouhe d'inversion qui persiste pendant
toute la durée de l'épisode et n'est pasdétruite si l'énergie solaire est insusante.
Le seuilénergétiqueorrespondant est misen évidene.
Mots lés : CouheLimite Atmosphérique,Inversions thermiques,Ventsata-
batiques,Cirulations envallée, Ondesinternes, Qualité de l'air, Simulations LES.
Abstrat
The study is fousing on the dynamis of the stably-stratied Atmospheri
Boundary Layer in wintertime in valleys, espeially during situations leading to
P M 10
pollution peaks.Theanalysis ismadebymeans ofLES-like numerial simu-lationand loalmeasurements.
Inarstpart, westudy the katabatiwindsreated overtheslopesofa narrow
valley.We show that they areintermittent and turbulent and that their turbulent
diusivity is proportionnal to the square of a Froude number, and dereases with
theambientstratiation. We alsostudy the internal wave eldgenerated bythese
winds and nd that its frequeny depends only on the stratiation and seems to
be independent oftheharateristis ofits soure.
In a seond part, we study the valley wind system and the thermal inversions
whihourbywinteronditionsinthevalleysoftheGrenoblearea.Meteorologial
onditions leading to pollution episodes in the Grenoble valleys are also studied
and their link with the previous mehanisms is explained. We show that these
episodestakeplaeduringantiylonionditions,areinduedbythermalinversion
and that their evolution is linked to that of the weather regimes. During these
episodes, we show that the loal winds system is always the same, independent
of the synoptial regime and onsists of thermally-driven winds, whose spatial
organization is ontroled by the geometry of the site. These urrents are onned
into a thermal inversion, whih persists during the whole episode, and is however
not destroyedduringthe dayifthe solar energyisnotsuient.Theorresponding
energy treshold ishighlighted.
Key words : AtmospheriBoundaryLayer,Temperature inversions,Katabati
winds, Valley-windsystems,Internalwave eld,Airquality,LES numerial simula-
tions.
Mesremeriementsvonttoutd'abord(sanssurprise)àChantalStaquetetJean-
PierreChollet,mesdireteursdethèse.AChantal,enpartiulierpourm'avoirdonné
l'opportunité de partiiper à toutes les onférenes, éoles d'été et workshops que
je souhaitais, de déouvrir l'importane deséhanges internationauxen matière de
siene et les enjeux des ommuniations sientiques, et pour m'avoir ouvert les
yeuxsurlaréalitédumonde delareherhe.A Jean-Pierre pour sapréseneetson
aideyompris après sondéparten retraite;pour sesreleturesdu présent rapport
ainsiquepoursesonseilssurl'utilisationdesdiversodesdealulsetlenumérique
en général.
Meri auxrapporteursetauxmembresdujurypour avoirévaluémontravailet
lue manusritdansle détail.
Meri également àCharles Chemelpour sonaide etsonassistane, quiontjoué
un rle déterminant dans l'orientation de ma thèse et sans qui j'aurais renontré
enore plus de diultés que je n'en ai renontré... Meri aussi pour ses onseils
sientiques ettehniquesélairés ainsique sonaueilhaleureuxen Angleterre.
Mes remeriements vont ensuite à toute l'équipe de support informatique de
MesoNHàMétéo-FraneetauLaboratoired'AérologiedeToulouse,enpartiulierà
ChristineLACquim'afournidesinformationsetdesonseilstrèsutilesetpréieux,
maisaussià Juan Esobar pour son assistaneinformatique et pour tout letravail
qu'il eetuepour maintenir etmettreà jour leodeMesoNH.
Meri à l'ASCOPARG-COPARLY et en partiulier à Eri Chaxel et Isabelle
Riosquiontprisde leurtempspourouvrirdespossibilitésdeollaboration entrele
LEGIetl'agene dequalité de l'air.
Meri également àMétéo Frane etàSylvain Bigotde l'Institutde Géographie
Alpine,pourm'avoirpermisd'aéderaux(malheureusement rares)mesuresmétéo
de larégion Grenobloise.
Meri à la région Rhne-Alpes et au Cluster de Reherhe en Environnement,
pouravoir nanéette étudeetpermis saréalisation.
Meri aussiaux organisateurs (pour leurtravail) etauxpartiipants(pour leur
bonne humeur et/ou leur amitié) : d'ERCA 2008, de la
14 eme
CMM à Vanouver(2008),delasessionABLdel'EoledesHouhes(2008),d'ICAM2009àRastaat,de
l'EGU2009à Wien,duWorkshopWavesandInstabilities de Porquerolles (2009),
desstagesde formationMesoNH (2007et2010).
le CIESpour laqualité des stagesde formation qu'il organise, Rihard Montvoisin
pour son inititation très enrihissante à l'esprit ritique et la zététique, Mar
Legrand, pour m'avoir transmis la foi du onstrutivisme et tous les autres
responsables etformateurs du CIES. Meri également à Philippe Séhet, de l'INP,
qui m'a permis d'intervenir àl'ENSE3 plutt qu'à l'ENSGI...
Sur un plan plus personnel, je tiens à remerier eux (et elles!) qui ont eu
une inidene plus forte sur ma vie que mon travail de thèse et ont ontribué
à mon bon équilibre mental au ours de es années. En partiulier, meri au
GMUC 1
sans qui es trois ans n'auraient pas eu la même saveur! Notamment
meri à Thomas, Olivier, Grisou, Céline.H, Prez, Céline.G, Mikael, Diane, Stefan,
Marmiton, Guénolé, Thomas.P etles autres... Meri à voustous pour es instants
d'amitié divers etvariés!
Meriégalement àtouseuxquim'ont aompagnédansmesvadrouillesautour
du monde. En partiulier meri à Benjamin, Aubry, Nio, Thom et Olivier. Tous
esmoisdevoyagesave vousfontpartiedemesmeilleurssouvenirsdeesquelques
années!
Ennje nesaurais jamaisassezremerier Aude,quim'aompagnedanstoutes
lesironstanes,nourritmesrêves,faitresplendirmes ambitionsetmesprojetsles
plusfousparsonamouretmedonnelaforede roireàtoutequej'entreprends...
1
Introdution générale 1
Contexteetmotivations . . . 1
Artiulation générale . . . 3
I Eléments de physique atmosphérique 5 1 Eléments de météorologie 7 Introdution. . . 7
1 Le systèmeatmosphérique :Struture, éhelles, omportement . . . . 8
2 Cirulation synoptique . . . 13
3 Couhe Limite Atmosphérique (CLA) . . . 15
4 Bilanthermiquedu sol . . . 19
Conlusion . . . 21
2 Dynamique atmosphérique en zone de montagne 23 Introdution. . . 23
1 Modiation del'éoulement synoptiquepar lerelief . . . 24
2 Système devents devallée . . . 27
3 Inversion thermique . . . 29
Conlusion . . . 34
3 Modélisation numérique de l'atmosphère 37 Introdution. . . 37
1 Lesmodèles atmosphériques . . . 38
2 LesodesARPS etMesoNH . . . 41
3 Lesmodèles de solde ARPS etSURFEX . . . 44
Conlusion . . . 46
II Dynamique de la Couhe Limite Atmosphérique Sta-
ble et Hivernale d'une vallée enaissée 49
4 Vents atabatiques, instationnarités et ondes internes 53
Introdution. . . 54
1 Méthodologie . . . 56
2 Ventsatabatiques . . . 59
3 Champ d'ondes de gravitéinternes . . . 64
4 Etude de sensibilité . . . 71
DisussionetConlusion . . . 75
5 Quantiation du mélange turbulent dans les vents atabatiques 79 Introdution. . . 80
1 Mélange turbulent :onsidérations théoriques . . . 81
2 Méthodologie . . . 86
3 Struturedynamique etturbulente duvent atabatique. . . 89
4 Quantiation du mélangeturbulent . . . 91
5 Modèlisationde ladiusivité . . . 96
DisussionetConlusion . . . 101
De la modélisation simplifiée aux situations réalistes 105 III Dynamique de la Couhe Limite Atmosphérique Sta- ble et Hivernale des vallées Grenobloises 107 Objet de l'étude 109 6 Pollution partiulaire et stabilité atmosphérique 113 Introdution. . . 114
1 Le site Grenoblois etses stations demesures . . . 115
2 Analyse destempératures . . . 118
3 Détermination des épisodesstables . . . 119
4 Détermination des épisodesde pollutionaux
P M 10
. . . . . . . . . . 1235 Stabilité etpollutionpartiulaire . . . 125
6 Météorologiedes épisodes . . . 127
Conlusion . . . 133
7 Système de vents de vallées pendant les épisodes de pollution 135 Introdution. . . 136
1 Desription dessimulations . . . 137
2 Dynamique noturne généraledes5 épisodes. . . 140
3 Système de ventsde valléesur leomplexe Grenoblois . . . 146
4 Inuenede l'éoulement synoptique . . . 149
5 Quantiation du déouplage CLA/TL . . . 152
8 Struture spatiale de la CLA et des ourants thermiques 159
Introdution. . . 160
1 Conguration numérique . . . 161
2 Stratiationde laCLA enouhes vertiales . . . 167
3 Struturehorizontale dela CLA. . . 177
4 Struturespatiale desourants thermiques . . . 180
5 Zonesde reirulation,de stagnation etdeventilation . . . 185
Conlusion . . . 190
9 Formation, destrution et persistane des inversions thermiques 193 Introdution. . . 194
1 Evolutiontemporelledu forçagethermique delaCLA . . . 196
2 Intensiation noturne de l'inversion. . . 199
3 Rédution diurnede l'inversion . . . 204
4 Evolutionde l'inversionau oursd'une journée . . . 208
5 Evolutionde l'inversionau oursd'unépisode . . . 213
6 Persistane etdestrution de l'inversion:Modèle énergétique . . . . 217
Conlusion . . . 227
Conlusion générale et Perspetives 229 Conlusion générale . . . 229
Perspetives . . . 233
Annexes 236 A Analyse de l'épisode
P 10
239 B Evolution synoptique au ours d'un épisode 243 C Analyse de sensibilité numérique 247 Introdution. . . 2471 Sensibilité auxonditions initiales. . . 247
2 Sensibilité àlarésolution vertiale . . . 251
3 Disussion:Conditions d'unereprésentation réaliste . . . 257
Conlusion . . . 265
D Champs de vents des 5 épisodes stables 267
E Comparaison mesures/simulation de l'intensité de l'inversion 275
Bibliographie 279
Contexte et motivations
Contexte limatique
Sur le territoire Européen, limatiquement marqué par diverses inuenes
(oéanique, ontinentale, méditerrannéenne et artique), les zones de montagnes
onstituent souvent des enlaves dans lesquelles le limat ontraste ave elui des
plainesontiguës([Guiter,1975℄).Lestendaneslimatiquessontalorsnuanéespar
le relief et l'altitude, mais également par les spéiités géographiques et géomor-
phologiquesloales.Suivantl'expositionauxventsdominants,oul'isolement ontre
les perturbationsatmosphériques, learatère mirolimatique peut êtrefort.
Spéiités atmosphériques loales
Cespartiularitéslimatologiquespuisentleurexistenedanslaréurrenesurle
longterme de phénomènesphysiquesloaux, totalement induitspar les spéiités
topographiquesdessitesonsidérés.Dufaitdudéouplageavelahautetroposphère
etlesrégimesde ventsrégionaux, lesvalléesenaisséessubissentsouvent l'inuene
de vents thermiques générés loalement, qui donnent naissane à des irulations
auseindesbassesouhesdeleuratmosphère(généralement appelléessystème de
vents de vallées).
Dansesvallées,laonvexitéorographique engendreuneplusgrandeabsorption
durayonnement solaire parle solquesurun site deplaine (à lamême latitude),et
donuneplusforteaumulationdel'énergiethermiquereçueauoursdelajournée
(f [Hawkes, 1947℄). Inversement, la nuit, l'énergie thermique est plus failement
perdueen vallée qu'en plaine. Celàrésulte en des ontrastes thermiques plus forts
danslesvallées.Aleurtour,esontrastesgénèrentdesirulationsatmosphériques
entrelesvalléesetles plainesquionstituentuneautrespéiitédeesrégions.La
dynamiqueatmosphériqueestalorsplussensibleenvalléequ'enplaineauxvariations
duuxsolaire,etparonséquentauxylessaisonniers.Ainsi,l'évolutionjournalière
de la struture atmosphérique dans les vallées est très dépendante de la saison (f
[Whiteman,2000℄) : en hiver, notamment, l'inuene du refroidissement noturne
peutperdurer toute lajournée.
Outre les irulations thermiques, ette plus grande sensibilité thermique in-
ouhes, générateurs de forte stabilité atmosphérique. Les mouvements vertiaux
sont alors onsidérablement réduits. L'inuene du relief réduisant diretement les
éhanges horizontaux,l'air aainsitendane àstagner dansdesouhesonentrées
près du sol, lors de es périodes de stabilité (qui se produisent essentiellement la
nuit, ouertaines journées de lapériode hivernale).
Inuene sur la qualité de l'air
Pour desraisons indépendantes deesonsidérations limatiques, ledéveloppe-
ment de notre ivilisation a onduit à une forte industrialisation des prinipales
vallées des Alpes, historiquement lieux de prédiletion des ativités métallurgique,
minière eténergétique, etpossédant un fort potentiel d'attration touristique. Par
ailleurs, en zone de montagne, les réseaux routiers se onentrent essentiellement
dans les vallées où le tra est souvent dense. Les soures d'émissions polluantes,
eten partiulier d'émissions de partiulesnes, ysont don nombreuses. Fréquem-
ment,esémissionsseombinent àdesphénomènesde stagnationdesmassesd'air.
Les onentrations atteintes sont alors élevées, généralement bien plus quesur des
sites deplaine omportant destaux d'émissionsidentiques.
Cesfortesonentrationsdepartiulesnesontpassansposerdeproblèmessani-
tairessérieux.Lespartiulessonteneetonstituéesdemultiplesespèeshimiques,
aussidiversesquesouvent potentiellement noives.Certaines(entreautres :Hydro-
arbure Aromatique Polyylique et métaux lourds, régulièrement présents dans
l'atmosphère) ont unpouvoirtoxique,etonstituentdesanérigènesoumutagènes
avérés pour l'homme et pour les éosystèmes([Boetta et al.,1997℄). Deplus, une
grande partie de es partiules ont une très faible taille, inférieure à
10µm
(on lesappellealors
P M 10
2)voireinférieureà2.5µm
(onlesappellealorsP M 2 . 5
).Leurpe-titdiamètreleurpermetdes'introduiredanslesystèmerespiratoirejusqu'auniveau
desbronhioles,oùs'eetuentdiretementleséhangessanguins.Leurassimilation
par l'organismeestdonrapideetleureetsurlasantéàmoyenetlongtermepeut
s'avérer (très) néfaste (aners, maladies ardiovasulaires ou respiratoires, f par
ex. [Pope III etal., 2002℄).
Le aratère ritique de e problème est par ailleurs augmenté par des eets
aérodynamiques:esontpréisémmentespartiulesdeplusfaibletaillequirestent
le plus longtemps en suspension dans l'air, du fait de leurfaible massequi ralentit
onsidérablement les proessus de sédimentation. Parallèlement, espartiules très
nes(
P M 2.5
) sont également elles émisesen plusgrand nombrepar les industries, ar lesplus suseptiblesd'éhapper auxdispositifs de ltrage...Motivations de l'étude
La ompréhension desméanismes physiques assoiés à la ouhe limite atmo-
sphérique stable représente don un enjeu soiétal important : e sont es méan-
ismes quionditionnent fondamentalement l'aumulation ouladispersiondespol-
2
AbbréviationdePartiulateMatterofdiameter
d < 10µm
.luants. Ladétermination deleurinuene surletransportetlemélangedesparti-
ules estnotamment ruiale pour tous lesmodèles opérationnels de prévisionde la
qualité del'air (parex. [Seaman, 2000℄).
Audelàdeleurrlesurleomportementdelapollutionloale,lareprésentation
orretedeesphénomènesloauxdanslesmodèlesdeprévisionsmétéorologiquesou
limatiques est également d'importane majeure (par ex. [Rotah etZardi, 2007℄).
Les résultats opérationnels sont en eet sensibles à la paramétrisation de es
partiularitésatmosphériquesàl'éhelle d'unevalléepuisqu'ilsontribuent defaçon
onséquente auxbilansénergétiques etturbulents plusglobaux.
La présente étude s'insrit dans e ontexte et se onentre sur l'analyse des
diérentsproessusphysiquesàl'oeuvredanslaCouhe LimiteAtmosphériquesta-
ble en vallée. En partiulier, l'intérêt est porté sur la période hivernale, dans des
ongurationstrèsstablesonduisantàdesépisodesdepollutionaux
P M 10
.Notonstoutefois qu'auun ouplage ave les aspets himiques ne sera onsidéré. L'étude
estuneontributionàlaompréhensiondediérentsphénomènes,etreposesurune
analysedesprinipaux méanismesàl'oeuvredanslaouhelimitestablehivernale
desvalléesalpines, à savoir:
1. Lesventsatabatiques,prenantnaissanesurlespentesdesmontagneslors
de leurrefroidissement noturne.
2. Lesondes internesgénéréespar esventsatabatiques.
3. Lessystèmes de vents de valléeset deirulations inter-vallées.
4. Lesinversions thermiquesnoturnes et/oupersistantes.
5. L'inuenedes onditions synoptiquessurlasituation dequalitédel'air
(déduitede mesuresde onentration en
P M 10
).Dansette étude, esdiérents phénomènesphysiques sontanalyséspar lebiaisde
simulations numériques de type LES réalisées ave les odes de aluls ARPS et
MesoNH,ouramment utiliséspour e typede problématique dansla ommunauté
sientique.
Artiulation générale
Leprésentrapportomprend3parties,quipeuventêtreluesdefaçonindépendante:
1. Dans la partie I, des onsidérations de physique atmosphérique et de
météorologie générale sont rappelées (hapitre 1), puis les spéiités atmo-
sphériquesdansleszonesdereliefsontrésuméesdanslehapitre2.Lehapitre
3présenteles outilsd'analyseretenus (odesdealuls méso-éhelles, utilisés
en modeLES).
2. Danslapartie II,nousanalysonsdesphénomènesde petites éhelles 3
(turbu-
lene,ondes) dansunevalléeenaissée de topographie idéalisée.
3
Detypemiro-
β
etmiro-γ
(lassiationd'[Orlanski,1975℄)Nous portons une attention partiulière auxvents atabatiquesprenant nais-
sane surles pentesd'unevalléeidéalisée, ainsiqu'au hamp d'ondesinternes
généré par es vents dans toute la ouhe stable de la vallée (hapitre 4). Le
taux de turbulene engendré par les vents atabatiques est quantié dans le
hapitre 5.
3. Enn, la partie III s'intéresse à des phénomènes d'éhelles moins nes 4
(de
l'ordre de ladimension de la vallée,voire d'éhelles synoptiques) sur le om-
plexeorographique de larégion Grenobloise,imbriquant plusieurs vallées.
L'analyses'axe surdiérents phénomènes:
(a) Les onditions météorologiques loales et synoptiques onduisant aux
épisodes de pollution partiulaire des vallées Grenobloises sont étudiées
dansle hapitre 6.
(b) Le lien entre esépisodes de pollution etles méanismes de irulations
loales est expliitédansle hapitre 7.
() Le système de vents de vallées est étudié au hapitre 8. On détermine
ainsi un régime de irulation inter-vallées et la stratiation vertiale
qui en résulte.
(d) Enn, lehapitre 9portesurlesinversionsthermiquesquiprennentnais-
sane par onditions hivernales et étudie leur évolution (intensiation,
persistane, destrution).
4
Detypemeso-
γ
àmeso-α
([Orlanski,1975℄)Eléments de physique
atmosphérique
Eléments de météorologie
Sommaire
Introdution . . . 7
1 Lesystèmeatmosphérique:Struture,éhelles,omporte- ment . . . 8
1.1 Struturedel'atmosphère . . . 8
1.2 Ehellesatmosphériques . . . 9
1.3 Stabilitéatmosphérique . . . 10
1.4 Loisdeomportementdel'atmosphère. . . 12
2 Cirulation synoptique . . . 13
2.1 Spéiitésdesmoyenneslatitudes . . . 13
2.2 Régimesdetemps . . . 13
2.3 Systèmesdépressionnaireset antiyloniques . . . 14
3 Couhe LimiteAtmosphérique (CLA) . . . 15
3.1 Turbuleneatmosphérique. . . 15
3.2 Evolutionnythémérale . . . 16
3.3 CouheLimiteConvetive . . . 17
3.4 CouheLimiteStable . . . 18
4 Bilanthermique dusol . . . 19
4.1 ForçagethermiquedelaCLA . . . 19
4.2 Continuitédesux . . . 19
4.3 Evolutionthermiquedusol . . . 20
4.4 Fluxdesurfae . . . 20
Conlusion . . . 21
Introdution
Ce hapitre synthétise quelques éléments fondamentaux de météorologie dy-
dans les mouvements du uide atmosphérique : éhelle globale, éhelle synop-
tique, méso-éhelle, miro-éhelle (parex. [MIlveen,1992℄,[Malardel,2005℄).Puis,
il dérit la irulation troposphérique et ladynamique de la Couhe Limite Atmo-
sphérique. Enn, quelques onsidérations sur l'évolution énergétique de la surfae
seront rappelées.
1 Le système atmosphérique : Struture, éhelles, om-
portement
1.1 Struture de l'atmosphère
Sidespartiulesoudesmoléulessubissent enorel'attration terrestrejusqu'à
10000kmaudessusdusol(etpeuventêtreonsidéréesommeappartenantauxtrès
hautesouhesioniséesdel'atmosphère),ononsidèreengénéralquel'atmosphèrea
uneépaisseurde100km(s'arrêtantàlalignedeVonKarmanaudessusdelaquelleon
peut négliger les eets atmosphériques non magnétiques, f [Labitzke et al.,1985℄,
[JustusetJeries, 1995℄). Néanmoins,
99%
de sa masse est ontenue dans les 30premiers kilomètres. Ainsi, sonextension vertiale représente environ
1%
du rayonterrestre.
En un point donné du globe, les aratéristiques de l'atmosphère varient forte-
mentlelongdelavertiale.L'attrationterrestrediminuant ave l'altitude,lapres-
sionatmosphérique diminueexponentiellementàmesurequel'on s'éloignedusol.Il
enestdemême pourladensitédel'air. Latempérature évoluequantàelledefaçon
omplexe selon leshéma de lagure1.1([Malardel, 2005℄).
Onvoitapparaîtrediérentesouhes(oustrates)danslesquelleslatempérature
estparfoisroissanteavel'altitude, parfoisdéroissante,modiantradialement les
propriétésphysiquesdesouhesorrespondantes.Onnommeesouhes,parordre
de proximitédu sol:Troposphère, Stratosphère,Mesosphère, Thermosphère.
La troposphère est laouhe danslaquelle les phénomènes météorologiques ap-
paraissent et sont exlusivement ontenus. Dans la troposphère, la température a
tendane à déroître ave l'altitude. Elle est elle même divisible en 2 sous-ouhes
dont les propriétés sonttrès diérentes :
LaCouheLimite Atmosphérique(quenousnoterons CLAdanstoutela
suite), près dusol. Sonextension estgénéralement omprise entre 1et4 km.
Ellesedénitommelaouhe diretement inuenéeparlasurfae(frition,
réhauement/refroidissement, eets liés au relief, et.) sur une éhelle de
temps inférieure à une journée et dans laquelle les ux vertiaux de haleur
et de quantité de mouvement sont signiatifs. Dans la CLA, les soures de
turbulene thermiques et dynamiques sont du même ordre de grandeur. On
est ainsidansunesituation de onvetion thermiquenaturelle.
LaTroposphèreLibre(que nousnoteronsTL danstoutelasuite),justeau
dessus.Elles'étendenmoyenne jusqu'à11kmaudessusduniveau delamer.
Fig. 1.1 Struture vertiale shématique de l'atmosphère (orrespondant à une
moyenne temporellede l'étatatmosphérique).
dela ombinaisondeseetsde rotationet dehauage.
1.2 Ehelles atmosphériques
Les phénomènes atmosphériques se produisent sur une large gamme d'éhelles
d'espaeetdetemps,delairulationglobale quis'étendsurtoutelaironférene
de la Terre jusqu'aux tourbillons de tailles entimétriques. Chaque type de iru-
lation peut être dérite à l'aide de son extension horizontale et sa durée de vie
approximative.
La gure 1.2, extraite de [Chemel,2005℄, montre ette gamme d'éhelles
ainsi queles lassiations lassiques orrespondantes ([Stull,1988℄, [Pielke,1984℄,
[Orlanski,1975℄, [ThunisetBornstein, 1996℄). Les systèmes antiyloniques et dé-
pressionnaires sont ainsi d'éhelle synoptique (dite aussi régionale ou maro), les
systèmesde ventsdevalléesrelèvent delaméso-éhelle tandis quelaturbuleneou
les ondesinternes sont de l'ordrede lamiro-éhelle.
Dans la présente étude, on s'intéressera surtout à la méso et à la miro-éhelle
(extension inférieure à 20 km, et jusqu'à quelques mètres; sur des durées variant
de 1 minute à quelquesjours).Quelques onsidérations d'éhelle synoptique seront
Fig. 1.2 Classiationdes éhellesatmosphériques. D'après[Chemel,2005℄.
1.3 Stabilité atmosphérique
1.3.1 Gradient adiabatique
En physique, on dénit le gradient adiabatique
γ adiab
omme la variation de latempératureabsolueparunitéd'altitudedansunemassed'airn'ayantauunéhange
de haleurave sonenvironnement.Cegradient adiabatique varieen fontion dela
pression atmosphérique loaleetdel'humidité,lavariationave letauxd'humidité
pouvant être forte.
On dénit alors le gradient adiabatique se orrespondant à une atmosphère
omplètementexempted'humidité.Ilvautthéoriquement
γ adiab sec = −9.8 o C/km
(parex. [Houghton, 2002℄). On dénit également le gradient adiabatique humide sat-
uré qui varie entre
−5 o C/km
et−8 o C/km
ave des valeurs typiques prohes deγ adiab humide = −6.5 o C/km
.1.3.2 Température potentielle
Endynamiquedel'atmosphère,pouromparerlatempératurededeuxpartiules
uides situéesàdesaltitudes diérentes(voiredansdesonditionsmétéorologiques
diérentes), on utilise le onept de température potentielle plutt que la simple
Latempérature potentielle d'unepartiuleuideestpardénitionla température
absolue qu'aurait ette même partiule uide sielle était ramenée adiabatiquement
au niveau de la mer. Ainsiles températures potentielles sont toujours omparables
entreelles. Onlanote
θ
etonla alulepar :θ = T
P 0
P
R a /c p
(1.1)
où
P 0
est la pression standard au niveau de la mer (1013.25
hPa),P
la pressionstatiqueloaledelaparelled'air,
R a
laonstantedesgazparfaitsetc p
laapaitéaloriquemassique àpression onstantede l'air.
1.3.3 Stabilité statique
Si une masse d'air est au repos, sastabilité va dépendre uniquement des eets
de ottabilité. Lorsqu'une petite perturbation s'applique sur une partiule uide
dansune atmosphère stratiée (ie où latempérature varie ave l'altitude),la fore
de ottabilité qui s'exere sur ette partiule peut onstituer une fore de rappel
dirigée vers la position d'équilibre initiale : l'équilibre est don stable; ou alors
engendrer uneaélérationdumême signequeledéplaement delapartiule,elle-
iontinuant à s'éloignerde saposition d'équilibre :l'équilibreest alors instable.
Pour estimer si nous sommes dans une situation de stabilité ou d'instabilité, il
sut d'évaluer le gradient vertial de température potentielle. On montre que
([Delmas etal., 2005℄):
1. Lorsque
∂θ
∂z < 0
,ona instabilité.2. Lorsque
∂θ
∂z > 0
,ona stabilité.3. Lorsque
∂θ
∂z = 0
,ondira quel'atmosphère estneutre.1.3.4 Fréquene de Brünt-Vaïsälä
Dans tout le présent rapport, pour quantier la stabilité statiqued'une ouhe
atmosphérique,nousutiliserons parfois
∂θ
∂z
etparfoislafréquenede Brünt-Vaisäläambiante quis'exprime omme:
N 0 = r g
θ 0
∂θ
∂z
(1.2)où
g
est l'aélération de lagravité etθ 0
une température potentielle de référene (que nous prendrons égale à la température potentielle au niveau du sol). Cettefréquenequantielafréquened'osillationd'unepartiuled'air autourdesaposi-
tiond'équilibre,dansunenvironnement stablement stratié,lorsque ettepartiule
d'air subit uneperturbation.Elle n'est dénie quelorsque
∂ z θ > 0
.1.4 Lois de omportement de l'atmosphère
Leomportement dynamiquedel'atmosphèreestainsilassiquementreprésenté
parleséquationsrégissantlathermodynamiqueetlaméaniquedesuides.Leuide
atmosphériquevériealorslaformulationEulériennedeséquationsdeNavier-Stokes
([Navier, 1823℄) suivantes(par ex[Malardel, 2005℄):
1. La loi deonservation de lamasse(dite aussiloide ontinuité) :
∂ρ
∂t + div(ρ. − →
U ) = 0
(1.3)où
−
→ U
estlavitessede l'air etρ
est samassevolumique.2. La loi deonservation delaquantité de mouvement danslerepèretournant :
∂ρ − → U
∂t + div(ρ − → U ⊗ − →
U ) = −2ρ − → Ω ∧ − →
U + ρ − → g − ∇p + µ △ − →
U
(1.4)où
−
→ g
est l'aélération de lapesanteur,⊗
représente le produit tensoriel,− → Ω
est le veteur de rotation terrestre,
p
la pression etµ
la visosité dynamiquede l'air.
3. La loi de onservation de l'énergie, dite aussi premier prinipe thermody-
namique :
∂ρc p T
∂t + div(ρc p T − →
U ) = Dp
Dt + λ △ T + div − → r + φ + δQ
(1.5)où
c p
est la apaité aloriquede l'air,T
satempérature,λ
sa ondutivitéthermique,
−
→ r
le uxde haleur radiatif,φ
la haleur dissipée par frottementvisqueuxetenn
δQ
lesautres souresdiabatiques(liéesauxhangements de phases de l'eau).4. A estroisloislassiquess'ajouteune équation d'état :
p
ρ = rT
(1.6)où
r
représentela onstante desgaz pour l'airse et vautr = 287J/kg/K
.5. Aeséquationsviennents'ajouteruneéquationdeonservationpourhaune
desphases de l'eau.
L'ensembledeeséquationsdéterministespermetdeprévoirl'évolutiondesvariables
prinipales (
−
→ U
,ρ
,T
etp
ainsique lesdiérents rapportsde mélangedesphases del'eau).
Dansleadre de lasimulationnumérique deséoulements atmosphériques, une
approximation fréquemment utilisée est l'approximation anélastique. Elle onsiste
en une simpliationde l'équationde ontinuité de laforme:
w ∂ρ
∂z + ρdiv( − →
U ) = 0
(1.7)L'évolution de la massevolumique liée à l'élastiité du uide n'est alors plus prise
en ompte. Celà revient à négliger l'évolution temporelle loale de
ρ
ainsi que sesvariations assoiées à des mouvements horizontaux (on dit qu'on ltre les ondes
aoustiques).L'équation de ontinuiténe prendalors enompte quel'eet deom-
pression duuidelorsque elui-isubit desdéplaements vertiaux.
2 Cirulation synoptique
La irulation générale orrespond à la irulation qui s'établit à l'éhelle du
globe. Les mouvements atmosphériques à ette éhelle onstituent la réponse au
forçage radiatif : des irulations se mettent en plae entre les zones d'exédents
énergétiques (régions tropiales) et les zones déitaires (ples). Cette irulation
originellementimaginéeparl'astronomeHadleyestbiendéritedans[Jereys, 1926℄,
[Lorenz, 1967℄, [Lorenz, 1970℄ ou [Lorenz, 1991℄. A l'éhelle de quelques entaines
(voire milliers) de kilomètres, et sur des périodes de l'ordre de la semaine, ette
irulation générale est fortement modulée dans l'espae et dans le temps. Nous
appelleronsirulation synoptique lairulation quien résulte.
2.1 Spéiités des moyennes latitudes
Auxmoyenneslatitudes(zonesentre
35 o
et70 o
delatitudeNordetSud),lavari-abilitéatmosphérique estplusgrandequesurleresteduglobe.Cetteaugmentation
de la variabilité est imputable au aratère ondulatoire desirulations spéiques
de ette zone.
Dans ette zone, les isobares et les isothermes ne sont pas parallèles, e qui
aratériseunéoulementbaroline.Leventmoyenestd'Ouestàtouteslesaltitudes
(maximumprèsde latropopause,dansunourantappeléjet-stream) et lapression
en moyenne zonale est plus élevée du té tropial que du té polaire. C'est par
ailleurs la région du globe où les variations méridiennes de températures sont les
plusfortes.
La onjontion de es spéiités dans ette zone baroline induit une iru-
lation assoiée à des ondes quasi-stationnaires (de température, de pression et de
vent) d'une longueur d'onde de l'ordre de la moitié de la ironférene du globe
à es latitudes (deux zones d'anomalies négatives de pression sur les oéans et
deux zones d'anomalies positives sur les ontinents, dans l'hémisphère Nord, f
[Malardel,2005℄).
2.2 Régimes de temps
En fait, es ondulations ont une omposante non-stationnaire basse fréquene.
Cettevariabilitébasse-fréqueneorrespondàequelesmétéorologuesappellentles
régimes de temps ([Barnston etLivezey,1987℄, [Mihelangeli etal., 1995℄), que les
(NAO), fpar ex[Rogers,1984℄
1
.
La variabilité suprasynoptique (ieltrant les périodesinférieures à10 jours) de
la pression révèle que l'atmosphère des moyennes latitudes osille ave des péri-
odes aratéristiques entre diérents états qui onstituent des modes d'osillation
de l'atmosphère à ette éhelle. Selon ette vision,les régimes de temps orrespon-
dent alors aux états de lairulation synoptique ayant lemaximum de probabilité
d'ourene([Kimoto etGhil, 1993a℄et[KimotoetGhil, 1993b℄).Unelassiation
lassique aboutit àdistinguer 4régimes detemps surl'AtlantiqueNordetl'Europe
de l'Ouest([Plaut etSimmonnet,2001℄ ou[Cassou,2004℄):
1. Le régimeAtlantiqueRidge, ditde dorsale.
2. Le régimede bloage.
3. Le régimed'antiyloneGroënlandais,orrespondant aussiàlaphasepositive
de laNAO.
4. Le régimezonal, orrespondant aussià laphasenégative delaNAO.
La gure 1.3 illustre la struture spatiale sur l'Atlantique Nord du géopotentiel à
700 hPapendant esquatrerégimes de temps pour lapériode hivernale.
La durée despériodespendant laquelle l'atmosphère stagne dans un régime de
temps est relativement irrégulière et l'alternane des régimes se fait de manière
quasi-haotique 2
(dixit [Malardel, 2005℄). Les reherhes réentes montrent néan-
moins qu'il existe des voies de transition préférentielles d'un régime à un autre
([Vautard, 1990℄,[Kondrashov etal., 2003℄, [Kondrashovet al.,2007℄).
2.3 Systèmes dépressionnaires et antiyloniques
Danslapratique,ettevariabilitésynoptiqueestassoiéeàdessystèmesnuageux
qui s'enroulent dans lesens trigonométrique dansl'hémisphère Nord et orrespon-
dent àdesperturbations barolines (généréespar instabilitébaroline). Chaqueper-
turbationestenfaitunentredépressionnaire etdeuxentres dépressionnairessont
généralement espaésd'un entre antiylonique, ieoùla pressionestplus élevée.
Cetype deperturbationest lassiquement appelée onde baroline etsepropage
vers l'est (tout omme le ux zonal moyen) après avoir pris naissane sur le bord
Ouest desoéans ([Houghton, 2002℄).
En fait, es perturbations barolines ont une durée de vie typiquement
plus ourte que les régimes de temps (
< 10
jours) et sont onsidéréesomme des modulations plus haute fréquene de es régimes de temps, dues
à des non-linéarités dynamiques ([Mihelangeli etal., 1995℄, [Vautardet al.,1988℄,
[VautardetLegras, 1988℄).
En Europe de l'Ouest, la majeure partie des phénomènes météorologiques, et
notammentdeleuralternane, estdueàl'alternanedeesperturbations(assoiées
1
L'indexNAOannuelaratérisantlemodededominanedesrégimesdetempsauoursd'une
annéespéique.
2
Comportement responsable d'une bonne part de l'inertitude des prévisions numériques à
Fig. 1.3Struturespatiale dugéopotentiel à700 hPa surl'AtlantiqueNordpour
haun des4régimes de temps,pour lapériode hivernale (novembre àmars), issue
d'uneanalysesur40hivers(1958-1998).Gauhe:Anomaliedegéopotentiel.Droite:
Champ de géopotentiel. Pourentage entre parenthèses : fréquened'ourene du
régime.
AR:régimededorsaleatlantique;BL:régimedebloage;GA:régimed'antiylone
Groënlandais;ZO:régime zonal. Extrait de[PlautetSimmonnet, 2001℄.
à un temps nuageux ou pluvieux) et des périodes antiyloniques (assoiées à des
onditions plusalmes etgénéralement àdes périodesdebeauxtemps).
3 Couhe Limite Atmosphérique (CLA)
Dans ette setion, nousdérivons lesaratéristiques lassiquesde laCLA sur
solplat (etsur lesontinents).
3.1 Turbulene atmosphérique
LaCLAestlelieudeisaillementsdevitesses,quipeuventengendrerl'apparition
de strutures tourbillonnaires. On a alors aaire à un éoulement turbulent. Dans
spatiales et temporelles. Ils sont par ailleurs irréguliers et peuvent être onsidérés
omme aléatoires. Même si la dynamique reste déterministe 3
, sa prévisibilité est
fortement miseendéfaut, arelle implique uneonnaissane inniment préisedes
onditionsinitialessil'onsouhaitedérireonvenablementtouteslesstruturestour-
billonnaires demiro-éhelle ([Lesieur, 1999℄).Uneapproheouranteonsistealors
àdéomposerleséhellesdumouvement,enérivanthaquevariableatmosphérique
sous laforme :
α = α + α ′
(1.8)où
α
représente laomposante grande-éhelle (formellement lehampltré au sens de la Simulations des Grandes Ehelles, f hapitre 3) de la variableα
, etα ′
lautuation petite-éhelle orrespondante. L'éoulement est alors approhé par sa
desription grande-éhelle et on modélise l'inuene des petites éhelles en intro-
duisant unnouveau terme dansleséquations de Navier-Stokes (fhapitre 3).
Ondénit par ailleursl'énergieinétiqueturbulente par unitéde masseomme
lasomme
T KE = 1/2
u ′2 + v ′2 + w ′2
.LeséquationsdeNavier-Stokespermettent
d'érire uneéquationde transportpouretteénergie inétiqueturbulente,quidans
le asquasi-stationnaire,serésumeà ([Garratt,1994℄):
S + B + T + D = 0
(1.9)où
S
estuntermedeprodutiondeturbuleneparisaillement,B
untermedepro-dution/destrutiondeturbulenepareetsdeottabilité,
T
untermedetransportetderedistribution del'énergieturbulente,et
D
untermededissipationvisqueuse.Lesdeuxsouresdeprodutiondeturbulenesontdonméanique(isaillement)
et thermique (ottabilité) et leur ratio est un nombre aratérisant l'origine de la
turbulene. On l'appelle nombre deRihardson deux :
Ri f = (g/θ) w ′ θ ′ u ′ w ′ ∂ z u + v ′ w ′ ∂ z v
(1.10)
qu'on peutaussiériresouslaforme du nombre de Rihardson de gradient :
Ri g = (g/θ) ∂ z θ (∂ z u) 2 + (∂ z v) 2
(1.11)
3.2 Evolution nythémérale
Commeleforçagethermiquedusolévolueauoursd'unylejournalier,leterme
deottabilitéévolueaussisur
24h
.Lejour,leseetsdeottabilitésontgénérateurs de turbulene et d'instabilité statique, la nuit, ils sont destruteurs de turbuleneet générateurs de stabilité statique. La gure 1.4 adaptée de [Stull,1988℄ montre
l'évolutiondelastruture delaCLAauoursd'unylejournalier,surunsolplat.
3
Au sensLaplaien du terme,ie si l'on onnait à un instant donnéles vitesses etl'énergie
interneentout point del'éoulement, iln'existequ'uneseule distributiondevitesseetd'énergie
Fig. 1.4 Shématisation de l'évolution iradienne de la struture de la CLA.
Extrait de[Delmas etal., 2005℄, adaptéde [Stull, 1988℄.
En journée, une ouhe thermiquement instable et onvetive se développe à
ause duhauage par lesol (
w ′ θ ′ > 0
),donnant naissane à uneouhe mélangéedanslaplus grandepartie de laCLA.
La nuit, lerefroidissement du sol donne naissaneà une ouhe thermiquement
stabledanslesplusbassesouhes(
w ′ θ ′ < 0
).Larégionsituéeaudessusonstituantla ouhe résiduelle, 'est à dire le lieu d'un délin de la turbulene induite par la
onvetion réée enjournée.
Ceylejournalierestplusmarquésurlesontinentsquesurlesoéans, àause
de laplus grande inertie thermiquedes masses d'eau. Il est également plus intense
enétéqu'enhiveràausedelaplusforteintensitédurayonnementsolaire,résultant
en une ouhe onvetive plus épaisse en journée. Par ailleurs, il est moins net en
situation dépressionnaire ou lorsque laouverture nuageuse estimportante, du fait
de l'inueneradiative que lesnuagesexerent.
Près du sol, on distingue une ouhe de surfae de faible épaisseur. Lorsque
les eets de ottabilité sont négligeables (ie que la CLA est neutre), la on-
trainte de isaillement y est approximativement onstante et le prol de vitesse
moyenne suit en première approximationun prol logarithmique([Garratt, 1994℄).
[MoninetObukhov, 1954℄étendentlemodèledeouhede surfaeauxasdeCLA
non-neutre, en prenant notamment en ompte lavariation vertiale desuxturbu-
lents.
3.3 Couhe Limite Convetive
Lorsqu'elle est pleinement développée (en n d'après-midi dans les onditions
omportelastruture suivante([Garratt,1994℄):
1. Unesous-ouhedesurfaedanslarégion
z < |L|
(oùL
représentelalongueurde stabilitéde [MoninetObukhov, 1954℄),danslaquellelathéoriede Monin-
Obukhovs'applique.
2. Parfois une ouhe de onvetion libre dans la région
|L| < z < 0.1h
(oùh
représente lahauteurde laCLA)
3. Une ouhe onvetive mélangée dans la majeure partie de la CLA (
0.1 <
z/h < 1
). Cette ouhe mélangée est alors aratérisée par un fort mélangeturbulent,de grandesvaleursdelavitesseturbulentevertiale, defaiblesgra-
dientsvertiauxdetempératurepotentielleetdevitesse,unuxdehaleurqui
déroitlinéairementavel'altitude,etunehauteurdeCLAquiroitrégulière-
ment à mesurequela journéeavane(tant queleSoleiln'est pasouhé).
4. Une zone d'interfae ave la TL, souvent appelée zone d'entrainement ou in-
version d'altitude dominéepar les eetsd'entrainement, stableetd'épaisseur
pouvant parfoisatteindre une proportion non négligeable de laCLA (jusqu'à
50%
).La CLA onvetive peut atteindre 1 à 2 km d'épaisseur aux moyennes latitudes.
Elle est aratérisée par des ellules onvetives (dans la partie de ouhe limite
mélangée) deplusieurs entainesdemètresde hauteur,de formespolygonalesd'en-
viron1à3kmd'extensionhorizontale([Shmidt etShumann, 1989℄).LaCLAon-
vetive estsouvent assimilée à saseule partie mélangée.
3.4 Couhe Limite Stable
La ouhe limite noturne omporte typiquement (dans les saisons les plus
haudesde l'année) deuxsous-ouhes :
1. Une ouhe limitestableaussiappelée inversionde basses ouhes.
2. Une ouherésiduelleentrelesommetde laouhe limitestableetl'inversion
d'altitude (interfae ave la TL). Dans ette ouhe résiduelle, la turbulene
onvetive delajournéedélineenenvironune heuredanslapériodede tran-
sition dusoir (après leouherdu Soleil).Cette ouhe reste quasi-neutre ou
devient légèrement stableau oursde lanuit.
ContrairementàlaCouheLimiteConvetive,laCouheLimiteStablenepeutêtre
assimilée à unsystèmeen étatquasi-stationnaire. Auun état stationnairen'est at-
teintauoursdelanuit.Lahauteurdeetteouhed'inversionaugmented'environ
15 − 20m/h
. Elle atteint une épaisseur typiquede quelques entaines de mètres enn de nuit, etune intensitépouvant atteindre
∆θ = 10 − 15K
([Garratt, 1994℄).La ottabilité agit ommeun puits de turbulene et engendre don des faibles
niveaux de turbulene. Les eets radiatifs deviennent aussi importants que les ef-
fets turbulents voire dominants. Les ux de haleurs turbulents y sont négatifs et
laouhestable.Lastabilitépermetparailleurslapropagationd'ondesinternesqui
perturbent lesaratéristiques turbulentes.
Cetteouhe stableestégalement aratériséepar laprésened'unjetdebasses
ouhes, potentiellement engendréparosillationsinertielles(pouvantdonnerlieuà
des vents supérieurs au vent synoptique au niveau du sommet de la ouhe stable
plusieurs heuresaprèsleouherduSoleil).Cejetdebasses-ouhesestnéanmoins
très inuené par les eets atabatiques dus à la pente du relief, même lorsqu'elle
est faible ([Lettau, 1967℄, [Banta et al.,2004℄). Plus de détails seront donnés dans
lehapitre suivant.
4 Bilan thermique du sol
4.1 Forçage thermique de la CLA
L'atmosphère étant transparente aux longueurs d'ondes visibles, la quasi-
intégralité du ux solaire la traverse sans la réhauer (en fait, seule une faible
partdee rayonnement solaireestabsorbé parertaines moléulesmulti-atomiques
ou par les nuages). Le uxsolaire atteint alors le sol. Une petite partie de e ux
est diretement rééhi en fontion de l'albédo du sol, et la grande majorité est
absorbée par lasurfae. Le sol interagit alors ave la CLA en la réhauant ou en
larefroidissant.La soured'énergie estdonleSoleil, maislesolsert derelaispour
ette énergieetonstitue levéritable forçagethermique delaCLA.
4.2 Continuité des ux
A l'interfae sol-atmosphère (soit sur une ouhe inniment mine d'inertie
nulle), l'ensemble des ux de haleur pénétrant vers le sol ompense les ux sor-
tant dusol.Ona alors (parex. [Noilhan etPlanton,1989℄):
R ↓ SW + R ↓ LW = R ↑ SW + R ↑ LW + H + LE + G
(1.12)où
R ↓ SW
est leux solaire reçuau sol,R ↓ LW
est leuxinfrarouge émis par l'atmo-sphèreetreçuausol,
R ↑ SW
estlaportionduuxsolairerééhiparlesol,R LW ↑
estleuxinfrarougeémispar lesol 4
,
H
estle uxde haleur sensible,orrespondant à l'éhange de haleur diretave les basses ouhes de l'atmosphère par diusionetturbulene,
LE
est leux de haleur latente, orrespondant àla quantité de haleur perduepar hangement de phase (pour évaporerl'eau du sol,notamment)et
G
est le ux de haleur aumulée dans le sol, orrespondant à un uxde ondution danslesol.Par ailleurs, onappelle ux radiatif netlaquantité :R N = R ↓ SW + R ↓ LW − R ↑ SW − R ↑ LW
(1.13)orrespondant au bilandesuxéhangés par rayonnement.
4
Lesindies
SW
etLW
orrespondentàShortWaves(visibles)etLongWaves(infrarouges).Ainsi, lebilan de uxsurles 4modesd'éhangesde haleur s'érit:
R N − H − LE − G = 0
(1.14)4.3 Evolution thermique du sol
Préisons que l'équation préédente ne suppose pas qu'il y ait une évolution
stationnaire de la température du sol mais traduit simplement une ontinuité du
ux thermique. Le sol n'est quant àlui (quasiment)jamais en équilibre thermique
puisqu'il subit un forçage variable : leyle diurne. L'évolution de la température
de surfae dusol estgouvernéepar leuxabsorbé par lesol:
∂T s
∂t = C T G = C T (R N − H − LE)
(1.15)où
C T
estlaapaité thermiquedu soletT s
satempérature de surfae.4.4 Flux de surfae
Onnote
F s
leuxsolaire.R ↓ SW
serésumeauuxsolaireetR ↑ SW
luiestpropor-tionnel viaun oeient d'albédo
α
.R ↑ LW
est généralement modéliséà l'aidede la loi de Stefan:R ↑ LW = εσT s 4
oùε
est l'émissivité infrarouge du sol (entre 0 et1 et dépendantdel'état desurfae)etσ
estlaonstantedeStefan-Boltzmann.R ↓ LW
esten revanhe issu de l'intégration sur toute la ouhe atmosphérique des émissions
infrarouges desmoléules d'air etdes nuages.
Ainsi,
R N
s'érit :R N = F s (1 − α) − εσT s 4 + R ↓ LW
(1.16)Le uxde haleur sensible
H
estgénéralement éritsous laforme:H = ρc p CV (T s − T a )
(1.17)où
C
représente un oeient de trainée,V
est la vitesse du vent juste au dessusdu sol,et
T a
la température de l'airjuste audessusdu sol.Enn,
LE
estleproduitdelahaleurlatentedevaporisationdel'eau(L
)etdutauxd'évaporation
E = ρCV (q sat (T s ) − q a )
oùq
est le taux d'humidité dans les bassesouhes et
q sat
le taux d'humidité du sol à saturation. On déompose souvent e uxen un uxvenant dusol,etdesuxissus delavégétation. Onéritalors :LE = L (E s + E tr + E r )
(1.18)où
E s
etE r
sontletauxd'évaporationàpartirdusoletdelavégétationrespetive- ment,etE tr
estliée à latranspirationde lavégétation. Il faut toutefoisajouter les transferts thermiques latents assoiés aux autres hangements de phase lorsqu'ilsont lieu :sublimationde laneige oude laglae,par exemple.
Du point de vue de la CLA, les transferts ave le sol se font essentiellement au
travers duux
H
.Le uxinfrarougejoue quant à luiun eetimportant lorsqu'ilya uneouverture nuageuse, equi n'est pasleasde guredanslaprésenteétude.
Dans laCLA, on onsidère que
H
est laondition aux limites des uxturbulents.Ona alors :
w ′ θ ′ | 0 = H
ρc p T a /θ a ≈ H
ρc p
(1.19)où
w ′ θ ′ | 0
représente la valeur du ux de haleur turbulent en surfae, etθ a
est latempérature potentielle de l'airjuste audessusdu sol.
Conlusion
Dansehapitre,nousavonsvulesprinipalesaratéristiquesdeladynamique
atmosphérique auxmoyenneslatitudes, surlesrégionsontinentales etsursolplat.
Nousavonsvuqueettedynamiqueimpliqueune largegamme d'éhelles. Dans
la suite de ette étude, nous nous intéresserons à ertaines spéiités de l'éhelle
synoptique(systèmesantiyloniquesetrégimes de temps desmoyenneslatitudes),
maissurtout à laméso etla miro-éhelle.
La desription lassique de l'évolution de la CLA montre un yle journalier
marquésursolplat,laCouheStableNoturneétantmoinsbiendériteetmodélisée
quelaCouhe LimiteConvetive de journée.
Nousverronsdanslehapitresuivantquelaprésenedereliefmodiefortement
es aratéristiquesetinsisterons surles spéiitésliées auxvallées, sur lesquelles
nousnousfoalisons dansetteétude.
Dynamique atmosphérique en
zone de montagne
Sommaire
Introdution . . . 23
1 Modiation de l'éoulementsynoptiquepar lerelief . . . . 24
1.1 Fateursinuençantleséoulementsforés . . . 24
1.2 AélérationpareetVenturi . . . 24
1.3 Déviationparlerelief . . . 25
1.4 Canalisationparlerelief. . . 26
2 Système de ventsde vallée . . . 27
2.1 Ventsdepentes thermiques . . . 27
2.2 Ventsdevallée . . . 27
3 Inversionthermique . . . 29
3.1 Dénition etaratérisation . . . 29
3.2 Evolutionjournalièred'uneinversiondevallée. . . 31
3.3 Méanismesdeformation/destrution . . . 33
Conlusion . . . 34
Introdution
La présene de montagnes modie sensiblement la dynamique atmosphérique.
Les éoulements atmosphériques assoiés aux zones de montagne peuvent être de
deuxtypes:
1. Des éoulements forés par le relief, lorsque les vents à grande éhelle sont
modiés ouanaliséspar lerelief omplexe.
2. Des systèmes de vents propres aux montagnes, générés loalement par les
entreleszonesdemontagnesetlesplaines.Cesventssontgénéralementappelés
ventsthermiques.
Dans laréalité,esdeux typesd'éoulementssont toujours ombinés dansune er-
tainemesure.Cehapitre déritlesaratéristiquesdeesdeuxtypesd'éoulement.
1 Modiation de l'éoulement synoptique par le relief
1.1 Fateurs inuençant les éoulements forés
Lorsque le vent synoptique s'approhe d'une région montagneuse, il peut être
foréàpasseraudessus desmontagnesouautour.Ilpeutêtreanalisédansdesval-
lées,destalwegsorographiquesouàtraversdesols.Ilpeutégalement resterbloqué
par lerelief. Ceomportement dépenden faitde 3fateurs(f[Whiteman, 2000℄):
1. La stabilitéde lamassed'air.
2. La vitessede lamassed'air.
3. Les aratéristiquestopographiques de lazonede montagne.
On aratérise alors le omportement à l'aide d'un nombre adimensionnel
prenant en ompte es 3 fateurs. En général, on utilise un nombre de Froude
([Poulos etal., 2000℄, [Pouloset al.,2007℄)déni par:
F r = U
N H
(2.1)où U est la omposante de la vitesse perpendiulaire à la haine de montagne, N
la fréquene de Brunt-Vaisala, etH la hauteur moyenne de la haine de montagne
onsidérée.
1.2 Aélération par eet Venturi
Un éoulement stationnaire de uide inompressible suit le théorème de
Bernoulli, dont la prinipale appliation pratique est l'eet Venturi : Lorsqu'un
éoulementsubit unrétreissement delasetiondepassagequis'oreà lui,elui-i
aélèreetvoitsapressiondiminuerauniveaudelaonstrition.Dansl'atmosphère,
lethéorèmedeBernoullis'appliquemalarl'airestompressibleetl'éoulementest
instationnaire. Néanmoins,dans ertaines onditions (notamment à petite éhelle),
il expliqueertaines variationsdu hampde vent etdepression([Malardel, 2005℄):
Lorsquel'éoulementestanaliséàtraversunol, lerétréissement delasetion
depassageinduitparexemple uneaélération(fgure2.1).Cetteaélérationest
toutefois modiée par ladiérene de pression entre lazoneamont etlazoneaval,
pouvant être ampliée ou atténuée (allant même parfoisjusqu'à un phénomène de
bloagedelamasse d'air d'untéduol), f[Whiteman,2000℄.
Demême,lorsquel'éoulementpasseaudessusdesmontagnes,ilsubitengénéral
une aélération au niveau desrêtes. La forme de lamontagne joue ependant un
Fig.2.1Canalisationdel'éoulementàtraversunol.Illustrationdel'eetVenturi
(extraitde [Whiteman,2000℄.
etune forme triangulaire).Elle induit parfoisdes reirulationslorsque lerelief est
brusquement variable([Whiteman,2000℄).
Enn, par onditions stables,l'éoulement ontournant une montagneisolée est
aéléré surlesbords(là oùl'éoulement esttangent au relief, f[Justus, 1985℄).
L'orientationdelavitesseduventparrapportàlahaînedemontagneinuepar
ailleurssurl'aélérationinduite(maximalelorsquel'éoulementestperpendiulaire
àlahaineouquelahaineestorientéedefaçononaveparrapportàl'éoulement,
f [Justus, 1985℄).
1.3 Déviation par le relief
Plus la stabilité est importante, plus l'éoulement a tendane à ne pas s'élever
maisau ontraire à ontourner les obstales ouà être analisé.
Toutefois, l'éoulement réel ne suit pas néessairement soit l'un soit l'autre de es
omportements (élévation ou ontournement) : Une masse d'air peut être divisée
en deux, lapartie supérieures'éoulant au dessusde lamontagne, l'autre partie la
ontournant ([Etling, 1989℄). Toutela gamme deomportementsintermédiaires est
don possible (élévation et ontournement).
1.3.1 Elevation de la masse d'air
Silahaînedemontagneestlongue,quelaomposanteduventperpendiulaireà
ladiretiondeettehaîneestforte,quelamassed'airestinstable,neutreoufaible-
ment stable (
F r & 1
), l'éoulement a tendane à passer au dessus des montagnes.Deux typesdephénomènes peuvent alors générés :
1. Des ondes orographiques. Elles peuvent elles-mêmes être de deux types :soit
sepropager vertialement etêtre présentes en haute altitude au dessus de la
montagne (ondes internes de type mountain waves); soit rester onnées à
une ertaine altitude etêtre présentes surde longues distanes en avalde la
montagne (ondesinternes de type trapped lee-waves).
2. Desventsdepentes(quipeuventjouerunrleimportantdanslalimatologie
(a) Assoiés à un apport d'air froid. C'est notamment le as du Bora dans
lesrégionsadriatiques (Slovénie, Croatie) ([Grisogono etBelu²i¢,2009℄).
(b) Assoiésàunapportd'airhaudetse.Onlesappelle alorsFoehn. C'est
par exemple le as du Chinook ([Garriott,1892℄) sur les ans Est des
Montagnes Roheuses oudu Santa Anaen Californie ([Raphael, 2003℄).
1.3.2 Contournement de la haine de montagne
Silahaine demontagneesthaute, étroiteou orientée parallèlement àl'éoule-
ment,que levent estfaible ou quel'air esttrès stable(
F r ≪ 1
), l'éoulement a en revanhe tendane à ontourner les montagnes.Dans l'hémisphère Nord, le ontournement a alors tendane à s'eetuer par la
gauhe.
1.4 Canalisation par le relief
Les vallées et bassins profonds peuvent parfois être protégés du vent. Dans de
nombreux as, en revanhe, les talwegs orographiques, valléesou ols sont souvent
soumis à deforts vents.
Souvent, es vents analisés sont engendrés par des diérenes de pression,
soit d'éhelle synoptique (assoiées à des systèmes antiyloniques et dépression-
naires), soit résultant de diérene de température de part et d'autre du relief.
L'éoulement s'oriente alors des hautes pressions vers les basses pressions ou dans
la diretion s'en approhant le plus lorsque le relief fait partiellement obstale
([Whiteman etDoran, 1993℄).
Un autre méanismedit de analisation forée ontraint l'éoulement dans une
vallée à suivre l'axe de elle-i (f gure 2.2). Cet éoulement foré implique un
transfert de quantité de mouvement vertial, des régions hautes en altitude (au
dessusdurelief,oùlevent synoptiquen'est pasmodiéparelui-i)verslesrégions
plus bassesdanslesquellesl'éoulement estanalisé ([Whiteman etDoran, 1993℄).
Fig. 2.2 Shématisation du phénomène de analisation forée de l'éoulement
(extrait de[Whiteman,2000℄).
LeMistraletlaTramontanesontdesexemplesdeventsanalisés,respetivement
dans la vallée du Rhne et entre le Massif Central et les Pyrénées. En Europe,
euxsontégalementdetypeFoehn.Lamajoritésontaussipartiellementatabatiques,
iealimentés par deseetsloaux (fsetion2).
2 Système de vents de vallée
Dans les zones de montagnes où le relief est omplexe, le omportement de
la CLA dière de elui dérit dans le hapitre 1 ar l'inlinaison du sol modie
sensiblement ladynamiquequiadopte alors unestruture spéiqueà esrégions.
2.1 Vents de pentes thermiques
Au ontrairedesventsdetypeFoehnouBora(qui sontd'originessynoptiques),
nousparlerons de vents de pentes thermiques pour parler desventsgénérés loale-
mentsurlespentes.Unerevuedesprinipauxmodèlesdeventsdepentesestdonnée
par exemple par [Seran, 2006℄.Ces vents de pentessont de deuxtypes:
1. Les vents anabatiques. Ilssont produits la journée, lorsque le sol est haué.
L'air près du sol devenant moins dense va semettre à s'élever. La diérene
de pression engendrée par la diérene de température entre les ouhes les
plus près des pentes et les ouhes d'air plus éloignées va ensuite plaquer
l'éoulement asendant ontrelespentes. Lesanabatiques sont ainsidesvents
remontant lespentes, en journée.
2. Les vents atabatiques. Ils onstituent lephénomène inverse. La nuit, omme
laapaitéthermiquedusoletsonémissivitéinfrarougesontplusgrandesque
elles de l'air, le solva se refroidir plusrapidement que l'air. Dee fait, il va
refroidir les ouhes d'air prohes du sol par diusion thermique, et elles-i
devenantplusdenses,vonts'éoulerverslebas,parallèlement àlapente.Con-
trairementauxventsanabatiques,pourlesventsatabatiques,legradienthor-
izontal de pression n'est pasnéessairement un élément moteur (elà dépend
delaongurationdelapente)etpeutmêmeêtrenégligeable([Mahrt, 1982℄).
Leshapitres4 et5 duprésent rapportsefoalisent surles vents atabatiques.
2.2 Vents de vallée
A l'éhelle d'une vallée, es ventsthermiques engendrent une irulation spéi-
que, ommelemontre lagure2.3([Defant, 1949℄, [Defant, 1951℄).
1. Enmilieudematinée(g2.3B),lesventsanabatiquesseformentsurlespentes
de part etd'autre de lavallée. Par ontinuité, ils boulent sureux mêmes et
engendreune subsideneau dessusduentrede lavallée(formant uneellule
onvetive à l'éhelle delavallée).
2. Silefonddevalléeestinliné(oudemanièreéquivalente,silavalléeestouverte
surune plained'unté),ungradientdepressionseréeentrelapartie haute
etlapartiebassedelavallée(ouentrelavalléeetlaplaine),etuneirulation