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Détection statistique des changements climatiques
Aurélien Ribes
To cite this version:
Aurélien Ribes. Détection statistique des changements climatiques. Mathématiques [math]. Université
Paul Sabatier - Toulouse III, 2009. Français. �tel-00439861�
Présentée en vuede l'obtention du
DOCTORAT DE L'UNIVERSITÉ DE TOULOUSE
Délivré par l'Université Toulouse III - Paul Sabatier
Disipline : Mathématiques - Statistiques
Aurélien RIBES
Détetion statistique des
hangements limatiques
Thèse soutenue le11 septembre 2009
JURY :
Laurent TERRAY CERFACS Président
Hervé LE TREUT LMD Rapporteur
Jean-Mihel POGGI Université Paris Sud - Orsay Rapporteur
Philippe NAVEAU LSCE Examinateur
Jean-Mar AZAÏS Université de Toulouse,IMT Direteur de thèse
Serge PLANTON CNRM-GAME Direteur de thèse
Éole dotorale : Mathématiques, Informatique,Téléommuniations de Toulouse
Unité de reherhe : Centre Nationalde Reherhes Météorologiques
Julie, papa, Philippe, Franis, Mikael, Jeanne, Martine, Yannik, Pere, Aurore, Aurélie,
Sophie, Jean-Pierre, Céline, Benjamin, Anne-Sophie, Sandro, Gilles, Juliette, Simone, Fabrie,
lofteurs, Niolas, Youef, Amélie, Seya, Virginie, Mihel, Catherine, Julien, Mar, Hervé, Clo-
tilde, Jean-Mihel, Marine, Ramdane, Lili, Christophe, Stéphane, Lionel, Marion, Mylène,
lofteuses, Cédri, Sylvie, Martin,Maïré, Anne-Marie, Antoine, Dirk, Rémy,Annie, Emilia,Ma-
thieu,Étienne,Dimitri,Samuel,Vinent,Anne-Laure,Bertrand,Rémi,Fabien,Pauline,Olivier,
Laurent,Maxime,Laurene,Jean-Claude,Florene,Jean-François,Alain,Yann,Laetitia,Quen-
tin, maman, David, meri. Ces 43 mois de thèse n'ont pas été désagréables, et 'est en partie
grâe àvous.
Leleteur,attentifetorganisé,n'auraependantpasmanquéderemarquerquedeuxprénoms
font défaut dans ette vision olletiviste des relations humaines. J'en viens don à remerier
Jean-Mar et Serge pour avoir su rester attentifs fae aux expliations brouillonnes dans les-
quelles j'ai outume de me laner fae à un tableau, ativité plus ouramment désignée sous
les termes d'enadrement de thèse . J'espère ontinuer à aller régulièrement me promener
enmontagneavelepremier,etj'espèreavoirl'oasiond'yalleraumoinsunefoisaveleseond.
Enn, j'adresse un petit mot à deux ompagnons qui m'ont été dèles et préieux tout au
longde ette thèse,etjusque dansl'ériture deesremeriements :Silab etL A
T
E X.
Remeriements iii
Résumé vi
Abstrat vii
Notations viii
I Climat, hangements limatiques, détetion et attribution 1
I.1 Climat. . . 1
I.1.1 Notion delimat . . . 1
I.1.2 Systèmelimatique . . . 3
I.1.3 Modélisation dulimat . . . 4
I.2 Changementslimatiques . . . 5
I.2.1 Forçages naturelsetanthropiquesdu limat . . . 6
I.2.2 Sénarioslimatiques . . . 7
I.2.3 Observation dulimat etde seshangements . . . 9
I.3 Étudesde détetionetd'attribution . . . 11
I.3.1 Variabilités limatiques . . . 11
I.3.2 Problématiquesde ladétetion etde l'attribution . . . 12
I.3.3 Positionnement deette thèse. . . 13
I.3.4 Artiulationde e doument . . . 14
II Hypothèses, modèles et tests statistiques de la détetion 17 II.1 Hypothèsesgénérales surles hangementslimatiques . . . 18
II.1.1 Préliminaires . . . 18
II.1.2 Modèle additif . . . 18
II.1.3 Séparabilitéespae-temps . . . 20
II.2 Lesdiérentes stratégiesde détetion . . . 22
II.2.1 Eets
ψ (i)
onnus à unehomothétie près . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24II.2.2 Tests utilisant l'hypothèse de séparabilité . . . 27
II.3 Représentationde lavariabilité interne. . . 29
II.3.1 Inobservabilité de
ε
etinertitudes . . . 30II.3.2 Rédution deladimension ethypothèse deséparabilité . . . 32
II.3.3 Utilisationd'unmodèleAR1 . . . 34
IIIDétetion de signaux spatiaux 39 III.1 Adaptation of the optimalngerprint methodfor limate hange detetionusing awell-onditioned ovariane matrix estimate . . . 40
III.1.1 Introdution . . . 41
III.1.3 Evaluatingthe methods . . . 46
III.1.4 Appliation . . . 51
III.1.5 Conlusion . . . 57
III.1.6 Appendix . . . 58
III.2Compléments méthodologiques . . . 61
III.2.1 Familles de tests . . . 61
III.2.2 Méthodesde rééhantillonnage . . . 63
III.3Analyse desrésultatssurlaFrane . . . 68
III.3.1 Résultats omplémentaires . . . 68
III.3.2 Sensibilité au hoix du modèlelimatique . . . 71
III.4Analyse desrésultatssurledomaine Méditerranée . . . 73
III.4.1 Prinipaux résultats . . . 73
III.4.2 Rle despetitesomposantes prinipales . . . 76
IV Détetion de signaux temporels 81 IV.1 A methodfor regionallimate hange detetion usingsmooth temporal patterns 82 IV.1.1 Introdution . . . 82
IV.1.2 Methodology . . . 84
IV.1.3 Results . . . 88
IV.1.4 Conlusion . . . 96
IV.1.5 Appendix . . . 96
IV.2 Résultats omplémentaires . . . 97
IV.2.1 Domaine Frane . . . 97
IV.2.2 Domaine Méditerranée. . . 100
IV.3 Comparaison àl'approhe spatiale . . . 104
V Détetion sans a priori 109 V.1 Testde lasigniativité de lapremièreomposanteprinipale lisse . . . 109
V.1.1 Préliminaires etmotivations . . . 109
V.1.2 Cadre statistique . . . 110
V.1.3 Estimateurs du maximum devraisemblane pénalisée . . . 111
V.1.4 Tests dansleas
S = 1
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117V.1.5 Tests dansleas
S > 1
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119V.2 Premièresappliations . . . 121
V.2.1 Étude des températures moyennesannuelles. . . 121
V.2.2 Autresvariables . . . 125
VI Conlusions et perspetives 129
Bibliographie 137
Détetion statistique des hangements limatiques
Selonle Groupe Intergouvernemental d'experts sur l'Evolution du Climat(GIEC),ladéte-
tion est ladémonstration statistiquede e qu'un hangement observé nepeutpasêtre expliqué
parlaseulevariabilitéinternenaturelledulimat.Cettethèses'intéresseàladétetiondeshan-
gementslimatiquesàl'éhellerégionale,etenpartiulierauxméthodesstatistiquesadaptéesàe
typedeproblématique.Plusieursproéduresdetestsstatistiquessontainsiprésentéesetétudiées.
La première méthode développée onsiste à reherher, dans les observations, la présene
d'un signal de hangements limatiques dont la distribution spatiale est onnue. Dans e as,
une nouvelle adaptationde laméthode desempreintesdigitales optimalesaété proposée, basée
sur l'utilisation d'un estimateur bien onditionné de la matrie de ovariane de la variabilité
interne du limat. Une seonde approhe propose de reherher un signal ayant une forme
d'évolution temporelle partiulière. La forme reherhée peut alors être évaluée à partir de
sénarios limatiques en utilisant des fontions de lissage splines. Une troisième stratégie
onsisteà étudierlaprésened'unhangement nonspéié àl'avane, maisquivérie une pro-
priété de séparabilité espae-temps,etqui présenteune ertaine régularité en temps. Onutilise
dans e as un formalisme de statistique fontionnelle, pour onstruire un test de signiati-
vitédelapremièreomposanteprinipalelisse,basésurlerapportdesvraisemblanespénalisées.
L'appliationdeesdiérentesméthodessurdesdonnéesobservéessurlaFraneet lebassin
Méditerranéenapermisdemettreenévidenedenouveauxrésultatsonernantleshangements
limatiquesen ours sur esdeux domaines. Des hangements signiatifs sont notamment mis
en évidene sur les températures annuelles et saisonnières, ainsi que sur les préipitations an-
nuelles, dansleasde laFrane.Ces hangements ne sontpasuniformes enespae et modient
ladistribution régionale de lavariableétudiée. La omparaison desdiérentes méthodesde dé-
tetionproposées aégalement permisde disuterde laapaitédesmodèlesde limatà simuler
orretement lesaratéristiques spatialesettemporelles deshangementslimatiques.
Motslés : limat, hangement limatique, détetion, attribution, forçage anthropique, varia-
bilité,Frane,Méditerranée,testd'hypothèse,splines,empreintesdigitalesoptimales,estimation
de matrie de ovariane, vraisemblane pénalisée.
Statistial detetion of limate hanges
Aording to theInternational PanelonClimate Change(IPCC), detetionis thestatistial
demonstration that an observed hange annot be explained by natural internal variability
alone. This PhD Thesis deals with regional limate hanges detetion and in partiular with
the statistial methods well suited to it. Several statistial hypothesis testing proedures are
introdued and studied.
The rstmethodonsideredinvolveslooking fora limate hange signalintheobservations,
assuming that its spatial distribution is known. In this ase, a new adaptation of the optimal
ngerprint method is proposed. It is based on the use of a well-onditioned ovariane matrix
estimate of the internal limate variability. The seond approah proposes to look for a signal
with a presribed temporal pattern. This investigated pattern an be evaluated from limate
model runs by using smoothing splines. A third strategy involves the study of an undened
limate hange signal but one whih satises a spae-time separability assumption. Its time
omponent alsoneed toberegular.Afuntionalstatistialframeworkanbeusedinthisaseto
onstrut atest ofsigniane fortherst smooth prinipal omponent,basedon thepenalised
likelihoodratio.
Applying these dierent methods to observed datasets overing Frane and the Mediterra-
neanbasinhasledtonewsetsofresultsregardingtheurrentlimatehangesovertheseregions.
Signiant hanges are found in the mean annual and seasonal temperatures as well as in the
annualpreipitationoverFrane.Thesehangesarenotspatiallyuniform,andmodifythespatial
distribution ofthe variableonsidered. Finally,omparing thevariousmethods proposedallows
todisusstheabilityofnumerial limatemodelstoproperlyrepresentthespatialandtemporal
featuresof limate hanges.
Keywords : limate, limate hange, detetion, attribution, anthropogeni foring,variability,
Frane, Mediterranean, hypothesis testing, splines, optimal ngerprint, ovariane matrix esti-
mation, penalised likelihood.
Notations générales
s
,t
Indies de loalisation(espae) etdedate (temps)ψ s,t
Observablelimatique étudiée (température ou préipitations), au lieus
etàl'instantt
m s
Valeur moyenne de l'observable aulieus
,sans hangements limatiquesψ (s)
Signal de hangements limatiquesψ (i)
,ψ (AN T H)
Changements limatiques induits par le forçage(i)
, le forçage anthro-pique
φ (i)
Changementslimatiquesinduitsparleforçage(i)
,simuléparunmodèlede limat
β
,(β i )
Fateursd'amplitudes del'eet desforçages(du forçagei
) surlelimatg
Distribution spatialedeshangementslimatiquesµ
,µ(.)
Veteur oufontiond'évolution temporelledeshangements limatiquesε
Variabilité interne dulimatC
,C (S)
Matrie deovariane spatiale deε C (T )
Matrie deovariane temporelle deε C, b C ˆ
Matrie deovariane empirique, estimantC α
Coeient de dépendane d'unproessusAR1I n
Matrie identité endimensionn
0 n
Veteur nulendimensionn
1
n
Veteur de dimensionn
dont toutesles oordonnées valent 1N(m, C)
Distribution guassienned'espéranem
etde ovarianeC T(n)
Loi deStudent àn
degrés de libertéF(m, n)
Loi deFisher à(m, n)
degrés de libertéW (n, C)
Loi deWishart àn
degrés de liberté,assoiéeà lamatrieC
Chapitre III
ψ e
Variabilité interne dulimatf o
Empreinte digitale optimaled f
Variable dedétetion assoiée àla diretionf T f
Testde détetionbasé surd f
W f
Région de rejetdeT f
A +
Pseudo-inverse deMoore-Penrose de lamatrieA
A q q
-tronature deA
(sommedesq
premiers termesde laSVDdeA
)C ˆ I
Estimateur régulariséde Ledoit deC
δ
Variablede détetionROF normaliséeD C,g
Distribution deδ
sousH 0
D (α)
Quantile d'ordre1 − α
deladistributionD T ˆ
C I −1 g
Test ROF ave rééhantillonnage bootstrapΨ, Ψ L , Ψ T
Éhantillon, éhantillon d'apprentissage, éhantillon de testChapitre IV
φ
Variabilité interne du limatλ
Paramètrede pénalisationpourl'estimation splineψ, e µ, e φ e
Valeursdeψ
,µ
etφ
après blanhiement de ladépendanetemporelleψ
Valeur deψ
aprèsentrage spatialb
g
EstimateurTOD deg
Chapitre V
f (q) (t)
Dérivéeq
-ièmedef(t)
l(.)
Fontion de -2log-vraisemblanepl(.)
,pen Fontionl(.)
pénalisée,pénalitépl b H
0
,
pl b H
1
Minimumde la-2log-vraisemblane pénaliséesous
H 0
,H 1 b
x
Estimateurdu maximumde vraisemblanepénalisée dex S r
Espae dessplinesd'ordrer
(s k (.)) k=1...p
Base anoniquedeS r
Σ
,G
Semi-normes surS r ρ
Paramètrede pénalisationH ρ = Σ + ρG
Norme surS r
S p−1
Sphèreunité dansR p
v
Variablede test dutest durapport desvraisemblanes penaliséesD
,D m,C
Distribution dev
sousH 0
Climat, hangements limatiques,
détetion et attribution
Lundi 6 Avril 2009, Haute-Garonne :
Température en nette hausse. À l'avant d'une perturbation plus à l'ouest, dans le
flux de sud bien marqué, le temps est bien ensoleillé, et les températures très
doues dès le matin.
L'après-midi,dopéspar unbon ensoleillement,les thermomètresvontaffiherpartout
plus de 20 degrés soit 6 à 7 degrés de plus que les normales de saison.
Le vent est faible ave un zeste de vent d'autan l'après-midi.
Que nousapprend e bulletin météo sur le limat de notre époque?Cette doueur préoe
est-ellenormale ounaturelle?Dansquellemesurelahaleurrelative ressentieun6 avril est-elle
imputable auxdérèglementslimatiques ouà l'ation de l'homme surlelimat?
Autant de questions, ouramment posées et abordées par diérents publis (sientiques,
journalistiques,itoyens, et),qui interrogent surles liensentrele temps qu'il fait,le limat,les
hangements limatiques, et lerle de l'homme danses hangements. Sansprétendre restituer
enquelquespagesles réponsesapportéespar lesdiérentsrapportsduGIEC (Grouped'experts
Intergouvernementalsurl'ÉvolutionduClimat),et,efaisant,parlestravauxdequelquesmilliers
de sientiques au ours des dernières déennies, l'objetif prinipal de e hapitre introdutif
est de fournir quelques premiers éléments de réponse, en préisant ertaines des notions qui
seront utilisées tout au long de e manusrit. Cela nous onduira notamment à introduire les
problématiquesdeladétetionetdel'attribution deshangementslimatiques,diretementliées
auxquestionsii évoquées.
I.1 Climat
I.1.1 Notion de limat
Climate in a narrow sense is usually dened as the average weather,
or more rigorously, as the statistial desription in terms of the mean
and variability of relevant quantities over a period of time ranging
from months to thousands of millions of years. The lassial period for
averaging these variables is 30 years, as dened by the World Meteo-
rologial Organization. The relevant quantities are most often surfae
variablessuhastemperature,preipitationandwind.Climateinawider
senseisthestate,inludingastatistialdesription,ofthelimatesystem.
IPCC,2007,Glossary,p.942.
une dénition à lanotion de limat. S'il fallait extraire en quelques mots,et dans la langue de
Molière, l'esprit de la dénition proposée dans son 4 ème
rapport, on pourrait onsidérer que
le limat est une desription statistique en terme de moyenne et de variabilité, des variables
météorologiques,surunepériodede tempsallantdequelquesmoisàplusieurs millionsd'années.
Leprinipal attrait deette dénitionestqu'elleouvre l'essentieldesproblématiques abordées
par la ommunauté limatique, et qu'elle dérit également bien le adre dans lequel s'insrit
ette thèse. La notion de limat est pourtant assez diile à dénir, omme en attestent les
deux niveauxde leturedistinguéspar leGIEC,etlesensquilui estattribuén'est pastoujours
elui-i.
Par exemple, lePetit Larousse indique:Climat n.m. Ensemble des phénomènes météo-
rologiques (température, pression,vents,préipitations)qui aratérisentl'étatmoyende l'atmo-
sphère etson évolution enun lieu donné .Cettedénition dièrenotamment delapréédente
en ela qu'elle onsidère quele limat s'entend enun lieu donné.En réalité, ertaines variables
d'intérêtpourleslimatologues,tellesquelatempératuremoyenneglobale (termequel'onutilise
pourdésignerlatempératuredel'atmosphèreauvoisinagedelasurfae,moyennéesurl'ensemble
de la planète)ne revêtent pas e aratère loal. Une deuxième distintion peut-être établie en
remarquant que le limat n'est ii envisagé que sous l'angle desvaleurs moyennes, de la même
manière quedans la formule : limate is what you expet, weather is what you get . La pra-
tiquesientique,onformémentàladénitionproposéepar leGIEC,estenréalitépluslargeet
s'intéresse notamment àlavariabilité de esphénomènesmétéorologiques. Par exemple,l'étude
deertains phénomènes météorologiques extrêmes peuts'avérer aussipréieusedans laaraté-
risationdu limat quelaonnaissane desvaleursmoyennes desparamètres assoiés.
LadénitionproposéeparlePetitLarousseorrespondependantàuneertainepratiquedu
limat.En eet, l'étude du limat s'est longtemps apparentée à l'étude des limats, en regrou-
pant en grandes lasses les limats des diérentes régions de laplanète. Dans un tel adre, on
s'intéresseeetivementauxpropriétésmoyennesdel'atmosphèreenunlieu.Ainsi,denombreux
ouvrages de géographie présentent desartesde valeurslimatologiques ('est-à-dire moyennes)
desparamètresmétéorologiques.Ainsiégalement,esouvragesévoquentsouventquelquesgrands
typesdelimat,telsqueleslimatsoéanique,méditerranéen,ontinental,et.VladimirKoeppen
(1846-1940), en partiulier, a établiune lassiation de esdiérents limats, enore répandue
de nosjours, basée sur desritères à la fois météorologiques et biologiques, faisant notamment
intervenir letype de végétation.
Unpointommunàtoutesesdénitionsestd'établirunedistintionnetteentrelelimatet
letempsqu'ilfaitàuninstantdonnéetenunlieudonné.Cettedistintionestunearatérisation
fondamentale de l'étude du limat, et explique en partiulier la séparation entre météorologie
etlimatologie. Contrairement à ette dernière, la météorologie s'attahe à dérireet à prévoir
l'évolution hronologique du temps. Depuis les travaux d'Edward Lorenz dans les années 60
(Lorenz, 1963, notamment), ladynamique de l'atmosphère est onnue omme étant haotique,
dans e sens que des diérenes innitésimales des onditions initiales de l'atmosphère sont
à l'origine de trajetoires diérant largement. Ce aratère haotique est souvent illustré par
l'image de l'eet papillon, stipulant par exemple que les battements d'ailes d'un papillon en
Australiepeutprovoquerunyloneau-dessusdeAtlantique.C'est,enoutre, ettepropriété
qui explique la relative impuissane des prévisions météorologiques au-delà de deux semaines
d'éhéane.Auontraire,l'étudedesgrandséquilibresplanétairespeutpermettredeomprendre,
etleaséhéant deprévoir l'évolutiondesvaleursmoyennes,surdesgrandespériodesdetemps,
desvariables météorologiques.
Lorsquel'ons'intéresseàladesriptiondulimat,l'eetpapillon estgénéralement interprété
omme un aléa intrinsèque au système limatique. Le temps qu'il fait en un lieu donné à un
instant donné peut dès lors être onsidéré omme une variable aléatoire, e qui motive l'utili-
l'évolutiondéterministe de lavariable tempsqu'il fait (qui n'est donpasonsidérée omme
aléatoire), alors quele limats'intéresse uniquement auxpropriétés de sadistribution. Dansun
telformalisme,lesquelquesquestionsposéesenpréambuledeehapitresontdumêmeordreque
sahant que je viens de tirer un 5, puis-je onsidérer que mon dé est pipé? Naturellement,
le tirage, aléatoire, d'une seule valeur ne fournit quetrès peu d'information sur la distribution
sous-jaente,et ne permet en auun as de onluresur les propriétés de ette distribution. De
lamêmefaçon,lebulletinmétéorologiqueémisle6Avril2009pourlaHaute-Garonnenepermet
pasde onlurequant à laréalité ouà l'intensitédeshangementslimatiques en ours.
Dans le adre de ette thèse, nous nous référerons préférentiellement à la notion de limat
telle que dénie par le GIEC, e qui motivera, notamment, l'utilisation et l'étude de ertains
outils etmodèles statistiques,qui seront pour l'essentiel introduits au Chapitre II. L'énoné de
ladénitiondonnéeparleGIECn'estependantpassusantpourintroduirel'objetlimatique,
puisque, ommelelaisseentendreladernièrephrase utilisée,lanotion delimat estintimement
liée à ellede systèmelimatique.
I.1.2 Système limatique
Thelimatesystemisthehighlyomplexsystemonsistingofvemajor
omponents:theatmosphere, thehydrosphere,theryosphere,theland
surfaeandthebiosphere,andtheinterationsbetweenthem. [...℄
IPCC,2007,Glossary,p.943.
Lanotiondesystèmelimatique,parfoisdésignéparletermed'enveloppeuide,estégalement
dénie par le GIEC, omme un système omplexe onstitué de inq omposantes prinipales :
l'atmosphère, l'hydrosphère, la ryosphère, les surfaes ontinentales et la biosphère, ainsi que
de leurs interations. Cettedénitionest illustréepar laFigureI.1.
Quelquesommentairessontutilesandeomprendrepourquoil'ensembledeesonstituants
estdiilement dissoiable.L'oéan,toutd'abord,reouvreunpeuplusde70%delasurfaede
laplanète,etéhange enpermanened'importantes quantitésd'énergieave l'atmosphère àson
interfae.L'énergiesolaireinidentesurlaplanète,notamment,ontribueàmettreenmouvement
les masses d'eauoéaniques de lamême manière queles massesd'air atmosphériques, etlerle
desoéans estdéterminant dansleyle del'eau. Ainsi, latempérature del'eau et lesourants
marins sont des sujets d'études pour le limatologue, de la même manière que les vents ou la
température de l'air. Au-delà de l'oéan, les surfaes ontinentales onstituent une interfae
qui inuene la dynamique de l'atmosphère, par exemple par sa faulté à absorber l'énergie
solaire ou saapaité à évaporer de l'eau.Le reliefdesontinentsexere lui aussiune inuene
importanteenontraignant leséoulementsatmosphériques. Laryosphère,aratériséepar son
albédo(apaitéàrééhirlerayonnementsolaireinident)trèsélevé,etlabiosphère,omplètent
letableau.
À es omposantes naturelles peuvent être rajoutés les hommes, dont ertaines ativités
peuvent inuener le limat. Par exemple, outre les éhanges d'énergie et d'eau, mentionnés
préédemment, l'atmosphère éhange ertains omposés himiques ave les autres omposantes
dusystèmelimatique :desaérosolsave lessurfaesontinentales, desomposés arbonésave
labiosphèreetl'oéan,et.Lesativitéshumainess'additionnent parfoisàeséhangesnaturels,
en étant elles-mêmes à l'origine de l'émission de diverses espèes himiques vers l'atmosphère.
Nousyreviendrons largement.
tique et de leurs prinipales interations. [Figure tirée du 4 ème
rapport du GIEC, IPCC, 2007,
p.104℄
I.1.3 Modélisation du limat
Danslebutd'étudierlefontionnementde esystèmeomplexe,laommunautésientique
utilise depuis plusieurs déennies déjà des modèles permettant de simuler numériquement le
limat. Les objetifsd'une telledémarhe sont multiples. La modélisation permettout àla fois
d'aroître laompréhension desméanismeslimatiques, par exempleen réalisant in silio des
expérienesimpossiblesàmettreen÷uvreenpratique,etdepermettreunereprodution,laplus
dèle possible,d'évolutions ou d'étatslimatiques.
Lamodélisationnumérique dulimat reposesurles mêmesprinipesquelaprévisionnumé-
rique du temps (qu'onpourraitégalement qualier de modélisation météorologique), ethistori-
quement,esdeuxativitéssesontdéveloppéesonjointement.Danslesdeuxas,lamodélisation
del'atmosphèreestunélémentléetlespremièrestentativesdemodélisationsesontonentrées
sur ette seule omposante (f Le Treut et al., 2007 pour une perspetive historique). L'idée
fondatrie estde aluler, par des méthodes numériques, une solution approhée deséquations
auxdérivéespartiellesdérivantl'évolutiondel'atmosphère.Ceséquations,prinipalementissues
de laméanique des uides et de lathermodynamique, onstituent en quelquessortes lapartie
onnue du phénomène.Leur résolution expliite nousétant inaessible à e jour,les méthodes
numériques onstituent desoutils adaptésde résolution.
Conformément à de nombreuses méthodes de résolution d'équationsaux dérivées partielles,
les modèles de limat utilisent une disrétisation de l'atmosphère, en la déoupant en petites
boîtes, dans lesquelles les prinipaux hamps physiques (température, pression, vitesse, et)
prennent des valeurs onstantes, ou en tout as simpliées. Cette struture disrète est illus-
trée par la Figure I.2, qui dérit l'organisation d'un modèle de irulation générale (GCM).
Ave le temps, de nombreuses autres omposantes que l'atmosphère ont été prises en ompte
ture disrète des modèles ouplés de irulation générale, ii pour la omposante atmo-
sphérique. [Figure extraite du site du Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD),
http ://web.lmd.jussieu.fr/℄
an de véritablement modéliser lesystème limatique, distinguant ainsimodèles limatiques et
modèles météorologiques. Désormais, les inq omposantes prinipales sont représentées dans
de nombreux modèles, onstituant ainsides modèles ouplés de irulation générale (CGCMs).
La représentation orrete des interations de haun de es ompartiments, et les diultés
tehniques assoiées,onstituent ependant souvent desdés.
Bien qu'adaptée, ette démarhe est don souvent oûteuse et imparfaite. Coûteuse, tout
d'abord, pare que l'évolution de l'atmosphère implique diérents méanismes d'éhelles très
diérentes, et quela prise en ompte d'un nombreroissant de es méanismes néessite d'uti-
liser une résolution (nombre de mailles) de plus en plus élevée, et don des moyens de alul
importants. Imparfaite,ensuite, pare quemalgré lesprogrès de l'informatique, ette résolution
demeure limitée(la dimension horizontale desmaillesestde l'ordre de100 kmdansles modèles
atuels),equiimposelasimpliation,oulaparamétrisation,denombreuxproessusphysiques.
Malgré toutes es diultés, les modèles limatiques onstituent des outils privilégiés pour
l'étude deshangementslimatiques en oursetà venir.
I.2 Changements limatiques
Aussi omplexeet intéressant soit-il, lesystèmelimatique n'ouperait ertainement pasla
plae,notamment médiatique, quiest lasienne aujourd'hui s'iln'était pasquestiondeshange-
des ativités humainessur l'ensemble de e système, et partiulièrement elledes onséquenes
del'émissiondansl'atmosphèredediérentsomposésinuençantlebilanradiatifdelaplanète,
est poséepar lessientiques.La réationduGIEC en1988,en partiulier, aétémotivée parla
néessité de renseigner de façon élairée et indépendante les pouvoirs publis sur es questions
déliates. C'est de nouveau en s'appuyant surle dernier né de ses rapports que nousallons ra-
pidement restituer les aratéristiques de es hangements, qui sont aussi le sujet prinipal de
ettethèse.
I.2.1 Forçages naturels et anthropiques du limat
Commençons, de nouveau, par un point de voabulaire. L'état du système limatique à un
instant donné dépend, entre autres fateurs, de ertains méanismes et paramètres qui lui sont
étrangers. Au premier rang de es paramètres setrouve leux d'énergie solaire inident sur la
planète, le rayonnement solaire onstituant leprinipal moteur dusystème limatique. Ce type
de méanisme s'imposant au système limatique et l'inuençant diretement est ouramment
désigné par le terme de forçage externe. Parmi es méanismes, on distingue lassiquement les
forçages naturels desforçages anthropiques.
Lesforçages naturels sontprinipalement detroisnatures:volanique,solaire,astronomique.
Lesoleil,toutd'abord,voitsonativitévarierdansletemps,etmodie,enonséquene,laquan-
tité d'énergie reçue par laplanète,paramètre auquel lesystème limatique estlogiquement très
sensible. Lesvolans,enenvoyant dansl'atmosphère,auoursde leurséruptions, d'importantes
quantitésdepoussièresetdegazquiseondensentenaérosols,ontribuent àrendrel'atmosphère
plus opaqueaurayonnement solaire,et,efaisant,àmodierlebilanénergétiquedelaTerre(f
FigureI.3). Leséruptionslesplusimportantesontainsiuneetrefroidissantsurlatempérature
moyenne à la surfae du globe. On peut notamment remarquer que soleil et volans sont ex-
pliitement indiqués dansla présentation shématique dusystème limatique Figure I.1. Enn,
le forçage astronomique, que l'on peut souhaiter distinguer, ou pas, de l'eet solaire, module
fortementlafaçondontl'énergiesolaireestreçueparlesystèmelimatique,soitenfaisant varier
diretement laquantité d'énergieinidente, soit en modiant leylesaisonnier, et.
L'originedesforçagesanthropiques résidedansl'émission,parl'homme,dediérentesespèes
himiques qui modient la omposition de l'atmosphère. Certaines de esespèes sont indiqués
Figure I.1,aumême titrequediversforçagesnaturels. Lesplusonnus de esomposés sont les
gazàeetdeserre(GES),parmilesquels
CO 2
,CH 4
etN 2 O
notamment.Cesgazsesingularisent par leur apaité à absorber l'énergie rayonnée par la surfae terrestre, typiquement dans leslongueurs d'ondes de l'infrarouge, alors qu'ils laissent plus failement passer le rayonnement
solaire diret, situé dansles longueurs d'ondes duvisible. Ces gaz agissent don d'une ertaine
façon ommeles vitres d'une serre exposéeau soleil, etontribuent à réhauer l'atmosphère à
proximité dela surfae.
Les GES sont présents naturellement dans l'atmosphère, et leurs bienfaits ne sont généra-
lement pas remis en question, puisque la température moyenne à la surfae du globe serait
d'environ -19°C si l'atmosphère en était totalement dépourvue, ontre 14°C environ dans les
onditions atuelles.Unbilanradiatifglobaldelaplanète,ommeeetuéFigureI.3,permeten
outredemettreenlumièrel'importanedel'eet deserre qu'ilsinduisent.Endépitdeettepré-
sene naturelle, lesativitéshumainesont,de façonrelativement soudaine àl'éhelle limatique,
onsidérablement augmentéles onentrations atmosphériquesde ertains dees gaz.
Lesémissions de GESne sont ependant pas lesseulesperturbationsdu systèmelimatique
engendréesparles ativitéshumaines.DenombreusesautressontétudiéesparleGIECand'en
quantier leseets respetifs. Onpeutnotamment iterl'émissiond'aérosols (petitespartiules
liquides ou solides résidant dans l'atmosphère au moins quelques heures), les modiations de
terrestre, en moyenne annuelle et planétaire. Ce shéma met en évidene l'importane des gaz
à eet de serre, quisont à l'origine de l'absorption, par l'atmosphère, de l'essentielde l'énergie
rayonnéepar lasurfae. [Figureextraite du4 ème
rapport duGIEC,IPCC, 2007,p.96℄
l'usage des sols des surfaes ontinentales (agriulture, forêt, urbanisation, irrigation, et), ou
enorel'aminissement delaouhe d'ozone.Ces diérentsforçagesanthropiques sontévaluéset
omparés auxvariations naturellesduforçage solaire,FigureI.4.
Remarquons pour nir que e doument s'intéressera largement à la quantiation de la
réponse du systèmelimatique à ertaines variations de es forçages externes; dansla suite, la
réponse du systèmelimatique à un forçage externe X sera parfoisdésignée par leterme d'eet
de X surlelimat.
I.2.2 Sénarios limatiques
De très nombreux travaux ont été menés an de quantier les onséquenes des forçages
anthropiquessurlelimat,etbienau-delà,surl'organisationdelasoiétéhumaine,sonéonomie,
et; travaux dont leGIEC est souvent lehef d'orhestre.
La démarhe mise en ÷uvre par le GIEC an d'évaluer les onséquenes des ativités hu-
maines sur le limat fait intervenir de nombreuses disiplines. Tout d'abord, la simulation du
limat desdéenniesou sièlesàvenirrequiert laonnaissanedesforçagesanthropiquesfuturs.
Pour ela, diérents sénarios d'évolution ont été proposés, orrespondant à diérentes hypo-
thèsesd'évolutionde nossoiétés,notamment despointsde vueéonomique, démographiqueet
tehnologique.À essénariossont assoiéesertaines émissionspour lesièleàvenir,etparfois
au-delà.Lesquantitésémisesestiméespeuvent alorsservird'entrées auxmodèlesdelimatpour
simuler le limat du futur, haque simulation étant alors faite onditionnellement à un séna-
rio donné. C'est généralement en se basant sur es simulations que d'autres outils, dépassant
largement la sphère de la limatologie, sont utilisés pour évaluer les onséquenes soiétales ou
éonomiques deshangements limatiques.
Conernant la dimension authentiquement limatique de ette vaste entreprise, le reours
aux modèles de limat est rendu quasi-indispensable par la omplexité du système limatique.
pour diérentes omposantes des forçages anthropiques et naturels, évalués pour l'année 2005
(diéreneavel'année1750,utiliséeommeréférenepourlapériodepré-industrielle).Leniveau
deompréhensionsientiqueestindiquésousl'appellationLOSU.Onobserveenpartiulierque
les inertitudes surertains forçagesdemeurent importantes, notamment dans leasdu forçage
induit par les aérosols.[Figure extraite du résumétehnique du 4 ème
rapport du GIEC, IPCC,
2007, p.24℄
En eet, laquantiation de laréponse du système à un forçage donné est rendue diile par
laprésenede nombreuses rétroations. À partir d'uneperturbation ou d'unforçage limatique
donné,unerétroation pourraitsedénirommeunméanismede réponseperturbant lui-même
le système limatique et inuençant, de e fait, la réponse totale à la perturbation initiale.
La réponse attendue ('est-à-dire ne tenant pas ompte des rétroations) peut alors se trouver
ampliée,amoindrie,ou plusgénéralement modiée.
Prenons deux exemples bien onnus, et étudiés dans le as du forçage anthropique. L'eet
diret de l'augmentation de l'eet de serre est de réhauer l'atmosphère au voisinage de sa
surfae. Du fait de ette augmentation, la glae de mer (banquise) peut se trouver menaée,
et même disparaître (phénomène envisagé pour la glae de mer Artique, en été, au ours du
sièle prohain). La glae est alors remplaée par de l'eau libre, dont la apaité à rééhir le
rayonnement solaire estbeauoupplusfaible, equi tendégalement àréhauer latempérature
de surfae. C'est un exemple de rétroation positive (le méanisme amplie le réhauement).
Inversement,lapossibilitéd'unemodiationdeertainsgrandsourantsmarinsdufaitdel'aug-
mentationdestempératuresestétudiée.Dansleaspartiulierdel'Europe,unourantprinipal,
le Gulf Stream, transporte des masses d'eauhaudes,et ontribue ainsià adouir le limat,
partiulièrement en hiver. Unarrêt de eourant pourraitdon entraînerun refroidissement du
limat à l'éhelle régionale (préisonsependant qu'un arrêt de e ourant estonsidéré omme
très invraisemblable). Cet exemple présente en outre l'intérêt de souligner le aratère pluriel
Fig. I.5 Projetions limatiques pour le XXI sièle. Évolution de la température
de surfae moyenne globale pour diérents sénarios d'émissions. La moyenne multi-modèle est
représentée pour haque sénario, ainsi que l'inertitude assoiée. [Figure extraite du résumé
tehnique du 4 ème
rapportdu GIEC,IPCC, 2007,p.14℄
deshangementslimatiquesendiérentslieuxdelaplanète,puisque,parexemple,leréhaue-
ment global peutêtre assoiéàun refroidissement loal;earatère pouvant rendrepréférable
l'emploi dupluriel,au senspropre, pour désignerlephénomène.
La Figure I.5 illustre le réhauement de la température de surfae moyennée sur leglobe,
tel que simulé par les CGCMs ayant ontribué au dernier rapport du GIEC (une vingtaine, f
Randall etal.,2007), pour quelques unsde es sénarios.Le sénarioA1B, qui estrelativement
moyen parmi leshypothèsesreprésentées ii,seraonsidéré àde nombreusesreprises dansette
thèse.
Si les modèles limatiques onstituent des outils préieux dans l'appréhension des hange-
mentslimatiques passés,enours,etàvenir,l'analyse deleurs résultatsetde leurs diagnostis
nepeutnaturellementpassepasserd'uneonfrontationauxobservations.Ceprinipegénéral
s'applique également à l'étudedeshangements limatiques.
I.2.3 Observation du limat et de ses hangements
Du faitdelanaturestatistiquedulimat,évoquéeauI.1.1,l'observationdulimat néessite
un ertain reul, etne peutseonevoir que surune période de temps relativement longue. En
partiulier, sil'on onsidère, de façon simpliée, lelimat omme ladistribution d'une variable
aléatoire (letemps qu'il fait),onomprend quesonobservation ('est-à-direl'observation d'une
distribution) requiert elle-même un grand nombre d'observations de la variable aléatoire sous-
jaente. L'étude du limat,et qui plusest de ses hangements, néessite don de longues séries
d'observationsmétéorologiques.Ál'époquedel'observationsatellite,leslimatologuesremerient
don les premiers érudits qui, aux XVII ème
et XVIII ème
sièles, prinipalement en Europe, ont
pression,etlespréipitations),observationsqu'ilsontonsienieusementarhivées.Lebesoinen
donnéesaniennesdequalité demeureependantimportant,motivantdenombreusesopérations
dedata resue, ou dereonstrution.
Unediulté importantede epointdevueonerne laqualité deslongues sériesd'observa-
tions,etpluspréisément leurhomogénéité.Eneet,au oursdutemps,lesinstrumentsutilisés
pour l'observation ont évolué, demême quelesprotooles préonisés;lessitesd'observation ont
étésouvent déplaés, et même lorsque e n'est pasle as, l'environnement immédiat du site de
mesure a souvent évolué (modiation de la végétation, urbanisation, et), inuençant dire-
tement la mesure. Tous es défauts potentiels se traduisent souvent, en prenant l'exemple des
températures, par quelques dixièmes de degrés à quelques degrés de déalage entre diérentes
périodes,quantitésomparables,enordredegrandeur,auxhangementslimatiquesestimés sur
leXX ème
sièle.Unretraitementaposteriorideesdonnéesestdongénéralementindispensable
avant toute analyselimatologique.
Ce travail,fastidieux maisinontournable, est généralement désigné sous le termede proé-
dure d'homogénéisation, et basé sur des méthodes statistiques, ainsi que sur les méta-données
pouvant aompagner les séries brutes (voir par exemple Mestre, 2000 et Caussinus et Mestre,
2004).Ces méthodesmettent en÷uvre une étape dedétetion de ruptures, àpartir d'unesérie
individuelle, ou par omparaison d'une série à ses voisines, avant de proéder à une orretion
statistiquede esruptures.Unimportanttravail deetypea étéréalisé parMétéoFrane, pour
desdonnées du territoire métropolitain; les données homogénéisées ainsi obtenues seront utili-
sées à de nombreuses reprises au ours de ette thèse.À éhelle plus globale, diérents jeux de
donnéesont étéonstituéssurdesgrillesrégulières,aminima aprèsontrle desdonnéesbrutes.
LesobservationsHadCRUT3v(Brohanetal.,2006)seront notammentutiliséesdansettethèse.
L'analysedesobservations, etdeséventuels signauxdehangementsqu'ellesindiquent, peut
alors être menée. Conernant la température moyenne globale au ours des 150 dernières an-
nées,diérentesobservationsonvergentesindiquentunetendaneauréhauement. Celle-iest
notamment illustrée Figure I.6et semble serenforer au ours des dernières déennies. Les dif-
férents rapports du GIEC, et en partiulier le Chapitre 3 du dernier d'entre eux (Trenberth et
al., 2007), donnent de nombreuses autres illustrations de ette tendane au réhauement. Le
réhauementdel'atmosphère,estainsionstatésurunetrèslargemajoritédesrégionsduglobe,
auvoisinagede lasurfae ommeau niveau delatropopause(
∼ 10
km d'altitude).Lestempéra- tures de surfae de la mer évoluent dans le même sens, phénomène onrmé par l'élévation duniveau moyen des oéans, résultant en partiulier de leur dilatation thermique. Cette tendane
s'exprimeégalement surdesindiateursplusindirets,parmi lesquelsl'étendue delaouverture
neigeusede l'hémisphère Nordenhiver, lereul delaplupart desglaiers de montagne,et.
Bien queprésentant uneertaine ohérene, esobservations ne susent pasàinriminer le
forçageanthropiqueommeauseprinipaleduréhauementobservé,nimêmeàdémontrerque
lelimat avéritablement hangéau oursdesdernièresdéennies. Onpeutnotammenttoujours
sedemandersiesobservationsorrespondent àdesutuationsnaturellesdulimat.Demême,
lamiseen perspetive historique,nepermetpasomplètement de onlure,arilest diile de
quantierl'eetdesgazàeetdeserrepare seulmoyen.Pourrépondreauxquestionsrelatives
aurledesativités humaines('est-à-dire duforçage anthropique) surlelimat,etnotamment
surlestendanes observéesau oursdu derniersièle,ilestdon néessairede menerune étude
statistiquedesobservationslimatiques.Cetravailestpréisémentl'objetdesétudesdedétetion
etd'attribution.
tehnique du 4 ème
rapportdu GIEC,IPCC, 2007,p.37℄
I.3 Études de détetion et d'attribution
I.3.1 Variabilités limatiques
La présentation des problématiques de la détetion et de l'attribution, néessite dans un
premier temps l'introdution de lanotion, etmême desnotions, de variabilités limatiques. En
eet,laommunauté limatique apris l'habitude de distinguer troisniveaux de variabilité.
Lepremierd'entreeuxestlavariabilitéinterne,quiorrespondàl'aléaassoiéàladynamique
haotiquedusystèmelimatique, etdel'atmosphère enpartiulier. L'adjetifinterne indiqueen
eet qu'il s'agit d'une variabilité propre au système limatique, qui lui est intrinsèque. C'est
ette fration de la variabilité qui fait que, même si le système limatique ne subissait auune
perturbation extérieure, les promenades en montagne, les 6 mai, ou enore les années impaires
seraient tous plusou moinsfrais,pluvieux, ouensoleillés.
Le termedevariabilité danseaspréis,peutfaire l'objetd'unedisussion.En eet,sil'on
onsidèretoujourslelimatommeladistributiondeprobabilitédontletemps estlaréalisation,
variabilité limatique signie variabilité de la distribution. Cette notion n'est pas elle utilisée
danslaplupart desétudeslimatiques, quiseramènent àertaines hypothèsesdestationnarité.
Enpratique,don,lanotiondevariabilitéinternedésigneengénérallavariabilitédesestimateurs
de ertains paramètres de la [véritable℄ distribution (moyenne, variane, et), éventuellement
évalués surdeslongues périodesde temps.
Lavariabiliténaturelle,unpeupluslarge,englobelavariabilitéinterneetlesvariationslima-
tiquesrésultantdesvariationsdesforçages naturels,évoqués préédemment (solaire,volanique,
astronomique).Laplupartdutemps,esforçagesinuenent largementlavariabilitélimatique.
Par exemple, l'ativité solaire varie selon un yled'environ11 ans, mais également au-delà de
e yle, et à toute éhelles de temps. De même l'ativité volanique varie fortement dans le
temps,etestàl'origined'événementslimatiquesmajeurs.Enn, leforçageastronomique,pour
interglaiaires, etdonde très fortes variations de latempérature moyenne de laplanète.
Un troisième niveau, enn, orrespond à la notion de variabilité forée du système lima-
tique. Celle-i ouvreles variationsdu limaten réponseàtouttype deforçageexterne, naturel
ou anthropique. Cette variabilité forée permet notamment d'évaluer la sensibilité du système
limatique à es forçages externes. Elle onstitue une sorte de omplémentaire de la variabilité
interne, l'additionde esdeux termesde variabilité étant ouramment désignéepar leterme de
variabilité totale.
Remarquons enn que ladistintion entre es troisniveauxde variabilité n'est pastoujours
aisée, puisque, par exemple, des phénomènes aussi intuitifs que le yle diurne ou le yle sai-
sonniersontlesonséquenesde méanismes astronomiques.Ainsi,dansl'absolu,esdiérentes
variabilités sont liées, puisque la variabilité interne, singulièrement, serait très diérente de e
qu'elleestdanslemondeatuel, silaTerrene tournaitpassurelle-même (pasde ylediurne),
ousisonaxederotationétaitperpendiulaireauplandel'éliptique(pasdeyleannuel).Dans
ette thèse,ommedansdenombreusesétudes,nousnousréféreronsdonàlavariabilitéinterne
du systèmesahant ertaines onditions extérieures (astronomiquesetsolairesnotamment).
Commenousallonslevoir,'estprinipalementlanotiondevariabilitéinternedusystèmequi
est néessaire à l'exposédes problématiquesde la détetion etde l'attribution. Une desription
plus approfondie de ette variabilité demanderait d'entrer dans desonsidérations statistiques,
e qui serafait beauoup plusen détailau ChapitreII.
I.3.2 Problématiquesde la détetion et de l'attribution
Detetion is the proess of demonstrating that an observed hange is
signiantly dierent (in a statistial sense) that an be explained by
naturalinternalvariability.
IPCC,2001,Chapitre12, p.700.
La détetion, pour ommener, a été dénie par le 3 ème
rapport du GIEC, omme le fait
de démontrer qu'un hangement observé est signiativement diérent (d'un point de vue sta-
tistique) de e qui peut être expliqué par les seuls eets de la variabilité interne naturelle (f
itation i-dessus). Il s'agitdon d'apporter une forme depreuve statistique de l'existened'un
hangement (enonsidérant qu'un hangement quin'est passigniatif n'enestpasun).
Une telleproédure, appliquée auxhangementslimatiquesévoqués auI.2,peutpermettre,
parexemple,demontrerlearatèresigniatif del'évolutiondelatempératuremoyenneglobale
représentée Figure I.6. En revanhe, la simple détetion de e hangement ne permet pas de
onlure que ses auses sont orretement omprises et identiées. En outre, la détetion de
hangementsnon ompris esttoutà faitvraisemblable.
L'attribution d'unhangementàuneausedonnéeproposed'allerplusloin,etapourobjetif,
en quelques mots, de démontrer une relation de ausalité supposée. Ce type d'étude est par
naturebeauoupplusambitieux,etnéessiterait,dansleasdusystèmelimatique,etpour être
inontestable, la mise en ÷uvre d'expérienes ontrlées sur la planète, e qui est évidemment
impossible.Enpratique,lesétudesd'attribution prennentlaformedeminutieuses omparaisons
statistiques entre résultatsdéduits de simulations numériques etobservations. Ellespermettent
don de faire lelien entre lesdiérentséléments mentionnésau I.2.
L'attribution sedérouletypiquemententroisétapes.Premièrement,lehangementétudiédoit
pouvoir être déteté, 'est-à-direidentié ommeétant statistiquement non-imputable à laseule
variabilitéinterne.Deuxièmement,ehangementdoitêtreompatible avelesréponsesestimées
(dansnotreas,parlesCGCMs)auxforçagesexternes(naturelsetanthropiques).Troisièmement,
e hangement doitêtre inompatible ave lesautres auses physiquement plausibles.
matiques réents, au premier rang desquels on peut mentionner le réhauement moyen de la
surfaedelaplanète,etlesforçagesanthropiques.Letroisièmepoints'entenddongénéralement
omme : montrer que la prise en ompte des seulsforçages naturels ne permet pas d'expliquer
les hangements observés.
Ces quelquesdénitions indiquent quel'attribution est, dansun ertainsens,beauoupplus
forte queladétetion,notammentdupointdevuedesonlusionsauxquellesellepermetd'abou-
tir.Enontrepartie, ladétetion estpluslibre,etpeutnotamment s'appliquerà desparamètres
diiles à simuler pour des modèles de limat. Elle peut également permettre de mettre en
lumière ertains hangements non spéiésou onnus à l'avane. Certaines desméthodesintro-
duites dansette thèse utiliseront largement ette possibilité.
Onpeutégalement remarquerqu'une démarheintermédiaire entredétetionet attribution,
aparfoisétéutilisée,notamment parleGIEC.Cettetroisièmevoie onsisteà déteterunhan-
gement partiulier, onsidéré omme la réponse attendue à la ause étudiée. Dans le as du
limat,on herhera par exempleà déteterlesignalderéponse auforçageanthropique,tel que
simulépar desmodèlesdelimat.Ce faisant,on pourraonlureàladétetion des hangements
limatiques d'origine anthropique, sans pour autant avoir proédé à son attribution. Une telle
démarhe seraégalement utiliséedanslasuite de e manusrit.
Enn, une dernière notion, plus spéique à ette thèse, onerne la détetion et l'attribu-
tiondeshangementslimatiquesà l'éhellerégionale.Lorsqu'on étudielespropriétés régionales
des hangements limatiques, deux points de vue peuvent être adoptés. Le premier onsiste à
reherher laprésened'unhangement quelonque surlarégiononsidérée,lequel peutêtreun
réhauement uniformesurledomaine. Enhoisissant epositionnement,ladémonstration, par
exemple, de la signiativité d'une tendane linéaire sur une série d'observation onstitue une
étude de détetion à la plus petite éhelle qui soit : un lieu. Cette approhe peut apporter des
renseignements préieux, mais ne fournit pas néessairement d'informations sur les propriétés
régionales des hangements limatiques. Le seond point de vue, qui sera généralement préféré
dansette thèse,est plusambitieux etonsiste à véritablement s'intéresser auxaratéristiques
régionales des hangements. Le signal moyen sur le domaine étudié est ainsi retiré, an de ne
s'intéresser qu'à ladistribution spatiale, à éhelle régionale, deshangements. On herhe alors
àmontrer nonseulement l'existenedehangements, maislefaitqueeshangements modient
ertains équilibres régionaux. Plusieurs oasions nous serons données, dans e manusrit, de
revenirsur ettedénition etsurlesinterprétations qu'elle autorise.
I.3.3 Positionnement de ette thèse
Lesquelquesdénitionsquenousvenonsdedonnerplaentdefatolesétudesdedétetionet
d'attributionau÷urdelaproblématiqueetdudébatsurleshangementslimatiquesd'origine
anthropique,puisqu'ellesherhentàenévaluerl'existene,lesaratéristiques,l'inontestabilité,
et. Dee fait, esétudes oupent une plae toutà faitprivilégiéedansles travauxdu GIEC :
le Chapitre 9 leur était dédié dans le dernier rapport publié (Hegerl et al., 2007b), et leurs
onlusionsétaient largement reprises dansses diérents résumés.
D'un point de vue historique, les notions de détetion et d'attribution se sont beauoup
développées, dans leformalisme présenté i-dessus, au ours desannées 90. Les aspets métho-
dologiques ont tout d'abord été étudiés(Hasselmann, 1993 et1997), même siertains éléments
avaientdéjà étéintroduits(Hasselmann, 1979).Puis, rapidement,de nombreusesétudesont mis
enévidenelerledesforçagesanthropiquesdansl'évolutionobservéedelatempératuremoyenne
globale (Tett et al., 1996, Hegerl et al., 1996, Hegerl et al., 1997, Barnett et al., 1999, Tett et
al., 1999,Stott etal., 2001, et),onduisant notamment à larédation du Chapitre 12 du 3 ème
rapport du GIEC (Mithell et al., 2001). L'eort portait alors prinipalement sur la détetion
lasurfaeou surlavertiale).
Deux lignes diretries prinipales rendent ompte des progrès et développements réalisés
depuis.
D'unepart, lesparamètres météorologiques étudiéssesont largement diversiés.Onpeut en
partiulieriterlestravauxmenéssurlatempératuredesoéans(Barnettetal.,2001,Barnettet
al.,2005), lapressionatmosphérique (Gillettet al.,2003,Gillett etal.,2005), les préipitations
(Lambert et al., 2004, Lambert et al., 2005, Zhang et al., 2007), les débits (Gedney, 2006) ou
enore l'humidité de surfae (Willett et al., 2007). Une ertaine diversiation des paramètres
intervient également dufaitd'unintérêt pour l'appliationdesméthodesde détetionetd'attri-
butionauxvaleursextrêmesenlieuetplaedesvaleursmoyennes(Hegerlet al.,2004,Christidis
et al., 2005), ou pour l'étude d'observations non-instrumentales aniennes (Hegerl et al., 2003,
Hegerletal.,2007a).
D'autrepart,lesméthodesdeladétetionetdel'attribution ontétéappliquéesàdesrégions
duglobedeplusenpluspetites. Cemouvement verslarégionalisation s'esttoutd'abordillustré
pardesétudesgénéralessurleséhellespertinentespourladétetionetl'attribution,etétudiant
de façon systématique diérentes régionsdu globe (Stott et Tett, 1998, Zwiers et Zhang, 2003,
Stott, 2003, Karoly et Wu, 2005, Zhang et al., 2006). Diérentes études se sont onentrées
surla détetion ou l'attribution des hangements sur des régions partiulières (Spagnoli et al.,
2002,Karoly etal., 2003, Karoly etBraganza, 2005, Gillettet al.,2008), type d'étude qui s'est
également élargit au paramètre préipitations (Timball et al., 2005, Hoerling et al., 2006). On
peut toutefoisremarquerquedansesétudes,lesens donné àladétetion(ou àl'attribution) à
l'éhelle régionalen'était pastoujours elui indiquéau I.3.2.
Cette thèse se situe dans une problématique quelque peu diérente de es deux axes prin-
ipaux, puisque e sont prinipalement les aspets méthodologiques qui ont fait l'objet de re-
herhes. Bien que moins nombreux que les études à voation appliative, ertains travaux ont
étémenéssuresaspetsdepuislespremièresétudessignaléespréédemment(Hasselmann,1993
notamment);estravaux seront présentésplusen détailauChapitre II.En partiulier, l'undes
objetifsdee travailaétéd'adapteroudeproposer destehniquesstatistiqueseaespourla
réalisationd'étudesdedétetionauxéhellesrégionale etsous-régionale.Notonsàe proposque
le terme régional étant ouramment utilisé pour des domaines assez étendus, typiquement des
ontinents, le terme sous-régional est parfois préféré pour qualier des domaines de taille plus
réduite,dont laFraneonstitue un exemple.
I.3.4 Artiulationde e doument
Leshapitressuivantss'attaherontàmontrerenquoiehangementd'éhellepeutnéessiter
unapprofondissement desméthodologiesmises en ÷uvre. Plusieurs approhes possibles pour la
détetiondehangementslimatiquesà l'éhelle régionale seront ainsiprésentéesetétudiées. La
mise au point de es méthodes sera aompagnée de diverses appliations, onduisant parfois
à la mise en évidene de nouveaux résultats quant aux hangements limatiques en ours. Ces
appliationssesontprinipalementonentréessurdeuxdomainesd'intérêtpartiulier,laFrane
etlebassinméditerranéen,etsurdeuxobservablesmétéorologiques,latempératureet,dansune
moindremesure,les préipitations.
Enquelquesmots,nousommeneronsparprésenterendétailleadrestatistiquedesétudes
dedétetion au Chapitre II.Nous nousintéresserons pour elaà la façon dont les hangements
limatiques et lavariabilité interne du limat peuvent être modélisés d'unpoint de vue statis-
tique,ainsiqu'à ladénitiondestests statistiquesd'hypothèses liésauxétudes dedétetion (et
d'attribution).
hangements limatiquesà l'éhellerégionale, enmêlant aspetsméthodologiquesetappliatifs.
Les trois méthodes ainsi introduites reposent sur trois approhes diérentes de la probléma-
tique de la détetion, et orrespondent à trois dénitions diérentes de l'hypothèse alternative
d'un test de détetion. AuChapitre III, nousnousintéresseronspour ommener àladétetion
dans les observations, d'un signal de hangements limatiques dont la distribution spatiale est
donnée, ou simulée par un modèle de limat. Au Chapitre IV, nous étudierons la reherhe de
signaux temporels; nous verrons que es signaux reherhés peuvent être évalués, à partir de
sénarios limatiques, en utilisant une tehnique de lissage. Au Chapitre V, nousverrons om-
ment onstruire un test de détetion d'un signal de hangements non spéié,mais présentant
une ertainerégularité en temps.
Le Chapitre VI, enn, esquissera une synthèse avant de présenter quelques perspetives et
problèmes non résolus.
Signalonsennqueetteintrodutions'estattahéeàintroduirelaproblématiquelimatique,
ar e sont prinipalement les questions limatiques qui ont guidé le travail vers les problèmes
statistiques qui seront présentés tout au long de e manusrit. Ainsi, diérents domaines des
statistiques ont étévisités,allant destests d'hypothèses, au ÷ur deette étude, à l'estimation
de matries de ovariane (Chapitre III), ou à l'étude de données fontionnelles (Chapitre V).
Certainsdesrésultatsdenaturestatistiquequiserontprésentésn'enrestentpasmoinsutilisables
pour d'autresappliationsque l'étudedu limat.
Hypothèses, modèles et tests
statistiques de la détetion
Le but de e hapitre est d'introduire leadre statistique danslequel s'insrit e travail de
thèse.Nousommençonspar présenterles prinipaleshypothèsessurlesquellesreposelemodèle
statistiqueprinipal,qui serviradeadre théoriqueommunàl'ensemblede emanusrit(II.1).
Nousferonsensuiteuninventairedesdiérentesstratégiesdedétetion,'est-à-diredesdiérents
tests d'hypothèses statistiques envisageables dans e modèle (II.2). Parmi es stratégies, elles
qui ont fait l'objetde développements au ours de ette thèseseront introduites dans un adre
ommun.Enn,leshypothèsesetaratéristiquesstatistiquesdelavariabilitéinternedulimat,
bien que faisant partie intégrante du modèle statistique utilisé, feront l'objet d'une desription
détaillée séparée (II.3). Diérentes diultésetinertitudessure termedevariabilitéjustient
une disussionan dedéterminer leshypothèsesles plusadaptées à l'étudedu limat.
Ce hapitre a également pour objet d'introduire etde relier entre eux les diérents travaux
réalisésdansleadredeettethèse,quiserontprésentésdansleshapitressuivants. Cestravaux
portent sur la mise en ÷uvre de tests d'hypothèses distints, mais visant à répondre à une
même question, ets'appuyant sur lemême modèle statistique, dont lehoix est ii justié.Par
onséquent, et exposésera parfoisredondant ave ertains extraitsdes publiationsprésentées
danslasuitedeedoument,danslesquelleslaprésentationduadrestatistiqueétaitégalement
néessaire.Delamêmefaçon,denombreusesnotationsvontêtreintroduitesauldee hapitre,
souventenaordavelesnotationslesplusutiliséesparlaommunautésientique;ependant,
ertaines deesnotations ont évolué auoursdu travail dethèse,e quiexpliquelaprésenede
quelquesdivergenesave lesnotations utilisées dansleadredespubliations.
La plupartdespointsabordésdanse hapitre ontétélargement étudiésetdisutésparplu-
sieursauteurs, notamment danslespubliationsayant servisdebaseà larédationduChapitre
12 du3 ème
rapportduGIEC (Mithell etal.,2001), et, plusréemment, du Chapitre 9du 4 ème
rapportduGIEC(Hegerletal.,2007b).Cesdeuxhapitres,dédiésauxthèmesdeladétetionet
del'attribution,onstituentdessynthèsesprivilégiéesdel'étatdel'artenlamatière.Néanmoins,
danslaplupartdestravauxtraitant desquestionsde ladétetionet del'attribution, lesaspets
méthodologiques ne onstituent pas l'objet d'étude prinipal, etleur présentation y est parfois
réduite à laportion ongrue.
Quelques auteurs ont aordé une attention partiulière à la dénition du adre statistique
de es études, parmi lesquels Hasselmann (1979, 1993, 1997), Allen et Tett (1999), et Allen et
Stott (2003). Ce hapitre reprend une part importante de es travaux en tâhant de restituer
leurs ontributions respetives.
Lesnotationsethypothèsesstatistiquesprésentéesdansetteparties'inspirentlargementdes
premiers travauxdeHasselmann(1979,1993),notammentonernant lesquelquespréliminaires
néessaires à l'introdution d'un premier modèle statistique (II.1.1), etl'hypothèse d'additivité
(II.1.2), qui ont servi de base à la plupart des travaux ultérieurs. L'hypothèse de séparabilité
(II.1.3) a étémoinssystématiquement utilisée.
II.1.1 Préliminaires
Pour ommener, on désigne par
ψ
l'observable limatique étudiée. Dans toute la suite, on onsidère queette quantité est observée de façon disrète, à lafois en temps eten espae.Onnote
ψ s,t
l'observation qui en est faite au lieus
(1 ≤ s ≤ S
) et à ladatet
(1 ≤ t ≤ T
).Le lieus
désignerasouvent une stationd'observationpontuelle,etparfois undomaine pluslarge (une maille),synthétisantainsidiérentesobservationspontuellesréaliséessurundomaine.Defaçonsimilaire, ladate
t
orrespondraàunmois,unesaison, ouuneannée,quionstituent souvent les unitésdetempsdansl'étudedulimat.Dansleadredeettethèse,l'observableψ
orrespondra leplus souvent à destempératures, parfois à despréipitations. De e fait, dans e hapitre, leproposainsiquelesjustiationsetillustrationsdeshypothèsesutiliséesporterontsurlavariable
température.Quelquesunesdeeshypothèsesseront redisutéesentemps utilespourleasdes
préipitations.
Comme indiqué au Chapitre I, la variabilité interne du limat, résultant en partiulier du
aratère haotique de la dynamique de l'atmosphère et de l'oéan, onfère à l'observable
ψ
un aratère naturellement aléatoire. Ce aratère explique que les variables limatiques soient
ourammenttraitéesommedesvariablesaléatoires,etquedestehniquesissuesdesstatistiques
soient utiles pour les étudier.
L'unedeshypothèsesfondamentalesdel'étudedulimatonsiste àonsidérerque
ψ
estunevariable aléatoire stationnaire dans le temps en l'absene de toute modiation extérieure
('est-à-direenl'absenedetoutemodiationdesforçagesexternes,évoquésauChapitreI).En
supposant l'existened'uneespérane,on peut érireunpremier modèle statistique:
ψ s,t = m s + ε s,t ,
(II.1)danslequellavariablelimatiqueétudiéesedéomposeenunesommedesonespéraneenhaque
lieu, et d'une variable aléatoire entrée,
ε s,t
, orrespondant à une réalisation de la variabilité interne(fII.3).Moyennant l'hypothèseourammentutiliséedestationnaritéentempsdutermealéatoire
ε
,le limat est stationnaire danse modèle; il n'est soumis qu'à sa propre variabilité interne etne subit donpasd'évolution.II.1.2 Modèle additif
La première hypothèse importante onerne la forme quepeuvent prendre les hangements
limatiques danslemodèle stationnaire(II.1).
Tout d'abord, dansle adrede ette thèse,omme dansleadre d'unemajorité de publia-
tions traitant de la détetion etde l'attribution deshangements limatiques, l'étude porte sur
les hangements de la moyenne des phénomènes étudiés. Historiquement, la première variable
limatique étudiée pour évaluer l'inuene de l'homme surle limat a été latempérature, dont
l'évolution sous l'eet d'une augmentation de l'eet de serre se aratérise essentiellement par
une augmentation en moyenne. Cet eet justie que l'on s'intéresse à la moyenne, et explique
égalementquedansunepremièreapprohe,onnégligeleshangementsaetantlerestedeladis-
tribution de l'observable onsidérée. Le modèle statistique de hangements limatiques proposé