pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers
stratégie 2012-2017
Diversifier innover
ADApter
Diversifier innover
ADApter
Diversifier innover
ADApter
Le texte de cette publication est accessible dans le site Internet
www.mrnf.gouv.qc.ca/fr/forets/strategie-2012-2017.
© Gouvernement du Québec
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, juillet 2012 ISBN : 978-2-550-65562-6 (imprimé)
ISBN : 978-2-550-65561-9 (PDF) Code de diffusion : 2012-3015
Photos :
MRNF : Couverture, p. 33 ShutterStock : p. 4
Cecobois : p. 10, 11, 17, 18, 28, 29, 34, 35, 38, 42 Celluforce : p. 20, 21, 41
Christian Côté, architecte : p. 44, 45 Marc-André Grenier pour le MRNF : p. 23, 26 Roch Théroux pour le MRNF : p. 6, 8, 12, 16
Diversifier innover
ADApter
pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers
stratégie 2012-2017
mot
du ministre
une vision et des moyens, afin de réussir le changement
le secteur québécois de la forêt fait face à un défi majeur, celui du changement.
nous sommes en train de relever ce défi pour ce qui est de la gestion de la ressource, avec la mise en place d’un nouveau régime forestier.
le gouvernement franchit une autre étape, avec la stratégie 2012-2017
pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers.
Une stratégie PoUr diversifier, innover et s’adaPter
Grâce à cette stratégie, les acteurs du secteur pourront engager des initiatives afin de diversifier leurs activités, d’innover et de s’adapter.
¡ Il faut valoriser au maximum la ressource forestière en ayant accès aux nouveaux marchés offrant les débouchés de l’avenir aux secteurs de la fabrication des produits du bois et des pâtes et papiers ainsi qu’à la filière bioénergétique.
¡ Il faut le faire rapidement en raison de la mondialisation des marchés : nos partenaires, qui sont également nos compétiteurs, se positionnent déjà pour l’avenir.
Une industrie forestière moderne, diversifiée, innovante et adaptée à l’évolution des marchés : voilà la vision proposée par le gouvernement, afin de réussir le changement. Le gouvernement fait appel également à une nouvelle série de moyens, pour mettre en œuvre rapidement les objectifs proposés. D’autres ressources pourront s’y ajouter ultérieurement, afin d’atteindre les objectifs fixés.
des atoUts stratégiqUes, dont noUs devons tirer Parti
Le Québec bénéficie d’atouts stratégiques, dans le domaine de la forêt. Il dispose d’une ressource diversifiée de qualité et bien gérée, d’un savoir-faire reconnu mondialement, d’une industrie enracinée dans l’ensemble du territoire, ainsi que de structures remarquables de formation, de recherche et d’innovation.
Grâce à la stratégie gouvernementale, ces atouts seront pleinement utilisés pour réussir le changement et réaliser les adaptations nécessaires.
des objectifs et des moyens
La stratégie gouvernementale va inciter à innover et à s’adapter, afin que l’industrie :
¡ se diversifie pour moins dépendre d’une économie cyclique, dans le secteur de la fabrication des produits du bois;
¡ développe de nouveaux produits et de nouveaux marchés, dans le secteur des pâtes et papiers;
¡ exploite les occasions d’affaires liées à la valorisation énergétique de la biomasse forestière.
Le gouvernement met au service de cette vision des moyens importants.
Les premières actions engagées permettront de soutenir les investissements stratégiques, de favoriser la mise au point de nouveaux produits et l’ouverture de nouveaux marchés, et d’accélérer la formation de la main-d’œuvre.
J’ai la conviction qu’avec la participation de tous nous allons réussir la nécessaire transformation de l’industrie québécoise des produits forestiers.
diversifier innover
adapter
IntroductIon . . . .
6
première partie – la vision d’avenir : les objectifs poursuivis
. . . .10
chapItre 1 – La fabrIcatIon des produIts du boIs : se dIversIfIer pour moIns dépendre d’une économIe cycLIque . . . .
11
1. Une industrie de base bien développée . . . .
11
2. Un ralentissement d’activité d’une ampleur et d’une durée sans précédent . . . .
13
3. L’objectif de la stratégie gouvernementale . . . .
16
3.1 Les défis que les scieries doivent relever . . . .
16
3.2 Les usines de panneaux : où faire porter les efforts . . . .
17
3.3 Les possibilités de diversification de l’industrie de la deuxième et de la troisième transformation . . . .
18
chapItre 2 – L’IndustrIe des pâtes et papIers : déveLopper de nouveaux produIts et de nouveaux marchés . . . .
19
1. Les perspectives d’avenir . . . .
20
1.1 La chute de la demande pour les papiers d’impression . . . .
20
1.2 Un avenir plus prometteur pour d’autres produits . . . .
21
2. L’objectif de la stratégie gouvernementale . . . .
22
2.1 Le papier journal . . . .
22
2.2 Les nouveaux produits . . . .
22
chapItre 3 – La fILIère bIoénergétIque : expLoIter Les occasIons d’affaIres LIées à La vaLorIsatIon énergétIque de La bIomasse forestIère . . . .
24
1. Une option de plus en plus populaire . . . .
25
2. L’objectif de la stratégie gouvernementale . . . .
25
2.1 Les bois densifiés . . . .
25
2.2 Les procédés de gazéification, de carbonisation et de torréfaction, la pyrolyse et les liquides de transport . . . .
26
2.3 La cogénération (électricité) . . . .
27
deuxième partie – les moyens mis en œuvre
. . . .28
chapItre 1 – des mesures pour L’ensembLe de L’IndustrIe des produIts forestIers . . . .
30
1. Le Fonds Valorisation Bois . . . .
30
2. Le Plan d’action sur les changements climatiques . . . .
31
33
chapItre 2 – des InItIatIves addItIonneLLes pour certaIns secteurs d’actIvIté . . . .35
1. L’application des recommandations du rapport Beaulieu : 28,9 millions de dollars pour favoriser l’utilisation du bois dans la construction . . . .
35
1.1 La concertation de l’industrie et des décideurs . . . .
37
1.2 La formation et le soutien des intervenants . . . .
38
1.3 Le soutien à la recherche et au développement (création d’une chaire de recherche) . . . .
38
1.4 L’encouragement à l’utilisation du bois sur le terrain . . . .
38
2. Le programme ESSOR . . . .
39
3. Le programme Exportation d’Export Québec . . . .
40
4. Le bioraffinage et les usines de démonstration . . . .
41
Le pLan d’actIon . . . .
42
concLusIon . . . .
44
liste des tableaux
tabLeau 1 Des débouchés commerciaux d’avenir . . . .22
tabLeau 2 Moyens financiers pour appuyer la transformation de l’industrie des produits forestiers . . . .
29
tabLeau 3 Les volets du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques dont les entreprises du secteur forestier pourront se prévaloir . . . .
32
tabLeau 4 Coût des mesures pour favoriser la construction en bois (en millions de dollars) . . . .
36
liste des schémas
schéma 1 Les composants du secteur – les produits du bois . . . .12
schéma 2 Les composants du secteur – les pâtes et papiers . . . .
19
schéma 3 Les composants du secteur – la filière énergétique . . . .
24
schéma 4 Le Fonds Valorisation Bois . . . .
31
liste des graphiques
graphIque 1 Destination des livraisons manufacturières de l’industrie québécoise des produits du bois . . .14
graphIque 2 Destination des livraisons manufacturières
table des matières
introduction
le québec est l’un des grands fournisseurs de produits forestiers de l’amérique du nord. la forêt couvre 44 % de son territoire.
les québécois sont collectivement propriétaires de 90 % du territoire
forestier. l’exploitation forestière est présente dans pratiquement
toutes les régions du québec. la disponibilité d’une importante
ressource forestière a permis à ce jour le développement d’une
puissante activité manufacturière, autour de la fabrication
des produits du bois et de l’industrie des pâtes et papiers.
de Profondes mUtations en coUrs, des défis d’envergUre
Depuis quelques années, le secteur de la forêt vit de profondes mutations, et cela pour toute une série de causes :
¡ Les entreprises du secteur ont d’abord dû faire face à une baisse de la disponibilité de la ressource, en raison de la diminution de la possibilité forestière en provenance des terres publiques et de la pression provenant d’autres utilisateurs du milieu forestier.
¡ La fabrication des produits du bois subit les effets de la dernière crise économique et de la lenteur de la reprise américaine.
¡ L’industrie des pâtes et papiers connaît des bouleversements majeurs,
avec la réduction rapide de la demande de papier journal, de papier d’impression et de papier d’écriture.
¡ Les entreprises appartenant à ces deux secteurs font face à une concurrence très vive, provenant à la fois de nos partenaires traditionnels et des pays émergents.
¡ De nouveaux marchés apparaissent, nécessitant cependant d’importants investissements dans la recherche et l’innovation, ainsi que la formation d’une main-d’œuvre répondant aux nouveaux besoins.
Dans les secteurs de l’industrie du bois et des pâtes et papiers, les entreprises font donc face à des défis d’envergure : elles doivent se diversifier, innover et s’adapter. Il leur faut reconstituer à cette fin leur capacité financière. Elles doivent faire tout cela dans un environnement très concurrentiel.
Un noUveaU régime forestier
Pour ce qui est de la gestion de la ressource forestière, le gouvernement met actuellement en place un nouveau régime forestier.
L’instauration de ce nouveau régime vise trois objectifs :
¡ Le gouvernement entend assurer le renouvellement du capital forestier, afin de sécuriser les approvisionnements.
¡ Le gouvernement souhaite permettre une participation accrue du milieu régional à la gestion forestière.
¡ Le gouvernement veut faire en sorte que la collectivité tire une juste valeur de la ressource forestière.
La noUveLLe stratégie : PoUr transformer L’indUstrie qUébécoise des ProdUits forestiers
Le gouvernement poursuit cet effort d’adaptation et de renforcement du secteur des forêts en rendant publique une stratégie dont le but est de transformer l’industrie québécoise des produits forestiers, afin de l’aider à se diversifier, à innover et à s’adapter.
Il y a urgence d’agir. L’industrie québécoise doit se positionner rapidement dans des secteurs où les marchés se transforment à grande vitesse. Le Québec est en fait engagé dans une véritable course contre la montre, face à des concurrents qui s’adaptent rapidement aux nouvelles réalités.
Le secteur de La forêt vit de profondes mutations
La forêt couvre 44 % du territoire québécois
Le but de La nouveLLe
stratégie est d’aider
L’industrie québécoise
à se diversifier,
à innover et à s’adapter
à L’évoLution des marchés
deUx voLets
La Stratégie pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers s’applique à la période 2012-2017.
Elle est présentée en deux volets.
¡ Le premier volet est consacré à la vision d’avenir que le gouvernement propose, celle d’une industrie moderne, diversifiée, innovante et adaptée à l’évolution des marchés.
Concrètement, cette vision d’avenir prend la forme de trois objectifs interpellant chacun des trois grands secteurs de l’industrie forestière, soit :
¡ se diversifier pour moins dépendre d’une économie cyclique, dans le secteur de la fabrication des produits du bois;
¡ développer de nouveaux produits et de nouveaux marchés dans le secteur des pâtes et papiers;
¡ exploiter les occasions d’affaires liées à la valorisation énergétique de la biomasse forestière.
¡ Avec le deuxième volet, le gouvernement rend publics les moyens mis en œuvre pour s’assurer de l’atteinte de ces objectifs.
Les entreprises bénéficieront d’un certain nombre d’appuis pour consentir des investissements stratégiques, diversifier leurs marchés, effectuer de la recherche et améliorer la formation de la main-d’œuvre.
Sur l’ensemble de la période, la Stratégie 2012-2017 pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers bénéficiera d’un soutien financier se chiffrant à près de 268 millions de dollars, et cela sans tenir compte des ressources additionnelles accessibles grâce au Plan d’action sur les changements climatiques 2013-2020. La Stratégie contribuera en effet directement à l’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement en matière de lutte contre les changements climatiques.
Ces moyens financiers pourront être réajustés et amplifiés au cours des prochaines années, en fonction du déploiement des objectifs retenus.
des atouts majeurs à exploiter
Le boIs est Le matérIau de L’avenIr
¡ Ressource renouvelable, biodégradable, récupérable et recyclable, le bois emmagasine le carbone atmosphérique pour toute la durée de sa vie utile.
¡ Le bois est ainsi bien placé pour répondre à de nouveaux besoins, dans une perspective de développement durable. À l’échelle internationale, la demande de produits incorporant de la matière ligneuse est en croissance.
Le québec bénéfIcIe de nombreux atouts dans La mIse en vaLeur de cette ressource
¡ Le Québec peut compter sur de vastes territoires forestiers aménagés de façon durable et capables de répondre à de multiples besoins et usages. Il est un leader mondial en matière de pratiques d’aménagement durable des forêts, comme l’illustre la certification obtenue par l’industrie pour près de 75 % des forêts publiques (certification effectuée selon l’une des trois normes reconnues internationalement, soit FSC, CSA et SFI).
¡ Pour la fabrication des produits du bois comme pour les pâtes et papiers, le Québec bénéficie d’une industrie de base bien développée.
¡ Le Québec peut tirer profit du développement de nouvelles applications du bois prometteuses pour l’avenir, avec le développement récent des nouveaux matériaux de construction, des matériaux de fibre et de la nanocellulose cristalline.
¡ Pour ce qui est de la formation et de l’innovation, le Québec s’appuie sur des universités, des centres de recherche spécialisés et des centres collégiaux de transfert technologique de grande qualité.
Sur le plan géographique, les usines québécoises ont accès à un bassin de plus de 100 millions d’habitants, ainsi qu’à plusieurs ports de mer – et donc à des marchés additionnels.
8
du soutien financier de près de 268 miLLions de doLLars
La vision :
une industrie forestière
moderne, diversifiée,
innovante et adaptée
à L’évoLution des marchés
le poids économique de l’industrie québécoise des produits forestiers
L’industrie québécoise des produits forestiers comprend trois secteurs d’activité étroite- ment liés entre eux, soit :
¡ la fabrication des produits du bois,
¡ l’industrie des pâtes et papiers,
¡ la filière bioénergétique.
L’industrie assure 52 000 emplois manufac- turiers directs (données de 2011).
Elle a des conséquences économiques majeures dans 140 municipalités (données de 2006).
L’industrie assure :
¡ 11,3 % de la valeur ajoutée manufacturière du Québec (données de 2010);
¡ 15,3 % des emplois manufacturiers du Québec (données de 2011);
¡ 1,7 % du produit intérieur brut (données de 2009);
¡ 17 % des investissements manufacturiers (données de 2010);
¡ 5,6 milliards de dollars de surplus commercial (données de 2011);
¡ 11,2 % de la valeur des exportations du Québec (données de 2011).
En raison de son importance, de sa réparti- tion dans toutes les régions du Québec et du potentiel découlant de certains développe- ments technologiques, cette industrie est en position pour agir comme un levier majeur dans le développement économique du Québec au cours des prochaines années.
la démarche ayant conduit à la stratégie 2012-2017 pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers, les partenaires engagés dans sa mise en œuvre
La démarche retenue
La Stratégie 2012-2017 pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers est le résultat d’une réflexion marquée notamment par les étapes suivantes :
¡ la publication en 2008 du livre vert La forêt, pour construire le Québec de demain ;
¡ le Forum sur l’avenir de l’industrie des produits forestiers, tenu le 8 décembre 2009;
¡ les consultations menées par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune auprès d’un grand nombre d’acteurs du monde de l’industrie des produits forestiers (industriels, associations, centres de recherche, institutions financières, ministères et organismes
gouvernementaux);
¡ l’apport du Conseil de l’industrie forestière, en particulier dans le cadre du document de réflexion L’industrie forestière : Les conditions pour une transformation réussie1.
¡ les travaux de l’Association des produits forestiers du Canada et de FPInnovations2.
une stratégIe en contInuIté avec Les InItIatIves
gouvernementaLes déjà engagées La nouvelle stratégie présente une parfaite cohérence avec les différents plans d’action, politiques et stratégies adoptés par le gouvernement du Québec au cours des dernières années, en matière de développe- ment économique, social et environnemental.
On fait notamment référence :
¡ à la Stratégie d’utilisation du bois dans la construction au Québec publiée en 2008;
¡ au plan d’action « Vers la valorisation de la biomasse forestière » de février 2009;
¡ à la Stratégie québécoise de recherche et d’innovation;
¡ à la Stratégie gouvernementale de développement durable 2008-2013;
¡ au Plan d’action 2006-2012 sur les changements climatiques;
¡ au Fonds de développement économique du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, créé en 2011;
¡ à la Politique nationale de la ruralité du gouvernement du Québec.
une stratégIe ImpLIquant un effort concerté de tous Les partenaIres concernés On fait référence ici :
¡ aux partenaires du ministère des Ressources naturelles et de la Faune;
¡ au soutien du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
¡ à la contribution des programmes fédéraux en matière de
développement économique et de soutien au développement technologique.
1. Conseil de l’industrie forestière, octobre 2010, actualisé en mai 2012.
première partie
Le gouvernement vise à ce que l’industrie :
¡ se diversifie pour moins dépendre d’une économie cyclique, dans le secteur de la fabrication des produits du bois;
¡ développe de nouveaux produits et de nouveaux marchés, dans le secteur des pâtes et papiers;
¡ exploite les occasions d’affaires liées à la valorisation énergétique de la biomasse forestière.
La première partie du document présentant la Stratégie est articulée autour de chacun de ces trois objectifs.
la vision d’avenir : les objectifs poursuivis
avec la stratégie 2012-2017 pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers, le gouvernement propose une vision d’avenir s’appuyant sur trois objectifs, interpellant chacun des trois grands secteurs de l’industrie forestière.
Chalet du club de golf de Saint-Prime
Dans le secteur de la fabrication des produits du bois, les entreprises sont trop dépendantes d’un seul marché – soit le marché de la construction aux États-Unis.
Sur ce marché, les biens exportés par les entreprises québécoises sont souvent des produits de base, comportant peu de valeur ajoutée. Pendant plusieurs décennies, les exportations québécoises ont été stimulées par le taux de change : la faiblesse du dollar canadien par rapport au dollar américain rendait ces produits attrayants sur le marché américain.
Une sitUation qUi a changé, Une diversification qUi s’imPose
La situation a changé. La montée du dollar canadien et la longue crise de la construction aux États-Unis forcent l’industrie à prendre les moyens pour se diversifier, afin de moins dépendre du marché américain et d’une économie cyclique.
Le secteur québécois de la fabrication des produits du bois doit conserver les parts de mar- ché qu’il occupe actuellement, pour l’ensemble des produits qu’il fabrique. En même temps, il doit minimiser les contrecoups du marché américain de la construction.
Il faut impérativement diversifier les produits et ouvrir de nouveaux marchés, en profitant des nouvelles possibilités offertes par l’évolution des goûts des consommateurs et la mise au point de technologies novatrices d’utilisation du bois.
Le tournant majeur proposé par le gouvernement permettra de valoriser davantage les produits du bois exportés par les entreprises québécoises.
1 une industrie de base bien développée
Le secteur de la fabrication des produits du bois regroupe toutes les activités visant à trans- former le bois en produits manufacturés, tels les panneaux traditionnels, le bois d’ingénierie et les fibres isolantes.
Les scieries jouent ici un rôle central. Elles effectuent un premier traitement de la ressource forestière et approvisionnent les usines de panneaux et les unités de deuxième et de troisième transformation du bois.
chapitre 1
la fabrication des produits du bois : se diversifier pour moins dépendre d’une économie cyclique
une vision s’appuyant sur trois objectifs conserver Les parts
de marché occupées actueLLement, ouvrir de nouveaux marchés
Les scieries jouent un rôLe centraL
Poste frontalier Armstrong
schéma 1 : les composants du secteur – les produits du bois
Forêt
Scieries, bois d’œuvre
Panneaux OSB, LDF, MDF, HDF, particules
Journaux, emballages, papiers intelligents,
imprimerie
Chauffage institutionnel et commercial
2e et 3e transformation Produits biochimiques Granulés, bûchettes
Exportation, construction
résidentielle Textiles, fibres isolantes Granulés torréfiés
Bâtiments verts non résidentiels et
multifamiliaux, biomatériaux
NCC*, aéronautique, transport, pharmacie,
bioplastique
*NCC : Nanocellulose cristalline
Liquides d’énergie (éthanol, pyrolyse)
Meubles, armoires,
planchers Cogénération
Pâtes, papiers,
cartons Bioénergie
En consolidation En expansion Pierre angulaire du secteur
Copeaux
Écorces
Biomasse
Sciages
Sciures, rabotures Scieries, bois d’œuvre
Panneaux OSB, LDF, MDF, HDF, particules
2e et 3e transformation
Exportation, construction résidentielle
Bâtiments verts non résidentiels et
multifamiliaux, biomatériaux
Meubles, armoires, planchers
Les scieries
Les scieries assument un rôle stratégique dans l’ensemble de l’industrie forestière.
¡ Les scieries traitent les essences résineuses comme les essences feuillues.
¡ Elles assument souvent la responsabilité des activités de récolte.
¡ Elles effectuent la première transformation du bois sous la forme de production de planches, de madriers et de bois de charpente – ce que l’on appelle le bois de sciage ou bois d’œuvre.
¡ Elles fournissent l’industrie des panneaux ainsi que les unités de deuxième et de troisième transformation du bois.
¡ Les scieries approvisionnement également les usines de pâtes et papiers en copeaux et l’industrie de la cogénération en sous-produits.
12
Les Usines de PanneaUx
L’industrie québécoise des panneaux agglomérés regroupe des usines de fabrication de panneaux à lamelles orientées ou panneaux OSB (oriented strandboard), de panneaux de particules, de panneaux de fibres de moyenne et de haute densité (MDF et HDF) et de panneaux légers ou isolants.
Cette industrie s’approvisionne principalement d’essences feuillues (peupliers et bouleaux à papier) dans le cas de panneaux OSB ou de sous-produits d’usines de sciage dans le cas des entreprises de fabrication de panneaux de particules et de fibres. On compte 11 usines de panneaux agglomérés à base de bois actuellement en activité au Québec.
Les panneaux agglomérés sont principalement utilisés :
¡ pour leurs propriétés structurales dans l’industrie de la construction (cas des panneaux OSB);
¡ pour leurs propriétés esthétiques (apparence) dans l’industrie du meuble et des armoires.
L’indUstrie de La deUxième et de La troisième transformation
L’industrie de la deuxième et de la troisième transformation fabrique des produits finis ou semi-finis tels que des poutres lamellées et collées et des solives en « i » à partir de bois de première transformation (sciages ou panneaux, par exemple).
L’industrie de la deuxième et de la troisième transformation est très bien implantée au Québec. Elle assure davantage d’emplois que la première transformation : en 2010, on comptait 15 640 emplois en deuxième et en troisième transformation du bois au Québec, comparativement à 12 622 en première transformation3.
En 2010, l’industrie de la deuxième et de la troisième transformation contribuait à ce que la valeur ajoutée de l’ensemble du secteur forestier – incluant donc l’exploitation forestière, la fabrication des produits de bois et les pâtes et papiers – s’établisse à 275 $ pour chaque m3 de bois récolté, comparativement à 165 $ en moyenne au Canada4.
2 un ralentissement d’activité d’une ampleur et d’une durée sans précédent
Comme dans le reste de l’Amérique du Nord, l’industrie québécoise des produits du bois fait face à une réduction d’activité de caractère cyclique. Cette réduction est cependant d’une ampleur et d’une durée sans précédent.
De 2004 à 2011, la valeur des livraisons des industries québécoises des produits en bois est passée de 9,5 milliards de dollars à 5,1 milliards de dollars. Les résultats auraient été encore plus catastrophiques sans un marché canadien relativement stable.
3. Statistique Canada, Emplois gains et durée du travail.
4. Statistique Canada, Enquête annuelle sur les manufactures et l’exploitation forestière et Base de données nationale sur les forêts.
de 2004 à 2011,
une baisse de
La vaLeur des
Livraisons de
9,5 à 5,1 miLLiards
de doLLars
graphique 1 : destination des livraisons manufacturières de l’industrie québécoise des produits du bois
3 728 4 866 275 8 868
3 464 5 109 274 8 847
4 314 4 920 274 9 508
3 932 4 360 270 8 561
3 284 4 802 265 8 350
2 408 3 949 373 6 730
1 788 4 082 243 6 114
1 327 3 561 184 5 072
1 342 3 997 216 5 555
1 285 3 635 229 5 148 12 000
10 000 8 000 6 000 4 000 2 000
0 2002
(en millions de $)
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Autres destinations Canada États-Unis
note : L’industrie de la fabrication des produits en bois [SCIAN 321] comprend principalement les scieries, les usines de placages, de contreplaqués et de produits en bois reconstitué ainsi que celles qui fabriquent d’autres produits en bois. Par contre, les usines de meubles et de produits connexes [SCIAN 337] sont exclues.
sources : Institut de la statistique de Québec (CIEL), Statistique Canada (Enquête mensuelle sur les industrie manufacturières), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction du développement de l’industrie des produits forestiers.
La crise a directement toUché Les scieries
La chute des mises en chantier aux États-Unis et l’augmentation de la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain ont entraîné une forte baisse de la production de sciage.
La fermeture de plusieurs usines de pâtes et papiers, sur laquelle on reviendra plus loin, s’est répercutée sur les scieries : elle a provoqué une diminution de la demande de copeaux, le plus important sous-produit des scieries. Le nombre de scieries de résineux est passé de 283 unités de production en 2000 à 200 en 2012.
des problèmes de main-d’œuvre
La crise entraîne des problèmes de main-d’œuvre.
Les fermetures de plusieurs scieries, durant des périodes plus ou moins longues, incitent la main-d’œuvre à chercher des emplois dans d’autres secteurs. Lors de la prochaine reprise, il sera ainsi difficile de recruter une main-d’œuvre spécialisée, celle-ci préférant conserver ses nouveaux emplois. De façon plus structurelle, la main-d’œuvre des scieries vieillit et la relève se fait rare, notamment en raison de l’image négative de ce secteur d’activité.
La cause : l’effondrement du marché américain de la construction
La crise s’explique par l’effondrement du marché de la construction aux États-Unis : le nombre de mises en chantier y est passé de 2,1 millions en 2005 à 585 000 en 2010. La reprise tarde, en raison du taux de chômage (8,5 %) et de la durée élevée de la période moyenne de chômage (40 semaines).
On prévoit une reprise économique relativement lente aux États-Unis (1,9 % en 2012). On estime que le nombre de mises en chantier aux États-Unis ne retrouvera le million qu’en 2013-2014, en raison du nombre élevé de maisons à vendre. Les prix du bois d’œuvre, représentés par l’indice composite de la Random Lengths5, devraient suivre la même tendance (300 $ par Mpmp6 en 2013-2014).
5. L’indice composite de la Random Lengths est l’indice auquel fait référence l’Accord sur le bois d’œuvre résineux pour déterminer le niveau de taxation appliqué aux exportations canadiennes vers les États-Unis.
Jusqu’en 2015, l’accès au marché américain pour les entreprises canadiennes de bois d’œuvre résineux est assujetti à l’Accord sur le bois d’œuvre résineux.
6. Millions de pieds mesure de planche.
14
aux états-unis,
une baisse des
mises en chantier
qui sont passées
de 2,1 miLLions à 585 000,
de 2005 à 2010
Les entreprises de la Colombie-Britannique profitent du marché asiatique. La distance à franchir pour le transport défavorise le Québec par rapport à ce nouveau marché.
La crise a égaLement nUi aUx Usines de PanneaUx
L’industrie américaine de la construction est le principal marché des usines de panneaux, particulièrement des panneaux structuraux.
La forte baisse des mises en chantier aux États-Unis a entraîné une diminution de la demande en Amérique du Nord. La demande a baissé de 35 % de 2005 à 2010, passant de 16,3 millions de m3 à 10,6 millions de m3. Cette diminution s’est répercutée sur le prix des produits – dont le prix des panneaux OSB.
Une surcapacité de production
On constate une surcapacité de production dans l’ensemble de l’industrie nord-américaine des panneaux.
En 2011, à titre d’exemple, les besoins du marché nord-américain de panneaux OSB ont été de 6,2 millions de m3, alors que la capacité de production en Amérique du Nord était de 11,2 millions de m3. À elles seules, les quatre usines québécoises de panneaux OSB peuvent produire 1,46 million de m3, ce qui représente 12,5 % de la capacité de production nord- américaine. Si les usines québécoises avaient fonctionné à pleine capacité, elles auraient repré- senté en 2011 près de 25 % de la production de panneaux OSB de toute l’Amérique du Nord.
La situation est semblable pour les cinq usines québécoises de panneaux agglomérés7 (panneaux de particules, MDF et HDF). En 2011, la capacité de production théorique de ces usines a représenté près de 25 % de la demande. Cette demande se chiffrait à 10,6 millions de m3, comparativement à 16,3 millions de m3 en 2005.
La crise dans La deUxième et La troisième transformation
Contrairement à la première transformation, les produits de la deuxième et de la troisième transformation du bois sont principalement vendus au Canada. La crise y ayant été moins grave, l’industrie de la deuxième et de la troisième transformation a ainsi moins souffert de la chute du marché américain que les scieries et les usines de panneaux.
Une reprise progressive des marchés immobiliers, et donc du marché de la première, de la deuxième et de la troisième transformation du bois, est inévitable au cours des prochaines années.
La gravité de la crise actuelle impose cependant de réduire la dépendance à l’égard des cycles touchant le principal marché de l’industrie – soit le marché domiciliaire américain.
7. RISI Cornerstone.
baisse de La
demande de
panneaux de 35 %
de 2005 à 2010
3 l’objectif de la stratégie gouvernementale
L’objectif de la stratégie gouvernementale est d’accompagner l’industrie dans les mutations nécessaires, afin qu’elle se diversifie pour moins dépendre d’une économie cyclique.
La diversification est Une nécessité
La crise actuelle démontre la nécessité pour l’industrie de diversifier ses marchés, afin d’être moins vulnérable aux variations d’un seul marché, le marché de la construction traditionnelle.
L’industrie québécoise de la fabrication des produits du bois est en mesure d’y parvenir :
¡ en investissant dans les nouveaux produits;
¡ en encourageant leur utilisation dans de nouveaux marchés;
¡ en accompagnant ces investissements d’efforts spécifiques concernant la formation de la main-d’œuvre;
¡ en se dotant d’outils de veille technologique et de surveillance des marchés performants.
Elle sera ainsi en mesure d’accroître la valeur ajoutée de ses produits.
L’industrie québécoise de la fabrication des produits du bois doit notamment exploiter davantage le potentiel que représentent les marchés de l’Asie et du Moyen-Orient.
3.1 les défis que les scieries doivent relever
Pour ce qui est des scieries, les défis qu’elles ont à relever résultent de leur position centrale dans l’ensemble de l’industrie forestière.
En raison de la crise, les scieries ont peu investi au cours des dernières années. Un rattrapage est nécessaire pour améliorer la productivité des usines.
Les scieries doivent en même temps s’adapter aux nouveaux besoins de leurs clients, soit les industries de deuxième et de troisième transformation et les usines de pâtes et papiers.
¡ Les scieries doivent faire preuve d’une plus grande souplesse pour mieux répondre aux demandes de la deuxième et de la troisième transformation (industrialisation de la construction, développement de nouveaux marchés).
¡ Les mutations de l’industrie des pâtes et papiers ont un effet direct sur le marché des copeaux, jusqu’ici un important débouché pour les scieries.
16
Les scieries doivent
s’adapter aux nouveaux
besoins de Leurs cLients
Les voies à sUivre À cette fin, il faut :
¡ que les scieries poursuivent leur consolidation afin d’accroître leur rentabilité et leur compétitivité ainsi que leur capacité à investir dans les nouvelles technologies et les nouveaux produits, dans une démarche facilitée par le gouvernement;
¡ qu’elles optimisent davantage l’utilisation des bois ronds, afin de limiter la quantité de sous-produits;
¡ qu’elles adaptent leurs procédés aux fluctuations des marchés des sous-produits;
¡ qu’elles valorisent davantage la ressource forestière – ce que l’on appelle la « chaîne de valeur », depuis la forêt jusqu’aux marchés – en recherchant de nouveaux débouchés.
Sur le plan de la formation, il faut préparer la main-d’œuvre aux nouvelles technologies.
L’utilisation de celles-ci, comme la robotique, demandera de nouvelles compétences qui devront être acquises.
3.2 les usines de panneaux : où faire porter les efforts
Dans le cas des usines de panneaux, il faut à la fois assurer la sécurité des approvisionnements et développer des marchés de niche.
¡ On peut contribuer à sécuriser l’approvisionnement en matière ligneuse par l’utilisation de la biomasse forestière résiduelle et les bois de récupération.
¡ Les possibilités de marchés de niche sont multiples.
¡ Pour les panneaux de basse densité, à l’image de ce qui se fait ailleurs, le Québec pourrait s’engager dans la fabrication de nouveaux bioproduits – matelas de fibres, permettant la fabrication de produits spécialisés d’isolation ou d’emballage.
¡ En ce qui concerne la fabrication des panneaux à lamelles orientées, il faut mettre l’accent sur les produits à plus haute valeur ajoutée,
visant des marchés précis comme l’utilisation de panneaux pour l’emballage de produits lourds et de grandes dimensions.
Les scieries doivent vaLoriser davantage La ressource forestière Les usines
de panneaux : assurer La sécurité des approvisionnements et déveLopper
des marchés de niche
Centre de tri de Roberval
3.3 les possibilités de diversification de l’industrie de la deuxième et de la troisième transformation
Pour l’industrie de la deuxième et de la troisième transformation, les possibilités de diver- sification sont nombreuses.
de noUveLLes PersPectives
Il faut exploiter les nouvelles perspectives du secteur.
¡ L’industrialisation de la construction constitue l’une de ces perspectives :
il s’agit de fournir les chantiers de construction en matériaux dont la transformation est de plus en plus poussée (fermes de toit, planchers et murs préfabriqués, etc.).
¡ Une autre voie d’avenir se trouve dans l’utilisation accrue du bois dans les édifices multifamiliaux et non résidentiels, selon le principe du « bon matériau
à la bonne place », ce que l’on appelle aussi la « construction verte ».
¡ La construction verte cherche à minimiser l’impact sur l’environnement, notamment en termes d’utilisation de l’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre. Cet impact est mesuré par le cycle de vie des matériaux, « depuis le berceau jusqu’au tombeau ».
Les analyses de cycle de vie indiquent que les produits du bois pour la construction de bâtiments ont une empreinte environnementale nettement moindre que les matériaux avec lesquels on le compare.
encoUrager L’UtiLisation de noUveaUx ProdUits
Les entreprises du secteur doivent encourager l’utilisation des nouveaux produits. Elles peuvent y parvenir en les faisant mieux connaître aux principaux intervenants (architectes, ingénieurs, designers, promoteurs).
Une stratégie de formation cohérente
Tous ces efforts doivent s’accompagner d’une stratégie cohérente en matière de formation.
Il faut :
¡ attirer des étudiants et de la main-d’œuvre dans les nouveaux créneaux;
¡ former des professionnels et des travailleurs capables d’utiliser davantage le bois dans la construction multifamiliale et non résidentielle.
les produits du bois : se diversifier pour moins dépendre d’une économie cyclique les orientations stratégiques
En partenariat avec l’industrie de la fabrication des produits du bois, le gouvernement vise les orienta- tions stratégiques suivantes au cours des cinq prochaines années :
¡ ouvrir les marchés d’avenir aux produits existants;
¡ adapter les usines aux ressources disponibles et aux nouveaux besoins du marché, dans le respect des objectifs environnementaux;
¡ minimiser les coûts d’exploitation par l’implantation de technologies d’avant-garde et l’optimisation de la planification des travaux forestiers et de la logistique de transport;
¡ former la main-d’œuvre à la robotisation et aux nouvelles technologies et assurer son renouvellement;
¡ investir dans des produits novateurs et les développer, par exemple :
¡ pour les scieries, adapter les équipements pour fabriquer des produits visant de nouveaux marchés (exportation et constructions non résidentielles et multifamiliales);
¡ pour les usines de panneaux, cibler des marchés de niche comme l’utilisation de panneaux dans les bois d’ingénierie;
¡ pour l’industrie de la deuxième et de la troisième transformation, promouvoir l’utilisation du bois afin de répondre aux besoins grandissants pour une construction verte.
18
L’industrie de La deuxième et de La troisième transformation : expLoiter Les nouveLLes perspectives du secteur
Bar L’Barouf
L’industrie des pâtes et papiers utilise comme principal intrant les copeaux provenant des scieries. Les usines de pâtes et papiers exploitent les propriétés chimiques de la matière ligneuse. À cette fin, elles transforment les copeaux principalement en pâte, en papiers et en cartons.
schéma 2 : les composants du secteur – les pâtes et papiers
Forêt
Scieries, bois d’œuvre
Panneaux OSB, LDF, MDF, HDF, particules
Journaux, emballages, papiers intelligents,
imprimerie
Chauffage institutionnel et commercial
2e et 3e transformation Produits biochimiques Granulés, bûchettes
Exportation, construction
résidentielle Textiles, fibres isolantes Granulés torréfiés
Bâtiments verts non résidentiels et
multifamiliaux, biomatériaux
NCC*, aéronautique, transport, pharmacie,
bioplastique
*NCC : Nanocellulose cristalline
Liquides d’énergie (éthanol, pyrolyse)
Meubles, armoires,
planchers Cogénération
Pâtes, papiers,
cartons Bioénergie
En consolidation En expansion Pierre angulaire du secteur
Copeaux
Écorces
Biomasse
Sciages
Sciures, rabotures Scieries, bois d’œuvre
Journaux, emballages, papiers intelligents,
imprimerie
Produits biochimiques
Textiles, fibres isolantes
NCC*, aéronautique, transport, pharmacie,
bioplastique Pâtes, papiers,
cartons
chapitre 2
l’industrie des
pâtes et papiers :
développer de
nouveaux produits et
de nouveaux marchés
des boULeversements majeUrs
L’industrie des pâtes et papiers connaît des bouleversements majeurs, particulièrement en Amérique du Nord, en raison de la réduction rapide de la demande de papier journal, de papier d’impression et de papier d’écriture.
Un objectif s’impose : il faut réagir au déclin des marchés traditionnels en développant de nouveaux produits et de nouveaux marchés. L’industrie des pâtes et papiers en particulier doit mieux tirer parti des propriétés chimiques de la matière ligneuse, en investissant dans sa transformation et dans la promotion de son utilisation.
À la différence de la situation qui règne dans le secteur de la fabrication des produits du bois, le but ici n’est pas de se diversifier pour moins dépendre d’une économie cyclique, mais bien d’apporter une réponse rapide à une transformation structurelle et permanente touchant tout un secteur d’activité.
1 les perspectives d’avenir 1.1 la chute de la demande
pour les papiers d’impression
L’arrivée d’Internet et l’explosion de l’utilisation des tablettes électroniques entraînent une diminution extrêmement rapide de la consommation, sous leur forme traditionnelle, des journaux et des magazines.
graphique 2 : destination des livraisons manufacturières de l’industrie québécoise des pâtes et papiers
6 341 3 913 1 190 11 444
5 602 3 848 1 204 10 655
5 884 3 448 1 272 10 604
5 969 3 254 1 313 10 536
5 902 3 535 1 458 10 895
5 091 3 239 1 526 9 857
5 047 2 939 2 003 9 989
4 352 3 193 1 307 8 851
3 948 3 034 1 776 8 758
3 963 3 040 1 635 8 638 12 000
10 000 8 000 6 000 4 000 2 000
0 2002
(en millions de $)
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Autres destinations Canada États-Unis
note : L’industrie de la fabrication du papier [SCIAN 322] comprend les usines de pâte à papier, de papier et de carton ainsi que celles qui fabriquent des produits en papier transformé.
Par contre, l’impression et activités connexes de soutien [323] ne sont pas incluses.
sources : Institut de la statistique de Québec (CIEL), Statistique Canada (Enquête mensuelle sur les industrie manufacturières), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction du développement de l’industrie des produits forestiers.
20
L’industrie des pâtes et papiers ne produit pas que du papier journaL
une diminution très rapide de La demande
Usine Celluforce
De 2006 à 2011, les livraisons de l’industrie québécoise des pâtes et papiers sont passées de 10,9 milliards de dollars à 8,6 milliards de dollars. À elles seules les livraisons destinées aux États-Unis ont diminué d’un tiers, passant de 5,9 milliards de dollars à un peu moins de 4 milliards de dollars. La réduction globale des livraisons a pu être en partie amortie par le maintien des destinations vers le Canada et vers les autres pays.
La chute de la demande a frappé l’industrie québécoise des pâtes et papiers de plein fouet : de 2000 à 2012, le nombre d’usines de pâtes et papiers en activité au Québec a baissé de plus de 30 %, passant de 63 à 43.
Une mUtation irréversibLe
Cette mutation n’est pas terminée, et elle est irréversible : on est effectivement entré dans un nouveau mode de diffusion et de consommation de l’information, marquée par une dématérialisation – et la disparition partielle de l’utilisation du papier journal.
¡ La demande américaine pour le papier journal devrait continuer à décroître au rythme d’environ 3 % à 4 % par année à court et à moyen terme.
¡ Cette réduction de la demande nécessitera un ajustement de l’offre.
D’ici cinq ans, on estime que le retrait de deux millions de tonnes de production de papier journal en Amérique du Nord sera nécessaire pour équilibrer la demande.
¡ La mutation touche également les papiers d’impression et d’écriture non couchés fabriqués à partir de pâte mécanique. Les baisses anticipées pour l’avenir sont cependant plus faibles que pour ce qui est du papier journal.
1.2 un avenir plus prometteur pour d’autres produits
L’industrie des pâtes et papiers ne produit pas que du papier journal et des papiers d’impres- sion. Elle fournit également des cartons, des papiers tissus et des pâtes destinées à diffé- rents usages, notamment dans le textile. L’industrie des pâtes et papiers exploite ainsi déjà les propriétés chimiques de la matière ligneuse. Il faut aller plus loin dans cette direction.
Pour les cartons, les papiers tissus et les pâtes, l’avenir est prometteur. Ces produits ne subissent pas les mutations touchant le papier journal et les papiers d’impression.
¡ Les entreprises québécoises devraient bénéficier de la reprise attendue du marché américain.
¡ On peut s’attendre également à un accroissement des livraisons vers les autres pays en croissance, particulièrement l’Asie.
Il existe par ailleurs de très intéressantes possibilités de diversification dans les domaines des bioproduits, des papiers et cartons dits « intelligents » – tels les papiers détectant la présence de bactéries ou de produits toxiques – et des papiers de haute technicité, comme les papiers peints imperméables et lavables pour revêtements muraux.
La diffusion de nouvelles technologies ouvrira de nouveaux débouchés à la fibre de bois, et améliorera donc sa valorisation. Les marchés en développement sont notamment ceux de la nanocellulose cristalline (extrait de fibres de bois servant à fabriquer toute une gamme de produits), des filaments cellulosiques et du bioraffinage.
un nouveau mode de diffusion
et de consommation de L’information
répondre au décLin des marchés traditionneLs en déveLoppant de nouveaux produits et de nouveaux marchés
Nanocellulose cristalline
2 l’objectif de la stratégie gouvernementale
L’objectif de la stratégie gouvernementale est de développer de nouveaux produits et de nouveaux marchés.
2.1 le papier journal
L’industrie des pâtes et papiers doit s’adapter rapidement à une transformation structurelle de ses marchés. Elle doit faire face aux conséquences du déclin des marchés traditionnels en misant sur de nouveaux produits et de nouveaux marchés.
Il ne s’agit pas pour autant d’abandonner le papier journal : le Québec conserve une position dominante dans ce secteur, en Amérique du Nord, et les entreprises québécoises sont en mesure de répondre à une partie de la demande en provenance d’Asie. Conséquemment, les entreprises doivent poursuivre leurs efforts visant à diminuer leurs coûts de fabrication comme l’a si bien conclu le groupe de travail dirigé par M. Pierre Monahan en 2010.
L’industrie doit également être à l’affût des occasions d’affaires qui permettraient de combiner la production de papier traditionnel avec de nouvelles technologies et de nouveaux produits d’avant-garde. Ainsi, une usine dont la performance financière serait marginale pourrait améliorer sa rentabilité en produisant de l’électricité (cogénération) ou des produits dérivés comme la lignine ou les extractibles parallèlement à sa production de papier journal.
2.2 les nouveaux produits
L’avenir à moyen et long terme se situe cependant dans le développement des produits permettant de tirer parti des propriétés chimiques de la matière ligneuse. La demande de produits incorporant de la matière ligneuse sous diverses formes est en croissance.
Selon des évaluations effectuées par le gouvernement fédéral en 2009, le marché mondial des produits utilisant la matière ligneuse serait de l’ordre de 200 milliards de dollars américains en 2015 – ce qui représente une croissance variant de 5 % à près de 25 % en six ans.
tableau 1 : des débouchés commerciaux d’avenir
produits
taux de croissance annuelle (%)
2009-2015
marché mondial potentiel en 2015 (en milliards de dollars américains)
produits chimiques verts 5,3 62,3
alcools 5,3 62,0
bioplastiques et résines plastiques 23,7 3,6
produits chimiques de plateforme 12,6 4,0
composites de fibre de bois 10,0 35,0
fibre de verre 6,3 8,4
fibre de carbone 9,5 18,6
source : Ressources naturelles Canada et Industrie Canada, 2009.
22
tirer parti
des propriétés
chimiques de La
matière Ligneuse
Un chamP d’aPPLication en PLein essor
En fait, les matières extractibles à partir du bois sont nombreuses et variées. Elles constituent un nouveau champ d’application en plein essor.
Parmi les produits chimiques verts et les alcools issus du bois, on trouve :
¡ les tanins, utilisés pour la fabrication de résines et d’adhésifs;
¡ les terpènes, employés dans des applications antiseptiques et fongicides;
¡ l’isoprène, entrant dans la constitution de caoutchouc de synthèse ou naturel;
¡ la gemme, utilisée dans la production d’essence de térébenthine.
Des applications sont également à l’étude pour les industries cosmétiques, pharmaceutiques et médicales. À titre d’exemple, des recherches sont en cours sur le potentiel antioxydant des polyphénols du bois. Ce potentiel pourrait être mis à contribution pour combattre des maladies dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et certains cancers.
Les bioplastiques, les résines plastiques et les composites de fibre de bois élargissent les marchés potentiels pour le bois. Des efforts sont consentis à cette fin avec l’aide du Consortium de recherche en plasturgie et composites du Québec et du Consortium de recherche et innovation en bioprocédés industriels au Québec.
¡ Les caractéristiques techniques des bois plastiques sont intéressantes. Ces bois sont imputrescibles et recyclables et ne nécessitent pas d’entretien. Il s’agit de qualités ouvrant la porte à la fabrication de terrasses extérieures, de pergolas ou encore de bancs et de meubles.
¡ De par sa légèreté et sa fabrication possible par extrusion ou moulage par injection, ce matériau composite intéresse également les industries de l’automobile
et de l’aéronautique.
Le développement des produits chimiques de plateforme et de leurs dérivés est aussi en pleine croissance. Les solvants verts, les polymères superabsorbants, les polyesters, les détersifs et les polymères biodégradables sont autant de produits pouvant être fabriqués en utilisant le bois.
Des recherches ont pour but de combiner la fibre de bois avec la fibre de verre afin d’amé- liorer la résistance et la flexibilité des produits fabriqués. La substitution d’une partie de la fibre de verre réduit le poids des produits fabriqués tout en maintenant la résistance. L’utilisation du bois dans des composantes automobiles présente ainsi un intérêt important.
La fibre de carbone est un matériau composé de particules extrêmement fines. Les récents développements dans la fabrication de nanocellulose cristalline à partir du bois indiquent que des caractéristiques semblables à celles de la fibre de carbone peuvent être obtenues avec la nanocellulose cristalline. Les applications potentielles sont nombreuses et variées : véhicules de compétition, cadres de vélos, articles de sport, voiliers, composantes d’héli- coptères et d’avions sont tous des produits susceptibles de contenir du bois dans l’avenir.
les pâtes et papiers : développer de nouveaux produits et de nouveaux marchés les orientations stratégiques
En partenariat avec l’industrie des pâtes et papiers, le gouvernement vise les orientations stratégiques suivantes au cours des cinq prochaines années :
¡ poursuivre la mise au point de nouveaux papiers comme les papiers intelligents et les cartons ultrarésistants;
¡ cibler de nouveaux produits compatibles avec les technologies existantes afin d’utiliser les équipements existants;
¡ minimiser les coûts d’exploitation par l’optimisation de la logistique de transport;
¡ innover par la création et la mise en marché de produits dérivés du bois présentant une forte valeur ajoutée (nanocellulose cristalline, fibrilles cellulosiques, composites de fibres, extractibles, carburéacteur [jet fuel]);
¡ préparer la main-d’œuvre à des emplois hautement spécialisés nécessitant des connaissances techniques élevées pour le développement de bioproduits et de produits chimiques innovants.
Les matières
extractibLes
à partir du bois
sont nombreuses
et variées
Le Québec dispose d’une grande quantité de biomasse forestière, répartie sur l’ensemble du territoire forestier. Cette ressource peut être mise en valeur et soutenir des activités économiques dans les régions du Québec, en produisant de l’énergie verte.
schéma 3 : les composants du secteur – la filière énergétique
Forêt
Scieries, bois d’œuvre
Panneaux OSB, LDF, MDF, HDF, particules
Journaux, emballages, papiers intelligents,
imprimerie
Chauffage institutionnel et commercial
2e et 3e transformation Produits biochimiques Granulés, bûchettes
Exportation, construction
résidentielle Textiles, fibres isolantes Granulés torréfiés
Bâtiments verts non résidentiels et
multifamiliaux, biomatériaux
NCC*, aéronautique, transport, pharmacie,
bioplastique
*NCC : Nanocellulose cristalline
Liquides d’énergie (éthanol, pyrolyse)
Meubles, armoires,
planchers Cogénération
Pâtes, papiers,
cartons Bioénergie
En consolidation En expansion Pierre angulaire du secteur
Copeaux
Écorces
Biomasse
Sciages
Sciures, rabotures Scieries, bois d’œuvre
Chauffage institutionnel et commercial
Granulés, bûchettes
Granulés torréfiés
Liquides d’énergie (éthanol, pyrolyse)
Cogénération Bioénergie
chapitre la filière 3
bioénergétique : exploiter les occasions d’affaires liées à la valorisation énergétique de la biomasse forestière
24
1 une option de plus en plus populaire
Dans le contexte actuel de développement durable et de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation de la biomasse forestière devient une option de plus en plus populaire.
¡ À l’heure actuelle, la demande canadienne en bioénergie provenant
de la biomasse forestière est peu développée, alors que la capacité de production est relativement élevée.
¡ Plusieurs technologies permettent de produire un éventail de biocombustibles à partir de la biomasse forestière. On fait référence à la densification, à la gazéification, à la carbonisation, à la torréfaction et à la pyrolyse. Certaines de ces technologies n’ont pas encore franchi l’étape de la commercialisation.
¡ La cogénération d’électricité et de chaleur par la combustion directe de la biomasse forestière est une autre avenue.
2 l’objectif de la stratégie gouvernementale
L’objectif de la stratégie est d’exploiter les occasions d’affaires liées à la valorisation énergétique de la biomasse forestière.
2.1 les bois densifiés
La biomasse forestière et certains sous-produits des scieries peuvent être utilisés pour la production de granulés de bois (granulés) ou de bûches de bois par la densification de la fibre de bois. Les granulés peuvent être exportés vers des marchés où la demande énergé- tique est forte et les prix intéressants. Cette industrie naissante connaît des périodes d’ajus- tement en raison des fluctuations du marché et des prix de l’énergie.
Le potentiel d’exportation à long terme est important. Cependant le développement des marchés intérieurs rendrait cette industrie moins vulnérable aux facteurs externes en permettant, du même coup, de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Cette industrie compte 14 usines réparties dans plusieurs régions du Québec pour une capacité de production de 500 000 tonnes.
La biomasse
forestière,
pour produire
de L’énergie verte
des PossibiLités d’exPortation
Plusieurs promoteurs étrangers s’informent sur les possibilités du Québec de fournir des granulés afin de remplacer des centrales thermiques au charbon ou des centrales nucléaires par des centrales utilisant les granulés.
Les granulés torréfiés peuvent en effet être utilisés dans les centrales thermiques au charbon sans modifier la technologie ni les équipements, avec pour résultat d’améliorer le bilan environnemental.
Pour le gouvernement du Québec, il faut cependant rappeler que l’utilisation énergétique de la biomasse forestière sous forme de granulés demeure la forme d’utilisation du bois représentant le moins de valeur ajoutée.
Cette forme d’utilisation de la ressource forestière peut cependant être envisagée, pour la matière ligneuse ne pouvant pas être valorisée d’une autre façon. On doit alors s’assurer d’éviter toute conséquence négative pour les autres utilisateurs de la ressource forestière.
2.2 les procédés de gazéification, de carbonisation et de torréfaction, la pyrolyse
et les liquides de transport
Plusieurs de ces procédés n’ont pas encore franchi l’étape de la commercialisation. Ils représentent des avenues potentielles de débouchés pour la transformation du bois de qualité inférieure et de la biomasse forestière.
Pour l’industrie du sciage et celle des pâtes et papiers, il s’agit là d’une possibilité d’écouler une partie des sous-produits, de les valoriser et d’améliorer le bilan énergétique de plusieurs entreprises.
Bien que les procédés en développement soient différents les uns des autres, ils ont tous un but commun, soit de transformer le bois pour l’utiliser à des fins énergétiques.
¡ La pyrolyse, par exemple, consiste à décomposer le bois à l’aide de la chaleur pour obtenir un solide, le biochar, et des huiles pouvant être utilisées pour remplacer le mazout lourd.
¡ La gazéification permet d’obtenir un gaz de synthèse pouvant être transformé en carburant de deuxième génération comme le biodiesel utilisé dans les véhicules de transport.
¡ À partir du procédé de torréfaction, il est possible de fabriquer des granulés dont les propriétés s’apparentent au charbon. Tel qu’il est souligné précédemment, le bois pourrait, par exemple, remplacer le charbon comme source d’énergie dans des centrales thermiques.
Les recherches doivent se poursuivre afin de permettre d’adopter les technologies pour des productions commerciales à des coûts compétitifs.