HAL Id: jpa-00205985
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Interprétation quantique de la modulation de fréquence
Nicole Polonsky, Claude Cohen-Tannoudji
To cite this version:
Nicole Polonsky, Claude Cohen-Tannoudji. Interprétation quantique de la modulation de fréquence.
Journal de Physique, 1965, 26 (7), pp.409-414. �10.1051/jphys:01965002607040900�. �jpa-00205985�
INTERPRÉTATION QUANTIQUE
DE LA MODULATION DEFRÉQUENCE
Par NICOLE POLONSKY et CLAUDE
COHEN-TANNOUDJI,
Laboratoire de Physique de l’École Normale Supérieure, Paris.
Résumé. - On étudie le mouvement d’un dipôle magnétique dont on module la fréquence de
Larmor en le plaçant dans un champ
magnétique
H0 + H1 cos 03C9t, modulé en amplitude. Lechamp de radiofréquence H1 cos 03C9t est traité quantiquement. On montre que l’apparition de
fréquences latérales dans le mouvement du dipôle est due à des absorptions et réémissions vir-tuelles de photons de radiofréquence par le système atomique. Ceci permet d’interpréter certaines caractéristiques de nouvelles résonances magnétiques observées récemment dans des expériences
de pompage optique transversal.
Abstraet. 2014 A study is made of the motion of a magnetic
dipole
whose Larmor frequency is modu-lated whenplaced
in anamplitude
modulated magnetic field H0 + H1 cos 03C9t. Theradio-frequency field, H1 cos 03C9t, is quantized. It is shown that the sideband frequencies which appear in the motion of the dipole are due to virtual absorption and re-emission of radiofrequency pho-tons by the atomic system. It is then possible to interpret some features of new magnetic
reso-nances observed in transverse
optical
pumping experiments.PHYSIQUE 26, 1965,
Introduction. - Le but de cet article est de
donner une
interpretation
quantique
dupheno-mene de modulation de
frequence.
Defaçon
plus
precise,
leprobl"me particulier
auquel
nous nous int6ressons est celui ’undipole
magn6tique
dont on module lafrequence
de Larmor en leplaqant
dans unchamp magn6tique
module enamplitude
Ho
+H1,
cos mt. La solutionclassique
de cepro-bleme est bien connue
[1, § 7-5-45] :
en 1’absence duchamp
deradiof requence H1
cos wt, ledipole
pr6cesse
a lafrequence
de Larmorwo/27t
(COO
=yHo,
y rapport
gyromagnétique)
avec uneamplitude qu’on
prendra
6gale
a l’unit6(fig. 1a) ;
lechamp
deradiof requence
H1
cos wt fait appa-raitre des mouvementssupplémentaires
(fig. 1 b)
aux
frequence ;
lat6rales(coo
+pw)/2m (p
entierpositif,
nul ounégatif)
avec desamplitudes
Jp(wl/w) (,lp
fonction de Bessel d’ordre p avec la conventionFIG. 1.
Nous avons
essay6
de donner de cephenomene
uneinterpretation
en termes dephotons
deradio-frequence
enquantifiant le
champ HI
cos cot ; cecifait
l’objet
de lapremiere
partie
de ce travail.L’apparition
desfrequences
lat6rales dans lemouvement du
dipole
est al’origine
de nouvelles resonancesmagn6tiques
observ6es r6cemment par divers auteurs[2,
3, 4],
dont unecaractéristique
essentielle est que leurlargeur
estind6pendante
del’amplitude
H,
duchamp
deradiofréquence.
Nouspr6sentons
dans la deuxi6mepartie
de ce travail diversesinterpretations
physiques
de ces nouvelles resonances.
I. Traitement
quantique
du mouvement dudipble magn6tique.
A: HAMILTONIEN DU SYSTEME. - Le
hamilto-nien total du
syst6me
s’ecrit : Je ==JCO +
RB+,Xi.
Jeo
=mo lz
decrit lecouplage
Zeeman dudipole
magn6tique
avecHo suppose
parallele
a Oz. Ledipole
estrepresente
par unspin
I =112,
dontla
composante
suivant Oz est Iz. Les deux 6tats propres de Izsont 14-
>s6pax6s
par coo(nous
prenons 1i
=1).
RR = ma+ a est le hamiltonien duchamp
deradiofréquence,
a+ et a 6tant lesopd-rateurs de creation et d’annihilation d’un
photon
w. Ses 6tats propres sont
designes
par In
>,d’éner-gie
nw.RI est le hamiltonien d’interaction entre l’atome
et le
champ
deradiofréquence.
Onpeut
le mettresous la forme JC, =
ÀIz(a + a+), À
6tant un coef-ficient decouplage
reel(la
longueur
d’onde associ6eau
champ
deradiof requence,
6tant tresgrandc,
devant les dimensions de 1’atomeporteur
dudipole,
onn6glige
toutedependance
spatiale
dansJCi).
Le but du calcul est de determiner le mouvement
de la
composante
transversale dudipole,
I +(t)
>(I +
=I. +
1I,).
Pour r6soudre ceprobl6me,
nouscommencerons par rechercher les etats propres de X.
410
B.
TTATS
PROPRES DEJCo
+ JCp. -Commen-çons par
négIiger
Ri : lesysteme atomique
et lesphotons
deradiofréquence
coexistent sansinter-agir.
Les 6tats propres deJ6o
q- RR sont de laforme In >1±
>,d’énergie
n6J =Í=6Jo/2.
La fi-gure 2repr6sente
ces niveauxd’6nergie
groupes
en deux colonnescorrespondants
aux deux6tats I +
> et1-
> dudipole.
FIG. 2.
Si
Ei,
E;
... sont les niveauxd’6nergie
d’unsysteme,
toutegrandeur
physique
G de cesyst6me
6volue auxfrequences (E;
-Ej)lh
pourvuqu’il
existe un element de matrice non nul de G entreE;
et Ej. Dans le cas
qui
nous int6resseici, les
elements de matrice deI+, repr6sent6s
enpointII16
sur lafigure 2,
n’existentqu’entre
desetats n > +
>et n >2013
>correspondant
au meme nombre dephotons
deradiofréquence (I+ n’agit
pas sur les variables derayonnement).
La differenced’6nergie
entre ces deux 6tats est wo
I+
> 6volue donea la
frequence
mo/2m.
C. EFFET DE J~i. TRAITEMENT DE PERTURBATION.
-
RI,
6tantproportionnel
aIz,
n’a d’element de matricequ’entre
niveaux d’une meme colonne(les
photons
deradiofréquence
ont unepolarisation
7).
Dans
chaque
colonne RIcouple
donc aupremier
ordrechaque
niveau a ses deuxplus proches
voi-sins. Leniveau ]n > e >
(e == =f=)
devient ainsi aupremier
ordre en xNulle au
premier ordre,
la correction enenergie
vaut au deuxieme ordre -
X2/4CO.
Elle nedepend
nide n,
ni de E. Tous les niveaux de lafigure
2sont donc
deplaces
de la memequantités
(résultat
que nous verrons
plus
loin etrerigoureux
a tous lesordres).
Les nouveaux
etats nE >I e >
necorrespondant
plus
a un nombre bien d6fini dephotons,
ilappa-rait maintenant de nouveaux elements de matrice pour
I+,
reliant parexemple
lite: >1-
> a11 s’en
suit que le mouvement de
I+
> s’effectuemain-tenant non seulement a la
frequence
coo/27r
mais aussi auxfrequences
(û)o =Í=
w)/27r.
L’apparition
de ces nouvellesfrequences
d’evolu-tion est donc due au fait que JCi ramene dans1’6tat In > e
> un peu des 6tatsIn
+ 1>/s:
>(expression 1).
Cecipeut
s’interpreter
en disant quel’atome,
dansRotat s
>, absorbe et r66met(ou
6met etr6absorbe)
virtuellement desphotons
deradiofréquence,
cequi
a pour effet dem6langer
unetat
n >
aux6tats in +
1 >. Le niveauI ne
> Is:>
resultant estdéplacé
mais nonélargi.
Enpoussant
la theorie desperturbations
a l’ordre p, unetat
n >I e
>devient,
par suited’absorptions
et r66missions virtuelles de kphotons
deradiofréquence,
unm6lange
des 6tats(k
variant de 0 ap),
cequi
faitapparaitre
dans lemouvement de
-I+
>lesfrequences
Sous 1’effet de ces transitions
virtuelles,
lemouve-ment de
precession
dudipole
autour deHo
n’est doncplus
uniforme.D. CALCUL RIGOUREUX DES #TATS PROPRES DE Je.
- Les
6tats propres de JC sont de la forme
)fig >I e >
etpeuvent
etretoujours ranges
en deux colonnescorrespondant
a e = + ou -. e 6tantfixe,
c’est-a-dire pour tous les 6tats d’une m6mecolonne,
on a :avec
Les
etats fig >
sont donc les 6tats propres de Ve.Ve
peut
aussi s’écrire sous la formeIntroduisons
l’op6rateur
ded£placement :
Om ,
Ve se d6duit donc de
l’op6rateur
ma+ a -(À2/4(ù)
par la transformation unitaire D(- eX/2co) :
Les etats
propres
)fig >
de Ve se déduisent desIls
correspondent
a la valeur propreTous les niveaux de la
figure
2 sont donedeplaces
de la memequantité :
-À2/4w.
a) ’Expressions
rigoureuses.
- Nouspartirons
de la matrice densite dusyst6me global,
p(t),
dont1’6quation
d’6volution idp/dt
=[JC,
p]
s’int6gre
formellement pour donner
p(0)
6tant la matrice densite a l’instant initial. On a alors :TAx
repr6sente
l’op6ration
trace parrapport
aux variablesatomiques
et aux variables derayon-nement.
I+
n’agissant
que sur les variablesatomiques
etn’ayant
d’elements de matricequ’entre
les 6tatsavec
Tn : trace par
rapport
aux variabljs derayon-nement.
Les 6tats
In +
>(de
meme que les 6tatsip_
>)
constituant un
systeme
orthonormecomplet
pour les variables derayonnement,
on a encore :Les
etats n + >
+ > etlp- > I-
> 6tantres-pectivement
6tats propres de JCcorrespondant
aux valeurs propresw/2
+ nm -x2/4w
et-
wo/2
+ pw 2013À 2/4CJJ,
il vient :ou encore, en
posant ,
Telle est
1’expression rigoureuse
de1 +(t)
>.Nous retrouvons bien dans le mouvement de
J+ (t)
> lesf requences
wo + qm, lesampli-tudes
correspondantes
faisant intervenir les pro-duits scalairesn+/(n - q)-
> entre un 6tat de la colonne degauche
et un 6tat de la colonne de droite distants enenergie
de wo + qoo(en
I’absencede
RI,
ces 6tats sontorthogonaux
pour q #
0).
Nous verrons
plus
loin que cesproduits
scalaires ne sontautres,
pour n »1,
que les fonctions de BesselJq(co,/co).
b)
Choix de l’ état initialp(O).
- A l’instantinitial, p(0)
est leproduit
d’une matrice densiteatomique
pA(0)
et d’une matrice densite de rayon-nementpR(0).
L’element de matrice dep(0)
figu-rant dans
(12)
s’ecrit alors :Nous prenons pour 6tat initial du
champ
derayonnement
1’6tatquantique qui
serapproche
leplus
duchamp classique H1
cos wt, c’est-a-dire 1’etat coherent de Glauber[5]
correspondant :
§R(0)
>, 6tat propre de acorrespondant
a la valeur propre a, se d6duit du vide par ledepla-cement
D(a.). (Nous
nous limitons ici a des valeursr6elles de
a)
Comme
Petat
)§R(0)
>correspond
auchamp
classique
H1,
on doit avoir :ce
qui
donnet aussi :
[Cn(m)]2
est donne en fonction de n par une loi de Poisson(fig. 3)
cequi
entraine lesproprietes
bien connues :a2
repr6sente
donc le nombre moyen lV dephotons
et
est,
parsuite,
un nombreextremement
grand ;
ceci entraine m =o)i/2X
»1 ; CJJ
et col 6tant du meme ordre degrandeur,
nous avons aussico/X
» 1. Ladispersion
sur n,V
(lYn)2
> =BIN,
esttres
grande
en valeurabsolue,
tout en 6tant tr6spetite
en valeur relative :La matrice densite du
rayonnement
a l’instant412
FIG. 3.
Utilisant la relation
(7),
nous en d6duisons :car
x/2m
« a.c)
Expression approchée
deL’equation
(12)
s’ecrit maintenant :Nous d6montrons en
appendice
la relationsui-vante,
valable pour n » 1 :Jq,
fonction de Bessel d’ordre q, devientn6gligeable
pour q >coi/co.
D’apres
lafigure 3,
Cn
etCn-q
ne different defaçon appreciable
que pour q de l’ordrede
B/7V.
Comme q
co,/co
«ýN,
onpeut
dans1’expression
(19)
remplacer
Cn-q(a)
parC*(m)
et obtenir ainsi :Nous retrouvons ainsi
quantiquement
le r6sultatclassique
6nonc6 dans l’introduction.Le calcul que nous venons de
presenter
ici ne fait que rendrequantitative
l’interpr6tation
phy-sique, d6velopp6e
dans leparagraphe
I-C,
del’appa-rition des nouvelles
frequences
wo + qm dans lemouvement de
I+(t)
> : ledeveloppement
limit6 des fonctions de Bessel a l’ordre k redonne le r6sultat de la theorie desperturbations
au memeordre k.
II.
Application ; Interpretation
d’un nouveautype
de résonancesmagn6tiques
observ6es dans unchamp
magn6tique
module enamplitude.
-A. DESCRIPTION ET INTERPRETATION QuALITATIVE
DES NOUVELLES RESONANCES. -
Le pompage
optique
transversal d’une vapeuratomique plac6e
dans unchamp magn6tique
module enamplitude
Ho
+H1
cos cot apermis
r6cemment a diversauteurs d’observer un nouveau
type
de resonancemagn6tique
dans 1’etat excite[2], [3]
et fonda-mental[4]
d’un atome.Rappelons
brievement leprincipe
commun de cesexperiences :
soit Oz la direction duchamp
Ho
+H1
cos mt. L’excitationoptique
a une pola-risation tellequ’elle
faitapparaitre
instantanement un momentangulaire
transversalMl
(perpendi-culaire aOz)
dans I’etat excite ou fondamental dusyst6me
atomique.
Supposons
d’abordHI
= 0. Lesdipoles
pr6-cessent autour deHo
a lafrequence
de Larmorco012-rc :
cr6es uniform6ment au cours dutemps
et dans une direction fixe par 1’excitation
optique,
ils ser6partissent
par suite dans leplan
perpendi-culaire a Oz. Soit ’T la duree de vie(radiative
ou derelaxation)
du niveauatomique
consid6r6. Sicoo r >
1,
cetter6partition
estisotrope
et Paiman-tation transversaleglobale
a 1’etat stationnaireMl
> estidentiquement
nulle. Le pompageoptique
transversal d’une vapeur dans unchamp
statique
Ho
n’est doncpossible
qu’en champ
tresbas,
CiJo ’TI
(effet
Hanle dans 1’6tat excite[6]
et fondamental[7]).
FIG. 4.
La modulation du
champ
statique
Ho
par le
champ
deradiofréquence
H1
cos wtpermet
de r6aliser le pompageoptique
transversal de la vapeurautrement
qu’en champ
tresbas ;
pour toute une s6rie de valeurs deHo
telles que too = nw(n
entierpositif
ounul)
ilapparait
dans la vapeur une aimantation transversaleglobale
Mol
> eff ec-tuant autour deHo
un mouvementperiodique,
dep6riode 2n/w.
Lescaractéristiques
de ces nouvellesresonances ont ete 6tudi6es en
detail,
lepoint
essentiel 6tant que leurlargeur
nedepend
pas deL’apparition
de ces nouvelles resonances secom-prend
aisement : lafrequence
de Larmor 6tantmaintenant modul6e par
H1
cos wt, lesdipoles
ne ser6partissent plus
defaçon
isotrope
dans leplan
perpendiculaire
aHO,
mais au contraire segroupent
enpaquets.
La vitesseangulaire
moyenne desdipoles
est too ; lors d’unep6riode
duchamp Hl,
27r/co,
ils ont tourne d’unangle 2mo/m ;
pour que 1’eff et degroupement
enpaquet
soitcumulatif,
etque
Ml
> =f-0,
il faut que cetangle
soit unmultiple
de27 ;
cecipermet
decomprendre
la condition de resonance : mo = nm.B. INTERPRETATION EN TERMES DE PHOTONS DE
RADIOFRÉQUENCE. -
Il ressort clairement deP analyse
pr6c6dente
que1’apparition
des nouvellesresonances est 6troitement li6e au fait que,
pendant
la duree de vie du niveau
atomique étudié,
lemouvement de
precession
dudipole
autour deHo
n’estplus
uniforme. Nous avons donne dans lapremiere partie
uneinterpretation
de ce fait entermes
quantiques :
l’atome absorbe et r66metvir-tuellement des
photons
deradiofréquence.
Le fait que ces transitions soient virtuelles et non rellesentraine que les niveaux
d’énergie
de 1’atome nesont pas
élargis
par interaction avec lechamp 77B ;
onconçoit
alors aisement que les resonancesobser-v6es ne
presentent
aucunélapgissement
deradio-frequence. (Lorsque
par contre lapolarisation deH,
est telle que des transitions r6elles entre les sous-niveaux Zeemann de l’atome sont
possibles,
comme c’est le cas parexemple
dansInexperience
bien connue de double resonance[8],
les niveauxato-miques
et par suite les raies de resonancepr6-sentent un
61argissement
supplémentaire
due aHl.)
Le
probl6me
a ete abord6 parKhodovoy
[9]
d’un
point
de vue different : cet auteurinterprete
qualitativement
etquantitativement
les nouvellesresonances en faisant intervenir
1’absorption
simul-tanee d’un
photon optique
et de nphotons
deradio-f requence ;
nous r6sumons ici bri6vement soninter-pr6tation qualitative :
La
presence
d’une aimantation transversaleglo-bale dans la vapeur r6sulte de 1’existence de cohe-rence hertzienne
[10]
entre les deux sous-niveauxZeeman
I +
> etl-
>. L’auteur suppose que laraie excitatrice de
largeur
A,
sedecompose
en une infinite d’ondesmonochromatiques
sans relation dephase
les unes avec lesautres,
ayant
une polari-sation tellequ’elles
peuvent
exciter soit le niveauI
+ > soit le niveau1-
>. Si wo »1/’r,
il estimpossible
d’exciter a la fois les deux niveauxI
+ > et1-
> par la même ondemonochromatique
pour des raisons de conservationd’energie.
I1 estcependant
possible
d’arriver a ce r6sultat avecl’aide du
champ
deradiofréquence :
Considerons parexemple
unphoton optique
dont1’energie
kest telle
qu’elle
luipermet
d’exciter le niveau1- >
(fig. 4).
Si coo = nm, parabsorption
simul-tanee de ce mème
photon optique
et de nphotons
deradiofréquence,
leniveau ) +
> pourra etreegalement
excite. Laphase
de l’ondeoptique
defrequence
k/27r
intervient donc de la meme maniere dans 1’excitation desétats
+
> et1-
>. La difference dephase
entre ces deux 6tats nedepend
plus
alors de laphase
de l’ondeoptique :
la cohe-rence hertzienne ainsi introduite subsistelorsqu’on
moyenne sur toutes les ondesoptiques.
Lepheno-mene est donc
simple
acomprendre
pour une raiemonochromatique.
Pour tenircompte
des condi-tionsexperimentales
r6elles,
il faut sommer 1’effetprecedent
sur unspectre
def requences optiques
dont lalargeur 3
estgrande
devant mo, w1 et Cù.On retrouve bien alors le r6sultat correct mais il devient difficile de d6crire le
phenomene
global
en faisant intervenir desabsorptions
simultan6es d’unphoton
optique
et deplusieurs
photons
deradio-frequence ;
pour 0 » wo, on montre en effet queles processus
d’absorption
et d’emission dephotons
deradiofréquence
secompensent
de sorte queglobalement
il ne subsiste aucuneabsorption
(ou
emission)
r6elle de cesphotons.
I1 ressort
de
l’analyse
pr6c6dente
que lors d’rune excitationmonochromatique,
l’atomepeut
absor-ber simultan6ment unphoton
optique
etplusieurs
photons
deradiof requence.
Onpeut
alors se deman-der si lapresence
duchamp
HI
modifie laproba-bilit6
d’absorption
d’unphoton
optique lorsque
la raie excitatrice a maintenant unelargeur d ;
et si par suitel’image
habituelle ducycle
de pompageoptique (trois
processusindependants
les uns desautres :
absorption
d’unphoton
optique,
evolutionpropre, emission
spontan6e)
restetoujours
valable enpresence
deHl.
Nous avonsrepris
la theoriequantique
ducycle
de pompageoptique
enquanti-fiant non seulement l’onde
lumineuse,
mais aussi l’onde deradiof requence [11].
On montre ais6ment que si lalargeur
de la raie est suffisammentgrande,
A » 6), wo et 6)1’ laprobabilite 1/fip
d’excitationoptique
de I’atome estind6pendante
deH1 (la
duree du processusd’absorption [10], i14Y,
esttrop
courte pourqu’un
effetquelconque
deH1
puisse
se manifesterpendant
ce memetemps).
L’image
ducycle
de pompage reste donctoujours
valable et on
peut
serepr6senter
le processusphy-sique
de lafaqon
suivante : l’atome absorbe unphoton optique,
monte dans 1’etatexcite,
y resteune duree T avant de retomber dans 1’etat
fonda-mental par emission
spontan6e.
Pendant letemps
de vie r de 1’6tatexcite,
il absorbe et r66metvir-tuellement des
photons
deradiofréquence,
cequi
rend saprecession
de Larmor non uniforme etfait par suite
apparaitre
les nouvelles resonances.Conclusion. - Nous
avons
presente
un calculquantique
du mouvement d’undipole magn6tique
dont on module lafrequence
de Larmor. Tous les414
resultats du calcul
classique
sont retrouv6squanti-tativement. Nous avons pu montrer que
l’appari-tion
defréquences
lat6rales dans le mouvement dudipole
etait due a desabsorptions
et r66missions virtuelles dephotons
deradiofréquence
par lesys-t6me
atomique.
Le fait que ces transitions soient virtuelles et non r6ellespermet
decomprendre
pourquoi
certaines resonancesmagnetiques
obser-v6es r6cemment dans des
experiences
de pompageoptique
transversal dans unchamp magn6tique
module enamplitude
nepresentent
pasd’elargis-sement de
radiofréquence.
APPENDICE
Calcul de lament de matrice
C n+ (rz- q)_
>.- Utilisant la relation
(7),
cet element de matrice s’ecrit :Rappelons
lapropriete
suivante[12] :
Si deuxop6rateurs A,
B commutent avec[A, B],
on a :’- la+-a> Comme
[a, a+]
=1,
l’op6rateur
e wpeut
done s’6crire :
À 21 (ù 2
etant trespetit
devantl’unité,
onprendra
e-À2/(,)2 = 1.
Développant
en série lesexponentielles,
il vient :Les seuls termes non nuls de cette double somme
sont tels que :
nJ(a+)m as In
- q > ::A 0 cequi
impose
la relation : n - m = n - q -s, soit :
m
= q +
s.On a donc encore :
En 6tudiant la convergence de cette s6rie
alter-n6e,
onpeut
montrer que les seules valeursde q
et s
qui
interviennent dans la sommation sont auplus
dequelques 6)1/6) ;
il est par suite16gitime
de
remplacer
dans1’expression
(23)
chacune desq + 2s facteurs
figurant
sous la radical par n(n
etvn
sont tresgrands
devantcol/w).
On obtient ainsi :
ce
qui
n’est autre que led6veloppement
en s6rieL 1) S 7.5.1]
deJq(2x
vn
jw).
On a donc ainsiComme À V’n/ûJ ,-...J
À vi N /ûJ ==
û)1/2JJ,
onretrouve la relation
(20)
annonc6e dans lepara-graphe
I-E-cRemarque.
- Dans lareprésentation
x, les 6tatseto
(n
-q)-
correspondent
aux fonctions propres de 1’oscillateurharmonique
d6plac6es
respecti-vement desquantités
+À/V2 (i)
et -Xiv2(,),
soitavec
Q ==
(MW)1/2
x.La
relation(25)
s’ecrit donc :
Nous obtenons ainsi une relation entre les
polv-n6mes d’Hermite
Hn
etHn_q
et la fonctionde
BesselJq
valable pour n » 1 :BIBLIOGRAPHIE
[1] ANGOT (A.), Compléments de mathématiques, Édition de la Revue d’Optique, Paris.
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